24/03/2014

Oscar Romero il y a aujourd'hui 34 ans

 Petit hommage à Oscar Roméro ce 24 mars 2014

 Assassinée au El Salvador, il y a 34 ans aujourd'hui.

 3317268--300x200.jpgIl s’y attendait à cette Mort violente, Oscar Romero. Pourquoi ? Parce qu’il avait simplement demandé qu’on assassine pas les paysans sans terre. Le problème : c'est qu’il ne prêchait un évangile abstrait : il l'incarnait avec le peuple salvadorien. Il a crié aux soldats de l’armée (souvent armée et formée par les USA), d’abandonner leurs armes ; il a écrit une lettre ouverte aux autorités salvadoriennes leur demandant de donner les ordres en ce sens aux soldats en évoquant la souffrance du petit peuple.

 En un mot, qui est ce prophète ? Oscar Romero, imprégné d’abord par la manière d’être des fonctionnaires du Vatican, s'est converti au contact de l'évangile des opprimés. Il a  a grâce d'anticiper en lui « l’évangile de la joie »(Evangelii gaudium : texte intégral français ) et ce fut sa force et sa passion face aux victimes des régimes du El Salvador. L'exemple des gens, des laïcs, des prêtres, des Sœurs sont pour lui un signe des temps.

 Oscar Romero a discerné le signe de l’Évangile de la libération, il s’est converti à Jésus fait homme en tout homme, plus intégralement en ceux qui ont faim, soif, qui sont nus, emprisonnés, qui luttent pour garder un lopin de terre, un souffle de vie. Il a écouté la voix des opprimés et la transmise au monde des autorités, des riches, des puissants militaires et bancaires.

 C'en était trop.

 

romero2006.jpgIls l'ont tué. Oscar Romero vit dans son peuple, pas au El Salvador seulement : bien au-delà. Les « petits » meurent sous les balles et les bombes à l’instant où j’écris, et je le sais : eux, sont les témoins, les martyrs de l'ère post moderne : la nôtre. Tertullien l’Africain de Carthage a dit :

 " Le sang des martyrs est semence de chrétiens. " et Tertullien aurait aussi dit : « On ne naît pas chrétien, on le devient »

 

Ce petit billet voudrait simplement honorer, remercier, avec ceux et celles de la Maison Romero à Lucerne, avec tous ceux qui le prient, Romero pour sa solidarité jusqu’au bout de sa vie… je crois que son esprit ressuscité  vit au cœur de son peuple, de tous les peuples aujourd’hui. En Suisse, En Europe aussi !

 Je ne désire nullement une canonisation de Romero « par obligation » pourrait-on dire, pas plus que je ne désire celle de Nelson Mandela… Les peuples de la terre connaissent leurs pasteurs, leurs leaders et leurs vies nous inspirent car elles incarnent Jésus. Cela suffit.

23/03/2014

« La peur rend malade » (2)

Pour répondre brièvement aux deux commentaires sur « La peur rend malade » 21.03.14

 Étrangers criminels

  Les clichés « étrangers criminels » et « immigration de masse » ambigus deviennent des images dans le cerveau, le  subconscient des citoyens qui ont voté le 9 février 2014.

 Des deux mots juxtaposés sort UNE image. On voit un étranger, il habite ton regard. L’image est dans le regard soupçonneux des voisins.  L’image est sombre ou parfois noire ! Double effet et le racisme s’infiltre.

 

 Immigration de masse 

 Encore un cliché : et l’image suffit a influencer le citoyen qui dira OUI. On devient malade de peur. Il faut des lois pour se protéger fussent-elle inhumaines dans l’application. Fussent le choix d’une faible majorité !

 A notre Conseil fédéral de faire face…

  Les images perverses et les clichés, je l’espère et c’est ma prière, ne prendront pas racines en notre conscience individuelle et collective.

 

 Mon expérience en Afrique du Sud, ce pays vaste et merveilleux où les noirs étaient perçus en tant que « masse » menaçante et que « criminels étrangers ! ». Potentiels sans doute!

  Notre poète des années septante Mtshali a écrit son expérience :

 9781431404414__03444.1382728764.300.430.jpgToujours suspect

 Je suis mon chemin, péniblement, sur la chaussée de la ville

 A côté de « Madame » :

 Elle glisse prestement son sac à main

 De l’autre côté du mien,

 Elle me regarde

 Dans ses yeux je lis

 « Ah, ah, ah ! Je te connais ;

 Sous ces beaux vêtements

 « Bat le cœur d’un voleur ».

  « Sounds of a Cowhide Drum » (1971 voir le lien)

 L’original en anglais :

Always suspect

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 I trudge the city pavements
side by side with ‘madam’
who shifts her handbag
from my side to the other,
and looks at me with eyes that say

 «  Ha Ha  I know who you are ;

 beneath those fine clothes

 Ticks the heart of a thieve »

 From « Song’s from a cowhide drum » 

22/03/2014

Traversée du désert

 

 

tintin.jpgTintin

Lorsque, pour atteindre son but, on doit passer par de longs chemins ardus, sans point d’eau, on nomme ce passage ‚traversée du désert’. C’est ainsi également qu’on nomme – de façon imagée – une période de privations et de restrictions, de contraintes temporaires qu’il s’agit de surmonter,  une période où l’on peine à s’en tirer sur le plan financier, un passage dont on espère se sortir au plus vite.

 Ces périodes de sécheresse se présentent également dans les relations humaines quand, dans une relation amoureuse, on vit une séparation douloureuse, qu’elles qu’en soient les raisons, et qu’on ne désire ardemment qu’une chose, se retrouver très vite réunis.

Les mystiques parlent eux aussi de traversée du désert. Ce sont des personnes qui ont une expérience extraordinairement profonde de Dieu et qui ressentent des moments d’intimité intense avec Lui. La mystique Mechtild de Madgebourg (XIIIe s.) exprime ce temps entre les périodes de ‚danse’ au cours de laquelle ‚la lumière divine coule en elle’, comme ‚le désert de l’absence de Dieu’, de ‚sombre nuit’, et même de ‚vallée de l’ombre de la mort’.  La traversée du désert des mystiques, c’est endurer ces ténèbres et supporter cet éloignement de Dieu.

Mais il n’est pas vraiment nécessaire pour nous de comprendre les mystiques. Il nous arrive parfois d’avoir une petite idée de ce que peuvent être ces moments de tendre intimité avec Dieu, peut-être même de ces périodes de sécheresse quand nous ne pouvons atteindre que rarement cette intimité avec Lui, même en la désirant profondément. Seulement, pourquoi dans nos relations avec Dieu ne parlons-nous que de du très beau beau blog de a traversée du désert des humains et non de la traversée du désert de Dieu ?

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Christiane Gaeumann

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

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21/03/2014

Malade de la Peur?

