18/02/2013

Prophètes à notre époque postmoderne

 

Nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas !

Dieu a créé l’être humain pour qu’il vive debout et pour cela il a besoin de nourriture, mais puisqu’il est un, avec et parmi les autres, le partage est donc la chose la plus naturelle au monde.

 Pourtant, la créature du Bon Dieu a une faille sérieuse : c’est l’EGO, de images.jpgl’individu d’abord et puis dans l’Histoire des hommes, l'EGO enflé des institutions, des clans, des groupes, des nations. Nous pourrions noircir des pages à raconter  les conséquences de cette faille et comment «  un petit reste du rêve originel du créateur » est resté caché au plus profond du cœur humain. Ce petit reste, c’est la conscience que: partager la terre, le travail, le pain c'est partager la vie.

 C’est une bataille entre ce fragment qui brûle comme la lampe du sanctuaire en chacun de nous et l’EGO individuel  et collectif qui tente de l’asphyxier, de le    tuer en lui faisant croire que le partage de la terre et des biens n’est qu’une utopie dangereusement marxisante et que, seul un système économique et financier conçu par les Maîtres voleurs de terres, faiseurs d’esclaves, bâtisseurs de banques, sont en fin de compte la volonté du Créateur. Ainsi la trahison du rêve de Dieu, pis, la faille devient cancéreuse et ses métastases mondialisées menacent notre espèce humaine et notre planète d’extinction.

Mais nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Les prophètes ont vu les désastres des EGO collectifs, ils l’ont dénoncé, ils ont donné les remèdes de conversion et de survie ! On a tué les prophètes.

 Enfin  Jésus, la créature sans faille, la lumière, le prophète de l’ère chrétienne, a vu les désastres des EGO religieux, cléricaux, politiques, économiques de son temps, il a dénoncé, annoncé, vécu la pratique de la conversion, les grands-prêtres l’ont tué de sang-froid.

 

11529-20051224120322-0112-fire-flamme.jpgLes Pères de l’Église ont vu, entendu, ils ont compris les désastres de l’ego impérial constantinien et romain. Ils sont ignorés ajourd'hui dans les prédications! Mais l’Esprit de Jésus n’est pas mort et la petite lampe brûle comme un soleil d’espérance tout au long de l’ère chrétienne chez les petites gens.

 

Et combien d’autres « prophètes » de notre ère moderne et post-moderne se sont donné corps et âme en accomplissant la Mission de Jésus : rendre à l’être humain sa dignité par le partage de la terre, du travail et du pain. Ce partage, c’est une Eucharistie authentique célébrée sans fastes liturgiques. Des prophètes émergent des sous-sols des systèmes de domination, ils s’assoient à la table des pauvres, des réfugiés en Syrie, au Mali, au Congo, ils écoutent la parole biblique, la parole de Dieu et comprennent qu’elle est une force qui les met debout dans un contexte de mort. Ils sont journalistes, ils sont les héros inconnus qui donnent les premiers et derniers soins aux blessés! Et qui témoignent s'ils ne sont pas abbatus d'abord!

 Actuellement, et particulièrement dans certains médias occidentaux (France Culture, Radio suisse romande, BBC) j’entends des prophètes prophétisant le non avenir de  notre monde à moins que… et comment ne pas sentir dans nos petits Egos  individuels trop souvent solitaires, privés de solidarité pour ne pas dire fraternité « chrétienne », un tout petit souffle d’espoir; la bougie flageolante en nos cœurs, s’allume et disperse les cendres des traditions  paralysantes.

 Ainsi une prise de conscience collective est en marche et je me laisse surprendre et jouir de ce j’écoute :

 Le 17 janvier 2013 :  Haute Définition : Manuela Salvi avec son invité: « Et si on changeait vraiment  tout ? » ou comment sortir de « La misère de la pensée économique ?» Paul Jorion, anthropologue et sociologue : «  Le pire est devant nous… l'inquiétude nous gagne… Mais pas très longtemps, car « le prophète de malheur » a des solutions : éviter d'appliquer les mêmes recettes éviter de relancer la croissance, stimuler la consommation, s’endetter davantage pour sauver les banques. C'est « suicidaire »,  avec au final un chômage en progression vertigineuse, une dette publique record et "un édifice toujours instable. »

  A lire :            Capitalisme: à quand la révolution? Entretien avec Paul Jorion (1/2)

 Capitalisme: fin de partie? Entretien avec Paul Jorion (2/2)

 

 3414657.jpgMerci à ce prophète à barbe blanche de vieux sage, Paul Jorion, il est convaincu de vivre l'Histoire avec un grand H. Avec une question qui l'occupe particulièrement: le capitalisme, son agonie et sa  refondation. Ce soir encore, nous avons pu voir et écouter Paul Jorion dans dans TTC - (Toutes Taxes Comprises: ce soir, dans TTC, l'interview de Paul Jorion anthropologue et économiste qui fut l'un des tout premiers à avoir annoncé le krach des subprimes. TTC, c'est sur RTSun, à 20:10. le 18.02.2013))

 Ces signes que les EGO collectifs redeviendront des gens solidaires. Les riches ne donneront plus de leur superflu, ils partageront leur nécessaire. La charité prendra son vrai nom : la justice, c’est-à-dire le partage de la terre, du travail et des fruits de la terre.

14/02/2013

Le carême et la privation de chocolat

chocolaterie-250x100.jpg

« Il est bon de se souvenir »  dirait ce grand et modeste psychiatre Boris CirulnikEh ! bien, en Afrique australe (Zambie, Lesotho, Zimbabwe et Afrique du sud) mon souvenir et le goût du chocolat, c’est nul. Et c’est bien ainsi. Cela me donne un autre point de vue quant à celle et ceux et celles qui jeûnent parce qu’ils ont du chocolat et celles et ceux qui ne peuvent s’en priver puisqu’ils ne savent pas ce que c’est ! Mais revenons sur terre helvétique

Les habitant de Bulle, est-ce à cause de Villars/Broc chocolaterie, je ne sais pas, semblent être gourmands de chocolats. Comme un morceau de fromage semble terminer un repas à la française, le chocolat semble de plus en plus l’habitude de terminer un repas « normal » dit-on, et quand je pose la question sur cette « douce » coutume métissée, on me répond

  • que le chocolat est un « anti-déprime »
  • que c’est une anti-fatigue

et je ne sais encore combien d’autres vertus que je ne peux nier, mais qui pourraient aussi bien être le slogan des fabricants de Broc.

 C’est peut-être aussi la raison pour laquelle les Suisses mangent plus de 10,5 kg de chocolat par an. Tant pis pour les calories.

 Alors, parce que c’est le Carême, on se prive de chocolat pour satisfaire sa conscience, aussi par solidarité avec les pauvres, et pourquoi pas dans l’espérance de contrôler voire d’éliminer l’embonpoint. C’est joindre l’utile à l’agréable et à la vertu !

 Mais le climat européen ne permet pas de cultiver la fève de cacao indispensable au chocolat!  Cela se cultive dans les pays chauds, par exemple la Côte d’Ivoire. Aussi, le 10/12/2009, je publiais dans mon blog LES ENFANTS ET LE CHOCOLAT .

 En continuant ma recherche, je trouve aussi l’excellente émission de Manuelle Pernoud: « un voyage au goût amer » (ABE) vraiment ! Il s’agit de l’exploitation des enfants dans les pays producteurs de fèves de chocolat. (29.05.2009)

 Les enfants et les ouvriers de Côte d’Ivoire et des autres pays travaillant dans les plantations de Cacaoyers nese priveront pas de chocolat durant le Carême, ils ne savent pas ce que c’est, bien que leurs petites mains noires en aient broyé les fèves !

