11/04/2009

REFLEXION NOCTURNE

 

O BEATA NOX

Réflexion durant cette nuit étoilée

"Par voie mystique l’infiniment petit rejoint l' infiniment grand".

(Chronique de Gilbert Salem, 24 heures, 10.12.05)

main.php?g2_view=core.DownloadItem&g2_itemId=8919&g2_serialNumber=


Ô nuit qui nous rend à la grâce et nous ouvre la communion des saints ; Nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé victorieux des enfers. Heureuse faute d'Adam qui nous a valu un tel Rédempteur ! Ô nuit qui seule a pu connaître le temps et l'heure où le Christ est sorti vivant du séjour des morts ; ô nuit dont il est écrit : « La nuit comme le jour illumine, la ténèbre autour de moi devient lumière pour ma joie » (Ps 138,12)… Ô nuit bienheureuse, où se rejoignent le ciel et la terre, où s’unissent l’homme et Dieu.

Les moines chantent cette nuit l'EXULTET

http://www.ocp.org/songs/31392

Les nuits de mon enfance à la ferme jurassienne: aucune lumière électrique au dehors. La nuit était singulièrement pure et silencieuse. Dès les premiers beaux jours nous restions dehors le soir à se défaire de la fatigue du jour en regardant le ciel. Nous regardions les étoiles, filantes parfois avant, qu'un après l'autre, nous n'allions nous coucher et dans ma chambre encore, je restais assise sur le rebord de la fenêtre pour contempler cette voûte ensorcelante. Maman m'avait appris à chanter: Quand je contemple dans les cieux, le doux éclat de mille, mon oeil se perd dans cet espace... Une mélodie simple et douce comme une berceuse... C'était au Jura.

En Afrique du Sud, la première nuit dans la périphérie du Cap, les étoiles m'accueillirent comme pour dire: tu es en pays connu, le pays des étoiles immenses, on se regardait presque les yeux dans les yeux et j'ai appris à contempler la croix du sud! Une petite créature humaine organiquement liée à l'infiniment grand!

Jésus sans doute a contemplé les même étoiles que nous, dans ses nuits d'insomnie, de prière. Lui fallu faire face à la réalité. Sans avoir une pierre où reposer sa tête, il allait son chemin faisant le bien en passant. Sa société ressemblait à la nôtre, pas complètement, non, mais le fait reste que les trônes, les dominations, engendraient une poignée de riches et des foules de pauvres.

Etre conscient de cette injustice structurée nous plonge avec Jésus dans une nuit sans étoile. Notre énergie avec la sienne construit le royaume selon son regard, sa pensée, ce qu'il savait être le « plus grand bien pour le plus grand nombre ». Il a lutté, il a perdu, il fut exécuté comme un vulgaire agitateur, une menace au système de la loi et de l'ordre. « Il valait mieux qu'un seul homme meurt, disait le chef religieux ». Il est mort. Plus d'étoiles, la voûte céleste est un caveau vide, sinon pour sa dépouille... que des femmes chercheront partout lorsque qu'une certaine étoile restante, celle de l'aurore les attira irrésistiblement vers ce qui ne peut mourir: l'AMOUR! La pierre roulée, au caveau deux anges attendent dit-on, quelque part l'étoile nous fait signe, « l'impossible étoile » de cette nuit bienheureuse, le sens de notre existence!

Je me permets de mettre le texte en Anglais, le texte Français

pas très traduit et je le regrette, suit ...

 

To dream the impossible dream
To fight the unbeatable foe
To bear with unbearable sorrow
To run where the brave dare not go.

To right the unrightable wrong
To be better far than you are
To try when your arms are too weary
To reach the unreachable star

This is my quest, to follow that star,
No matter how hopeless, no matter how far
To be willing to give when there's no more to give
To be willing to die so that honor and justice may live

And I know if I'll only be true to this glorious quest
That my heart will lie peaceful and calm when I'm laid to my rest

And the world will be better for this
That one man scorned and covered with scars
Still strove with his last ounce of courage
To reach the unreachable star."

 

  (Joe Darion/Mitch Leigh) adaptation française Jacques Brel
Rêver un impossible rêve, porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre, partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure, aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure, d'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête, suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps ou ma désespérance
Et puis lutter toujours sans questions ni repos
Se damner pour l'or d'un mot d'amour, je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux
Brûle encore bien qu'ayant tout brûlé, brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler, pour atteindre l'inaccessible étoile.

http://www.youtube.com/watch?v=7YBeepShsgo

030547c%7EShooting-Star-in-Night-Sky-Posters.jpg


Bonne nuit Pascale!

23:59 Publié dans Spiritualités | Tags : o beata nox | Lien permanent | Commentaires (0)

09/04/2009

JEUDI SAINT

 

Semaine sainte

Jeudi

a%20-%20J%C3%A9sus%20lave%20les%20pieds%20de%20ses%20disciples_jpg.jpg

Parfois on se lave les mains avant de se mettre à table, Chez Jésus on se lave plutôt les pieds. Pourquoi?

Se laver les pieds quand on travaille en zone rurale, la terre et les chemins sableux, les rafales de vents répandent une traînée de poussière qui s'enfile jusque entre les orteils, sous la plante des pieds, dans les oreilles, les yeux et les cheveux, sans parler des habits qu'on peut secouer en les ôtant. Quant au reste, on attend le soir, si l'eau coule, un mince jet de douche te délivre et ta peau commence à respirer, sinon tu prends un seau quelconque et avec l'eau louche de la citerne en taule ondulée, et une lavette, tu fais du nettoyage à la main.

 

Les lieux où Jésus vécut ressemblent à certaine zone d'Afrique australe où j'ai vécu. Se laver les pieds ou laver les pieds d'un passant ou d'un visiteur est aussi normal que de lui montrer les WC artisanat au fond de l'enclos.

Jésus avait l'habitude et avant ce repas, si eux n'ont pas eu l'idée de se laver les pieds les uns les autres, Jésus s'est mit au travail et il a lavé ces pieds poussiéreux et sales des pêcheurs et ceux de sa mère comme un geste de politesse ordinaire. Pierre, dit-on se serait rebiffé et Jésus lui dit « Pourquoi? Laisse faire! Ce pauvre Pierre voulait alors qu'on le lave en entier! » Ils étaient rugueux, ses apôtres, et puis dans leur culture, un peu comme dans les cercles religieux actuels, ils auraient plutôt pensé que c'était le service des femmes! Jésus leur a simplement donné l'exemple. Concrètement.

 

« Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres » (Jean 13, 14).