 

Expulsion des ETRANGERS CRIMINELS

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  www.swissinfo.ch

Cette expression fréquente et quasiment banale lue dans les journaux, entendue à la Radio, à la Télévision tombent dans des oreilles non critiques et polluent le cœur et le cerveau de nos concitoyens : Étrangers criminels (presqu'avec un trait d'union entre les deux) devient une image au fond de notre regard, une personne (souvent à la peau sombre), un coup de sonnette ou un bruit suspect, une personne rencontrée en chemin.

 On devient malade de la PEUR.

 Immigration de MASSE

 Expression qui revient en boucle dans les médias et souille mortellement notre psyché et notre inconscient. L’image : on voit un déferlement de gens (étrangers) envahir notre pays, notre territoire, notre maison, notre lit, davantage encore : puisque ces immigrants de MASSE ont faim et soif, on voit notre huche à pain et nos  coffres forts vides …

 On devient malade de la PEUR. Malades imaginaires potentiels ? Oh !non. Attention à la pandémie de la peur ! Certains y travaillent et je n'ai pas besoin de les nommer.

 Rien de plus « préventif » qu’une bonne campagne, habilement et minutieusement préparée en étudiant quasi scientifiquement les points faibles des citoyens qui goberont le poison comme un vaccin ou un préservatif infaillible ! On veut des Lois, davantage de lois. « On », c’est qui ! Celles et ceux qui sont déjà affaiblis par des systèmes de sécurité de la naissance à la mort… qu’importe que nous devenions une génération d’esclaves volontaires du dieu de la sécurité.

 On ne lésine pas sur les moyens d’une campagne efficace : des flyers, des affiches grossières, des slogans frappants, des rencontres de personne à personne, on ne lésine pas sur les mensonges les plus habiles et qui ont même parfois des semblants de vérité. A s'y méprendre. Ici aussi pas besoin d'exemples précis.

  Et puis, ce qui est pire : Un regard dépourvu de critique, ou, si critique il y a, c’est une critique « professionnelle » avec des mots choisis, ou c’est un avertissement – prudent des Eglises – ou encore, de temps en temps des dénonciations d' Amnesty international, de Human Right Watch, du Comité contre l’esclavage moderne, lde a Cimade ou de l’Humanité passe par l’autre…

 Rarement des actes prophétiques. Davantage individuels et discrets que collectifs et publiques.

  Comment développer le sens critique dans l'éducation ? Mais la jeunesse, je crois, prend conscience, que chacun a le droit de vivre et de s’épanouir hors cage, et avec la liberté de prendre des risques non seulement dans des sports extrêmes, mais en pratiquant le plus digne des sports : lutter ensemble afin de construire une société où le plus grand bien est le droit fondamentale de chaque citoyen. Et cela passe par le partage...

 Ainsi nous aurons d'autres choses à faire, plus constructives que des lois qui déshonorent notre pays et ses habitants. Le fait que d'autres pays en font autant, ou qu'ils le feront dans un proche avenir... car on « ne peut accueillir toute la misère du monde » et la « barque helvétique est pleine »... et cela se discute, mais est-ce que cela nous absout ?

 Qu’est-ce que dirait le prophète ? Michée 6 :8 par exemple

 « On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Eternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes tendrement et que tu marches humblement avec ton Dieu. »

 Et finalement, Jésus parle aussi aux membres du PS, PDC, Libéraux Radicaux, UDC . Jésus tient parole je crois, et, à l'heure de notre basculade dans le hors espace-temps, la Parole tenue est :

  « J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger et vous m'avez recueilli'». - Evangile selon saint Matthieu, chap. 25, v. 34-35

 Alors les expressions :

 « Immigration de MASSE 


Expulsion des ÉTRANGERS CRIMINELS » seront nos propres critères de discernement.

 

15/03/2014

Appel à la vie

 

Noli me tangere ; CANO, Alonso.jpg

 

Le jour de la fête de sainte Marie-Madeleine, le 22 juillet, au cours de la liturgie catholique romaine, on lit quelques versets de l’évangile de Jean (20,1-2.11-18). Ce passage raconte que, à l’aube du premier jour de la semaine, alors qu’il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rendit au tombeau, où elle pensait trouver le corps de Jésus. Comme elle vit que le tombeau était vide, elle courut alarmer Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et se mit à la recherche de Jésus. Elle le trouva mais elle crut d’abord que c’était le jardinier. Le texte dit ensuite

Jésus lui dit : Marie ! elle se retourna et lui dit : Rabbouni. Elle l’avait reconnu.

 Le commentateur explique :

 «Par l’appel de Jésus, elle parvint à la vie.«

 Un après-midi, je me promenai dans le cimetière de mon village. Je m’imaginai alors comment le Ressuscité appelle par son nom chacun et chacune de ceux qui reposent ici.

 Au moment dit de la prière d’intercession, lors de l’eucharistie, je lus entre autre, après la lecture de l’Evangile :

 

»Quand nos yeux sont obscurcis et que nous ne te reconnaissons pas, appelle-nous par notre nom.«   

 Ce serait donc aussi une des missions chrétiennes d’appeler tous les êtres par leur nom  pour qu’ils parviennent à la vie.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

 

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13/03/2014

Un an que François tient le coup

 

L'Esprit de Dieu planait sur les eaux (Gn.1.3)

 Et souffle pour les siècles des siècles

 Toujours neuf, toujours originel !


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L’origine, c’est aujourd’hui

 Oui, le passé existe et l’avenir est là

 Le petit pape François, moi et toi ce soir

 et le petit monde enfoui dans nos cœurs sans murs

 sans porte et sans fenêtre accueillant l’Esprit impatient

 de nous animer, de nous éveiller, de nous envoyer

 offrir là où il souffle nos lampes allumées

 

nos sourires héroïques à travers les enfers

 man-made des armes et des munitions

 semant la mort… du Soudan à la Syrie, du Cap au Caire,

 

de Sotchi à Kiev… en cercles concentriques…

 oubliant que la mort ni la violence n’ont le dernier mot

 face à l’origine et le souffle de l’Esprit

 le souffle de l’Esprit originel

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 à  l’origine de notre monde ce 13 mars 2014.

 Pour le passé, pour l’année écoulée

 et pour la marche à suivre dans l’inconnu

 sans autre balise que le souffle de l’Esprit

 le souffle enflammé au cœur

 de nos frères et de nos sœurs

 comme l’unique espérance d’un monde naissant

 pas encore là mais déjà là : Jésus aujourd’hui

 et François aujourd’hui et toi et moi aujourd’hui


 Jésus si proche qu’on ne le reconnaît que

 Dans notre prochain le plus proche

 François, si proche qu’il est superflu de le chercher plus loin

 Qu’ici avec toi, avec le souffle de l’Esprit !

 À Jésus, à François, à nous qui sommes l’origine,

 

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Nous ne craignons pas l’avenir

 Nous méprisons les défaites, les échecs,

 Les mises à l’écart car la périphérie est bien

 l’origine du centre

 L’Esprit, Jésus, François, toi, moi… nous...