 Le 1er mars 2013, la Déclaration de Berne commence une nouvelle campagne sur le chocolat et dès le 01.03.2013 nous pouvons participer à cette campagne en s’adressant à www.stop-bad-chocolate.ch qui nous enverra « Guide du chocolat » de la DB.

 Ma prière ce soir : dans ton pays, Jésus notre frère et seigneur, téléchargement (3).jpgtu mangeais ce qu’on t’offrait et tu jouissais de ce qui était bien préparé et bien cuisiné, aide-moi à ne pas rouspéter quand on m’offre du chocolat, ou aide moi à rouspéter, si je pense qu’il le faut. Aide-nous tous à ressentir le goût amer de la sueur des enfants exploités. Et de nous engager pour le partage du travail et des fruits du travail.

 

 

 

 

13/02/2013

Carême des riches, carême des pauvres

 

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Le carême et le jeûne de 40 jours chez les riches qui n’ont pas faim et chez les pauvres qui ont faim et soif.

 Cherchons la différence s’il y en a une ! Est-ce que l’évangile de Matthieu (6,1-6 ; 16-18) s’adresse à des riches ou à des pauvres ou encore à celles et ceux qui sont à la foi pauvres et riches c’est selon ! Matthieu écrit :

 -     Ne vous faites pas voir, ne faites pas les cocoricos , ne sonnez pas la trompette quand vous aidez vos semblables car vous êtes tous égaux !

 

 -     Ne faites pas un spectacles de vos liturgies, de vos prières : appelez les enfants pour lire la parole de Dieu, pas les messieurs et les dames !

 

 -     Ne soyez pas inquiets des kilos que vous perdrez en jeûnant, vous serez juste plus égaux avec les affamés !

 

 -     N’ayez pas l’air si fictivement défait quand vous pensez à l’avenir et au manque de « bonus » de toute sorte. Ne cacher pas la générosité de votre cœur !

 

Esaie (58 :6-7) le disait simplement et concrètement :

 

Voici le jeûne auquel je prends plaisir : 
Détache les chaînes de la méchanceté, 
Dénoue les liens de la servitude, 
Renvoie libres les opprimés, 
Et que l'on rompe toute espèce de joug ; 
Partage ton pain avec celui qui a faim, 
Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; 
Si tu vois un homme nu, couvre le, 
Et ne te détourne pas de ton semblable. 



En Afrique, en période de lutte, oui, j’ai entendu de telles homélies qui valaient la peine. A l’écoute de paroles si vraies, j’ai vu des gens sortir en claquant la porte et j’ai vu des pauvres, blottis au fond de l’église,  et qui avaient peur de comprendre ces paroles de promesse leur étaient adressées. Ils n’osaient croire en une telle promesse : ils avaient tellement l’habitude de jeûner et le carême n’avait de fin, trop souvent qu’avec le soulagement de la mort, de faim, de soif, sans résurrection spectaculaire !

28/01/2013

Jésus ou les pauvres ? Priorité

 Inconciliable : à moins d’un laborieux dialogue !

Un théologien aurait donné une conférence à des religieuses et, il aurait dit : « Il faut d’abord être enraciné en Jésus afin de pouvoir aimer le prochain. » En tant que théologien, cet homme doit être « crédible ». Pourquoi argumenter sa parole ? Mais in dialogue sera utile afin d'élargir et d'un peu mieux comprendre le sens de cette phrase.

C'est pourquoi, j’aurais tant aimé approfondir cette ineptie, qui a des relents de « Messire Dieu premier servi » de la Pucelle d’Orléans. Dans le groupe restreint où je me trouvais, l’audace de prise de parti, de solidarité n’étaient pas de mise.

Je suis restée avec ma question face à la lumière de la Bonne Nouvelle. Jésus doit se sentir frustré, si c’est possible, et assurément malheureux qu’on l’élimine des pauvres, des malheureux, des prisonniers, des exploités, des mis au banc des accusés, auxquels il s’est formellement identifié : « Ce que vous avez fait au plus petit, c’est à moi que vous l’avez fait. » Pourquoi un théologien amputerait-il Jésus de son corps ?  Parole en l’air ?

Et donc j’ai poursuivi une réflexion nocturne sous le regard de Jésus au désert :

0.jpgL’apôtre Jean, dit-on, a écrit : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu » et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu, qu’il ne voit pas. » (1ère lettre de saint Jean chap. v.20)

Saint Jean a une parole enracinée dans la réalité socio économique actuelle. Et Saint Mathieu va même plus loin : ces gens sans connaissance de Jésus, sans Foi chrétienne confessée, ces non pratiquants, ces excommuniés, ces hors les murs MAIS épris de compassion, et revêtus de miséricorde, ce sont ces gens-là qui construisent le royaume de Dieu, sans recours à des liturgies préparées à l’avance … ni tambour ni trompette, simplement en pleine conscience de notre humanité commune ! Quelle surprise lorsqu’ils ils entendront Jésus répondre à leur question : « Mais quand t’avons-nous nourri, désaltéré, habillé, visité, guéri, logé, aimé… »  Jésus solennellement s’exclame : « … Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait cela à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. » Ah ! Qu’ils seront nombreux, ces athées, ces « non pratiquants » ces soi-disant « marxistes », ces « excommuniés », ces « hors les murs.»

En 2013, faut-il donc forcer Jésus à attendre jusqu’à la fin du monde pour lui permettre de récupérer son humanité ? Sa réelle présence est dérangeante à la porte des pauvres, dans les sous-sols des immeubles, dans celles et ceux « qui ne sont pas comme nous » bien plus dérangeante et, oui défiantes, que dans les hosties adorées.

Et le grand et courageux prophète Jérémie de prophétisait : «  … Il jugeait la cause du pauvre et de l'indigent, Et il fut heureux. N'est-ce le christ au désertpas là me connaître?  (Jérémie 22 :16). Pourquoi le chercher ailleurs ? La Parole du prophète est la parole de Dieu et la Parole faite homme, n’est-elle pas Jésus ? Menschwerdung Gottes !

Oui, notre EGO de sœurs, y compris l’EGO des frères et sœurs, l’EGO des  « croyants et pratiquants », cet EGO grandiloquent croule si l’on prend notre réalité sociale au sérieux à la lumière de l’Évangile et de l’Esprit vivant de Jésus.

En date du 30.01.13, j'ai légèrement retouché le premier paragraphe de ce texte, qui ne correspondait pas exactement à ce qui m'avait été rapporté, et je m'en excuse. Claire-Marie

24/01/2013

Le Mali: pour mieux comprendre

 Lorsque j’étais en Afrique du Sud durant la lutte de libération de la domination blanche, et que je recevais des coupures de journaux d’Europe, de Suisse, de France notamment, nous étions d’abord stupéfaits des infos à notre sujet : biaisés, voir tordus. Il faut dire que la Suisse soutenait financièrement le système d’apartheid. En suisse comme sur place en Afsud, les Églises restaient bouches cousues. Les groupes engagés pour la justice étaient stigmatisés d’emblée : Nous étions des terroristes, des marxistes, des athées. Toute personne vivant en solidarité avec les dominés et les exploités était contre la « Loi et l’Ordre » ! Contre le gouvernement raciste, contre la hiérarchie ecclésiastique raciste, contre l’establishment censé protéger le dernier bastion de la civilisation chrétienne occidentale. Et « Nelson Mandela retiré de la liste noire américaine du terrorisme »

 

DSC_0590.JPGEt les Djihadistes terroristes au Mali par exemple ? Là où ce grand homme a dit : «Tout est lié. Tout est vivant. Tout est interdépendant. C’est pourquoi chaque action a une répercussion qui lui est propre sur l’ordre universel. » Amadou Hampâté Bâ.

