20/11/2013

Journée mondiale des toilettes

 

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En 2001, l'Organisation mondiale des Toilettes déclare le jour de sa création, le 19 novembre comme la Journée mondiale des Toilettes

 Qui de nous n’a jamais ressenti ce feeling d’urgence ? Trouver des toilettes le plus proche possible. J’ai connu cette urgence dans certaines Missions d’Afrique éloignées des régions urbaines bien que, pour les pauvres, la sanitation, les égouts, l’eau potable est au niveau de celles et de ceux qui peuvent débourser.  Si les écriteaux paralysants de WC for whites only and WC for blacks only, n’existent plus, à ma connaissance,  ce qui donne droit à cette facilité de base dépend de ce qu’on peut payer en Afrique post apartheid et chez nous, parfois aussi.

 En Zambie, au Lesotho, pas de séparation de race ou de classe – sauf s’il s’agit de tourisme – les toilettes « fait maison » ou flush toilets, sont accessibles, mais l’eau est rare et parfois absente pour ce besoin, l'eau devient alors « secondaire ».

 

« Les toilettes sont un luxe dans une grande partie du monde. »Pus de 2,4 milliards de personnes n'ont pas accès à des latrines dans le monde .  Selon Actualités Internationales

 « …Ban Ki Moon a appelé les uns et les autres à engager une discussion ouverte 2716594-1036898164-l.gifet franche sur l'importance des toilettes et de l'assainissement. L'objectif est d'améliorer la vie et les conditions sanitaires d'un tiers de l'humanité … la célébration de la journée mondiale des toilettes est censée inciter à un changement de comportements et de politique sur des questions allant du renforcement de la gestion de l'eau à la lutte contre la défécation à l'air libre… »

 

Pour l'action : un séjour de quelques années dans un pays ex-colonisés suffit à faire prendre conscience que « des toilettes pour les uns sans des toilettes pour tous » signifie « rester en santé pour les uns et tomber malades » pour les autres. D’où l’importance d’une journée mondiale des WC.

 

latrine-togo.jpgC’est pourquoi des personnes s’engagent dans l’éducation par la construction de latrines. Comme mon amie jurassienne, Laurence Frésard et ses collègues au  Togo qu’elle connaît bien et qu’elle fait connaître… voir le site.

 

Faute de toilettes, on se soulage où on peut surtout lorsqu’on est enfant, infirme, âgée. Conséquences, l’eau est polluée et les « maladies parasitaires et diarrhéiques » se répandent et les gens meurent.

 En 1991,  Laurence met en pratique sa petite idée sur place : se joindre à ce qui se fait déjà localement et soutenir la construction de latrines… « à Sokodé, Togo. Le projet démarre en 1991.. Aujourd’hui, il est étendu à toute la ville grâce à l’ONG locale N’Kotchoyem ( Ne reste pas les bras croisés ), dont Roger Tchédré, l’ami de confiance, est le responsable. Avec son équipe, il construit »

 Laurence et son ami sont venus me voir en Gruyère il y a quelque temps de cela et nous avons parlé d’un intérêt commun : Les besoins des gens, notamment au Togo, et la construction de latrines.

 accueil.pngVingt 20 latrines sont construites par an. par an apparaissent. Chaque latrine coûte 760 francs suisses.
La recherche de fonds  a permis la construction de 300 latrines à ce jour. L’Association a été fondée afin de consolider et la coopération avec N’Kotchoyem ou , Ne restons pas les bras

 Ma réflexion : les famillestogolaises sont fières d’avoir leur latrine… et nous savons qu’en Afrique le terme « famille » comprend un nombre illimité de gens en besoin de se soulager.

 Ma conclusion : Nous allons régulièrement aux toilettes et dire une petite prière de reconnaissance pour les WC est un hommage à notre dignité humaine.

 

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17/11/2013

Doris Lessing

 Hamba kahle! Old Friend, Stay well !

 Pour Doris Lessing

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« Elle est partie en paix, à son domicile de Londres, tôt ce matin", a déclaré son agent et ami Jonathan Clowes. Cela ne m’étonne pas qu’elle s’est envolée à l’aurore !

Télépathie ou non, je pressentais son départ. Hamba kahle! Old Friend, Stay well !

J’avais l’impression de connaître la pensée de Doris Lessing mieux que la mienne tant ses livres m’ont ouvert les yeux, elle parlait sans détour de la réalité de l’Afrique, de la Rhodésie du Nord devenu le Zimbabwe, de la discrimination raciale des origines… un chemin long, tortueux, sanglant trop souvent jusqu’au moment de la victoire en 1980 et de l’actualité douloureuse du peuple, le plus noble que j’ai connu. Doris aimait les petites gens, elle leur fut unie et meurt aujourd’hui emportant dans son cœur l’espérance d’un avenir digne de l’âme africaine !

Elle a connu l’Afrique du Sud et elle a analysé les racines de l’apartheid et les blessures qui ont marqué les peuples d’Afrique australe ! Comment cela ? Je suis convaincue que la terre africaine, le psyché de l’Afrique ne seront jamais complètement vendus au néo capitalisme occidental ! Nous somme créés pour le partage et le dialogue ! Doris Lessing le savait dès sa naissance et elle en devint de plus en plus profondément consciente, sa conscience de la justice et de l’être africain qu’elle emporte avec elle…ou qu’elle lègue ! Alors qu’elle se trouve « Hors – Espace – Temps » .

Ce soir, je dédie ce petit billet à Doris Lessing, cette grande et noble dame de la littérature anglaise ! Cette intelligence aiguisée et ce cœur sans frontières. La bougie a brûlé jusqu’au bout… sa lumière, sa chaleur aux senteurs de » l’Herbe qui chante » restent avec l’Afrique, avec les Africains, avec nous… Encore une fois, Hamba kahle!!

16/11/2013

Le lépreux, le loup, François et nous

 Prendre conscience que c’est par nos imperfections, et non pars nos perfections franco10_s.jpgque nous nous rapprochons de Dieu ? Cela nous concerne et nous donne du courage. Nous avons tous la même chance et le terrain de la « comédie humaine » est le même pour tous. Vaines sont les prétentions et vains sont les dénis. Ancrés dans notre être profond : le lépreux et le loup nous narguent et nous effrayent. En termes franciscains : le lépreux et le loup sont nos imperfections

François déclare que le jour de sa conversion fut lorsqu’il embrassa le lépreux aux environs d’Assise. Plus tard, François se trouva, à Gubbio, face au loup ravageur. Ces deux faits sont historiques, mais avant tout, cette conversion et cet apprivoisement ont dû transformer l’âme du poverello.

Notre vie intérieure, notre vie émotionnelle, notre vie de prière sont les premiers champs de bataille, c’est comme un « training field » en vue des luttes dans un monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. Et notre faiblesse nous effraye.

Car c’est en nous – aussi - qu’habitent le lépreux et le loup.

Si, dans notre actualité proche et lointaine,  nous n’avons jamais eu le courage d’embrasser  les lépreux  et apprivoiser des loups, c’est peut-être parce que nous n’avons pas encore reconnu, ni accepté notre propre lèpre ni le loup féroce en chacun de nous. Ils sont toujours là, sous une forme ou sous une autre en attente d’être apprivoisés et pardonnés.

Sr Claire-Marie, inspirée par Richard Rohr dont voici l’adresse :

Center for Action and Contemplation cac@cacradicalgrace.ccsend.com  

 https://cac.org/sign-up

On peut s’abonner à ses très courtes pensées quotidiennes. CM.

Je publie le texte original de Richard Rohr, cliquez sur « Katutura English » à la page accueil du blog.

(En connivence avec Richard Rohr)

14/11/2013

Prière du soir

 

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Nous restons responsables de notre regard (Des gens très bien, Alexandre Jardin, détails sur mon texte précédent).