 Pour le 1er anniversaire du boulot assumé

 par notre pasteur de la paroisse sans frontières

 qui méritera un jour lointain peut-être

 le nom d'église peuple de Dieu.


 Un pape François qui n'est pas parfait

et qui fait des fautes

 comme moi, comme vous, comme nous

 il mérite notre prière, notre solidarité et notre confiance

13.03.14. MvB CM

 

12/03/2014

Infrarouge

Si Jésus avait été invité àInfrarouge

« Le dernier arrêt du Tribunal fédéral (TF) a fait l'effet d'une bombe : les conditions de détention de deux détenus à Champ-Dollon ont été jugées … »

Jésus invité au débat : Où l’aurait-on installé, à droite ou à gauche ? S’il avait pu choisir sa place, il serait où ? Je crois qu’il serait à Infrarouge en tant que citoyen ordinaire de la Genève internationale et parlerait quand son tour viendrait… il serait où il est attendu...

 Il écouterait attentivement les débattants. Le point de vue de Pierre Maudet, suivi du point de vue des quatre protagonistes sous l’experte baguette du maestro  qui évite, à force d’efforts, la cacophonie. Il faut dire que Esther Mamarbachi réussit très bien alors qu’à sa place on pourrait être tenté – parfois mais pas hier - de laisser partir les lancées de bois verts dans tous les sens…

 

corazc3b3n-de-jesus7.jpgIl me semble que Jésus aurait une grande compréhension pour chacun : en premier lieu pour Pierre Maudet dont le job est certainement ingrat et épuisant. Ce fonctionnaire a hérité d’une réalité qui s’est construite depuis des années. Il s’y trouve confronté et l’arrêt du Tribunal Fédéral (TF), parfaitement justifié, exigerait un retour de bien des années en arrière en même temps que l’audace « d’améliorer le système ». Un système est-il améliorable ?

 

Je perçois le regard de Jésus sur Pierre Maudet… et sur les autres sans exception. Jésus ne juge pas, ni les personnes hors prisons ni celles en prison, qu’ils fussent prisonniers ou gardiens.

Il chercherait à voir le visage caché de l’ex-prisonnier, blessé dans sa tête et dans son cœur. S’insérer dans un tissu social après un telle expérience est un « hurdle » difficile à cerner. Jésus chercherait aussi le visage du gardien, dépassé par les exigences de son emploi et la réalisation de ses limites et de ses peurs.

 Si l’on insiste pour que l’invité, Jésus, donne son avis, j’ai l’impression très nette images.jpgqu’il montrerait simplement les dessins de Mix et Remix. Là, me semble-t-il, il y a la « prière » oui, en quelques coups de crayons, avec humour et une grande sensibilité humaine, il révèle, bien qu'en partie seulement, les causes fondamentales du problème.

Car sans poser la question « pourquoi et comment en est-on arrivé là » jusqu’à la découverte de la cause radicale, on va encore tergiverser longtemps. Quand un médecin trouve la cause radicale d’une maladie, il peut trouver le remède et guérir…

 J’aurais aussi envie que Jésus propose aux autorités de l’appareil judiciaire de faire un séjour d’un mois au moins, incognito et présumé innocent à Champ-Dollon. A la sortie du stage,  ils se mettront au travail pour faire ce que le Tribunal Fédéral attend d’eux.

 Mais je sais par expérience que Jésus ne juge pas, je sais qu’il nous renvoie à nous-mêmes…il nous fait confiance !

10/03/2014

Inculturation: jodler, alepun, Lord of the Dance

 

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Être suisse romand n’est pas être suisse alémanique. C’est quoi la différence ? Matériellement, l’habitat, la nourriture, les choses basiques, surtout dans une communauté de Sœurs, sont quasiment les mêmes si l’on habite en Suisse.

 

La différence est plutôt dans l’imaginaire, les goûts, les sensibilités, en somme dans le développement historique de la mentalité ;  et dans la mentalité, la manière d’exprimer la foi ou les croyances. J’ai pu vivre cela hier, le 9 mars à Maria vom Berg à la Messe à 10.15  :

 

 Alters- und Pflegeheim, Maria am Berg

Jodlermesse mit Jodlerklub Bergbrünneli, Menzingen

 

 Cette liturgie musicale, cette parfaite harmonie montagnarde, ferme et tendre à la fois, respectueuse avec des envolées libres et spontanées vers les hauteurs quasi mystiques m’a révélé un aspect nouveau de la culture alémanique. C’était comme si la montagne descendait dans la chapelle, l’emplissait généreusement de son âme avant de retourner là-haut laissant derrière elle une traînée de paix

 

Vatican II avait encouragé l’inculturation de la prière et de la liturgie. Nous étions une minorité de soi-disant « missionnaires », insérés (en Afrique du Sud par chance ou autrement) dans la population africaine qui prenions toujours davantage conscience des aspects colonisateurs de la liturgie et de l’enseignement de la religion. J’en ai écrit des exemples concrets dans mon livre Histoire inavouée de l'Apartheid).

 

 Un fait timide. En Zambie, j’avais le privilège et le bonheur d’enseigner le « chant » à des gens qui chantaient bien mieux que moi. Les prêtres qui disaient la messe et contrôlaient la liturgie nous imposaient des chants en anglais et à mélodies irlandaises ou allemandes ou encore du plain-chant. Raides, agenouillés dans des bancs raides, assis ou debout sur ordre, nous chantions :

 

Faith of our fathers, living still

 

In spite of dungeon, fire and sword. !!!

 

Une fois, encore en Zambie, j’ai pris la liberté de proposer pour Noël quelque chose de plus rythmé que

 

Cela commençait par le refrain :

 

 Alepun, ale-alepun,Alepun, ale-alepun,Alepun, alepun!

 

Birds sing out in expectation, alepun.
While the sparkling waters ring with laughter, alepun.

 

Le rythme de ale-alepun permettait un léger swing de nos corps de nos jambes et du reste, ce qui eut l’heure de déplaire à la plupart des fidèles (peu nombreux heureusement) et de plus à l’évêque irlandais lequel nous avertit plus tard du danger d’éveiller des remous sexuels en nous… sic)

 

Pire : lorsque, plus tard dans une banlieue métisse du Cap, nos jeunes étudiants (YCS or young christian students que j’accompagnais)  choisit de chanter à la messe :

 

arts-mcdermott-584.jpgThe Lord of the dance (chanté ci-dessous par John McDermott). Or ce chant était l’expression de notre foi en notre modèle et inspiration au cœur de cette lutte anti-apartheid : Jésus le palestinien ressuscité. Ce fut le « tolle » des fidèles européens et le timide applaudissement de la communauté métisse. L’inculturation en Afrique du Sud fragmentée légalement ? Peut-on s’imaginer ce que cela signifiait ? A moins que nous ne donnions naissance à une culture nouvelle, la culture d’une action commune dans le but du bien commun. Et nous l'avons fait dans l'opposition et l'endurance, l'endurance des jeunes qui offrent leur vie pour la justice. Pour le plaisir des amis anglophones, voici le texte :

 

I danced in the morning when the world was begun,
And I danced in the moon and the stars and the sun,
And I came down from heaven and I danced on the earth:
At Bethlehem I had my birth.

