01/10/2015

LA BIBLE ET LA LITURGIE (1)

 

 

Un regard sur Jésus

 

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La liturgie nous donne bien du fil à retordre. Quand je constate qu’il n’en était pas autrement chez les premiers chrétiens, je ne m’en étonne pas. Et pourquoi donc ? Je pense que la cause est à chercher (une fois de plus) chez Jésus lui-même. Voici trois remarques qui me viennent à l’esprit à la lecture des Evangiles.

 

1. On voit que Jésus, participait aux fêtes et aux cérémonies liturgiques de son temps. Il fréquentait régulièrement la synagogue (Marc 3,1 ss), il se rendait au temple (12,35 ss), célébrait la Pâque avec les siens (14,12 ss), il chantait les psaumes (14,26) et priait en répétant les gestes liturgiques : il se jetait à terre (14,35), il levait les bras le regard tourné vers le ciel et prononçait la prière de bénédiction (6,41; 7,34). Ses compagnons le considéraient comme le maître des prières, il devait leur enseigner à prier (Luc 11,1). Il en ressort de ces scènes que Jésus vivait complètement dans la tradition des cérémonies religieuses de son temps.

 

2. Un second regard sur Jésus de Nazareth m’indique aussi qu’il ne vivait pas les offices religieux et la liturgie de son temps sans esprit critique. Il arrivait que lors des célébrations du sabbat il y introduisait un accent différent, comme lorsqu’il appela l’homme à la main paralysée à venir au milieu et le guérit (Marc 3,1-6) ou encore il considérait comme plus important d’assister ses père et mère en difficulté que de participer aux offrandes (7,6-13). Il considérait comme hypocrite la façon de se mettre en scène pour prier dans la synagogue et dans la rue (Matthieu 6,5). Il méprisait ceux qui disaient sans cesse ‚ Seigneur, Seigneur en faisant des exorcismes et des miracles (7,21-23). Son entrée en force dans le temple et ses paroles prophétiques en irritèrent alors plus d’un (Marc 11,15-19; 14,55-58). Là encore, Jésus appartient à la bonne vieille tradition, celle des prophètes qui n’épargnaient de leurs critiques ni le Temple ni les offices religieux (voir Amos 5,21-27; Jérémie 7,1-11; Isaïe 58).

 

3. Enfin, un regard supplémentaire sur Jésus de Nazareth me révèle une certaine créativité liturgique’ : il prend les petits enfants dans ses bras, il les bénit en posant la main sur eux (Marc 10,16) – gestes qui semblent liturgiques. On pense aussi à une liturgie lorsqu’on lit les rapports sur la guérison des aveugles (Marc 8,22-26; Luc 18,35-43). L’entrée de Jésus à Jérusalem ressemble à une procession (Marc 11,1-11). Le récit du dernier repas de Pâque avec ses disciples rapporte des gestes et des paroles de Jésus insolites à l’époque (Marc 14,22-25).

 

Tout ceci semble déconcertant mais correspond bien à l’image de Jésus décrite dans les Evangiles : son attachement au peuple auquel il est envoyé, sa mission de prophète, sans laquelle il ne serait pas compréhensible, son non-conformisme qui surprend toujours. N’est il donc pas étonnant que les premières communautés chrétiennes et leurs célébrations en aient porté quelques traces ?

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

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22/09/2015

LA BIBLE – UN OUVRAGE QUI PARLE A TOUS NOS SENS (II)

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Découvrir le monde à travers la Bible

 

 Nous pouvons découvrir la Bible au moyen de nos sens. Mais l’inverse est aussi vrai : mieux nous comprenons la Bible, plus nous pouvons tenir compte de nos sens pour découvrir la vie à travers eux.

 Le goût

 Le fait d’associer la présence de Dieu au festin, au boire et au manger (Mathieu 8,11; Luc 14,15) me motive à revenir par la Bible et avec la Bible aux repas. Ne devraient-ils pas – même au sein de la famille – anticiper le festin de la fin des temps et témoigner de la présence de Dieu ?

 La vue

 Si la Bible me fait comprendre, dès les premières pages, que Dieu a vu que tout ce qu’il avait fait était bien (Genèse 1), je vais apprécier le printemps avec un regard nouveau.  Et lorsque je lis dans la Bible que Dieu a vu la souffrance de son peuple en Egypte et qu’il est descendu pour le délivrer (Exode 3,7), alors, inspiré  par la Bible, je verrai moi aussi la souffrance des réfugiés, et je m’activerai et prendrai le parti des persécutés .

L’ouïe

 Si avec le psalmiste j’implore instamment Dieu afin qu’il prête l’oreille à ma prière, qu’il soit attentif à mes supplications (Psaumes 86,1.6), alors avec cette prière et la Bible en main, je reviendrai à ma propre vie en étant reconnaissant de l’écoute des gens et reconnaissant aussi d’être capable d’écouter les gens – en particulier ceux qui n’ont pas voix au chapitre et qui sont privés de tout.

 

 L’odorat

 Si Dieu déteste les offrandes (Amos 5,21ss), ou si la prière doit monter vers Dieu comme l’encens (Psaumes 141,2) ou alors si la communauté voudrait être la bonne odeur du Christ pour Dieu (2e Epître aux Corinthiens 2,15), alors, grâce à la Bible, je ferai plus attention à mon odorat pour mieux sentir les gens, y compris l’odeur de transpiration ou celle d’une pièce occupée par un groupe resté longtemps en prière et dont l’odeur n’est pas seulement celle de l’encens !

 Le toucher

 Lorsque Jésus toucha les yeux des aveugles (Matthieu 9,29) ou qu’il prit la main de la belle-mère de Pierre (Marc 1,31) ou qu’il se laissa toucher par la femme atteinte d’hémorragies (5,27) ou encore par celle qui était considérée en ville comme pécheresse (Luc 7,38), je ne vais pas pour autant taper sur l’épaule des personnes sans raison, mais j’établirai le contact d’un geste cordial discret.

 

 Pour terminer, j’aimerais formuler deux thèses se complétant ou se répercutant l’une l’autre :

 

 ·      Plus je me sens à l’aise avec tous mes sens et mieux je pourrai comprendre la Bible,

 ·      mieux je comprends la Bible et plus je pourrai mobiliser mes sens pour découvrir et changer ma vie, en ayant le courage de mieux l’assumer.

 

Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

 

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17/09/2015

LA BIBLE – UN OUVRAGE QUI PARLE A TOUS NOS SENS (I)

 

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 Découvrir la Bible avec nos sens

 La Bible est un ouvrage sensuel. Pour la comprendre, nul besoin de réflexions scientifiques compliquées ni de connaissances en hébreu ou en grec anciens. Ce qu’il faut, c’est d’abord et principalement un sens du goût, une oreille attentive, un toucher délicat, des yeux bien ouverts et un odorat affiné.