 

Puis ils mangent et boivent avec plus ou moins d'appétit et, dans l'ambiance lourde d'un orage menaçant, Jésus les rassure que lui-même est conscient d'être recherché par la police. Ils mangent du pain et boivent du vin, fait maison, comme toujours et leur dit d'en faire autant en se souvenant de Lui. Ils pigent? Comment dire? Quelle lourdeur! Jésus n'y tient plus, il s'en va, trois le suivent jusque sous les oliviers, Il prie son Abba, le seul qui reste présent en Lui alors que les autres dorment et que sa mère est retournée chez elle. Jésus alors se sent vraiment seul mais il ira jusqu'au bout car il pense au long terme au-delà de la menace d'exécution dont il est bien conscient.


mosaique-tabga-3.jpg

 

Il leur avait dit qu'Il ne les laisserait pas seuls, qu'Il serait présent s'ils le lui permettent et s'ils savent le reconnaître comme Sœur Emmanuelle, l’abbé Pierre, Mère Térésa et beaucoup, beaucoup d' autres, des anonymes, des athées, qui au fond d'eux-mêmes reconnaissent Jésus aujourd'hui, chez nous et au de-là, “J’ai faim, soif, je suis emprisonné, étranger, expulsé, dépouillé... et vous êtes là! » Pas à l'église, mais dehors sur le parvis, plus loin, ailleurs... ceux et celles que les systèmes humilient mécaniquement!

Écoutons le témoignage que Dom Helder Camara racontait aux chrétiens du Brésil : Un jour, des fidèles viennent me demander de célébrer une messe de réparation dans leur village. Pourquoi ? Parce que des voleurs ont pillé l’église. Ils ont cassé le tabernacle, emporté le ciboire, et, en partant, ils ont jeté les hosties dans la boue. J’y suis allé, bien sûr, et je leur ai dit : Vous êtes horrifié parce que le Corps du Christ a été jeté dans la boue. Mais n’oubliez pas qu’ici et ailleurs, le Corps du Christ est jeté dans la boue quand les pauvres et les petits sont humiliés.”

 

08/04/2009

NON COUPABLE

 

Mercredi saint

 

Jesus_en_priere_743_x_298_.jpg

Matthieu 26,14-25.

 

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR

Matthieu raconte à sa manière l’histoire du Judas ; les chefs des prêtres le monnayent afin qu’il leur livre Jésus, son ami.  Il s’agit de sous avant tout, jadis comme aujourd’hui. Le coupable pour Matthieu, c’est Judas ! A l’église ce matin le célébrant a eu la bonne idée d’éviter d’en parler. Il parle d’autres choses que je ne comprends pas. Et les « fidèles » restent avec l’image de « judas maudit, qui se suicide », lue en concluant : « Parole du Seigneur ! » Mais dans l’ambiance actuelle, cela sonne étrangement ambigu.

Je tombe providentiellement (oui, je crois encore à ces petits clins d’œil de la Providence comme on dit) sur un « éclairage » signé Guy Musy, dans l’excellent dépliant de la COTMEC (Commission Tiers monde de l’Eglise catholique). Je le lis,  téléphone à Guy Musy pour avoir la permission de transférer ce qu’il écrit sur mon blog. Il est tout à fait d’accord. Alors voici :

NON COUPABLE

Dans son message  de Nouvel An notre bon Monsieur Merz, président de notre non moins bonne Confédération nous encourageait à développer initiatives et endurance pour traverser la zone de tempête qui se profile à l’horizon. On croyait entendre Winston Churchill exhortant ses compatriotes à tenir bon sous les bombes nazies. Mais, à la différence du premier ministre anglais, notre président ne désigna pas les responsables par leur nom comme si la crise financière et la récession qu’elle génère, avec son cortège de chômeurs, des entreprises en faillite et ses banques en dérout,e était un séisme imprévisible dû à quelques glissements de plaques tectoniques échappées à la vigilance des géophysiciens. A moins que la fameuse « main invisible dont parlait A. Smith se soit fatiguée de diriger l’orchestre du « laissez faire, laissez passer », partition préférée des économistes libéraux.

Donc pas de coupables à l’horizon ! Tout au plus,  quelques bavures commises par des randonneurs hors-piste, bien incapables de déclencher à eux- seuls l’avalanche. Pourquoi s’en prendre à ce M. Madoff, maître-nageur (en eau trouble !) si sympathique, si galant, si élégant ? Pourquoi serait-il le seul à porter le chapeau de sa gestion désastreuse, alors que des millions d’autres en ont profité avant de réclamer sa peau ?

Non. S’il y a « crime », la responsabilité ne peut être endossée par un quarteron de banquiers et d’hommes d’affaires particulièrement véreux. Toute une société a tiré parti – silencieusement – de leurs malversations. Rien ne sert de faire pendre quelques boucs émissaires si on se refuse à amender le système ou, mieux, à le changer ! (Guy Musy)

De même pour ceux et celles qui se sentiront encore une fois dégoûtés par les trahisons de Judas et de Pierre face à Jésus ! Sont-ils coupables et sommes-nous tous des Non Coupables de trahison et de reniements ? Un regard d’enfant sur le système institutionnel ecclésiastique et ses ramifications jusqu’à nous, jusqu’à moi, suffit pour montrer l’urgence d’amendements, ou mieux de changement radical du système, selon l’Esprit de Jésus.

Jésus le montre le chemin :

« Jésus n’a pas fondé une organisation. Il a inspiré un mouvement… c’était inévitable que le mouvement s’organise… Jésus n’avait pas de successeur… le mouvement était multiforme, en fait  il était informe, spontané. Son seul point de cohésion, c’était la personnalité de Jésus lui-même… Jésus, ses amis le sentaient, était la charnière de l’histoire humaine. » (Jésus avant le Christianisme, l’Evangile de la Libération par Albert Nolan, Editions ouvrières 1979, Paris, pp. 162, 163).

http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=5578

 

 

07/04/2009

SEMAINE SAINTE 2009

 


10-images---04.jpg

 

SEMAINE SAINTE 2009

La Leçon de vie que Jésus nous donne...

« Notre expérience de la vie est une expérience de souffrance, la nôtre et celle des autres. L’histoire de l’humanité, au moins depuis qu’elle a été fixée sur des documents écrits, est une expérience de souffrance. Nous y trouvons les récits des grandes civilisations, de nos victoires et de nos conquêtes militaires, de nos découvertes et de nos inventions. C’est un cache poussière brillant qui dissimule les horribles souffrances humaines qui ont permis tous ces évènements. (Albert Nolan et J.B. Metz, p.26 Jesus Today)

« Notre expérience de vie » en cette « Semaine Sainte » des Eglises chrétiennes pourrait être le terrain d'où émerge, le contenu de la liturgie et des expressions de Foi des gens qui cherchent un sens à cette expérience de Vie. Et je répète: « Nous devons moins nous apitoyer sur les malheurs qui frappent Jésus qu’accueillir la leçon de vie qu’il nous donne dans sa passion. » (Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d. )

Quelle est la leçon de Vie que Jésus donne au vécu globalisé de notre temps?

