10/07/2015

je signe

 

 

 

Bonjour,
Je voudrais attirer votre attention sur une pétition que j’ai récemment signée :

"Signez la pétition du Pape pour une écologie humaine"
http://www.thecallofpopefrancis.org/fr

Je pense vraiment qu’il s’agit d’une cause importante et j’aimerais vous encourager à la signer. C’est gratuit et cela ne vous prendra que quelques secondes.
Merci !

 

 

 

 

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08/07/2015

Le meilleur est au centre

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Il y a quelques années, un nouveau centre commercial fut construit dans une ville de Suisse romande. C’était une grande affaire, les préparations se menaient tambour battant et tout le monde attendait avec impatience son ouverture. Des affiches de couleur placardées dans toute la ville annonçaient l’événement. Les commerces importants implantés dans le centre commercial ont financé ces grandes affiches. Comme ce centre commercial est placé au centre-ville, près de la gare, tout le monde l’appelait LE CENTRE. C’est d’ailleurs toujours sa dénomination officielle. Ainsi sur chaque affiche on pouvait lire en grosses lettres : LE MEILLEUR EST AU CENTRE. Le meilleur est en votre centre ? On pourrait interpréter le langage  publicitaire ainsi : Le meilleur, le plus important, ce dont vous avez besoin, vous le trouverez au CENTRE, dans les nouveaux commerces.

 

On peut se poser la question : est-ce que le CENTRE est aussi notre – mon – centre ? Le lieu autour duquel tout tourne ? Autrefois c’était l’église qui se trouvait au centre de la ville, aujourd’hui c’est un centre commercial. On parle maintenant de temple de la consommation. Cette expression n’est pas si aberrante. Les gens ne se rassemblent plus autour du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, mais plutôt autour du Dieu qui s’appelle MAMMON.

 

Dans le 5e livre de Moïse, nommé aussi le Deutéronome, on dit de Dieu qu’ il est présent au milieu de son peuple ou présent au milieu de vous (voir 6,15; 7,21 p.ex.). Il n’est pas difficile de comprendre ce que cela signifie : Dieu veut être proche de son peuple et lui être profondément attaché.

 

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Maximino Cerezo Barredo

Selon les écritures, en notre centre ou en ton centre il y a Dieu. Mais il est aussi souvent question de l’étranger ou des étrangers – la plupart du temps mentionnés avec les veuves et les orphelins – qui vivent parmi nous (Deutéronome 16,11; 23,16.17 p.ex.). C’est justement pour ces gens au bas de l’échelle sociale que le Dieu d’Israël a une faiblesse particulière. Les démunis, les réfugiés, les étrangers ne sont pas des gens de seconde zone, ils doivent faire l’objet de tous nos soins, ils doivent se sentir bien au milieu de nous, ils sont ce que nous avons de plus précieux. Justement : LE MEILLEUR EST AU CENTRE.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

 

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04/07/2015

Dieu aime

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 Un jour, le Pape François aurait dit : „Dites-moi, quand Dieu regarde une personne homosexuelle, est-ce qu’il considère cette existence avec amour ou la juge-t-il et la repousse-t-il ? Nous devons toujours voir la personne même. Nous entrons là dans le mystère de la personne.“

 Regarder avec les yeux de Dieuune idée très utile. Dieu ne voit pas prioritairement l’identité sexuelle d’une personne, et chez un couple de lesbiennes, Dieu ne regarde pas d’abord l’expression de leur sexualité. C’est peut-être notre façon humaine trop humaine de voir les choses. Je ne peux pas non plus me figurer que Dieu devant un homosexuel s’exclamerait : „Oh pardon, il y a là comme un défaut! Il va falloir arranger ça !“

 Extrapoler n’est pas dans mes intentions quand on parle du regard de Dieu mais, soutenu par ma foi, j’imagine que Dieu face à un couple d’homosexuels leur dirait : „Je suis heureux que vous soyez là. Dommage que tant de gens ‚normaux’ ne le comprennent pas.“

 Ce qui est important, ce n’est pas l’image que nous nous faisons des gays et des lesbiennes, des personnes bisexuelles ou transsexuelles, ce qui importe c’est l’individu même. De quel droit les réduisons-nous à leur identité sexuelle, à leur capacité ou non de reproduction? La personne homosexuelle vit, comme nous, dans son environnement particulier, avec ses soucis et ses préférences, ses coups du sort et ses peurs, ses joies et ses douleurs – et pas des moindres, celles causées par le mépris à leur égard des gens dit normaux. N’oublions pas de considérer les personnes dans leur ensemble et de les accepter dans tout leur être.

 Tu ne te feras point d’image...c’est l’un des commandements de base du Décalogue. Il ne s’agit pas seulement d’interdire de se faire des images de Dieu, mais aussi des personnes. De toutes les personnes.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

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02/07/2015

Rien à craindre

 

 

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Rien à craindre

 

Pourquoi suis-je si lente à croire que mes peurs sont vaines. Les tempêtes devraient-elles menacer ma paix profonde ? Nul chaos ne saurait nous détruire. Des défaites et la mort même peuvent advenir comme Jésus l’a vécu.

 

« Que peut-il nous arriver de pire : être frappé, submergé par les flots de racisme, de haine, d’avidité, de violence, la peur ne saurait nous terrasser. Mais nous crions sans cesse. implorant Dieu de se soucier de nous à moins que nous ne périssions  dans l’angoisse.

 

Je reste otage de mon peu de savoir de la vérité alors que la Vériré dort paisiblement au centre du malaise de mon âme. La Vérité existe, tout va bien. La Vérité existe : la paix s’installe dans le chaos.

 

Jésus quationne ses diciples : « Pourquoi avez-vous peur ? » « Où est votre foi ? » Dieu est proche et peut mettre fin au chaos. Il est en notre pouvoir de vivre sans crainte, de calmer la turbulence des vagues, car Jésus dort dans notre fort intérieur.