 

 Le goût

 Le prophète Isaïe décrit le festin de la fin des temps avec ces mots : Sur cette montagne, l’Éternel …. prépare pour tous les peuples un festin de plats succulents, un festin de bons vins… (25,6). Comment pourrions-nous nous représenter cela, nous qui n’arrivons pas toujours à reconnaître la saveur d’un Pinot noir velouté, de tomates finement assaisonnées ou encore de délicates asperges ?

 

 La vue

 Dans le récit de la Création, on lit ça et là : Dieu vit que c’était bon (Genèse 1). Dieu créa des animaux vivants selon leur espèce : du bétail, des reptiles et des animaux terrestres selon leur espèce. Et Dieu vit que c’était bon (1,24-25). C’est là qu’il faut bien ouvrir les yeux. Celui qui n’a jamais observé un ver de terre avec attention et s’en réjouir ne pourra jamais se faire une idée de Dieu.

 

 L’ouïe

 Dans le psaume 86, celui ou celle qui prie implore : Eternel, prête l’oreille, exauce-moi… (86,1) et continue ainsi : … écoute ma prière, sois attentif à mes supplications ! (86,6). Ne peut comprendre cette supplique que celui qui sait reconnaître les différentes nuances de la voix humaine, de la plainte humaine. Il ne faut cependant pas se laisser abuser par de fausses notes, je dois aussi savoir faire la distinction. Le prophète Amos fait dire à Dieu : Éloigne de moi le bruit de tes cantiques : je n’écoute pas le son de tes harpes (5,23).

 L’odorat

 Paul écrit dans la seconde lettre aux Corinthiens : Nous sommes en effet pour Dieu la bonne odeur de Christ… (2,15). Comment peut-il comprendre cette phrase celui ou celle qui n’a jamais respiré le parfum de lilas en fleur ou celui d’un corps aimé ? C’est vrai que la Bible ne décrit pas seulement des senteurs agréables. Le prophète Amos, mentionné ci-dessus, place ces  mots dans la bouche de Dieu : Je déteste, je méprise vos fêtes, je ne peux pas sentir vos assemblées … et les veaux engraissés que vous offrez en sacrifice… (5,21ss).

 Le toucher

 On constate avec étonnement à combien de reprises, dans les Évangiles, Jésus touche les gens ou les gens touchent Jésus. Dans l’évangile de Marc au chapitre 7, il est question d’un sourd qui avait de la difficulté à parler : Il le prit à part loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles et lui toucha la langue avec sa propre salive (7,33). Là, pas question de craindre le contact !

 

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

 

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15/09/2015

Réformez-vous!

 

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 Ayaan Hirsi Ali en 2006 (Koen van Weel/Reuters).

C’est ainsi que s’intitule l’ouvrage de Madame Ayaan Hirsi Ali, qui porte comme sous-titre : „Pourquoi l’islam nécessite une réforme“. Ce livre est paru en 2015 chez l’édition Knauss. L’auteure, diplômée en sciences politiques, mentionne principalement cinq points nécessitant une réforme dans l’islam :

 

1.                       Mahomet et le Coran ne doivent plus être considérés comme infaillibles.

 

2.                       Au lieu de spéculer sur la vie après la mort, il faudrait accorder une plus grande valeur à la vie avant la  mort.

 

3.                       La charia, qui est la loi islamique, devrait être mise en lien avec les droits humains.

 

4.                       Le pouvoir d’imposer le droit islamique ne doit pas être remis à un individu seul.

 

5.                       Le jihad doit cesser d’être considéré plus longtemps comme la ‚guerre sainte’. La violence ne doit plus avoir le dernier mot, même au service de la religion.

 

L’éditeur Norbert Copray, qui présenta l’ouvrage dans la revue allemande bien connue Publik-Forum, commenta : „Il s’agit là pour beaucoup de musulmans d’un travail de Titan. Un projet pour les 300 prochaines années.“

 

Pour ma part, il me semble que dans un certain sens ces cinq points pourraient aussi bien se référer au christianisme et à notre Eglise, avec de légères abstractions.

 

1.     La Bible, les évangiles et même la personne de Jésus ne doivent pas être considérés comme sans faille. Oui, même Jésus.  Le priver de son droit de se tromper, c’est lui retirer de son humanité. L’erreur est humaine. Dans la foi chrétienne, il est incontestable que Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ. Un homme infaillible, sans faute, serait un monstre. N’oublions pas, en outre, que les paroles de Jésus que nous trouvons dans l’Evangile, ont été notées et transmises par des hommes faillibles.

 

2.     Dans le christianisme également, on se préoccupe encore trop souvent de mériter le ciel plutôt que de s’engager ici et maintenant afin de vivre dans la paix et la justice.

 

3.     La charia correspond environ à notre droit canonique. Dans le droit canon, on rencontrerait également moins de résistance si on était plus enclin à respecter les droits humains – je pense ici aux inégalités constatées entre les hommes et les femmes et à l’obligation de célibat pour les hommes ordonnés dans l’Eglise catholique-romaine. 

 

4.     Dans l’Eglise catholique-romaine, le Pape est investi du pouvoir infaillible de décider seul. Même si on a constaté très souvent au cours de l’Histoire qu’il s’était trompé, également dans des questions de doctrine de la foi.

 

5.     Notre engagement en faveur de la foi et dans le combat contre le mal ne doit pas nous pousser à mépriser les personnes d’autres croyances ni à exclure de la société les pécheurs.

 

Donc nous avons aussi, nous les chrétiens, un „travail de Titan“ à faire. Espérons que nos projets ne mettront pas 300 ans à se réaliser.

 

 

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

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10/09/2015

Les saints

 

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Maximino Barezzo

 Il était une fois un petit garçon qui vivait dans une grande ville d’Allemagne. Cette ville possédait une magnifique cathédrale. Avec ses parents, le petit garçon allait parfois visiter cette cathédrale. Ce qui l’impressionnait le plus, c’était les grandes fenêtres avec ses figures colorées. Un jour qu’il demanda à ses parents qui étaient ces figures tantôt gaies et tantôt sévères, ils lui répondirent : « Ce sont des saints ».

 

Lors d’une leçon de catéchisme – le petit garçon y participait toujours avec grande attention – peu avant la Toussaint, le prêtre expliqua la signification de la fête et posa la question suivante aux enfants : « Savez-vous qui sont les saints ? » Le petit garçon leva vivement la main et répondit : « Les saints sont ceux qui sont traversés par le soleil ».

 

Quelle merveilleuse réponse ! Je ne suis évidemment pas persuadé que le petit garçon ait été conscient de la profondeur de sa réponse. Les saint sont ceux qui sont traversés par le soleil, ceux qui réfractent la lumière de Dieu.