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

I danced for the scribe and the Pharisee,
But they would not dance and they wouldn't follow me;
I danced for the fishermen, for James and John;
They came with me and the dance went on:

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

I danced on the Sabbath and I cured the lame:
The holy people said it was a shame.
They whipped and they stripped and they hung me on high,
And they left me there on a cross to die:

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

I danced on a Friday when the sky turned black;
It's hard to dance with the devil on your back.
They buried my body and they thought I'd gone;
But I am the dance, and I still go on:

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

They cut me down and I leapt up high;
I am the life that'll never, never die.
I'll live in you if you'll live in me:
I am the Lord of the dance, said he.

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.


 

  L’Eglise hiérarchiqune  trahissait-elle pas Jésus ressuscité dans le peuple de Dieu en marche en insistant sur son pouvoir associé au pouvoir des colonisateurs d’une « soi-disant civilisation occidentale chrétienne »? 

Comment comprendre l'absurde de notre réalité mondiale économique et militaire actuelle sans y déceler le « Seigneur - Jésus - de la danse » en prise avec le diable comme le dit François le pape.

  Aujourd’hui, l’expression de notre liturgie est-elle la résonance de la culture de mort des petites gens à travers le monde ? Qu'est-ce l'inculturation du « Notre Père et du pain quotidien» là où la famine est structurellement présente ? Il nous faudrait Mandela le Vivant, avec Jésus de Nazareth.

La jodler Messe à Maria vom Berg a permis l’émergence de ces souvenirs toujours présents en signe d’espérance. 

 

 

 

08/03/2014

L’autre roi

 L’évangéliste Matthieu raconte qu’après la naissance de Jésus, des mages venus d’Orient sont arrivés à Jérusalem et ont demandé : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? (2,12). On comprend qu’ils se soient renseignés à Jérusalem car Jérusalem était le centre du judaïsme, la Ville sainte. Mais l’étoile qu’ils suivaient les conduisait dans une toute autre direction, vers Bethléem.

 

 index.jpgIl y a plusieurs siècles, Dieu envoya Samuel à Bethléem, un lieu plutôt modeste à l’époque. Il avait pour devoir de désigner roi par onction l’un des fils de Jessé.  Samuel se mit en route, même s’il ne savait pas exactement de quel fils il s’agissait. Jessé lui présenta ses fils et les fit défiler. L’un plus imposant que l’autre, et devant chacun d’eux, Samuel se dit : C’est celui-là ! Mais à chaque fois il entendit la voix de Dieu : Ce n’est pas celui que j’ai choisi; ne regarde pas son apparence ni sa stature. Dieu ne voit pas les choses comme les hommes. Les hommes considèrent ce qu’ils ont devant les yeux. Mais Dieu voit les cœurs. Finalement Jessé fit venir son plus jeune fils, qui faisait paître les moutons et qui ne comptait pas encore. Mais c’est justement celui que Dieu choisit, et il dit à Samuel de lui donner l’onction (v. 1. Samuel 16,1-13). – Samuel ne pensait pas que Dieu serait du côté de celui qui ne comptait pas pour les hommes, du côté de celui qui est trop petit, trop insignifiant, trop négligeab

 

04.jpgPlus loin dans les Evangiles, on rapporte que Jésus entra effectivement dans Jérusalem comme roi. Il ne montait pas un fier cheval, mais un âne.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

 

Taize

 

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06/03/2014

Le carême et la libération

 

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L’État est responsable de la scolarisation primaire des citoyens et elle doit être accessible à tous. Puis suit la formation professionnelle : fondamentalement éducative quelle que soit la profession : agriculteur, enseignant, soignant, politicien, journaliste, écrivain : tout une panoplie  de services à la société. Encore faut-il que l’éducation, formation professionnelle, ne visent pas la reproduction d’un système qui tend à formater les citoyens en fonction de la demande du système en question ! Je l’ai vécu en Afrique du Sud du temps interminable de l’Apartheid. Alors que l'éducation devrait libérer toutes les potentialités d'un être humain.

 L’exercice de la profession épanouit la personne d’autant plus que des réseaux de relations variées et enrichissantes se multiplient et contribuent  au Bien commun. A condition que la liberté de chacun soit respectée et c’est, il me semble le grand défi. Le Bien commun n’est pas un Bien s’il est le résultat d’une coercition, mais il est un Bien si l’éducation libératrice me libère de mon Ego et s’ouvre aux autres, au-delà de toute frontière... politique, sociale, raciale, religieuse, économique ...

 L'état du monde aujourd'hui semble être le résultat d'un individualisme exacerbé et d'une multiplicité d'Ego de groupe, de langue, de religion, culture, des Ego politiques et économiques aux intérêts particuliers emprisonnés dans des self-made prisons et protégés par une prolifération de frontières et d'armées. Les AUTRES sont de facto des étrangers, des ennemis et criminels potentiels. Je pense à de nombreux exemples que je n'écrirai pas mais que les media exposent en manquant parfois d'analyses.

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 Jésus, le « Fils de l’Homme » ne cesse de me fasciner : il avait été éduqué par ses parents, et formé dans la menuiserie par Joseph. Il avait appris à lire à la Synagogue, il était très intéressé et écoutait ce que disaient les « enseignants », quitte à douze ans déjà, à poser des questions embarrassantes aux Docteurs de la Loi. Il avait en lui le germe de sa propre liberté, de son indépendance des contraintes paralysantes de chacun et de tous

Comme beaucoup d’entre nous je crois, Jésus a bénéficié d’une éducation primaire selon son temps à Nazareth, mais il ne s’est pas laisser formater, et c’est là le miracle qui lui a valu toutes les difficultés de sa vie publique, sa fin terrible et son exécution par les pouvoirs et les dominations qu’il avait eu le don de terroriser selon le langage d’aujourd’hui …

J’essaie de le suivre durant ces quarante jours au désert de son temps et de notre temps.

04/03/2014

Parle-moi de toi

 

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« Passant par le pré, j'ai demandé à l'amandier :

"Frère amandier, parle-moi de Dieu !"

...et l'amandier se couvrit de fleurs.

 Sortant du jardin, j'ai demandé au passereau :

 "Frère passereau, parle-moi de Dieu !" ...et le passereau gazouilla joyeusement.

 Entrant dans le bois, j'ai demandé aux arbres :

 "Frères arbres, parlez-moi de Dieu !" ...et les arbres frémirent sous le vent.

 Sautant dans les champs, j'ai demandé à la petite fleur :

 "Petite sœur fleur, parle-moi de Dieu !" ...et la fleur me fit sentir son parfum.

 Courant sur la plage, j'ai demandé à la mer toute bleue :

 "Ma sœur, la mer, parle-moi de Dieu !" ...et la mer envoya une vague sur mes pieds.

