26/07/2011

Des fleurs: pas de haine!

 

 

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Juste un petit message: des fleurs, pas de haine!

" BBC News  et TSR1"

Journal télévisé de la BBC: Vers 16h00, les Autorités des Forces de la Police norvégienne répondent aux questions en direct lors de la conférence de Presse au sujet de la tragédie de vendredi passé.

Les journalistes sont arrivés de l'Étranger.

Torrent de questions:

  • sur la lenteur de la Police partout

  • sur l'île d'Utoeya et pourquoi pas d'hélicoptère?

  • et pourquoi pas de sécurité armée sur l'île

  • et pourquoi si peu de prévention,

  • et que faites-vous maintenant

  • et qu'attendez-vous???

 

cinema.wizard.oz.funko.plush.tin.man01.jpgDes victimes, de leurs familles, de la douleur, des larmes et des fleurs, on en parle pas, c'est pas un scoop ça! Sommes-nous à ce point devenus des « hommes et femmes au cœur rouillé comme l'homme de fer du Magicien d'OZ ??? »

 

La réponse du responsable de la Police, comme c'est le cas depuis vendredi dernier face aux médias internationaux, comme ce vient d'être dit à la TSR 1 à 19h30 dans l'excellent reportage de l'envoyé spécial (tsr) Laurent Burkhalter:

 

  • laissez donc les Norvégiens se soutenir les uns les autres

  • faire le deuil

  • enterrer les êtres aimés

  • soigner les malades et les traumatisés

  • s'occuper des familles et amis des victimes

  • prier comme ils le sentent

  • offrir des fleurs au lieu d'invectives et de cris de haine

     

  • Enfin et c'est le plus précieux des messages: le chef de la Police déclare, avec une héroïque simplicité:

     

« Under a Police uniform, there is room for a feeling, a heart! »

« Sous l'uniforme du policier, il y a un cœur, un sentiment! »

 

images (38).jpgAmis fonctionnaires, toutes catégories confondues, si votre cœur est à ce point rouillé ou empaillé ou paralysé ou creux, il est grand temps de soigner ce précieux muscle, avant de poser des questions! Si vous ne pouvez pas: rejoignez le club des robots!

 

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11/06/2011

L'ESPRIT SAINT en 2011

 

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Veille de Pentecôte 2011 Juste le moment d’une réflexion.  La prière, c’est l’expérience de l’Amour en moi. En nous. Jésus avait besoin de se retirer sur la montagne ou au bord d’un lac pour faire cette expérience d’union avec son Abba et le nôtre.

Il avait alors la force de l’Esprit pour se plonger dans la société de sa région. Plus il se sentait un avec le peuple opprimé par l’Institution ecclésiastique des synagogues et par le pouvoir de Rome, plus il se sentait pris par l’Esprit divin, plus il se sentait poussé à l’action. Seul, très seul d’abord, puis avec une poignée de gens, femmes, hommes qui semblaient partager sa vision, des laïcs comme on dit. Au contact de Jésus, eux faisaient aussi l’expérience d’un souffle, ne sachant trop d’où Il venait ni où Il les conduirait.

Plus les gens exploité, courbés, paralysés, méprisés, tourmentés par les docteurs de la Loi et les grands prêtres, plus les muets, les sourds, les lépreux, les aveugles levaient les yeux vers ce Jésus qui faisait corps avec eux dans sa proximité. Les pauvres attendent Jésus dès leur naissance dans cette vallée de larmes. L’attente, c’est déjà la présence de Jésus. Ils nous touchent et on le sent. Les pauvres osent alors crier ce qu’ils sont et ce qu’ils vivent dans cette société aux structures perverses, injustes, vraisemblablement immuables. Ils osent crier leur révolte aux idoles du pouvoir, de la richesse, du prestige, de l’égoïsme de groupes institutionnalisés et rattachés à la Synagogue, flirtant avec Rome. Une élite exclusive !

Jésus ne méprisait personne, même pas les institutions, mais  son union avec les grassroots, le peuple d’en bas, fut le déclencheur de son engagement irréversible et inconditionnel pour la libération et la dignité humaine des pauvres et des opprimées. Tous. Comme l’écrit magnifiquement Joseph Comblin, ce grand théologien de la libération, « L ‘irruption de l’Esprit est toujours l’heure de l’irruption des pauvres » (p.186 in « L’Esprit Saint », Ed. Du Cerf 1994). Et en ce temps de Pentecôte 2011, l’irruption des pauvres, le « Printemps des Peuples » est l’irruption de l’Esprit ! Et si nous avions l’idée de célébrer ce printemps de Pentecôte sur notre monde demain et les jours suivants, de célébrer la souffrance, le sang martyres pour que jaillisse le feu que Jésus est venu répandre de l’Orient à l’Occident ([Luc 12:49-53]) et que la construction laborieuse de la famille de Dieu avance ! En devenir conscient, c’est un don de l’Esprit. Des hommes, femmes, enfants qui se sentent capables de sourire à la vie, à la société. Malgré tout !

Et n’oublions pas que demain 12 juin 2011 est « la Journée mondiale contre le travail des enfants :

http://www.ilo.org/ipec/Campaignandadvocacy/WDACL/lang--fr/index.htm

Malgré « ces millions d’enfants de moins de 18 ans astreints à des travaux dangereux, par exemples

Agriculture

Le travail des enfants et les conflits armés

Exploitation sexuelle commerciale des enfants

Travail domestique

Mines et carrières

Traite des enfants

Comme conclut vigoureusement Joseph Comblin, « L’expérience de l’Esprit n’exclut pas, mais inclut la vie de souffrances et de persécutions qui fut le sort des premières communautés. Elle est joie au milieu des tribulations. Une joie dans les larmes ! »

 

21:39 Publié dans Spiritualités | Tags : enfants | Lien permanent | Commentaires (0)

10/06/2011

Esprit Coeur Tête

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Le luxe de méditer pendant que le tunnel brûle :

 

simplon2.jpg« Une cinquantaine de pompiers ont été mobilisés. Ils n'ont toutefois pas pu atteindre les wagons en raison d'un dégagement de chaleur extrêmement fort. Ceux-ci se trouvent à environ trois kilomètres de la sortie sud du tunnel, sur territoire italien. Merci à eux pour leur courage ! »

Crédit: Tribune de Genève

Méditer sur la Pentecôte, et sur l’Esprit Saint  doit faire sourire Notre Créateur. Dieu. Tant les deux ne sont qu’UN. Les occidentaux  sont imbus de chiffres ! On sépare et on additionne, ensuite, on dit que c’est un mystère. Comme la Sainte Trinité par exemple. Un mystère que l’on accepte tel quel : incompréhensible.

 

« Dieu est Esprit et ceux qui l'adorent doivent L'adorer en esprit et en vérité ». (Saint Jean IV, 20)  Et le Saint Esprit de la Pentecôte que les chrétien essaient de célébrer, c’est l’Esprit de Jésus en chacun de nous et dans l’espèce humaine.

 

Jean-XXIII.jpgSuivre Jésus aujourd’hui, c’est permettre à son Esprit d’agir en nous tous au cœur de notre monde. Comme le fit le bon Pape Jean XXIII.

Comme je le comprends, c’est le Souffle (Je préfère le mot « souffle » à « turbomoteur ») de notre énergie afin, s’il y a lieu, de dénoncer l’injustice avant d’annoncer le contraire !

 

Juste un exemple personnelle : Il y a des années, les supérieur(e)s m’avaient demandé de témoigner de la réalité de l’Apartheid en Afrique du Sud ici, en Suisse. Témoigner me semblait être « dire le vécu », ce que je fis  avec le feeling et les mots du vécu, la mise en situation d’un « incident », avec les mots de ce vécu, un CRI parfois. (voir le film CRY FREEDOM Richard Attenborough et Steve Biko).

 

La réaction de mes compatriotes – à quelques exceptions près – était : « C’est émotionnel ! » En allemand et en anglais, idem ! Et je me suis appliquée à contextualiser en faisant « l’analyse sociale »  qui impliquait parfois le rôle pro apartheid du monde des finances en Suisse. Alors, en plus du terme « émotionnel » on  eut tendance à dire que le vocabulaire était « marxiste ». En plus il fallait éviter de culpabiliser les auditeurs qui se sentiraient moins généreux pour soutenir des « projets » ! (Je n’avais d’autre projet que celui d’aider à prendre conscience de la chose).

