02/02/2013

Antioche en Syrie

 

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Actes : chap. 13, 1-3

 

Il y avait à Antioche, dans l’Église du lieu, des prophètes et des hommes chargés de l'enseignement : Barnabé, Siméon appelé Niger et Lucius de Cyrène, Manaen compagnon d'enfance d'Hérode le tétrarque, et Saul. 2Un jour qu'ils célébraient le culte du Seigneur et jeûnaient, l'Esprit Saint dit : « Réservez-moi donc Barnabé et Saul pour l'œuvre à laquelle je les destine. »Alors, après avoir jeûné et prié, et leur avoir imposé les mains, ils leur donnèrent congé.

 

 La ville d’Antioche, en Syrie était la plus grande ville de l’Empire Romain après Rome et Alexandrie.

 

  La population d’Antioche était variée, en provenance de tous les pays et de toutes les cultures, elle était financièrement florissante, bien qu’il ne faille pas oublier les pauvres.

 

La communauté chrétienne qui vit le jour et se rassembla dans les environs de la synagogue était tout aussi variée comme nous pouvons le lire plus haut : Barnabé était un Lévite de Chypre, le juif  Siméon était vraisemblable d’origine africaine d’Afrique du nord et Lucius était originaire de Cyrène, Manaen avait été compagnon d’enfance du tétrarque Hérode et Saul venait de Tarse et avait rejoint le mouvement des Pharisiens à Jérusalem. Donc, nous nous trouvons en face d’une communauté pétrie d’une multitude de cultures.

 

Et c’est marquée de cette diversité qu’elle apparaît dans le Actes des Apôtres.

Paul-et-Barnab-.jpgL’Évangile du Messie, Jésus, n’était pas annoncé exclusivement aux Juifs, au contraire, la Bonne Nouvelle s’adressait à tous les hommes, à toutes les femmes qui formaient la communauté, sans distinction aucune ! Et la communauté confia à Barnabé et à Saul le mandat d’accomplir cette mission. Selon la conviction profonde de l’Église, celle-ci ne saurait être une niche douillette où l’on est gentil les uns envers les autres. La raison d’être de l’Église est avant tout et partout, de rendre visible l’amour de Dieu. Elle existe pour tous, pour les proches aussi bien que pour les lointains. Elle est sans frontières, sans barrières et embrasse chaque être humain.

 

Il doit en être ainsi de l’Église aujourd’hui. Aussi de l’Église qui est en Suisse.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

 

 

 

 

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26/01/2013

Ici, Confession de foi - là, Amour

 

Il y a déjà ce conflit dans le Nouveau Testament. Au nom de la

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profession de foi, des gens qui n’y adhèrent pas sont exclus des communautés. Seuls en font partie celles et ceux qui sont d’accord avec le contenu de la profession de foi. Quiconque ne peut ou ne veut pas accepter cette profession de foi doit en tirer les conséquences et quitter la communauté. C’est logique et nul ne peut s’y opposer. Celle ou celui qui ne confesse pas le Messie Jésus ne doit pas se dire chrétienne ou chrétien. C’est ainsi que la profession de foi a toujours un caractère d’exclusion.

 Aussi « logique » que cette chose paraisse être, elle cache néanmoins un douloureux paradoxe dès qu’il s’agit d’une communauté chrétienne. La profession de foi du Messie Jésus confesse expressément que nul ne peut être exclu de son amour ;  le comportement  de Jésus, ses miracles et ses innombrables paraboles en témoignent. D’autre part, celles et ceux qui ne se réfèrent qu’à l’amour seul courent le risque d’oublier l’homme,  Jésus de Nazareth qui rassemble et unit la communauté.

 Il semble que ce paradoxe ou cette tension ne disparaîtra pas – même avec un amour plus grand, même avec une Confession de foi plus exigeante. Ce qui paraît indiquer que ce n’est pas à nous de bâtir une communauté ecclésiale. Dieu est plus grand qu’une  Confession de foi et il est plus grand que l’amour humain et aussi plus grand que n’importe quelle communauté chrétienne.

 Confronté à l’alternative (laquelle peut-être n’existe pas) entre Confession de foi ou amour prioritaire, qu’on me pardonne si je préfère l’amour. Selon ce que je ressens, c’est au nom de la Confession de foi que tant de sang a coulé durant des décennies (les guerres de religions, les croisades, l’inquisition, les sorcières brûlées au bûcher), autant d’êtres humains maltraités (interdiction de parole, interdiction de publications, excommunications, violences spirituelles, conversions forcées).

 Il arrive que je me pose la question : Jésus ne renoncerait-il pas à la Confession de foi afin que davantage de gens aient  la vie…

 

 Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

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21/01/2013

La guerre et les hommes de bonne volonté

 

La Syrie, le Mali, la France et les hommes de bonne volonté

 Jésus fut aussi donc recensé à Bethléem où ses parents avaient dû se rendre sur ordre des autorités impériales romaines – dans le royaume vassal d’Hérode – en Judée.  Il n'y avait pas de Paix. C’est ainsi qu' à la naissance d’un enfant, les gens simples et pauvres se disaient : La paix reviendra quand il y aura des hommes de bonne volonté au pays.

 Où sont passés les hommes de bonne volonté ? Y en a-t-il jamais eu ? Y en a-t-il aujourd’hui ? Dans toute la région ?

 La corruption fondamentale en Suisse y compris :

 la fabrication et le commerce des armes


 

Ce réfugié angolais me disait en 1986, à SOS Asile Jura où je travaillais : « Tant qu’il y a des armes dans un pays, il faut bien s’en servir !» Était-il naïf ou plutôt froidement logique ?

 Le printemps arabe a débuté pacifiquement, en Egypte par exemple, en Tunisie, en Libye. Mais le pouvoir a peur de mouvements pacifiques. Le pouvoir a son armée et ses armes « il faut bien qu'il s'en serve ! » Y a-t-il des hommes de bonne volonté qui détiennent le pouvoir ?