 Regardant le ciel, j'ai demandé aux nuages :

 "Frères nuages, parlez-moi de Dieu !" ...les nuages me montrèrent le soleil ».

 (Attribué à Sergio Tommasi)

 

 Après ces heures de vraie détente (carnaval) , je demande au « Bon Dieu » : « Abba, parle-moi de toi » :

 Et le « Bon Dieu" me dit : vois : ma parole se fait Homme ! 

 Tellement homme qu’on ne peut s’y méprendre !

 Comme le sourire de l’amandier

 Le gazouillis du passereau

 Le frémissement de l’arbre

 Le parfum de la fleur

 La caresse de la vague sous mes pieds

 Le soleil au de-là des nuages

 On ne s’y méprend pourtant pas : le sourire de Jésus fleurit sur mon visage, le sourire de Jésus fleurit sur tous les visages

 Je vois le sourire de Jésus dans sa mangeoire et le sourire de ses parents, et des bergers et des sages

 Je vois le sourire de Jésus sur le chemin de l’exil et je le vois sourire en rentrant à Nazareth

 Je vois le sourire de Jésus face aux érudits du temple, un sourire amusé

 Je le vois sourire quand papa et maman l’avertissent de ne plus fuguer

 Je vois les sourires de Jésus au désert, en Galilée

 Je le vois sourire à Pierre, Paul, André Jacques et Jean et les autres: salut les copains : un autre monde est possible… venez !

 Et Oh ! quel sourire de tendresse à l’adorable Madeleine, à sa maman

 Je vois le sourire de Jésus aux jeunes époux, trinquant le vin nouveau à leur santé…

 Je vois Jésus riant gentiment alors qu’il tend la main vers le pauvre Pierre qui en fait des siennes, coule et juste à temps attrape la main tendue

et j’entends le rire tendrement affectueux en relevant Tabitha de sa couche, le paralytique de son grabat et la belle-mère de Pierre de son lit enfiévré !

 Je vois aussi le sourire de Jésus à travers les larmes qui tombent de son cœur brisé sur Jérusalem l’infidèle

 Et je vois le sourire de Jésus… au cœur et à travers les larmes sanglantes de notre temps, de nos gens, de nous-mêmes. L’indicible force vive de ce sourire danse au soleil couchant de notre terre qui ne sait plus sourire…à moins que vers lui, nous abaissions nos yeux… On ne s’y méprend pas…

Dieu me parle de Lui

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03/03/2014

Carnaval : c'est pour rire !

 

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Un frère est-il dans l’affliction? Ne l’évitez pas. Visitez-le. Souffrez avec lui. Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire dit la Parole de Dieu (Ecclésiastes 3:4).

  « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent…  Ceci ne concerne pas seulement certains d’entre nous, mais tous sont concernés. Si donc il arrive pour un frère un temps pour pleurer, ne soyons pas indifférents, mais souffrons avec lui. Et par contre, si c’est un temps pour rire et se réjouir, ne soyons pas jaloux mais réjouissons-nous avec lui.  (Saint Paul 12 :15) »

 Ainsi à Maria vom Berg (canton de Zoug pardi!): ceux qui pensent que les sœurs sont des femmes tristes se trompent et si vous étiez à Maria vom Berg aujourd’hui, jour de carnaval, vous auriez ri avec nous. Avec moi. Rire du bonheur d'être ensemble et de partager nos talents et nos bêtises!

 L’ambiance d’abord : Il y a un temps pour rire dit le sage. Tant mieux. Le rire au-delà du sourire et l’ambiance vire au bleu ciel parfumé ! Les costumes, perruques, masques, cortèges, farces, musiques, danses et plein des rigolades en cascades ! Des blagues du « passé dépassé », une pincée de satire élégante, un peu comme Pierrot le clown, il reçoit un coup de pied au c…l tourbillonne et retombe sur ses pattes, vainqueur et souriant…

 Est-ce que ce n’est pas un peu cela, la vie ? Des larmes qui virent au rire, ayant arrosé les fleurs … rire de soi, rire de nous, rire des autres … savoir faire les guignols avec les guignols, et savoir balayer les rues avec les balayeurs ? Savoir accueillir les pauvres à la portes des pauvres et frapper à la porte des pauvres chez les riches ?

 Autant de pirouettes, de petits coups d’ailes pour épousseter les fronts religieusement fatigués d’efforts vertueux et faire tomber les écailles de leurs yeux fatigués.

 A Carnaval on se paye le plaisir de quelques extravagances ! Allez savoir quoi ! A Bulle par exemple lachez-moi ce taureau près de la gare ! Ne voyez-vous pas qu’il terrorise les nouveaux venus ? Ôtez-le de son socle et mettez-y un petit oiseau qui gazouille de bonheur !

images.jpgC’est carnaval et que ton sourire accueille le « pierrot » qui te vaut bien en sagesse et en savoir ! Et que ton sourire ne soit pas un sourire de stewardesse de swissair comme avertit François le pape ! Mais un petit rayon de soleil au-delà des carnavals…2014 !

  Si Jésus a pleuré, il était capable de rire.  Il était aussi capable de rire des larmes de joie car il se sait aimé.

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01/03/2014

Ne cherchons-nous pas au bon endroit ?

 

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  Dans son évangile, saint Luc rapporte (24,1-11) qu’au matin de Pâques, les femmes sont venues au tombeau mais n’ont pas trouvé le corps de Jésus. Deux hommes qui se tenaient là en vêtements éblouissants demandèrent aux femmes presque sur un ton réprobateur:

 Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ?

 Les femmes venaient voir un mort et n’avaient pas imaginé que ce n’était plus la mort mais la vie qui avait le dernier mot.

 Le même évangéliste Luc décrit dans les Actes des apôtres (1,1-11) la montée de Jésus au ciel. Pendant que les apôtres fixaient leur regard vers le ciel, à nouveau deux hommes en vêtements blancs se tenaient à leur côté et leur dirent presque sur un ton de reproche :

 Gens de Galilée pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? 

 Apparemment les apôtres cherchaient leur maître dans les cieux sans avoir conscience que pour eux, l’ère nouvelle avait déjà commencé ici sur terre.

 La Bible nous incite à nous poser la question du ‚où?’ d’une tout autre façon et nous conduit ainsi à la vie.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

 Avec l'aimable permission de l'auteur

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27/02/2014

Carnaval

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Dans nos journaux romands, on évoque « carnaval » :  La Liberté de Fribourg modestement, 24 Heures et la Tribune de Genève, c’est une simple information, et le Nouvelliste c'est selon les régions mais on fête carnaval. Carnaval, en Suisse, est fêté dans les cantons catholiques me dit-on.

 A Lucerne, ce sont les festivités NON-STOP  du Jeudi-Gras renommé "jeudi sale" (schmutzige Donnerstag) jusqu'au Mardi-Gras  pour en arriver au mercredi des cendres du superbe mot anglais « Ash Wednesday ». C'est plus sobre!