 

Puis j’ai réfléchi sur ce « problème d’émotion et de marxisme » et je n’ai pas trouvé de solution à moins de trahir la situation et moi-même !

Avec l’âge je suis devenue sage et, à la manière de Nelson Mandela, j’ai essayé l’astuce des images, la provocation des questions afin de permettre la mise en lumière du système d’apartheid racial, social, économique, ecclésiastique.

 

Je me suis souvenue de la réflexion Sr Camille disait au sujet de notre réalité images (17).jpgd’apartheid qui empêchait les relations humaines : « When the heart aches and the spirit bleeds ».  Lorsque le cœur fait mal et que l’esprit sue des goutte de sang ! Traduction inadéquate !

Une tête et un cœur : comment concilier cela quand c’est perçu en tant que deux choses séparées ?

A force d’essayer, l'Esprit de Jésus est devenu le lien entre la tête et le cœur qui: quelle audace! ne devrait plus faire qu’UN !!! C’est peut-être cela, la Pentecôte ?

 

 

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09/06/2011

En route vers la Pentecôte

 

 

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Week-end de Pentecôte

Ici et plus loin

Esprit originel

Esprit de Jésus aujourd’hui

Credo libérateur

Le week-end de Pentecôte en Occident, beaucoup l’attendent pour se reposer, pour fêter, danser, aller faire un tour, se réunir en famille et c’est très bien ainsi ! Les travailleurs ont besoin de « souffler » comme on dit et de se dé-stresser et c’est très bien.

En Occident chrétien, des liturgies minutieusement préparées seront célébrées, des chants, la prédication du pasteur et du prêtre,  dans les temples, les églises. Puis on s’en ira en se souhaitant les uns aux autres : Bonne Pentecôte et puis…  « qu’est-ce que tu fais demain ? » Et chacun fera ce qu’il peut faire ou ce qu’il juge bon de faire dans sa réalité propre. Tout ça, c’est très bien car, sans ces « haltes » rafraîchissantes, l’homme glisserait plus rapidement encore dans la machine robotique exigé par le système économique . Merci donc pour la Pentecôte, le Week-end et la force qu’on en retire.

L’esprit originel : On se souvient cependant que la Pentecôte originel est une expérience de vie, de respiration, de souffle ! Du Big Bang et des eaux frissonnantes au tout premier Souffle ! Et puis, l’Esprit vit, avance dans l’espace-temps, anime,  crée, libère de l’inertie et du chaos, il se fait homme. Et il arrive que, même moi, un être humain comme des milliards d’autres, j’en suis consciente, parce que, simplement l’Esprit est une expérience de vie tendue de tout son être vers l’accomplissement du royaume de Dieu. De sa communauté.

Le chaos : l’inertie, le « dead weight » (ecclesiastique notamment) est lent, très lent à se laisser façonner par la main du divin Potier. Tout révèle le rapport de force fatalement inégale entre les bâtisseurs de communautés humaines nées de l’Esprit d’une part, et la puissance institutionnalisée des empires tous azimut d’autre part. L’actualité en témoigne ! Regarde le monde et tu comprendras « le printemps ensanglanté des Peuples .»

Cependant l’expérience de pentecôte, reste le souffle, aujourd’hui comme au « début », Il vient des lieux les plus inattendus, du Moyen Orient peut-être, des couloirs de la mort du Texas, de Fukushima, du fin fond de la Chine des rizières, des abris de la protection civile abritant nos réfugiés, de la table d’une famille partageant le pain de Vie. L’expérience de l’Esprit très personnelle au sein des foules qui suent pour obtenir, du travail de leurs mains: le Pain quotidien. Le contre-courant du Capital.

Une étincelle d’énergie, s'enflamme et luit à l’appel de Jésus, Esprit selon saint Luc 12, 49-53 : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et comme il m’en coûte d’attendre aider_a_combattre_le_cancer_ttpp.jpgqu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. » Jésus nous avertit que « le disciple ne sera pas au-dessus du Maître! (Luc 6, 40) Rien de plus actuel que cette Parole de Jésus dans notre monde en 2011.

Pendant une semaine, à notre Maison Provinciale bien loin d'ici, je me suis nourrie de la sagesse d’un théologien sur le CREDO dans les églises et dans les communautés religieuses. J’ai été fascinée par le fait que, au-delà du « Credo de Nicée récité », revient, naturellement, avec insistance, le défi  du « Credo en Dieu » présent au cœur de la souffrance des pauvres et des marginalisés de notre société.

Le Credo pour la Pentecôte de ce dimanche rejoint la pensée de Léonardo Boff et de Dorothée Sölle, apôtres de L’Esprit de Pentecôte aujourd’hui, chez nous. Mais prions:

(Dorothée Sölle, citée par Leonardo Boff in "Jésus-Christ libérateur", Cerf, p 245)

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2009/10/24/15553032.html

« Je crois en Jésus-Christ:
c'était
un homme seul qui ne pouvait rien faire
impuissant comme nous,
mais il a lutté pour que tout change
et c'est pour cela qu'il fut exécuté.
Devant lui nous sentons
comme notre intelligence est sclérosée,
notre imagination étouffée,
nos efforts vains,
car nous ne vivons pas comme il a vécu
et chaque jour nous fait craindre
que sa mort ait été vaine
lorsque nous l'enterrons dans nos églises
et que nous trahissons sa révolution
dans la soumission craintive devant les puissants.
Je crois en Jésus-Christ
qui a ressuscité dans nos vies
pour que nous nous libérions
face aux préjugés et à l'arrogance du pouvoir,
de la crainte et de la haine
et que nous fassions avancer sa révolution,
vers le Royaume. »

21:38 Publié dans Spiritualités | Tags : credo | Lien permanent | Commentaires (0)

08/06/2011

Mercredi avant Pentecote

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Heder Camara

« Jésus vint à Nazareth où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :

L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé

porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,

annoncer aux prisonniers qu’ ils sont libres, et

aux aveugles qu’il verront la lumière,

apporter aux opprimés la libération,

annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur." » (Isaïe 61: 1 Saint Luc 4:18)

 

Ce soir, consciente d’être au cœur d’un monde tourmenté et tumultueux, le pauvre, la pauvre, qui a besoin de la Bonne Nouvelle de Jésus c’est moi. Ma pauvreté a de nombreuses facettes : physiques, psychiques, intellectuelles, humaines tout simplement. Il est bon d’écouter l’Esprit aimant m’encourager, comme Il sait le faire.

 

La prisonnière qui a besoin de liberté, c’est aussi moi. Prisonnier/prisonnière de mon EGO orgueilleux, prisonnière de la peur des « qu’en dira-t-on ? ». Prisonnière d’une mentalité dépassée mais rassurante !

 

L’aveugle qui attend la lumière, c’est moi ce soir ! Pour voir mes limites, pour percevoir les attentes et les limites des autres, pour voir mes potentialités et les leurs !

 

L’opprimée qui a besoin de libération, c’est encore moi. L’oppression de sentir que le système, après tout, me protège, y compris l’ecclésiastique parfois !!! L’oppression de la peur de l’effort. L’oppression du « moindre effort ! »

 

C’est moi qui ai besoin de l’énergie de l’Esprit, comme on a besoin d’une énergie toujours renouvelable mais que Dieu ne nous impose pas ! Besoin d’ouvrir mon cœur et mon intelligence à L’Esprit pour le courage de continuer la route.

 

Moi, c’est Claire-Marie bien sûr. Et c’est aussi toi, le balayeur de rue, le videur de poubelles, l’évêque, le politicien, le patron et l’employé. La femme de chambre, doyen, le banquier. Le chômeur ! L’ami, tous les amis.

L’Esprit de Jésus nous guérit, c’est son « job » et sa passion ! On dit aussi : sa Mission qu’il accomplit avec nous chemin faisant.