 En Syrie, les premiers rassemblements sont restés longtemps pacifiques. Où sont les femmes et les hommes de bonne volonté chez celles et ceux qui détiennent le pouvoir.

 Et puis, le petit peuple de Syrie agonisant est « dépassé » dans les média par l’étrange histoire qui se déroule actuellement au Mali. En plein cœur du Sahara, 12 millions de Maliens environ dont presque la moitié ont moins de 15 ans . 85% des maliens sont musulmans et environ 5% chrétiens.

 Mais pourquoi apparemment abandonner la Syrie à son sort pour s’occuper du Mali ? Où est l'urgence ? Où est la priorité ? Qu’est-ce qui est fondamentalement en jeu dans cette étrange manière de faire des Occidentaux et des Français en particulier ?

 Colonisé par la France, le pays est indépendant et membre de l’Organisation des Nations Unies dès septembres 1960 avec une apparence de démocratie. Que signifie « démocratie » dans le contexte d’intérêts particuliers à l’intérieur et encore plus à l’extérieur d’un pays ? Quels sont les intérêts du petit peuple souffrant de sécheresses et les intérêts des repus ?

 D’où vient la hâte de François Hollande de « faire la guerre » a une ancienne colonie. Il l’a dit : C’est à la demande de autorités maliennes paraît-il. A-t-il discuté, raisonné ? Quels efforts diplomatiques, quelles rencontres à l’intérieur comme à l’extérieur des pays respectifs ? François Hollande  a-t-il consulté la France avant d’envoyer là-bas des militaires ?

 Le Maliens eux-mêmes paraissent moins fébriles de partir en guerre contre leurs frères Touaregs et autres. Les Africains sont conscients du fait « terroriste. »  Comme Bush en Afghanistan et en Irak, Hollande s’implique pour ainsi dire à la légère, dans des conflits régionaux, c'est alors «qu' une guérilla régionale entre des factions divisées » est mutée en guerre entrela France… et le Mali !  

 Est-ce si simple que ça ? N’est-ce pas plutôt la peur de l’Islam ? La grande peur de la France et de l’Occident : l’avancée de l’Islam motiverait cette guerre ? Mais   est-ce avec la voix des armes que les Hommes de bonne volonté, mentionnés sous l’Empire romain à la naissance de Jésus feront la Paix entre  l’Orient et l’Occident ?

 À lire et à écouter :

  H.J.Venetz, théologien, 17/11/2012, La Guerre est un péché

 Michel Cornu, philosophe Rts 20/01/2013,

 « La guerre traverse toute l'histoire de l'humanité. Mais "aucune guerre n'est juste" affirme Michel Cornu, peut-être y-a-t-il des guerres "nécessaires" »

 

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19/01/2013

Le grand souhait de Jésus

images (14).jpg Que les gens soient entièrement guéris

 Jésus n’a jamais désiré être vu comme « faiseur de miracles » : sa préoccupation était la venue du royaume de Dieu. Et c’est pour cela qu’il a sans cesse œuvré à la guérison et l’intégrité des gens – ou comme le dit la Bible – que les gens soient « debout ». Et ceci concerne aussi la communauté.

  Jésus n'était pas fixé sur la maladie qu'il s'agit de guérir à tout prix ; il n’était pas fixé sur l'individu qui mendie la guérison.  La première guérison – selon le premier Évangile - fut celle d’un possédé - par les pouvoirs, les contraintes, les règlements, les étroitesses entre autres choses.  L'homme ne pouvait  être simplement lui-même; il devait danser selon la musique des autres. Ainsi l’homme n’est pas entier, ni lui-même.

 Jésus veut libérer les hommes, pour les responsabiliser, car c’est ainsi seulement qu’ils construiront une communauté parce qu’ils seront aptes à aimer. La venue de Dieu dans la société, c’est cela.

 L’apôtre Marc raconte l’histoire d’une femme courbée qui, depuis douze ans, souffrait d’une perte de sang. Ce n’était pas d’abord cette hémorragie qui la blessait profondément, ce n’était pas sa maladie physique, mais c’était le fait d’être mise à part et exclue de la société, précisément à cause de son infirmité. Elle n’avait pas le droit d’être une personne à part entière ! Et Marc continue son récit en précisant que la guérison était due au fait que la femme avait touché le vêtement de Jésus. Mais Jésus voulait plutôt ignorer ce geste : il ne voulait pas être une « machine à guérison » et il ne voulait pas que la femme fut réduite à un « objet de guérison ». Il voulait voir cette femme et lui faire face, il voulait lui adresser la parole afin qu’elle-même s’exprime librement dans sa communauté de vie ! (Mc 5 : 25-34).

 Un autre épisode nous fait voir Jésus et la fille de Jaïre. Selon Jaïre, elle est morte. Jésus n’a pas peur de se laisser toucher par les gens, comme la femme malade ni de toucher  une morte : Il la prit par la main et lui dit : Lève-toi ! Confronté à la vie ou à la mort, Jésus ne connaît pas de tabous. Seule compte la présence immédiate et  ce qui est  quasiment impensable : Il dit à ces gens ahuris de donner à manger à la jeune fille.

 On ne peut imaginer un enseignement plus authentique  qui encourage l’autonomie d’une personne et la construction d’une communauté. (Mc 5 : 35-43).

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

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24/11/2012

L’insurrection contre la déchristianisation

 

images.jpg « Déchristianisés »: tel est l’état de notre pays, de notre peuple, de notre temps. Ce refrain revient telle une lamentation :

    il n’y a plus de processions

    on ne prie plus en famille

 l  les croix disparaissent de nos champs

   et de nos écoles

 la morale sexuelle est foulée au pied

 on n’écoute plus les supérieurs ecclésiastiques

 on ne respecte plus le Pape en paroles…

« Déchristianisé »: tel est l’état de notre pays, de notre peuple, de notre temps. Cela signifie  que notre pays, notre peuple, notre temps étaient une fois chrétiens.