 

Nous sommes enclins à ne voir que le danger alors que nous sommes habités par une vision et une force capables de calmer les clameurs des profondeurs !

 

Avons-nous le courage d’avouer publiquement l’angoisse de notre âme ? Irons-nous à la recherche d’âmes-sœurs dont les cris n’ont reçu aucune réponse avouant ainsi notre impuissance face aux forces du dehors et hors de notre contrôle ?

 

Nous avons besoin d'un geste de Dieu. Nous avons besoin de réveiller notre Maître Intérieur. Je suis pleine de reconnaissance quand il réprimande les vents et les flots, quand il dit à l’océan de douleur qui nous menace : « Tranquille ! ». Mais j’aimerais être reconnaissante de la même manière lorsqu’il me fustige et me demande pourquoi j’ai encore peur alors qu’il est toujours resté si proche. Rappelle-moi encore et encore, Jésus, que j’ai à grandir beaucoup dans la foi et la confiance, main dans la main tremblante de la famille humaine et de toute la création. 

 By: Kayla McClurg

(my traduction)

23/06/2015

L’estime

 

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 Lors d’une conférence des Indiens d’Amérique du Nord, il y a des années, le texte suivant fut publié :

 La clé pour comprendre la vie comme un tout, c’est l’estime. L’estime pour l’enfant, pour la mère, pour son chez-soi, pour la tribu, pour tous les hommes. L’estime pour les animaux et les plantes, pour le temps qu’il fait, pour le soleil et la lune, pour les étoiles, pour la Mère Terre, et par-dessus tout pour l’immense force spirituelle à l’origine de tout cela et qui rend la vie possible et radieuse et valant la peine d’être vécue...

 Ce texte a tout son sens. L’estime commence par l’enfant pour passer par les animaux et les plantes, le soleil et les étoiles et jusqu’à la force spirituelle à l’origine de tout, rendant la vie possible et radieuse.

 J’aimerais aller plus loin et réfléchir à ce que le mot ‚estime’ pourrait encore signifier. L’estime est lié au respect, à la bienveillance, à la reconnaissance; il exprime aussi l’intérêt à l’autre, l’attention, la gentillesse, l’attachement.

 Concrètement, j’ai de l’estime quand

 

- je prends le temps d’être attentif aux personnes de mon entourage,

 

- je suis à leur écoute pour comprendre leurs malheurs et leurs soucis afin de mieux les partager,

 

- j’accepte d’entendre leurs critiques constructives,

 

- je les prends au sérieux et suis prêt à entrer en matière pour toute proposition.

 

On pourrait continuer encore longtemps.

 

Pour moi il est important que mon estime ne repose pas uniquement sur l’efficacité de l’autre et sa bienveillance, mais bien sur l’entier de la personne, telle qu’elle est et sans attentes de ma part. En fait, l’estime pourrait vraiment être à l’origine de la compréhension du monde et de la vie.

 

D’ailleurs, ce simple mot ‚l’estime’ ne s’approcherait-il pas de ce mot que nous galvaudons souvent : l’amour ?

 Hermann-Josef Venetz

Traduction : Christiane Gaeumann

 

 

 

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17/06/2015

Devenir homme

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 Pour aucune autre fête chrétienne, on ne vilipende autant d’argent que pour Noël. Pourtant cet argent serait bien plus utile aux sans-abri, aux réfugiés.

 A Noël, dans notre relation à Dieu ce qui nous préoccupe nous les humains, c’est que Dieu se soit fait homme. Si Dieu était resté Dieu, nous saurions à quoi nous en tenir.  Tout serait clair, ici Dieu, là les  hommes. Ce Dieu que nous sommes toujours prêts à vénérer, à prier, à lui élever des temples, des églises, des autels et à financer ses prêtres, il peut bien nous coûter quelque chose. Mais la condition, c’est qu’il soit prévisible, qu’il garde ses distances, qu’il nous épargne de désagréables surprises, qu’il ne se mêle pas de nos affaires sans prévenir, car nous devons pouvoir compter sur une séparation claire entre religion et politique, entre les jours ouvrables et le dimanche, entre la foi et le business, entre le bien et le mal...

 Quand Dieu s’est fait homme, il a clairement dépassé les limites que nous, les humains, avions émises. Dépasser les limites, cela engendre de l’insécurité, de la peur. Ce qui nous dérange, ce n’est pas Dieu mais l’homme, plus précisément l’homme avec lequel Dieu s’identifie : le miséreux, l’exploité, l’impuissant, le réfugié. Et pour nous protéger de ce Dieu fait homme, de ce Dieu désarmé, tous les moyens sont bons à utiliser, même à pervertir la fête de Noël.

 Croire en Dieu fait homme nous pousse à prendre parti, de manière décisive et inconditionnelle, pour les plus petits, les plus faibles, les plus pauvres, les défavorisés, les hommes traqués et crucifiés.

 Croire en Dieu fait homme nous libère pour mieux croire en Lui – et à notre propre devenir d’homme.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

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15/06/2015

Rien qu'un enfant

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Segundo Domingo de Mayo

 Saint Luc raconte, dans son évangile, qu’un ange de Dieu est apparu la nuit aux bergers qui gardaient leur troupeau. Et l’ange a annoncé une grande nouvelle : dans la ville de David le Sauveur est né, le Messie, le Seigneur. Il leur donne aussi un signe pour le reconnaître.  Pas de lueur particulière ni rien de spectaculaire. Le signe est le suivant : ils trouveront un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire (Luc 2,12). Cela signifie un être faible, un petit enfant dans ses langes comme on en trouve des milliers. La seule différence est que cet enfant est couché dans une mangeoire.  Mais était-ce particulier à cette époque où sévissait partout la misère pour les sans-abri et les apatrides ?