 

07/06/2011

L'Esprit dérange

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L'Esprit qui dérange

 

Introduction :

Je me souviens du lieu, quelque part auprès d’un petit ruisseau pierreux au Cap (Afrique du Sud). Nous étions un groupe mélangé (en terme de race, d’ethnie, de nationalité, de classe, de croyance) Une motivation commune nous rassemblait : c’était que chaque homme a droit à sa dignité d’homme. Ce que niait le système. Notre animateur était Albert Nolan, un frère dominicain, un grand et authentique théologien, et nous étions en train de réfléchir sur « Jésus avant le Christianisme » (Nolan (Albert) L'Evangile de la libération ) Et comme c’était son habitude, Albert s’inspirait des paroles de Grassroots, nous afin de construire son livre. Et tout d’un coup, Albert dit : « Ce qui est important, c’est l’Esprit de Jésus aujourd’hui ». J’avais suivi moult cours de théologie par correspondance, mais cette simple phrase fut un mûrissement, une révélation de ce qu’implique « Suivre Jésus dans le pays de l’Apartheid » selon Paul de Tarse qui résume ainsi: dans I Cor 13,11: « Quand j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je jugeais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; mais lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. »

Réflexion :

Un enfant hérite de certains gestes spontanés de son père et de sa mère, par exemple ce petit hochement de tête rapide à l’annonce d’une nouvelle intéressante, un éclat de rire ou la manière de permettre aux larmes de couler en tournant le dos à tous.

En grandissant, l’adolescent, le jeune adulte aura les traits plus accentués de l’un des parents.  Plus tard encore, avec le passage des génération, on dira, « Oui, Paul avait l’esprit de son père, ou de sa mère, ou de ses aïeux ».  Cet  Esprit hérité n’a rien d’un copié-collé, c’est l’énergie qui poursuit  son déploiement, parfois en faisant preuve de fantaisie et d'imagination,  grâce à la courroie de transmission générationnelle.

Cet Esprit est toujours surprenant : Il nous propose  l’audace et l’humilité de prendre Jésus au sérieux, et c’est extrêmement ardu car, en Occident du moins, les Institutions craignent le Souffle « inattendu » de l’Esprit surtout quand il souffle des racines vers les sommets comme le dit le cher Isaïe (11 : 1-3)

 

« Un surgeon poussera de ses racines.
Sur lui reposera l’Esprit de Yahvé,
esprit de sagesse et d’intelligence,
esprit de conseil et de force,
esprit de connaissance et de crainte de Yahvé :
son inspiration est dans la crainte de Yahvé.
Il jugera, mais non sur l’apparence.

Il se prononcera, mais non sur le ouï-dire. »

 

Ce rejeton sorti de la source de Jesse, c’est le Verbe fait humain, tout homme, tous les hommes, IL respire, Il est le souffle de l’espèce humaine, le souffle de la Terre. « L’Esprit Saint est simplement l’Esprit de Jésus .»

(« Suivre Jésus aujourd’hui », Novalis Cerf, 2009, p 239 par Albert Nolan).

Jésus savait qu’il était bon qu’Il s’en aille afin de libérer ses apôtres et disciples de leur dépendance envers sa présence. Et de poursuivre sa Mission de libération, d'une manière collective et reponsable, partout dans le monde ! Il met sa confiance en nous en nous disant qu’il est bien davantage agissant en nous, sur les chantiers du monde, plutôt que « hors de nous » dans des temples et des cathédrales.  Les mots que rapporte le bien-aimé disciple Jean, (voir Jean 14 14-21, Jean 16 7-15) sont pleins d’une infinie tendresse. Oui on a pas honte de pleurer de reconnaissance en percevant dans le sens des mots, SA voix!

Il nous avertit pourtant que le « Monde n’aime pas la vérité » Et Jésus avait osé cette affirmation face à Pilate,  « Je suis la Vérité » (Jean 14 :6). On choisit le chemin de la lutte.

Annoncer la Bonne Nouvelle, cette Vérité incarnée, n’est pas une affaire de diplomatie, de doctrine, ni de dogme, c’est une Mission accomplie avec l’humble énergie de l’Esprit aujourd’hui par celles et ceux qui sont sans domicile fixe. Et qui cheminent, « faisant le Bien » (Actes 10:38). Faire le bien, selon la praxis de Jésus, consiste aussi à dénoncer les systèmes, à renverser les trônes, les pouvoirs, les dominations. Je n’invente pas, sa maman exultait le chant d’une combattante de la Liberté alors que son fils n’était pas encore né ! (Luc 1 : 46-55) Jésus a donc de qui tenir et personne ne m’en voudra de dire cela, car Il aimait sa mère, et Il nous aime. Et l’Esprit tressaille déjà dans son entourage, chez Elizabeth, et bien au-delà.

Je continuerai demain.

 

 

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17/05/2011

Pourquoi c'est comme ça?

 

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Pourquoi c’est comme ça ?

Lundi matin, la catéchiste s’efforçait d’aider les enfants, de 10 à 12 ans, à prier. Une méthode consiste à montrer de belles images : les beautés de la nature, les saisons, les rivières, les chats, les oiseaux, les chevaux… Les enfants explorent et choisissent une image qui leur convient, la contemplent et dans le silence arrivent Celui qui est au-delà, le créateur de la beauté… ! Ils restent quelques instants, tête à tête avec Lui. Quelle belle prière.

 

Et pourtant une image parmi d’autres montrait la vérité de notre société : des enfants réfugiés en pleur que nos policiers renvoient d’où ils viennent. Qu’importe, c’est la loi. L’image de mendiants arrêtés au coin des rues, la main tendue : « à vot bon cœur ».

 

La petite fille du « Caté » s’arrête devant ces images si proches de notre actualité et demande : « Pourquoi c’est comme ça ? » . Sœur Gilberte m’a raconté combien cette question enfantine la poursuivait ! Et moi donc !

 

La question de l’enfant rejoint celle du vieillard. Quel que soit l’espace de temps entre les deux : « Pourquoi c’est comme ça ? » est la question théologique qui nous confronte et reste sans réponse. A moins que…

 

Qu’une « Bonne sœur soit miraculeusement guérie pour satisfaire à Jean-Paul II », alors que, pendant ce même temps, des milliers, des millions de personnes, dont une majorité d’enfants, crèvent littéralement de faim, de soif, de maladies diverses … Que des milliers d’autres viennent de décéder ou ont tout perdu suite aux graves intempéries de ces derniers mois, et j’en passe ! Parmi ces personnes précitées, n’y en a-t-il pas qui ont pourtant beaucoup prié ? Nous sommes-nous pas dans la triste théologie de la prédestination ?  Dieu choisirait « les siens » et abandonnerait « les autres autres » !

Les autres, c’est qui ? Regarde le monde et tu sauras.

La question lancinante de l’enfant et du vieillard : « Pourquoi c’est comme ça ? » n’a pas de réponse.

Il est facile de croire en Dieu quand tout est beau, quand tout semble bon et bien. Quand le chant des oiseaux  le cricri des grillons, le regard des enfants au Marché du jeudi,  les étoiles dans le ciel noir, la  noblesse d’une pivoine, le parfum d’un lilas, ou, simplement, le regard amoureux de deux êtres  enlacés …  ouvrent les pétales de ton cœur et tu te sens UN avec l’adorable créateur.  Face à la beauté, il  ne s’agit pas de croire en Dieu, la foi est superflue, puisqu’il s’agit d’une expérience de Vie. Jésus a fait cette expérience, sur les rives du lac de Tibériade, et tôt le matin dans les forêts d’oliviers, en compagnie d’enfants, de femmes, de gens éparpillés sur son chemin. Cette expérience a marqué Jésus au-delà de sa crucifixion.

 

Mais ce qui est difficile, au-delà de la raison, c’est de réciter ces mots « Je crois en Dieu » alors que, selon Jésus, Lui, se trouve aujourd’hui en prison et attend là, il est nu,  sans toit et attend là, il est étranger, éternel migrant et attend là,  et Oh ! il a faim et attend … qui ? quoi ? « Pourquoi c’est comme ça ? »

 

Cette attente… et le défi, c’est peut-être un essai de réponse à la question de la fillette et à la mienne. Je dis peut-être car, vraiment, si tous les chrétiens, moi y compris,  relevaient le défi comme le fit Jésus chez lui, on saurait qu’Il est vraiment ressuscité, et pas pour rien.

(Je m’inspire de la Réflexion de Jean-Baptiste Metz : Memoria Passionis, cm)

14/05/2011

Comme ça pourrait être simple !