·   Le sens et le vécu du SIDA, du Choléra qui ravagent des populations

  • Le sens et le vécu du Zimbabwe et de la pandémie: famine structurée

  • Le sens et le vécu des catastrophes naturelles, celle d'aujourd’hui à Aquila en Italie

·   Le sens et le vécu des interminables guerres, émeutes parfois planifiées dans l'intérêt du marché des armes

·   Le sens et le vécu de la récession qui provoque la pitié envers les riches spoliés et l'oubli des affamés, des chômeurs, des SDF, des éjectés

·   Le sens et le vécu des mamans qui enfantent dans la douleur et jubilent de bonheur une fois le bébé dans leurs bras

·   Le sens et le vécu des innombrables événements heureux, personnels et individuels aussi bien que collectifs et communautaires

·   Le sens et le vécu d'un printemps ensoleillé qui nous sourit et nous fait tressaillir

·   Le sens et le vécu de l'Institution Catholique ces dernières années

·   Le sens et le vécu des Institutions politiques dans les différents continents

·   Le sens et le vécu de l'émergence d'un OBAMA, du témoignage d'un Mandela, d'un Dalai Lama, mais surtout le sens et les vécu des héros de l'ombre, ceux qui ne sont jamais nommés dans les médias et qui nourrissent notre courage, ceux que nous connaissons et ceux que nous ne connaissons pas.

·   Nous pourrions continuer... la quête de sens en moi: le sens de ce que j'e vis, en vous tous: le sens de ce que vous vivez au plus profond de vous-mêmes, puis dans votre vie privée, puis dans votre vie sociale et professionnelle

Il me semble que toute notre épaisseur humaine habite la VIE de Jésus qui, elle, nous habite dès avant notre naissance comme la musique de Jean-Sébastien Bach habitait le Créateur avant la création!

Ainsi les quelques paroles de Jésus, sa vie intensément vécue, vivante et porteuse d'une espérance là où il n'y a pas de signes d'espérance visibles, son témoignage de la compassion de Dieu, Notre Père commun. Un Père qui n'a pas voulu, ni ne peut vouloir les souffrances ni la mort de son fils et de ses enfants, ni de nous tous, un Père et Créateur qui, Oh! Mystère, est douloureusement conscient de la faille dans sa création! Mais Jésus l'homme, totalement libre, dé-enchaîné, dépouillé de tout sauf de l'AMOUR muté en COMPASSION pour nous, cheminant avec Dieu fait homme en nous, vers la VIE dans son intégrité originelle, Dans la pensée du Créateur. C'est peut-être comme une timide étincelle de VIE NOUVELLE, à travers la réalité pascale. Aujourd'hui.

La Foi, parfum de grande confiance pour suivre Jésus dans sa Passion.

Jn 12, 1-11

http://www.meditationfrance.org/spip.php?mot35

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38

http://catholique-nanterre.cef.fr/Evangile-de-Jesus-Christ-selon,8660

 

05/04/2009

MEDITATION DOMINICALE

 


«
Seigneur, donnez-moi seulement,
sur mon opacité, mon absence, mon vide,
Seigneur, ah laissez seulement tomber
comme derrière le char de la moisson on laisse à glaner à ces gensmartin-luther-king-jr-praying.jpg
de peu qui n'ont su amasser nul bien,
laissez jusqu'à moi, Seigneur, tomber un peu de
Votre lumière » Jean-Paul de Dadelsen

Demain, et jusqu'à Pâques, les cérémonies religieuses, dans les églises catholiques au moins, seront multiples, longues. Des lectures, des prières répétitives, des amen. Et puis, après Lumen Christi dans la nuit, un alléluia. Je ne sais pas comment cela se passait à la synagogue au temps de Jésus: « La Pâque Juive (Pessah ou Pesah) commémorait la libération du peuple juif de l'esclavage qu'il subissait en Égypte, tel qu'il est relaté dans le livre de l'Exode ». Les Hébreux sont sortis d'Egypte après 400 ans d'esclavage.

Donc six jours avant la Pâque juive, Jésus se rend à Jérusalem. On le connaît après trois années vécues au milieu des gens. Les nouveaux esclaves (des romains et des Chefs des Prêtres et de la synagogue) veulent l'avoir en tant que libérateur, et les autorités se sentent menacées et veulent sa mort. Mais Jésus n'est pas politicien dans le sens d'un pouvoir qui gouverne, Il est un frère dans le sens familial « du plus grand bien pour tous ». Dans une lutte de libération c'est difficile de faire la distinction entre les deux: le politicien et le frère. Les gens crient donc « Hosanna » qui ne signifiait pas un cri de joie et de victoire, mais qui était un appel: qui veut dire littéralement: « sauve donc ! ». « Aide-nous, nous avons besoin d'un leader qui soit aussi l'un de nous, un frère, un rassembleur ». Jésus savait, il connaissait les siens et les siens le connaissaient... en partie! Mais citons simplement Mathieu 21:1-11:

« Quelques jours avant la fête de la Pâque, Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent à Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples : «Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les-moi. Et si l'on vous dit quelque chose, vous répondrez : 'Le Seigneur en a besoin, mais il les renverra aussitôt.'» Cela s'est passé pour accomplir la parole transmise par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, humble, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d'une bête de somme. Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné.
Ils amenèrent l'ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s'assit dessus.
Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d'autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient : «Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Comme Jésus entrait à Jérusalem, l'agitation gagna toute la ville ; on se demandait : «Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : «C'est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »

Pas de garde ni de police, ni de papa mobile à verres anti balles. Dieu sait pourtant s'il était en danger, menacé, recherché. La foule (était-elle si nombreuse?) ne s'en rendait pas compte... d'ailleurs, les foules sont trop facilement manipulables. Que d'exemples en notre temps!

Jésus sera trahi, arrêté, torturé, jugé, condamné, exécuté! Comme des milliers depuis et jusqu'à aujourd'hui. Des innocents, des engagés. Une femme me disait (son fils était un objecteur de conscience blanc sud-africain: « Jésus n'a pas pu souffrir plus que beaucoup de gens aujourd'hui! »

« Notre regard de foi sur la personne de Jésus pendant les jours de sa passion ne doit pas nous amener à nous apitoyer d’abord sur le sort de Jésus. Comme le dit Jésus : « pleurer d’abord sur vous ». Car lorsque nous contemplons Jésus dans son chemin de croix, ce n’est pas d’abord l’injustice de son sort qui doit nous frapper, mais la manière dont Jésus nous ouvre le chemin de la Vie. Nous devons moins nous apitoyer sur les malheurs qui frappent Jésus qu’accueillir la leçon de vie qu’il nous donne dans sa passion. » (Fr. Antoine-Marie Leduc, o.c.d. )