 Sans doute qu’un enfant, et d’autant plus un nouveau-né, représente l’avenir, un nouveau départ, un nouvel espoir. Mais n’oublions pas qu’en ces temps-là l’enfant n’était pas toujours le bienvenu. Chez les historiens et les poètes, ils apparaissaient dans un même jet : ‘les femmes, les enfants, les esclaves’, c’est ainsi qu’on énumérait ceux qui se trouvaient dans les bas-fonds de la société.

 Mais 2000 ans plus tard, il ne peut y avoir de salut ni d’avenir sans que les hommes ne prennent garde à ces signes. Nous les nantis ne pourrons survivre que si nous sommes solidaires de cet enfant dans une mangeoire, c’est-à-dire solidaires avec les sans-abri, les apatrides, ceux qui souffrent de la faim, ceux qui souffrent d’exclusion.

 

 Hermann-Josef Venetz

 

Traduction:

Christiane Gaeumann

 

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07/06/2015

Laisser Dieu

 

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Comment pouvons-nous, au XXIe siècle, célébrer l’eucharistie de manière à ce que tous les participants se sentent concernés ? Un groupe de femmes et d’hommes responsables des liturgies s’est posé cette question. La perplexité régnait... Des diverses expériences exposées, celle d’un prêtre m’a donné à réfléchir.

 

Au début d’une eucharistie – expliqua-t-il – et après les salutations réciproques, nous chantons les louanges et rendons grâce. Ensuite nous ressentons comme un grand lâcher prise. Mais nous sommes pris par tant de soucis, d’obligations personnelles et professionnelles, par tant de déceptions, d’attentes, d’affronts, de vexations. Il est vraiment impossible d’énumérer tout ce qui nous détourne et nous écarte de l’essentiel, de l’important. Mais les listes sont ennuyeuses et superficielles, sans compter que l’on ne peut pas tout laisser en une fois. Ne prenons qu’un problème à la fois. Par exemple celui-ci : chaque jour nous ressentons de la déception: nous sommes déçus de notre voisine, de notre partenaire, de nous-même quand nous n’avons pas réussi un travail, déçus par notre propre impatience, etc. etc. Pour réussir à lâcher prise, nous avons besoin de temps, de beaucoup de temps et de beaucoup de calme. Cette sérénité bienfaisante marque le début de l’eucharistie. Non seulement nous lâchons nos déceptions mais nous les confions à Dieu, là elles sont entre de bonnes mains.

 

Dans le fond, nous pourrions tout lâcher, tout ce qui nous détourne, nous retient captifs ou nous tourmente. Nous serions déchargés et libres. Dans la liturgie – selon notre prêtre – une prière suit ce temps de recueillement et de lâcher prise.

 

Je trouve que c’est une bonne idée. Nous avons beaucoup à lâcher, nous devons nous libérer de ce qui nous encombre. Peut-être pour mieux faire place à Dieu.

 

Plus tard, une question s’est imposée à moi : Ne devrions-nous pas essayer de lâcher Dieu ? Le laisser être tel qu’Il est, libre, ne se faire aucune image de Lui, ne pas l’exploiter pour nos propres intérêts, ne pas l’enfermer ?

 

Le mystique Maître Eckhart (1260-1328) nous encourage : Laisser Dieu être Dieu.

 

Dans le même sens, Dieu se présente à Moïse devant le buisson ardent en disant : Je suis qui je suis, ce qui signifie : ‚Je suis là pour vous, je chemine avec vous, je suis avec vous. Je vous en prie, laissez-moi être celui que je suis.’

 

Maître Eckhart ajoute à sa demande de laisser Dieu être Dieu: afin qu’il me reste.

 

Ce n’est que lorsque nous laissons Dieu qu’il peut vraiment être notre Dieu.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

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05/06/2015

La Lumière et le Pain

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Eberhard Münch

 Contrairement aux autres évangiles où le centre du message de Jésus, c’est le Royaume de Dieu, dans celui de Jean, Jésus parle principalement de lui-même. Nulle part ailleurs nous ne rencontrons autant de ‘Je suis….’ que dans l’Évangile de Jean : Je suis le pain de vie ; je suis la lumière du monde ; je suis le bon berger ; je suis la résurrection ; je suis la vraie vigne ; je suis le chemin, la vérité et la vie. C’est avec de telles affirmations que les chrétiennes et les chrétiens soutenant l’Évangile de Jean exprimaient leur foi en Jésus le Messie.

 

Mais, en usant de telles affirmations, est-ce que Jésus voulait réellement se placer au centre, pour ainsi dire en lieu et place de Dieu ? Regardons ces énoncés de plus près :

 

- Je suis la lumière du monde. Quand nous nous trouvons dans une pièce sombre, nous n’allumons pas la lumière pour la regarder briller, cela nous éblouirait. Nous allumons la lumière pour éclairer les gens et les objets afin de mieux les voir.

 

- Je suis le pain de vie. Le pain ne nous est pas donné pour le conserver ou l’exposer, mais bien pour le manger et le partager, et veiller à ce que tous reçoivent ainsi la vie.

 

- Je suis le chemin. Le chemin n’est pas fait pour y rester immobilisé ni même pour l’admirer mais pour avancer, pour marcher en direction de son prochain, en particulier vers celui qui souffre et vers l’étranger.

 

Ce n’est pas lui-même que Jésus met en avant avec ces affirmations ‘Je suis…’ Il nous offre son aide pour que nous comprenions mieux le désespoir de notre prochain et que nous lui montrions la lumière, le pain et le chemin.