(à gauche mini baobab du Mali)

L’armée française entreprend l’opération Serval : quelques milliers de Français d’abord,  puis des soldats Africains de pays voisins soutiennent les soldats français et… maliens. Pas de transparence, pas de journalistes indépendants et c’est dès lors facile d’accuser les Africains « de nombreuses exactions et des exécutions sommaires. »

 Pour y voir plus clair je scrute la presse anglo-saxonne, moins dépendante des agences de presse, et Internet pour essayer de voir « à qui profite cette guerre ? ». Ensuite, que disent les Maliens eux-mêmes, les femmes, les intellectuels, les étudiants ? ! Que disent les chrétiens, les musulmans et tous les autres ? C’est bien moins simple que ce que peuvent écrire nos Quotidiens car ils n’ont pas d’envoyés spéciaux sur place.

 Cependant l’excellente émission INFRAROUGE du 22 janvier 2013 donne un éclairage précieux des enjeux a) qui ont conduit à cette guerre, et b) des enjeux actuels. Avec la question :

 

 Quelle est la vraie cause de l’intervention française ? La Peur de l’avancée islamiste ? Les intérêts économiques ? Ou encore l’étrange « démocratie » à la sauce européenne, une pure lubie occidentale !

 Mais écoutons notre RTS et son invité de la rédaction 23 janvier 2013

 "Des narco Djihadistes" (Gabriel Galice, Vice président de l'Institut international de recherches pour la paix)

 

Et plus en profondeur: le philosophe Michel Cornu dit sa pensée à Manuela Salvi dans Haute définition de dimanche passé :

 

Je cite:  « Il faut resituer la guerre dans un ensemble plus large et savoir pourquoi il y a un terrorisme. Quelle bonne réponse ? Les terroristes de hier sont devenus les chefs d’États d’aujourd’hui. »

 « Est-ce qu’on ne se bat pas pour une idée qu’on se fait de la démocratie ou une idée qu’on se fait de la volonté divine ! Qu’est-ce qui pousse les gens à devenir Djihadiste. Pourquoi y a-t-il des extrémistes ? Conditions politiques économiques, morales aussi qui poussent les gens à faire la guerre ou à se révolter ! Une guerre « soit-disant nécessaire » devrait être accompagnée politiquement et socialement … » Hollande a-t-il pensée à cela ?

 La Prière du Peuple de bonne volonté : Paix à l’Afrique et au monde !

11/01/2013

La braise couve sous la cendre

 

braises.jpgRéflexion : quelque chose se passe. Était-ce cette annonce de fin du monde le 21 décembre 2012, laquelle après tout ne paraissait pas si insensée ? Étrange ambiance au delà des mers et des frontières, des famines sahéliennes, du Mali, de la Syrie en sang et de notre angoisse quant à notre armement et nos sapins plastiques étoilés !

 Était-ce la crise mondiale

 Était-ce les catastrophes récurrentes à des intervalles toujours plus resserrés?

 Était-ce les tueries sauvages qui resurgissent là où ne les attend pas ?

 

J’aimerais découvrir et écrire le contraire de ces signes des temps on ne peut plus directes et clairs.

 Par exemple :

 Participer à la construction d’un monde nouveau :

 Agir pour sauver la Planète : écocivisme

 Redistribuer les richesses au lieu de remplir les banques

 Halte au commerce des armes à feux : Amnesty International  

 

Et puis la splendide émission Babylon à la notre radio suisse romande :

 Une prise de conscience communautaire

 avec Dominique Bourg qui nous parle de sobriété volontaire.
Tout à la fois titre d'un ouvrage collectif paru aux éditions Labor et Fides et piste possible pour un après de notre système de pensée et de production actuel.

 

  • Sobriété volontaire - en quête de nouveaux modes de vie, Dominique Bourg, éditions Labor et Fides

 avec Christian Arnsperger qui nous fait part, en direct, de sa réflexion concernant des systèmes post-capitalistes autant nécessaires que difficiles à penser.

 

  • Éthique de l'existence post-capitaliste, Christian Arnsperger, éditions du Cerf

 Je ressens un prise de conscience personnelle et surtout collective et communautaire approfondie en cette période - fin 2012 et début 2013 –.

 Je remarque un élément qui revient constamment dans les interviews, les exposés : c'est la spiritualité. Mais oui ! La spiritualité préserve notre dignité humaine et nous rend capables de confronter la réalité résultant de l’EGO, centré et replié sur SOI dans le système capitaliste mortel que domine Mammon et qui nous déruit.

 La prise de conscience de notre être spirituel et biologique nous permet un regard froid et lucide sur la réalité en même que l'espérance s'éveille afin de participer activement à la mutation en cours ! C’est une chance.

 Comme l’écrit Albert Nolan (Suivre Jésus aujourd’hui) « Nous pouvons voir le doigt de Dieu dans les signes des temps… il est à l’œuvre dans les changements structurels et dans la mondialisation pour la justice … il est à l’œuvre dans la voix des marginalisés et des opprimés, des victimes de la violence. »

 Mais il est impératif pour nous, dans les média, dans notre agir civique, politique, économique, d’aller au-delà des « soins infirmiers  et de panser les blessures et les fractures. » Si nous acceptons de nous réveiller, c’est la guérison qui nous est offerte. Et avec Albert je conclus en citant Thomas Berry (rip) un théologien/ecoterrien : « La transition entre une période de dévastation de la terre par les hommes et une période où les hommes seraient présents à la planète d’une manière bénéfique pour elle et pour eux, c’est l’affaire non seulement de la communauté humaine, mais de la planète terre tout entière. Plus même que de la terre, c’est le grand travail de l’univers lui-même .» (in Suivre Jésus aujourd’hui, page 238)

 Et Albert de mettre le point final : « Si nous n’arrivons pas à coopérer, l’EGO pourrait l’emporter et notre espèce pourrait s’éteindre, avec bien d’autres. Mais le reste de l’univers, lui, continuera d’exister, et la créativité sans limite de Dieu mènera l’Univers à des hauteurs encore plus grandes, mais sans nous, comme espèce. »

 Et je me permets d’ajouter « J’en prends pour témoin contre vous le ciel et la terre, j’ai mis devant toi la vie et la mort, bénédiction et la malédiction choisis la vie, afin que tu vives toi et ta postérité." (Deutéronome 30 :19)

14/12/2012

Mon petit message pour vous

 Ce 14 décembre 2012 déjà, j’ai envie d’envoyer mes pensées de remerciements images.jpgpour l’amitié partagée, pour tous les blogs et leurs auteurs/auteures, pour les infos, les idées neuves, les réflexions partagées en cours de route vers une nouvelle année. Chaque note publiée est un regard différent sur la réalité, et cela forme un kaléidoscope en mouvement vers un avenir autre et meilleur ! Pour tous ces partages : merci.

 Pour nous à Bulle, la communauté des sœurs traverse des changements. La maison Sainte-Croix vendue à/achetée par la commune, se vide peu à peu des sœurs. Qui rejoint une autre communauté dans le canton de Fribourg, qui au Valais ou qui au lieu d’origine de ce mouvement de sœurs missionnaires, à la Maison-Mère, c’est-à-dire à Menzingen dans le canton - cossu paraît- il - de Zoug ! Ce sera mon cas au cours de 2013.

 Si je peux continuer de cheminer aussi avec les habitants de la blogosphère quelque temps avant d’arriver au « Hors espace-temps » de la noosphère  (voir le dans Le Phénomène humain de Pierre Teilhard de Chardin), alors que mon petit ego en cendres retournera au sein maternel de notre Terre, pas trop polluée j'espère, ce sera bien.