 Oui, le bon vieux temps. Tellement chrétien !

 Mais nos ancêtres nous le rappellent :

 

-         que les filles tombées enceintes,  étaient reniées par leur « très chrétiennes »  familles et bannies du village ;

 

-         que pendant la prédication, les paysans discutaient le prix courant  des vaches;

 

-         qu’après les vêpres les hommes se ruaient sur leurs épouses et que les viols étaient des actes de bravoure ;

 

-         que particulièrement « ces très bons chrétiens», qui exploitaient les ouvriers et les privaient de leur juste salaire – un péché immonde comme ils l’avaient appris – avaient la place d’honneur derrière le Saint Sacrement durant la procession …

 

« Déchristianisé»: tel est l’état de notre pays, de notre peuple, de notre temps. Et l’on essaie sans cesse de le rechristianiser, de l’évangéliser d’une manière nouvelle, ce qui aurait été utile non pas aujourd’hui seulement, mais bien avant, mais on préfère  retomber dans de  grandioses célébrations et événements solennels qui dissimulent les mensonges évidents.

 Je vois plutôt une nouvelle approche de christianisation lors les luttes diversifiées qui émergent ici et là :

 

-         l’insurrection contre les arnaques de toute sorte ;

 

-         l’insurrection contre le trafic meurtrier ;

 

-         l’insurrection contre les écarts de salaire ;

 

-         l’insurrection contre l’obligation de réussir dans les écoles et dans les affaires ;

 

-         l’insurrection contre le système économique qui enrichit les riches en appauvrissant les pauvres ;

 

-         l’insurrection contre l’exportation du matériel de guerre …

 

Il y aurait bien d’autres exemples. Mais qui pense réellement à ces insurrections lorsqu’il est question de nouvelle évangélisation ? De re-christianisation ?

  Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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17/11/2012

La guerre est un péché

 La guerre est un péché

Après des dizaines d’années d’attente, le monde a retrouvé une 79141739plan-marshall-gif.gifunité : c’était le 23 août 1990. Le Conseil de sécurité de l’ONU a passé à l’unanimité la Résolution permettant le blocage ainsi que l’exercice de la force armée contre l’Irak. Des semaines avant cette date, les États Unis, la Grande-Bretagne, la France et d’autres États avaient dirigé d’importants contingents militaires vers les frontières irakiennes : des navires de guerre, des  porte-avions, des missiles à tête nucléaire, des dizaines de milliers de soldats ... Le monde «libre» - y compris le monde «chrétien» - applaudissait.

 

 Nous avons pu suivre tout cela à la radio et à la télévision et nous étions satisfaits d’apprendre qu’aucun des membres de Conseil de sécurité  ne s’opposait à la proposition américaine. L’état qui se serait d’abord opposé au blocage violent, serait vu – et c’est peu dire – comme un élément « détaché »  pour ne pas dire  « fourbe ». Oui, nous avions oublié qu’en donnant notre accord au blocage violent, nous donnions notre accord à la mort de milliers de personnes, et c’est peu dire.

 

Je ne suis pas un diplomate, ni un expert en sciences militaires ni en promoteur de paix. C’est peut-être vrai que seule la force armée aurait pu venir à bout du comportement insensé du président irakien. Mais pour nous, chrétiennes et chrétiens, cela ne peut être la dernière, la seule conclusion de la Sagesse. Quelques soient les décisions des experts financiers, des politiciens et des conseillers, quelques soient leurs arguments comme « C’est inévitable », « C’est possible », « Il n’y a pas d’alternative » quelles soient les circonstances, jamais les chrétiennes et les chrétiens ne pourront nier leur Vision de Non-violence et de Paix universelle. L’objet irremplaçable de notre espérance et de notre foi : c’est le  Royaume de Dieu. Ce Royaume a commencé ici-bas par la Mission de Jésus le Messie, ce Royaume prend racine  en nos vies quotidiennes,  ce Royaume nous l’implorons chaque jour dans la prière du « Notre Père », et nous savons que jamais il ne sera imposé par la violence comme solutions des conflits ! Chaque acte de violence trahit notre espérance.

 La tradition chrétienne appelle cela le péché.

 Hermann-Josef Venetz Traduction :

 Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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10/11/2012

Les bergers et les prophètes

 

Les Bergers contestés

 Rares sont les groupes de femmes et d’hommes à être davantage  scrutés, dans l’Ancien et dans le Nouveau Testament, que les Bergers. Ne l’oublions pas : en ancien Orient, Berger  était l’appellation honorifique  des Rois, des Notables, des Grand-prêtres, bref, des gens qui avaient la parole.

 C’était avantageux d’être en bonne entente avec les Bergers car ils avaient beaucoup d’influence.  Il leur revenait de nourrir les gens, de leur procurer du travail, un habitat et la possibilité de se développer. Il était donc prudent de ne pas trop les critiquer.

 Cependant, eux, les Prophètes avaient une attitude très critique envers  les Bergers. Déjà le seul fait que des Bergers existent était intolérable. Selon la foi héritée, personne ne peut s’arroger le droit d’assumer le rôle de Chef. Seuls les Prophètes dévoilaient et dénonçaient la praxis des Bergers – c’est pour cela qu’ils étaient Prophètes.

 Ézéchiel, un prophète du 6ème siècle av. J.-C. proclamait au nom de l’Éternel :

 Malheurs aux Pasteurs d’Israël

 qui se paissent eux-mêmes!

 Les pasteurs ne doivent-ils pas paître le troupeau?