 

 

Trouver un évêque comme Matthias

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aujourd'hui

 

Un évêque, selon Jésus, c’est un pasteur. Un pasteur connaît des ouailles et vice-versa. Un évêque, c’est un successeur des douze apôtres, choisi comme pour Matthias, parmi les disciples, afin de prendre soins des membres du mouvement -  les adeptes de la Voie – rassemblés en petites communautés de base, de vie, de partage, de foi. L’évêque peut être membre d’une des communautés tout en étant disponible à toutes. L’évêque doit les visiter, les écouter, les encourager, les guérir, leur parler de Jésus parfois, mais avant tout, l’évêque doit être un frère de tous, il doit être prêt à se mouiller pour faire justice aux petits et aux pauvres s’il veut suivre Jésus.

Si le pasteur évêque disparaît pour une raison ou une autre, le « collège » ou le groupe d’ évêques restants ont le devoir de demander conseil aux fidèles, de choisir avec eux quelqu’un qui serai, lui, confirmé évêque par et pour ses ouailles et par le collège des « onze ».

 

Après la mort de Jésus, les « onze » apôtres se mirent à chercher un « douzième » afin de combler le vide qu’avait laissé Judas. Aujourd’hui, 14 mai 2011, dans les églises, l’évangile a raconté ce qui s’était passé en lisant les  Actes des Apôtres 1,15-17.20-26). On présenta deux disciples qui avaient connu Jésus: Joseph Barsabbas, surnommé Justus et Matthias. Puis l'assemblée fit cette prière : « Toi, Seigneur, qui connais le cœur de tous les hommes, montre-nous lequel des deux tu as choisi. On tira au sort, et le sort tomba sur Matthias, qui fut dès lors associé aux onze Apôtres. »

C’était normal, on n’en fit pas l’éloge, raconte « La Légende dorée ». Matthias se mit à la tâche, ayant reçu en partage la Judée, où il se livra avec ardeur à la prédication, il devait beaucoup se déplacer pour rejoindre les petites communautés chrétiennes dispersées dans toute la région.  Il allait son chemin « faisant du bien », comme Jésus.

Avant qu’il fut choisi – tiré au sort – on ne savait quasiment rien de lui. D’autres sources racontent que Matthias était trois ans plus jeune que Jésus, qu’il serait né à Bethlehem, que son nom signifie « Don de Dieu », qu’il aurait été invité aux Noce de Cana et que Jésus l’aurait invité à se joindre au 72 disciples. Mais il resta effacé. Quoiqu’il en soit, c’est dans les Actes des Apôtres qu’il apparaît pour remplacer Juda comme cité plus haut. Et j’aime bien Matthias.

Avec plaisir, j’ajoute qu’en Gruyère, j’entends dire que Matthias est un  Saint de Glace et qu’il est le patron des charpentier et des tailleurs.

Mais à l’époque des origines chrétiennes, voilà comment cela se faisait! Point de Hiérarchie, ni d’enquêtes secrètes, « On avait foi  et confiance à la prière à l’Esprit saint des petites gens !»

Aujourd’hui, on en est douloureusement témoins, on fait des listes, on les scrute, on les refait. Une deux, trois, je ne sais. Les médias en parlent.

Si on prenait Jésus au sérieux, réellement et vraiment vivant dans le plus petit de nos frères et sœurs, comme cela simplifierait les choses « les modes d’emploi. »

 

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Nous les  « ouailles » nous sommes votre raison d’être et vous devrez rendre compte devant le Seigneur de votre Mission envers Jésus qui a dit à Pierre « Pais mes brebis, pais mes agneaux ».

Même s’il faut prendre en considération le développement de l’institution, il existe dans la communauté des chrétiens de notre Eglise locale, régionale, de nombreux « Apôtres » fidèles, aptes, qu’ils soient charpentiers, tailleurs, diacres, journalistes ou porteurs de Bonnes Nouvelles. Nous en connaissons. Pourquoi ne pas prendre le risque de la confiance ! Le risque de la confiance en l’Esprit qui anime chacun !

Vous, qui hésitez depuis de longs mois, répètent des prêtres et des fidèles impatients, vous qui connaissez bien l’honnêteté des fribourgeois, des vaudois, des genevois, vous en connaissez comme nous, peut-être même pas aussi bien que nous, n’ayez pas peur pour forme, pensez aux contenu et appelez-les, tirez au sort.  Comme le veut Vatican II : « Retournez à vos origines, Go back to your roots ! », c’est-à-dire à l’Esprit des premières communautés chrétiennes !

Et s’il vous plaît, permettez à ce « serviteur » qui aura été choisi, de prendre place au dernier échelon de l’échelle ecclésiastique. Ils s’y sentiront moins seuls. Et les fidèles aussi. Voir Tribune de Genève.

 

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04/05/2011

Cuernica

images (23).jpgSi jamais vous mettez les pieds dans ma petite hutte à angles droits, bien nommée KATUTURA,  votre regard se portera par de-là la fenêtre sur les vieux tilleuls  de la Place du Marché sous un ciel  aux nuages  et soleil en liberté !

Sur les trottoirs les gens de Bulle, pas trop pressés, des enfants aux mains des grand-mamans ou blottis dans des poussettes à côtés des peluches poilues!

En deçà de la fenêtre, l’espace et l’ordinateur qui, patiemment attend la frappe sans stress  de mes doigts. Au mur, le « Christ au désert » cadeau d’un ami honoré qui n’aurait jamais imaginé l’influence du grand Ivan Nikolaïevitch Kramskoï sur moi.  L’Esprit du Christ au désert est hors cadre et hors image. Je l’écoute et le découvre dans le petit livre des Évangiles. Il met en lumière l’actualité comme je la perçois en moi, autour de moi et dans le monde, par le « World Wide Web ».

Chacun perçoit et ressent l’actualité de son Businessmen on World Wide Web.jpgpoint de vue. De sa réalité. Cela donne de l’importance au World Wide Web et, lorsqu’il y a échange et débat – aussi contradictoire – d'un blog à l'autre, le regard de Jésus pénètre le tissu social et favorise la prise de conscience collective toujours plus profonde. Notre manière d’être et d’agir s’humanise. Des petites lumières d’espérance défient les ténèbres.

Ces ténèbres sont représentées, sur le mur fané de mon bureau, juste à côté du Christ au désert et c’est le large tableau de Cuernica : « Guernica est une lutte révolutionnaire par la peinture, le manifeste politique de Picasso et l’emblème de la participation du peintre aux drames de son temps : la violence, la barbarie et la guerre. » Je veux participer à cette lutte révolutionnaire en permettant au regard de Jésus de dire son jugement, selon la souffrance des victimes de notre Cuernica aujourd’hui :

Nos chômeurs, nos « surplus people », nos blessés par l’arrogance confrontés aux méandres de l’Assistance sociale et de l’Assurance invalidité…

Les gens assoiffés de spiritualité, les « pauvres d’esprit » sans importance face aux fastes ecclésiastiques déversées sur les écrans TV, leur seul passe-temps !

Les « faibles dans leurs corps », incapables de se défendre contre les actes de pédophilie.

Des milliards d’individus marginalisés, exclus « parce qu’il n’y a aucune place pour eux dans l’économie, ils ne sont ni producteurs, ni consommateurs. Ils ne sont rien du tout. » (A.N).

Les mendiants: en Suisse, par exemple, là où il y a encore des « couvents », des personnes bien intentionnées envoient ces mendiants à la « porte des Pauvres des bonnes Sœurs. » Honneur à elles, bien imparfaitement, elles partageront.

Mais pour les mendiants, ce partage humiliant, est une petite lueur d’espérance.

Le partage pourrait s’élargir, bien au-delà des heures d’ouverture de « Caritas », et de « Couvents » et prendre le chemin rugueux orienté vers la justice économique. Et l’engagement politique !

Aujourd’hui, j’aurais souhaité prier pour que s’allument des lumières d’espérances au Cuernica du Pakistan, de la Syrie, de la Libye… J’ai, hier soir, écouté Infra rouge au sujet de Osama Ben Laden. L’un des participants a dit : « On ne donne pas les morts en spectacle .»

images (1).jpgCuernica n’est pas un spectacle, c’est une réalité qui nous concerne. Elle m’oblige à prier avec Jésus. Mais c’est un CRI. « C’est une transcendance par en-bas. C’est tout. Dieu s’est rendu proche ! » (J.B. Metz)

Ah! J’oubliais autre chose que celui/celle qui mettrait les pieds dans mon petit bureau trouverait: C’est une belle famille de chevaux des Franches-Montagnes photographiée par mon ami Pierre, c’est le Doubs et son enclos et c’est la mer agitée de Van Gogh et ce sont les photos de petits enfants qui font leur apparition dans ce qui ne devrait jamais être, pour eux, Cuernica !