 Notre vraie fosse commune à tous : pauvres et riches, noirs et blancs, ceux de l’axe du mal et ceux de l’axe du bien et ceux entre les deux. Ceux des États voyous et ceux des États non-voyous pardi ! Welcome !

 Ah ! une petite chose encore si les cendres gardent un brin de « consciousness », c’est là que les « derniers seront les premiers, et les premiers les tout derniers, ceux qui ont eu faim seront rassasiés et vice et versa » Une blague ? Non, Jésus dont on célèbre l’anniversaire le 25 décembre a solennellement déclaré cela. Amen !

 C'est Noël dit-on, c’est du marketing à gogo ! Avec des tonnes de soldes ! Mais  Pâques, la Résurrection de la Vie, c’est ça : naître ! C'est çà : l'Incarnation : La Parole faite HOMME.

 Alors oui, c'est le temps des cendres  étoilées : l’inimaginable printemps des     terriens. Le feu jaillira de dessous les cendres, une feu planétaire, cosmique ; je me réjouis !

 Encore un petit mot : du 16 décembre 2012 au 6 janvier 2013, je serai en retraite, croyez-le ou pas : au milieu du monde, à Saint Loup, Pompaples. Sans vous oublier... sans oublier la quête pour notre étoile !


12/12/2012

Histoire immédiate

La News letter de France culture d'aujourd'hui ( 11.12.2012) écrit sur l'Histoire :

 « L'HISTOIRE À TOUS LES TEMPS : MODERNE, CONTEMPORAINE ET IMMÉDIATE

 Chaque semaine, France Culture Plus vous propose un dossier thématique construit autour d’un fil rouge, dans lequel sont présentés plusieurs médias provenant de différentes universités ou institutions. Cette semaine : L’Histoire. »

 C'est une précieuse source d'informations. Ce qui me gêne un peu, c'est la provenance des informations, c'est-à-dire : universités et/ou institutions. Ces institutions sont irremplaçables, de même que les médias de toute sorte.

 Si j'avais les moyens, je mettrais en exergue l'histoire vécue des heart on fire.jpggrassroots et racontée par eux ; cette histoire des temps modernes, contemporains et immédiats.

 Immédiats : sans porte-parole, sans cris d'angoisse ni de colère, c'est comme un bourdonnement des masses compactes qui savent pertinemment qu'elles sont un monde apart des autorités politiques, ecclésiastiques, religieuses et que leur vie, leur survie ne dépend que d'eux-mêmes, du partage de leur pauvreté, de leur solidarité entre eux.

 Où se trouvent-elles, ces masses bourdonnantes, ces surplus people  dont la croissance économique n'a que faire ? Chez nous, parfois des demandeurs d'asile à la rue ; une femme s’exclame : « allons-nous les retrouver dans nos appartements ? Des dealers ? » . C'est plus facile d'héberger un enfant Jésus dans une crèche jou-jou et de liquider le tout le lendemain de Noël !

 Chez nous et ailleurs, les chômeurs, des divorcés, celles et ceux dépouillés de leur dignité humaine par une justice parfois partisane, les enfants au regard de Dieu qui dit : pourquoi ?

 Où se trouvent-ils : en Europe, au sud, au nord, à l'est et à l'ouest, ils/elles sont les Grassroots , racines chantantes, nourries de la sève : en Érythrée, au Congo, dans les slums, en Indes, au El Salvador, au Bronx... à Rome et à Moscou.

 J'écoute le murmure de l'Histoire IMMÉDIATE des petites gens. Les médias sont inutiles :

 

images (3).jpgOn ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux

 

On n'entend bien qu'avec le cœur, l'essentiel est inaudible pour les oreilles

 

J'aime mon cœur : il bat, il veille, il fredonne ... le gazouillis des racines. Twitter !

 

 

23/11/2012

Dorothy Day

 

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 Dorothy Day (21.11.12):

 

«Ne m'appelez pas sainte . Je ne veux pas être mise au rancart aussi facilement. »

 

 

 A l'époque, 19ème, 20ème siècle jusqu'à aujourd'hui, les riches accumulaient et accumulent les richesses et les pauvres étaient et sont privés du peu qu’ils avaient et qu'ils ont.

  Telle est la dynamique des  divinités : L'argent, le profit, la propriété, le marché des marchandises, les valeurs boursières et longue est la litanie …

 Simone Weil, (voir mon blog du 14.1.,12),Dorothy Day auraient pu avoir une vie relativement confortable , en fait toutes les deux ont parcouru leur chemin de femmes : amour,  mariage, avortement, enfants, divorces, une vie en plénitude ; le travail, études, écritures, voyages ; et puis, le choc ! Le monde ouvriers, les pauvres, les exploités. Le danger des divisions, des replis identitaires mesquins en même temps le besoin des autres pour survivre, la prise de conscience, la nécessité de solidarité , la « lutte des classes », « œuvrer à se mettre debout face aux réalités ».

 Dorothy et Simone vivaient comme « si la vérité était vraie ! »

 Dorothy Day, aux Etats-Unis où elle est née, s’engage pour des campagnes de défense des pauvres, des abandonnés, des affamés, des sans foyer. Son engagement est radical, il veut aller à la racine de l’injustice, elle se frotte aux anarchistes, partage les idées de la gauche américaine. Elle perd la foi en Dieu, le Dieu de l’Institution, mais elle se convertit au Dieu des pauvres et quel défi ! Les pauvres la convertissent et elle revient à l’Eglise, peuple de Dieu, celle des pauvres et des mal-aimés.

  Mariage douloureux. Après un avortement, elle a encore une petite fille, Tamar qui sera baptisée avec sa maman !

  Elle trouve des gens engagés dans l’Eglise, avec eux, elle crée « Le mouvement catholique ouvrier » qui encourage la lutte, défend la non-violence, prône l’hospitalité envers les pauvres.

  Comme elle est journaliste, elle fonde le Catholic Workerdestiné à défendre les droits des petits ouvriers.

 Elle milite et manifeste haut et fort, elle est emprisonnée plusieurs fois, elle fait une grève de la faim. Elle trouve du travail pour des chômeurs sur des « fermes collectives ». En fait elle veut mettre en pratique « la doctrine sociale de l’Eglise »

 (Cette doctrine sociale de l’Eglise est-elle vraiment enseignée dans nos églises ?)

 En résumé de cette trop courte esquisse, Dorothy « brûle jusqu’au bout » et la bougie a remet son âme à Dieu qu’elle a aimé dans les mal-aimés de notre monde.

 C’était le 29 novembre 1980 à New York. Dorothy était profondément « pacifiste » et opposée à toute idée de guerre. « Ce paradoxe la fit mal voir à droite comme à gauche, jusqu'à ce que la gauche cherche à la récupérer et que la droite, toujours aussi intelligente, à l’instar de l’Eglise catholique cherche à en faire « une sainte ».

 Nous savons que les évêques catholiques américains (pas tous)  avait préféré Mitt Romney à Barack Obama (voir la presse durant la campagne électorale). Obama gagnant, le Vatican le félicite, et l’épiscopat américain, est embarrassé !