Cette leçon de vie, c'est quoi? Des gens autour de moi la vive et me montrent le chemin, des gens de tous les jours, des ramasseurs de poubelles, des caissières de supermarchés, des journalistes, des chômeurs des mal-nourris, des anonymes, de toutes religions, de non religion. Des humains. A nous de voir. Un excellent sujet de méditation.

jesus-palm16.jpg

01/04/2009

SIGNATURE

Ce matin, à la radio suisse romande 1ère j'ai entendu Aline Viredaz: rubrique « signature ». Je cite le dernier paragraphe:

 

new810mainscrivain6hg.gif

« Le navrant, aussi et enfin : ne sommes-nous pas à  moins de deux semaines de Pâques ? N’est-ce pas la grande fête qui fonde l’espérance chrétienne ? Ne serait-ce pas le moment de nous parler un peu de ce Jésus crucifié, mort  et ressuscité, sans lequel le Vatican peut fermer boutique ? »

Nous pouvons, nous-mêmes, parler avec Jésus et nous pouvons parler de lui en partageant nos réflexions, nos efforts pour « actualiser » (« verwirklichen », disait Martin Buber) Jésus aujourd'hui. Je ne pense pas que, pour le moment, l'Institution ecclésiastique puisse nous parler, à nous qui formons la base, de Jésus actif aujourd'hui. Les longues liturgies n'ont rien de spontané et ne sont pas nécessairement une source d'énergie christique pour continuer la construction de notre monde. Prendre Jésus au sérieux et prendre son Evangile au sérieux, nécessite un processus de conversion continue aux « Béatitudes ». Il ne s'agit pas de carrières vers les hauteurs d'une hiérarchie quelconque, il s'agit d'une carrière vers le bas, vers ce Jésus vivant, agonisant, mourant et ressuscitant chez nous, chez nos voisins, en nous-mêmes souvent. C'est un peu cela, la dynamique du mystère de Jésus! Le Vatican est un Etat, le peuple de Deu est sans frontière, beaucoup n'ont pas une pierre où reposer leur tête. Jésus gît là, au milieu d'eux, pas inactif, mais comme celui dont la résurrection « en directe », chaque jour, prouve que la mort n'a pas le dernier mot. Cela se passe au goutte à goutte!

Demain,1er avril, n'est pas tellement je jour où l'on prend les choses, ni soi-même au sérieux. On peut parfois douter de soi, mais on ne peut douter des gens de bonne volonté qui essayent de saisir l'occasion, en cette période de récession, de relever le défi pour créer sur les ruines d'un système capitaliste sauvage un monde nouveau construit avec passion à la lumière de Pâques.

Je n'ai pas réussi à poster ce billet hier soir, Alors le voici avec toute mon amitié de premier avril.

Ajout: La Vertu de Justice est une qualité morale,

elle permet un juste équilibre entre les hommes.
Equilibre matériel qui assure à chacun la dignité humaine.

La Justice est aussi au service du Bien de l'être humain,

elle est active dans l'humilité

justice.jpg

La Justice avance à petits pas mais elle avance concrètement, en passant par le mystère de Pâques. Concrètement.

10:46 Publié dans Spiritualités | Tags : signature | Lien permanent | Commentaires (1)

28/03/2009

MEDITATION DOMINICALE

J'ai mal à la tête

migraine-locus.jpg

Avez-vous déjà eu mal à la tête? Elle est lourde, ça cogne, la vue, l'ouïe, le cœur entrent en conflit dans le crâne. Ce conflit casse la tête. Pas de médicaments. … Vous restez seul avec « ce mal ». Vous êtes ce mal! Identifier cette souffrance... s'en défaire? L’ignorer? Fuir? N'est-ce  pas trahir sa destinée? Ce pourquoi on est né ? Je suis sûre que bien des personnes autour de moi, et plus loin font cette expérience. Il ne reste qu'une faible étincelle de survie sous ces cendres. Une étincelle que rien ne peut éteindre!

Un homme a fait cette expérience. C'est Jésus le nazaréen. Le Fils de l’Homme. Son comportement était insupportable pour le pouvoir religieux. Les Chefs veulent arriver à leur fin: liquider cette espèce de prophète. Harcèlement, complots, pièges. Menaces de mort. On connaît leurs manières de faire. Selon les évangiles du moins. Même si tout n’a pas été dit. Jésus endure.

Avons-nous déjà connu l'endurance quand les complots sont sur nos talons ? Nous refusons de les identifier, c’est trop désespérant, nous avons peur. Moi aussi.

Jésus avait peur. Il se donnait des « Pep talk »essayant de penser positivement comme on dit... jusqu'au moment où la « foule » l'entend dire: «  Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je? ... Père, délivre-moi de cette heure? ... Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure. Père, glorifie ton nom! (Jean 12:27) La foule qui était là et qui avait entendu, disait que c'était un tonnerre ». Oui, Jésus dit ces choses, il s'en alla et se cacha loin d'eux »!!!

Il avait peur. Il tremblait comme une feuille. Ses pensées, ses sentiments le tourmentaient: il se connaissait, dès sa naissance il savait qu'il ne pouvait faire autrement que d'être fidèle à lui-même, aimer les opprimés, les exploités. Les étrangers, les orphelins … les mal-aimés. Pour lui, c'était faire le travail de Dieu. Il était fait pour ça comme un artiste, un écrivain est « fait pour ça, son oeuvre ». Mais hier comme aujourd'hui, les autorités et leurs systèmes ne pardonnent pas à celles et à ceux dont l'agir et le comportement les remettent en question.

Jésus avait l’instinct de survie « (il se cacha »)! La douleur de l'âme est physique et vice versa. « J'ai mal à la tête égale j'ai mal à l'âme » Jésus dit: « Mon âme est triste à en mourir ; demeurez ici et veillez..." (Marc 14:34). Il appelait ses amis au secours, ils vinrent un bout de chemin… et s'endormir.

Olive+tree.jpg

Lorsque la douleur arrive au point de non-retour, tout le corps est envahi, il transpire, il peut suer du sang! Je me souviens d'une chère consœur et amie qui me disait en Afrique du sud lors d'un moment limite : « When the heart aches and the spirit bleed ». (Je ne peux traduire). C’était un peu ça.

Jésus n'aimait pas souffrir, il a eu peur de la mort. Même s'il savait que ce qui précéderait son arrestation, sa crucifixion, serait plus dur que l’exécution. Les condamnés des couloirs de la mort du Texas par exemple, souhaitent et parfois implorent la solution finale en tant que délivrance! Jésus avait la persévérance des humbles, des petits, de la graine qui porte des fruits à travers sa mort. Il a remis son âme entre les mains de son père. En aimant.

Rumi, le soufi mystique: « ll y eut aussi la Nuit du Destin (26 au 27 ramadan 610), nuit durant laquelle Mohammed passa, comme dans toutes les vocations mystiques, par une expérience de souffrance et de mort suivi d'une régénération. "Ce fut le surgissement de l'aube (falaq as-subh), dira la Tradition ».