 

21:55 Publié dans Spiritualités | Tags : cri | Lien permanent | Commentaires (2)

30/04/2011

Vive le mois de mai

 

 

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Vive le mois de mai !

Mai, mois fleuri, mois béni.

 

Et qu'une pluie douce désaltère notre terre épuisée

Comme une peau flétrie de chagrins discrets!

 

Et que l'abondante rosée revienne à chaque aurore

caresser nos joues d'enfants

ôter nos taches de rousseurs

rendre nos cheveux bouclés et soyeux!

 

Et que des millions de fleurs réjouissent nos yeux

Et que notre bétail boive l'eau qui devient notre lait!

Vive la merveille du mois de mai!

Et que l'eau devienne notre or bleu à chérir, à partager !

Que nous chantions avec notre frère François d'Assise:

 

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« Loué sois-Tu, mon Seigneur,
pour sœur eau,
qui est très utile et humble, précieuse et chaste. »

 

Vive le 1er mai et la fête des travailleurs

Vive le patron des ouvriers, des grévistes, des syndicalistes

Joseph de Nazareth et  sa famille!

Et vive ce pain quotidien

Fruit de la terre et du travail de leurs mains précieuses

Rugueuses, belles et douces !

 

Gerrit_van_Honthorst_Holy_Family_in_the_Carpentry_Shop_525 (1).jpgGerrit van Honthorst

 

Vive ce mois de mai, le mois de Marie de Nazareth

La mère de famille du Quart-monde

L'épouse de Joseph, la cuisinière, la boulangère, la lavandière

Vive cette famille élargie de la classe ouvrière

Source et force de lutte pour une société

qui se construit à partir de la base!

 

 

 

22:12 Publié dans Spiritualités | Tags : travail | Lien permanent | Commentaires (0)

25/04/2011

LYTTA BASSET

L'invincible Souffle du Ressuscité aujourd'hui

 

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L'invitée du journal de la radio Suisse Romande ce Lundi de Pâques est un message de Libération:

Lytta Basset, philosophe et professeur de théologie à l'Université de Neuchâtel, active dans des associations pour le développement durable et contre la violence

Lundi, 25 avril 2011 à 07:41

Présentation partielle: La spiritualité c'est la recherche du souffle, qui nous déplace, et qui nous fait bouger dans nos relations avec les autres". Le clivage n'est plus entre protestants, catholiques, juifs ou musulmans, selon Lytta Basset, mais entre ceux "qui sont d'accord de bouger et ceux qui ne le veulent pas, ceux qui sont figés". Pourquoi les églises se vident-elles? "C'est le signe d'une quête spirituelle, les gens n'ont plus envie de chapelles, dans tous les sens du terme". Donc, ouvrons-nous, pour ressentir ce souffle.

Je suis ravie de partager de message pascale avec tous et le plus largement possible.

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« Le vent souffle où Il veut et on ne sait d'où Il vient sinon de Jésus ressuscité! » C'est la dynamique pascale. Que nos Églises traditionnelles et nos Institutions ne soient plus des éteignoirs d'Esprit. Qu'elles laissent le Souffle pascal renverser les murs de toute nature. Alors le Printemps des Peuples sera aussi le Printemps des Églises. C'est dans la force de la nature!



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24/04/2011

IL EST VRAIMENT RESSUSCITE

 

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Christ est ressuscité ! — En vérité, Il est ressuscité ! (gaulois)

Christ is Risen! — Indeed He is risen! (anglais)
Cristo e' risorto! — Veramente e' risorto! (italien)
Harisutosu Fukkatsu! — Jitsu ni Fukkatsu! (japonais)
Ukristu uvukile! — Uvukile kuphela! (zoulou)

Marie Madeleine, l’amie de Jésus par excellence, le reconnaît d’abord, après qu’il se fut échappé du tombeau ! Il lui confie son désir : « Va dire aux autres, qu’ils partent pour la Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

Jésus évite d’amblée que ce tombeau devienne un lieu de « pèlerinage.» Vide. Lui se trouve là où Il a dit qu’il EST : dans nos Galilées mondialisées. C’est au milieu des foules, qu’Il souhaite construire son royaume, sa famille. Le signe de sa présence : c’est que ses disciples montrent qu’ils sont solidaires les uns des autres, leur mission centrée sur la réalisation d’un projet commun : « Le mouvement qui permet à tous les humains de prendre conscience de leur dignité humaine. » Il a donné l’exemple. Il a dit qu ’ Il EST le Chemin à suivre.

Les tâches confiées à son mouvement fort de la « résurrection » en direct, c’est

« Annoncer aux captifs la délivrance
Et aux aveugles le retour à la vue,
Renvoyer en liberté les opprimés,
proclamer une année de grâce du Seigneur'. » Luc 4, 16-21

Aujourd’hui. La mappemonde brille. L’espèce humaine a faim et soif de justice. Sortons donc de nos multiples tombeaux vides et hâtons-nous en Galilée. En salopettes, en bras de chemise, sans compte en banque, sans gardes de corps, sans armée, avec le seul invincible Pouvoir de sa résurrection aujourd’hui.En direct!

Notre Galilée suisse : Il s’agit du Pain quotidien : http://www.seco.admin.ch/themen/00374/00375/00376/index.html?lang=fr

Jésus n’est pas ressuscité pour rien. C’est un chèque en blanc à être utilisé intelligemment, politiquement au quotidien. H.J. Venetz le dit merveilleusement dans « Der Evangelist des Alltags. Streifzüge durch das Lukasevangelium, Venetz, H.-J., Freiburg/Schw. 2000 A. Nolan „Suivre Jésus aujourd’hui“ Ed Novalis cerf ou tout simplement dans les évangiles, un tout petit livre grand comme le monde.

Et permette au levain de faire monter la pâte !

Joyeuse fête de Pâques de votre claire-marie aussi!

 

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23/04/2011

SAMEDI SAINT 2010

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Samedi Saint 2011

Réflexion personnelle


Le corps inanimé de Jésus a été mis dans le tombeau qu’aurait prêté « Joseph d'Arimathie, ami de Jésus, mais qui se cachait par crainte des juifs. Il demanda à Pilate l'autorisation d'enlever le corps de Jésus. Pilate le lui permit » Jean 19, 38.

Après avoir enveloppé le corps de Jésus dans un Linceul, il le déposa "dans un tombeau tout neuf où personne n'avait été mis" précise Saint Jean. C’est « tout neuf… vide jusque là ». Je souris de la simplicité de Jean à moins qu’il n’ait voulu dire autre chose.

Pour moi, ce Samedi Saint est paisible. Le pire est passé : la souffrance, mourir, participer à la mort d’un être aimé. Lui, comme l’a si bien dit Georges Haldas, est « Hors espace temps » et nous restons derrière, marchant laborieusement vers cette nouvelle manière d’être ! Il n'y a plus d’horloges, de fractions de seconde pour gagner ou perdre une épreuve sportive. Le temps, c’est l’argent : c’est fini. Tuer le temps, idem ! Selon moi, ce n’est pourtant pas l’éternel extase face au Dieu Glorieux. Alors que nous nous sommes habitués à Jésus, homme comme nous. Je ne sais pas et c’est bien comme ça.


Mais je voudrais partager comment j’ai pressenti le « hors espace-temps » : «C'était quelque part dans l’herbe près d’un petit ruisseau qui mêlait son chant à celui des oiseaux tout proches, et la sensualité de l’herbe printanière, la douceur de cette terre helvétique dont notre corps est fait parfaite. » Consciente de la plénitude du moment présent, j’ai repris le cours du temps chronologique alors que la montre avait fait bien des tours à mon poignait.


Itou en Afrique du Sud aussi, en compagnie d’amis, en solidarité faite d’abandon et de responsabilité et de célébration d'avenir. Là on priait que le temps s’arrête.

Dans son tombeau d’emprunt, Jésus repose hors espace-temps. Comme la Talitha (petite fille en aramaïc) (Marc :15). Jésus est appelé, il arrive à son rythme. Elle est morte lui assure-t-on! C’est réglé, les lamentations redoublent, c’est la tradition.