 L’effort poignant d’Alexandre Jardin pour dire la vérité sur les ombres du clan des « Jardin » grandit cet écrivain à mes yeux. Il refuse de vivre plus longtemps dans le tissu de mensonges claniques et il en souffre, car il s’agit de son clan, de son père ! Et le sentiment de « trahison » le tourmente : il est membre du clan. Mais il est aussi lui-même responsable de son regard.

 Ainsi pour nous, pour chacun de nous, en Église, en société, en politique, en fonction…

 Comme notre pape François doit souffrir de parler publiquement et sincèrement VRAI en étant pleinement conscient des ombres de l’institution !

 Comme une personne qui prend conscience de ses erreurs, les reconnaît, les nomme et demande pardon… que d'exemples à ce propos !

 Comme un politicien en Suisse et/ou à l’étranger qui avouerait la motivation de ses promesses durant sa campagne électorale… et ne les remplit naturellement pas !

 Et certainement qu’il a fallu un courage extraordinaire à Assange, à Snowden, et à d’autres, pour publier l’insaisissable perversité des systèmes politiques qui soupçonnent tout le monde, sauf eux-mêmes ! Ces « whistleblowers » savaient très bien que les Systèmes ne pardonnent pas.

 Infrarouge de mardi soir à montré le face à face de Regli et Sommaruga : à nous de réfléchir et de discerner où la recherche et la publication de la vérité nous conduisent. Que nous soyons pour l’obéissance aveugle prôné par Regli ou pour la réflexion de Sommaruga : « Nous restons responsables de notre regard ».

 


 

Et Jésus n’a-t-il pas dit : La vérité vous rendra libres Jean 8 :31

12/11/2013

Noeud de contradictions: je suis responsable de mon regard

 

Décroissance_pour_notre_salut.jpgLa semaine passé, le petit texte au sujet des conditions de travail chez Amazon (inspiré d’un article au Monde Diplomatique de novembre) a permis (pour moi) une prise de conscience de la culture « du bon marché et du superflu » ! Et de l’infrastructure nécessaire pour satisfaire les clients en attente. La réalité est complexe pour les « ouvriers-esclaves » car il y va de leur travail et du pain quotidien.

La complexité reste le nœud de la réflexion au sujet de « la Décroissance »: freiner l’envie de choses vite faites, bon marchés et jetables comme nous pouvons le lire dans le Numéro de novembre 2013 « MOINS » le Journal romand d’écologie politique » n'enlève rien au problème.  L’excellent bi-mestriel veut simplement nous aider à prendre conscience que notre survie et celle de la planète dépend d’un système nouveau de partage et de justice. Comment ? En revenant à l’essentiel : notre dignité d’hommes et de femmes !

Le nœud est que, consommant moins, le surplus de « choses - junk »  crée le superflu de choses, et cela se répercute sur les ouvriers ... de la force de travail est limée par es licenciements, donc  le chômage, et ses séquelles, la faim, les maladies, la mort prématurée.

Cela paraît un cercle vicieux. Mais la crise (au sein du système d'acier) est comme une pandémie et les premières victimes sont justement les plus pauvres qui perdent encore le peu qu’ils ont pour vivre. On le voit en Europe et on s’étonne parfois ( !) et on oublie les gens tiers-monde et du quart-monde qui subsistent avec les miettes qui tombent de la table des riches frileux de voir leur richesses diminuer !

Comment accepter l’état de « transition » ? Nombreuses sont les réflexions à ce sujet… mais le système capitaliste reste enraciné en Occident, mais pas seulement en Occident...

Alors nous devons, comme le dit Alexandre Jardin : «  Nous restons responsables de notre regard… Mûrir, c’est accepter de vivre dans l’étau de nos contradictions » ( Des gens très bien, Grasset, pg 29 et 30)

Dans cet « étau de contradictions », le peuple est invité à « choisir » certaines propositions : chez nous par exemple l’initiative de 1 à 12 et d’autres ce 24 Penser_un_autre_monde.jpgnovembre 2013. Les avis du Conseil fédéral diffèrent des initiants alors que les deux ont du vrai et du moins vrai ! Mon choix est fait entre ces apparentes contradictions : j’ai voté oui à l’initiative 1 à 12. Pour la simple raison que « nous sommes responsables de notre regard » : L’énergie nécessaire à un balayeur de rue est-elle moindre que celle nécessaire à un fonctionnaire de haut niveau ? Le coût du morceau de pain est le même pour les deux. Poursuivre la comparaison est ridicule, cependant la valeur essentielle reste : la vie, la dignité dans l’honnêteté. Des différences de styles de vie selon les fonctions sont inévitables mais pas jusqu’à la différence grotesque que l’espérance de vie de l’un riche dépasse de beaucoup celle d’un mineurs de charbon ou d’or.

Et je reviens à ma première question : comment consommer moins et éviter des pertes de travail, comment promouvoir la décroissance et éviter le chômage ? 

images.jpgNous nous débattons ainsi dans l’étau de contradictions en tenant compte de la responsabilité de notre regard, qui ne peut être bien différent de celui de Jésus, le Pain partagé lequel ne peut être systématisé. Là est le défi de notre liberté.

09/11/2013

Carrière à rebours

 

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Faire carrière, cela signifie grimper toujours plus haut, même au risque d’écraser les autres. On se veut meilleur et plus important. On sacrifie beaucoup de choses à sa carrière, pour elle on investit et on fait tout pour réussir. Notre formation vise notre carrière. Les matières offertes dans le cadre de l’enseignement scolaire ont pour but la carrière future des élèves. Sans anglais, pas de carrière. Sans diplôme universitaire, pas de carrière. Sans relations, pas de carrière. L’une des perspectives importantes de la carrière, c’est le ‚toujours plus’ : plus d’argent, plus d’influence, plus de prestige, statut social plus élevé.

Dans les années cinquante du premier siècle, Philippes, dans l’est de la Grèce, était une importante colonie militaire romaine; elle était la ville idéale pour faire carrière au sens où l’entendaient les Romains. Dans cette ville, Paul fonda une communauté chrétienne, la première sur sol européen. Quelques années plus tard, il a dû constater qu’il n’en allait, dans cette communauté, pas autrement que dans la polis – la ville. La vie communautaire suivait les mêmes  mécanismes que là où on n’avait rien d’autre en tête que sa carrière : les gens se battaient pour tout emploi ou fonction, important ou non. Cliques et népotisme allaient de pair avec le manque d’égard, les jalousies, les convoitises et autres suspicions.

Dans sa lettre à la communauté de Philippes, Paul rappelle aux chrétiens un ancien hymne au Christ, qui d’une certaine façon pose les bases de la foi et le modèle de vie chrétienne en prenant Jésus le Messie comme archétype :

Il possédait depuis toujours la condition divine,

mais il n’a pas voulu demeurer de force l’égal de Dieu.

Au contraire, il a de lui-même renoncé

à tout ce qu’il avait

et il a pris la condition de serviteur.

Il est devenu homme parmi les hommes,

il a été reconnu comme homme;

il a choisi de vivre dans l’humilité

et s’est montré obéissant jusqu’à la mort,

la mort sur une croix.

C’est pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place

et lui a donné le nom supérieur à tout autre nom.

Il a voulu que, pour honorer le nom de Jésus,

tous les être vivants, dans les cieux,

sur la terre et sous la terre,

se mettent à genoux,

et que tous proclament, à la gloire de Dieu le Père:

Jésus-Christ est le SEIGNEUR!“

 (Phil 2,6-11 : Bonne nouvelle... pour toi ! Société biblique – Alliance biblique universelle)

A l’époque, „Seigneur“ était le titre de  l’empereur romain. Pour les chrétiennes et les chrétiens, „Seigneur“ est le nom – imprononçable – de DIEU, comme dans l’Ancien Testament en grec.

