07/07/2012

Plaidoyer pour l'insolence

av_03g.jpgDans son Évangile, Luc présente, par deux fois, des exemples  de personnages insolents.

La première fois, il s’agit d’un homme qui vient réveiller son ami en pleine nuit pour lui demander du pain. Bien sûr que l’ami, tiré de son profond sommeil aurait volontiers envoyé aux pives l’importun ! Malgré tout, il sort du lit pour lui donner ce dont il a besoin. Ce n’est pas l’amitié qui le fit sortir du lit, mais l’insolence de celui qui le réveillait en pleine nuit (Luc 11, 5-8).

La deuxième fois, il s’agit d‘une veuve qui avait des désagréments avec les proches de son mari défunt. Elle chercha un juge pour qu’il l’aide mais celui-ci, un fonctionnaire sans-pitié, renvoya la femme. Mais elle revint plusieurs fois sans se décourager. Ce juge qui ne craignait ni Dieu ni diable  s’est dit : « Je veux m’occuper de cette femme avant qu’elle ne revienne encore une fois et ne me casse la figure.» (Luc 18,1-8)

Jésus est profondément convaincu que, lorsque nous venons à lui avec nos besoins, et que ces besoins sont conformes avec ceux pour  lesquels il s’est toujours engagé avec passion et avec un amour inconditionnel, il ne nous laisse pas tomber… Nous sommes  solidaires avec les nécessiteux, les privés de droits, les déportés, les étrangers. Notre prière et nos actions persévérant…au risque de l’insolence, font  à la longue, pencher la balance en faveur de la justice  pour tous.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

17:46 Publié dans théologie | Tags : faim | Lien permanent | Commentaires (2)

30/06/2012

Il ne doit pas en être ainsi parmi vous

 

 

 

 

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Il ne doit pas en être ainsi parmi vous !

Mc 10:43

Des structures claires sont nécessaires aux gens qui vivent  en communauté. Les structures  comprennent des gens qui seront en haut et d'autres qui seront en bas. Bien sûr qu'il est agréable  d'être en haut et d'avoir les autres en dessous de soi. A peine Jésus avait-il constitué un groupe de disciples - femmes et hommes  - que ceux-ci se disputaient entre eux pour savoir lequel d'entre eux serait le premier.

Jésus réagit ainsi: « les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Mc 10:43-Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, "Vous savez que ceux qu'on regarde comme les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur "

Jésus a poursuivi ce renversement. Il s’inscrivait ainsi  dans la solide tradition des prophètes et des prophétesses du Dieu d’Israël, qui d’une part "renverse les puissants de leur trône, renvoie les riches les mains vides, et d’autre part, « relève les opprimés et donne à manger à ceux qui ont faim" (Luc 2 :51-53).

C’est ainsi que Jésus perçoit la « Hiérarchie » ou l’ordre social sacré.

Les disciples auraient désiré donner à Jésus la fonction de chef.  Mais Jésus n’est pas allé dans cette direction. Il dit : "Je suis parmi vous comme celui qui sert" (Luc : 22-27). Et lorsque Jésus concrétise ce qu’il venait de dire en leur lavant les pieds, Pierre proteste avec force !

Si l’on suit l’exemple de Jésus, on ne distingue plus ce qui est en haut et ce qui est en bas. Excepté Pierre, le chef du groupe, qui voyait disparaître son illusion.

Hermann Josef  Venetz

 

09:20 Publié dans théologie | Tags : service | Lien permanent | Commentaires (1)

23/06/2012

Pardonner

 

Que voulons-nous de plus ?

 

pardonner2.jpgJésus a enseigné à ses amis une prière, qui est probablement le point le plus essentiel de la tradition chrétienne: le Notre Père.

 

Il commence ainsi: Abba, cher Père...

 

Et, un peu plus loin: Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons ceux qui nous ont offensés.