 

Concentrons-nous encore un peu sur cette image. Nous constaterons alors qu’il n’y a pas d’alternative concernant les saints – comme dans les vitraux de la cathédrale. Si on couvrait les vitraux d’épaisse peinture noire, on n’y verrait plus rien. On pourrait aussi les retirer ou même les briser, alors nous serions aveuglés par la lumière extérieure de telle façon que nous n’y verrions plus rien non plus.

 

Pour y voir correctement, nous avons besoin des saints, nous avons besoin de ces personnages transparents. Pour avoir une idée de Dieu, il nous faut plusieurs saints. Je dirais, le plus grand nombre possible. Aucun des saints, aucune des saintes n’est capable de percer seul tout le spectre de la lumière divine. Nous avons besoin d’un Pierre et d’une Marie Madeleine, d’un François d’Assise et d’une Catherine de Sienne, d’une Edith Stein et d’un Martin Luther King ; nous avons aussi besoin de toi et peut-être même de moi pour pouvoir nous faire une idée de Dieu dans la multiplicité de ses couleurs et dans son immense tendresse pour les hommes.

 

Peut-être est-ce un peu audacieux de ma part de nous associer à la multitude des saints. Mais ne sommes-nous pas tous sanctifiés par le baptême et la confirmation ? Ne sommes-nous pas tous appelés à la sainteté ? appelés à être une lumière les uns pour les autres ? même si ce n’est qu’une petite ampoule ou une modeste lanterne …

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

 

 

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Les Saints

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maximino

Il était une fois un petit garçon qui vivait dans une grande ville d’Allemagne. Cette ville possédait une magnifique cathédrale. Avec ses parents, le petit garçon allait parfois visiter cette cathédrale. Ce qui l’impressionnait le plus, c’était les grandes fenêtres avec ses figures colorées. Un jour qu’il demanda à ses parents qui étaient ces figures tantôt gaies et tantôt sévères, ils lui répondirent : « Ce sont des saints ».

 

Lors d’une leçon de catéchisme – le petit garçon y participait toujours avec grande attention – peu avant la Toussaint, le prêtre expliqua la signification de la fête et posa la question suivante aux enfants : « Savez-vous qui sont les saints ? » Le petit garçon leva vivement la main et répondit : « Les saints sont ceux qui sont traversés par le soleil ».

 

Quelle merveilleuse réponse ! Je ne suis évidemment pas persuadé que le petit garçon ait été conscient de la profondeur de sa réponse. Les saint sont ceux qui sont traversés par le soleil, ceux qui réfractent la lumière de Dieu.

 

Concentrons-nous encore un peu sur cette image. Nous constaterons alors qu’il n’y a pas d’alternative concernant les saints – comme dans les vitraux de la cathédrale. Si on couvrait les vitraux d’épaisse peinture noire, on n’y verrait plus rien. On pourrait aussi les retirer ou même les briser, alors nous serions aveuglés par la lumière extérieure de telle façon que nous n’y verrions plus rien non plus.

 

Pour y voir correctement, nous avons besoin des saints, nous avons besoin de ces personnages transparents. Pour avoir une idée de Dieu, il nous faut plusieurs saints. Je dirais, le plus grand nombre possible. Aucun des saints, aucune des saintes n’est capable de percer seul tout le spectre de la lumière divine. Nous avons besoin d’un Pierre et d’une Marie Madeleine, d’un François d’Assise et d’une Catherine de Sienne, d’une Edith Stein et d’un Martin Luther King ; nous avons aussi besoin de toi et peut-être même de moi pour pouvoir nous faire une idée de Dieu dans la multiplicité de ses couleurs et dans son immense tendresse pour les hommes.

 

Peut-être est-ce un peu audacieux de ma part de nous associer à la multitude des saints. Mais ne sommes-nous pas tous sanctifiés par le baptême et la confirmation ? Ne sommes-nous pas tous appelés à la sainteté ? appelés à être une lumière les uns pour les autres ? même si ce n’est qu’une petite ampoule ou une modeste lanterne …

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

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04/09/2015

Un regard sur les débuts de l’Eglise (4)

 

 

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Un devoir de liberté

 

 

 

Il nous semble évident que l’affaire Jésus, telle qu’elle a été concrétisée dans le mouvement de Jésus au tout début, n’est pas applicable point par point à la communauté des origines. Lorsqu’il est question dans le Nouveau Testament des communautés de Jérusalem, de Corinthe, d’Antioche, d’Ephèse ou de Rome, il ne s’agit que d’instantanés. Chacune des communautés a dû tracer son chemin en fonction de ses fidèles respectifs pour correspondre à la dynamique de groupe de sa propre communauté et à son environnement socio-culturel et politique. Malgré les différences, on peut affirmer avec certitude :

 

1. Il n’a jamais existé d’Eglise chrétienne idéale. Même saint Luc ne peut nous abuser quand il écrit dans les Actes des apôtres au sujet de la communauté de Jérusalem : »Le groupe des croyants était parfaitement uni, de coeur et d’âme« (Actes 4,32). Luc s’est certainement senti obligé, au  milieu des années 80 du premier siècle, de présenter à ses lecteurs une image idéale des débuts, car la situation dans laquelle se trouvait la communauté de son temps était en vérité tout autre qu’idéale. Toutefois si nous lisons ses textes attentivement, c’est bien Luc lui-même qui nous apprend qu’au sein de la communauté de Jérusalem, tout n’allait pas pour le mieux au commencement.

 

2. Jésus n’a donné à ses fidèles aucune directive concrète concernant l’organisation des communautés. Les chrétiens des premières générations ont pris la liberté d’organiser leur Eglise en fonction des exigences et des nécessités de leur temps. Chaque génération avait – et a toujours – le souci d’organiser l’Eglise de façon à ce que l’affaire Jésus y soit suivie au plus près.

 

3. Ce qui compte, ce ne sont donc pas les structures, les titres ou les ministères. Ce qui compte, c’est la liberté que nous nous  octroyons des moyens et des chemins à suivre pour notre temps afin que l’affaire Jésus puisse se concrétiser au mieux dans notre monde.

 

4. Ce n’est pas en imposant partout sur la terre un modèle unique d’Eglise que cette dernière va se montrer équitable. Si l’Eglise veut vraiment être présente au monde d’aujourd’hui, elle doit s’incarner différemment dans les diverses cultures, sans craindre d’y perdre son identité. C’est plutôt en s’acharnant à vouloir conserver ses acquis et à persévérer dans l’immobilisme qu’elle la perdra.

 

5.     La liberté offerte par l’Esprit et à laquelle nous engage le Nouveau Testament n’a rien d’arbitraire et n’est pas une faveur; c’est plutôt la sorte de liberté créative qui ne peut se réaliser que dans la foi en Jésus le Messie et dans le débat interactif avec notre monde actuel, dans l’espoir d’une délivrance définitive.