Finalement, ce qui est chanté dans cet hymne, c’est la carrière de Dieu.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction : traduit par Christiane Gäumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

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06/11/2013

Amazon (Monde Diplomatique 2013)

 

moebius_escher.gifPlusieurs fois, lorsque j’avais envie d’un livre, j’ai demandé à un ami de le commander via Amazon en utilisant sa credit card et je lui donnais le cash à la première rencontre. En plus, les livres achetés de la sorte coûtent moins. J’avais la conscience tranquille.

 En mars 2012 le peuple a voté non sur le prix unique du livre. Et je me souviens avec quelle verve Philippe Nantermod (des Jeunes Libéraux) encourageait le NON, en disant, entre autres arguments « commander un livre « on line » est simple, rapide, économique (de cite de mémoire) je ne me souviens plus s'il a précisé : « Passez votre commande par Amazon ».

enhanced-buzz-wide-21072-1322495037-31-770x499.jpgEt je viens de lire et de relire « Amazon,l’envers de l’écran : l’enquête dans les entrepôts du commerce en ligne » du Monde Diplomatique de ce mois-ci, pages 1, 20 et 21.

 

Jean-Baptiste Malet, l’envoyé spécial du M.D. a « travaillé comme ouvrier intérimaire dans un entrepôt français d'Amazon en novembre 2012 » afin d’étayer son enquête à partir de son expérience, de témoignages et de recherches.

Ainsi, j’apprends que les livres désirés et que je reçois quasiment self-service, tellement c’est rapide, ont coûté la sueur d’employés, jusqu’à l’épuisement,  dans des « usines géantes pilotés par ordinateur, des usines à vendre…». Par exemple en Allemagne où Mme Sonia Rudolf indique le lieu de son travail Amazon qu’elle a dû quitter: « Un immense pan de tôle grise enclos de fils de fer barbelés, sans ouverture, ni climatisation » - surveillé par des société de sécurité – des choses à vendre, et des ouvriers … l’été, on y étouffe et l’hiver, on y gèle, et il arrive que des travailleurs évanouis, épuisés doivent être ramassés sur « des palettes en bois jusqu’à l’ambulance ». Et c’est sans compter les chutes, les doigts coupés sur le convoyeurs et les travailleurs désespérés afin que mon livre commandé arrive plus vite chez moi !

Vingt minutes suffisent dès la réception de ma commande et l’expédition d’un paquet bien enveloppé et affublé d’une image d’Amazon souriant ! Que je recevrai à la maison, satisfaite du service. Enfin des ouvriers révoltés ont pris le risque de dire tout haut : « Le sourire dur le colis, ce n’est pas le nôtre ». La lutte est longue afin d’arriver à la révolte car, je cite : « Comme à chaque salarié dans le monde, ses contrats (chez Amazon) lui interdisent strictement de s’exprimer à propos de son emploi auprès de sa famille, de ses amis ou de journalistes…et, le silence qu’on nous impose, (dit M. Jens Brumma) n’est pas pour protéger des secrets industriels auxquels nous n’avons pas d’accès : c’est pour taire l’extrême pénibilité de nos conditions de travail. »

Et les syndicats ! C’est dangereux, il a fallu des dizaines d’années en Afrique du Sud pour que les esclaves des mines d’or prennent le risque de se syndicaliser. Les entrepreneurs s’évertuent à la dépolitisation et à l l’affaiblissement de culture syndicale. ! Chez nous aussi. Des petites doses de hausse de salaire apaisent les mécontents... et on se tait.

Amazon, l’Allemagne d’abord, les ouvriers s’organisent, se consolidarisent images.jpget trouvent les moyens nécessaires à faire avancer la justice, de telle sorte, raconte une ex-employée, «Les gens ont de moins en moins peur de se syndiquer…et quand ils subissent une humiliation, ils veulent riposter pour défendre leurs droits et leur dignité, exiger l’application d’une  convention de travail et, ce qui s’organise de plus en plus, faire la grève ! »

Ce que le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, veut à tout prix éviter, c'est pour éviter les plaintes et oppositions qu'il a besoin des médias pour le faire. Ainsi il vient de racheter, s’il vous plaît le Washington Post… tout en assurant que, si certaines choses vont changer (pour être financièrement améliorées) les « valeurs du Washington Post » resteront intouchées… Mais, et je cite « La réussite économique (promise) éclipse à coup sûr celui des conditions de travail ! » Le mensonge et l’hypocrisie pourrissent jusqu’au cœur de certains entrepreneurs aveuglés par la capitalisation coûte que coûte !

Nous arrivons vers Noël, la naissance sur la paille, dit-on, d’un enfant palestinien-juif, qui est présent parmi nous, c’est ma conviction, et qui nous humanise, lui, par son exemple d’homme droit.

Noël aussi intéresse Amazon en ce « quatrième trimestre Q4)) pour d’autres raisons : « Battre les records de productivité » et de vente ! On construit à la hâte de nouveaux entrepôts en Pologne, en Tchéquie ;  on passe de trois à huit mille ouvriers « Logés dans des conditions terribles » ; des contrats  intérimaires « précaires et invisibles » venant des 4 coins de l’Europe en crise : « Parmi eux se trouvent des gens très diplômés, un historien, des sociologues, des dentistes, des avocats, des médecins au chômage, ils viennent ici le temps d’une mission d’intérim »  !!!  Travail de nuit comme de jour afin d’expédier les commandes de fête : des œuvres de Proust à des peluches de bébés ou même des livres de Günter Wallraff – qui n’a pu y échapper - malgré ses  oppositions et ses actions, ses appels au boycott ! Mais voyez-vous, ce qui ressort de l’article du Monde Diplomatique est que, à part les saisonniers intellectuels sus-nommés, Jeff Bezos fait sa fortune parce qu’il a fait une trouvaille : il choisit les périphéries urbaines où le taux de chômage est élevé pour implanter ses boîtes métalliques à chômeurs parce que qu’il a réalisé que ces esclaves  « Coûtent actuellement moins cher que des robots » !Mais lisons plutôt l’article en entier du Monde Diplomatique ou encore, offrons-nous le livre de Jean-Baptiste Malet « En Amazonie. Infiltrés dans le meilleur des mondes. » (Fayard, Paris, 2013)
« Expédié et vendu par Amazon. Emballage cadeau disponible. » C'est la réalité ! Je ne rêve pas.

Comment être conséquent  quant à notre choix de société ? 

Nos librairies et des commerces de proximité, par exemple Saint Paul à Fribourg et Paris,  ferment ! On en est là.

Ils se peut que moi, vous, tout un chacun, sommes des clients satisfaits : Noël coûte moins cher ! Et nous chanterons « Douce nuit, sainte nuit... »

Amazon, Jeff Bezos aussi chanteront... peut-être.

Question : Les supermarchés, mall, la Migros, les multi comme on dit : les concepteurs, les réalisateurs, les managers, mettent-ils au centre la dignité et le bien de la personne humaine, de l’ouvrier ? Le politique, les politiciens mettent-ils la personne humaine, surtout la plus vulnérable, au centre de leurs préoccupations ?

images.jpgLe pire, c’est quand je réalise que, comme l’écrit  Jacques Attali dans « Une brève histoire de l'avenir » (2006 chez Fayard)

 Les pauvres devenus riches, ou les exploités et les dominés ayant vaincu l’ennemi, copient et adoptent le type de société des personnes éliminées, des riches qu'ils ont combattuset vaincus ...je cite Attali de mémoire.

 Mettre l’être humain au centre de notre agir : est-ce une option, une valeur humaine, (pour ne pas dire chrétienne) ou simplement une utopie créatrice qui meurt sous l’éteignoir du système qui nous gouvernent.

