16/06/2010

SOWETO (LA GRUYERE)

 

16 juin 1976 et 2010

 

Soweto, il y a 34 ans jour pour jour, vers 9 a.m., des milliers d’enfants « descendaient dans la rue », protestant contre l'imposition de l'enseignement exclusif en langue afrikaans. C’était pacifique. Des milliers d’écoliers de Diekloof (où nous enseignions) marchent joyeux, déterminés, politisés, responsables. La Police panique et tire. Hector Pietersen, 12 ans, devint le symbole de la répression aveugle du régime. Une hécatombe de corps que les parents et amis viennent ramasser et mettre en terre.

6cd062b.jpg16 juin 2010, la Coupe bat son plein et au programme : Espagne - Suisse à 16h

Afrique du sud - Uruguay à 20h30. Des cicatrisés de 46 ans et plus  aujourd’hui, encourageront Bafana Bafana face à l’équipe uruguayenne.  Les « Restants de Soweto 1976» penseront à la fluidité heureuse du temps : Aikôna, Katutura !

La NATI interraciale

· Pendant ce temps, chez nous : « Journal La Gruyère » du mardi 15 juin 2010 » http://www.lagruyère.ch

 

Auteur Charles-Dominique Anais Créée le Jeudi 04 Décembre 2003 Ajoutée le Mercredi 02 Avril 2008 (ci-dessous)

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Le charme des sud-africaines

En première page : « L’Afrique du Sud d’un Gruérien baroudeur ». “Je cherchais l’aventure” dit-il en page 20 ! Je clique et ouvre et arrive au 2ème paragraphe : (http://www.lagruyere.ch/fileadmin/user_upload/images/IMAG...)

Donnez votre avis sur ce portrait.

Le lecteur Africain sud-africain, de peau noire ou blanche, sursautera et s’arrêtera net, comme je l’ai fait, à ce qui suit :

« Le charme des Sud-Africaines »

Célibataire à l’époque, Michel Magnin n’est pas resté insensible au charme des Sud-Africaines. « Au consulat ou dans la banque d’en face, il y avait de très jolies femmes noires. Je les invitais à passer la nuit chez moi. Le lendemain la police m’attendait et me mettait à l’amende. Car, excepté les employés de la maison légalement enregistrés, les Noirs n’avaient pas le droit de dormir chez les Blancs. » Les amendes « pour problèmes de mœurs » atterrissaient sur le bureau de l’ambassadeur. « Je luis ai demandé d’être compréhensif avec moi, j’étais célibataire… Son épouse m’a bien aidé. Elle lui a dit : « Tu ne vas quand même pas faire du chagrin à Magnin ! » Alors, les rapports me concernant ne sont jamais arrivés à Berne. »

Monsieur Magnin employé au Service Consulaire suisse à Johannesburg et « aux affaires économiques de l’ambassade » en 1982, n’a aucune gêne aujourd’hui à raconter sa vie sexuelle nocturne face « aux lois interdisant (à l’époque) les relations sexuelles entre Noirs et Blancs ».

http://en.wikipedia.org/wiki/Category:Legal_history_of_South_Africa

Je suis mal à l’aise pour M. Magnin et pour l’ambassadeur de Suisse en Afrique du Sud ! Et sur les rapports « les rapports qui ne sont jamais arrivés à Berne.»

Je suis mal à l’aise pour le Journal « La Gruyère ». Je suis mal à l’aise pour les lectrices et lecteurs qui lisent ça, ont un petit rire narquois et tournent la page !

Juste un exemple. Celui d’un accusé Sud-africain noir, n’ayant pas la protection d’une ambassade ni d’une Eglise, ni d’un gouvernement ! Ni même de sa communauté de « Farmhands » ! Terrorisée. J’ai été témoin. Un domestique noir traîné devant le tribunal de la ville de George (province du Cap-occidental) par une femme blanche, patronne de la vaste ferme !

Chef d’accusation, délit « criminel » : Le domestique aurait « touché » cette Blanche au coude. Le Juge (itinérant à l’époque) condamne le  Noir à « tant » d’années de prison : la nature du délit et pour enseigner à ces « gens » le respect des lois et de la race blanche. Pas de recours possible.

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L’accusé est père de famille. Ils habitent un shack de l’autre côté de la haie derrière l’habitation des propriétaires blancs. Afin d’être disponible au moindre appel des patrons! Le vieil homme de 50 ans mourra de tuberculose en prison.

Si le « touché au coude » avait été un rapport sexuel, quelle aurait été la sentence ?

L'accusé aurait-il eu la protection de ses employeurs, à George, à Prétoria, à Berne ?

Le portrait, dans le journal « La Gruyère » mélange dangereusement et superficiellement la réalité historique avec des « témoignages » inadmissibles :  « Le charme des Sud-Africaines, mélangé à « Des Suisses, mais surtout des anglophones (qui) considéraient les Noirs pires que des chiens ».

 

 

16:11 Publié dans Sports | Tags : gruyère | Lien permanent | Commentaires (5)