 

Dans l’Evangile de Jean, Jésus dit de lui-même : Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance (Jean 10,10). Et cette vie en abondance doit profiter à tous – avec notre soutien.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

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30/05/2015

Unir le monde à Dieu


 

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Jésus parle de la venue de Dieu en paraboles. Il crée des images et raconte des histoires qui pourraient être directement tirées de nos vies. Ce qui nous surprend, c’est que lorsque Jésus associe Dieu à notre monde si concret, il ne se donne jamais la peine de l’embellir, de l’idéaliser, de le montrer meilleur qu’il est.

 

- Un homme s’en va semer son champ. Une partie des grains tombent parmi les ronces, d’autres sur le chemin et d’autres encore dans les cailloux. Et parfois c’est la mauvaise herbe qui pousse le mieux (Matthieu 13,4-9.24-30). Ainsi va le monde.

 

- Un homme avait deux fils. Le plus jeune laisse tomber son père, il réclame son héritage, s’en va et dépense tout ce qu’il possède en menant une vie dissipée (Luc 15,11-32). Ainsi va le  monde.

 

- Un prêtre et un lévite croisant sur leur route un homme qui avait été battu et laissé pour mort passent leur chemin sans lui porter aide (Luc 10,30-37). Voilà le monde où nous vivons.

 

Nulle trace d’un monde idéal en union avec Dieu et son royaume. De toutes parts mauvaise herbe, pertes douloureuses, familles déchirées, employés fourbes, cœurs endurcis; voilà le monde tel qu’on le vit, sans grimage, sans le moindre embellissement. Jésus était réaliste.

 

Mais ce n’est pas encore tout. Ce que Jésus a de particulier c’est qu’au coeur de ce monde dissolu, il ‚joue des cartes’ qui surprennent, qui dérangent. Il parle de possibilités démontrant clairement qu’on pourrait faire autrement. Dans ce monde sans pitié, il trouve des alternatives pour le présenter sous un tout autre jour.

 

- Lorsque le ‚fils perdu’ revient vers son père, il fait toujours partie de ce monde traditionnel. Il dira à son père : „Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi, je ne suis plus digne  que tu me regardes comme ton fils. Traite-moi donc comme l’un de tes ouvriers.“ De manière surprenante, le père saisit une toute nouvelle chance : il ne laisse pas son fils s’exprimer plus longtemps, il court à sa rencontre, le serre contre lui et l’embrasse. Il le réinstalle dans ses droits filiaux. La question décisive est de savoir si le fils est capable de profiter de cette nouvelle chance offerte ou s’il aurait plutôt voulu exprimer ses regrets jusqu’au bout, témoignant ainsi de son appartenance à l’ordre ancien. La question se pose également pour le fils aîné resté à la maison : a-t-il compris cette nouvelle chance offerte par son père ? Nous avons toutes et tous la possibilité de répondre à la question ou même de prendre une décision. Voulons-nous nous replier sur l’acquis de nos vies ou alors nous ouvrir et participer à la fête ?

 

- Le semeur, lui, ne se résigne pas. Il s’obstine et persévère dans la confiance inébranlable que la plupart de ses grains tomberont dans la bonne terre et lui rapporteront des fruits au centuple. Car c’est Dieu qui est à l’oeuvre.

 

- Le Samaritain, lui, contrairement au prêtre et au lévite, ne se préoccupe pas de loi ou d’ordre, d’interdit ou de tabou, il laisse parler son cœur et met tout en œuvre pour porter secours à l’homme blessé.

 

Et c’est ainsi que Jésus unit Dieu et le monde. Il voit le monde tel qu’il est, sans l’idéaliser, sans l’embellir. Mais il voit dans ce monde, parce qu’il veut justement l’unir à Dieu, de nouvelles opportunités, insoupçonnées jusque-là : les chances données par Dieu. Nul n’est obligé de rester sur place dans ce monde, on doit pouvoir tous s’extirper de structures invalidantes ou fatales, le père comme ses deux fils, le semeur comme le Samaritain, comme aussi le prêtre et le lévite.

 

Ou alors disons-le ainsi : Jésus  découvre dans ce monde, où pratiquement plus rien n’est en ordre, le pouvoir de l’amour et Il nous invite à avoir confiance en l’amour, précisément dans notre monde concret si imparfait.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

 

 

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28/05/2015

La Bible – terrain de jeux de la prière


october-22.jpgDepuis plus de 40 ans, je me consacre à la Bible professionnellement. On y trouve d’innombrables possibilités de parler de Dieu, sur Dieu et avec Dieu. Lorsque j’ouvre la Bible, il arrive que je tombe sur un prophète tenant un discours commandé par  Dieu. On y chante aussi des cantiques ici ou là. Souvent on lit des récits qui n’ont, au premier abord, rien à voir avec Dieu. Ils racontent la vie de gens qui, comme nous, sont en recherche; ils avancent dans le doute et l’espérance. Puis je tombe sur les proverbes, paroles de sagesse qui renvoient aux expériences pluriséculaires des hommes avec Dieu, et donc aussi à nos propres existences. On y trouve également d’authentiques prières. Elles sont comme des réponses à certaines demandes. Ce pourrait être d’ailleurs des appels de Dieu. Mais ce pourrait être aussi des requêtes face à certaines destinées : sollicitations de malades, de persécutés ou d’autres personnes victimes d’injustice; exhortations pour accompagner de formidables événements comme l’amour, le pardon et la solidarité. En croyant et en priant, on peut percevoir l’appel de Dieu.

 

Dans toute la Bible, que ce soit dans l’Ancien ou le Nouveau Testament, on tombe toujours sur les deux : la demande et la réponse. Lorsque dans la Bible, la parole est donnée à Dieu, jamais il ne s’agit d’une communication unilatérale ou même monotone. Il ne se présente pas comme un Commandeur ou un Législateur. Tout au contraire, il est souvent celui qui prie et qui persuade avec amour, qui encourage et qui soutient, qui libère et qui invite, qui questionne, qui accuse et menace… comment la Bible pourrait-elle parler de Dieu autrement qu’avec nos mots humains ou en images et paraboles?