03/11/2013

Zachée

 

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«Ζακχαίε, σπεύσας κατάβηθι» (Λουκ. ιθ’ 5)

Quand, à la paroisse Notre-Dame, Lausanne, Claude Ducarroz m’avait confié une groupe d’enfants de 8 à 10 ans pour le « Caté hebdomadaire » nous étions heureux!

 Je racontais à ma manière, c’est-à-dire, à la manière des enfants, la fantastique histoire de Zachée. Puis les enfants pouvaient librement s’organiser afin de mimer la scène : un régal !

 Zachée, un juif, riche et petit, pas aimé du tout car il se mettait du côté des méchants (les Romains bien sûr) pour gagner des sous, Zachée  est super-actif et curieux.

 Dans la rue, à Jéricho (donc Notre Dame de Lausanne !) passait un homme ordinaire mais beau, jeune et qui regardait tendrement les gens comme s’il était déjà ami. On avait aussi dit qu’il pouvait soulager les douleurs, quand on a mal aux dents, ou aux yeux, ou aux jambes… ainsi de suite... Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,1-10.

 Quand les enfants eurent fait la mise en scène, il fallait encore une arbre. Pas de problème, une chaise sur une table et nous voilà en marche. Les enfants m’ont placée dans la foule. On se promène dans la salle et c’est magnifique, surtout quand le plus petit, un garçon bien sûr, Zachée, grimpe comme un mini-singe le plus haut possible, (tout le monde rigole pour un moment bien sûr) jusqu’à ce que Jésus (aussi un garçon) s’arrête et regarde, quel beau regard d’enfant ! Et Zachée en équilibre là-haut !

 Jésus : qu’est-ce que tu fais là ?

 Zachée : hem ……

 Jésus : tu peux pas descendre ?

 Zachée : hem ….. et il saute en bas et se trouve avec nous, un peu penaud quand même, on lui montrait qu’on ne l’aimait pas trop parce qu’il était voleur et riche !

Jésus : qui regarde toujours Zachée qui semble se tenir plus droit et regarde aussi Jésus du bas vers le haut maintenant qu’il est sur terre, Jésus dit : Je voudrais bien venir manger dans ta maison, t’as sûrement quelque chose !

Zachée : toujours super-actif mais gêné tout de même, prend Jésus par la manche et le tire après lui jusque dans sa belle maison en disant : tu sais, je suis pas si « con » que ça… ça m’arrive de tricher, les autres aussi trichent, ceux qui font mon métier. Je suis bien payé, mais je donne aussi des choses volées à ces pauvres qui sont là, dehors et on dit qu’il te courent après et que tu les aimes bien. Moi, personne ne m’aime, personne ne me regarde ou alors, on me tire la langue, on me crie, t’es un « vendu » aux Romains et tout ça…

Jésus dit : t’en fais pas l’ami, j’ai faim et soif alors allons d’abord manger quelque chose ... et il s’en va tranquillement avec Zachée pendant que certains pauvres sont un peu jaloux et que des Messieurs des synagogues et des écoles, ont des regards sournois, méfiants, des regards de riches « honnêtes » qui ne volent pas, mais ne distribuent pas au malheureux leurs sous !

 Si j’ai un petit chocolat, on le partage pendant que tous les enfants se remettent en rond pour dire ce qu’ils sentent ! Ce serait trop long à raconter sur un blog. Ils sont des vrais théologiens, ces enfants de la paroisse Notre-Dame de Lausanne. Non, de Jéricho dans le canton de Vaud !

Il paraît qu’à midi, à l’heure de l’Angélus à la place Saint Pierre à Rome, François, pape, a dit que c’était l’évangile le plus joyeux que saint Luc a jamais raconté. Il a même dit et je cite : … « Aucune profession ou condition sociale, aucun péché ou crime qui peut effacer de la mémoire et du cœur de Dieu l’un de ses fils. » Donc vous, donc moi.

02/11/2013

Pardonner à Dieu

 

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 J’ai lu dernièrement cette phrase étonnante quelque part :

 Pour vivre avec style, il faut savoir pardonner :

 à son prochain,

 à soi-même,

 à Dieu.

 

 

 

Au premier regard, ça paraît bien. Mais.....

Le mot ‚pardonner’ nous rappelle immédiatement combien le pardon nous est nécessaire, et qu’il faut en permanence nous pardonner les uns les autres. Dieu, dans la Bible, se présente comme le grand Miséricordieux, le dieu compatissant et bienveillant, patient, d’une immense et fidèle bonté (Ex 34,6-7).

C’est ce Dieu que Jésus donne en exemple à ses disciples : Soyez pleins de bonté comme votre Père est plein de bonté (Lc 6,36). Il nous donne ainsi la mesure de l’attitude miséricordieuse avec laquelle nous devrions nous comporter les uns avec les autres.

Selon la phrase étonnante ci-dessus, nous devrions aussi pratiquer l’art de se pardonner à soi-même. N’est-ce pas, en fait, encore plus difficile ? On ne parle pas là des chicaneries pour des broutilles qui nous rendent juste un peu ridicules aux yeux des autres, et pas non plus des déceptions que nous ressentons lorsque nous n’avons pas réussi à réaliser ce que nous voulions. Il s’agit plutôt de notre miséricorde envers nous-même: c’est-à-dire de nous  accepter tels que nous sommes, de nous donner la chance de tourner la page et de repartir du bon pied; de nous traiter nous-même comme Dieu nous traite: avec compassion et bienveillance, avec patience et fidèle bonté.

Mais – est-ce possible, ou sensé, ou même imaginable de pardonner à Dieu? C’est vrai que, de plus en plus souvent, à tort ou à raison, en parole ou en pensée, nous rendons Dieu responsable de toute la misère du monde, comme si c’était lui le coupable. Il faut bien que quelqu’un endosse la responsabilité pour ces tremblements de terre ou ces famines, qui causent de telles souffrances à tant d’humains ! Et qui donc sinon Dieu ? Les hommes ne seraient pas capables de tant d’injustices et de telles destructions – du moins c’est ce que nous pensons.

Il est sans doute aberrant de penser ainsi, comme tant d’autres pensées aberrantes qui nous viennent en évoquant Dieu. Mais jouons jusqu’au bout ce raisonnement : pardonner à Dieu. Cela ne signifierait-il pas que nous l’acceptions comme il est, malgré toute ses ‚fautes’ et ses ‚faiblesses’; que nous lui accordions la chance d’un nouveau départ, que nous le traitions comme il nous traite: avec compassion et bienveillance, avec patience et fidèle bonté ?

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Christiane Gäumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

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01/11/2013

La Toussaint

 

La Toussaint : ma réflexion personnelle

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 La Toussaint est une fête catholique,  c’est férié et célébré dans le Canton de Zoug… 1er novembre, l’Église catholique honore tous les saints, connus et inconnus. Quand j’étais quelques temps en Irlande, nous avons célébré la veille de la Toussaint avec les divertissements de Halloween. L’histoire celte veut que la veille de ce jour, les morts invitent les vivants ou vice-versa à une petite rencontre. Un peu partout où c’est possible on fleurit les endroits où les morts sont mis en terre.

 Dommage que cette fête soit dans l’enclos « catholique » car le mot catholique signifie le contraire d’un enclos, c’est universel, sans frontière. Donc il faut repenser tout cela comme le désire l’évêque de Rome François (pape). Et c’est urgent.

 N’est-il pas nécessaire de repenser tout le système de béatifications, de canonisations qui rajoutent des noms à la litanie des saints. Je souhaiterais que les gens ordinaires repensent et refassent une litanie des « saints/tes » universelle, donc catholique : on y mettrait les innocents et martyres des systèmes : rapine,  violence,  viol, pouvoir, domination à travers la planète. Ils sont légions, ces saints-là ! On y mettrait nos maman et nos papas et nos amis et ennemis qui ne l’étaient sans doute qu’en apparence !

