17/08/2013

Dieu : libération et relation

 

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 Dieu qui est aux cieux – paroles du Notre Père. Cela signifie d’emblée que les gens ne peuvent ni ne veulent disposer de Dieu. Ils veulent permettre à Dieu d’être lui-même, lui qui ne révèle pas son nom mais qui dit : Je suis celui qui suis, qui est avec vous    (Exode 3 :13). Ils ne veulent pas lui arracher son mystère. Ils veulent lui laisser la liberté d’être qui Il est et être-avec-nous de la manière qu’il jugera bonne et juste.

 Les gens vont mieux s’ ils permettent à Dieu d’être qui Il est sans lui donner des prescriptions au sujet de qui Il devrait être. La lecture de l’Écriture Sainte nous montre toujours très clairement que Dieu tient à sa liberté ; car toute limitation de sa liberté est une limitation de la vie des gens.

 Dieu tient aussi à la liberté des gens car pour Dieu c’est dans la relation que réside l’essentiel.  Il ne peut y avoir relation et amour sans liberté. Et c’est dans ce sens-là  qu’il faut comprendre les commandements que Dieu a donnés aux hommes, car ils sont la source et la garantie d’une vie libre et accomplis. 

 Les personnes qui prient Notre Père ou Notre Mère sont reliés par- delà toutes les frontières et les barrières en une famille unique et à nulle autre pareille – et la famille est faite de relations. 

 Les gens qui s’adressent à Dieu en tant que Notre Père ou Notre Mère sont profondément et fraternellement unis au cœur d’une seule famille. En eux vit la force de la liberté et de la solidarité avec tous les humains – également avec Dieu.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

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03/08/2013

Une prière : un havre de réflexion

 

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Je parie: si quelqu’un prononce ces deux mots : « Notre Père », nous poursuivons automatiquement, « qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié…» et nous allons jusqu’au bout de la prière. A peine prononcé le « Amen », nous nous demandons : « Qu’est-ce  que j’ai vraiment prié ? »  Pas de mal à ça, qui fait partie de la routine comme toutes nos distractions. Rien de plus normal.

 Un moyen simple pour surmonter  la routine et les distractions : par exemple, ne pas prier chaque jour cette prière du début à la fin, prions l’une des demandes et répétons-la à volonté: Que ton règne vienne;  mais sans s’énerver si nous continuons spontanément « Que ta volonté soit faite » car cela fait partie de la routine. Mais arrêtons-nous un temps à cette requête fondamentale, elle nous accompagne alors toute la journée et devient nôtre, oui, elle devient « moi » et nous sommes peu à peu intégrés à cette demande. Quoi que nous fassions, où que nous vivions, disons simplement Que ton règne vienne.

Selon l’envie on peut le dire avec nos paroles à nous : « Viens donc »… « Reste avec nous »…« Tu es là » …« Fais nous vivre »…  « Nous sommes dans Ta main ».

 Et si nous avons encore une seconde ou deux, nous pouvons évoquer un événement ou l’autre de la vie de Jésus : par exemple comment il écoute les gens, ou bien comment il réconforte les pauvres, comment il partage avec eux le pain ou comment il leur raconte des histoires et comment il souffre avec eux… et n’oublions pas de nous inclure nous-mêmes à cette requête : Que ton règne vienne – tu peux mettre ta confiance en moi.

 Chaque demande du Notre Père peut transformer notre vie quotidienne et l’éclairer d’une lumière nouvelle.

 Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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20/07/2013

Abolir les frontières

 

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 Les frontières offrent la sécurité. Là où les frontières tombent, les gens se sentent vulnérables. Il est des personnes pour qui la sécurité représente le besoin le plus important et la condition sine qua non d’une vie sociale paisible entre les concitoyens. La plupart des gens sont convaincus  que « la paix et la sécurité » sont liées et sont en tête de leurs priorités.

Il ne s’agit pas seulement de frontières étatiques : il y a aussi les frontières  relationnelles, les frontières culturelles, religieuses et confessionnelles pour empêcher les rencontres entre les gens. Quiconque efface de telles frontières désécurise les gens et est rejeté par la société ».

 On ne peut (presque) dire que du bien de Jésus de Nazareth : il s’engageait pour les pauvres, il guérissait les malades et les libérait des diverses possessions. Ni les autorités d’occupation romaines ni les gens pieux ne pouvaient le lui reprocher, en son temps comme aujourd’hui.

 Ce qui lui a été fatal, c’est la liberté avec laquelle il franchissait les frontières : qu’il allât manger et boire avec le collecteur d’impôts, Levi, et avec d’autres gens mal vus ;   qu’il ait laissé faire la femme de mauvaise réputation qui, après lui avoir lavé les pieds les a séchés avec sa chevelure et les a même embrassés ; qu’il ait suivi le soldat païen pour aller guérir son fils : qu’il n’ait pas voué la femme adultère à sa « juste peine » de lapidation.

 Et de plus il parlait d’un Dieu, « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et fait pleuvoir sur les justes et les injustes » (Mathieu 5 :45). Il efface ainsi les frontières entre le bien et le mal, le juste et l’injuste.