 

Ce qui me fascine toujours chez Jésus, c’est sa manière directe, confiante, immédiate d’être en relation avec Dieu. Et ce qui me fascine davantage encore, c’est qu’il encourage les siens à faire de même envers le Père du ciel, c’est-à-dire : il leur dit de s’adresser à lui directement, en pleine confiance et sans nécessairement passer par un intermédiaire. On peut donc joindre Dieu directement : Abba, Père bien-aimé pardonne-nous nos fautes et nous pouvons être sûrs que nos fautes sont pardonnées.

En même temps, nous aussi, pouvons aussi avoir la bonne  volonté de pardonner les gens qui ont fauté contre nous et,  inversement, nous pouvons donc espérer obtenir leur pardon si nous le leur demandons. En fait, il s’agit simplement d’une confiance mutuelle et fraternelle.

Si nous désirons confesser nos péchés à un prêtre, alors faisons-le ; on peut supposer que nos péchés seront pardonnés. Mais sans pour cela être déliés du devoir de pardonner nous-mêmes les fautes de notre  prochain envers nous.

Soyons reconnaissants! Nous devons avoir confiance que notre Dieu, notre Abba nous pardonne si nous le lui demandons. Et nous pouvons aussi offrir ce pardon à notre prochain, proche ou lointain.

Que voulons-nous de plus ?

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

 

14:56 Publié dans théologie | Tags : pardon | Lien permanent | Commentaires (2)

16/06/2012

Des cendres ou du feu?

 

Des cendres ou du feu ?

 

En tant que "bon catholique" je me réfère non seulement à la Bible, mais aussi à la tradition. Est-ce vraiment sage de faire ainsi ?

 

Le compositeur Gustav Mahler aurait apostrophé les adeptes du Théâtre en ces mots: « Ce que vous nommez tradition n’est qu’indifférence et négligence. »

 

Pour le philosophe polonais Stanislaw Brzozowski, le fait de s’accrocher continuellement à la tradition n’est qu’une forme de paresse intellectuelle.

 

Cela peut paraître exagéré; il n’en reste pas moins que le retour continuel aux  traditions  fussent-elles politiques, religieuses/ecclésiastiques, sociales, sont plutôt des prétextes pour ne pas toucher au statut quo et éviter ainsi la confrontation aux problèmes des remises en cause.

 

Quelques exemples :

 

le célibat obligatoire des prêtres

l’exclusion explicite des femmes dans les organes de leadership de l'Eglise,

retour aux Messes en latin

les institutions religieuses sclérosées

 

Les exemples abondent, conséquences d’une tradition statique.

 

Ces traditions-là et beaucoup d’autres, basées sur la réflexion abstraite et livresque, s’épargnent la tâche laborieuse des arguments, pour se complaire dans l’illusoire sécurité de son confort et de sa paresse intellectuelle.

 

Il est urgent de relever les défis de notre temps et de répondre de toutes nos forces aux besoins des gens. Immédiatement.

 

Gustav Mahler cité plus haut, est l’écho d’une autre compréhension de la tradition remontant vraisemblablement à Thomas Moore : « La tradition ne consiste pas à préserver la cendre, elle consiste à transmettre le feu! » – une parole que le pape Jean XXIII avait fait sienne.

 

Et si nos traditions religieuses n’étaient que des cendriers dorés ?

Constamment, je regrette le feu – en moi-même aussi.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

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09/06/2012

Les Messagers méconnus

 

Les Messagers méconnus

(Isaïe 52: 7 et Isaïe 53 :8)

En Israël comme ailleurs certainement, il y avait prophètes et prophètes. Les uns étaient des fonctionnaires bien payés, ils étaient les porte-parole des puissants, des chargées d’affaires et des relations publiques, des publicitaires. Mais d’autres prophètes étaient appelés par Dieu. Souvent ils répondaient à contre-cœur à l’appel de Dieu. Souvent aussi, ces prophètes-là étaient et sont fréquemment des prophètes de malheurs, parce qu’ils étaient envoyés pour rendre les gens attentif aux conséquences de leurs méchanceté. Généralement ils étaient réduits au silence, emprisonnés, tués, et ils le sont encore aujourd’hui.