 

Et tout aussi souvent dans la Bible, c’est aux hommes qu’on donne la parole. Ils répondent aux demandes et aux plaintes, aux invitations et aux menaces de Dieu. Et rien de plus varié que ces réponses : ils exultent et louent, ils glorifient et remercient, ils se lamentent, pestent, grondent, maudissent, ils jurent et rient, interrogent, pleurent et se taisent.

 

Effectivement, dès qu’on ouvre la Bible, on tombe sur un dialogue permanent entre Dieu et les hommes. Et quand on commence à lire, on entre dans le dialogue et on constate que Dieu nous interpelle, nous remet en question, nous taquine avec doigté, il s’enveloppe dans le silence ou il boude, il nous sourit.... Mais nous ne sommes pas seuls ; avec nous nos pères et nos mères dans la foi, notre père Abraham, notre mère Sara, Moïse l’intercesseur, Myriam et ses timbales, David dansant, Jérémie qui menace, Job qui se lamente, Marie qui exulte et la pécheresse et ses parfums.... c’est avec eux tous que nous sommes à l’écoute de Dieu et tentons de lui répondre.

 

Prier avec la Bible, c’est être présent, écouter, discuter, participer aux jeux…

 

 

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

 

 

 

 

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25/05/2015

Lea réfugiés au centre

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Chaque fois que j’ouvre la Bible, je suis surpris de constater qu’il y est fréquemment question de personnes, de tribus et même de peuples en fuite. On comprend mieux alors que dans l’Ancien Testament on cite souvent la législation concernant les réfugiés ou les étrangers. On a même l’impression que le statut de réfugié ou d’étranger est inhérent à la tradition judéo-chrétienne. Cela se retrouve même dans la profession de foi.

 

Le cinquième livre de Moïse, appelé le Deutéronome, est une collections d’instructions qu’il adresse au peuple d’Israël pour le préparer à la sédentarité en Terre Promise, après avoir passé quarante ans à sillonner le désert. Le passage que j’ai sous les yeux rappelle une liturgie qui comprendrait une profession de foi (Dt 26,1-11):

 

Lorsque tu seras entré dans le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne en héritage, tu prendras les premiers de tous les produits que tu retireras du sol et tu les mettras dans un panier et tu iras devant l’autel et tu déclaras:

 

Mon ancêtre était un Araméen nomade. Affamé, il a fuit vers l’Egypte avec sa famille, où il a vécu comme étranger. Là il est devenu une  nation grande et puissante et nombreuse. Les Egyptiens  nous ont maltraités et opprimés, et ils nous ont soumis à un dur esclavage. Nous avons crié à l’Eternel, le Dieu de nos ancêtres. L’Eternel a entendu notre voix et a vu l’oppression que nous subissions, notre peine et notre misère. Alors l’Eternel nous a fait sortir d’Egypte avec puissance et force… Il nous a conduit ici et il nous a donné ce pays ... où coulent le lait et le miel ...’

 

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Ces images dans leur tragique reflètent bien ce que l’on peut lire dans la presse quotidiennement : il est question de famine, de sans-abri, d’étrangers, d’injustice, de travail forcé ou autres contraintes. Voici ce qui est également très frappant à la fin de ce texte :

 

Tu déposeras les produits devant l’Eternel, ton Dieu, et tu adoreras l’Eternel, ton Dieu. Puis tu te réjouiras , avec le Lévite et l’étranger en séjour chez toi, pour tous les biens que l’Eternel, ton Dieu, t’a donnés, à toi et à ta famille.

 

Se réjouir avec l’étranger chez nous n’est pas seulement une exigence mais bien plutôt une joie prometteuse.

 

 

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

22/05/2015

Nonante-deux ans

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C'est mon anniversaire

 

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Il y a 92 ans ce matin que je maman me donnait le jour. Avec papa et la famille réjouie !

 

Et je l'en remercie de tout mon coeur avant que j'ai le bonheur de venir la revoir dans le gand amour de Dieu. Très bientôt !

 

Comme je remercie papa et mes frères et soeurs et toutes les personnes rencontrées sur mon chemin vers LUI, Hors Espace Temps d'où je viens !

 

Le 8/07/2013, j'écrivais :

 

http://clairemarie.blog.24heures.ch/index-10.html

 

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La frontière : une ligne, un mur, un espace neutre, en bref c’est ce qui sépare, protège, sécurise le dedans du dehors. Les frontières étatiques,  exemple : d’un côté la Suisse, de l’autre côté, la France, l’Allemagne, l’Italie. La Suisse est intéressante parce que son territoire et sa population un condensé de la société, de la culture, de la langue, des  trois pays frontaliers. 

 

 Une espèce de « communauté de base européenne » qui survit grâce à une certaine intelligence patriotique dont la source se trouve être, peut-être, au Grüli. Ce que je dis est bien trop beau, et d’autant plus fragile que l’EGO helvétique se replie sur son bien-être « économique », en incluant les riches et excluant les pauvres.

 

 Notre frontière est donc une passoire pour les uns et un mur pour les autres. C’est selon. Mais c’est plus complexe.

 

 Ayant vécu mon enfance et adolescence au Jura tout proche de la France et non loin de l’Allemagne, le concept « frontière » signifiait la porosité, la perméabilité et l’interdépendance  pratique !

 

 Et il y a des frontières invisibles, pires que les frontières visibles ! Exemples :

 

images.jpg  Des institutions religieuses, caritatives, partis politiques, devraient être un lieu encourageant et facilitant le rayonnement des membres à l’intérieur et à l’extérieur des frontières institutionnelles. Lorsque l’institution est self-centered, elle peut ressembler à une gated community cherchant à se perpétuer même au prix d’en perdre son origine, son charisme, le sens de sa Mission donc de sa raison d’être. Quiconque remet les frontières institutionnelles en question, « désécurise  les gens et est, soit rejeté » (H.V), soit neutralisé ou marginalisé. C’est lié aux effets deshumanisants des frontières relationnelles.