Jésus dit : « Elle n’est pas morte, elle dort ». Les gens se moquent de Jésus. Eux, ils savent, c’est la Tradition ! Jésus les mets à la porte sauf le père et la mère qui l’accompagnent près de la couche de Talitha : « Viens petite fille ! » Jésus la prend par la main, Talitha sourit à la tendresse de Jésus qui réveille et redonne vie, énergie ! Jésus ne fait pas de reproche. Il dit simplement : « Donnez-lui à manger ! » Pas de médicaments : le pain et du coeur avec!

En 2011, combien de Talitha meurent de faim, combien de vieillards dans ces ble.jpgtombeaux d’emprunt que sont les homes médicalisés crépusculaires. Combien de « mise en terre » des pauvres sans présence autre que le croque-mort.  Combien de fosses communes ? Tous, tous, sont la substance de ce corps du Christ reposant dans son tombeau tout neuf. Dans le « labeur » de la graine enfouie jusqu’à l’aube (Jean 12 :24). Dans cette nuit prometteuse ...


 

13:11 Publié dans Spiritualités | Tags : tombeau | Lien permanent | Commentaires (0)

22/04/2011

Vendredi Saint 2011

 

 

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Vendredi Saint 2011

Il n’est pas étonnant que Jésus ait été épié, soupçonné, menacé, puis arrêté, jugé, condamné et exécuté selon la méthode de l’époque, la crucifixion.

Il n’était pas un malfaiteur de droit commun, c’était un amant des gens les lus méprisés, les enfants, les femmes. Agitateur politique, il influençait, soulevait les masses, il était donc un dissident, souverainement libre dans son attitude, sa parole, ses actions,  (A. Nolan) il dérangeait l’Institution, les trônes, les dominations ! Sa motivation ? L’empathie pour les gens, pour celles et ceux qui souffrent. Il s’identifie à eux. Ceux de son temps et ceux de notre temps. Donc ce Vendredi Saint 2011 n’est pas anodin. Ce n’est pas une liturgie à part de l’intolérable agonie de notre prochain, proche et lointain. Il ne faut pas que, ce que la liturgie montre de Notre Seigneur, cache qui Il est : « Incarnée dans l’espèce humaine d’aujourd’hui. »

Jean-Baptiste Metz se demande si « Dans l’abîme insondable des souffrances de l’Histoire humaine, nous n’avons pas relégué le cri des hommes, à la légère hors de la Passion et de la mort de Jésus ? N’avons-nous pas relégué les souffrances intolérables infligées aux vulnérables dans le domaine du « séculier » ? Alors que c’est justement "en partant de la réalité de cette Histoire « séculière » de la souffrance que le Fils de l’Homme vient à nous" et vérifie la pratique d’un Credo trop facile à réciter ?

Ce Vendredi, mémoire de la souffrance de Jésus, est prégnant de la souffrance des victimes de  l’Inquisition, d’Auschwitz, des anonymes dans les sous-sols de nos cités,  du Moyen Orient, des hommes de l’ombre, des reclus, des immigrés, des clandestins, des mendiants ! Ces « chiffres » additionnés des statistiques de l’Histoire contemporaine ? Il ne faut pas, dans notre liturgie du Vendredi Saint, vider l’Homme du Golgotha, de son contenu : Les victimes  de l’injustice de tous les temps ! Dieu vraiment fait Homme « Dans cette union scellée mystiquement entre la Passion du Christ et les passions souffertes par les hommes ! » (Mat., XXV)

L’empathie globalisée, l’accueil de la souffrance de l’autre change notre regard, cela implique « L’engagement concret face à cette souffrance étrangère… et  nous invite à nous situer nous-mêmes et à adopter les critères de jugement de ceux qui souffrent … et à supporter ce regard et ce jugement un peu plus longtemps que nous le permettent les réflexes spontanés que nous impose le souci de nous affirmer nous-mêmes…dans cette compassion intervient la « mort du Moi » exclusif ».

Et ce n’est pas facile, on se révolte, on crie comme Jésus « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15 :34) ou comme la vieille africaine déportée de force et jetée dans la déchetterie d’un dumping ground avec les siens alias surplus people : « Oui, dit-elle, le Seigneur s’en est allé.»

« Regarde le monde et tu comprendras »

Je suis infiniment reconnaissante à Jean-Baptiste Metz et à toutes celles et ceux qui m’aident à approfondir le sens de la Vie en ce Vendredi Saint 2011. « Memoria passionis », Ed. Du Cerf 2009, J.B. Metz; « A la place du Mort » Ed. Bernard Campiche 1997, Gilbert Salem)

 

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21/04/2011

JEUDI SAINT

 

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Jeudi Saint 2011

C'est le souvenir du Pain partagé. Le souvenir des boulangers, des moissonneurs, des semeurs de graines, des laboureurs d'une terre qui appartient à ceux qui la travaillent!

Le pain, le travail, la terre, c'est un bien commun, c'est un droit humain. C'est le droit à la Vie.

Dans la Bible, il est question de terre, de travail, de pain, de repas partagé, de vie.

Il est question de propriétaires, de rois, de riches, d'exploités, d'exploiteurs, de guerres et de souffrance.

Il est question de la voix des prophètes, Jérémie, Isaïe, Michée qui crient sur les toits que le pain est la vie pour tous. Les pouvoirs tuent les prophètes.

Jésus arrive et se trouve dans cette même réalité d'injustice, d'exploitation, d'oppression, d'asservissement à l'empire par le biais chefs d'Israël. Ce jeune Israélien voit, analyse, ressent en lui-même l'intolérable souffrance des petites gens. Il a le don de l'empathie. Il se rend compte aussi que le système déshumanise les humains et que grands prêtres et chefs des temples prêchent la loi au nom du Dieu tout puissant « Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt» (Mt 23:4). Jésus dénonce pour annoncer!

Jésus voit, il sent, la souffrance des opprimés devient la sienne mais pas dans une docilité morbide au statut quo, non, dans l'action pour un monde meilleur, ressuscité!

Dieu a créé l'homme debout. Jésus consacre sa vie terrestre à promouvoir la prise de conscience des opprimés de leur dignité humaine. Comme Paulo Freire, Dag Hammarskjöld , Helder Camara, Romero, Jon Sobrino, et tous ceux et celles qui nous sont connus l'ont fait et le font toujours. Comme l’Abbé Pierre qui dit: « La première règle avant d'agir consiste à se mettre à la place de l'autre. Nulle vraie recherche du bien commun ne sera possible hors de là. » Tous ceux-là et tant d'autres croient en l'être humain. Ils savent que, seul, le partage du pain, de l'eau, de la terre, du travail permettra la survie de l'espèce. Mais Jésus à voulu plus qu'une survie: « Je veux qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en plénitude » (Jean 10:10).

Le message de ce Jeudi Saint, c'est s'aider les uns les autres en commençant par se soigner les pieds, et c'est partager le Pain quotidien. 20100605-Zamay-ConsecrationEglise-RepasDanseuses-600px.JPGDonc le Pain de Vie. Cela nous oblige à l'engagement politique pour un changement de structures.

Plus simplement dit en ce Jeudi Saint : « La fraction du pain comporte une exigence de partage avec tous ceux qui ont faim de pain et de justice ». Vous pouvez trouver plusieurs de mes notes au sujet du Pain, de l'Eucharistie , de la Justice qui forment un tout organiquement lié en Janvier 2010 à l'adresse internet:

www. http://clairemarie.blog.24heures.ch/archives/date/201001.html




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20/04/2011

Mercredi Saint 2011

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Mercredi Saint 2011

 

Je reste préoccupée par la question de mon étudiant d'il y a si longtemps, Bernard Phiri: « Si Dieu m'aimait il ne m'aurait pas fait noir en Afrique du Sud? ». La question et le cri d'une multitude d'êtres humains aujourd'hui. Les liturgies très occidentale de cette Semaine Sainte me renvoient l'écho de ce cri lancinant toujours plus proche dans le temps, l'espace. La mouvance du présent. Où trouver le sens?

 

Encore une fois J.B. Metz sera ma référence. Et je me permets de le citer abondamment. Que ressent Jésus aujourd'hui?