 On y mettrait celles et ceux qui ont pris parti pour les victimes d’injustice, qui se sont identifiées à eux – comme Jésus nous demande de le faire – et qui sont passés par d’innombrable échecs, qui ont été humiliés parce qu’ils étaient honnêtes, emprisonnées, tués, encore une fois comme Jésus en son temps et en notre temps. En Chine, en Asie, en Afrique, en Europe, des petites gens de toutes races qui sont nées sans le demander et qui ont droit à la Vie que trop de systèmes, actuellement pire que jamais, leur nient.

 Plus proches de nous, on y mettrait des personnes comme Dorothy Day, Simone Weil, Anne Frank, et pourquoi pas, Rosa Luxembourg, Elaenor Marx, la fille de Karl et sûrement Dietrich Bonhoeffer, Joseph Cardijn, Roger Schutz, Osacar Romero, in anticipation Pedro Casaldaliga et Pedro Arrupe pointé du doigt par Jean-Paul II. Et combien de personnes honnêtes et sincères en elles-mêmes et dans leurs relations avec les autres, la nature, Dieu.

 Richard Rohr, dans son billet de ce matin dit que la seule chose que Dieu nous demande est d’être honnête et humble et que, si Dieu exigeait de nous la perfection, il pourrait attendre longtemps ! Rohr ajoute qu’il n’y a, pour nous tous, que le chemin de l’enfant prodigue (Luc 15 :11-32) ou encore le publicain et le pharisien (Luc 18 :9-14) bien que mon ami Albert Nolan (Jésus avant le Christianisme) nous avertit : attention, le pire des orgueils c’est de se vanter d’être dans le rang des publicains ! Voilà qui peut faire dresser l’oreille à bon nombre de gens en religion etc.

 Dans les églises aujourd’hui, Matthieu 5, 1 – 12a a été lu ou chanté : il s’agit de ceux qui pleurent, qui ont faim et soif de justice, qui ont pitié des autres, qui sont francs avec eux-mêmes et les autres, celles et ceux qu’on persécute et qu’on insulte parce qu’ils veulent le bien, la justice et la vérité… ce texte, c’est les Béatitudes, c’est-à-dire qu’ils sont bienheureux ! Mais qu’est-ce qu’être heureux ? Chouraqui a traduit ce texte de la Bible par : « En marche » au lieu de « heureux ».

 Ainsi nous continuons le chemin vers demain, le jours de celles et ceux, sans exception, qui sont  « en marche » « hors espace temps » comme le dit Georges Haldas.

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Cathédrale Saint-Lazare

 

28/10/2013

petite réflexion du soir

 

Dieu...

 

images.jpgQue de questions sur Dieu

 Que de livres publiés, de conférences données

 Que de prières inventées, copiées, recopiées, récitées

 Que de liturgies échafaudées, exécutées

 Que de récits d’exaucements et de vide

 Que de places d’honneur dans les Constitutions

 Dans des formules de jugement

 On vilipende Dieu comme autant de d’akènes dans le vent

 Mais Dieu n’est pas ça, Dieu n’est pas quelque chose

 Dieu est quelqu’un : Jésus qui attire en lui les hommes (Jean 12 :32)

 Déduction : nous savons où nous habitons…

 Lieu de toutes les audaces, de tous les épanouissements

 Sur la route rocailleuse de notre petite vie commune

 

h-4-2434894-1300182069.jpgUne vallées de larmes, d’injustices, de massacres, d’abjections, de dérélictions, oui chez nous, entre nous… et les enfants de Syrie, du Pakistan, d’Afghanistan, du Togo, de Soweto ... et tout aussi proches les femmes en Inde, en Arabie Saoudite, au Yémen et dans les bas-fonds de nos hôtels touristiques … tous, les prisonniers à Guantánamo, dans les prisons secrètes en Chine, dans les boîtes à bébés d’Einsiedeln et dans les vestiaires des footballers …

 Tous ensemble logés à la même enseigne, au même habitat : Jésus – le Verbe qui main-coeur-jesus.jpgdevient homme – à chaque centième de seconde, chaque particule de vie, d’amour dans la dynamique de la famille pleinement humaine, donc de Dieu enfin présent … Plus de questions, ni de récitations, ni de génuflexions... mais Dieu qui vit, tout petit en nous, chez lui.

 

26/10/2013

Sur le thème : Partager le pain :

 

Le pain est nécessaire à l’homme, il est le fruit de la terre

 et du travail de l’humain

 il apaise la faim et entretient la vie

 

 La vie dépend du rendement du capital,

 sans égards pour la mort d’enfants par dizaines de milliers,

 jour après jour

 

Victimes de famine structurelle,

 meurtres légalisés pour satisfaire aux lois du marché,

 source d’enrichissement pour certains

 et anéantissement pour beaucoup

 

Victimes de maléfiques joueurs capitalistes

Lançant la roulette au hasard,

Sacrifiant ainsi la vie sur l’autel de la Bourse

 

Nous partageons le pain et autres productions pour vivre

 selon l’exemple du Galiléen qui nous incite à partager

les pains et les poissons

 

L’eucharistie

Une fête en mémoire du Crucifié ressuscité

Pour nous rappeler, aujourd’hui encore

lors du partage du pain,

le royaume de Dieu et sa justice

 

Et comme Emmanuel

Dieu est avec nous“ en Jésus son fils,

car il est le frère des déshérités et des affamés

 

 La vie est opprimée par les calculs intéressés du marché,

 de l’ordre mondial et de la société

 Gardons à l’esprit le verdict de Jésus ben Sirac dans Siracide

 Celui qui prive de pain l’homme démuni est tel un

 meurtrier sanguinaire

 

Suivons le Nazaréen dans son partage du pain

 et témoignons de sa foi capable de rassasier les affamés.

 

Source : Urs Eigenmann, Brot teilen, in: Ferment 54 (2/2013), 28.

 Traduction : Christiane Gaeumann

 Avec permission de l'auteur

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25/10/2013

L'abcès crève ... et la confiance est morte

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Tout le monde soupçonne tout le monde. Pourquoi ? L’être humain a des failles, l’univers, la planète sont en construction, ou plutôt c’est notre regard limité qui découvre au compte goutte l’ouvrage fini, c’est-à-dire infini. En attendant il y a des faux pas...

Donc il ne faut pas râler lorsque les journalistes, chasseurs de vérité révèlent les coups tordus de chefs d’États. Il semble que la propension à mentir fait partie de notre ego, le mien y compris. Le mensonge rend malheureux car nous sommes nés pour « être avec l’autre » dans la confiance. A divers degrés et selon les circonstances, la confiance nous épanouit, en tant qu’individus, familles, groupes, mouvements… se respecter et respecter les autres pour « dire la vérité », pas par obligation, mais dans une confiance réfléchie. Chacun a droit à son « jardin secret », à sa vie privée, à la discrétion dans les relations humaines mais ce que nous révélons devrait être vrai !

C’est lorsque des intérêts systémiques particuliers : linguistiques, religieux, sociaux, et fatalement ignobles et dangereux, économiques et politiques, que la confiance disparaît, l’homme devient une machine à mentir : il se ment à lui-même et il ment aux autres.

Des décennies durant, le système du mensonge dans la turbine des intérêts économiques, déshumanise l’individu… à moins qu’il ait la chance d’être « hors système » dans son honnête pauvreté !

The Guardian, le meilleur des journaux anglo-saxons que je connaisse a publié dernièrement, une infime partie du cancer qui ravage les relations entres nations et continents : Assange et Snowden ont simplement révélé ce qui était dans la « machine » ... afin de protéger leur propre intégrité de fonctionnaires !