Cependant, vers la fin de l’exil de Babylone dans les années 50 du 6ème siècle avant Jésus-Christ, un prophète arriva sur la place publique et il était différent des autres car, c’était l’envoyé de l’Innommable, il ne venait pas annoncer le malheur mais la paix. Un vrai messager de bonnes nouvelles.

Il proclamait la venue de Dieu, l’imminente libération du peuple et son retour tant attendu vers la Terre Promise. Bien sûr, beaucoup d’exilés, qui enduraient depuis longtemps leur dure réalité politique et sociale, ne pouvaient percevoir des signes de salut et de paix dans les paroles du prophète. On peut les comprendre. Nous-mêmes, n’envisageons pas volontiers des changements radicaux alors que nous sommes en train de « faire avec », de nous adapter et de jouir du statut quo !

Mais le prophète insiste :

Dieu peut quelque chose de tout nouveau, il ne veut pas vous clouer à votre passé, il est tout autre que vous ne pensez.

Tout fut inutile. Pour les sceptiques raisonnables, le temps était inopportun. Ils assassiné le messager de la Bonne Nouvelle.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

10:31 Publié dans théologie | Tags : isaïe | Lien permanent | Commentaires (0)

02/06/2012

La mauvaise réputation de Dieu

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La mauvaise réputation de Dieu

 

A peine le mot « Dieu »“ est-il prononcé que nous rentrons la tête dans  les épaules. Les dix commandements que nous ne n'obéissons pas toujours à la lettre, sont implacablement liés à Dieu. Notre mauvaise conscience nous montre Jésus crucifié pour nos péchés et c’est  comme un reproche qui nous ronge l'âme et nous menace de la solution finale: « l'enfer ». Terminé.

Une chose encore ternit la « bonne réputation de Dieu »: S'Il est comme on le dit « tout-puissant“  Il est par conséquent responsable de tout le mal qui se fait dans le monde, non pas qu'Il en soit la cause, mais Il ne s'y oppose pas en dépit de sa « toute puissance ». Nous devons cependant reconnaître et assumer nous-mêmes, personnellement et collectivement, la responsabilité pour l'impardonnable misère des guerres, des famines, des foules de réfugiés... Mais Dieu devait-il ainsi créer des êtres humains qui se blessent mutuellement, qui se font la guerre et qui s’entre tuent?

Et l'argument de la « liberté »? Se massacrer les uns les autres, est-ce  un attribut de la « liberté » ? D'accord, nous avons la liberté de ne pas le faire. Mais, est-ce vraiment ça: la liberté?

Nous pouvons examiner le problème dans tous les sens, dans tous les cas Dieu est perdant ! Il est tout-puissant, donc Il porte finalement la responsabilité...  à moins d'être irresponsable! Mais qui veut d'un Dieu irresponsable?

Lorsque nous parlons de Dieu avec les mêmes catégories mentales que lorsqu'il s'agit de la Présidente de la Confédération, ou de la dernière éclipse de soleil ou de la crise financière, notre laborieuse réflexion nous mène inévitablement au cul- de-sac.

Dieu n'est pas un objet dont nous pouvons discuter selon nos catégories mentales comme s' Il était notre possession ! Et nous ne sommes pas des objets que Dieu posséderait et administrerait à sa guise à coup de récompenses et de punitions. Nous pouvons et devons oublier ce Dieu là, d'abord parce que nous nous sentons mieux sans lui et ensuite parce qu'il n'existe pas.

Le Dieu en qui nous croyons n'est pas ce Dieu dont le regard critique nous scrute à distance, au contraire Il est à chaque instant plus proche de nous que nous ne sommes de nous-mêmes. Il est le Dieu dont le nom est Tendresse comme l'exprime le texte biblique (1 Corinthiens 13).

 

« La charité est patiente, elle est pleine de bonté; elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal, elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. La charité ne périt jamais. »

 

Ainsi est Dieu : la Charité inconditionnelle  –  ou encore, pourquoi hésiterions-nous à dire, pour une fois : la Tendresse maternelle qui cherche des hommes et des femmes dont les cœurs brûlent en harmonie avec elle.