 

 Vous buvez le lait et vous vous habillez de laine;

 vous égorgez ce qui est engraissé;

 vous ne paissez pas le troupeau.

 Vous ne fortifiez pas les brebis faibles,

 vous ne guérissez pas les malades,

 vous ne bandez pas celle qui est  blessée.

 Et vous ne ramenez pas celle qui est égarée

 

 L'accusation continue - jusqu’à enflammer la colère de Dieu et qui par la voix du Prophète, clame :

 Je viens chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin

 et je prendrai soin de mon troupeau.

 

Je l’arracherai de tous les endroits où il a été dispersé

 et l’amènerai sur sa terre ;

 je le ferai paître.

 La bête perdue je la chercherai ;

 celle qui fut chassée je la ramènerai ;

 celle qui aura une patte cassée, je lui ferai un bandage.

 Je serai son Berger et je ferai paître mon troupeau selon le droit. (Ez 34)

 Je souhaiterais que les Bergers – et je ne pense pas seulement aux Bergers de nos Églises, mais je pense aussi aux maires des communes, aux conseillers d’État, aux enseignants et aux enseignantes, bref : à toutes celles et à tous eux qui croient avoir quelque chose à dire  - relativisent  un peu leur fonction qui est de toute manière passagère. Et que chacun prenne conscience du sens authentique de Berger afin que les gens, femmes et hommes, vivent pleinement leur vie et cessent d’être des moutons.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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27/10/2012

Le christianisme est-il une chose passée?

 

27.10.2012

Le christianisme est-il une chose passée?

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Depuis des siècles déjà on parle, sous nos latitudes, de l’ère post-chrétienne : on en parle comme d’un phénomène religieux qui appartient au passé. Considéré dans la trajectoire temporelle, le christianisme est apparu au début du 1er millénaire pour disparaître peu à peu vers le 3ème millénaire.

 Quel impact a-t-il eu sur notre monde durant ce laps de temps? Il faut certainement souligner beaucoup de choses positives en même temps qu’il faut reconnaître de nombreux aspects négatifs. C’est ainsi qu’à l’approche de la fin du 2ème millénaire déjà, l’évêque de Rome et chef de l’Église catholique romaine, réfléchissait sur la meilleure manière, dont lui-même et donc l’Église, pourrait demander pardon pour tout le mal infligé au monde et à l’humanité durant les deux millénaires écoulés.

 Je ne veux pas dire que le christianisme, le mouvement tout entier, appartient au passé. Non: gerbe-musicale-vue-sur-miettesdetheo.jpgaussi longtemps que des gens raconteront l’histoire du Nazaréen ; non : aussi longtemps que des gens se rassembleront en mémoire de lui pour partager leur pain sec; non : aussi longtemps que des gens, par leur engagement solidaire, témoigneront de sa résurrection.

 

Il est possible que nous ne retrouverons plus le christianisme là où il s’expose avec une solennelle et pompeuse arrogance, mais là où les exploités et les marginalisés font l’expérience d’une justice communautaire.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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21/10/2012

Dieu n'est pas solitaire


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Fresque d'un banquet dans une tombe des catacombes des saints Marcellin et Pierre, Via Labicana, à Rome

  Dans la Bible hébraïque de notre tradition judéo-chrétienne, le mot « Dieu » est souvent un nom pluriel.

 Par exemple dans l’histoire de la  création Dieu dit  : « Créons l'homme à notreimage et à notreressemblance. » On croit entendre la voix d’une communauté qui invite les créatures à la rejoindre.

  Ce sont donc les hommes à l’image et à la ressemblance de Dieu qui doivent remplir leur Mission : Qu’ils règnent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux C’est-à-dire  régner avec et comme Dieu : donner la Vie et créer l’espace pour tout ce qui vit, il se soucie de tous. Un théologien le disait ainsi : Dieu souhaite que le monde et nous soyons des compagnons de son Amour

  Poursuivons la lecture de la Bible et notons : Dieu est toujours à la recherche de femmes et d’hommes  pour l’aider, pour lui donner la main en chemin. Il trouve Abraham ;  qui doit être une bénédiction pour le monde entier (Gn 12). Il trouve Moïse ; qui doit libérer son peuple. Dieu se présente lui-même : Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Et nous pourrions  poursuivre : Le Dieu de Sara et de Rebecca et d’Agar. Dieu prend le nom de personnes concrètes (Ex3). Car le Dieu de la Bible est un Dieu amicale, oui, un Dieu passionné et de tendresse.

 Au baptême de Jésus sur les rives du Jourdain, une voix venant du ciel dit : Tu es mon fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances.

 On pourrait traduire ainsi : En toi, je vois mon compagnon d’Amour. C’est une voix de Joie et d’affection. Et Jésus n’est pas seul sur la rive ; il représente le peuple tout entier et l’entière humanité.

 La colombe joue un rôle important dans la scène du baptême. A l’époque elle était une messagère de Paix. Lorsque des gens s’aimaient, on voyait voltiger entre elles une colombe, elle roucoulait de joie et  d’amitié.

  Voilà ce que pourrait être le sens de la Trinité : Dieu veut être un Dieu des hommes et de toutes les créatures, un Dieu de relations. C’est la raison de la venue de Jésus, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous.

 Le Dieu des relations amoureuses, c’est pourquoi l’Esprit est le Messager de l’Amour. Il désire être notre Dieu, ton Dieu et mon Dieu. Notre vis-à-vis. Un Dieu en recherche de gens aimants.

  Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l‘auteur

06/10/2012

Œcuménisme équitable

 Les candidats se présentant pour occuper un poste images.jpgpolitique  vacant étaient d’accord entre eux de mener une campagne équitable impliquant des débats publics.

