04/10/2009

SAINT FRANCOIS

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Frère Shawn et un des chats ayant élu domicile à la fraternité Saint Crispin au Bronx

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François d’Assise

 

En 2005, le mardi 4 octobre, j’ai publié un petit billet dans l’ancien blog Katutura en souvenir de François, voici la suite

 

J’ai relu aujourd’hui Saint François d’Assise, de la page 117 à 122 in « Le Puzzle amoureux », G. Salem (B. Campiche, 2000).  Je m’en inspire pour fêter Il poverello aujourd’hui. J’écris donc à l’indicatif présent.

 

« Il poverello est un conducteur de paix comme ont dit qu’un métal est un conducteur de chaleur. Il est absolument conscient de l’état de la société et de l'Église constitutionnelle, mais il garde la paix en son. Cela lui permet de voir clair ! D’agir en conséquence.

J’entends ce 4 octobre 2009, le Poverello pépier à l’exemple non seulement de son Dieu, mais de ses oiseaux charmés. Charmeur pickpocket pour soulager un mendiant qu’il rabroue d’abord, embrasse ensuite.

Rebelle comme Jésus au Temple lors de sa fugue, il ne demande pas pardon à son père, car son père est Notre Père. Je l’entends qui faut hou hou dans le jardin du voisin, et c’est lui le chômeur au ventre ceint par le cordon des misérables, Il fait la paix entre les loups, les moutons et les bergers, en négociant avec les uns et les autres pour que chacun ait le nécessaire pour vivre. Le besoin de nourriture  doit être équitablement satisfait. La paix durable est à ce prix.

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Le Poverello est un SDF, il dort, fume un joint sur un banc public s’il en a l’occasion pour apaiser sa faim d’amitié et de nourriture. Il parle tout seul, on croit qu’il déconne, mais il prie avec l’ami des oiseaux. Belle liturgie dominicale. Il paraphrase le Pater Noster, il ne veut pas améliorer ce qu’a prié Jésus, mais il lui donne une mélodie, mais il lui donne une profondeur humaine, concrète, une miséricorde souriante qui met en garde ses ennemis : « Et ce que nous ne pardonnons pas pleinement, toi, Seigneur, fais que nous le pardonnions pleinement. Que nous aimions vraiment nos ennemis à cause de toi, que nous arrivions à te prier sincèrement ; qu’à personne nous ne rendions le mal pour le mal, mais que nous tâchions de faire du bien à tous, en toi ! » La version de François de la plus importante prière des Évangiles me fait penser qu’il arriverait à déplomber, à désamorcer la bombe de l’affaire Kadhafi, il serait un ministre des affaires étrangères de premier plan. Et pourquoi ne pas lui confier in extenso la menace nucléaire venant de tous les pays puisqu’il appelait la terre sa mère, la lune sa sœur et le soleil son frère.

 

François est un avec tous les humains en ce qu’ils ont de plus précieux : leur pauvreté et leur liberté au plus profond de leur cœur et qu’ils emporteront avec eux chez leur mère la terre et leur Père commun qui est « au ciel ».

Il est conséquent ! François, Il renverse les murs, les barrières familiales, linguistique, raciales, religieuses, raciales, et les autres ! Comme dans Marc (3,31) Jésus et François crient aujourd’hui : « qui est ma mère, qui sont mes frères ». Il indique du doigt la femme humiliée et dit : « voilà ma mère » puis il montre celles et ceux qui passent, « voilà mes sœurs et mes frères. »

 

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Frère Bernard et des amis de la rue au Bronx. Il cite Thomas Merton:..." après tout, "mendiant" est synonyme de "vagabond", et le franciscain doit être un vagabond au sens complet, absolu et mystique du mot, s'il ne veut pas être malheureux et mécontent."


François me conduit sur un chemin périlleux, douloureux, beau, arpenté ! Il esquinte mes jambes et ensoleille le cœur et l’esprit, et oui, il rend l’âme vulnérable. Oui l’amour ne rend pas fort et il nous est permis d’être faible, fragile et de boiter en avançant, en mangeant un bout de cuchole, un gobelet de lait frais, et de se sentir à la fois triste et joyeux dans ce moment présent qui enfante demain et tous les demains en chantant avec François, Jésus, les petits et les grands, le « cantique des créatures et du soleil ».

 

 

http://pagesperso-orange.fr/damien.jullemier/sts/cantique-creatures.htm

Lecture:

« Des fleurs en enfer » Fioretti du Bronx, par Luc Adrian (Presse de la Renaissance, Paris 2000)

« Saint François et le Sultan » par Gwenolé Jeusset (Albin Michel 2006) Gwenolé est membre de la Commission internationale franciscaine pour les relations avec les musulmans.

 

16:13 Publié dans Spiritualités | Tags : francois | Lien permanent | Commentaires (4)