« Le regard de Jésus ne s'est pas d'abord porté sur le péché des autres, mais sur leur souffrance. Le péché était, à ses yeux, le refus de participer à la souffrances autres... un abandon au narcissisme secret qui habite toute créature. C'est ainsi qu'a débuté le christianisme comme communauté du souvenir qui inscrit ses récits dans l'imitation de ce Jésus historique dont le regard se porte en premier sur la souffrance d'autrui.

 

C'est cette sensibilité élémentaire à la souffrance de l'autre qui caractérise la manière nouvelle dont Jésus a vécu, Cette approche de la souffrance n'a rien à voir avec le dolorisme, avec un culte morose de la souffrance. Elle est bien plutôt, dans le refus de tout sentimentalisme, l'expression de cet amour auquel pensait Jésus lorsque – se situant par là pleinement dans la mouvance héritée d'Israël – il parlait de l'unité indissociable de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain: l'attachement de Dieu à la souffrance est celui de l'empathie, il est dans l'acception « politique du terme » une mystique de la compassion. Quiconque reconnaît «Dieu »  au sens où l'entend Jésus est prêt à payer le prix au préjudice de son intérêt personnel qui s'impose dans l'immédiat et auquel le malheur de l'autre porte atteinte. Voilà ce que suggère la parabole du « bon Samaritain » par laquelle les récits se sont inscrits dans la mémoire des hommes. »

Pour Jésus, au contraire parfois des formulations de l'Institution, il s'agit d'abord de l'empathie qu'il ressent avec nous, liés que nous sommes à la souffrance des hommes aujourd'hui, plutôt que de la Rédemption des coupables.

Relever le défi du regard de Jésus est encourageant et laborieux.

 

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19/04/2011

MARDI SAINT 2011

 

 

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La Passion du monde en 2011

Ah ! Non ! Si Dieu m’aimait, il ne m’aurait pas fait noir en Afrique du Sud (Bernard Phiri).

Ah ! Non ! Si Dieu m’aimait, il n’aurait pas permis qu’on me méprise parce que je suis étranger et miséreux en Europe.

Ah ! Non ! Si Dieu m’aimait, je ne serais pas né au Zimbabwe sous Mugabe, en Libye sous Kadhafi, ni nulle part ailleurs !

Je n’ai pas demandé à naître ni en Palestine ni en Israël ! Ni Juif à Auschwitz, ni Arabe à Abou Ghraib. Si Dieu m’aimait, serais-je candidat au suicide, à la drogue, à la pédophilie ?

Est-ce que Dieu est concerné ? Et Jésus ? Face à la Passion du monde ? Concrètement. Le théologien J.B. Metz dont je parlais hier, dit sa conviction que je fais mienne depuis bien longtemps.

« La souffrance du monde est bien trop facilement relativisée à l’aide de la doctrine chrétienne de la Rédemption. Jésus est le témoin de la vision biblique qui révèle la justice de Dieu »  (Jean-Baptiste Metz)

 

« L’empathie précède la compassion » (Albert Nolan)

« La compassion ? Qu'en est-il ? Regarde le monde et tu comprendras » ! écrit Metz

Il est trop facile de donner, par pitié, des réponses superficielles à ces questions, d’invoquer la foi, et dire que Jésus a souffert et qu’il est mort pour nos péchés. Quels péchés ? Le péché d’être né pauvre, affamé assoiffée de justice ? Ou la souffrance de l’injustice structurée ? Ces questions sont d’une actualité brûlante au moment où j’écris. Et ce serait lâche d’éluder la question du doute sur l’Amour de Dieu. On le dit « Tout-Puissant » mais il permet la cruauté, les injustices, les désastres naturels, dévastateurs, les tremblements de terre, les tsunamis à répétition, Haïti si vite oublié sauf pour les Haïtiens, Fukushima, Tokyo, et les cancéreux et les sidéens. Nous devons faire face à la souffrance, au mal, aux doutes de nos frères et sœurs, car cela authentifiera les liturgies de cette semaine à condition  qu’elles soient nourries de la Passion de notre monde. Et qu’elles soient centrées sur Jésus au cœur de la Passion de notre temps. Aujourd’hui.  « Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde: il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. » Blaise Pascal.

Etre conscient de ce « Chemin de Croix » est peut-être une ébauche d’écoute aux questions sans réponse possible.

 

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18/04/2011

LUNDI SAINT 2011

 

 

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La Semaine Sainte : Lundi

Réflexion surgie du temps de l’apartheid

L’apartheid met à part des humains selon le critère de couleur de peau. C’est un système étanche et légalisé. Sa base est un nationalisme socialiste chrétien. La conscience individuelle est violée. Qui ne se soumet pas aux lois est classé communiste et athée !

Je faisais partie d’une communauté religieuse dans le cadre de l'Église catholique officiellement reconnue par le gouvernement en place. La hiérarchie catholique joue l’ambiguïté : Elle obéit aux lois, prêche l’obéissance à ses membres et aux personnes qu’elle convertit au baptême. Elle enseigne les dogmes et le catéchisme  aux néophytes. Elle forme la conscience de gens ayant au fond d’eux-mêmes la conscience de leur propre culture ancestrale. Elle formate la personne humaine. Le système est gardien de la loi et de l’ordre et une espèce de « paix » règne dans le pays.

En tant que Sœur enseignante, je seraisappréciée et promue à la mesure de ma docilité. J’en ai pour preuve ce qui se passe autour de moi. Et que je n’accepte pas : parce que ma conscience socialisée croule face à l’absurde. Mais les structures géographiques, raciales sont rigides. Elles forment une mentalité dominante dominée.

J’en arrive au point de décision : dans un geste et une attitude audacieuse, choisir mon camp, prendre parti, rejoindre celles et ceux qui suivent la route de la conversion et ne plus faire « Comme Si ». Dans le cœur de tout homme, il y a une lumière qui dit : « Fais ceci, évite cela .» (Constitution Gaudium et Spes : 16. Dignité de la conscience morale, No 1)

Prendre parti signifie abandonner le Dieu tout puissant pour découvrir le Dieu faible  dans la personne du « Serviteur souffrant » (Is 53, 4,7) : Jésus de Nazareth. Ne pas « faire option » et rejoindre la lutte des exploités et des dominés, par plaisir mais par fidélité à soi-même d'abord et à Dieu.  Par respect pour sa dignité humaine propre, et par soif de trouver un SENS à la vie.

C’est l’enfantement laborieux d’un mouvement anti apartheid interracial.  Un réseau de relations qui construit un avenir commun en commençant par rien d’autre que le défi de l’injustice et la solidarité qui se forge avec prudence et endurance.

C’était d’autant plus dur que nos responsables étaient tiraillées entre leur loyauté envers les autorités pro apartheid qui permettaient notre présence sur le territoire d’une part, et d'autre part, notre loyauté critique de « dissidents » envers l’institution dont nous dépendions physiquement.

C’est en ce moment de Kairos, que nous avons découvert deux personnes prophétiques, car les prophètes existent et j'en connais :

La première, celle qui est venue à point pour m’éclairer et me fortifier à un moment de crise : 9782204088541FS.gifJean-Baptiste Metz, un théologien allemand qui venait de publier des articles que maman m’envoyait sur « Une théologie politique » et « Une Théologie du monde » (en français, Paris, Cerf 1971) La pensée de Metz a positivement influencé la théologie de la libération. La théologie de la libération s’est développée en une Théologie contextuelle en Afrique du Sud. Elle m’inspire et me soutient aujourd’hui comme « Spiritualité contextuelle ».

Pourquoi écrire ceci en ce premier jour de la Semaine sainte ? Par reconnaissance pour Metz dont cette seule phrase était une bouffée d’oxygène pour nous : « Une communauté religieuse doit être le lieu ou des personnes engagées pour la lutte auprès des pauvres, doivent trouver soutien et encouragement. »

J’écris ceci aussi parce que je viens de recevoir le livre de ce même Jean Baptiste Metz « Memoria passionis » ou "Dire Dieu à partir de la souffrance des hommes". Selon le Journal « La Croix », «La foi chrétienne n'est pas seulement 419010530.jpgcantique, mais cri» : la théologie doit se soumettre à l'autorité de ceux qui souffrent.  La souffrance de Dieu – que l’on éprouve – doit être une réplique passionnée et impatiente du malheureux en attente de Dieu. » La deuxième personne au courage prophétique est Albert Nolan qui a écrit « Jésus avant le Christianisme! »

Ainsi, cette Semaine Sainte 2011 peut être solidaire de ce printemps oriental, mondial, y compris occident aussi! Si on prend au sérieux Jésus.

