22/06/2012

La présence de Dieu

Vous êtes-vous déjà trouvé, seul, ou à deux, totalement vulnérable dans une réalité de violence sans aucun moyen de défense sinon la conscience d'exister encore? Et vous l'avez "échappé belle".

Qu'est-ce qui vous vient en tête? Dieu, maman, des amis proches ou lointains?

Vous êtes paralysés mais vous ne désespérez même pas. Vous êtes un objet. Votre ennemi, c'est le gardien du système, les murs de séparation, les chiens, les armes, pire, un trou. C'est la famine, la sécheresse.

Ces mots ont un visage humain, un nom propre, un titre, un pouvoir, un pouvoir religieux aussi.

Je ne pense pas à dire: "Je te pardonne!" L'abîme relationnel est sa force en même temps qu'il est ma faiblesse. Dans l'absence de Dieu.

0c9d95008f08549477f50d8db73b2954.jpgSi la chance est avec vous, il arrive qu’un "passant", un Samaritain, un étranger s'arrête et se mette lui-même en danger. Pour moi. Allez savoir pourquoi ? Pour moi. Nous sommes alors deux. Trois peut-être. Un groupe, un mouvement.

Le rapport de force change... Ce n'est pas au hasard, ni à Dieu que vous devez votre salut, votre sauvetage. C'est au passant, à l'étranger, au Samaritain. Il n'est pas question d'avoir confiance, il est question de SA présence! Et de la relation réelle et physique avec lui!

C'est, je pense, dans cette présence, qu'agit et que se révèle l'AMOUR (Dieu). Que je survive ou que je meure! Que j'en sois consciente ou pas.

 

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02/06/2012

La mauvaise réputation de Dieu

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La mauvaise réputation de Dieu

 

A peine le mot « Dieu »“ est-il prononcé que nous rentrons la tête dans  les épaules. Les dix commandements que nous ne n'obéissons pas toujours à la lettre, sont implacablement liés à Dieu. Notre mauvaise conscience nous montre Jésus crucifié pour nos péchés et c’est  comme un reproche qui nous ronge l'âme et nous menace de la solution finale: « l'enfer ». Terminé.

Une chose encore ternit la « bonne réputation de Dieu »: S'Il est comme on le dit « tout-puissant“  Il est par conséquent responsable de tout le mal qui se fait dans le monde, non pas qu'Il en soit la cause, mais Il ne s'y oppose pas en dépit de sa « toute puissance ». Nous devons cependant reconnaître et assumer nous-mêmes, personnellement et collectivement, la responsabilité pour l'impardonnable misère des guerres, des famines, des foules de réfugiés... Mais Dieu devait-il ainsi créer des êtres humains qui se blessent mutuellement, qui se font la guerre et qui s’entre tuent?

Et l'argument de la « liberté »? Se massacrer les uns les autres, est-ce  un attribut de la « liberté » ? D'accord, nous avons la liberté de ne pas le faire. Mais, est-ce vraiment ça: la liberté?

Nous pouvons examiner le problème dans tous les sens, dans tous les cas Dieu est perdant ! Il est tout-puissant, donc Il porte finalement la responsabilité...  à moins d'être irresponsable! Mais qui veut d'un Dieu irresponsable?

Lorsque nous parlons de Dieu avec les mêmes catégories mentales que lorsqu'il s'agit de la Présidente de la Confédération, ou de la dernière éclipse de soleil ou de la crise financière, notre laborieuse réflexion nous mène inévitablement au cul- de-sac.

Dieu n'est pas un objet dont nous pouvons discuter selon nos catégories mentales comme s' Il était notre possession ! Et nous ne sommes pas des objets que Dieu posséderait et administrerait à sa guise à coup de récompenses et de punitions. Nous pouvons et devons oublier ce Dieu là, d'abord parce que nous nous sentons mieux sans lui et ensuite parce qu'il n'existe pas.

Le Dieu en qui nous croyons n'est pas ce Dieu dont le regard critique nous scrute à distance, au contraire Il est à chaque instant plus proche de nous que nous ne sommes de nous-mêmes. Il est le Dieu dont le nom est Tendresse comme l'exprime le texte biblique (1 Corinthiens 13).

 

« La charité est patiente, elle est pleine de bonté; elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal, elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. La charité ne périt jamais. »

 

Ainsi est Dieu : la Charité inconditionnelle  –  ou encore, pourquoi hésiterions-nous à dire, pour une fois : la Tendresse maternelle qui cherche des hommes et des femmes dont les cœurs brûlent en harmonie avec elle.

A tout le moins nous ne saurions lui en faire reproche.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

15:57 Publié dans théologie | Tags : dieu | Lien permanent | Commentaires (2)

21/01/2012

Dieu est plus grand

 

 

Dieu est plus grand

fleur mauve.jpgIl n'existe aucun doute : la valeur des dogmes est inappréciable.  Particulièrement à certains moments de son Histoire, la survie de l'Église est simplement due aux dogmes.