A tout le moins nous ne saurions lui en faire reproche.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

15:57 Publié dans théologie | Tags : dieu | Lien permanent | Commentaires (2)

14/04/2012

HYMNE à L'AMOUR SAINT PAUL

 

 

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L’Amour totalement autre


Quiconque est à la recherche d’un beau texte sur l’Amour tombera tôt ou tard sur « Hymne à l’Amour. »


Je peux parler toutes les langues de la Terre et du Ciel
Si je n’ai pas l’Amour,
Je ne suis qu’un métal sonore
Ou une cymbale qui retentit.

Ai-je reçu le don de prophétie,
Approfondi tous les mystères,
Possédé toute la connaissance
Et une foi à transporter les monts ?
Si je n’ai pas l’Amour, je ne suis rien.


Un beau texte, dynamique et chargé d’énergie, quoique tout de même un peu pompeux et distancé de la réalité. La langue des anges et les prophéties nous sont un peu inhabituelles.
Mais le texte continue beaucoup plus objectivement

L’Amour est longanime et serviable ;
En lui ni jalousie, ni forfanterie, ni orgueil,
Ni rien de malséant.
L’Amour ne cherche pas son intérêt,
Ignore la colère et la rancune,
Ne se plaît pas dans l’injustice,

Quand on les compare aux versets précédents ceux-ci paraissent quasiment ordinaires ! Peut-être. Car ils se trouvent à la limite de ce qui paraît pour nous  évident, Paul continue :

Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.


Vraiment ?  Est-ce que nous ne butons pas de temps en temps sur  l’insupportable moment qui nous force à dire: Maintenant, ça suffit! Je n’en peux plus !
Et, totalement exceptionnel, étrange à notre monde,  le texte conclut :


L'amour ne cesse jamais...

Vraiment ? Dans notre vie, l’Amour n’a-t-il jamais cessé ?
Plus je réfléchis,  plus je suis convaincu que Paul n’essaie pas de décrire l’Amour humain dans cet hymne, ce qui de toute façon dépasserait nos meilleures bonnes volontés les uns envers les autres !

Il s’agit avant tout de l’Amour qui transcende toutes nos représentations humaines. Selon notre langage chrétien, car il s’agit de l’Amour de Dieu !

Cet Amour-là est longanime et serviable
Cet Amour-là ignore la colère et la rancune
Et c’est cet Amour-là qui n’a pas de fin


Hermann-Josef Venetz
Traduction : Claire-Marie
Avec l’aimable permission de l’auteur

21:28 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (1)

06/04/2012

Un Procès rapide


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Le Christ devant Caïphe, Gerrit van Honthorst, vers 1617 (Londres)

 

Un procès rapide
(Marc 14-15)


C’est un fait établi que Jésus ne fut pas tué par les « Juifs » mais bien plutôt par un commando d’exécution romain.  On peut bien soupçonner la raison de ce « procès express » du Nazaréen par les Romains car pour eux, Jésus était une espèce de risque de sécurité. Un procès accéléré, dit-on, est plus opportun  lorsqu’il s’agit de juger des agitateurs sociaux.

Le jugement basé sur de piètres accusations de toutes sortes ont bien embarrassé ses disciples, hommes, femmes et amis. Ils auraient plutôt pensé qu’un Messie, annonçant que le Royaume est proche, soit soumis à un procès plus impressionnant et à une exécution plus « digne » que ce qui est normalement infligé aux terroristes et aux esclaves sans valeur, notamment la crucifixion !

Les premiers chrétiens et chrétiennes n'ont pas essayé d’embellir  la réalité, je dirais presque l’absurde,  qui caractérisa l’exécution de Jésus.

Grâce à leur Foi renouvelée par le fait que Dieu ait ressuscité Jésus des morts,  ils ne se faisaient plus d’illusions au sujet de l’atrocité de la mort de Jésus et d’autres crucifiés. Au contraire, c’est comme si Jésus, par l’histoire de sa mort, voulait annoncer que, pour Dieu, aucun chemin, aucun abîme, aucune mort, aucune distance, aucun trou, aucun cynisme, aucune absurdité, ne l’empêcheront d’aller rechercher inconditionnellement les gens là où ils sont : menacés par la famine et par les guerres, enfermés dans leur arrogance…loin de Dieu.