 Leurs discours devaient porter uniquement sur des problèmes politiques, en présenter les avantages et, en aucun cas dénigrer l’adversaire. Les personnes concernées acceptaient cette manière de faire. Chacun et chacune a maîtrisé son dossier à fond et nul n’avait besoin de fouiller dans les antécédents des contreparties. Tous pouvaient se concentrer sur leurs propres priorités et qualités et s’en réjouir.

 La campagne électorale n’en était de toute façon pas plus léthargique ; au contraire.  Après le verdict des urnes, il y avait des perdants – c’était à prévoir – mais ils n’avaient pas été blessés. Les uns et les autres pouvaient se regarder dans les yeux et se donner la main.

 Je souhaite qu’il en soit ainsi pour ce qui concerne les organes directeurs de l’Église catholique romaine. Bien sûr que l’Église doit présenter son profil – mais sans pour cela ignorer les autres. Bien sûr que l’Église doit démontrer ses bons côtés – mais sans pour cela mettre les autres à l’ombre ou même dans l’obscurité. Bien sûr que l’Église doit attirer l’attention sur les nombreuses valeurs qu’elle possède – mais sans pour cela montrer qu’elle compense les manques des autres. Aucune Église n’a besoin de se profiler au détriment des autres.

 L’Histoire nous l’apprend : Dès les débuts de la proclamation du christianisme, combien de fois « les Juifs » et les « Païens », n’ont-ils pas dû subir leur rôle de vilains, afin que Jésus en sorte plus glorieux. Cette pratique négative porte en soi le germe de l’antisémitisme. Jésus n’a nul besoin d’une telle manière de faire pour se révéler !

 Les Évangiles nous disent que Jésus considérait les pécheurs, les pécheresses, les collecteurs d’impôts, les soit disant païens comme ses frères et ses sœurs sans leur reprocher leurs déficiences. Est-il trop demander à son Église qu’Elle soit Sœur des autres communautés chrétiennes et religieuses, sans leur rappeler « qu’objectivement elles se trouvent dans une situation de grave indigence » ? 

 Plus nous découvrirons, reconnaîtrons et ferons connaître les valeurs et les richesses des autres, plus nous pourrons nous réjouir des nôtres – et vice-versa.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction: Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l‘auteur

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29/09/2012

« La cruche d’huile ne se videra pas » (1 Rois 17 : 14 –16)

 

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 Alberto Strozzi

La sécheresse était interminable et la veuve et son fils souffraient de la faim ; ils étaient en train de ramasser du bois lors qu’arriva le prophète Élie, envoyé par Dieu, et pria la veuve d’aller lui chercher un peu d’eau dans un vase. Comme elle s’en allait chercher l’eau, Élie l’appela de nouveau et lui dit :

 « Apporte-moi, je te prie, un morceau de pain. »  « Cela n’est pas possible », répondit la femme. « Le peu d’huile dans la cruche et la poignée de farine dans le pot ne suffira même pas pour mon fils et moi. Nous irons à la maison avec le bois que nous ramasserons, je préparerai une bouchée pour nous deux, nous mangerons, après quoi, nous mourrons. »

« Fais comme tu as dit. Seulement, prépare-moi d'abord avec cela un petit gâteau, et tu me l'apporteras; tu en feras ensuite pour toi et pour ton fils. L’Éternel dit : 

 La farine qui est dans le pot ne manquera point et l'huile qui est dans la cruche ne diminuera point… »

 La femme fit ce qu’Élie lui avait demandé. Ainsi, elle et son fils eurent de quoi se nourrir pour longtemps.

 Et la leçon de cette histoire ?

 Si tu désires non seulement survivre, mais vraiment faire quelque chose de ta vie et jouir de ce qu’elle t’apporte, alors ne t’y prends pas en versant de temps en temps dans le panier à quêtes quelques sous superflus. Jette un regard sur ce que tu possèdes et engage-toi. Tu vaux mieux que tes ressources et tu vaux bien plus que tu ne crois ! Tu peux, toi-même, être Pain de Vie pour le monde. Pour longtemps. Parole de l’Éternel.

 Hermann-Josef  Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

 

 

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18/09/2012

Tabou: l’argent ?

 Dans ce pays, un pasteur peut prêcher sur pratiquement tout, mais il doit s’abstenir de prêcher sur l’argent francais-et-argent.jpget la richesse car ce sujet pourrait déstabiliser les fidèles.

 Certes je peux dire, d’une manière générale : »L’argent ne fait pas le bonheur » et je peux aussi ajouter : « La Suisse est un pays les plus riches.»  

 Mais si l’on demande à quelqu’un s’il est riche, il considère cette question comme scandaleuse, justement parce que cela ne regarde personne. Et cherchant à déjouer la question, il dit : « Moi, riche ? Simplement parce j’ai un bon salaire, une pension décente et que je peux me payer quelques extra ? Je connais des gens qui gagnent le double de ce que je gagne et qui conduisent une voiture beaucoup plus chère que la mienne et qui, en outre, possèdent une villa sur la Côte d’Azur. »

 Et je me dis que s’il y a des riches dans notre soit disant riche Suisse, on peut les compter sur les doigts d’une main et ceux-ci, sans exception, portent - comme ils disent  - une énorme responsabilité…

 Personne ne veut être riche et personne ne veut parler d’argent. C’est vrai qu’on n’est pas obligé de le faire. Il suffit que nous partagions le peu que nous possédons, avec celles et ceux qui, chez nous, n’arrivent jamais à joindre les deux bouts à la fin de chaque mois,  et  au-delà de nos frontières, de partager avec celles et ceux, qui jour après jour, voient leurs enfants mourir de faim.

En plus, nous pourrions ainsi améliorer notre qualité de vie.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

  Avec l’aimable permission de l’auteur

 

16:10 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (1)

01/09/2012

Écoutez!

 

 Écoutez!

 «Ce peuple m'honore des lèvres ...