 Alors, je cite : « Mgr Dolan a notamment cité Dorothy Day, fondatrice avec le français Peter Maurin du mouvement laïc Catholic Worker. Les évêques américains défendent le projet de canonisation de cette Américaine anarchiste, pacifiste et totalement consacrée à la cause des pauvres. »

 Mais Dorothy ne serait pas contente ! Elle n'est pas contente !Ecoutez :

 « Ne me considérez pas comme une sainte. Je ne veux pas qu'on puisse se débarrasser de moi aussi facilement. »

 

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"Nos problèmes viennent de notre acceptation de ce système pourri" 

20/11/2012

Ma réflexion sur l’actualité

 

 nectar-442835.jpgNotre monde tel qu’il est peut-il être autrement ? On se souvient du temps, proche, où nous avons cru :

 Un autre monde est possible ; une autre société est possible ; une autre Afrique du sud est possible ; il y a cinquante ans, après Vatican II,  un soupir de soulagement : une autre Église est possible. Tout est possible car nous avions la vision de ce qui est possible : un monde, flore, faune et humains, un cosmos en harmonie. Une société égalitaire et sans frontière et du pain pour tous, et une Église peuple de Dieu pour la traversée du désert.

 Notre espérance était à la mesure de notre confiance en nous-mêmes, en Dieu et d’une générosité concrète et active. Nous avons construit des communautés de base en Afrique et en Amérique latine comme on a construit des communautés Kibboutz rurales, un socialisme participatif.

 La destruction des communautés de base, la mise à l’écart de la théologie de la libération, l’étouffement systématique des nouveaux modes de vie des communautés de base, l’éteignement astucieux , hypocrite, continu du feu nouveau de Vatican II, tout ça et bien davantage, c’est dans l’intérêt de qui ? Du monde, des petites gens, de la Bonne nouvelle ?... et quelles sont les conséquences ?

 Je cite notre pasteur suisse Kurt Marti :

 « Où tout cela finira-t-il
si chacun se demande où tout cela finira
et que personne n'essaye de découvrir
où cela finira si nous continuons? » 

 Et Claude Julien du écrivait en 1995 dans le Monde Diplomatique :

 « Un monde à vau-l’eau : A force de simulacres destinés à enrayer les contagions les plus déstabilisatrices, les gouvernements occidentaux laissent se rapprocher le jour d’un désastre économique et militaire. »

 Mais nous ne mourrons pas dans le désespoir car, comme le disait Bonhoeffer : « C’est dans les réalités les plus dures que nous révélons qui nous sommes ! » Desmond Tutu ajoute plus tard : UBUNTU : nous sommes tous interconnectés, humain, faune, flore, cosmos dès l’Alpha et au-delà de l’Oméga.

 Je suis convaincue qu’ensemble, au ras des pâquerettes, sur les ruines de la malheureuse rouge et piquante fourmilière actuelle, comme sur les ruine du Temple jadis, des petites fourmis laborieuses vont retrouver la Vision d’une autre monde, d’une autre société, d’une autre Église : Avec Jésus qui, après tout n’est pas ressuscité pour rien.

 

02/11/2012

La Toussaint et le Jour des Morts

 

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crédit: http://www.lune-de-suchet.com/article-un-poeme-une-peinture-pour-la-toussaint-le-jour-des-morts-111468314.html

La Toussaint rassemble les parents, amis autour des tombes de leurs bien-aimés, saints et morts. Tous.  Chaque année, avec les gens de divers milieux aux coutumes différentes, ma pensée est unie à celles et ceux que j’ai connus, aimés et qui me l’ont bien rendu. Nombreux reposent, comme on dit, hors des étroites frontières helvétiques.

 Hors des frontières, nous sommes tous UN, comme le répète Albert Nolan, mon ami sud-africain dans son dernier livre « Suivre Jésus aujourd’hui. » Non seulement UN avec celles et ceux qui sont proches mais UN avec l’espèce humaine dès l’origine et jusqu’à….

 Tous saints : au même niveau d’humanité ; le jour des Morts : tous morts, c’est-à-dire, disparus dans l’incandescence de la Vie dont sommes un filament frêle sur la route du retour ! Qu’importe les mausolées – tous au même niveau « sx feet under » six pieds sous terre, notre Mère commune.

 Ces saints de la « litanie » ne pas la propriété d’une Église « qui les faits ou les canonisent »! Selon que cette « élévation » fut opportune ou pas ! Bien loin de ça !

 Les Saints Innocents massacrés par nos « Hérode »  actuels et multiples : l’enfant érythréen, européen, asiatique, américain ; les victimes des violences au profit des commerçants d’armes ! Tous saints. Les victimes de jugements sans appels institutionnels : tous saints. Les mécréants, les « gueules de métèque » les méprisés, la populace courbée aux triples pieds des escabeaux ecclésiastiques : tous saints ! Les chômeurs, éjectés, surplus people : ayez pitié….

 La litanie des saints de la Toussaint 2012 est longue…. Après chaque évocation, on devrait répondre en chœur : Saints et Saintes prostitués dans « men-made » bordels : ayez pitié de nous… ou priez pour nous ! Saints inconnus : mères, pères, invalides, estropiés,  prisonniers : ayez pitié de nous : « Eux seront les juges » comme le dit si bien Jean Baptiste Metz dans « Memoria Passionnis » (Ed Cerf 2009) et l’Évangile d’aujourd’hui: Matthieu 25,31-46    

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RIP

20/10/2012

Le signe de Jonas

 

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Jonas rejeté par le poisson
bas-relief de la cathédrale d'Amiens (France)

Ma réflexion

 Soixante ans en arrière, comme on dit, dans notre Mission « Little Flower secondary School » (au cœur du Township Selborne, Prétoria), j’étais alitée pour cause de « jaunisse » désagréable s’il en est. Une consœur enseignait à ma place. Le bruissement intense de la vie africaine de notre Blackspot bidonville m’était agréable et familier comme une musique de Ravel, arythmique, convulsive.

 Une sœur pousse le rideau de ma cellule, une tasse de thé dans une main, un livre dans l’autre, et un grand sourire aux lèvres, elle me dit : « You’ll like it. » Le thé irlandais avec juste un nuage de lait, dépasse le Fendant valaisan,  une petite conversation entre nous et elle me quitte. Je reste en compagnie de Thomas Merton, auteur du « Signe de Jonas »*.

 Notre situation sociale et politique : remous permanents du système d’apartheid (légalisé en 1948) : lois décrétées coups sur coups, arrestations, meurtres et tout ce qui constitue le régime et contamine la vie sociale dans ce monde d’injustice structurée, légalisée, oui, parfois « acceptée » par les Églises et, fatalement, subie par tous ! La lutte est inévitable, en vous et hors vous…  nous sommes solidaires et nous sommes jeunes au ras des pâquerettes !

 Épuisée par ce virus , je languis pour la paix, le calme, le pain partagé qui nourrit  le courage des pauvres. Comme au temps de Jésus et de ses compagnons.

Comme aujourd’hui, ici. Je me sens hors système…  avec la présence surprise de Thomas Merton dans ce précieux bouquin. Dès les premières lignes du livre « Signe de Jonas » je me sens comprise : soutenue, en bonne compagnie. Le ventre du poisson : fable, mythe ou symbole, c’est le trou noir mais pas statique, il avance parmi les vagues déchaînées et reflète l’état des lieux.

 Mais je ne suis pas seule dans ce sous-marin dodu. Car, comme toi qui jette un coup d’œil sur ces lignes, nous sommes, chacun de nous, habités par tous les humains dès l’origine et jusqu’à l’achèvement. Nous sommes habités par la réalité, belle, bonne et effroyablement cruelle et inhumaine : celle du bidonville, celle de la Syrie, celle des banques et des scandales… et les autres.

 Est-ce la raison de notre agitation : le désir brûlant  d’une autre réalité de liberté, de paix et de bonheur.