Hermann-Josef Venetz
Traduction : Claire-Marie
Avec l’aimable permission de l’auteur

(écouter aussi: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4419297)


09:59 Publié dans théologie | Tags : vendredi saint | Lien permanent | Commentaires (1)

31/03/2012

Un secret dont on ne parle pas

Un secret dont on ne parle pas

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L'évangéliste Marc ne se soucie pas trop des miracles. Jésus renvoie le lépreux guéri et lui commande  expressément de n’en rien dire à personne. Il fait de même avec les sourds-muets dont il a délié la langue, avec les aveugles à qui il a ouvert les yeux : ils ne doivent pas parler de ce qui s’est passé.
Quand Jésus ressuscite la fille de Jaïre,  et que la foule et les pleureuses sont hors d’elles d’étonnement,  Jésus leur ordonne strictement de se taire : personne ne doit être mis au courant de l’événement. Imposer le silence face à ces miracles : n’est-ce pas complètement irréaliste ?
Que voulait Marc en insistant sur cet appel au silence? Il a écrit son évangile dans les années 70 du 1er siècle, et le message était adressé aux communautés chrétiennes vivant sous l'Empire romain. L’union de l’empereur et de l'Empire étaient le phénomène le plus fascinant qui fut.
Quelque temps après sa mort, l’empereur était transféré au Panthéon, le monde des Dieux. Là, des statues et des temples étaient construits en son honneur.
Les historiens rivalisaient de zèle : c’était à qui mettrait  l’empereur en question dans la plus belle lumière !
Les gens qui se réclamaient de Jésus, le Messie, étaient souvent tentés de voir Jésus en concurrence avec l’empereur. Par exemple, l’empereur étant un Fils de Dieu, Jésus devait aussi être un Fils de Dieu. L’empereur étant vu en tant que Sauveur et Dieu, Jésus aussi devait être vu en tant que Sauveur et Dieu.
Les empereurs avaient-ils – selon leurs biographes – accomplit des miracles durant leur vie, il allait de soi que Jésus eut aussi accomplit des miracles.
Jésus – l’empereur tout-puissant ? Le Fils de Dieu rayonnant ? Le Dieu-Sauveur le plus authentique ? Le faiseur de miracles à succès ?
Il ne peut en être ainsi ! Le pouvoir et le succès ne sont pas des  critères propres au royaume de Dieu annoncé et vécu par Jésus.
Celui qui se réclame d’un Dieu tout-puissant et invincible est aussi prêt à faire la guerre en son nom.
Non ! Les caractéristiques du Dieu de Jésus ne sont ni la puissance, ni la force, ni la domination, ni les miracles, tout au contraire, selon le témoignage et la vie de Jésus – le Dieu de Jésus est : être avec les pauvres et les affligés.

Hermann-Josef Venetz
Traduction : Claire-Marie
Avec l’aimable permission de l’auteur

13:33 Publié dans théologie | Tags : miracles | Lien permanent | Commentaires (0)

24/03/2012

Ephaphata

Ephphata
(Marc 7,31-37)

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Alors il leva les yeux au ciel, poussa un soupir et dit: Ephphata (ce qui signifie: ouvre-toi).  Aussitôt les oreilles de cet homme s'ouvrirent, sa langue se délia et il se mit à parler correctement.


Encore un miracle ? On ne les compte pas! Chaque miracle nous fait voir un monde en soi.
Le mutisme n’était pas, et n'est pas seulement une infirmité physique. Le mutisme a différentes causes. La souffrance peut rendre muet. Des mesquineries infligées à quelqu’un peuvent lui clouer la langue au palet. 

A l'époque de Jésus, la Palestine étant occupée par les Romains, il y régnait le mutisme des opprimés. 

Il y a des gens qui sont plus fortunées que d’autres et il y a des gens qui ont une plus grande influence que d’autres.   