 Le Dieu de Jésus n’est pas un baliseur de frontières ; pour lui,  pas question de récompenser les bons et de punir les méchants, sa préoccupation première est la réconciliation. Cela n’a rien à voir avec de l’indifférence, il s’agit bien plus d’amour sans frontières et sans entraves

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

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13/07/2013

La mystique du quotidien

 

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 crédit: le jardinier

Plus que toute autre prière, le Notre Père dirige notre attention sur  la réalité concrète de notre vie quotidienne.

 Il n'y a tout simplement rien dans notre vie privée et sociale, qui ne puisse être intégré dans la prière du Notre Père.

 Quelle que soit la nature de nos soupirs, de nos plaintes, de nos espoirs, de nos joies : tous trouvent leur propre valeur et leur dignité dans le Notre Père. Ainsi, nous constatons que notre réalité quotidienne reçoit une dimension profonde et imprévue. Nos soupirs sont plus que des soupirs, nos plaintes plus que des plaintes et nos joies sont plus que des joies.

Et nos frères et sœurs humains, proches ou lointains ne sont pas seulement nos compagnons et nos compagnes, ils sont nos frères et nos sœurs, fils et filles : tous enfants d’un Dieu qui les aime passionnément.

 Le Notre Père nous invite à transcender nos limites vers la plénitude divine.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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06/07/2013

Le Notre Père : Tout un monde

 

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 crédit: Fr Maximino Cerezo Barredo

Ce qui distingue cette prière d’une manière particulière c’est que c’est la prière de Jésus lui-même, et qu’il a exhorté ses disciples à en faire LEUR prière.   Elle résume l’immense préoccupation de Jésus et témoigne de sa  praxis libératrice d’une manière authentique et unique.

 Des millions de gens, croyants ou rongés par le doute ont répété cette prière à travers les siècles,  et la prient encore et toujours.

 Ils prient cette prière de mille manières  différentes : ils la murmurent, ils la chantent, ils la méditent, ils en savourent chaque parole ; ils demeurent silencieusement en prière dans leur petite chambre, lors d’une promenade,  dans une église, au cimetière ou dans un train. Ils cherchent à partager avec d’autres l’expérience du Notre Père. Beaucoup ne peuvent prier cette prière qu’en groupe car c’est avant tout une prière communautaire : le « nous » prédomine.

 Cette prière incite à être solidaire avec tous ceux et toutes celles qui prient le Père commun : les opprimés qui ont faim de justice ; les marginalisés qui cherchent la volonté de Dieu ; les affamés, victimes  de notre système économique ; les endettés qui ne peuvent plus sortir de la misère ;  celles et ceux qui se sentent coupables et qui implorent le pardon ; les faibles qui résistent difficilement aux tentations ; avec les croyants de toutes confessions et de toutes religions ; oui, même avec les incroyants dont Dieu est également père et mère.

 Il y a mille occasions et mille possibilités de se plonger encore et encore dans le monde particulier et profond de cette prière.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction: Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l‘auteur

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14/06/2013

Le mal est aussi communautaire et collectif

 

Richard Rohr : Méditation pour le 13 juin 2013

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 Jusqu’à présent, nous avons presque toujours insisté sur le péché personnel, sans avoir une idée claire du « péché structurel » et du « mal institutionnel » comme l'a rappelé à juste titre Jean-Paul II. Il y a eu peu de recherche du lien profond entre les structures – que les gens acceptent sans critique – et le mal qu’elles font aux individus.

 La personne individuelle est en général coupable de pécher alors que Paul nomme ces péchés : les pouvoirs, les souverainetés et les principautés (Romains 8:38, Colossiens 2:15, Éphésiens 3:10 6,12), ces péchés collectifs et communautaires ne sont pas pris très au sérieux dans l’Histoire de l’Église semble-t-il.  Paul utilise ces mots – pouvoirs, souverainetés, principautés – pour désigner les institutions et les systèmes sociaux : elles ont leur vie (et mort) propre qui échappe à notre compréhension ainsi qu’à toute critique honnête.  En fait leur force, leur puissance et leur apparente bienfaisance nous poussent à les adorer. «Too big to fail», disons-nous aujourd'hui.

 Nous sommes enclins à diaboliser la prostituée, sans toucher à l’industrie de la pornographie à tous les niveaux.  Nous sommes enclins à détester les personnes avides, alors qu’en même temps, nous faisons notre possible pour profiter du système qui les enrichit.

 Encore : les gens d’un pays sont enclins à soutenir, à idéaliser-même, les guerres que mènent leur patrie. En fait, peu de choses sont aussi romancées qu'une guerre, à l’exception prêt de ceux qui en souffrent. Parallèlement nous râlons face à la violence des rues, la violence des jeunes, et la violence étalée sur les écrans chaque soir. Nous nous rendons compte, lentement, qu’il est impossible de jouir du bien et mal en un tout qui nous est profitable. Si la violence est un moyen de résoudre les problèmes internationaux, c'est également un moyen de résoudre les problèmes à la maison.  Nous ne pouvons pas dire « ce n’est pas bien pour nous ici, mais c’est bien pour eux là-bas. »

 Nous savons nommer le péché individuel et le mal, mais nous ne pouvons pas nommer le péché systémique et le mal institutionnel, de telle sorte que nous en sommes arrivés à nous contenter d’une morale très inégale  que peu de gens prennent au sérieux ... parce que c'est presque impossible de la mettre en pratique ! C'est pourquoi nous avons besoin d'une éthique de vie cohérente.