Dans les lieux de culte, on va lire demain, ce que les évangélistes racontent des derniers jours de Jésus, de ses souffrances, de sa mort. Ce n'est pas un spectacle liturgique. C’est réel et actuel. C'est en direct aux quatre coins de la terre.

J'ai peur de la souffrance et de la mort. Je fais ce que je peux pour me protéger de la souffrance. Pour ce qui est de mourir, ce n'est pas une partie de plaisir, mais je crois que ce n'est pas le pire puisque l'aurore nous fait signe... une heure plus tôt que d'habitude demain matin, le 29 mars 2009.

 

16/03/2009

Réflexion après la turbulence

 

Comme une fleur dans le désert

 

desert_flower.jpg

 

Pourquoi ne pas permettre à sa conscience profonde d’émerger au soleil printanier, se poser doucement,  goutte de rosée souriante et timide, sur l’herbe étonnée du départ de la neige, de la mort ?

Un hiver long, long,  par rallonges successives, et sa blancheur d’effroi, de mort glacée traînant son deuil, gisant plutôt, grisâtre et sale dans les rues et ruelles, les campagnes, sur les montagnes, sur les toits, dans les arbres, sur les visages, dans les replis d’une terre triste, anémique, d’une population à l’œil dilaté, à l’oreille en vrilles, au cœur effiloché, à la parole diplomatiquement bégayante, aux prières répétitives, copiées collées…à la tonalité onctueuse et sans saveur ! Ponctuellement, à heures fixes « au troisième top, il sera très exactement… »  la télé-spectacle, les conférences prédisant le pire bientôt et le meilleur bientôt itou ! Des sous. Surtout des sous. Des secrets. Le Grand Secret des sous cachés! Quel secret pour Nobuntu qui ronge son bout de cane à sucre pour survivre quelques heures ? A temps et à contre-temps. Des mots. Des tueries aux collèges. Un évêque négationniste ancien prof et « pasteur d’une fraternité » proche du Pastor Bonus s'en allant vers le Cameroun et Jérusalem...Levées d’excommunications aux uns et frappes d’excommunication aux autres…Une maman de neuf ans au Brésil excommuniés, elle, son embryon, l’équipe médicale qui la soigne. Un Madof  en enfer et  un pauvre Lazare « porté dans le sein des anges ». Des signes de justice quand même.

Viennent des machines à laver pour ennoblir la gente féminine européenne et les torchons lavés dans les patchs gluants du Zimbabwe ou menace le choléra . La roue tourne, tourne tourne…une temps pour faire la guerre, un temps pour faire la paix… sur les cadavres d’enfants, de vieillards à Gaza, au Darfour, aux confins d’une Chine désœuvrée et redondante. La grande question : que faire pour, ou comment se défaire des surplus people ??? Pas de travail. Impossible de « gagner son pain à la sueur de son front ».  Qu’en pense Dieu ? Cette parole est de Lui dit-on.Un commandement et un Droit!

Des bombes, des armes, des missiles à portées toujours plus rapides, plus longues jusqu’à faire le tour de la terre, c’est plus facile pour en finir des ennemis imaginaires ou réels.

Je délire parce que la terre souffre et que l’espèce humaine gémit et que je le veuille ou non, je suis une infime partie de cet Univers. Comme toi.

Comme toi ? « Avance et tu seras libre » dit le proverbe arabe. Je rencontre, sur le trottoir, les yeux d’un enfant accroché à la main de papa, nos regards se croisent,  un sourire du petit homme comme un bec taquin, on se reconnaît sans s’être jamais vu. Lui est moi ou moi, lui. Je ne sais trop. C’est une rencontre furtive d’âme à âme comme souvent, très souvent. C’est peut-être le regard d’un moineau apeuré sautillant vers une graine perdue, le regard d’un vieux barbu au front onduleux, au corps vieil alpage, le regard d’un dernier flocon neigeux qui demande pardon en s’évanouissant dans le néant. Oh ! le regard du Sud qui t’attire, vient à toi l’âme ailée ouverte pour l’envol.  Si tu veux.

L’arc-en-ciel me tire du délire et je refais surface, ma conscience profonde posée comme une goutte de rosée sur le brin d’herbe ce matin de printemps. Comme une fleur dans le désert  en attente…

Je lève la tête et je vois Jésus, réponse à l’attente ! Au désert, pieds nus, assis sur un roc, vêtu d’une de rouge terreux et de gris crépusculaire, ses mains noueuses de charpentier jointes entre ses genoux, et son visage contemplant  l’univers sur l’écran de mon ordinateur et sondant le cœur des humains, ses frères,  ses sœurs, moi. (Le Christ au désert par Ivan Kramskoy)

careme.jpghttp://www.lexilogos.com/images/careme.jpg

Comme une fleur dans le désert, l’espoir renaît, la flamme se rallume, d’autres petites fleurent jaillissent des sables, des prés, des cœurs réchauffés par le souffle enchanteur du roseau : Jésus, le Fils de l’Homme. Le Chemin et le cheminement.

 

aaa.jpg

 

 

14/03/2009

CE QUE LE PEUPLE ET DIEU VEULENT

 

Lire la suite

27/02/2009

Spiritualité

 

Un signe de notre temps: la soif de spiritualité

 

Solitude%20lumineuse%20nocturne%20arbre.jpg

Allez dans n'importe quelle librairie et vous êtes sûr d'y trouver une quantitié de livres traitant de spiritualité. Les choses de l'esprit fascinent toujours plus les gens! C'est un signe de notre temps comme le dit le théologien Albert Nolan dans « Jesus Today » (mainte fois mentionné dans le blog) et qui inspire ce petit billet. Hier j'ai écrit que la spiritualité de Jésus entièrement contextuelle. Elle est enracinée dans la réalité et en surgit tel le regard de Abba, notre créateur, sur nous!

 

Nous faisons intrinsèquement partie de la réalité mondiale, régionale, locale que nous lisons dans les journaux ou regardons sur l'écran TV ou vivons en directe. Nous sommes, je suis, un élément, infime, du réseau de relations mondiales. Dans l'Unitude. Ce monde est ma patrie et je lui appartiens et je ne peux pas prier hors de cette patrie terrestre, qui fut et est, celle de Jésus et de sa spiritualité.

 

Il existe des écrits sur la spiritualité sans rapport avec Jésus; il est simplement mis à l'écart. Ces recherches sont néanmoins valables. D'autre part, des écrits spirituels sont centrés sur Jésus lui-même en tant qu'objet de la spiritualité et passent ainsi à côté de Jésus qui a sa propre spiritualité. C'est assez traditionnel et c'est aussi valable.