 A Zoug comme à Lucerne on a commencé à 5 heures du matin et ça devrait continuer dans la vieille ville jusqu''à  20h00 : pünktlich ! Ensuite? Recommencer pour la nuit ... , ne dit-on pas « Fast Nacht »? Ce qui pourrait signifier « nuit de jeûne ». Mais comme tout doit se comprendre à l’envers, on accepte comme parole d’évangile que « se goinfrer » égale « fasten ». A Carnaval, il en est ainsi.

 A Menzingen, Maria vom Berg inclus : idem comme à Lucerne et Zoug, un tout petit peu plus pieusement, allez savoir ! Un Sœur d’Ederswillers, s’il vous plaît, m’a proposé de faire mon « numéro » au Fastnacht show, en singeant le bilinguisme d’Ederswillers. J’ai dû avouer mon incapacité. Elle alors, déguisée en chauffeur de « Poste »  passera outre Ederswillers sur la route vers Laufon-Bâle…

Aujourd’hui se nomme aussi « Schmotziger Donnerstag » en Allemagne, et « Schmutziger Donnerstag » en Suisse, - juste pour faire la différence - et il paraîtrait que "Schmutz"  alias Schmotz  serait le dialecte suisse pour gras. Ce qui nous conduit à notre « mardi-gras » en Suisse française. Peu importe que ce fut jeudi ou mardi, ce qui unit est le mot « gras » !

 Mardi gras est une période festive qui marque la fin de la « semaine des sept jours gras » (autrefois appelés jours charnels)     

 

1902995_711504738871824_2088802688_n.jpgDonc dès aujourd’hui jeudi et jusqu'à mardi prochain,  on peut s’attendre à des jours festifs et gras pour basculer au mercredi matin, et se faire cendrer le crâne en signe de contrition et de pénitence durant 40 jours si on tient le coup. Ou plutôt si, comme et avec le Juif-Palestinien, nous avons le courage et la ténacité de faire notre montée vers le calvaire avant l’aurore de Pâques.

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24/02/2014

Identité

 

Qui suis-je?

 

1863119646.jpgM.C.B.

Au Jura Clos-du-Doubs où j’ai grandi, l’identité n’était, à l’époque, pas une question brûlante : nous étions jurassiens et suisse, surtout le 1er août. A une heure à pied de la France, la frontière était un mot, les « gardes-frontières » amis,  et  notre parenté était François, Marie, Emile, Renée et les autres… C’est à partir des rumeurs et de l’horreur de la guerre qu’ont surgit les frontières !

 Comme je voulais aider les gens plus pauvres que nous en m’engageant à Menzingen, puis à Bulle pour les études, je me suis aperçue des différences : par exemple, les gruyériens n’étaient pas fribourgeois, j’étais trop absorbée par le but que je poursuivais pour me poser des questions sur cette région qui n’était qu’un passage de transit.

 C’est en Afrique du Sud qu’il me fut donné d’identifier l’identité des gens, le critère étant la couleur de la peau! Cela m’a crevé les yeux dès l’arrivée au Cap de Bonne espérance !

 De retour en Suisse (ayant droit à deux passeports) la complexité et le foisonnement des identités me donnaient le vertige et cela aurait pu aller de mal en pis si je n’avais trouvé des groupes à l’identité en devenir. Identité humaine d’abord, puis identité née d’un réseau de solidarité engagé dans un projet commun. Un peu à la manière de Mandela, jamais exclusif et toujours inclusif ! Donc une identité élargie.

 Coordinatrice des organisations œuvrant à faire respecter le Droit d’asile au canton du Jura durant une douzaine d’années, je remarquai des tiraillements  « identitaires » : dans la politiques, les religions, les églises, et les groupes et sous-groupes indépendants. Lors de certaines assemblées, lorsque je m’exprimais, on m’a posé cette question : « Est-ce que tu es « Sœur » ou quoi ? ». J’ai pensé que c’était une boutade, mais lorsqu’une communauté religieuse, à laquelle j’avais demandé un service, s’est adressée au vicaire épiscopale, un ami, s’informa, puisque je n’avais pas de voile (sic) Claire-Marie était-elle « Sœur » ? Une identité plurielle ? Non : une femme, une sœur, une éducatrice etc, c’est une tout organique. J’aimerais penser qu’il en va de même pour tous. Y compris pour les demandeurs d'Asile!

 Aujourd’hui, j’ai eu le temps de lire, en page 3 du Monde Diplomatique de février : Crises d’identités : individus, classes, communautés (Vincent Descombes). La première phrase me frappe : «…  il faut discuter des choses plutôt que des mots mais il arrive que nous ne sachions pas bien quelles choses désignent les mots ! »

 L’actualité de la semaine écoulée : Sotchi 2014, les participants classés par nations et par médailles : quelles choses désignent ces mots ? On voyait ces beaux visages que je pouvais identifier : une identité commune de jeunes gens passionnés en même temps que ligotés par d’innombrables contrôles. L’accueil sera chaleureux chez eux, tout au moins pour ce qui concerne la Suisse. Tant mieux. Et quel avenir ?

 L’Ukraine : Quelle identité pour les Ukrainiens ? L’invité de Manuela Salvi (Haute définition)  23.02.14, Michel Eltchaninoff, philosophe, rédacteur en chef adjoint de "Philosophie Magazine", met en lumière l’identité national du peuple riche d’une langue commune et déchiré entre leur droit aux valeurs de l’Europe d’une part et dela « protection » sous contrôle russe d’autre part. L’identité individuelle et commune serait-elle respectée au-delà des considérations économiques ?

 L’identité du peuple syrien et l’identité de chaque victime abattue par le régime, l’identité des exilés donc étrangers, eux là-bas, nous ici. Eux et nous logés sur une seule et même planète ! Identité planétaire ?

 Jésus avait une conscience politique au temps de l’occupation de la Palestine par Rome. Il voulait une « autre monde » purifié d'armes et de violence. Jean Baptiste assailli de doute dans sa prison fait parvenir à Jésus sa question : qui es-tu ? Es-tu celui qu’on attend ? Jésus répond : Matthieu 11, 2-11. »« Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! »

 Telle est l’identité que nous avons héritée de Jésus si nous prétendons être « chrétiens ». Mais l’audace de mon identité « chrétienne » me met au défi de poser la question que Jésus lui-même posa : «  Pour les gens, qui suis-je ? » ...il insiste : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Il se posait la question de son identité comme nous pourrions le faire plus souvent. Vincent Descombes écrit « nos identités sont susceptibles de changer… et de nous changer en quelqu’un d’autre et si je suis changé en quelqu’un d’autre, « où trouver dans cette affaire mon identité qui doit permettre de dire que c’est bien moi qui ne cesse de changer du début à la fin ? »(V.D.)

 La fin dans l’espérance que le « Hors espace temps » sera l’accomplissement de l’identité sans faille à l’origine de l'individu et de l'espèce ! Le moi brillera comme une petite étoile dans la constellation du tout !