 Richard Rohr

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 (Adapted from Spiral of Violence)

L'original se trouve dans Katutura english

 

Je vous présenterai très bientôt l'auteur de ces textes que je lis, au quotidien, Richard, comme mon cher Hermann-Josef Venetz collaborent généreusement avec moi et toutes celles et tous ceux qui cherchent le regard de Jésus sur notre société : le passé, le présent et l'avenir !

 

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06/06/2013

A l'écoute des étrangers

 

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Le roi David désirait bâtir une Maison pour l’Éternel comme il avait fait bâtir pour lui-même, le roi, une maison en bois de cèdre. Ce qui était bien pour le roi, était aussi bien pour Dieu.

 Nathan, qui avait soumis le projet à Dieu, revint vers David pour lui faire part de sa décision négative. Durant toutes les années que Dieu a cheminé avec son peuple, Il s’est contenté d’une tente et jamais il n’a émis le désir d’habiter dans une maison. Dieu ne se laisse pas enfermer. Il veut être avec son peuple et l’accompagner sur sa route. Pour Lui comme pour son peuple, une tente suffit. Un palais ne servirait qu’à le bloquer.

 Des années plus tard, le roi Salomon voulut quand même réaliser le projet de David : il bâtit un Temple pour Dieu. Au Chapitre 8 du premier Livre des Rois, le discours de Salomon à son peuple à l’occasion de la consécration du Temple est rapporté: il adresse une prière très personnelle à Dieu, ainsi qu’une prière pour le peuple. Mais sa prière prend une envergure plus large lorsqu’il dit à Dieu : « Quand l’étranger qui n’appartient pas à ton peuple d’Israel, viendra d’un pays lointain …  et qu’il viendra prier ici, exauce-le du haut de ta demeure et accorde-lui tout ce qu’il te demandera. »

 On a presque l’impression que Salomon veut présenter le projet de David en une version améliorée : Dieu habitera dans une maison, mais les étrangers aussi devront trouver une écoute auprès de lui.

 L’apôtre Paul interpelle la communauté de Corinthe: « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous… ? » (1 Cor. 3 :16)

 Il semble que nous, chrétiennes et chrétiens d’aujourd’hui, avons oublié cela : sinon, nous serions mieux à l’écoute des étrangers parmi nous, et des étrangers qui viennent de pays lointains.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

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18/05/2013

L'esprit de Jésus vit en nous

 

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Des questions qui méritent réflexion

  Deux questions teintées de reproches accompagnent la transition du temps  de Jésus au temps  de l’après Pâques.  Ces questions sont posées par les messagers de Dieu, des  anges, et elles voudraient  éviter certaines illusions et concentrer l’attention sur l’essentiel.

 La première question s’adresse aux femmes accourues au tombeau de Jésus au matin de Pâques : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? (Luc 24 :5)

 La deuxième question s’adresse aux disciples, femmes et hommes, le jour de l’ascension : Gens de Galilée, pourquoi restez-vous là, à regarder le ciel ? (Actes des apôtres 1 :11)

 Ces questions ne s’adressent-elles pas à nous aussi ? Ne sommes-nous pas en train de chercher Jésus là où il n’est pas, parmi les morts ? Un homme certes très important, mais mort il y a 2000 ans et qui, dans notre monde en n’a quasi plus rien à nous dire ?

 Ou bien,  cherchons-nous Jésus au ciel ? Que fait-il là-haut ?  Est-il en train de regarder avec indifférence les humains qui galèrent ici-bas ?

 Où est Dieu et son Messie ? C’est la question récurrente  aussi chez de nombreux croyants.

 Il y a bien des années de cela, j’aidais en tant que prêtre auxiliaire dans une paroisse, j’étais assis dans le confessionnal de l’église. Un garçon est venu s’accuser : «  Dans ma prière, je n’ai pas toujours pensé à Dieu ». Conscient qu’il me fallait lire cette question au «miroir de la Confession » je voulais entrer en dialogue avec lui afin de savoir ce que le jeune entendait par  cette question. Je lui ai demandé : « Tu penses qu’il se trouve où ce Dieu à qui tu dois penser quand tu pries ? » A travers le grillage du confessionnal, je l’ai alors vu lever un doigt vers le ciel en disant « là-haut ». Mais il s’est aussitôt arrêté comme s’il avait senti qu’il se trompait ou que sa réponse n’était pas très bonne, alors il a dit d’une voix convaincue : « Non, attends un peu… dans mon cœur !»

 Au temps de Jésus, les questions  « quand » et « où » devaient flotter dans l’air. Jésus a répondu : Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On ne peut pas dire : Regarde, il est ici ou il est là. Car voici : le royaume de Dieu est au milieu de vous. (Luc 17 :20-21)

 La réponse de Jésus et celle du garçon ne sont pas loin l’une de l’autre. Peut-être qu’en ce temps de Pentecôte, nous qui sommes adultes et intelligents devrions-nous nous mettre à l’écoute des enfants...

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

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28/04/2013

Carte d'identité

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Jean et Jésus se connaissaient et c’était une vraie amitié, j’aimerais dire : c’était une solidarité engagée. Ils avaient le même âge et avaient sans doute joué ensemble. Jésus a donc fait confiance à Jean lorsqu’il s’est mis en route pour « Prêcher la Bonne Nouvelle » dans leur société dominée par l’empire et par la synagogue, c’est-à-dire par César et par Hérode. Une seule hiérarchie politico religieuse, la plus dangereuse.