Il y a aussi des gens qui ont la parole plus facile et qui, par conséquent, parlent davantage que les autres. Celui qui a la parole a aussi le pouvoir. Parallèlement il y a des personnes qui, non seulement sont pauvres, sans influence et sans renom, ils n’ont aussi rien à dire ! Ils sont sans parole ! Les richesses et les langues sont injustement distribuées !  Si Jésus s’oppose au mutisme, il s’oppose aussi à la souffrance et à l’iniquité.

Pourtant Jésus ne prescrit pas aux gens ce qu’ils ont à dire. Mais, comme il est écrit : il les libère des chaînes de leur mutisme. Il leur rend le Droit à la parole, à la vraie parole. Il permet à chacun et à chacune de parler sa propre langue.

Hermann-Joseph Venetz
Traduction : Claire-Marie
Avec l’aimable permission de l’auteur 


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09/03/2012

Faire confiance à la graine

 

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Faire confiance aux graines (Marc 4: 26-29)

Il disait : « Il en est du règne de Dieu comme d'un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu'il dorme ou qu'il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi. Et dès que le grain le permet, on y met la faucille, car c'est le temps de la moisson. »

Il en est ainsi du royaume de Dieu. Mais il y a des agriculteurs qui agissent bien autrement: à peine ont-ils fini de semer, qu'impatients, ils s'asseyent au bord du champ, et tirent chaque brin d'herbe sortant timidement du sol. Comme s'ils voulaient forcer leur croissance!

J'aimerais interpeller ces Semeurs et leur dire: „Allez plutôt dormir.“ D'abord, la graine est semée, ensuite elle grandira mille fois mieux sans vous et sachez enfin que la récolte ne vous appartient pas.

Quiconque pense qu'il doit faire advenir le règne de Dieu de par lui-même, et quiconque pense qu'il peut gérer cette croissance au moyen de commandements, d'interdictions et de décrets définitifs, ne récoltera que de la mauvaise herbe. Et on en trouve en suffisance!

Laissez tomber les chicanes, les disputes, les réprimandes et les injonctions moralisantes. Laissez tomber les attitudes hypocrites qui veulent faire croire que toute la responsabilité repose uniquement sur vos épaules.

Faisons confiance au Semeur. Il a semé la bonne graine. Ayons confiance!

C'est Dieu, et personne d'autre, qui promet la récolte. Dieu merci!

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie

Avec l’aimable permission de l’auteur

Image des graines: http://www.i-services.com/membres/newsbox/151229-97380-39...

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25/02/2012

Nouveau calcul du temps

 

merci à http://montreurdimages.blogspot.com/2011_09_01_archive.html

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Un nouveau calcul du temps

Saint Luc  2 : 1-20

 

En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre.

Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.

Nous lisons ce texte chez saint Luc au chapitre 2. Au début du chapitre 3 nous lisons :

La quinzième année du règne de Tibère César, - lorsque Ponce Pilate était gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, son frère Philippe tétrarque de l'Iturée et du territoire de la Trachonite, Lysanias tétrarque de l'Abilène, et du temps des souverains sacrificateurs Anne et Caïphe.

 

C'est le style historiographique de l’époque. Le temps est déterminé par des hommes, des empereurs romains, des gouverneurs, des princes, des grand-prêtres etc. C’est aussi le temps de l'oppression, de l’insupportable imposition d'impôts, des intrigues de la cour et des luttes des pouvoirs religieux.

 

A l’intérieur de ce temps des règnes et des pouvoir, l’évangéliste Luc perçoit un autre temps greffé à partir d'autres événements et de personnes. C’est par exemple le temps de la grossesse d’Elizabeth, et six mois plus tard, l’ange Gabriel vient annoncer à Marie de Nazareth sa grossesse à elle. Neuf mois plus tard, c’est le temps de la naissance de son fils. Et de nouveau, les anges jubilent et les pâtres rugueux et poilus se mettent en route.

Le temps des "souverains", c’est fini !  C’est l’annonce définitive d’un nouveau temps et d’une chronologie temporelle. C’est caractérisé  par des anges et des femmes enceintes, c’est annoncé par des hommes convertis et des pâtres, c’est chanté par le vieillard Siméon à la recherche de Dieu et c’est chanté par la prophétesse Hanna...