 C’est le Kairos, un moment de décision: ou je choisis la réalité de désintégration, ou je choisis la réalité en état de création permanente. Il faut être conséquent…

 La lutte ne peut être vaine. Je suis, nous sommes en processus d’enfantement (Rm 8,28) sans connaître le visage de l’être muté, enfanté comme la surprise de Pâques, prisonnière trop longtemps d’une cave ecclésiastique, ou d’un giron subaquatique !

 Ma réflexion et le souvenir de Thomas Merton sont pour moi une mini résurrection et je sais que le printemps du moyen Orient continue de fleurir, et nul n’arrêtera sa floraison sur toute la terre et dans tous les cœurs.

 

« Dieu est sa propre loi et sa liberté est la loi de toutes choses. C’est pourquoi les étoiles le servent librement ; le soleil se lève avec un chant d’allégresse, et la lune, pure, douce et silencieuse, se couche sans plainte.

 

Chacune des vagues de la mer est libre. Chaque rivière proclame son $(KGrHqJHJDgE9dcbeS+hBPciLiyvZw~~60_35.JPGindépendance. Les arbres libres ne possèdent rien, ni ne sont possédés par rien, et relèvent leurs têtes feuillues avec un calme joyeux. Il n’en est pas deux semblables, il n’y a pas deux feuilles pareilles sur le même arbre, ni deux cellules identiques dans la même feuille. Les arbres croissent à leur gré ; et toutes choses font ce qu’elles font pour le plaisir de Dieu. Dieu est grand ; sa libéralité, sa sagesse et sa miséricorde se réjouissent de sa liberté infinie. Il n’a nul besoin de garder les oiseaux en cage. Il laisse l’herbe pousser où elle veut."

 

Thomas MERTON, Le signe de Jonas. (et moi)

 

 

 

03/10/2012

Quand Jésus paraît impossible à vivre avec... !

 

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 Ce matin, l’ évangile suivant a été lu dans les églises et la conclusion est selon l’habitude : « Paroles du Seigneur » du prêtre et les fidèles répondent : « Nous rendons grâce à Dieu ».

 Voici :

 Chemin faisant, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête. »

  Il dit à un autre : « Suis-moi. » L'homme répondit : « Permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père. »
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. »

 Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu. » (Lc 9,57-62)

 (Le prêtre dit : parole du Seigneur ! Et la réponse : nous rendons grâce à Dieu!)

 Des années durant, j’ai écouté ce texte dur et les commentaires gênés et gênants. Alors que je me disais : Pas d'accord ! Je cherche ce qu'il en est!Enfin il me semble y voir plus clair : Le Fils de l’Homme - c’est lui qui se nomme ainsi - s’est identifié avec

 a)   les sans domicile fixes, les migrants, les vagabonds plus mal en point que les renards et les oiseaux du ciel, le chemin d’un engagement chrétien, de quelque nature que ce soit, ce chemin mène à la lutte avec les pauvres pour trouver un toit, une cave une crèche. Leur voix était la sienne. Pas celle des prêcheurs !

 b)     Jésus, sur la route aux milles pièges vers Jérusalem, était-il excédé par la question du deuxième candidat ? Il lâche alors ces mots choquants : « Laisse les morts enterrer les morts ». Mais il est aussi identifié avec tous ceux et celles séparés des leurs, soit qu’ils fuient à la recherche d’un refuge, soit qu’ils luttent avec eux sur la route vers l’inconnu. Et suivre Jésus. c’est le trouver en route. Il n’en reste pas moins vrai qu’ensevelir les morts est « une œuvre de miséricorde corporelle » selon la Bible et le catéchisme catholique. (voir ci-dessous)

 c)      Encore un mot fort de Jésus au troisième candidat: « Regarder en arrière », combien d’exemples de chrétiens et de chrétiennes quittant le toit familial sans dire au revoir pour une cause qui dépasse les liens fraternels ! Une fois engagés, une fois, « La main mise à la charrue » aller de l'avant, ne signifie pas bifurquer ou encore revenir à la case de départ ! Hors des murs ! Jésus a sué des gouttes de sang alors qu’il avait peur d’avancer! Comme cela arrive à tout un chacun.

 En lisant certains textes, je dis à Jésus que je ne suis pas toujours d’accord, que ça ne colle pas à ce qui est humain, Lui qui se nommait le Fils de l’homme, ça ne colle pas à ce que notre espèce humaine vit aujourd’hui ! Je crois que certains prédicateurs seraient davantage appréciés aujourd’hui, s'ils disaient simplement : « Je ne sais pas ! Cherchons ensemble ! »

  Ajout : LES 7 OEUVRES DE MISÉRICORDE CORPORELLE

·  Nourrir les affamés

·  Abreuver les assoiffés

·  Vêtir les personnes nues

·  Accueillir les étrangers et les gens dans le besoin

   Visiter les malades

   Annoncer la bonne nouvelle aux prisonniers et aux captifs

 ·  Enterrer les morts (Catéchisme catholique pages 7 et 8)) 

  « À l'origine des religions, il y a le culte des morts » Frederic Lenoir

31/08/2012

Prière d’hommes et de femmes vieillissants

 

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Dieu de bonté, tu sais mieux que moi
que je vieillis de jour en jour
et qu’un beau jour je serai vieille (ou vieux) .

 Garde- moi bien de croire

que j’ai quelque chose à dire

 au sujet de tout et de rien.

 Délivre-moi de la passion
de me mêler des affaires des autres

 et du désir de les mettre en ordre

 Apprends-moi à être réfléchi mais pas soucieux,
prévenant mais pas dictateur.

 Conscient de ma vaste collection de sagesse

 je crois qu’il serait bien dommage de ne pas la transmettre

 mais tu comprends bien mon désir de sauvegarder

  pour moi quelques amis

 Protège- moi de la manie de comptabiliser des listes de détails sans fin.

 Accorde- moi  l’agilité de terminer ma course

 et de retomber sur mes pattes

 Apprends- moi à me taire
à propos de mes maladies et de mes douleurs.

 Elles s’aggravent de jour en jour

 et augmentent  l’envie de les décrire

 Je n'ose implorer le don

 de l’écoute joyeuse des maladies des autres,

  mais donne-moi la patience de les

 supporter avec  solidarité

 Enseigne-moi la sagesse merveilleuse
que je peux me tromperPermets que je reste aussi aimable et affectionnée que possible.  
Je ne veux être pas être un saint ou une sainte,

 vivre avec eux est bien difficile.

 Et c’est vrai qu’un vieux grognon (une vieille grogneuse)

 est l’œuvre royale du diable.

 Enseigne-moi la découverte des talents inattendus

 chez les autres

 et accorde-moi le don

 de les faire connaître autour de moi.

 (Theresa von Avila, 1515 bis 1582)

 

 

 

08/08/2012

Encore les enfants aujourd'hui

 

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A moins que vous ne deveniez comme de petits enfants (Matthieu chapitre 18, 3) http://www.labibleenligne.com/bible/matthieu-18.html


« A Homs, Hama, ainsi qu’à travers toute la Syrie, on tue quotidiennement des civils, on humilie et on torture des personnes. La culpabilité du régime est criante, ainsi que l’est notre silence. Nos larmes ne peuvent suffire si notre seul soutien consiste à regarder la télévision et à pleurer. Nos cœurs peuvent bien verser des larmes, mais le courage nous a bel et bien abandonné. » Tariq Ramadan

Non. Le courage ne nous a pas abandonnés, et nous faisons plus que « regarder la télévision et pleurer ». Faire « plus » c’est être conscient que « tout enfant est le mien », c’est approfondir  notre prise de conscience de l’intolérable souffrance des êtres humains, de la flore, de la faune de notre planète. C’est être conséquent… sans exiger des autres qu’ils soient comme nous. Les autres nous devancent peut-être de beaucoup sur cette route rocailleuse et c’est à nous de nous joindre à la longue marche vers la famille humaine.

