22/01/2010

PAIN DE VIE QUOTIDIEN


2. Le pain Eucharistique

Les hommes           le Pain             la nature

 

Le lien entre ces trois éléments, c’est le TRAVAIL !

La nature s’offre à l’homme faiseur de Pain !

Ce pain est détruit, mangé, consommé afin de donner la Vie à la Vie ! Je cite Enrique Dussel : « Sans terre et sans travail, il n’y a pas de pain. Sans pain il n’y a pas d’Eucharistie (messe).

 

Mais, qu’est-ce que le « pain » ? Ce pain est une création humaine, il continue la création…ce pain est le fruit de ce qui est plus digne que le pain lui-même : c’est le travail. « Les gens du temple comme les gens hors du temple travaillent. »

 

Sans travail, sans pain, il n’y a pas de sacrifice ni d’Eucharistie. On fait du pain parce qu’on a besoin de manger. On mange parce qu’on a faim. Manger, c’est donc dire Non à la famine et à la mort, c’est donner la Vie à la Vie. Jésus a dit « Je suis le Pain de Vie » (Jn 6,35).

 

Le royaume accompli

Le pain qui nourrit, avant d’être produit par le travail des hommes, est un don gratuit de Dieu pré économique, c’est la manne dans le désert, c’est le Royaume représenté par l’expérience de la nourriture, du rassasiement, de la satisfaction.

(http://saintebible.com/exodus/16-4.htm)

 

Et encore selon Enrique Dussel : Jésus dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps » (Mt 26,26), C’est détruire le pain, le mettre en miettes, le nier pour réaliser la Vie. La mort du pain est la Vie de la Vie. Le pain est comme une mort de l’homme dans son travail. « Mystérieuse et sacrée dialectique de mort-vie, de destruction-résurrection ! Il est certain que la Vie est la cause originaire du Pain. « Pain de Vie » qui nourrit et qui meurt en donnant la vie. »

 

Mais la réflexion va plus loin, et le texte biblique ne dit pas : « Le Pain est la Vie de l’homme, mais « du pauvre ». Hommes, nous le sommes tous. Les « pauvres », ce sont quelques-uns !

 

tables_films_images_les_enfants_du_coup_d_etat.jpg

Regard de Haïti.

Pour moi, aujourd’hui, quasiment hantée par l’actualité, proche et/ou lointaine, celle d’Haïti aujourd’hui, je me pose la question économique du Pain, comme Bartolomé de Las Casas qui se convertit dans cette même région de Haïti et de la république dominicaine en son temps. Les exploités, l’ont amené à se confronter à « la question économique du pain ». Il lui fut impossible de « célébrer l’Eucharistie » avant qu’il n’ait libéré tous ses esclaves, et en prenant le chemin ardu de lutter pour la justice !

En ce moment comment ne pas être hanté par le calvaire de Haïti ? Que signifient la Vie, le Pain, l’Eucharistie à Port au Prince ce soir ? Tragiquement l'archevêque de Port-au-Prince, Mgr Serge Miot, est décédé, son corps a été retrouvé sous les décombres de l'archevêché.

La Cathédrale, le Palais national, l’ONU, c’est un tas de ruine. Oui, c’est le résultat d’une catastrophe naturelle, il n’en reste pas moins que la majorité des haïtiens est affamée depuis des décennies, à l’ombre de ces prestigieux édifices aujourd’hui écroulés ! La majorité haïtienne a faim et soif du pain de la justice depuis des siècles. Sans ce pain de Vie quotidien, comment dire des messes ?

Je me permets d’ajouter l’excellente interview de P. Gilles Danroc, dominicain à l’adresse suivante :

 

http://www.la-croix.com/-Les-Haitiens-unissent-leur-force-a-celle-de-Dieu-/article/2410603/55352

 

Et j’ajoute sa réponse à la dernière question :

 

Comment, dans les prochaines semaines, les Haïtiens vont-ils relire ces événements ?

 

Trois symboles se sont écroulés. Le Palais national, l’ONU, et la cathédrale. Dans la mentalité haïtienne, lorsqu’ils feront une relecture de leur malheur, cela signifie que Dieu n’a pas protégé ces trois lieux, qu’il est en colère contre le pouvoir politique, les étrangers, et l’Église catholique. Une fois l’urgence passée, les Églises organisées auront un rôle important à jouer pour que soit enfin mise en place une politique cohérente de solidarité qui soit fondée sur l’écoute de ce que les pauvres ont à dire et non sur nos modèles, et apporter de la cohésion au sein de la société.

 

« Qu’il est précieux, le PAIN de VIE au quotidien ! »

 

 

23:30 Publié dans Spiritualités | Tags : haïti | Lien permanent | Commentaires (10)

19/01/2010

Sueur de ton front

 

ChCroix04_Mista.jpg

1. Le pain Eucharistique

 

Le pain est Vie

Le pain est vie des pauvres

Le pain de la célébration, de la fête,  est vraiment du Pain

 

La nature, les hommes, le travail, le pain forme un TOUT organiquement UN

 

Le besoin de Pain pour assouvir la faim et survivre

 

Hommes

Nature

Travail

PAIN

VIE

 

Le pain est détruit, la vie continue

 

Dieu a créé le monde, la terre

Les fruits de la terre

Le travail des hommes

Le pain

et la vie sont organiquement liés

 

Ce qui lie la terre, les fruits, le travail, le pain et la VIE

Est la lutte à « la sueur de nos fronts »

 

La sueur de nos fronts, c’est concret.

  • La lutte des classes ouvrières confrontées aux systèmes d’exploitation, de domination, pour le droit au travail, aux fruits du travail, au salaire, au PAIN, à la VIE.

  • La lutte des chômeurs, des « Paysans sans terre », des paysans forcés de vendre le lait des vaches à 55 centimes le litre !

  • La lutte des pères de famille qui voient leurs enfants marginalisés parce qu’ils n’ont pas l’apparence des nantis.

     

La lutte fondamentale, à la base, là où les racines humaines, dans l'humus de la Terre, sont prégnantes de la sève qui construit la famille de Dieu : le royaume.

Au cœur de cette lutte, on dit merci au Créateur, dire MERCI pour le Pain du labeur et des labours: c'est la foi des « petites gens », des pauvres: c’est l’Eucharistie : Jésus au milieu de nous qui a parfaitement incarné cette lutte « à la sueur de son front » et qui l’incarne avec nous aujourd’hui. Sur les chantiers du monde, sur le calvaire de Haïti, dans les gémissements de la mort et de l'enfantement d'une VIE en PLENITUDE, MALGRE TOUT!

Quelle audace, quel défi!

 

 

ValcinKonbit.jpg

Haïti: pour le Pain de VIE

Jésus a tant désiré que nous ayons la VIE et que nous l’ayons pleinement ! On ne peut pas faire « comme si ».

Les messes, sans cette profonde conscience de la lutte des plus pauvres, c’est quoi ?

 

 

10:42 Publié dans Spiritualités | Tags : haïti | Lien permanent | Commentaires (4)