22/02/2014

Juste un regard

 

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 Dans le bus, j’observais un couple assis dans la rangée devant moi. De ma place je ne voyais que le visage de la femme; de l’homme qui lui faisait face je ne voyais que le côté.

Je n’entendais pas leur discussion. Mais j’avais l’impression qu’elle voulait lui expliquer quelque chose ou lui poser une question, peut-être le faire parler. Il était avare de ses mots et la regardait à peine, ni quand il s’adressait à elle ni quand elle lui parlait. Elle, par contre, recherchait sans cesse son regard. Elle tenait à ce qu’il la comprenne. Mais ses yeux restaient baissés ou alors se perdaient au loin. Il avait l’air préoccupé. Peut-être avait-il mauvaise conscience et ne pouvait ni ne voulait s’expliquer. Peut-être qu’il voulait qu’elle le laisse tranquille. Finalement elle renonça. Mais son regard ne le quittait pas. Ses yeux quémandeurs me révélèrent qu’elle désirait le comprendre, qu’elle lui pardonnerait s’il y avait quelque chose à pardonner. Et lui, décontenancé, dirigeait son regard de droite et de gauche, mais jamais il ne la regardait dans les yeux.

 J’aurais volontiers suivi la scène encore un peu, mais j’étais arrivé à destination. Le souvenir de ces yeux tristes qui cherchaient le regard de l’autre était gravé en moi profondément.

C’était comme si cette image voulait me parler de Dieu. Dieu qui pose son regard sur les êtres, sur moi. Et je détourne les yeux, car cela me dérange; peut-être jesus-fresque3.jpgai-je mauvaise conscience. Je ne veux et ne peux m’expliquer. Je préférerais qu’Il me laisse tranquille, qu’Il ne soit pas là.

 

Mais s’ Il recherche ainsi mon regard, c’est parce qu’Il veut me comprendre, me pardonner. Même s’ Il a renoncé à me parler – puisque je regarde ailleurs et ne me laisse pas toucher – Il ne renonce à aucun moment à me trouver, à me faire comprendre et à me montrer qu’Il me pardonne, quoi qu’il puisse arriver.

 La plus ancienne image connue de Jésus,
peinte dans une catacombe romaine. IVème s.
(interrobangtribune.blogspot.fr).

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

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21/02/2014

Jésus pleure sur la Syrie

 

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Ma prière s’inspire de plus en plus de la réalité actuelle de notre petite planète et du regard de Jésus sur nous tous. Chaque créature est précieuse au cœur de notre créateur et, s’il pleure sur nous aujourd’hui comme il l’a fait sur Jérusalem Luc 19 : 41-44, ce n’est pas sans raisons ni à l’époque de Jésus ni aujourd’hui chez nous : la violence étalée dans les journaux, sur les écrans, nous fait pleurer et peut-être que nos larmes sont un affront de plus aux victimes qui pourraient nous répliquer comme Jésus aux femmes pleureuses : Luc 23 :2-8, « Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! »

Stériles seraient larmes et lamentations vides d’actions : quelles actions ? Prier (les sœurs prient par profession du moins !) ? Et alors ? D’abord les Syriens – les gens de tous les jours – s’entraident pour survivre, leur courage n’est pas mis en lumière dans les médias ; mis à part quelques flashes, le travail des infirmières, des médecins locaux et les médecins du monde, les membres d’innombrables ONG sont engagés dans les coins les plus reculés, ces gestes de générosité innombrables restent cachés et c’est bien ainsi. Ces“ Cyrénéens ” n’empêchent pas la mort ni la force brutaledes armes et des chefs d’États ! Mais ils sont les derniers vestiges de compassion humaine sur place… et là est notre espérance que la mort, ni la violence ni le pouvoir n’auront le dernier mot !

Mais il y a ceux aussi – des jeunes surtout - sont tourmentés par l’inhumanité du spectacle exposé sur les écrans, dans des réseaux internet, révélateurs de vérité inaccessible aux journalistes, ou alors ne rien d’autre des pièges… !

J’ai été frappée par l’émission de France Culture : les « candidats au martyre d’Europe » des jeunes européens qui rejoignent les jihadistes et font le désespoir de leurs mères et de leur parentéavaient la parole… et disaient le pourquoi et le comment de leur « fuite » vers les djihadistes syriens ou d’ailleurs. L’un dit : j’ai choisi le martyre, l’autre à dit : ça donne un sens à ma vie… j’ai publié ma réflexion sur le blog et je remercie le commentateur "Lambert" dont voici quelques lignes :

 … «  ces jeunes qui vont se faire tuer en Syrie, ces jeunes paumés qu'une dialectique radicale a su convaincre. Il n'y a qu'à écouter ce jeune français pour savoir d'où il vient. La misère et l'illettrisme forment le terreau de tous les radicalismes et les imams fanatiques ont beau jeu pour convaincre ces jeunes tout prêts à les entendre… »

 Si je  pouvais lui parler, je dirais à « Lambert » : êtes-vous sûr que les imams sont tous fanatiques et que celles et ceux qui sont dégoûtés de la violence des forts sur les faibles et veulent s’engager proviennent tous du terreau de la misère et de l’illettrisme ?  Étés-vous sûr qu’il ne serait pas plus noble de pleurer avec leurs mamans et leurs amis ! D’essayer de parler avec nos jeunes de ce qui leur fait mal et les rend malade et de leur offrir une autre version des faits… Il n’y a aucun doute que ces jeunes gens vulnérables sont victimes de manipulations. Où trouvent-ils quelqu’un qui donne un sens à leur vie en Europe : le même monde et un monde à part !

D’essayer de se poser des questions de fonds sur les causes de la misère et de l’illettrisme chez nous, chez nos voisins et bien au-delà… ? Et d’essayer avant tout de se réconcilier avec ce qu’il y a de meilleur en nous ? Et de relire peut-être l’histoire de Jésus qui pleure sur Jérusalem et sur nous en 2014.

19/02/2014

L'étranger

 

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 Les adultes européens (en Afrique du Sud) inculquaient aux enfants la peur de tous ceux et celles qui n’étaient pas comme eux, le slogan : Stranger danger ! Fais gaffe !

 

Le signe distinctif et visuel de l’étranger : la couleur de sa peau, la senteur de son corps. De là découlaient les signes invisibles et plus menaçants encore: la pensée, l’émotion, l’intelligence, bref tant de dons que nous avons en commun pour vivre ensemble.

 Malheureusement nous amputons l’étranger de ce que nous avons en commun sans réaliser que nous sommes nous-mêmes des amputés.

L'étranger - Agim Sulaj

 L’homme communautaire devient l’Ego concentrique. Pire lorsque cela devient le groupe, le parti politique égocentrique. Exclusivement.

 Les séquelles : les divisions, les guerres, les massacres, les pogroms, la peur collective des étrangers et la fermeture des frontières sauf pour ceux qui sont comme nous nous mène à l’impasse dont nous avons une vague idée après la votation du 9 février 2014.