 La « bande des douze » s’est ainsi constituée un peu au hasard des rencontres et son cheminement est succinctement raconté dans les Évangiles. J’imagine Jean devenu vieux, ruminant ses souvenirs dans son cœur, et il est fasciné, imprégné par la consigne de Jésus qui authentifierait leur qualité de disciples dans la société :

 « Comme je vous ai aimés, vous aussi,  aimez-vous les uns les autres.
Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres… comme je vous ai aimés» (Jn 13,31-33a.34-35)

 Les trois années passées avec Jésus sur le terrain, en conflit permanent avec l’establishment politico religieux, l’arrestation, la procédure accélérée et bâclée, la condamnation, l’exécution,  aurait dû faire peur à la « bande des douze » en plus des 76 disciples d’alors. Comme cela devrait nous inquiéter, nous-mêmes si nous prenons Jésus au sérieux.

 Aujourd’hui : qu’est-ce qui montre qu’on est des disciples de Jésus ?

  • le système ecclésiastique ?
  • la coupole vaticaniste et ce qu’il y a dessous ?
  • le voile des religieuses et les cols romains ?
  • les croix que l’on exhibe un peu partout ?
  • les liturgies de toutes sortes ?
  • les quêtes pour soulager la pauvreté
  • les dogmes, les lois, à apprendre, à obéir à la lettre

 Et j’en passe quitte à chacun de relativiser, à « questionner les ennuyeuses questions ci-dessus »…

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N’empêche que dans l'église, aujourd’hui-même, ces paroles de Jésus seront lues et, peut-être expliquées. Elles sont trop simples et claires pour être expliquées, d’autant plus que, trop souvent les explications relèvent d’une dilution !

 Alors qu’est-ce qui montre qu’on est aujourd’hui des disciples de Jésus ?

 La solidarité des opprimées les uns envers les autres…

 Enfin, je dois réfléchir et je reviendrai demain… n’empêche qu’il serait bon de discuter entre nous de l’évangile proclamée dans les lieux de culte et églises aujourd’hui, évangile conclu par « l’Amen » commun des fidèles.

19/04/2013

Jésus sans abri (Homeless Jesus)

 

Prends le temps

pose longuement ton regard sur ce que tu vois

 et pénètre à l’intérieur jusqu’à t’y retrouver toi-même.

 Prends le temps,

 touche ce que tu deviens lentement

 laisse-toi mûrir,

 et dis-le, tu  peux

 Le banc est une invention amoureuse des hommes : au contraire d’une chaise isolée, le banc nous rapproche, fesses à fesse, coude à coude. Nous respirons l’air commun et jouissons de l’ombrage commun. Nous pouvons rester silencieux, « ruminer » des idées tordues et nous pouvons, comme le font les pinsons partager la vie, dans la plénitude du moment présent à deux, à trois, à quatre…

 Je ne m’asseye pas sur un banc pour m’isoler et j’espère que ma présence sera pour le passant l’invitation d’être avec pour un moment ensemble. Comme aujourd'hui:

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Il y a ce banc entièrement occupé par une « forme » enveloppée de la tête aux pieds, comme dans un linceul ayant déjà servi. Son visage caché sous une capuche me donne envie d’aller le découvrir de plus près, j’hésite, j’attends. La forme ne bouge pas et mes yeux glissent timidement de la tête, aux épaules, à la ceinture, aux hanches, apparemment osseuses jusqu’aux pieds maladroitement joints comme dans une prière, à l’air frais et, comme deux étoiles, la cicatrice jumelle des clous.

 Instinctivement, je deviens immobile, le souffle coupé, j’attends et je n’ose appuyer mon regard sur ce que je vois, je n’ose pénétrer à l’intérieur…les minutes tombent pour ne pas revenir et le banc reste occupé…

 Source: Huffington Post Religion

 

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 L’homme assis aux pieds de la forme est le sculpteur Timothy Schmalz, un artiste spécialisé dans les thèmes religieux. La « forme et le contenu, c'est son oeuvre » . Il a certainement été frappé par les nombreux sans domicile fixe gisant, seuls, sur des bancs à Toronto où il vit. Il les a contemplés. Il a entendu « J’étais nu et vous m’avez vêtu… » (Matthieu 25 :31-40).

 Timothy a permis au message de Matthieu de le pénétrer … et son art lui permet de partager le sans-abri du Nouveau Testament avec les sans-abri des États Unis et de chez nous où on cherche à légalement bannir la présence des sans – abris, des mendiants, étrangers…ne sont-ils pas un danger ? C’est dans l’atmosphère jusque dans les lieux saints, les Églises.

 Revenons àTimothy Schmalz : il a sculpté dans le bronze durant une année et demi, puis il a pensé abriter son Jésus sans abri « Homeless Jesus » dans la maison du Seigneur, là où l’on célèbre quotidiennement sa mort et sa résurrection à la Messe. Dans la foi dit-on. Les recteurs des deux cathédrales sollicitées ont bien dit OUI, mais l’administration des deux cardinaux a refusé. Raison : cette représentation du Jésus de l’Évangile serait cause de confusion pour les fidèles qui croient que Jésus est « le Fils de Dieu ».  Les Cardinaux qui ont le pouvoir du dernier mot sont respectivement : pour  St Patrick, Timothy Dolan et pour St Michael, Thomas Christopher Collins.