 

 glissant-246717-jpg_137963.JPGSelon le poète martiniquais Edouard Glissant (décédé en 2011)

 

 « Le Divers n’est donné à chacun que comme une relation, non comme un absolu pouvoir ni une unique possession. Le divers renaît quand les hommes se diversifient concrètement dans leurs libertés différentes. Alors il n’exige plus que l’on renonce à soi. L’Autre est en moi, parce que je suis moi. » L’Intention poétique, p.101,  Edouard Glissant

 

Des frontières à être dépassées, absolument, sont les frontières culturelles, linguistiques et même religieuses à condition d’être un peu curieux, intéressé, fantaisiste, audacieux, on peut les dépasser, et les outrepasser…

 

 Encore Edouard Glissant : « Il n’est frontière qu’on n’outrepasse A défaut de montagnes ou de mers, l’homme a inventé toutes sortes de frontières pour se protéger de l’Autre : grillages, barbelés, murs, barrières électrifiées, etc. Aucune, pourtant, n’a résisté à l’irrépressible volonté – ou nécessité – de passer outre.

 

Franchir la frontière est un privilège dont nul ne devrait être privé, sous quelque raison que ce soit. Il n’y a de frontière que pour cette plénitude enfin de l’outrepasser, et à travers elle de partager à plein souffle les différences… La Relation n’est pas confusion ou dilution. Je peux changer en échangeant avec l’autre, sans me perdre pourtant ni me dénaturer.»

 Et c'est valable pour aujourd'hui !  Vingt--deux mai 2015

17/05/2015

examen de conscience

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Dernièrement sur Internet je suis tombé par hasard sur un cours de maîtrise donné par le célèbre pianiste Menahem Pressler. Il fêtera cette année ses 92 ans et il est toujours émerveillé et passionné. Il était entouré de jeunes gens venus perfectionner leur technique et leur capacité d’expression. Il leur disait : „J’aime la musique, j’aime le compositeur, j’aime le public, j’aime ce que je fais.“

 

La jeune pianiste qui jouait à ce moment m’a ému par son jeu. En observant le visage du maître, j’en conclus qu’il appréciait aussi ce qu’il entendait, puis je remarquai que ses traits se tendaient de plus en plus. Subitement il s’écria : „ Non,  non et  non ! ça ne va pas comme ça !“ Je trouvai son intervention plutôt sévère et même injuste.

 

Puis il continua : „Jusqu’à présent, tu aimais ce que tu faisais, et j’ai bien aimé aussi ce que j’entendais. Mais maintenant tu cherches à impressionner. Quand on aime, on veut donner quelque chose, donner de sa personne, tu donnes de ta personne. Mais maintenant tu ne veux que recevoir : des applaudissements, le succès, l’admiration. C’est nul.“

 

Ce cours du grand maître nous pousse à l’examen de conscience – moi-même et aussi d’ailleurs ceux qui sont engagés d’une façon ou d’une autre envers un public, tels les musiciens, les enseignants, les prêtres ou les politiciens par exemple.

 

Quelle est ma motivation quant à mes paroles et mes gestes ? Est-ce l’amour ? l’amour du prochain ? l’amour de ma mission ? Ou alors suis-je en quête d’applaudissements ? ou à la recherche d’éventuels compliments ?

 

Et voici que me vint à l’esprit le texte de Paul, dans 1 Corinthiens 13:

 

Si je parle les langues des  hommes, et même celles des anges, mais que je n’ai pas l’amour, je suis un cuivre qui résonne ou une cymbale qui retentit.

 

Si j’ai le don de prophétie, la compréhension de tous les mystères et toute la connaissance...., mais que je n’ai pas l’amour, je ne suis rien.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

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08/05/2015

Rose de tendresse en mon coeur

Le 8 mai 1945

 

et la rose en ce vendredi 2015

 

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"Le 8 mai 1945, l'Allemagne capitulait (elle acceptait d'être battue). L'Europe était libérée.

 

Et depuis, les pays alliés et les allemands se sont réconciliés, ils ont fait la paix..."

 
Voilà ce qu'on dit aux enfants.

 

Questions qui attendent une réponse:

 

Pourquoi la guerre? Pourquoi les armes de guerre?

 

Comment est-il possible que des jeunes gens apprennent à tuer?

 

Et qu'ils se fassent tuer par des "frères ennemis"?
Pourquoi ne pas transformer toutes les épées et toutes les armes

 

en socs de charrue pour labourer la terre?

 


Selon le verset 2 du chapitre 4 du livre d’Isaïe :

 

« Les nations briseront leurs épées pour en faire des socs de charrues. »

 

Les hommes travailleront la terre qu'ils aiment et elle nous donnera du blé,

 

et du pain à partager. Pour la vie et la paix , pas pour la guerre!

Cette promesse vaut bien une rose!

 

On nous dit que celle-ci a fleuri pour la toute première fois le 8 mais 1945!

 

 

Et depuis, les guerres à basse intensité continuent

 

et tuent

 

les enfants innocents

 

beaux comme l'innocence des roses

 

La rose du 8 mai 1945

 

et la rose d'aujourd'hui qui se pose sur mon cœur

 

avec la tendresse de l'amitié qui me console et me fortifie !

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26/04/2015

La Galilée

 

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Pour les grands-prêtres et les Pharisiens, aucun prophète ne peut sortir de Galilée et d’ailleurs rien de bon ne peut venir de Galilée.

 Pourtant la Galilée était un pays richement doté: un sol fertile, une agriculture saine et variée, une pêche fructueuse et d’habiles artisans très appréciés...