 

15:13 Publié dans Spiritualités | Tags : metz | Lien permanent | Commentaires (0)

17/04/2011

Dimanche des rameaux

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Entrée du christ à Jérusalem, Hippolyte Flandrin

L’ânesse et l'ânon  de Jésus aujourd'hui

Meditation dominicale

Jésus n’a rien écrit. A part quelques traits qui ont fait fuir les légistes d’Israël ! Il a vécu au milieu des gens. Il ne devint intéressant que lorsqu’il a fait des choses nouvelles dans des réalités quotidiennes. Il avait appris la Thora à l’école ou à la synagogue. Mais apparemment, il n’a jamais eu de débats avec ses parents à ce sujet. C’est au Temple qu’il a confronté des enseignants de la Thora ! Du jamais vu. J’en déduis que Jésus avait l’oreille fine,  une intelligence curieuse et instinctivement critique, parce qu’il savait écouter! Et qu’il n’acceptait pas tout.

Le savait lire, mais il lisait d’abord le livre de la vie des gens de tous les jours, les femmes au travail, les paysans, les charpentiers, les éventuels clients. Il lisait comme un amant le livre de la nature. La terre, les saisons, les oiseaux, les fleurs des champs ! Quelle bibliothèque !

A peine adolescent, il a réalisé que les Prêtres, les Docteurs de la Loi ne pratiquaient pas ce qu’ils prêchaient aux gens! Sa première expérience au Temple montre le « toupet » du jeune Yeshuah qui n’hésite pas à questionner les autorités du Temple. Un exemple et un encouragement pour notre jeunesse d’aujourd’hui, trop souvent docile !

Jésus agit dans des réalités précises afin de faire éclater au grand jour la vérité contenue dans la vie ! Exemple : le Bon Samaritain (Saint Luc 10, 25-37) ou encore Marie la prostituée (Jean 8, 1-11) Guérison du paralytique (Marc 2, 1-12). Il met la personne au centre de sa préoccupation et pour accomplir son option de vie, il met la société sens-dessus dessous ! Cela crève les yeux ! C’est tout simplement fascinant ! Il agit personnellement : il ne renvoie pas les étrangers, les prostituées, les paralysés à Caritas, aux services sociaux, aux œuvres d’entraide. Il s’implique lui-même. C’est comme ça qu’il « enseigne » ce que nous devons faire : l’objet de notre attention, de notre prière, de notre liturgie : la personne humaine !

La venue de Jésus à Jérusalem :  Jésus donne une leçon de chose  magistrale à tous les candidats à un poste d’autorité dans la vie civile, politique, économique, et avant tout ecclésiastique en 2011 dans notre monde actuel (Luc 19.28-44). En quelques mots : Jésus vient assis sur une ânesse accompagnée de son petit ânon, rien d’autres, pas de gardes de corps, pas de papa mobile, pas de procession organisée ! Les gens se rassemblent spontanément parce qu’ils reconnaissent celui qui leur a fait du bien quelque part, dans leur vie : son regard, ses mains qui guérissent, son affection spontanée. Lui, l’HOMME !

Si proche de nous qu’Il est un de nous ! Il sourit quand on lui jette des fleurs ou qu’on met des palmes sur le chemin. Puis des disciples se mettent à chanter des psaumes, ce qui énerve les pharisiens. Jésus ne dit Jesus monde 2.jpgrien. Il a le cœur lourd, c’est clair à la vue de Jérusalem : « Jésus pleura sur elle et dit: «Si seulement tu avais toi aussi reconnu, aujourd'hui, ce qui peut te donner la paix! Mais maintenant, cela est caché à tes yeux. Des jours viendront pour toi où tes ennemis t'entoureront d'ouvrages fortifiés, t'encercleront et te serreront de tous côtés. Ils te détruiront, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le moment où tu as été visitée.»

Rien de plus actuel que cet avertissement : Jérusalem, Zurich, Rome, Tripoli, Yamoussoukro, Johannesburg, Tokyo, Chicago…Rien de plus actuel. Je n’ai même pas envie de mettre les points sur les i. Ce serait ôter le punch de la Parole de Notre Bien-aimé Leader !

 

22:30 Publié dans Spiritualités | Tags : ânesse | Lien permanent | Commentaires (0)

14/04/2011

COMMISSION VERITE RECONCILIATION

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Réflexion : Le Peuple de Côte d’Ivoire

La Côte d'Ivoire n'a plus qu'un seul président mais toujours les mêmes défis: la justice et la Paix pour tous les Ivoiriens!

Une réalité nouvelle sur des rails anciennes alors que le train poursuit sa route ! C'est un défi, le défi de la Vie!

Après quatre mois  de  bataille, de haine, de blessures et de mort pour le peuple appauvri, dépouillé de ce qui lui restait de dignité, un semblant de calme relatif referait surface.

Sans eau ni nourriture durant des semaines, comment s’étonner que des magasins sont « pillés » ? Pour survivre ou simplement pour voler ? La différence en un moment pareil ? Des milliers de blessés, de mourants sans doute, des morts à mettre en terre et un deuil à vivre au compte gouttes ! Nous avons besoin de guérison. Nous tous qui sommes des Ivoiriens, des étrangers, des suisses, nous avons besoin de guérison.

L’herbe piétinée, les fourmis écrasées, c’est le feu sous la cendre ! Nous avons besoin de guérison !

Quel mauvais goût que d’exposer dans les médias l’humiliation des Gbagbo ! Quelle honte pour les soldats exécutant les ordres le sale boulot. « Il est urgent de ne pas humilier les vaincus ! » Mais le mal est fait. Et Gagbo vainqueur aurait-il fait mieux ?

Sitôt après Ouattara, un peu prématurément selon moi, promet la mise en place d'une commission «Vérité et réconciliation» chargée de purger le passé, à l'image de celles montées au Liberia et surtout en Afrique du Sud. Il aurait appelé Zuma pour le conseiller à ce sujet ! Pauvre référence ! Est-ce qu’il se rend compte de ce que cela implique : avouer son crime face aux victime afin de recevoir le pardon et peut-être amnistie ? L’avenir le montrera. Il faut concrétiser l’intention de Ouattara ! Et de sa volonté de faire la Paix car après tout, il a été élu démocratiquement. Et « il n'y a pas d'avenir sans pardon » comme dit notre sage Desmond Tutu!

Je prie qu’il construise l’avenir en relation avec les perdants, avec la société civile, et surtout il faut espérer que la religion restera hors hors-jeu. Et que l’Esprit du ressuscité qui souffle où il veut trouve portes ouvertes pour redevenir humain. C’est Lui qui guérit. Et c’est une guérison holistique, c’est-à-dire que les circonstances de vie matérielles doivent être améliorées, ou créées, afin que ce qu’il y a de plus profond dans le cœur de Ivoiriens soit un chant de joie et une Pâques pour nous tous.



Je fais mienne la prière d'un Ivoirien ce soir et je la partage avec tous!

Seigneur notre Dieu,
Seigneur des lumières et des ténèbres.

Incline-toi et penche l’oreille
Écoute et vois
Jauge et répond à ce peuple meurtri, malade et mourant.

Des pensées divisionnistes, délivre-les
De la haine et de la violence politicienne,délivre-les
De toute personne, préférant sacrifier le pays sur l’autel de son égoïsme, délivre-les.

Montre à nous tous, quelques soient nos différences et nos divergences
Que les liens, qui en toi nous unissent, sont sacrés, immuables et suprêmes.

Exauce-nous Seigneur, pour que de l’Est à l’Ouest
Du Nord au Sud, les Ivoiriens se reconnaissent tous frères
Afin qu’ils s’unissent et unissent toutes les énergies positives
Pour la relève, la construction et la prospérité de la Côte d’Ivoire, notre terre à tous.

Alors, nos yeux s’ouvriront, des cris de joie éclateront,
Des fleuves de paix jailliront de nos cœurs
Pour qu’ensemble avec les peuples amis, frères de la Côte d’Ivoire
Nous marchions vers l’aube nouvelle de notre mère l'Afrique. Ainsi soit-il!