 

Mais la spiritualité de Jésus, ce paysan juif et Fils de l'Homme, peut inspirer notre recherche de spiritualité dans notre conrtexte post moderne. Arriver à mieux connaître, apprécier la force de la spiritualité de Jésus en son temps nous éclaire sur l'urgence, pour moi, pour nous, de laisser surgir l'Esprit d'Amour et de liberté en nous, personnellement, engagés dans la construction d'une création inachevée. Il s'agit d'une spiritualité pratique enracinée ici et maintenant dans celle du Christ et dont le but et la vision est une spiritualité de libération radicale!

 

Jésus a fait des choses, il a dit des choses alors qu'Il se trouvait impliqué comme nous aujourd'hui, dans les réalités culturelles, sociales, religieuses, de son pays! Sa motivation, c'était quoi? Sa passion pour le plus grand bien pour tous, c'était quoi, cela venait d'où? Et pour nous, c'est quoi? cela vient d'où, la foi et l'énergie indispensables à la lutte pour un monde meilleur?

 

26/02/2009

DRIFTWOOD

1558614101.jpg

Spiritualité de la libération

Les banques, la finance, l'économie, les salaires, le chômage figurent au top des priorités, dans les médias, les conversations. C'est comme une chape étouffante dont on ose émerger car elle protège de quelque chose de pire! Et les petites gens ont peur, peur de perdre le travail, le salaire, quelques économies en un mot peur de n'avoir plus « droit » au Pain quotidien! Une personne me dit ce matin même: « Les nouvelles ne peuvent être pires ». C'est comme une peur qui paralyse.

Et nos têtes restent enfouies dans le sable durant les cérémonies religieuses, elles-mêmes déconnectées, semble-t-il, de la dure réalité du monde ouvrier. La roue tourne.

Est-ce naïf, audacieux de voir une catastrophe transformée en chance? En challenge? C'est, je crois, un signe des temps. Un Kairos. Le moment de prendre « ce qui arrive »au sérieux et de battre le fer pendant qu'il est chaud! Facile à dire. L'analyse des causes radicales, faite par ceux professionnellement aptes à ce genre de travail permettrait d'y voir clair. De discerner comment nous tirer d'affaire à court et à long terme. Il s'agit de prendre conscience.

C'est un exercice de conversion durable durant ce carême. Prendre notre réalité au sérieux et prendre Jésus au sérieux. Les deux sont liés comme la serrure et la clé. Cela fonctionne comment? L'Histoire l'enseigne et les petites histoires de lutte témoignent de la résilience, de l'énergie pour la survie. Le choix de la vie dans des réalités de non-vie (Deutéronome 30, 15-20 ).

Selon le théologien Albert Nolan, nous vivons parfois dans un monde de rêves et nous essayons de ne pas faire trop attention aux menaces et aux défis actuels. Nous restons au bord de l'eau, comme Pierre - ce premier pape - faisait parce que, selon lui, il n'y avait plus de poissons dans le lac. Jésus sourit ironiquement et dit gentiment: « Avance en eau profonde, va au large et jetez les filets ! »

http://www.houstin.info/mods/bible/?action=texte&livr...

Il en a fallu pour que Pierre bouge et se mouille juste après l'échec vécu la nuit même! Mais il a fait le poing dans poche et a pris le large.

tiberiade-clair-mini.jpg

Il semble que les experts du monde de la finance, de l'économie et de la politique s'évertuent pour trouver des bouées de sauvetage sur les rives des eaux glauques où les banques (drift) « voguent » un peu comme du bois mort (driftwood). Et c'est justement dans ce contexte sans repères que nous pouvons vivre un spiritualité entièrement contextuelle avec Jésus. Oui Jésus est directement concerné par la montée des eaux. J'y reviendrai demain.

Tibériade

 

25/02/2009

INFRAROUGE

 

INFRAROUGE

Tard hier soir, Infrarouge (TSR) traitait du secret bancaire en Suisse. Alain Robert, directeur d'UBS suisse faisait face, reconnaissait les erreurs, les fautes avec un sang-froid extraordinaire. Myret Zaki du Temps mettait l'éclairage d'une enquête sur cette affaire. Courageuse.

Monsieur Alain Robert a-t-il appréhendé cette rencontre? Et les autres protagonistes? On ne sait pas. Mais on sentait une gêne presque obligatoirement honnête puisque qu'il n'y avait plus d'échapatoire. Et je me demandais comment, depuis 2002 – et même avant – on a pu faire « comme si » le fonctionnement et ses rendements suffisaient à satisfaire la conscience collective des responsables payés pour gérer à un sou près, les économies des petites gens?

Combien d'hommes et de femmes sont amenés devant les juges, exposés au public, sans d'autres arguments pour leur défense que leur peau et leur peur! Eux se trouvaient peut-être au mauvais endroit au mauvais moment! Derrière le trône du juge (dans les tribunaux de certains cantons, je l'ai vu) le crucifix en flagrante contradiction avec ce que Jésus a proclamé « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés » (Luc 6:37). Cela dépasse l'entendement que l'on ose se dire chrétiens.


jesus.jpg

Jésus a connu la peur, l'appréhension, la terreur à l'idée de rencontrer les chefs des prêtres, les scribes, les anciens dans « l'Infrarouge » de Jérusalem et finir condemmé et exécuté. Avez-vous jamais appréhendé rencontrer une autorité? Moi si. Comme tout un chacun. C'est tellement humain, Jésus a eu peur! Il est à ce point proche de nous. Pour sa défense Il n'avait que la vérité. Sa Vérité, c'était LUI. Et c'est cela que la « noblesse religieuse » ne supportait pas. Non cela ne sert à rien de vouloir « sauver sa vie » pour gagner en prestige ou en fric!


Voilà peut-être un petit éclairage de l'Evangile de jeudi sur un fragment de notre vie.

08/01/2009

Se réfugier dans la prière et la contemplation ?

paix123.jpg

 

On aimerait se boucher les yeux, les oreilles, la bouche, oublier le monde tel qu’il est, par exemple au pays de Jésus dont l’Occident chrétien vient de fêter la naissance à Bethléem en Cisjordanie qui constitue avec la bande de Gaza,  la Palestine. Sa terre natale. Se réfugier dans la prière et la contemplation, dire à Dieu ce qu’Il devrait faire : « Guider les autorités dans leurs prises de décision par exemple les autorités politiques,  militaires,  celles d’Israël, des USA. Où est le Dieu d’Israël dans cette réalité ?

Selon le quotidien israélien « Haaretz » : « La préparation de l’actuelle opération militaire a commencé il y a déjà longtemps et la collecte 0d’informations nécessaires pour son lancement a commencé il y a six mois. » http://www.haaretz.com/hasen/spages/1053404.html

« Le “facteur américain” poussait lui aussi la vice-premier ministre, ainsi que le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barack, à se dépêcher “d’ouvrir le front” et de lancer une guerre victorieuse contre le Hamas. Et Israël est passé à l'offensive moins d'un mois avant la fin de la présidence Bush qui donne à Israël le feu vert pour poursuivre son offensive. » Avec les conséquences de cette agression sauvage superficiellement rapportées par  les médias selon leurs possibilités. Cela nous fait frémir !