La révélation du Guardian à fait l’effet d’une bombe à fragmentations: « L’Agence nationale de sécurité (NSA) des États-Unis a placé sur écoute 35 chefs d’État dont les numéros lui ont été communiqués par un fonctionnaire américain de haut rang, rapporte vendredi le journal britannique The Guardian dont le portable de Angela Merkel. »

Et ceci, depuis l’ambassade des États-Unis ! Du coup Merkel et Obama se « grondent » et Merkel, Hollande, Cameron et al… se rapprochent… Cela tourne en rond... ils ont tous peur de ce qu'ils ont dit, fusse une bricole ou le goût d'une tasse de thé... !

Bref, je perds mon temps à m’étendre sur les « rapports entre trônes et dominations », les médias, chacun à sa façon, cherchent, enquêtent, … et nourrissent leurs clients de ce menu indigeste ! Les clients, c’est qui ? Nous qui sommes gouvernés (je voudrais tant mettre la Suisse à part) par ces leaders qui n’ont aucune confiance entre eux et qui se foutent du peuple qui leur a fait confiance en les mettant au pouvoir (pour ce qui concerne les pays démocratiques).

Les gens, riches ou pauvres, réclament des comptes à ceux qui les gouvernent. Maintenant ! Que contiennent ces conversations téléphoniques, ces mails, ces méandres de relations tordues qui sont révélés ? Des secrets d’États ? Des secrets d'Eglises ? Des indices de terroristes ? Des deals de toutes sortes. A la fin, allons-nous donner notre avis sur des affaires décidées à l’avance… par le système qui a sa propre impulsion ?

 Les cyber-scandales, les leaks de toutes sortes créent un gouffre entre les gens comme vous et moi et celles et ceux qui nous gouvernent. Peut-on purifier cette toile d’araignées empoisonnées par le virus du mensonge systémique ? Je pense que oui puisque l’abcès crevé doit nécessairement subir une désinfection radicale :

C’est Jésus qui nous regarde avec compassion, Lui, la Vérité et qui nous conseille:

 « Que votre parole soit oui pour oui ; non pour non ; ce qu'on y ajoute vient du malin (Mt. 5 :37) »

 « Car il n'y a rien de caché, qui ne doive être révélé ; ni rien de [si] secret, qui ne doive être connu.

 "C'est pourquoi les choses que vous avez dites dans les ténèbres,seront ouïes dans la lumière ; et ce dont vous avez parlé à l'oreille dans les chambres, sera prêché sur les maisons (Luc 12 :2,3)"

 Et encore, bien avant Jésus alors que son Esprit parlait aux prophètes dont Isaïe 5 :20

 «  Malheur à vous qui nommez le mal bien
et le bien mal,
vous qui changez la lumière en ténèbres,
les ténèbres en lumière,
vous qui changez l'amertume en douceur
et la douceur en amertume ».

Nous en sommes là et c’est ma prière ce soir pour et avec tout ce qui bouge sur notre petite planète faite pour notre bonheur !

21/10/2013

La Foire de Zoug

 

La Foire de Zoug, c’est comme le Comptoir à Lausanne : des exposants, des offres anciennes et nouvelles, un rabais sur les choses achetées à cette occasion, des visiteurs, des rencontres, des variétés et divertissements, du stress, les finances, mais aussi toute l’énergie, l’imagination de commerçants, de marchands, d’artistes qui espèrent, en plus de gagner leur vie, de rencontrer des personnes intéressées.

 Actuellement nous sommes en pleine Foire de et à Zoug, ou "Zuger Messe" du 19 au 27 octobre. Cette fête a 40 d’existence et je suis sûre qu’elle rivalise avec le Comptoir en ce qui concerne exposant et visiteurs. On anticipe quelques 88'000 visiteurs et 500 exposants sont inscrits.

L’invité d’honneur le Canton de Vaud : la rencontre des zougois et des vaudois et de leurs autorités respectives: la langue n’est pas un problème, on passe de l’allemand au français et je parie que l’anglais n’est pas absent. L’important: c’est qu’on ait des choses importantes et constructives à se dire, au sujet des finances et de l’économie bien sûr, mais il y a plus : c’est le partage de ce qui nous est commun : le paysage, le lac, tous les aspects de ce qui est multiculturel : l’art culinaire, l’agriculture, la musique et la peinture…

...Et ce qui n’a pas été rapporté dans la presse me semble-t-il, et c’est dommage : c'est la présence à la Foire de Zoug de l'invitée d'honneur également: l’Eglise réformée du canton de Zoug qui fête cette année son 150ème anniversaire : la Présidente, Monika Hirz a dit lors de la cérémonie d’ouverture : « la Bible reste le cœur et l’âme de l’Église Réformée ». « Des textes bibliques seront lus durant la semaine et l’on est impatient d’entendre les passage que le maire (ou Syndic) Dolfi Müller choisira de lire ».

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Dommage qu’on ait fait si peu de cas de cette belle initiative biblique dans les journaux. Mais les rencontres ne sont-elles pas empreintes d’un certain « au-delà » ? Même sans le mentionner ?

 

Oh ! mais je ne veux surtout pas oublier ce qui réjouit le cœur et fait chanter : le vin des vignes des côtes lacustres et c’est Guy-Louis Chappuis qui a offert une bonne bouteille de sa cave à Zoug. (Aus dem UNESCO Weingebiet) !!! Santé à tout le monde !

 

 L’amitié est bien présente: un chêne offert par le canton de Vaud, est planté dans le parc de Siehbach, à l'intérieur de Cercle de l'Europe, à Zoug, près du lac et qui scelle cette poignée de mains au-delà de toutes barrières et de toutes frontières fussent-elles invisibles

19/10/2013

Lumière dans la nuit

 

12.htm3.jpg Le mot ‚lumière’ évoque en général quelque chose de positif, comme la vie, la joie, la plénitude; quant à la nuit, elle représente plutôt les ténèbres, la mort et le deuil.

 Les premières lignes de la Bible nous rapportent qu’au commencement, quand Dieu créa le ciel et la terre, les ténèbres s’étendaient sur les abîmes. Il est écrit : „Dieu dit: Que la lumière soit, et la lumière fut.

 Et puis „Dieu vit que  la lumière était bonne.“ (Gn 1,1-4). On n’en dit pas autant des ténèbres, ni qu’elles ont été créées par Dieu.

 Il y a certainement des lacune dans mes observations sur le thème de la nuit dans la Bible, mais ce que j’y ai découvert m’a beaucoup surpris.

 C’est souvent de nuit que Dieu se montre, œuvre et parle. C’est de nuit que Dieu apparaît à Isaac pour le bénir et multiplier sa postérité (Gn 26, 24). C’est également dans la nuit que Dieu s’adresse à Nathan le prophète (2 S 7,4). Daniel voit dans ses visions nocturnes sur les nuées du ciel quelqu’un qui ressemblait à un fils de l’homme (Dan 7). Et c’est pendant la nuit que l’ange du Seigneur ouvrit la porte de la prison et libéra les apôtres (Ac 5,19).

 Il faut ajouter que la nuit est un moment privilégié, propice à la prière. C’est alors que le psalmiste chante et implore son Dieu. Jésus passa „toute la nuit à prier Dieu“, avant de choisir les douze apôtres (Lc 6,12). Et c’est encore „vers minuit, que Paul et Silas, en prière, chantaient les louanges de Dieu, les prisonniers les écoutaient“ (Ac 16,25).

Que pouvons-nous retirer de ces quelques exemples ? Pour Dieu, nos ténèbres, nos nuits, ne sont pas si sombres. Et même „la nuit brille comme le jour“, dit un psaume (139,12). On peut dire que Dieu est aussi présent dans nos moments les plus sombres, les plus douloureux. Car comme le dit le psalmiste, „quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal“ (23,4). Et encore „Dieu est ma lumière dans la nuit“ (18,29).  