 

 

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

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03/09/2015

Un regard sur les débuts de l’Eglise (3)

 

 

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Exemple : la communauté de Corinthe

 

La ville de Corinthe, métropole grecque, fut détruite par les Romains vers 146 av. J.-C. Environ cent ans plus tard, la ville fut reconstruite. On y avait installé des gens de provenances diverses: des soldats retraités, des ouvriers, des réfugiés qui trouvaient du travail dans l’industrie, dans la pêche, dans le commerce et le transport. Corinthe se développa et redevint rapidement une métropole moderne avec tout ce que cela comporte.

 

Les premiers pas. Au début des années 50 de notre ère, Paul fréquente la synagogue de Corinthe (Actes 18). Ses sermonts sur le Messie Jésus, crucifié et ressuscité, soulèvent des résistances. Alors les responsables de la synagogue lui en interdirent l’accès. Mais d’autres personnes souhaitaient l’entendre encore. C’est ainsi qu’un certain Justus, riche citoyen, mit sa propriété à disposition pour que les croyants en Jésus puissent se rassembler. Bientôt des non-juifs se joignirent à la communauté ainsi que de modestes gens du peuple, des travailleurs du port, des esclaves. Ils étaient tous très enthousiastes et fêtaient leur liberté nouvellement acquise. Paul pu alors continuer son périple et laisser la communauté poursuivre son propre chemin.

 

Mais déjà 2-3 ans plus tard, la communauté était en butte à de sévères tensions, risquant de la conduire à la division. Les lettres de Paul à la communauté faisaient, à cette époque, pratiquement toutes allusion à ces conflits.

 

Pas de ‚dirigisme’. Que peut entreprendre Paul face à ces formidables disputes à Corinthe ? Doit-il imposer des conditions à la communauté ? Faut-il qu’il y installe une direction claire, de l’intérieur ou de l’extérieur, à laquelle tous devront se soumettre ? 

 

Il ne fera ni l’un ni l’autre. Il respecte la communauté. Cela apparaît dès les premiers versets de l’épître (I Corinthiens 1,1-3). C’est la communauté de Dieu et non celle de Paul. Il reconnaît en chacun des croyants un être béni de Dieu, appelé par Dieu. Si les gens agissent ainsi c’est qu’ils sont guidés par l’esprit de Dieu. Même si tout ce qui se passe à Corinthe ne plaît pas à l’apôtre, il voit dans cette communauté le lieu où Jésus le Messie est vivant. Comment Paul en vient-il à parler de la communauté comme du corps du Christ ou du Christ vivant ? N’en doutons pas, Paul sait de quoi il parle lorsqu’il introduit le Christ dans le jeu. Il a vu de ses propres yeux le Christ crucifié et ressuscité (I Corinthiens 9,1); le Christ ressuscité lui est apparu (15,8); Dieu lui a révélé son fils (Galates 1,15-16).

 

La communauté en Christ vivant.  Paul sait également de quoi il parle lorsqu’il thématise la communauté. Ses expériences vécues à Corinthe furent très personnelles et concrètes; il y a vécu dix-huit mois en contact étroit avec les gens. Il savait très bien comment cela se passait dans une communauté humaine. Il connaissait aussi les besoins de la communauté : il y a ceux qui prêchent et qui enseignent, les prophètes et ceux qui viennent en aide aux autres, les leaders et ceux qui prient en silence.... (I Corinthiens 12).

 

Tout ceci est très complexe, confus et potentiellement conflictuel, mais d’autant plus sincère et concret. Et c’est l’expérience de Paul : l’affaire Jésus, la cause Jésus est vivante et tangible au sein de la communauté. Où donc Paul aurait-il pu rencontrer Jésus le Messie ailleurs que dans la communauté ?

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

 

 

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17/08/2015

Un regard sur les débuts de l’Eglise (2)

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La communauté de Jésus le Messie

 

Ces dernières années, la recherche scientifique a permis de corriger de façon décisive l’image de Jésus. On ne l’a plus opposé au judaïsme de son temps. Il était lui-même totalement juif et n’a jamais eu la velléité de renoncer au judaïsme ou même de créer une nouvelle religion. De plus, on a pu ancrer Jésus encore plus sûrement dans son environnement. Ses disciples hommes et femmes n’étaient pas ce qu’on appelle un club de ‚fans’.

 

Investis en faveur du Royaume de Dieu. On peut supposer que les gens de l’époque avaient reporté sur Jésus certaines attentes d’ordre messianique.  Est-il un prophète ? est-il le Messie ? Si on lit la Bible sans préjugés, on a l’impression que Jésus n’était pas très à l’aise avec toutes ces questions et ces attentes. Ce n’est pas de lui qu’il s’agit au coeur de ses prédications mais bien du Royaume de Dieu. Ces attentes d’un Messie présentes dans l’air du temps, il les attribuait au mouvement qu’il a créé pour annoncer la venue du Royaume de Dieu et sa mise en pratique. Quand on lui demande quand et comment arrivera le règne de Dieu, il répond en renvoyant à ses disciples, le petit troupeau, que le Père a trouvé bon de leur donner le royaume (Luc 12,32), ou à ceux qu’il a été donné le mystère du royaume de Dieu (Marc 4,11).

 

Solidaires avec les laissés-pour-compte. Les hommes et les femmes qui accompagnaient Jésus se distinguaient par le fait qu’ils étaient solidaires avec les personnes laissées-pour-compte, et ainsi eux-mêmes se sentaient marginalisés. Ils avaient perdu leur statut social et se trouvèrent bientôt parmi les méprisés, les impurs, les pécheurs; d’ailleurs les opposants à Jésus le prenaient pour un glouton, un buveur, un ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs (Luc 7,34).

 

Ceux qui suivaient Jésus constituaient un cercle communautaire égalitaire. Contrairement à d’autres groupements, nul n’était supérieur ou inférieur, pas de centre ni de périphérie (voir Marc 10,42-45 par ex.). Et surtout : les femmes ne valaient pas moins que les hommes. Si le cercle des apôtres en comporte douze, c’est en référence aux douze tribus. Et comme symbole, il n’est compréhensible que s’il est composé d’hommes car, parmi les patriarches on ne trouve pas de femmes. Ce ne sont toutefois pas les hommes qui importent, l’important c’est le souvenir d’un passé glorieux où le peuple, hommes et femmes, formait un royaume de prêtres et une nation sainte (Exode 19,4-6).

 

Pour les pauvres et les souffrants : une option prioritaire. Les accents posés ces dernières décennies par les théologiens de la libération et aussi – et non des moindres – par le Pape François sont déterminants. Jésus n’a pas seulement vécu lui-même pour les démunis en option prioritaire, il a également engagé ses disciples dans cette voie.