 Mais à quoi servent toutes ces richesses et ces infrastructures bien pensées si les biens sont mal répartis ? Seules quelques familles pouvaient vivre dans l’opulence : les grands propriétaires terriens, les hauts fonctionnaires, les commerçants de gros. Au sein de la classe moyenne, on comptait des artisans, des gérants de modestes commerces, des pêcheurs et des petits paysans, pour autant qu’ils  n’aient pas été dépossédés de leurs terres. Mais la grande majorité du peuple vivait dans la pauvreté. Dans les évangiles, il est souvent question de mendiants, d’esclaves, de personnes endettées, de chômeurs, d’aveugles, de paralysés, de lépreux, de malades mentaux.

 Là où le fossé se creuse entre riches et pauvres, la résignation est répandue. Beaucoup de gens quittaient le pays ou passaient dans l’illégalité. La Galilée était aussi une terre de rébellion et d’insurrection...

 Mais c’est justement en Galilée que Jésus paraît. Maintenant le temps est venu: maintenant c’est Dieu qui tient les rênes; nous pouvons nous mettre en route en confiance. Et c’est justement en Galilée que cet appel se concrétise. La femme courbée se redresse, le paralysé se lève et marche, les pêcheurs et les prostituées retrouvent une place dans la société, et tout ça, c’est la Galilée.

 Mais bientôt tous ces gens n’écoutent plus Jésus. Ils ne font que l’épier pour tenter de découvrir quelque chose leur permettant de le dénoncer aux Romains. Sa famille le prenait pour un fou. Ses propres apôtres ne le comprenaient plus. Pierre, son plus proche collaborateur, le renie.... ça aussi, c’est la Galilée.

 Jésus est mis à mort à Jérusalem, la ‘ville sainte’, parce que là on ne le supporte plus. Il dérange les puissants, les prêtres et les Romains, en contrariant leurs intérêts.

 A la fin de l’Évangile de Marc, le messager de Dieu se tient devant le tombeau vide. Il transmet aux femmes le message pascal : Allez maintenant dire ceci à ses disciples, y compris à Pierre: Il va vous attendre en Galilée; c’est là que vous le verrez. Il ne les envoie pas à travers le monde et pas au Temple non plus. C’est en Galilée qu’ils Le verront, là où tout a commencé et où ils reprendront le chemin avec Lui.

 Galilée. Peut-on associer la Galilée à notre monde actuel ? à notre époque ? à notre quotidien fait de contradictions et de tracas ? Le message pascal pourrait aussi nous concerner : ici, dans notre Galilée, nous Le verront – dans chacune des personnes avec laquelle Il s’identifie, aujourd’hui encore : avec les malades, les chômeurs, les étrangers, les détenus. Le voir, Le suivre, signifie s’approcher sans crainte des démunis, partager le pain avec eux, les prendre dans nos bras, rester un peu avec eux, marcher avec eux vers la croix...

 

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 Galilée – ici, maintenant, chez nous?

 

Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

 

15:07 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

23/04/2015

Le pain partagé

 

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Dans notre tradition religieuse, le pain joue un rôle substantiel.

 Rappelons-nous les origines de notre histoire avec Dieu. Il a pitié de son peuple affamé dans le désert et lui envoie la manne (Exode 16).

 Au cours de l’histoire, on voit que Dieu ne se met jamais tant en colère que contre l’inflexible rigidité des nantis quand il s’agit de partager avec les plus démunis (Siracide 34).

 Lorsque Jésus enseigne la prière aux siens, il y place la demande pour le pain quotidien au centre. Il leur enseigne: Toutes les fois que vous l’avez fait  à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait; car j’ai eu faim  et vous m’avez donné à manger… (Matthieu 25).

 Avant sa passion et sa mort – pour ainsi dire en guise de testament – Jésus participa au repas de la Pâque. Il prit du pain et, après avoir remercié Dieu, il le rompit et le donna à ses disciples (Marc 14). Et depuis, rompre le pain et le partager est le geste le plus significatif des disciples du Messie Jésus.

 Dieu n’a pas donné le pain aux hommes pour qu’ils l’honorent mais pour qu’ils s’en nourrissent et le partagent avec ceux qui ont faim. Chaque jour, 25 000 personnes meurent de sous-alimentation.

 Ces prochains dimanches, dans nos régions, nous fêterons les premiers communiants. On leur apprend – en compagnie des adultes – à partager le pain ensemble et aussi avec les plus pauvres de ce monde.  Dommage que ce repas messianique tourne en rite un peu insipide, accompagné de théories compliquées sur la transsubstantiation et de rubriques discutables sur la façon de recevoir la communion, dans la bouche ou sur la main, en formant une queue comme devant un guichet de gare.

 Mais personne ne pense à la faim dans le monde.  C’est comme si on identifiait le Dieu de l’Exode et son Messie Jésus à une hostie et non aux hommes souffrant de famine.

 Ce n’est pas dans l’hostie que Dieu apparaît, mais bien dans le partage.

 Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

15:23 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

15/04/2015

aimer, c'est tout donner

 

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« La création, c’est chaque instant »

 

J'ai lu cette belle pensée de Abraham Heschel et, avec l'aide d'une amie, je l'ai traduite afin de la jeter au vent, et de la partager avec vous.

 « On nous enseigne que la création ne consiste pas en un seul acte ponctuel hors du temps. Non, la création est en acte en continu qui fait naître le monde, un processus de « devenir ». Dieu a désiré la création ainsi – Il a appelé le monde à « être » et son appel continue son chemin. Ce moment présent existe parce que Dieu vit dans ce moment même. La création est un acte de chaque instant. »

 

« Creation, we are taught, is not just one precise act taken out of time once and for all. On the contrary, the act of bringing the world into existence is a continuous process, a “becoming”. God desired this creation - He called the world into being, and that call goes on. This present moment exists because God lives in this very present. Every instant is an act of creation. »

 

 Ma réflexion : comme je rêve qu'il en soit ainsi : que Dieu tienne ma main, qu'Il écrive ces quelques pensées, comme on dit bonjour lorsqu'on se rencontre, que nous échangions un sourire et que nous continuons main dans la main notre route.