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 Tinothy Schmalz a finalement trouvé refuge près de l’entrée du Regis College à l’Université de Toronto. Le collège théologique  Regis est propriété des Jésuites qui, eux, ont reconnu le lien inséparable entre foi et justice et ont organisé, ce 17 avril 2013 une journée centrée sur les sans abri, afin d’inaugurer l’installation de la statue de Jésus à la place d'honneur de l'Institution.

 Le Père Jésuite Gordon Rixon dans une interview téléphonique avec HuffPost a affirmé que la Mission du Collège est de promouvoir la justice et l’appréciation de la beauté. Raison pour laquelle « notre Jésus sans abri » se trouve actuellement juste en face des « government buildings ». La vue est imprenable  et c’est une belle manière d’interpréter la Mission de notre Collège à la Cité affirme Gordon Rixon SJ.

 Les réactions à cette présence symbolique et stimulante de Jésus en ce lieu dépassent tout ce que l’on aurait pu espérer : des fleurs recouvrent les pieds de Jésus, sa couverture, des mails innombrable arrivent au bureau des Jésuites.

 L’artiste et le « père » de la statue est soulagé. Il pense faire des répliques de Jésus-sans-abri et de les disséminer dans le monde entier « car, dit-il c’est un signe qu'il faut apprendre à lire ! ».

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13/04/2013

Quand tu pries

 

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prie en secret. Vas dans ta chambre et ferme la porte ; alors prie ton Dieu.  Ne dis pas beaucoup de mots. Dieu sait ce dont tu as besoin. Prie ainsi :

 

Père aux cieux.

Que ton nom soit saint.

 Que ton royaume vienne.

 Que ta volonté soit faite.

 Donne-nous chaque jour

 ce dont nous avons besoin.

 

Pardonne-nous nos  offenses

 comme nous voulons pardonner

 celles et ceux qui nous ont offensés.

 Donne-nous la force dans la tentatio.n

 Délivre-nous du mal.

 

Car c’est à toi qu’appartiennent le royaume, le pouvoir et la gloire pour toute l’éternité. Amen. (selon Matthieu 6 : 6-13)

 La chambre dans laquelle le priant devait se retirer était  le garde-manger sans fenêtre et l’on pouvait s’y enfermer. Pas d’espace spécifiquement  liturgique mais  on y respirait l’huile et le vin, le travail et la vie, la joie et la reconnaissance.

 Entièrement chez moi dans cette chambre, je peux prier ma Mère céleste et mon Père céleste.

 Cette prière ne supporte pas de spectateurs.  Aussi, dans cette chambre,  je n’ai pas à me représenter Dieu… car il est là, en moi. Je me tiens, debout, ou assis les mains vides, complètement abandonné à lui qui voit dans le secret. Sans protection, ni pouvoir et totalement présent.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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06/04/2013

Renoncer à soi-même ?

 

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Jésus  appela la foule avec ses disciples et leur dit: " Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu'il me suive. Car, celui qui veut sauver sa vie, la perdra; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile, la sauvera. 

Et que servirait-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perdait son âme ? Ou bien que donnerait l’homme en échange de son âme ? (Marc 8,34-35)

 Renoncer à soi-même ? Regardons Jésus, il s’efforçait plutôt de libérer les gens,  renforcer leur moi, leur rendre leur nom et leur histoire. Le soi-même auquel ceux qui suivent Jésus doivent renoncer est cet ego qui au fond est aliéné, inhibé, possédé même, soit par ses propres projets et ambitions, soit par son carriérisme sur le dos des autres, soit par l’accumulation de biens au détriment des pauvres.

 Celles et ceux qui veulent suivre Jésus doivent se défaire de ce faux Moi. Alors, ils seront vraiment libres.

De plus, porter quotidiennement sa croix ne devrait pas avoir une connotation masochiste. En fait, porter sa croix et suivre Jésus sont une seule et même chose.  Suivre Jésus signifie que ses valeurs sont les miennes. Des gens comme Jésus, qui vivent comme lui, des Justes comme on les nomme parfois, vont toujours désécuriser et agacer   leur entourage au niveau religieux, social ou politique, avec les conséquences que l’on connait.

L’apparente dureté des exigences dont parle Jésus n’est, en fait, qu’une invitation à une plus grande liberté, la liberté telle que Jésus l’a vécue.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannnotat

 Avec l'aimable permission de l'auteur

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30/03/2013

Je suis Dieu et pas un homme

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Ainsi parle l’Eternel :

Quand Israël était jeune, je l’ai aimé
et j’ai appelé ce peuple, comme mon fils, hors d’Égypte.

 Mais ils se sont éloignés de moi.

 Alors je leur ai envoyai des prophètes afin qu’ils reviennent à moi. 

 Mais ils les ont refusés.

 

Ils préféraient sacrifier aux idoles

de leur choix : Baal et Mammon.

 

Alors je leur ai quand même réappris à marcher

et je les ai portés dans mes bras

 et je les ai serrés sur mes joues comme des nourrissons.

 

Je les ai attirés à moi avec des cordelettes de tendresse,

mais ils n’ont pas reconnu la profondeur de mon amour

 ni le souci que je me faisais pour eux.

 Ils se sont détournés et ont fait appel à Baal

 comme si ce dernier pouvait les aider.

 Mon peuple m’a délaissé.