 

Même si l’Eglise aujourd’hui vit dans un contexte tout différent, elle ne pourra jamais s’écarter de ces particularités du mouvement de Jésus.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

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15/08/2015

Un regard sur les débuts de l’Eglise (1)

 

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 Ça a commencé avec Jésus de Nazareth

 

Ce que nous appelons l’Eglise a effectivement commencé avec Jésus. Ce qui ne signifie pas qu’il voulait fonder une Eglise. Il annonçait la venue du Royaume de Dieu et vivait en conséquence. Il a créé un mouvement, un groupe d’hommes et de femmes prêts comme lui à dépasser l’ordre établi et à le suivre, en s’appuyant uniquement sur le Père qui est aux cieux.

 

Les marginaux et les locaux. Mais où est-ce que ce groupe hétérogène a-t-il puisé courage et force pour se lancer dans une expérience de vie si radicale ? Ils étaient séduits par Jésus de Nazareth. En sa compagnie, ils faisaient l’expérience de la venue de Dieu. Ce qui les convainquait particulièrement, c’est de voir que Jésus partageait avec eux son charisme et sa mission. Comme lui, ils aspiraient à découvrir la venue de Dieu concrètement : ils allaient guérir les malades, délivrer les possédés et prendre soin des laissés pour compte (voir Luc 9,1-6; 10,1-12).

 

Si ces disciples ne possédaient rien, comme leur maître qui n’avait pas un endroit où reposer sa tête (Matthieu 8,20), ils ont toujours été reçus par des personnes qui leur étaient acquises, comme la belle-mère de Simon (Marc 1,29), Marthe et Marie (Luc 10,38-42), Simon le lépreux (Marc 14,3 ss). Toutes ces familles et groupes de sympathisants ont sans doute été à l’origine de communautés locales futures.

 

Diverses formes de succession. Par nécessité, la succession a dû prendre une tout autre forme. Autre, mais non moins engagée. Toutes ces personnes chargées de responsabilités dans leurs familles, leurs villages ou encore dans des associations ou à la synagogue et qui voulaient valoriser Jésus et sa démarche, ressentaient les tensions de leur monde encore plus fortement que celles qui avaient la possibilité de s’en distancier.

 

Si tant de formes de successions ont pu exister simultanément, c’est que tous s’en référaient au même Jésus de Nazareth, le Messie crucifié et ressuscité. Ils se sentaient appelés par lui, ils voulaient s’investir dans sa mission pour la prendre à leur compte. Les évangiles nous apprennent que dès les débuts, tout n’est pas allé sans heurts, des tensions et des conflits apparurent (voir entre autres Marc 9,33; 10,41). Une chose est certaine, le mouvement autour de Jésus – les prédicateurs itinérants comme les locaux – tiraient de Jésus-Christ leur modèle et leur engagement. Croire et pratiquer formait un tout indissociable.

 

L’esprit de Jésus. Que pouvons-nous retirer de tout cela pour notre vie dans l’Eglise ? Nous ne pouvons pas tout simplement appliquer à notre époque cette organisation du mouvement de Jésus. Si Jésus avait voulu laisser à ses disciples hommes et femmes une demeure prête à habiter, où tout est bien ordonné pour chacun, la jeune Eglise – mais également l’Eglise vieillissante – n’aurait pas eu à subir tant d’aléas et tant de ‘pannes’ au cours du temps. Jésus ne nous a pas légué de règlement ecclésial précis, mais son esprit nous confère bien plus de facultés que de suivre tout simplement un règlement communautaire, aussi clair et précis soit-il.

 

Hermann-Josef  Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

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27/07/2015

La Nouvelle alliance

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Maximino Cerezo

 Les théologiens et les prophètes de l’ancien Israël considéraient les relations entre Dieu et le peuple comme une alliance : Je ferai de vous mon peuple, et je serai votre Dieu comme l’exprime l’essentiel du message (voir entre autres Exodus 6,7). Pour Israël cela signifie qu’il s’engage à être fidèle à Dieu donc pour le droit et la justice, que la veuve et l’orphelin seront protégés, l’étranger et le réfugié trouveront un asile et les profits économiques ne seront plus les seuls critères pour le commerce. En résumé, on s’en tiendra tout simplement aux dix commandements.

 

C’est là qu’interviennent les prophètes en réprimandant le peuple qui crie sa misère, par exemple lorsqu’il souffre en exil à Babylone : „Ce n’est pas parce que Dieu vous a oubliés que vous avez été déportés, ce n’est pas parce que Dieu à rompu l’alliance que Jérusalem et le Temple ont été réduits en cendres, mais bien parce que vous ne vous en êtes pas tenus aux termes de l’alliance.“ C’est en substance les reproches des prophètes.

 

Le prophète Jérémie s’est demandé comment devrait se présenter une alliance avec Dieu pour que son peuple ne le trahisse plus. Il lui vint alors une idée remarquable (31,31-34):

 

Bientôt, déclare le Seigneur, je conclurai une alliance nouvelle avec le peuple d’Israël et le peuple de Juda. Elle ne sera pas comme celle que j’avais conclue avec leurs ancêtres ...... Celle-là ils l’ont rompue. ... Mais voici en quoi consistera l’alliance que je conclurai avec le peuple d’Israël, déclare le Seigneur: j’inscrirai mes instructions non plus sur des tablettes de pierre, je les graverai dans leur coeur; je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Aucun d’eux n’aura plus besoin de s’adresser à ses compagnons, à ses frères, pour leur enseigner à me connaître, car tous me connaîtront, déclare le Seigneur, tous, du plus petit jusqu’au plus grand. En effet, je pardonnerai leurs torts, je ne me souviendrai plus de leurs fautes.

 

Voici quelque chose de tout à fait nouveau. La condition de cette relation ne sera plus une loi imposée de l’extérieur. Dieu veut insérer cette loi à l’intérieur de l’homme, la graver dans son cœur afin que le désir de l’homme réponde au désir profond de Dieu, une relation intime ne nécessitant aucun intermédiaire, aucune autorité enseignante, aucun prédicateur. Tous, du plus petit au plus grand Le reconnaîtront et lui seront dévoués de tout leur cœur

Quelles perspectives ! mais .... pour qui ? et pour quand ?

 

Dieu  n’a jamais résilié son alliance avec Israël et n’a jamais fait d’un autre peuple son peuple. D’après notre texte, Dieu affirme par deux fois qu’il concluera une nouvelle alliance avec le peuple d’Israël et le peuple de Juda. Saint Paul ne pouvait pas le dire plus clairement : Dieu n’a pas rejeté son peuple, qu’il s’est choisi d’avance (Lettre aux Romains 11,2). Israël est le peuple de Dieu et le reste. Il serait complètement faux de prétendre que l’Église chrétienne a pris la place d’Israël. Est-ce que l’Église chrétienne pourrait prétendre avoir rempli toutes les conditions de la nouvelle alliance ? Nous les chrétiens, portons-nous vraiment les consignes de Dieu dans notre cœur ? Est-ce que Son désir est vraiment notre désir ?