 

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Dans l’Église catholique,  trois textes bibliques sont prescrits pour la liturgie du dimanche, 2 septembre 2012. Il y aura une lecture du Deutéronome, une de l’Épître de Jacques et la troisième de l’Évangile de Marc où Jésus cite le prophète Isaïe dans son sermon. Le thème central des trois textes est : Écoutez!

 

 Dans notre zèle pour la prière, Écouter est totalement absent, ou presque.  Et  nous empilons des tas de mots dans les oreilles du Bon Dieu et pire encore, il connaît depuis longtemps la teneur de ces péroraisons :

 - Que beaucoup de gens meurent de faim,

 - Que la paix est si lente à venir,

 - Que les biens de ce monde sont mal partagés,

 - Que nous avons trop peu de prêtres.


  ... Mais leur cœur est loin de moi »

 Je suppose que l’avalanche de mots nous coûte moins que des actions et nos prières  sont tellement fortes et belles, que nous n’écoutions plus les implorations que Dieu nous adresse d’une manière douce mais claire. Il dit à peu près ceci :

 - agissez donc afin que cesse la faim dans le monde,

 - engagez- vous pour le juste partage des biens que vous avez en  abondance,

 - cessez d’exporter des armes,

 - engagez-vous pour le respect des Droits humains  – aussi dans l’Église.

 

 Jacques précise dans sa Lettre :

 

Écoutez la Parole, mais ne vous contentez pas de l'écouter : ce serait vous faire illusion.

 La religion parfaite et authentique consiste en ce que :

 Nous nous soucions de la veuve et de l’orphelin dans le besoin

 Nous rejetons toute méchanceté et corruption. 

 Nous ne pouvons pas ré-déléguer ces demandes à Dieu ; c’est à nous de nous engager.

 Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

Les commentaires sont toujours appréciés lorsqu'ils sont en relation avec le sujet du billet publié. Un commentaire (dont l'auteur n'est pas identifié) suggère que "je copie des textes coups sur coups", vraisemblablement en ce qui concerne la réflexion dominicale du dimanche dont l'auteur est, à ma demande, le thélogien Hermann Josef Venetz, je traduis en français le texte original et le publie, avec permission de l'auteur. Le texte original se trouve dans Katutura Deutsch qui se trouve à droite sur la page d'accueil de mon blog.

http://clairemarie.blog.24heures.ch/archive/2011/09/17/en-lutte-avec-dieu.html

En ouvrant ce lien du 17.09.11 vous trouvez le premier billet de Hermann Venetz. C'est une collaboration précieuse et j'en suis infiniment reconnaissante, ainsi que de nombreux lecteurs.

Pour cette mise au point:

Claire-Marie Jeannotat

16:05 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (5)

25/08/2012

Prier: le remède miracle?

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Prier : le remède miracle ?

 

 Quand nous étions jeunes, nos maîtres respectés,  nous ont appris à prier,  à l’école primaire et jusqu’au lycée catholique. « Il est judicieux de prier pour la bonne réussite d'un examen, disaient-ils; mais la prière  ne peut  remplacer l’étude. » Et cette vérité est constamment refoulée. 

 Nous en avons de nombreux exemples :

 - Nous prions pour la paix dans le monde; mais il est indécent de critiquer notre armée et nos exportations d'armes.

 - Nous prions pour les affamés du monde; mais cela ne nous empêche pas de faire le plein d’essence extraite de céréales qui manquent à des foules d’affamés.

 - Nous prions pour le rapprochement des peuples et des nations; mais nous poussons des cris dès que notre argent et notre développement économique sont menacés.

 - A l’eucharistie le prêtre prie : « Fais de l’Eglise un endroit de vérité et de liberté, de justice et de paix » ; alors que le Vatican refuse jusqu'à aujourd'hui de signer la Convention de droits de l'homme.

  Ici une version de la parabole du Bon samaritain:

 Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba entre les mains des brigands qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s'en allèrent en le laissant à moitié mort.
Par hasard, un homme descendait par le même chemin, vit cet homme et continua sa route.
Un deuxième arriva à cet endroit et fit de même. Puis vint troisième, il descendit de son cheval, se tint debout  et, d’une voix claire dit à l’homme à moitié mort : Je vais prier pour toi…  

 La prière ne peut pas remplacer l’étude, ni l’écoute, ni le dialogue, ni le secours, ni la protestation.

 Les personnes qui ont spontanément recours  au « remède miracle » méritent ma considération bien que leur mépris des gens me fasse parfois peur.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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17/08/2012

cherchez d'abord le royaume de Dieu

 

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(Mathieu 6 :33)

 

Lengagement de Jésus était entièrement motivé par sa foi et sa conviction : il va vers les plus nécessiteux, vers la femme courbée, vers les lépreux, vers l’aveugle  Bartimée, vers la femme malade d’une perte de sang depuis plus de 12  ans ; il va vers Levi, le collecteur d’impôts, lequel n’avait pas trouvé d’autre emploi, il va vers la Cananéenne, et vers l’homme gisant à moitié mort et abandonné par les brigands …

 

Cet engagement ouvert vis-à-vis de tout le monde était et est encore la caractéristique de tous ceux et toutes celles qui sont sur le chemin avec Jésus, Simon, André, Marie Madeleine, Jacques, Suzanne et tout autres personnes qui désiraient et désirent le suivre. C’est dans la rencontre avec les plus marginalisés et les méprisés par des gens pieux, que la rencontre décisive s’accomplit, la rencontre avec Dieu, avec la vie qui, seule, mérite le nom de Vie.