 

Hermann-Josef Venez

Traduction : Claire-Marie

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

 

 

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18/02/2012

Pas la moindre chance!

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Pas la moindre chance (Mark 6:1-6)


Jésus n'avait pas la moindre chance lorsqu’il entra dans la synagogue de sa ville natale de Nazareth.

« On le connaît bien ! »

« Il était une fois un ouvrier auxiliaire chez … »

« Sa mère, ses frères et sœurs - rien de spécial… »

« Qu’est-ce qu’il recherche ? On ne peut rien en attendre de bon… »

Et les gens restaient de marbre. Marc, l’évangéliste l’affirme Et il ne pouvait faire aucune action bienfaisante!

Chez nous aussi, beaucoup de gens  « n’ont pas la moindre chance… » parce qu’on pense les connaître, parce qu'ils n’ont rien de spécial pour nous. Cela peut être la réalité dans un couple, même entre amis/amies.

Ils n’ont plus rien à nous dire. Ainsi ils ne peuvent plus rien nous dire, simplement parce que nous n’écoutons pas et que nous sommes insensibles et indifférents !

Chez nous également, Dieu ou ce que nous nommons Dieu n’a pas « la moindre chance.»

Après les sermons du dimanche qui répètent exactement qui Dieu est, comment Il est et ce que nous avons à faire… on ne peut rien attendre de surprenant de Sa part !

« Que veut-il? » »

« Nous le connaissons bien ! »

« Rien que des paroles pieuses! »

« Rien de nouveau à espérer ! »

Nous l'avons sculpté dans la pierre et nous l’avons vidé de toute vie sur du papier.

Il ne peut pas faire de grandes choses chez nous ! Il ne peut pas nous faire avancer dans la Vie !

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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21/01/2012

Dieu est plus grand

 

 

Dieu est plus grand

fleur mauve.jpgIl n'existe aucun doute : la valeur des dogmes est inappréciable.  Particulièrement à certains moments de son Histoire, la survie de l'Église est simplement due aux dogmes.

Aujourd'hui même, les dogmes nous donnent une idée de la lutte qu’ont mené nos Pères et Mères (nos ancêtres ) dans la Foi pour sauvegarder la manière de « dire » notre Foi et de l’exprimer par des symboles.

Il faut cependant se méfier des malentendus.

1.     Même si la formulation des dogmes  est parfaitement soignée et correcte, elle ne peut jamais révéler toute la profondeur de Dieu et de ce qu'il veut nous dire! Le langage et les symboles humains ne peuvent jamais révéler la Vie de Dieu et sa Parole !

2.     Les dogmes, c’est-à-dire la présentation linguistique de notre foi, ne devraient pas être confondus avec la foi. La foi signifie la relation personnelle avec Dieu,  la confiance aimante et l’abandon en Ses mains. Des dogmes veulent nous aider à mieux comprendre cette relation, à affermir et à vivre intensément notre confiance en Dieu. Le fait « d’avoir des dogmes »  ne remplace pas la foi, ni la confiance, ni l’Amour.

3.     Les dogmes ne remplacent pas Dieu. Les chrétiens et les chrétiennes ne croient en des dogmes; ils croient en Dieu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob…, ils croient en Jésus le Messie et en l’ Esprit Saint. Dieu est, et reste, nous l’espérons, infiniment plus grand que nos dogmes, que notre compréhension, que notre cœur.    Ceux et celles qui veulent cloisonner Dieu mettent les choses à l’envers. Au lieu de se confier totalement à Son Amour, ils veulent plutôt le contrôler et s’en servir.

4.     Encore une chose :  que celui qui est conscient du don précieux de la foi, se gardera de juger de la foi des autres. La preuve de notre foi ne consiste pas à croire en des dogmes, même les « plus importants ». La preuve de  notre foi sera toujours l'amour, la fidélité, l'indulgence, la responsabilité.

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie

Avec l'aimable permission de l'auteur


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