Obama aurait expressément signifié qu'à partir du 20 janvier « Les règles de l'implication américaine dans la région allaient changer ». Bien faible consolation pour les Gazaouis ! http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=9...

Lors qu’il quitte la Maison Blanche la main ensanglantée de Bush va serrer la main d’Obama et lui souhaiter bonne chance! (Bushes’ blood dripping hand will shake that of Obama and wish him Good Luck!) Et « La diplomatie et la guerre de Gaza, le ballet des hypocrites va poursuivre sa danse macabre et les cris des victimes arriveront jusqu’à nous par les écrans souvent biaisés et les colonnes de nos journaux par agences de presse interposées. Voir l’excellent article de Pierre Haski, (connu chez nous) à l’adresse : http://www.france-palestine.org/article10795.html

Pour comprendre un peu mieux, on peut se référer à : «Où sont les vraies causes de la permanence du conflit en Palestine ? »

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=49634

J’écoutais hier à 16h30, Steve Sackur interviewer à la BBC M. Ron Prosor, ambassadeur d’Israël à Londres. Prosor a été amené à admettre que l’opération militaire à Gaza avait été soigneusement préparée, non seulement l’attaque militaire mais également l’offensive diplomatique. Prosor déclare « Israël fait ce que toute nation menacée de terrorisme ferait ». Puis il laisse tombé ces paroles : « En plus de neutraliser le Hamas, nous voulons empêcher le trafic d’armes avec « les pays voisins ». Il nomme l’Iran.  Voir : http://news.bbc.co.uk/1/hi/programmes/hardtalk/7815400.stm

Pourquoi ces quelques lignes ci-dessus alors que des experts en journalisme nous informent consciencieusement ? Parce que Jésus m’intéresse et que je l’aime. L’Occident chrétien vient de célébrer  sa naissance, mais nous sommes concernés par, et engagés dans son vécu AUJOURD’HUI, dans son pays natal et au-delà ! Nous, c’est-à-dire des centaines de milliers, des millions de personnes de la même espèce humaine !

Que pense-t-il, Jésus ? A-t-il changé d’idée, changé de camp depuis qu’il a déclaré : dans Matthieu 25 : 31-46 : «J'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !' Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?' Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. »

Et encore Matthieu 26 :51 « Remets ton épée à sa place, car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée. »

Jésus refuse l'intervention et l'aide militaire de ses adeptes dont certains sont pourtant d'anciens  zélotes ayant l'expérience de la résistance violente contre l'ennemi et ses collaborateurs: " C'est assez! Ça suffit ! Vos épées me sont odieuses et nuisibles à ma cause ! Arrêtez!!"

Voilà ce qui nourrit ma contemplation. Pour quelle action ?

05/01/2009

Une autre semaine de mort et de misère

"Une autre semaine de mort et de misère

pendant que le monde regarde ailleurs"


L’Epiphanie dans la sainte liturgie : faire le lien entre là et ici, entre « en ce temps-là et maintenant ». Un défi.

Hier, dimanche, je suis allée « à la Messe », comme on dit. La liturgie de l’épiphanie : les mages, l’or, l’encens, la myrrhe, tout cela est placé dans la « crèche auprès du bébé Yeshuah » qui disparaît derrière les personnages et leurs cadeaux et dans la fumée grise de l’encensoir que le prêtre balance de gauche à droite, de bas en haut en terminant avec quelques envolées circulaires avant de reprendre sa position perpendiculaire, oscillant et fumeux. Je tousse, nous toussons, le petit Jésus est en pierre, Lui, il ne peut pas tousser.

Mais qu’en pense-t-il ? Jésus? Ce n’est qu’une question. La réponse, c’est quoi ?

Le service religieux soigneusement préparé se déroule sans faute. Le prêtre, tout entier à sa fonction et avec beaucoup de recueillement, lit l’évangile du jour (Matthieu 2,1-12) et il en donne un commentaire  bien  préparé… à un moment – que j’attendais – le prédicateur fait le lien, enfin (!) Oui, il lie le présent sanglant de Gaza à la visite de ces éminences à dos de chameaux. C’est précisément dans cette région où la guerre tue en ce moment-ci, que Yeshuah a vu le jour en ce temps-là ! …Comment fête-t-on l’anniversaire du divin Enfant, l’Enfant abattu en ce moment-même ? Aujourd’hui ? Qui sont les visiteurs de marque? Quels sont  les cadeaux ? … Les cadeaux :  des balles, des boulets, des tanks, des obus, des rockets, des soldats ? Oh ! Pas de Gardes suisses pour le protéger, non, mais des soldats à l’attaque et qui sèment la terreur en plein cœur de Gaza ! Pas d’eau, pas de pain, pas d’étoile. Aucun ange envoyé de Dieu et qui vous fait rêver d’un autre chemin à prendre pour éviter « Hérode » et retrouver un monde meilleur !  

Jésus aujourd’hui meurt en direct le jour de son anniversaire … dans son pays natal !

Dans l’après-midi d’hier dimanche également,  comme chaque semaine à la même heure,  un mail me parvient de Frère Louis, mon ami franciscain qui vit à Bethlehem. Il me transmet  des fragments ensanglantés du carnage qui l’entoure, résumé en un mot : l’enfer.

01/01/2009

Une Pensée en complicité avec Jésus

enfant.gif

 

Un petit message de Bonne Année 2009 à tous les amis qui passeraient par hasard sous le regard de cette enfant 

Quelles seront les motivations, les pensées des blogueurs, nous qui avons le privilège et la responsabilité de nous enrichir les uns les autres de nos différences et ceci, au-delà de toutes frontières.

La sève monte des racines et je me sens partenaire des « Grassroots » Peut-être à tord, mais c’est comme ça.

Il me semble qu’il existe une écologie de la « pensée et de la réflexion » ; partager nos pensées est une responsabilité partagée qu’aucune  espèce de dogme, d’idéologie, de croyance n’a le droit de bloquer ; ceci ne signifie nullement qu’on ne peut la mettre en question !  C’est, je crois sans en être sûre, que c’est dans l’échange libre de nos expériences, de nos réflexions de l’expression toujours difficile de nos pensées que la vraie PENSEE, celle qui est le don de l’origine avance, naît et renaît. En complicité, en connivence amoureuse avec Jésus aujourd’hui.