 

Finalement Dieu n’a pu réaliser son rêve complètement ni avec Israël ni avec l’Eglise chrétienne. Mais puisque c’est le rêve le rêve de Dieu – Sa promesse – nous pouvons être sûrs que le rêve se réalisera, que la promesse s’accomplira  déjà dès maintenant – même si seulement sous forme d’ébauche – pour Israël, Son fils aîné (Exodus 4,22), puis pour ceux qui croient en Jésus le Messie et qui espèrent sa venue, et enfin pour le monde entier. Car tant Israël que les Églises – aussi longtemps qu’ils existeront – auront pour tâche commune de proclamer les œuvres magnifiques et la fidélité de Dieu jusqu’à la fin du monde (voir 1re lettre de Pierre, 2,9).

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

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Le regard de Dieu

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 Un jour, le Pape François aurait dit : „Dites-moi, quand Dieu regarde une personne homosexuelle, est-ce qu’il considère cette existence avec amour ou la juge-t-il et la repousse-t-il ? Nous devons toujours voir la personne même. Nous entrons là dans le mystère de la personne.“

 

Regarder avec les yeux de Dieuune idée très utile. Dieu ne voit pas prioritairement l’identité sexuelle d’une personne, et chez un couple de lesbiennes, Dieu ne regarde pas d’abord l’expression de leur sexualité. C’est peut-être notre façon humaine trop humaine de voir les choses. Je ne peux pas non plus me figurer que Dieu devant un homosexuel s’exclamerait : „Oh pardon, il y a là comme un défaut! Il va falloir arranger ça !“

 

Extrapoler n’est pas dans mes intentions quand on parle du regard de Dieu mais, soutenu par ma foi, j’imagine que Dieu face à un couple d’homosexuels leur dirait : „Je suis heureux que vous soyez là. Dommage que tant de gens ‚normaux’ ne le comprennent pas.“

 

Ce qui est important, ce n’est pas l’image que nous nous faisons des gays et des lesbiennes, des personnes bisexuelles ou transsexuelles, ce qui importe c’est l’individu même. De quel droit les réduisons-nous à leur identité sexuelle, à leur capacité ou non de reproduction? La personne homosexuelle vit, comme nous, dans son environnement particulier, avec ses soucis et ses préférences, ses coups du sort et ses peurs, ses joies et ses douleurs – et pas des moindres, celles causées par le mépris à leur égard des gens dit normaux. N’oublions pas de considérer les personnes dans leur ensemble et de les accepter dans tout leur être.

 

Tu ne te feras point d’image...c’est l’un des commandements de base du Décalogue. Il ne s’agit pas seulement d’interdire de se faire des images de Dieu, mais aussi des personnes. De toutes les personnes.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

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19/07/2015

Paix sur la terre

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Constantin Brancusi

Dans l’Évangile de Luc il est écrit que le messager de Dieu annonça aux bergers la naissance du Sauveur, du Seigneur. Il est dit aussi que tout à coup il y eut avec le messager une troupe nombreuse d’anges du ciel qui louaient Dieu en disant : Gloire à Dieu dans les cieux très hauts , et paix sur la terre pour ceux qu’il aime ! (Luc 2,10-14).

 

Dans nos églises, ce passage est lu de préférence à Noël, cette fête qui en appelle comme aucune autre au cœur

 

et aux émotions. Ainsi le côté politique de ce message n’a jamais vraiment pu s’imposer. Ce message était  – et est toujours – explosif et dangereux car la naissance de Jésus est manifestement en corrélation avec l’empereur régnant alors, Octave Auguste, qui s’était attribué le titre de sauveur et seigneur. La consolidation de la puissance de l’empire romain sur le monde s’est accomplie sous le slogan grandiloquent de „paix d’Auguste“ (pax augustana) ou „paix romaine“ (pax romana).

 

Si le messager de Dieu attribue le titre de Sauveur et Seigneur exclusivement à l’Enfant nouveau-né, et si la milice céleste réserve la paix exclusivement aux humains comme une faveur divine, alors le combat politique s’annonce sans équivoque. De nos jours les chrétiens sont placés devant un choix. Pour quelle forme de paix veulent-ils opter :

 

pour la paix impériale obtenue par la violence militaire, la suprématie politique, la répression économique, la richesse et le luxe

 

ou alors pour une paix qui va main dans la main avec la justice, la solidarité, la communication, le pardon, la réconciliation.

 

Notre profond désir de paix sur terre ne trouvera sa réalisation que lorsque l’homme cessera de confondre la paix avec le pouvoir, la domination, l’égoïsme et le développement économique. La paix ne se décrète pas sous domination.  La paix dont parle le messager de Dieu permet à tous les hommes l’accès à la prospérité, au partage équitable des richesses de ce monde, elle permet aussi de rencontrer l’étranger en toute sincérité, de soutenir le plus faible, de mettre en avant le plus petit, de reconnaître la dignité de chacun et chacune et enfin d’accueillir les exclus et respecter la création...

 

Mais pourquoi ne pas l’accepter comme un cadeau  de Dieu, comme une part essentielle de son plan créateur ?

 

Et pour la réalisation de ce plan, Dieu a besoin que nous collaborions dans l’amour.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

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14/07/2015

La dynamique de la vérité

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La plupart du temps, nous nous faisons de la vérité une idée figée, statique. Si c’est vrai, alors c’est comme ça. Deux et deux font quatre, c’est comme ça et c’est ainsi dans le monde entier. Et dans cent ans, ce sera toujours vrai.

 

Dans notre quotidien, cette conception de la vérité est tout à fait correcte lorsqu’il s’agit de comptes, de calculs, de mesures, de poids ; il y a des vérités scientifiques vérifiables, des lois physiques et naturelles auxquelles on peut se fier. Si je me jette à l’eau, je serai mouillé et si une tuile se détache du toit, elle tombera au sol.

 

Dans la plupart des événements de notre vie, ces conceptions de vérité ne suffisent pas : quand nous aimons, nous espérons, nous nous réjouissons et nous souffrons. Notre douleur lors d’un deuil ne se laisse pas exprimer en chiffres et en mesures, et je ne peux pas non plus dire aux enfants qui s’ébattent et qui rient : « ce que vous faites là ce n’est pas réel, ce n’est pas pour de vrai ! » Quand dans notre vie, il n’est pas possible d’exprimer quelque chose en chiffres ou en mesures, cela ne signifie pas que c’est moins ‘vrai’. Quand deux personnes qui s’aiment vraiment se disent « je t’aime », elles pensent chacune qu’elles disent la vérité – même si elles devront constater plus tard qu’on peut toujours ajouter un ‘plus’ à l’amour et à la vérité.  Dire ‘je t’aime’ n’est pas une affirmation absolue, une vérité figée. L’amour comporte toujours  une notion d’approfondissement, d’évolution.