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Christiane Gaeumann-Gignoux

 Avec l'aimable permission de l'auteur

 

18/10/2013

Étrange prédication du pape aujourd’hui, le 18.10.13

 

index.jpgÉtrange prédication du pape aujourd’hui, le 18.10.13

 

Étrange expérience : Nous habitons l’Occident qui porte bien son nom puisque c’est de ce côté-lé que le soleil se couche. L’Occident  est une partie de la planète vieillissante. Les causes, on les connaît, les conséquences aussi. Les épidémies, le cancer rampant, les accidents, les pollutions de toutes sortes mis à part, la durée de vie dépasse les 80 années alors qu’en Afrique du Sud, c’est dans la marge des 40 années et au Swaziland dans celle des 30.

 Mon but n’est pas d’en analyser les causes, je pense que nous en sommes conscients. Rien ne sert à se culpabiliser puisque la plupart d’entre nous travaille pour une société plus égalitaire… même en ce qui concerne mourir.

 Ce qui m’a surprise en bien aujourd’hui, c’est ce qu’a dit le pape François à la Maison Ste Marthe, dans les environs du Vatican où il travaille. Il a dit dans son « sermon » : "N'oublions pas les prêtres et religieuses dans les maisons de repos". Ah ! me suis dis-je, ça me concerne un peu puisqu’il y a juste un mois que je suis à Maria vom Berg avec 85 sœurs âgées de toutes les parties de la Suisse.

 A l’hôpital situé à une cinquantaine de mètres d’ici, il y a pas mal de vieux prêtres qui essayent de vivoter avant d’expirer. Cette zone structurée de vieillesse, comme tous les EMS ou d’autres refuges de personnes usées, comprend ce qui est le propre d’une vie qui régresse à tous les niveaux, intellectuel, émotionnel, physique, psychique. Des uns meurnt sans crier gare, d’autres languissent et attendent.

 Voilà : si vous ouvrez le lien (du titre) et lisez les quelques mots de François, vous serez, comme moi, surpris. Par exemple, il parle du vieux Moïse, un leader « politique » … «Le chef du Peuple de Dieu, courageux, il luttait contre les ennemis et il luttait avec Dieu pour sauver le peuple : C’est grandiose! Et puis à la fin, c’est seulement sur le Mont Nébo, il regarde la terre promise mais il ne pouvait pas y entrer. » Et c’est là qu’il meurt.

 Et Paul le fougueux missionnaire : « Il parle de ceux qui lui ont procuré des blessures en s’acharnant contre sa prédication. Il raconte qu’au tribunal personne ne l’a assisté. Tous l’ont abandonné. »

 « Jean-Baptiste finit sous le pouvoir d’un gouvernant faible, buveur et corrompu, sous le pouvoir de la jalousie d’un homme adultère et du caprice d’une danseuse ».

 Puis comme une cerise sur le gâteau, François continue en rapportant que Pierre, marié, devrait à la fin de sa vie, se laisser ceinturer et « Quand tu seras vieux, ils te porteront là où tu ne veux pas aller. »

 

Nous, les vieilles sœurs, moi y compris, je me sens honorée d’être en si bonne compagnie, mais là ne s’arrête pas, selon moi, la comparaison...

 Et surprise : François évoque des sanctuaires, des lieux de pèlerinage et ils sont nombreux en Suisse, mais, ajoute-t-il : « Mais je me demande si nous les chrétiens, nous avons l’envie de faire une visite - qui sera un vrai pèlerinage !...  à ces sanctuaires de sainteté et d’apostolicité que sont les maisons de repos des prêtres et des religieuses? » Je n'en reviens pas.

 J’aurais envie de dire au Pape François : «Tu exagères, nous sommes comme tout le monde et ne méritons, et n'avons rien de plus, je crois, que les résidents des EMS, maisons de retraite où nos proches, nos amis vivent leurs derniers jours .» J’aimerais seulement qu’on prenne davantage conscience que cette « bougie qui s’éteint car brûlée jusqu’au bout » ouvre la porte sur le « hors espace-temps » du pure bonheur après la traversée sur cette étrange planète que j’aime.

17/10/2013

Eliminer la pauvreté

 

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Il y a bien des années, je prenais part à un colloque à Genève dont le but était de discuter l'élimination de la pauvreté de moitié en l’année 2015. Des experts en économie-sociale et politique, des responsables d’ONG, des spécialistes de plusieurs disciplines sont intervenus, ils ont exposé le fait de la pauvreté dans le monde, les statistiques, les causes, les conséquences, les actions à envisager, afin d’arriver au résultat : éliminer la pauvreté de moitié d’ici à 2015. C'était honnête, intense, laborieux et très théorique.

 Je ne suis pas intervenue, sauf au dernier forum où, gênée, j’ai posé la question qui me tourmentait durant la session : « Pourquoi n’a-t-on pas invité des pauvres à venir nous raconter ce qu’est, pour eux, la pauvreté ? » J’étais encore plus embarrassée après avoir dit cela… d’autant plus qu’on attendait une personnalité de la hiérarchie catholique qui viendrait nous saluer et nous remercier. Il est venu, enveloppé dans son costume noir et violet, il a dit merci et nous avons partagé des snacks et le verre de l’amitié avant de s’en aller.

Les pauvres parlent différemment de la pauvreté que les experts les mieux intentionnés et il se peut que leur mot ne soit qu’un cri : j’ai faim. Un avertissement peut-être. Comme les esclaves sous le joug des Égyptiens et Dieu les a écoutés… mais quelle épopée jusqu’à la terre promise où coulent le lait et le miel et la liberté… et ensuite ? Et aujourd’hui ?

Que de fois cette aventure, l’exode, l’exil ne s’est-elle pas répétée. Ce qu’il y a d’étrange dans l’histoire humaine c’est que nous sommes incapables d'apprendre par expérience ! De plus, de nos jours, Dieu est hors concours. Dieu Mammon alias bombes à fragmentations, drones et al, règnent et remplissent les journaux et les écrans et répandent le sang des pauvres et riches se trouvant sur leur chemin.

Nous avons cependant connu des années ou des communautés de bases prenaient conscience de leur pauvreté sans haine, sans armées, sans médias, sans autre but que de retrouver leur primale dignité avec Jésus libérateur. Ce fut le temps de la théologie de la libération en Amérique latine, aussi nommée théologie contextuelle en Afrique du Sud. La peur de la force des pauvres debout et en chemin fut un défi que deux papes de l’Église catholique ne purent ni comprendre, ni envisager. Je veux croire que l’esprit libérateur de notre créateur permettra à Jésus-ressuscité d’actualiser dans notre société, aujourd’hui, sa sortie du tombeau ! Il est temps d'actualiser la résurrection !

 François, évêque de Rome et pape est, je crois, le porte-parole de  celles et de ceux trop pauvres pour que nous les écoutions avec attention et un cœur ouvert. Et si nous avons encore peur de les inviter à notre table, nous pouvons accepter de partager leur pauvreté, de dialoguer, de se mettre ensemble debout pour un nouvel exode, une nouvelle terre promise : la nôtre  et il n’y aura plus ni pauvres, ni riches quand nous aurons appris à partager la terre, le travail et le pain. Ce ne sera pas facile.

images.jpg Simplement contempler l’idée, même si cela paraît utopique, peut nous rapprocher les uns des autres, riches et pauvres et chanter ensemble, à cappella peut-être, que l’élimination de pauvreté structurée est possible et et la « pauvreté » partagée sera notre richesse. Et notre survie.

 « Que ma prière s'élève comme l'encens devant toi et l'élévation de mes mains comme l'offrande du soir. » (Psaume 141, 2)

 

14/10/2013

La mort, « injuste » d'abord, est l’accomplissement et la VIE.

