20/04/2011

Mercredi Saint 2011

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Mercredi Saint 2011

 

Je reste préoccupée par la question de mon étudiant d'il y a si longtemps, Bernard Phiri: « Si Dieu m'aimait il ne m'aurait pas fait noir en Afrique du Sud? ». La question et le cri d'une multitude d'êtres humains aujourd'hui. Les liturgies très occidentale de cette Semaine Sainte me renvoient l'écho de ce cri lancinant toujours plus proche dans le temps, l'espace. La mouvance du présent. Où trouver le sens?

 

Encore une fois J.B. Metz sera ma référence. Et je me permets de le citer abondamment. Que ressent Jésus aujourd'hui?

« Le regard de Jésus ne s'est pas d'abord porté sur le péché des autres, mais sur leur souffrance. Le péché était, à ses yeux, le refus de participer à la souffrances autres... un abandon au narcissisme secret qui habite toute créature. C'est ainsi qu'a débuté le christianisme comme communauté du souvenir qui inscrit ses récits dans l'imitation de ce Jésus historique dont le regard se porte en premier sur la souffrance d'autrui.

 

C'est cette sensibilité élémentaire à la souffrance de l'autre qui caractérise la manière nouvelle dont Jésus a vécu, Cette approche de la souffrance n'a rien à voir avec le dolorisme, avec un culte morose de la souffrance. Elle est bien plutôt, dans le refus de tout sentimentalisme, l'expression de cet amour auquel pensait Jésus lorsque – se situant par là pleinement dans la mouvance héritée d'Israël – il parlait de l'unité indissociable de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain: l'attachement de Dieu à la souffrance est celui de l'empathie, il est dans l'acception « politique du terme » une mystique de la compassion. Quiconque reconnaît «Dieu »  au sens où l'entend Jésus est prêt à payer le prix au préjudice de son intérêt personnel qui s'impose dans l'immédiat et auquel le malheur de l'autre porte atteinte. Voilà ce que suggère la parabole du « bon Samaritain » par laquelle les récits se sont inscrits dans la mémoire des hommes. »

Pour Jésus, au contraire parfois des formulations de l'Institution, il s'agit d'abord de l'empathie qu'il ressent avec nous, liés que nous sommes à la souffrance des hommes aujourd'hui, plutôt que de la Rédemption des coupables.

Relever le défi du regard de Jésus est encourageant et laborieux.

 

16:39 Publié dans Spiritualités | Tags : regard | Lien permanent | Commentaires (0)