 

 Et pourtant, comment pourrais-je te laisser tomber Israël ?

 Comment pourrais-je te détruire ?

 Rien que d’y penser, cela me fend le cœur

 et j’éprouve la plus profonde compassion pour toi.

 

 Parce que je suis Dieu et pas un homme.

 Moi, le Saint, je viens te sauver,

 et un jour, tu vas me suivre et je te ramènerai dans ta patrie.

 (Selon Osée 11 : 1-7)

 

 Dieu entre en conflit avec lui-même. Soucieux et déçu

 il énumère tout ce qu’Il a fait pour son peuple :

 Il l’a aimé,

 il l’a libéré de l’esclavage,

 l’a porté dans ses bras et s’est soucié de lui ;

 mais ce peuple s’est détourné

et ne voulait plus rien entendre de lui.

 

Ne devrait-il pas lui rendre coup pour coup ?

 Ne devrait-il pas le laisser tomber ?

 Ne devrait-il pas donner libre court à sa juste colère ?

 Il ne le peut pas. Cela lui briserait le cœur. Il se trahirait lui-même.

 La punition, la revanche, la colère –

 tout cela est affaire d’homme.

 Dieu est autre.


 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable autorisation de l’auteur

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23/03/2013

Retour de la religion?

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Cette question est fréquemment et intensément discutée ces derniers temps. Certains se disent heureux, d'autres sont inquiets, la plupart est indifférent.

 Le concept «religion», avec Dieu comme point d’ancrage   est équivoque.

  Depuis toujours Dieu a été lié à l’omnipotence,  la supériorité, la domination.

 Si Dieu ne fait pas de miracles et s’il ne peut débarrasser le monde du mal : alors à quoi sert-il ?

 Celui qui  adore un tel « Dieu », devient aussi comme lui : puissant, fort et il se croit supérieur aux autres. L’esprit de concurrence crée des rivalités entre les gens. Alors, une fois de plus, les faibles, les vauriens sont laissés à l’écart.

 Si la «religion» signifie un tel « Dieu », je ne souhaite pas son retour.

 Mais la Bible parle d'un Dieu très différent. Non pas un Dieu tout-puissant,  fort, dominateur. Non, il est celui qui connaît la misère de son peuple, son cruel esclavage en Egypte lui va droit au cœur ; il est plein de compassion et il  est  touché par la souffrance des malheureux, il prend parti pour celles et ceux qui sont méprisés et mal-aimés. Il est un Dieu d'amour et c’est pourquoi il est vulnérable et impuissant. Un Dieu qui demande aux gens de l’aider, par exemple lorsqu’il dit à Moïse: Va maintenant et conduis mon peuple hors d’Egypte… ! Je serai avec vous ! (Ex 3,1-12)

 Si la «religion» signifie ce Dieu-là, alors je désire ardemment son retour et je donnerai le meilleur de moi-même.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l'aimable permission de l'auteur

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16/03/2013

Un passé mémorable

 

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 Jésus n’a pas fondé un club de copains. Il a responsabilisé des femmes et des hommes afin qu’ils partagent sa tâche et son charisme avec lui.

 Comme lui, ils devaient annoncer le royaume de Dieu, c’est-à-dire qu’ils devaient libérer les gens de toutes sortes d’angoisses et de peurs, ils devaient guérir les malades et permettre aux proscrits de retrouver leur histoire, leur langue et leur nom. Un bon nombre des collaborateurs de Jésus nous sont connus : Simon, Maria de Magdala, André, Suzanne, Jean et bien d’autres encore (Luc 8, 1-3).

 Par un acte de consolidation du groupe, Jésus a choisi douze hommes. Le Nouveau Testament les nomme simplement les Douze. Leur devoir ne se différenciait guère de celui des autres femmes et des hommes. La signification des Douze représentait la force symbolique de leur vocation : représenter les douze Tribus d’Israël. Telle était la priorité de Jésus, c’est-à-dire : rassembler le peuple d’Israël.

 Il s’agissait non seulement d’Israël,  mais expressément des douze Tribus du Peuple d’Israël.  C’était en même temps réveiller d’un Passé mémorable, c’est-à-dire du temps où Israël n’était pas (encore) gouverné par des rois et des prêtres du Temple, mais au contraire, tout le Peuple était le Royaume de Prêtres et de Rois, un Peuple saint. C’est ainsi que Dieu l’avait dit à Moïse au Sinaï (Exode 19,6). C’était le temps des Prophétesses et des Prophètes qui annonçait : Dieu est Roi  - Lui seul (Psaume 47,8).

 Les instructions de Jésus aux disciples, femmes et hommes, montre l’importance que Jésus donnait au souvenir de ce mémorable Passé :

 Vous savez que ceux qui sont regardés comme les chefs des nations les dominent, et que leurs princes ont puissance sur elles. Il n'en est pas de même parmi vous… (Mc 10,42f).

 Le choix des Douze en tant que Souvenir du Passé mémorable d’Israël ne correspond ni à la fondation d’un genre de patriarcat ni à une hiérarchie établie une fois pour toute.

 Au contraire : Tous appartiennent à la prêtrise et à la royauté. Le Nouveau Testament n’hésite pas à revenir avec insistance sur cet encouragement qui concerne, sans exception tous les croyants et toutes les chrétiennes :

 Vous êtes la race choisie, les prêtres du Roi, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu. Il vous a appelés à passer de l'obscurité à sa merveilleuse lumière, afin que vous proclamiez ses œuvres magnifiques  (1P 2,9 ; voir aussi Apocalypse 1,6)

 Tel est le critère d’orthodoxie pour l’Église de Jésus-Christ pour sa mise au point actuelle.

