26/06/2009

OÙ VA LA PRESSE?

 

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peintre tchèque Miloslav Holý

J'étais hier à Lausanne, dans un bistrot des environs de la Tour Edipresse à attendre le retour de ma consœur avec sa voiture pour continuer la route. J'ai pu lire tranquillement le dernier numéro du « Courrier International », Numéro spécial: « Mais où va la presse? ». L'invité, Andreï Arkhangelski, (du quotidien Vzgliad, russe) plaidait pour la subjectivité face aux exigences de l'objectivité du journalisme moderne.

« Un mythe prodigieusement répandu à propos du journalisme moderne est celui de l’“objectivité” »

 

http://nabukho.blogspot.com/2009/06/plaidoyer-pourla-subjectivite-andrei.html

Cela m'a rappelé quelque chose. J'aime écrire, souvent des amis m'ont conseillée d'être plus objective. En Afrique du Sud, l'hedomadaire catholique "Southern Cross" m'envoyait quelques livres de spiritualité-théologie pour en faire des petits comptes-rendus. Le rédacteur en chef m'avertit: soyez objective! Et le prêtre conseiller de cet hebdomadaire encouragea fortement l'objectivité en signant sa lettre (pas de computer à l'époque) "dogmatically yours in Christ" (dogmatiquement vôtre en Jésus-Christ). Bien sûr j'ai essayé. En Suisse, je me souviens que la radio la 1ère interrogeait un chroniqueur sur son travail et lui fit remarquer: "Dans vos chroniques, il vous arrive de dire "je", ce n'est pas courant". Le chroniqueur répondit: "C'est pour être proche du lecteur, dire "je" signifie "toi, le lecteur". C'est vrai qu'on aimait lire ces chroniques-là!

 

Mon but n'est pas du tout de critiquer les excellents articles de fond qui analysent et éclairent l'actualité. J'aimerais parfois moins d'actualités à chaud et plus d'analyses des causes, du sens, des conséquences.

 

Mais je relis Andreï Arkhangelski: "Les journaux ne souhaitent pas avoir de problème avec le pouvoir... Dans ce contexte, objectivité signifie servilité, absence de conviction, d'intelligence de sens, brassage d'air stérile." Et encore: "lD'un côté...mais de l'autre..." Non seulement cela n'ajoute aucune objectivité, mais il vide souvent de son sens le travail du journaliste et désoriente le lecteur". Et enfin, cette phrase tellement importante: "Dans le journalisme russe, ce qui m'inspire le plus confiance en tant que lecteur, ce ne sont pas les faits eux-mêmes mais les points de vue sur ces faits, l'analyse d'un regard original, les arguments personnels... La principale garantie d'indépendance de la presse est justement l'engagement

de ses acteurs, les journalistes..."

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Anna Politkovskaïa a payé son engagement de sa vie. Elle reste une source d'énergie. Dans les lieux de conflits, les autorités musellent, expulsent, tuent les journalistes. Par Peur de la Vérité. J'ai toujours pensé que Jésus a été le premier des journalistes. Il prenait en compte D'annoncer la Bonne Nouvelle liant la forme et le fond! C'est clair. Il fut exécuté pour avoir dit la vérité comme chante Guy Béart.

 

En lisant ce numéro spécial du Courrier international "Mais où va la presse?" avant-hier à Lausanne, j'ai jeté un coup d’œil sur cette ruche Edipresse et j'ai prié pour celles et ceux qui y travaillent à longueur d'heures pour dénoncer les injustices et annoncer la Vérité.

 

 

09:24 Publié dans Médias | Tags : presse | Lien permanent | Commentaires (4)