 

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La mort et les morts : Chaque jour jours les médias annoncent la mort de « célébrités », des noms, une œuvre quelconque, le destin et la fin… la sympathie en mots sur papier et autant en emporte le vent. A moins que…

 Et il y a les non-célébrités au fond de nos cœurs : les enfants d’abord qui n’ont, comme vous et moi, pas demandé à naître ni à mourir ; de l’enfant qui n’a eu que la faim comme seule expérience de vie ; de l’enfant qui n’a eu qu’une bombe à fragmentations pour jouet ; de l’enfant qui cherche du pain dans des déchets toxiques radioactifs ; et des enfants, comme ceux que nous fûmes, nés et morts dans dans un monde vide d’amour ! « Mais qui ne sont pas morts et qui sont nos juges comme le sont les innocents victimes des systèmes » (J.S.M)

 Jésus vit et meurt en chacun d’eux, il s’identifie formellement aux enfants : « Tout ce que vous avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait... » (Mathieu 25, 31-46).

 Comme Jésus s’identifie à l’enfant désiré, aimé et qui meurt, victime des maladies de notre époque par exemple : un cancer.

 C’est une injustice : accuser qui ? Demander des comptes à qui ? Des coupables anonymes, invisibles, inatteignables : l’injustice reste et nous plonge dans le désespoir…

images.jpg Et le questions que nous assumons la main tendue vers le plus petit signe de Sens dans un désert de Non-sens. Et ce signe est comme la  goutte de rosée sur l’herbe au printemps. Combien de fois me suis-je baissée pour la contempler, imprégner ma peau d’enfant.

 Ce signe, c’est le filet d’or dans la fissure d’une nuage ténébreux. C’est cette surprenante étoile qui scintille et s’approche plus lumineuse whiterose.jpgà mesure que vient la nuit, sa présence ne nous quittera pas …  tout comme l’enfant aimé réchauffant le cœur tout entier avide de sa présence, plus présente, si c’est possible qu’elle ne le fut dans la dimension … à présent mutée en ce que nous savons être la vraie vie et qui nous attend au bout de notre chemin…

 Non « la valeur n’attend pas le nombre des années » et la valeur de l’enfant accomplie est celle qui nous pousse vers l’arrivée, et l’amour dont on ne saurait parler, car il EST.

 En hommage à ceux que j’aime.

12/10/2013

Prendre au mot ?

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 Quand, à la lecture de la Bible, on ne comprend pas tel mot ou telle phrase, ou même qu’on les trouve absurdes, on se dit volontiers : ‚il ne faut pas les prendre au mot’. Mais ce procédé ne nous mène pas loin, il ne nous aide pas à les comprendre.

 D’ailleurs nous lisons chaque jour, et nous les employons aussi, des mots et des phrases qui ne sont pas à ‚prendre textuellement’. Voici quelques exemples :

En apprenant cette nouvelle, j’en ai eu les cheveux qui se sont dressés sur la tête’

 Je suis tombé des nues en voyant arriver l’ami que je croyais décédé’

 Lors de la visite du pays, on cuisait littéralement sous la chaleur’, on parle du ,lever’ ou du ,coucher du soleil’ etc.

 Personne ne prendra ces expressions au pied de la lettre. Est-ce à dire que nous n’avons pas à les prendre au sérieux?

 On dira plutôt que le vocabulaire au sens propre ne suffit pas toujours à exprimer certaines expériences ou autre point de vue. Il faut parfois user d’images ou de paraboles, ou alors utiliser les mots et les phrases au sens figuré. On a fait ainsi de tout temps et dans toute culture.

 Ceci vaut également pour les époques et les cultures où la Bible a été rédigée. La Bible veut nous communiquer des messages importants et son intérêt est d’être prise au sérieux. On pourrait même presque dire que plus le texte est imagé mieux on est appelé à le prendre au sérieux et à le laisser agir en nous.

 Encore un petit exemple: Dans le psaume 18, le psalmiste s’écrie: ‚avec  mon Dieu je franchis une muraille’. Bien évidemment, ce n’est pas à prendre à la lettre ! Quel serait l’intérêt à grimper des murailles avec Dieu ! Le psalmiste est convaincu, dans sa foi et sa confiance, qu’ ‚avec Dieu’, rien n’est impossible, il aura le courage de s’engager sans crainte en faveur de son prochain défavorisé, il ne dira plus ‚c’est inutile, on ne peut rien faire’. Avec ‚son Dieu’, il peut affronter les difficultés telles qu’il n’aurait jamais cru en être capable.

 Ainsi le psalmiste s’encourage et offre même son aide à Dieu pour contribuer à un monde de paix et de justice. On ne prendra pas à la lettre ce que le psalmiste exprime ici. L’important c’est de le prendre au sérieux et de nous laisser toucher par sa confiance, cette confiance qui nous rend libre et qui donne de l’entrain à notre vie.

 

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Christiane Gaeumann

 Avec l'aimable autorisation de l'auteur

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11/10/2013

Hiérarchie horizontale

 

 « Alors la mère des fils de Zébédée s'approcha de lui avec ses fils, et se prosterna pour lui demander quelque chose. Et il lui dit: Que veux-tu? Elle lui dit: Ordonne que mes deux fils, qui sont ici, soient assis l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton royaume.

 Vous savez que les princes des nations les dominent, et que les grands leur commandent avec autorité. Mais il n'en doit pas être ainsi parmi vous; au contraire, quiconque voudra être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur. »

 Cela ressemble à un noyeau dur qui se transmet de génération en génération : ce désir d’être à la place d’honneur, de grimper l’échelle de n’importe quelles sortes de hiérarchies. L’exemple de Jésus ne fut pas compris. Il mit les points sur les « i » à plusieurs reprises comme le rapportent les évangiles.

 François, pape, a toutes les peines du monde à se montrer et à se comporter comme Jésus dans un contexte fabriqué de la base au sommet, opposé à la simplicité !

 C’est pour dire la satisfaction ressentie à la lecture du Courrier International (page 49 à 51) et signée Robert Sapolsky : avec un humour scientifique il nous montre ce noyau dur hérité, selon lui, de nos ancêtres les singes et qui ne semble pas faiblir jusqu’à nos jours.    Robert Sapolsky

 Les personnalités, les stars, les beautés, les autorités tous azimut, nous fascinent et les revues hebdomadaires le savent et nous en servent contre payement autant que nous voulons !

 Dans la rue aussi, je me souviens le respect ressenti croisant à l’aéroport, il y a longtemps, un ancien réfugié alors devenu ministre des affaires étrangères au Congo. Lui était tout aussi gêné de me rencontrer car dans sa tête, il se tenait au sommet et dans ma tête je me sentais par terre.

 Dans toutes cultures, le rang sociale montre le pouvoir du mâle sur l femelle et, note en gras le C.I. « Tant qu’il ne sait pas qui sont les dominants et les dominés dans son univers social, l’homme vit dans l’angoisse .» L’analyse sociale, en groupe, permet une prise de conscience de notre place dans un contexte humain.

 Néanmoins, le noyau dur qui nous « force à grimper aux arbres » comme nos ancêtres les babouins et consorts, c’est un instinct vers les sommets, une motivation de se donner corps et âme… dans quel but ? Régner, gouverner, dominer ??? N’est-ce pas une bulle de savon qui crève à la caresse d’une plume ! Et pourtant, nous avons besoin d’un leader, d’un rassembleur, qui vit et partage la vie du petit peuple, se fait leur porte-parole, qui est le serviteur des plus faibles, et qui construit une « autorité » horizontale d’égal à égal ! Sans le savoir, sans en avoir entendu parler peut-être, il « suit Jésus ».

 Comme François : « Ainsi je changerai mon Église… une hiérarchie horizontale.. L’Église est ou doit redevenir une communauté du peuple… » Sans frontières...

 Et à Genève :

 La campagne des différents partis politiques à Genève est fascinante et je prie que les candidats se focalisent sur le bien commun des hommes et des femmes de l’État de Genève qui reste sans frontières : la Genève internationale qui mérite la reconnaissance d’innombrables « voyageurs ».