 Dommage qu’on en parle si rarement.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

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13/03/2013

Un beau soir et une immense gratitude

 

Oui, l'Eglise peut encore être sauvée... Quelle espérance!

Comblée d'avoir vécu assez longtemps pour entendre François 1er, évêque de Rome et notre frère pape dire simplement :

francois-1er_289240_800x600.jpg"Bonsoir"

 "Mes frères cardinaux semblaient l'avoir cherché au bout du monde"

 "Je vous remercie de votre accueil, enfin Rome a son évêque et je vous remercie"

 "Avant tout, je souhaiterai faire une prière pour notre évêque émérite Benoit XVI"

 

"Prions pour que le Seigneur le bénisse et pour que la Vierge Marie le garde"

 "Priez pour moi et donnez-moi votre bénédiction avant que l'évêque (de Rome qu'est le pape, ndlr) vous bénisse".

 "Prions toujours les uns pour les autres et pour le monde, pour qu'il y ait une grande fraternité"

 Il a invité les fidèles à "entreprendre un chemin de fraternité, d'amour"

 "Demain je veux aller prier la Vierge pour qu'elle protège Rome".

 "Bonne nuit et bon repos".

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12/03/2013

Peut-on encore sauver l’Eglise ?

 

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Il serait difficile d’ignorer – serait-ce grâce aux médias ? – ce qui se passe dans l’Etat du Vatican qui n’a plus de Président alias dans l’Eglise qui n’a plus de Pape. 

 Mais quelqu’un manque dans ce contexte au niveau de l’Eglise, c’est Jésus ! Il est difficile d’imaginer une amputation plus crasse : Jésus mis au rencart ou tout simplement inexistant ou pire encore, exécuté. Son image, le témoignage de sa vie, de sa mort, de sa résurrection et du mouvement qui poursuit la création d’une société humaine et fraternelle, empêcherait l’Eglise impériale de tourner rond !

 Et pourtant Jésus est présent dans les sous-sols de la société.  Silencieux, muet dirait-on, et pourtant si on nous reproche de proclamer Jésus alors que l’intérêt de l’Institution est ailleurs « Les pierres crieront » (Saint Luc 19 : 39-40).

 Mais cela suffit. Je me permets seulement de signaler l’émission Haute Définition du 10 mars 2013 alors que Manuela Salvi discute avec le grand théologien catholique Hans Küng notre compatriote.

 « Peut-on encore sauver l’Eglise » Seuil, 2012. (ici Küng parle de l’Institution romaine) et de son chef.

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/haute-definition/4704432-peut-on-encore-sauver-l-eglise-10-03-2013.html?f=player/popup

 Qui est Hans Küng ? « C'est le meilleur ennemi du Vatican. David contre Goliath. Hans Küng s'est fait remarquer en Il étudie la théologie et la philosophie à l'Université grégorienne de Rome, puis à la Sorbonne. Il est ordonné prêtre en 1954. Jean XXIII le nommera théologien expert officiel lors du concile Vatican II de 1962 à 1965.

 Sa volonté de réformer le Vatican, d'une réconciliation avec les autres religions et sa pensée libre feront de lui un contestataire loyal! Depuis 1993, il se dévoue à la fondation "Pour une éthique planétaire" qui cherche à renforcer la compréhension et la coopération entre les religions. »

 Nous pouvons écouter l’émission d’une vingtaine de minutes, nous faire une opinion moins dépendante des médias télévisés. Et dire une petite prière à l’Esprit ressuscité de Jésus.

 L’église universelle, celle des racines, des petites gens, elle, est bien vivante en cette « montée vers Pâques » 2013.

21:47 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

09/03/2013

 La vision du Fils de l’Homme (Daniel 7)

 

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 Merci à Maximino Cerezo Barredo

 

La vision décrite par Daniel dans son Livre est une des plus impressionnantes qui soient : il s’agit du Fils de l’Homme.  C’était à l’époque des persécutions du Peuple juif par Alexandre IV. Épiphanes (175-164 av.Chr.). L’histoire de Dieu avec son Peuple semblait prendre fin. Et pourtant le Visionnaire Daniel espérait toujours. Toute la souffrance de ses sœurs et de ses frères dans la foi lui apparut dans la vision de 4 animaux terrifiants qui surgissaient, l’un après l’autre des profondeurs catastrophiques de la mer. Les quatre animaux symbolisaient le profond mépris et la souffrance que ce peuple pieux subissait sous le joug du régime : c’est-dire de l’empire de Babylone, de Mède, de Perse et d’Alexandre Le Grand. La vision montre par la suite Dieu jugeant ces empires, car Dieu tient sa parole – sans aucun doute – et cela signifie qu’Il sauve son Peuple et que les empires sont mis à l’écart.