Aujourd'hui même, les dogmes nous donnent une idée de la lutte qu’ont mené nos Pères et Mères (nos ancêtres ) dans la Foi pour sauvegarder la manière de « dire » notre Foi et de l’exprimer par des symboles.

Il faut cependant se méfier des malentendus.

1.     Même si la formulation des dogmes  est parfaitement soignée et correcte, elle ne peut jamais révéler toute la profondeur de Dieu et de ce qu'il veut nous dire! Le langage et les symboles humains ne peuvent jamais révéler la Vie de Dieu et sa Parole !

2.     Les dogmes, c’est-à-dire la présentation linguistique de notre foi, ne devraient pas être confondus avec la foi. La foi signifie la relation personnelle avec Dieu,  la confiance aimante et l’abandon en Ses mains. Des dogmes veulent nous aider à mieux comprendre cette relation, à affermir et à vivre intensément notre confiance en Dieu. Le fait « d’avoir des dogmes »  ne remplace pas la foi, ni la confiance, ni l’Amour.

3.     Les dogmes ne remplacent pas Dieu. Les chrétiens et les chrétiennes ne croient en des dogmes; ils croient en Dieu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob…, ils croient en Jésus le Messie et en l’ Esprit Saint. Dieu est, et reste, nous l’espérons, infiniment plus grand que nos dogmes, que notre compréhension, que notre cœur.    Ceux et celles qui veulent cloisonner Dieu mettent les choses à l’envers. Au lieu de se confier totalement à Son Amour, ils veulent plutôt le contrôler et s’en servir.

4.     Encore une chose :  que celui qui est conscient du don précieux de la foi, se gardera de juger de la foi des autres. La preuve de notre foi ne consiste pas à croire en des dogmes, même les « plus importants ». La preuve de  notre foi sera toujours l'amour, la fidélité, l'indulgence, la responsabilité.

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie

Avec l'aimable permission de l'auteur


17:13 Publié dans théologie | Tags : dieu | Lien permanent | Commentaires (2)

09/10/2009

DIEU ALLAH YAHWEH

 

dieu-est-amour.jpgSi Dieu...(dédicace à Scipion)

J'ai promis d’essayer une petite réflexion sur la « dédicace à Scipion ».

· Souvent, en entend parler de Dieu à la légère ! Dans les églises, le nom de Dieu, du Tout-puissant, est répété sans cesse comme un générique qui va déboucher sur quelque chose de spécial. C’est juste, mais c’est quasiment mécanique. Mais quand Jean-Sébastien Bach nous le révèle dans sa musique, Il est là. Ou quand nous avons l’humanisme de le contempler dans le mendiant à la porte de l’église, Il est là.

Pour Jésus, Dieu était son « ABBA » ce qui ne signifie pas « père » dans le sens ordinaire de paternité, mais « de quelqu’un de très proche, d’une proximité intime » (a.n. « Suivre Jésus aujourd'hui ») 171) Jésus prenait Dieu au sérieux, comme un assoiffé prend l’eau au sérieux ( voir psaumes 42 et 63). Je pense que l’enfant, le vieillard, le mendiant, qui agonise faute d’amour humain, doit sentir, dans son dernier souffle, même dans la plus profonde déréliction, la tendresse du Créateur, ABBA, qui le fait Sien comme avant sa naissance ! Qu’en est-il des condamnés à mort, des soldats qui tombent sous les balles, des Talibans ?  Qu’en est-il de chacun de nous ?

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La Mosquée Bleue/Istanbul

Les minarets sont comme les cloches des hautes tours, aussi nommées clochers des églises. De là s'envolent des appels à se souvenir qu’on est pas seul et que notre ABBA est parfaitement intégré dans notre quotidien. Les cloches sonnent, ( par exemple à l'église Saint Antoine d'Istanbul). Les muezzins « psalmodient » à la mosquée de Büyükcekmece/Istanbul. J'ai écouté, entendu... durant tout un mois. La Mosquée était à quelques cent mètres en amont et la Mer Marmara à quelques vingt mètres en aval. Le muezzin ne m’a pas plus dérangée que les cloches qui sonnent, parfois chaque quart d'heure, aux clochers des églises de chez nous. Les deux sont un rappel que nous sommes en voyage et que, durant la traversée, l’AMOUR gonfle la voile de notre nacelle et nous emmène vers le port ! Qu’on nomme l’AMOUR Dieu, Allah, Yahweh.

Pourquoi être mesquin, pourquoi les séparer? peut-on s’approprier Dieu et rejeter les autres ? Alors que l’AMOUR est notre seul repère à tous ?

L'église (Musée) Sainte Sophie/ Istanbul

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20:50 Publié dans Spiritualités | Tags : dieu | Lien permanent | Commentaires (3)