 

Tout ceci est aussi  valable quand il s’agit de religion ou de théologie. Dommage que nous, les prédicateurs et les théologiens, l’oubliions souvent et donnions l’impression qu’il existe une vérité absolue à laquelle il n’y a rien à changer, elle nous est tout simplement donnée. Dans le sermon d’adieu de l’Evangile de Jean , Jésus exprime toute la dynamique de la vérité dans une phrase :

 

 ‘Quand viendra l’Esprit de vérité,

 

il vous conduira dans toute la vérité…’ (Jean, 16,13)

 

La vérité n’est pas tout simplement, et on ne peut pas non plus la détenir. L’Esprit qui vient nous conduira à la vérité dans sa plénitude.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

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08/07/2015

Le meilleur est au centre

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Il y a quelques années, un nouveau centre commercial fut construit dans une ville de Suisse romande. C’était une grande affaire, les préparations se menaient tambour battant et tout le monde attendait avec impatience son ouverture. Des affiches de couleur placardées dans toute la ville annonçaient l’événement. Les commerces importants implantés dans le centre commercial ont financé ces grandes affiches. Comme ce centre commercial est placé au centre-ville, près de la gare, tout le monde l’appelait LE CENTRE. C’est d’ailleurs toujours sa dénomination officielle. Ainsi sur chaque affiche on pouvait lire en grosses lettres : LE MEILLEUR EST AU CENTRE. Le meilleur est en votre centre ? On pourrait interpréter le langage  publicitaire ainsi : Le meilleur, le plus important, ce dont vous avez besoin, vous le trouverez au CENTRE, dans les nouveaux commerces.

 

On peut se poser la question : est-ce que le CENTRE est aussi notre – mon – centre ? Le lieu autour duquel tout tourne ? Autrefois c’était l’église qui se trouvait au centre de la ville, aujourd’hui c’est un centre commercial. On parle maintenant de temple de la consommation. Cette expression n’est pas si aberrante. Les gens ne se rassemblent plus autour du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, mais plutôt autour du Dieu qui s’appelle MAMMON.

 

Dans le 5e livre de Moïse, nommé aussi le Deutéronome, on dit de Dieu qu’ il est présent au milieu de son peuple ou présent au milieu de vous (voir 6,15; 7,21 p.ex.). Il n’est pas difficile de comprendre ce que cela signifie : Dieu veut être proche de son peuple et lui être profondément attaché.

 

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Maximino Cerezo Barredo

Selon les écritures, en notre centre ou en ton centre il y a Dieu. Mais il est aussi souvent question de l’étranger ou des étrangers – la plupart du temps mentionnés avec les veuves et les orphelins – qui vivent parmi nous (Deutéronome 16,11; 23,16.17 p.ex.). C’est justement pour ces gens au bas de l’échelle sociale que le Dieu d’Israël a une faiblesse particulière. Les démunis, les réfugiés, les étrangers ne sont pas des gens de seconde zone, ils doivent faire l’objet de tous nos soins, ils doivent se sentir bien au milieu de nous, ils sont ce que nous avons de plus précieux. Justement : LE MEILLEUR EST AU CENTRE.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

 

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04/07/2015

Dieu aime

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 Un jour, le Pape François aurait dit : „Dites-moi, quand Dieu regarde une personne homosexuelle, est-ce qu’il considère cette existence avec amour ou la juge-t-il et la repousse-t-il ? Nous devons toujours voir la personne même. Nous entrons là dans le mystère de la personne.“

 Regarder avec les yeux de Dieuune idée très utile. Dieu ne voit pas prioritairement l’identité sexuelle d’une personne, et chez un couple de lesbiennes, Dieu ne regarde pas d’abord l’expression de leur sexualité. C’est peut-être notre façon humaine trop humaine de voir les choses. Je ne peux pas non plus me figurer que Dieu devant un homosexuel s’exclamerait : „Oh pardon, il y a là comme un défaut! Il va falloir arranger ça !“

 Extrapoler n’est pas dans mes intentions quand on parle du regard de Dieu mais, soutenu par ma foi, j’imagine que Dieu face à un couple d’homosexuels leur dirait : „Je suis heureux que vous soyez là. Dommage que tant de gens ‚normaux’ ne le comprennent pas.“

 Ce qui est important, ce n’est pas l’image que nous nous faisons des gays et des lesbiennes, des personnes bisexuelles ou transsexuelles, ce qui importe c’est l’individu même. De quel droit les réduisons-nous à leur identité sexuelle, à leur capacité ou non de reproduction? La personne homosexuelle vit, comme nous, dans son environnement particulier, avec ses soucis et ses préférences, ses coups du sort et ses peurs, ses joies et ses douleurs – et pas des moindres, celles causées par le mépris à leur égard des gens dit normaux. N’oublions pas de considérer les personnes dans leur ensemble et de les accepter dans tout leur être.

 Tu ne te feras point d’image...c’est l’un des commandements de base du Décalogue. Il ne s’agit pas seulement d’interdire de se faire des images de Dieu, mais aussi des personnes. De toutes les personnes.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

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23/06/2015

L’estime

 

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 Lors d’une conférence des Indiens d’Amérique du Nord, il y a des années, le texte suivant fut publié :

 La clé pour comprendre la vie comme un tout, c’est l’estime. L’estime pour l’enfant, pour la mère, pour son chez-soi, pour la tribu, pour tous les hommes. L’estime pour les animaux et les plantes, pour le temps qu’il fait, pour le soleil et la lune, pour les étoiles, pour la Mère Terre, et par-dessus tout pour l’immense force spirituelle à l’origine de tout cela et qui rend la vie possible et radieuse et valant la peine d’être vécue...

 Ce texte a tout son sens. L’estime commence par l’enfant pour passer par les animaux et les plantes, le soleil et les étoiles et jusqu’à la force spirituelle à l’origine de tout, rendant la vie possible et radieuse.

 J’aimerais aller plus loin et réfléchir à ce que le mot ‚estime’ pourrait encore signifier. L’estime est lié au respect, à la bienveillance, à la reconnaissance; il exprime aussi l’intérêt à l’autre, l’attention, la gentillesse, l’attachement.

 Concrètement, j’ai de l’estime quand

 

- je prends le temps d’être attentif aux personnes de mon entourage,

 

- je suis à leur écoute pour comprendre leurs malheurs et leurs soucis afin de mieux les partager,

 

- j’accepte d’entendre leurs critiques constructives,

 

- je les prends au sérieux et suis prêt à entrer en matière pour toute proposition.

 

On pourrait continuer encore longtemps.