 Dans l’acte suivant : Daniel  voit une forme  lumineuse dans les nuages, elle descend du cielcomme un Fils d'Homme et il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté: les gens de tous peuples, nations et langues le servaient… (Dn 7, 13-14)

 Cela devrait être clair : Comme les quatre bêtes émergeant de la mer symbolisaient quatre empires, ainsi en est-il de la contrepartie : le Fils de l’Homme symbolise un royaume. Mais à la différence des quatre énormes bêtes surgissant des ténèbres de la mer, il s’agit maintenant d’une lumière, d'apparence humaine comme signe de l’interaction des femmes et des hommes dans la clarté.  Le Fils de l’Homme, le signe de la fidélité et de la tendresse de Dieu qui fait disparaître les ténèbres, le mépris, et renaître et régner la dignité humaine dans la lumière.

 Environ 200 ans plus tard alors que Jésus parcourait la Galilée, ses disciples se souvinrent de la Vision de Daniel. Ils devinrent conscients que Jésus était ce Fils de l’Homme présent dans un monde de violence et de haine, et il proclamait, par sa vie et sa parole  un tout autre « Régime » : le Royaume de Dieu.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l'aimable permission de l'auteur

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02/03/2013

Le Lieu de Dieu : Que des enfants

 

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Fr Maximino Cerezo Barredo  (merci à lui!)

 Encore une fois, les disciples se disputaient entre eux : lequel d’entre eux serait le plus grand. La chicane et la rivalité  au sujet du premier rang – qu’importe la nature du l’échelle - sont aussi vieux que l’humanité. Jésus répond à leur problème à l’aide d’un simple signe :

 « Ils arrivèrent à Capharnaüm. Lorsqu'il fut dans la maison, Jésus leur demanda: De quoi discutiez-vous en chemin?  Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.  Alors il s'assit, appela les douze, et leur dit: Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous.  Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et l'ayant pris dans ses bras, il leur dit: Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m'a envoyé. » (Marc  9, 33-37)

 Telle est la réponse de Jésus.

 L’idée que nous nous faisons des enfants est empreinte de romantisme : ils sont mignons, innocents, gais, ouverts… pour eux, on fait l’impossible. Mais à l’époque de Jésus, les enfants ne faisaient qu’un avec les esclaves, les femmes, les étrangers : ils étaient justement les derniers dans la hiérarchie sociale.

 Nous avons des données et des textes de loi de ce temps-là qui exposent des enfants avortés, exposés, battus, tués. Jésus prend dans ses bras l’un de ces derniers et le place au milieu d’eux. Il va plus loin : il s’identifie à lui. Celui qui accueille cet enfant, c’est moi qu’il accueille. Jésus va plus loin encore: Celui qui accueille cet enfant accueille celui qui m’a envoyé, Dieu, Père.

 Dans le même évangile de Marc nous pouvons lire : quiconque n'accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant, n'y entrera pas.

 « Seul, celui qui accueille le Royaume de Dieu comme un enfant y entrera »  Marc 10 :15).

 Ces mots – du Grec – sont aussi équivoques :

 On doit accueillir le royaume de Dieu à la manière de l’enfant : ouvertement, sans soupçon, avec confiance.

 Ou encore :

 On doit accueillir le Royaume de Dieu comme on accueille un enfant et ceci signifierait : comme on accueille les derniers des derniers, les vauriens, celles et ceux, justement, chez qui il nous est donné de chercher et de trouver le Royaume de Dieu.

 Les femmes, les enfants, les esclaves, les étrangers, les derniers sont, peut-être, le lieu de Dieu.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

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16/02/2013

Le diable jette la confusion

 

 Dieu n’est pas un faiseur de miracle

 

 

 

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Certaines pensées sèment la confusion. Voici le diable, le semeur de confusion ; il chuchote à l’oreille de Jésus affamé dans le désert :

  • Si tu es le fils de Dieu, transformes ces pierres en pain. Dieu ne saurait refuser ta demande ; tu es bien son Fils.
  • Si tu es le Fils de Dieu, alors jette-toi dans le vide du haut des crénaux du temple. Cela impressionnerait les gens qui finiraient par croire en toi. Ton Dieu va certainement te protéger comme il est écrit dans la Bible. Tu es bien son Fils !

 Je peux essayer de me représenter le diable, ou satan – noir, à avec des cornes, des pieds fourchus ou quelqu’autres attributs, une chose reste sûre : ses idées et ses représentations de Dieu ne diffèrent pas du tout des nôtres. Dieu doit absolument être tout-puissant : c’est le plus important. Et s’il est tout-puissant, il doit pouvoir faire des miracles. Et s’il ne peut faire des miracles, il n’est pas tout-puissant et s’il n’est pas tout-puissant, il n’est pas Dieu. C’est tout à fait simple  et «logique».

 Mais cette «logique»-là sème la confusion. Peut-être qu’au plus profond de nous-mêmes se cache aussi l’envie d’être tout-puissant . Mais si nous menons  cette réflexion jusqu’au bout, c’est un monde de chaos qui nous attend; ou bien l’autre possibilité : chacun aurait un monde selon ses rêves et ses désirs. Car chacune et chacun a ses propres rêves !

Imaginons-nous notre partenaire tout-puissant ou toute-puissante. C’est inconcevable !

 Jésus connaît le nom de Dieu. C’est: JE SUIS CELUI QUI CHEMINE AVEC TOI.

 Jésus dans le désert, qui a faim, ne compte pas sur un miracle, ni sur un Dieu tout-puissant, il compte sur un Dieu d’amour qui chemine avec lui – jusqu’à la mort.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction: Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l‘auteur

Crédit image: Fr Maximino Cerezo Barredo

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