 

Ce vaste espace relègue au second plan tout le reste: la famille, la carrière, le statut social, la gouvernance, la nourriture, les vêtements, le temps… Une chose est importante : le royaume de Dieu, la Vie, l’homme à moitié mort abandonné au bord de la route, l’ancien chômeur Lévi, la femme courbée : Ceux-là et tous les autres, Jésus les cherche et les remet debout ! Cherchez d’abord le royaume de Dieu et tout le reste …

 

Jésus ne semble pas trop se soucier de tout le reste, on dirait même qu’il en sourit…

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie

Avec l’aimable permission de l’auteur

 

11:07 Publié dans théologie | Tags : chercher | Lien permanent | Commentaires (1)

15/08/2012

Assumprion et Corminboeuf

 

Il est grand temps

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Une jolie petite église à l’orée du village de Corminboeuf non loin de Fribourg. Une statue de Marie attire le regard : l’enfant Jésus se tient debout sur les genoux de sa maman ; ses mains faibles tiennent le globe terrestre : la création inachevée et déjà en grand danger…

L’enfant nous regarde et son message est clair comme le cristal : « Notre planète bien-aimée souffre parce qu’on en prend pas soin. Elle est ravagée par les guerres, elle est grevée de particules fines, elle est polluée de CO2, d’émanations radio actives. Les créatures et la nature peinent à respirer…la pollution, les famines, les tsunamis, les tremblements de terre, les menaces nucléaires… le chaos paraît se rapprocher. Et seul, je suis impuissant ! » dit l’enfant de Corminboeuf. « Comprenez-moi : sans votre coopération active, je ne peux sauver ni la planète ni ses habitants. »

Dieu crie « Au secours ! »

C’est mettre à l’envers la prière du Psaume 40 :14 : « Seigneur, viens à mon aide, Seigneur à notre secours ! » Aujourd’hui comme hier (mais on a des oreilles qui n’entendent pas très bien) Dieu mendie notre travail de co-créatrices et de co-créateurs. Il appelle à l’aide. Il est en manque d’amis, de camarades engagés sur qui il peut compter pour travailler, dans l’urgence, avec lui…

L’écrivain, Heinrich Böll, aurait dit, dans le contexte d’un certain Vendredi Saint : « Le moment est venu de consoler Dieu ! »

Il ne suffit pas de prier « pour que Dieu règne glorieusement sur toute sa création ».

L’enfant de Corminboeuf nous redit qu’il est grand temps que nous prenions la responsabilité  de la Création dans nos mains, et ceci selon la volonté du Dieu Créateur lui-même.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

 

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11/08/2012

Mammon, notre dieu!

 

Mammon, notre Dieu

Le krach obligataire apre768;s la crise financie768;re.jpgDepuis le siècle dernier, de nombreux théologiens ont essayé d’approfondir leur réflexion sur Dieu. Il en résulte une prise de conscience nouvelle de ce qui nous préoccupe absolument.

Si nous nous posons la question : quelle est aujourd’hui notre plus grand tourment ? Nous nous tournons vers les médias, la Radio, la Télévision, Internet que nous écoutons, regardons, consultons X fois par jour, nous savons alors ce qui nous concerne absolument, ce qui nous agite et nous tient hors d’haleine … c’est Dieu : c’est-à-dire les Cours de Bourse, les milliards disparus, les billions indispensables au sauvetage et au renforcement des Places financières.

Le comportement des marchés libres, la main invisible du Dieu Mammon, nous choque : car c’est un comportement imprévisible, incompréhensible, mais nous devrions cependant admettre que chaque Dieu est imprédictible, que chaque religion à ses mystères sacrés et ses victimes correspondantes !

Par conséquent, il faut être prêt à tout donner pour Dieu, y compris ce qui paraît indispensable à notre survie : les acquis sociaux, la protection du climat, l’aide mondiale aux affamés et le développement des peuples … toutes ces choses ne sont certainement pas prioritaires aux yeux du Dieu Mammon. Cherchez d’abord le bon fonctionnement de la place financière et tout le reste vous sera donné par surcroît !

Il est possible que, ces derniers temps, ce type de foi traverse une crise mais cela aussi fait partie intégrante de la foi et de chaque religion. Mais le monde a toujours découvert, à travers les crises antérieures, et il en sera de même pour celle que nous traversons, qu’il suffit de laisser la main libre à Mammon et de se laisser guider inconditionnellement par cette main.

Il est temps, peut-être, de nous mettre à réfléchir sérieusement sur DIEU.

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur


 

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04/08/2012

Un Coeur pour les Pauvres

 

 

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Jésus avait des amis riches : le collecteur d’impôts, Zachée chez qui il est allé manger, Lazare et ses sœurs qu’il chérissait, enfin il s’est laissé oindre en public avec du parfum précieux et cher. Cependant, Jésus ne restait pas indifférent face à la situation sociale du peuple et des individus. Il était là pour annoncer le royaume de Dieu, en pratique et, motivé par sa foi vivante, il invitait chacun à travailler avec lui ! Il savait qu’il était envoyé d’abord chez les plus pauvres. Sa perception aiguë de la réalité lui permettait de repérer le chômeur à la main desséchée, de voir la femme courbée par la souffrance, d’entendre les cris de l’aveugle Bartimée, de sentir le besoin de la femme qui perdait depuis douze ans, son sang, et qui tentait de toucher la lisière de son vêtement.

Afin d’accomplir sa Mission auprès des pauvres, Jésus était conscient d’être soutenu par le Dieu d’Israël qui, par la loi et les prophètes, prenait ouvertement le parti des veuves, des orphelins, des persécutés, des gens en faillite. Jésus aimait des laissés-pour compte, non pas qu’ils fussent moralement meilleurs que les autres, mais que son cœur battait pour eux.

Je ne sais pas où Luc à bien pu trouver le « malheur à vous les riches ! » Cette malédiction ne se trouve pas dans les trois autres évangiles.