 

Pour moi il est important que mon estime ne repose pas uniquement sur l’efficacité de l’autre et sa bienveillance, mais bien sur l’entier de la personne, telle qu’elle est et sans attentes de ma part. En fait, l’estime pourrait vraiment être à l’origine de la compréhension du monde et de la vie.

 

D’ailleurs, ce simple mot ‚l’estime’ ne s’approcherait-il pas de ce mot que nous galvaudons souvent : l’amour ?

 Hermann-Josef Venetz

Traduction : Christiane Gaeumann

 

 

 

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17/06/2015

Devenir homme

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 Pour aucune autre fête chrétienne, on ne vilipende autant d’argent que pour Noël. Pourtant cet argent serait bien plus utile aux sans-abri, aux réfugiés.

 A Noël, dans notre relation à Dieu ce qui nous préoccupe nous les humains, c’est que Dieu se soit fait homme. Si Dieu était resté Dieu, nous saurions à quoi nous en tenir.  Tout serait clair, ici Dieu, là les  hommes. Ce Dieu que nous sommes toujours prêts à vénérer, à prier, à lui élever des temples, des églises, des autels et à financer ses prêtres, il peut bien nous coûter quelque chose. Mais la condition, c’est qu’il soit prévisible, qu’il garde ses distances, qu’il nous épargne de désagréables surprises, qu’il ne se mêle pas de nos affaires sans prévenir, car nous devons pouvoir compter sur une séparation claire entre religion et politique, entre les jours ouvrables et le dimanche, entre la foi et le business, entre le bien et le mal...

 Quand Dieu s’est fait homme, il a clairement dépassé les limites que nous, les humains, avions émises. Dépasser les limites, cela engendre de l’insécurité, de la peur. Ce qui nous dérange, ce n’est pas Dieu mais l’homme, plus précisément l’homme avec lequel Dieu s’identifie : le miséreux, l’exploité, l’impuissant, le réfugié. Et pour nous protéger de ce Dieu fait homme, de ce Dieu désarmé, tous les moyens sont bons à utiliser, même à pervertir la fête de Noël.

 Croire en Dieu fait homme nous pousse à prendre parti, de manière décisive et inconditionnelle, pour les plus petits, les plus faibles, les plus pauvres, les défavorisés, les hommes traqués et crucifiés.

 Croire en Dieu fait homme nous libère pour mieux croire en Lui – et à notre propre devenir d’homme.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

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15/06/2015

Rien qu'un enfant

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Segundo Domingo de Mayo

 Saint Luc raconte, dans son évangile, qu’un ange de Dieu est apparu la nuit aux bergers qui gardaient leur troupeau. Et l’ange a annoncé une grande nouvelle : dans la ville de David le Sauveur est né, le Messie, le Seigneur. Il leur donne aussi un signe pour le reconnaître.  Pas de lueur particulière ni rien de spectaculaire. Le signe est le suivant : ils trouveront un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire (Luc 2,12). Cela signifie un être faible, un petit enfant dans ses langes comme on en trouve des milliers. La seule différence est que cet enfant est couché dans une mangeoire.  Mais était-ce particulier à cette époque où sévissait partout la misère pour les sans-abri et les apatrides ?

 Sans doute qu’un enfant, et d’autant plus un nouveau-né, représente l’avenir, un nouveau départ, un nouvel espoir. Mais n’oublions pas qu’en ces temps-là l’enfant n’était pas toujours le bienvenu. Chez les historiens et les poètes, ils apparaissaient dans un même jet : ‘les femmes, les enfants, les esclaves’, c’est ainsi qu’on énumérait ceux qui se trouvaient dans les bas-fonds de la société.

 Mais 2000 ans plus tard, il ne peut y avoir de salut ni d’avenir sans que les hommes ne prennent garde à ces signes. Nous les nantis ne pourrons survivre que si nous sommes solidaires de cet enfant dans une mangeoire, c’est-à-dire solidaires avec les sans-abri, les apatrides, ceux qui souffrent de la faim, ceux qui souffrent d’exclusion.

 

 Hermann-Josef Venetz

 

Traduction:

Christiane Gaeumann

 

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07/06/2015

Laisser Dieu

 

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Comment pouvons-nous, au XXIe siècle, célébrer l’eucharistie de manière à ce que tous les participants se sentent concernés ? Un groupe de femmes et d’hommes responsables des liturgies s’est posé cette question. La perplexité régnait... Des diverses expériences exposées, celle d’un prêtre m’a donné à réfléchir.

 

Au début d’une eucharistie – expliqua-t-il – et après les salutations réciproques, nous chantons les louanges et rendons grâce. Ensuite nous ressentons comme un grand lâcher prise. Mais nous sommes pris par tant de soucis, d’obligations personnelles et professionnelles, par tant de déceptions, d’attentes, d’affronts, de vexations. Il est vraiment impossible d’énumérer tout ce qui nous détourne et nous écarte de l’essentiel, de l’important. Mais les listes sont ennuyeuses et superficielles, sans compter que l’on ne peut pas tout laisser en une fois. Ne prenons qu’un problème à la fois. Par exemple celui-ci : chaque jour nous ressentons de la déception: nous sommes déçus de notre voisine, de notre partenaire, de nous-même quand nous n’avons pas réussi un travail, déçus par notre propre impatience, etc. etc. Pour réussir à lâcher prise, nous avons besoin de temps, de beaucoup de temps et de beaucoup de calme. Cette sérénité bienfaisante marque le début de l’eucharistie. Non seulement nous lâchons nos déceptions mais nous les confions à Dieu, là elles sont entre de bonnes mains.

 

Dans le fond, nous pourrions tout lâcher, tout ce qui nous détourne, nous retient captifs ou nous tourmente. Nous serions déchargés et libres. Dans la liturgie – selon notre prêtre – une prière suit ce temps de recueillement et de lâcher prise.

 

Je trouve que c’est une bonne idée. Nous avons beaucoup à lâcher, nous devons nous libérer de ce qui nous encombre. Peut-être pour mieux faire place à Dieu.

 

Plus tard, une question s’est imposée à moi : Ne devrions-nous pas essayer de lâcher Dieu ? Le laisser être tel qu’Il est, libre, ne se faire aucune image de Lui, ne pas l’exploiter pour nos propres intérêts, ne pas l’enfermer ?

 

Le mystique Maître Eckhart (1260-1328) nous encourage : Laisser Dieu être Dieu.

 

Dans le même sens, Dieu se présente à Moïse devant le buisson ardent en disant : Je suis qui je suis, ce qui signifie : ‚Je suis là pour vous, je chemine avec vous, je suis avec vous. Je vous en prie, laissez-moi être celui que je suis.’

 

Maître Eckhart ajoute à sa demande de laisser Dieu être Dieu: afin qu’il me reste.

 

Ce n’est que lorsque nous laissons Dieu qu’il peut vraiment être notre Dieu.

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

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