  Chemin faisant cela peut devenir aussi néfaste qu’une lignée de mariages consanguins redoutée de tous. Une consanguinité intellectuelle rétrécit l’intelligence et en inhibe la liberté de penser ce qui ouvre le chemin vers la dictature, la pensée unique qui nous mute en polichinelles soit dans une institution, un parti politique à tendance sectaire … en ce qui nous concerne, nous et de nombreux pays européens, n’est-ce pas la peur d’une migration poussée par la famine et le besoin d’eau, n’est-ce pas la peur de l’Islam d’autant plus radicale qu’il aura été dénigré à tord et sans analyse des causes ni des conséquences des variations.

 Mais écoutez plutôt France Culture ce soir encore si c’est possible :

 

15/02/2014

Un plaidoyer en faveur du plaisir

 

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Manger, c'est un besoin, mais le plaisir de manger, c'est un art

François de la Rochefoucauld

 Certains d’entre nous parmi les plus âgés se souviendront peut-être de ces cours de catéchisme ou de religion où la notion de sacrifice était très importante et tout ce qui touchait au désir ou au plaisir était suspect.  Il fallait même se méfier de certaines paroles et pensées, au risque de devoir les justifier.  Invoquer ‚la volonté de Dieu’, c’était vanter la ‚croix et la bannière’ plutôt que bal et festivités.

 Dans le judaïsme au contraire, on constate une grande affirmation de la vie, même un optimisme créatif. Il est difficile de dire d’où cela provient. Peut-être que le peuple juif, justement à cause de son histoire faite de misère et de malheur, a gardé une sensibilité plus forte et une grande reconnaissance pour toute joie et plaisir dans la vie. C’est un fait que dans les discussions des érudits, il y a peu de place pour la pruderie ou l’animosité. Par contre,  le divertissement y occupait une place d’autant plus importante. Au début de notre ère, de très sérieux et célèbres savants juifs exprimèrent cette sentence:

 Quand le vieux monde touche à sa fin et que le nouveau monde de Dieu apparaît, l’homme doit se justifier pour tout ce qui a trouvé grâce à ses yeux et qu’il n’a cependant pas apprécié.

Decouvrez-le-parfum-qui-vous-ressemble_imagePanoramique500_220.jpg Bien entendu, pour les érudits de l’époque il n’était pas seulement question de regard. On peut aussi goûter un merveilleux morceau de musique, un repas succulent, les senteurs de la forêt, de bons mots amusants, l’insouciance de l’enfant, l’exubérance de l’adolescent. Il nous faudra toutefois rendre compte de tout ce que nous avons reçu de beau et que nous n’avons pas su savourer.

 Jésus n’a pas prêché qu’abnégation et renoncement. Il était souvent à table avec des gens (v. ob_de67b3_aujourd-hui-je-decide-d-etre-heureux.jpgMarc 2,1-17 ....). Il imposait les mains sur les enfants et les embrassait (v. Marc 10,16). Ses remarques sur les oiseaux du ciel et les lis des champs (v. Matthieu 6,25-34), comme dans beaucoup de paraboles inspirées des splendeurs de la nature, le démontrent clairement. Jésus n’a pas seulement regardé, il a apprécié et goûté. Et en mémoire de lui, il demande de se réunir autour du pain et du vin.

 Croire signifie donc aussi de se laisser gagner par la joie de vivre de Jésus.

 Hermann-Josef Venetz

Christiane Gaeumann

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

 

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14/02/2014

Les Suisses ont une conscience patriotique faible

 

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Cette réflexion abrutie traîne encore dans les corridors, à travers les portes, elle pollue l’atmosphère communautaire car on entend comme le ricanement d’un mauvais esprit qui souffle « non en pensant oui » ! La bombe à fragmentation : des milliers de fragments blessent et tuent sans aucune direction précise… avant de s’écraser vide de son ânerie et révélant son nom. Le « politicien » perché au faîte de l'UDC victorieuse et forte (de quelques milliers à peine) pour mettre de l’ordre en fermant les frontières d’abord ! C’est l’âne dans la peau d’un lion selon Ésope : aujourd’hui le lion, la gueule ouverte, hurle ce que son cerveau minuscule ne saurait articuler : le MOI jusqu’à l’éclatement.

 

photo_12.jpgL'âne bêle que nous, les welsches, aurions toujours eu « une faible conscience patriotique » il tape comme une grosse caisse de résonnance creuse.

 

J’aurais préféré me taire comme le conseille GK Chesterton : « the one who kicks you in the back (side) is always behind you » ! Mais il s’agit de la conscience patriotique helvétique s’il vous plaît. Un bien commun peut-être ! Il s'agit de nous tous, citoyens des 25 cantons !

 Mais je pense à notre grand poète xhosa, Krune Mqhavi :« Je vous donne la voie lactée, la plus grande constellation, car vous êtes des gens étranges, avides et envieux, vous qui vous querellez dans l’abondance ». Est-ce que ceci ne concerne pas les soit disant politiciens « de la politique politicienne » qui abusent et violent l’intelligence paysanne de nos gens de la terre, les prennent en otages, leur font voter à coups de demi vérités – sinon de mensonges tout court - pour satisfaire leur « rage » de pouvoir ? !

 Et quelle est la nature du pouvoir politique de l’UDC ? Quel est son but ? Le bien commun ? Que les richesses soient réinvesties dans le social en commençant par les plus pressants : les besoins des travailleurs aliénés  par les menaces, des handicapés suisses et étrangers et réfugiés qui cachent leur misère, afin d’éviter le balai des lois promises ? De tous ceux et celles qui doivent être éliminés sous prétexte qu’ils sont des étrangers donc des criminels ? Suisses ou pas Suisses à moins d’un sac d’or dans la besace ? C’est l’absurde jusqu’au délire de ce parti geôlier !

 Pourquoi ne pas entreprendre comme Mandela s’efforça de le faire avec Desmond Tutu, «d' élever la politique à la hauteur de la philosophie et de la psychanalyse ». Avant qu’une partie du peuple, les indignées, les sans-voix, ne s’élancent sur le lion et ses adeptes et lui arrachent sa peau royale. L’âne et sa cour retrouveront entre eux leur vraie nature et auront la sagesse de négocier. Et on négociera.

 

Esop pour notre plaisir :

De la peau du lion l'âne s'étant vêtu,
            Était craint partout à la ronde;
            Et bien qu'animal sans vertu,
            Il faisait trembler tout le monde.
Un petit bout d'oreille échappé par malheur
            Découvrit la fourbe et l'erreur :
            Martin fit alors son office.

 

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Ceux qui ne savaient pas la ruse et la malice
            S'étonnaient de voir que Martin
            Chassât les lions au moulin.

            Force gens font du bruit en France, (en helvétie)
Par qui cet apologue est rendu familier.
            Un équipage cavalier
            Fait les trois quarts de leur vaillance.

 

21:37 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)