Les enfants fragiles, libres, beaux. Leur innocence est la nôtre, leur regard et leur confiance spontanée sont nôtres, leur droit à la vie est nôtre. L’enfant que je fus est l’enfant que je suis et l’enfant que je fus est pleinement conscient des enfants souffrent de la famine structurelle partout dans le monde d’opulence, et qui meurent du SIDA négligé, et qui crient dans la violence des guerres rampantes en rendant leur âme au créateur et leur corps à la terre … sans un mot de haine. Car les enfants ne connaissent pas la haine et, prions nous tous, vous, moi,  afin que l’enfant que nous sommes n’aie jamais connu la haine, ni pratiquer la violence, ni l’hypocrisie, ni le mensonge.

L’enfant est naturellement courageux, « il ne connaît pas le danger » dit-on, soyons courageux, nous, même lorsque nous connaissons le danger de la route rocailleuse.

Aucun souffle de vie n’est perdu dans ce « Milieu Divin » (Teilhard de Chardin) qui est notre Milieu Divin même s’il ressemble à , et surtout peut-être, s’il est l’enfer. Car l’enfer disparaîtra de notre belle terre écorchée, ensanglantée. Et l’enfant que nous fûmes sera l’enfant que nous sommes : comme la fleur surgie plus dure et ferme sur le champ de bataille, émerveillée de voir le sens du chemin !!!

Non ! Notre seul soutien n’est pas la larme de pitié sur Alep, Damas, Bagdad, Genève et Beijing, c’est la force de Celui, en nous, qui a le dernier mot sur la mort. Jésus de Nazareth, à Antioche en Syrie ! Partout.

 

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07/08/2012

Syrie : la solidarité concrète, c'est possible ?

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Nous lisons dans les journaux et regardons sur les écrans le martyre des victimes du conflit en Syrie. Les femmes, les enfants, les personnes âgées et handicapées  sont les plus vulnérables. Eux sont mutilés, traumatisés, ils meurent. Ce sont les victimes collatérales des jongleurs d’armes, de bombes en provenance des pays qui ont intérêts à les fabriquer pour les vendre…pour tuer, mutiler : femmes et enfants aussi ! Où est la racine du mal ?

Mais nous sommes conscients de faire partie de l’espèce humaine : la souffrance de l’un est la souffrance de tous. Nous voulons prendre parti, combattre l’injustice, nous nous sentons coupables dans notre apparente inertie forcée. J’ai appris au fil des années que la culpabilité est stérile, elle reflète notre orgueil et un certain pouvoir qui n’est pas complètement dissocié de celui de l’oppresseur. La révolution est un processus extrêmement long lorsque nous en faisons l’expérience à partir de la résilience des petits et des pauvres !

Moïse est un exemple très actuel. L’Hébreu, Moïse, confronté à la misère de ses frères Hébreux, Moïse  cède à la violence et au meurtre de l’Égyptien oppresseur… le lendemain il veut faire la paix entre deux Hébreux qui se querellent et ces derniers remettent Moïse à sa place ! Mais lisons plutôt Exode chapitre 2: 11-15 :

« En ce temps-là, Moïse, devenu grand, se rendit vers ses frères, et fut témoin de leurs pénibles travaux. Il vit un Égyptien qui frappait un Hébreu d'entre ses frères.
Il regarda de côté et d'autre, et, voyant qu'il n'y avait personne, il tua l'Égyptien, et le cacha dans le sable.

Il sortit le jour suivant ; et voici, deux Hébreux se querellaient. Il dit à celui qui avait tort : Pourquoi frappes-tu ton prochain ?

Et cet homme répondit : Qui t'a établi chef et juge sur nous ? Penses-tu me tuer, comme tu as tué l'Égyptien ? Moïse eut peur, et dit : Certainement la chose est connue.

Pharaon apprit ce qui s'était passé, et il cherchait à faire mourir Moïse. Mais Moïse s'enfuit de devant Pharaon, et il se retira dans le pays de Madian, où il s'arrêta près d'un puits. »

http://www.lirelabible.net/parcours/voir_ref.php?cle=592&imprimable=ok

Spectateurs de la violence, proche ou lointaine, nous prenons immédiatement parti pour les plus faibles, justement parce que, comme Moïse, nous sentons notre supériorité et notre pulsion nous pousse à arrêter le carnage et à organiser des « contre-attaques pacifiques » … solidaires, où est comment ?

Voici peut-être un exemple qui nous vient de Suède :

« La répression du pouvoir n’épargne pas les plus jeunes. Il y a un an déjà, le cas du

jeune Hamza, 13 ans, arrêté et torturé pendant des semaines avant de succomber

à ses blessures, était devenu un symbole pour les insurgés syriens. Des pratiques

dénoncées par l’ONG Human Rights Watch qui avait documenté en février une

douzaine de cas de détention et de torture de mineurs dans le pays. »


« Et pour sensibiliser l’opinion publique sur le sort des jeunes syriens, victimes

collatérales ou directes du conflit qui agite le pays, les initiatives se multiplient.

Une centaine d’écoliers suédois ont ainsi récemment participé à une flashmob

dans un centre commercial. Allongés au sol, comme les enfants syriens tués dans

les violences, ils ont contribué à lever des fonds pour le Haut Commissariat aux

réfugiés des Nations Unis qui prend en charge des jeunes syriens dans des camps

de réfugiés. »

 

 

22:14 Publié dans Spiritualités | Tags : syrie | Lien permanent | Commentaires (0)

18/07/2012

Burn on till you burn out

 

TazOpinionRamp_94projects.jpgCe soir je désire juste partager la reconnaissance envers Mandela et envers cette Nation Arc-en-ciel en devenir !

Cher Madiba : Burn on till you burn out !

INVICTUS

"Hors de la nuit qui me recouvre,
Noire comme un puits d'un pôle à l'autre,
Je remercie les dieux, quoi qu'ils puissent être
Pour mon âme indomptable.

Tombé dans l'étreinte des circonstances
Je n'ai pas gémi ni pleuré à voix haute.
Sous les coups de la fortune
Ma tête est ensanglantée, mais redressée.

Au-delà de ce monde de colère et de pleurs
Ne plane que l'Horreur de l'ombre.
Et pourtant la menace du temps
Me trouve et me trouvera, sans peur.

Peu importe l'étroitesse de la porte,
Le nombre des punitions sur le parchemin,
Je suis le maître de mon destin :
Je suis le capitaine de mon âme".

WILLIAM ERNEST HENLEY

Nelson Mendela a été incarcéré 27 ans. Il a vaincu l'Apartheid.

Clint eastwood a repris ce titre pour son film d'hommage au combat exemplaire de Mandela.

Colorblind with Lyrics

 

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02/07/2012

Il y a un temps pour tout sous le soleil

 

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Dieu n'est pas mort: Il est perdu...

Avec Jésus je regarde, ce soir, notre société aujourd’hui surgie de hier, d'avant hier...

 

Ce que je vois nous force d’être pessimiste alors que nous souhaitons être optimiste! Nous voudrions l’espérance et la désespérance nous guette. « Jésus  pleure sur Jérusalem » aujourd’hui comme jadis.

Il ne fera pas de miracles pour sauver ce qui reste à sauver de notre société et de notre monde « s’Il s’est fait homme un beau jour » c’est parce qu’il avait besoin de nous  pour l’aider, lui, le créateur, à recommencer une « création » à, partir des ruines et du chaos. Des cendres de nos bien-aimés !