Malheur à vous les riches ! – mais ceux-ci n’était moralement pas plus mauvais que les pauvres ! Le malheur menace les riches lorsque leurs possessions les empêchent de voir  la misère des affamés, ni la misère des chômeurs, ni le joug des demandeurs d’asile, ni le vide de celles et de ceux qui sont absents, ni les structures financières qui mènent à la ruine.

Prenons par exemple les moments de décisions, particulièrement et en premier lieu lorsqu’il s’agit de décisions politiques : si nous sommes conscients  de l’existence des pauvres qui nous entourent, si nous entendons leurs justes revendications, je suis convaincu que beaucoup de nos lois auraient un contenu tout autre …

et le Dieu de Jésus - et des pauvres – auraient Droit de cité ici.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l’auteur


17:31 Publié dans théologie | Tags : pauvres | Lien permanent | Commentaires (0)

28/07/2012

Le PAIN des rassasiés

 

Le pain des rassasiés

 

Les dimanches après Pâques le Jour de la Première Communion est fêté dans certaines de nos paroisses. Pour beaucoup d’enfants, c’est « le plus beau jour de leur vie. » Pour de nombreux adultes, c’est un jour de nostalgie et de mauvaise conscience. Ils se souviennent du temps de leur jeunesse et de leur Foi innocente qui semble les avoir abandonnés aujourd’hui, du moins c’est ce qu’ils pensent.

 

Ces doutes ne devraient pas les décourager.

Car la Communion évoque aussi les merveilleuses histoires que l’on raconte durant la Messe :

 

L’histoire du Peuple au désert alimenté par la manne tombée du ciel

L’histoire de la veuve de Sarepta chez qui le prophète fut envoyé afin de la protéger de la famine et de la mort

 

L’histoire qui affirme, selon les législateurs de la Loi, que les riches qui se nourrissent aux dépens des affamés commettent un grand crime

 

L’histoire de Jésus de Nazareth qui n’est pas venu pour être adoré, mais afin de partager sa Vie avec celles et ceux qui ont faim, avec les lépreux, les marginaux, les méprisés et les désespérés.

 

pain-vin.jpgAvant sa grande souffrance et sa mort, Jésus nous offre, en quelque sorte en tant que Testament, un repas. Il prit alors du pain, remercia Dieu, rompit le pain et le donna aux siens… Depuis lors: rompre le pain, le partager est devenu l’acte central des disciples du Messie Jésus… C’est aussi le signe de notre rencontre avec Dieu.

 

Le pain ne nous est pas donné pour être vénéré mais pour être partagé et mangé avec ceux qui ont faim. Ce n’est pas la transformation du pain qui est au centre, mais la transformation de nos vies et de notre société. Ce n’est pas dans l’hostie que nous trouverons Dieu mais dans la solidarité avec les plus pauvres.

 

Nous devons quotidiennement avancer sur le chemin du partage. C’est le chemin vers la Liberté – en même temps pour les affamés et pour nous, les rassasiés.

 

Hermann Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

Ce que claire-marie ajoute :

 

Image6.jpg« Même dans les Pays riches, il y a 2 personnes sur 3 qui subissent une vie sous le seuil de pauvreté. Au COEUR DE L'ABONDANCE, en pleine croissance économique via les hiérarchies de revenus créées par l'équité...parce qu'on ne veut pas partager

L'équité est le contraire de l'égalité. L'équité crée les pauvres et L'ÉGALITÉ PERMET À TOUT LE MONDE DE PROFITER DE TOUT. »

 

22:44 Publié dans théologie | Tags : pain | Lien permanent | Commentaires (0)

21/07/2012

en dernier instance

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En dernière instance

 

La parabole du « jugement dernier » (Matthieu 25 : 31-46) nous rappelle que nous tous, devrons apparaître une fois en dernière instance. Dès le début, le juge de cette ultime session est appelé : Fils de l’Homme et Roi. D’emblée, un Roi suscite en nous l’image de majesté, trône, splendeur.

Qu’on se détrompe ! Le discours royal nous révèle bientôt qu’il s’agit d’une majesté tout autre, qui comprend la foule des affamés, des étrangers, des prisonniers, des réfugiés, des misérables.

 

Déjà nous sommes sur la défensive et nous protestons : « Ce n’est pas à vous autres que nous avons pensé. Devant ce tribunal de dernière Instance, Le juge doit être Le Roi ! » Mais la voix de « Sa Majesté » répond : « Il n’y a aucune autre Instance, aucune autre Majesté sinon celle des affamés, des étrangers, des prisonniers, des réfugiés, des écartelé, des misérables ; car ce que vous leur avez fait, c’est à moi que vous l’avez fait, et ce que vous ne leur avez pas fait, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. »

 

Pour ce qui nous concerne : nous aimerions cependant nous situer nous-mêmes dans le contexte de ce « Jugement dernier ». Nous ne nous laisserons pas déstabiliser  par les affamés ni par les étrangers. Cette fois-ci, Dieu ne doit plus pouvoir s’exprimer en tant que juge de Dernière Instance. Nos reproches sont clairs et nets : « Dieu ! Où étais-tu donc dans les camps de Auschwitz et à Nagasaki ? Où étais-tu quand le Tsunami a englouti des milliers d’êtres humains ?

Ou étais-tu lorsque les terres tremblaient et que les inondations ravageaient sans pitié les demeures et les champs ? Et que les gens mourraient de faim ? Quelle raison as-tu de te laisser nommer le Tout-Puissant ? »

 

Encore une fois nous ferons face à une Majesté tout autre : un écartelé vif. Son signe de royauté ? Une couronne d’épines ! Car il n’est pas « Tout-puissant ». Non. Il est solidaire des écorchés vifs, des affamés, des étrangers.

 

Peut-être, nous contemple-t-il en silence. Et peut-être l’entendons-nous dire, dans un murmure : « Et toi ? Où es-tu donc ? »

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l‘auteur

 

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