 

En contemplant le globe, je vois l'immense peuple de Dieu en marche, un peuple créateur, un peuple dont je suis membre. Nous sommes des bâtisseurs et c'est le royaume de Dieu qui est notre famille. Je peux répéter lentement : Notre Père qui es au cieux.... comme tu es sur la terre. Il n'y a pas de frontière entre le ciel et la terre. Il n'y a pas de frontière entre toi et moi. Nous sommes unis dans des réseaux de relations libérateurs. La liberté de chacun est la liberté de tous et nous avançons vers le « hors espace temps » : l'amour aura le dernier mot. En râvant du royaume, j'ai l'audace de répéter avec saint Paul :

 « Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture : ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé.
Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, en a fait la révélation. Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu. »
(Corinthiens 2,6-10)

 Et puisque la création, c'est chaque instant, penser à celles et à ceux qui me précèdent vers le « hors espace temps » me fait courir vers eux ! Avec eux. Eux qui voient l'Amour que je ne fais que pressentir ! Et qui, pourtant, m'attirent comme un aimant qui me tient.

14/04/2015

Le cadeau de Pâques

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 Une fois, Jésus s’adressa à un paralytique en lui disant : Tes péchés te sont pardonnés! Les théologiens protestèrent : Qui donc peut pardonner les péchés sinon Dieu seul ? Et ils avaient raison.

 Le péché – lorsqu’il est bien compris – touche de trop près à l’essence de la Création et à la substance de l’humain pour qu’il puisse tout simplement être absous. Pardonner les péchés n’est pas un acte administratif mais un processus créateur ... et dans ce sens, Dieu seul est créateur.

 Voici ce que l’apôtre Jean a retenu de la première rencontre du Ressuscité avec les disciples  venant à lui (20,19-23) : Jésus, debout au milieu d’eux, leur dit : La paix soit avec vous ! Puis il souffla sur eux et leur dit : Recevez le Saint-Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez leurs péchés obtiendront le pardon; ceux  à qui vous refuserez le pardon ne l’obtiendront pas.

 Ces mots ne sont pas une procuration donnée aux prêtres ou aux évêques, mais ils signifient plutôt : cela vous concerne tous. Si vous n’accordez pas votre pardon, qui pardonnera ? Les successeurs des apôtres et des disciples sont toute la communauté ecclésiale et, par extension, tous les hommes de bonne volonté.

 Il est ressuscité ! Ce sont les mots que le pape proclame à Pâques, ubi et orbi, et qui signifient encore : l’ancien est dépassé, le nouveau est arrivé. Un nouveau comportement envers notre prochain est devenu possible, plus créatif et fraternel. Les temps de violence et de représailles sont dépassés. Fini le temps des rancunes et des comptes à régler. Il n’est plus nécessaire de stigmatiser quelqu’un à cause de son passé, de sa culpabilité, de ses erreurs. On peut se rapprocher les uns des autres dans le pardon libérateur. Vous pouvez vous aider les uns les autres à mieux vivre tout en vous laissant respirer – d’ailleurs même dans le premier sens du terme, en prenant soin de la propreté de l’air que vous respirez, mais aussi en oubliant vos préjugés. De plus, en vous engageant  auprès des malades, des enfants et des requérants d’asile.

 Si ce n’est pas vous, alors qui le fera ?

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

14:13 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

05/04/2015

Proclamer la mort de Jésus!

... comme une bonne nouvelle, comme un heureux événement ? C’est ce que font les chrétiens et les chrétiennes dans chacune des célébrations de l’eucharistie quand ils chantent : Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus ... Seule une telle proclamation est en mesure, en quelque sorte, de percer le mystère de Jésus – et le mystère de nos vies. Comme les chrétiennes et les chrétiens qui croient que quand il se met à table avec les publicains et les prostituées ou qu’il embrasse les lépreux, pour Jésus c’est Dieu même qui est à l’oeuvre. Ils croient également que Dieu est totalement concerné par la mort de Jésus. Dans la mort de Jésus Dieu lui-même s’est livré aux hommes jusque dans les abysses de leurs souffrances et leur mort. C’est la mort de Jésus qui a fait de Dieu totalement notre Dieu. En réalité c’est cela la bonne nouvelle du Vendredi Saint.

 

Proclamer la mort du Seigneur signifie également que nous osons regarder la mort en face, notre propre mort et celle de tous ceux que nous avons perdus autour de nous. Les croyants ont le droit d’être réalistes. Ils n’ont pas besoin d’enjoliver les choses. Ils peuvent appeler un chat un chat. Les chrétiens, les croyants en Jésus-Christ en annonçant la mort de leur Seigneur font ainsi comprendre qu’ils sont conscients de l’injustice répandue dans le monde, que cela les concerne et qu’ils ne sont pas prêts à enjoliver les choses. Pour les croyants, la famine n’est pas une fatalité mais une injustice. L’armement n’est pas une contrainte, mais un aveuglement face aux tourments de ce monde. Les règlements pour les requérants d’asile ne témoignent pas d’une intelligence politique mais plutôt d’un égoïsme national.

 

Nous proclamons la mort du Seigneur les yeux grand ouverts et persuadés qu’aucune souffrance, aucune peur, aucune malédiction et aucune mort n’arrive sans que l’Eternel y manifeste sa présence aimante et passionnée.

 

Dans le fond, c’est ça la foi en la résurrection.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction : Christiane Gaeumann

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