 

La poussière des mausolées et mosquées, ces perles du désert, détruites par les « fidèles » eux-mêmes, en Afghanistan, au Mali,  pourquoi donc ?  Folie collective les armes en mains. Rien de pire.

C’est vrai que Jésus en pleur avait réalisé que le temple de Jérusalem allait être fauché. Il le fut ! Par les Romains dans les années septante Pire, en plus de Jésus les petites gens furent assassinés par milliers et Massada n’y fit rien ! Sauf que l’Esprit de Jésus vit et lutte avec nous aujourd’hui !

 

En Syrie, en Afrique, en Somalie, au Soudan, en Europe,  des petites gens, temples du Saint Esprit, sont démolis par les systèmes assassins de ce qu’on nomme aujourd’hui « le Dieu Euro ».  Chez nous en Suisse, nos autorités grassement payées veulent et vont « couper » dans les prestations sociales.  Mais ne veulent pas encore taxer les firmes étrangères ! Entre amis, le « bien commun prend  un sens particuliers ».

Mais les divertissements abondent pour faire oublier la réalité : le Foot par exemple et ses dérivées, la drogue, l’alcool, les festivals, mais c’est bien, tout ça ? Vraiment. Pour les vieux, on propose des morts douces, des « exits » possible…

 

Pour les réfugiés, et ne sommes-nous pas tous des réfugiés potentiels ou actuels, on nous promet de serrer la vis et de rendre plus agréable et moins douloureuse la procédure en  l’accélérant avant de repartir d’où nous venons !

 

Cela sonne « cynique ». Peut-être. Mais voyez-vous, קהלת Qohelet Qohelet s’adressant à la foule disait laconiquement :

 

Il y a un temps pour tout sous le soleil

 

Un temps pour naître et un temps pour mourir

un temps pour tuer et un temps pour soigner les blessures

un temps pour démolir et un temps pour construire

un temps pour aimer et un temps pour haïr

un temps pour la guerre et un temps pour la paix

et cet étrange messager de conclure :

«Dieu jugera le juste et l'injuste, car pour chaque chose et pour chaque acte, il y a un temps pour le jugement.»

 

 

Je vais, demain, participer à l’enterrement d’une maman, belle et encore jeune, (elle m’est parente et je la chéris)  atteinte depuis plus de dix ans d’une tumeur maligne. Je lui téléphonais et elle me demandait : « Comment vas-tu ? » Ma Nicole bien-aimée, tu es ce soir dans le regard de Notre Jésus ressuscité, et demain, et toujours. Aide-nous à aider Dieu à s’occuper de nous.

 

Le cancer, Tchernobyl,  Bhopal, Fukushima … en Suisse des petites alertes, ici et là, mais toujours le même refrain, il n’y a aucun danger pour la population. Tout est sous contrôle. Et puis on propose des pilules d’iode en prévention d’irradiation !

 

22:53 Publié dans Spiritualités | Tags : nicole rip | Lien permanent | Commentaires (5)

22/06/2012

La présence de Dieu

Vous êtes-vous déjà trouvé, seul, ou à deux, totalement vulnérable dans une réalité de violence sans aucun moyen de défense sinon la conscience d'exister encore? Et vous l'avez "échappé belle".

Qu'est-ce qui vous vient en tête? Dieu, maman, des amis proches ou lointains?

Vous êtes paralysés mais vous ne désespérez même pas. Vous êtes un objet. Votre ennemi, c'est le gardien du système, les murs de séparation, les chiens, les armes, pire, un trou. C'est la famine, la sécheresse.

Ces mots ont un visage humain, un nom propre, un titre, un pouvoir, un pouvoir religieux aussi.

Je ne pense pas à dire: "Je te pardonne!" L'abîme relationnel est sa force en même temps qu'il est ma faiblesse. Dans l'absence de Dieu.

0c9d95008f08549477f50d8db73b2954.jpgSi la chance est avec vous, il arrive qu’un "passant", un Samaritain, un étranger s'arrête et se mette lui-même en danger. Pour moi. Allez savoir pourquoi ? Pour moi. Nous sommes alors deux. Trois peut-être. Un groupe, un mouvement.

Le rapport de force change... Ce n'est pas au hasard, ni à Dieu que vous devez votre salut, votre sauvetage. C'est au passant, à l'étranger, au Samaritain. Il n'est pas question d'avoir confiance, il est question de SA présence! Et de la relation réelle et physique avec lui!

C'est, je pense, dans cette présence, qu'agit et que se révèle l'AMOUR (Dieu). Que je survive ou que je meure! Que j'en sois consciente ou pas.

 

16:32 Publié dans Spiritualités | Tags : dieu | Lien permanent | Commentaires (0)

09/04/2012

LUNDI PASCAL

 

 

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Marche de ce jour à Berne, photo Keystone

Réflexion sur ce Lundi de Pâques 2012

Après le bilan commercial de pâques, des petits lapins Lindt à la Federer, des œufs cuits durs à la recette Ogi, des agneaux rôtis et des bouchons sur les routes, quelques flocons de neige ce matin… tout ça fait plaisir. Peut-être.

Après les déferlantes de mots, les histoires en profusion, des sermons peu assaisonnés et sans éclats de Vie nouvelle, et des alléluias au ralenti… tout ça c’est bien. Peut-être.

Enfin l’Eucharistie de la gratitude et le pain et le vin partagés et les catéchumènes  baptisés accueillis, fêtés car Dieu les connaît « chacun par son nom ». Cela c’est très beau, et bon.

Mais bien plus profond et bien au-delà de tout cela : la prise de conscience d’être un atome de notre espèce humaine, l’union profonde du devenir humain dans l’inimaginable souffrance, l’injuste, la scandaleuse souffrance des majorités exclus et des minorités persécutées, ça, c’est le Vendredi  Saint au compte à gouttes des 365 jours de l’année. Cela, c’est la réalité. Est-ce bon ? Est-ce inévitable ?

Bien plus profond encore dans notre conscience individuelle et collective, ce feu sous la cendre, ce filet d’eau dans les lézardes d’un ruisseau, cette étoile tremblante et difficilement fidèle, ces la jeune et belle femme qui meurt d’une tumeur à la tête, doucement…

Et cette  clameur d’une maman et de l’enfant qu’elle offre au monde: un gémissement à deux voix en un seul instant et cette Vie Nouvelle. C’est le mystère pascal dans ce qu’il a de cruel et d’amour et de force ! C’est beau et bon cela ?  Je ne sais pas… mais je crois que là est le vrai sens de la VIE de Jésus en nous. On peut croire à la Résurrection, ici, aujourd’hui, sur la planète tout entière si l’on est conscient et si l’on participe, HORS LES MURS à sa crucifixion et à sa mort… en Syrie, sur la route de Damas, en  Palestine emmurée …et ici !

En conclusion ;

Joseph-Moingt.jpgSi nous disons que nous croyons à la résurrection du Christ….  « Nous avons le devoir de participer au ministère de réconciliation dont l’Église a la charge.  Nous devons nous engager dans les diverses activités de service du monde : travailler à la paix entre les peuples, désarmer les conflits sociaux, promouvoir la dignité et les droits de la personne humaine, dénoncer toutes les formes d’oppression et d’injustice, soutenir les efforts de juste libération, travailler à une meilleure répartition des ressources naturelles et des fruits du travail. »

« Croire quand même » de Joseph Moingt
… né en 1915. Ancien professeur de théologie à Paris (Centre Sèvres et Institut Catholique), ce jésuite a dirigé pendant plus de trente ans la revue Recherche de Science Religieuse. Il est considéré comme l'un des plus grands théologiens vivants.

Merci à Lui !

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