13/05/2010

ASCENSION 2010

 

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Ascension 2010

Ce nom n’est pas très heureux pour décrire la prise de conscience des apôtres : il était temps de se mettre au travail sans tarder. Et d’arracher leur regard béat d’un ciel vide, et regarder là où notre grand leader et prophète vit actuellement : « Au milieu de nous » (Luc 17, 20).

Demandez aux enfants du « Caté », et même aux adultes qui vont à la messe ce que signifie  « Ascension » : C'est monter, s' envoler, grimper. L’Ascension de l’Everest, du Mont Blanc par exemple. Une réussite vers le haut, une carrière, une promotion, mais oui, les Suisses sont des grimpeurs.  C’est bien.

 

En Occident chrétien, le week-end de l’Ascension est un jour férié et supposé être chômé. Peut-être un « pont » de repos jusqu’au lundi suivant. C’est une chance.

Dans les Eglises chrétiennes, l’évangile de Luc 24, 46-53 sera lu :

« Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur disait : « Il fallait que s'accomplisse ce qui était annoncé par l'Écriture ; les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
C'est vous qui en êtes les témoins.
Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force venue d'en haut. » Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Tandis qu'il les bénissait,
il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, remplis de joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu. »

Il fut emporté, donc Il fut absorbé en Dieu d’où Il venait, après avoir accompli son passage, sa Mission sur terre ! Le verbe est au passif :  "fut emporté" . Ce n’est pas une Ascension, comme le montrent à cœur  joie de grands artistes classiques tels que Rembrandt, Pietro Perrugino Andrea Mantegna, Garofalo : un envol spectaculaire dans l’atmosphère et les pauvres apôtres anéantis, par terre, à regarder le ciel !

C’est vrai que, comme nous, ces apôtres n’étaient pas des héros, ils avaient peu de foi, comme nous, ils étaient en manque d’une prise de conscience profonde de leur vécu avec Jésus ! Et je crois que c’est ce qu’il arriva quand ils entendirent la semonce des messagers arrivés là soudain pour les secouer de leur torpeur ! : « Mais qu’est-ce que vous faites là, doucement inertes, dans vos liturgies, vos encensements, vos litanies et prières toutes faites. Mettez-vous au travail, en route, en salopettes et sandales, pas en mitres ni souliers rouges ni papamobile pare-balles ! Allez d’abord vers le Temple de Jérusalem que Jésus, notre prophète et leader, a confronté, et, de là, partez partout où la société déshumanise, exploite, opprime, les citoyens, vos frères et sœurs, et soyez mes témoins !

Cette prise de conscience est un bouleversement lorsque l’on se trouve là où l’on nous attend, quand l’injustice crève les yeux ! Et qu’on a plus le choix. Il faut proclamer ce que l’on a vu, entendu, vécu, comme l’ont fait les disciples de Jésus, dans leur réalité et comme nous essayons de le faire aujourd’hui.

Au-delà des murs du Temple, au-delà des frontières, des mers des déserts, témoigner que Jésus libère tout homme et tous les hommes ! Etre témoins, c’est avoir vu, entendu, vécu, et dire cela en vérité, nous le devons à celles et à ceux qui espèrent et attendent un monde meilleur. Le sens de notre vie, à nous, est d’être témoins de la vie de Jésus dans les souffrants d’un monde injuste ! Pas  simplement par des actes de charité et de bons mots consolateurs, qui font trop souvent le jeu des systèmes pervers économiques, politiques, ecclésiastiques, culturels.

Je pense à nos chômeurs, et à celles et ceux qui subissent le mobbing des plus forts, aux licenciés, aux malades, aux étrangers qui ne savent où se tourner pour se faire aider, aux médecins épuisés par des demandes et une bureaucratie mortifères, aux jeunes, bombardés de publicités polluantes, aux vieux qui se sentent « surplus people » et languissent de mourir, aux fonctionnaires honnêtes mis dans le même panier que leurs compagnons escrocs, aux mères qui mettent au monde dans les sous-sols de l’humanité, aux journalistes marginalisés, assassinés et pour cause, à celui qui balaye les rues seul avec son ballet en main, ses courbatures et la pensée qui s’incline vers le « Très-Bas ».

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Je vais de par le monde postmoderne et je me dis : « Le Verbe fait Chair » dans notre monde, Il ne monte pas « au ciel », je crois que le Père l’absorbe et que sa résurrection active est l’énergie et la dynamique de toutes celles et de tous ceux engagés aujourd’hui, hors de toute religions et frontières dans la transformation de notre société.

((Inspirée, en partie, par l’excellente étude de Hermann-Josef Venetz dans « Der Evanglist des Alltags » Paulus Verlag, Schweiz, Freiburg, p. 191 à 195, mais je suis seule responsable du texte)

 

17:20 Publié dans Spiritualités | Tags : ascension | Lien permanent | Commentaires (5)