21/09/2008

Méditation dominicale

L’idée de l’espace et du temps m’intrigue. Pourquoi notre adorable Créateur, ayant imaginé, donc créé, les minuscules créatures que nous sommes, pourquoi nous avoir placés dans l’espace et le temps ? Obligés que nous sommes à sans cesse bouger d’une place à l’autre et tout le temps à court de temps ? Il aurait pu imaginer autre chose. Quoi par exemple ? Le « Hors espace temps » ?

J’imagine qu’en s’introduisant Lui-même, divine particule à l’origine du Big-bang, dans l’espace et le temps, Il fait dès lors partie de l’espèce humaine, et circule comme toi, et moi dans les méandres de l’espace et du temps.

Depuis le jour où, accroupie sur un tas de foin tout sec, je faisais les yeux grands ouverts, le tour du monde au-delà du « gros Fritz des Rangiers »,  la question du « hors espace temps » m’intrigue (voir la note du blog « Katutura », dimanche, décembre 30, 2007).

Cette expérience enfantine m’a donné du fil à retordre à l’école qui nous éduquait à la ponctualité, l’exactitude, le calcul, les chiffres, les poids et les mesures !

Il me semble que Jésus comprend cette difficulté, et un grand nombre de personnes aussi, elles qui sont prises, pour survivre, dans des systèmes qui ne pardonnent pas. Par exemple, Wall street tremble et le monde entier tremble. Avec raison. Dans cette confusion financière voici que demain dimanche, l’Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (20, 1-16) sera lu dans les églises. J’appréhende d’en devoir écouter l’interprétation par le « prédicateur ». La Bonne Nouvelle de Jésus est tellement actuelle lorsqu’elle n’est pas édulcorée.  (http://home.nordnet.fr/~lhamain/DAORD25.htm)

Jésus parle du « royaume de Dieu » comme d’un domaine, d’un vignoble où, selon les saisons, il y a beaucoup à faire. Il faut des bras et des mains pour vendanger. Nos vignerons du Lavaux, du Valais en savent quelque chose ! Il faut vendanger vite et bien pendant qu’il est temps.

Selon Jésus,  le vigneron a besoin de journaliers et il les embauche dans l’ordre d’arrivée. Ceux-ci travaillent dur et ont droit à la paye.

L’intendant, sur l’ordre du patron, commence par payer les derniers venus, donc  inversement à l’ordre d’arrivée. La paye (disons aujourd’hui, chez nous, 80 francs pour la journée, repas compris) est la norme pour nourrir la famille pour un jour. C’était ainsi convenu avec le maître Vigneron.
 
Les derniers arrivés qui ont bossé une heure reçoivent 80 francs et ceux qui ont bossé huit heures reçoivent  80 francs et s’étonnent, pire, ils ronchonnent et ont l’honnêteté de confronter le patron et de dire ce qu’ils ressentent : « Le poids du jour et de la chaleur » la fatigue, ne mériteraient-ils pas davantage ? On les comprend… et je me serais sans doute insurgée comme eux.

Incidemment je viens d’évoquer cette parabole autour de moi dans la maison et même hors des murs de la maison et tous disent :
-    ce n’est pas juste !
-    mais c’est pourtant l’idée que Jésus veut partager avec les gens qui iront dans les églises demain ?
-    les curés vont bien expliquer cela …
-    quoi, cela… ?
-    Jésus ne dirait pas ça aujourd’hui !
-    Pourquoi ?
-    Les temps ont changé…

Ma méditation se poursuit, laborieuse, en plaidant que l’Esprit de Jésus m’éclaire : « Est-ce que les temps ont changé, est-ce nous avons changé ? » Si oui, dans quel sens ? Est-ce que c’est impossible aujourd’hui de prendre Jésus au sérieux ?

Comme pour répondre à notre  confusion Jésus conclut aujourd’hui exactement comme hier :
-      Vas-tu regarder avec un oeil mauvais parce que moi, je suis bon ?
-    Ainsi, les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers…

Quelle réponse lumineuse et quel défi !

Oui je me souviens qu’en Afrique du Sud, nous nous encouragions les uns les autres :
 « La beauté est dans l’œil de celui qui regarde » et « le mal est aussi dans l’œil de celui qui regarde ». Quant « aux premiers qui seront derniers et vice versa », rien de plus menaçant et rien de plus consolant selon qu’on se trouve au sommet de la hiérarchie où sous le dernier échelon. Cela, Jésus l’a affirmé. Pas pour faire plaisir aux uns ou effrayer les autres…simplement parce que c’est la logique des choses pour assainir la faille de la création « Espace temps »  par l’action de la Bonne Nouvelle de Jésus aujourd’hui.

 « Selon nos critères humains, Jésus était un raté. Il n'avait aucun diplôme, aucune éducation. Il n'a pas fait carrière. Durant les trois dernières années de sa vie d'adulte, il n'avait même aucun salaire, et donc très peu d'argent. Il vivait de dons. Il mendiait. Pas de coquette maison, ni de moyen de locomotion confortable. La plupart du temps il dormait à la belle étoile et se déplaçait à pied. Pas non plus de gens haut placés parmi ses amis, pas de relations dans le domaine de la culture, de la politique ou du monde des affaires. On le considérait comme un lunatique et un criminel. Il n'avait même pas la côte parmi les gens de son pays, de sa ville natale. Quand il avait prêché dans leur synagogue il avait failli se faire lyncher ? Dans tous les critères selon lesquels nous mesurons habituellement le succès de quelqu'un, la vie de Jésus était un échec sur toute la ligne. »
http://www.homelie.biz/article-22743487-6.html
 

17/09/2008

Le matin



Ouvrir les yeux à la lumière du matin     
répondre à l’appel du réveil dans l’hémisphère nord
merci pour cette journée et ce qu’elle m’offre et ce qu’en ferai

Petite, tôt le matin à la ferme jurassienne, je sifflais, sautais, chantais, buvais ma tasse de lait et filais pour l’école à deux kilomètres et demi de la maison. A pied.

Plus tard, en formation d’éducatrice pour « les Missions » en tant que Sœur, je me hâtais au son de la cloche monotone et autoritaire de l’Institut, pour être à temps à la prière du matin, préparée, programmée, en latin, psalmodiée, quasi soporifique avec « Amen » pour terminer. Mon esprit priait en sourdine. 

Au cœur du township africain - un black spot – à la “Little flower Mission-School”, je me suis retrouvée comme l’enfant d’autrefois à la ferme, sautant du lit, à genoux quelques instants, disant avec la ferveur du soleil levant : « Parle, Seigneur,  j’écoute ! »  devant l’image carte postale du petit Samuel à genoux - de Sir Reynolds Joshua (année 1777), à genoux quelques instants seulement… Non ! Ce n’était plus un appel, c’était la réalité présente en chair et en os au cœur de laquelle je prenais racine ! Comblée.

En Afrique c’était simple, facile, clair me semble-t-il aujourd’hui.  L’appel à la Liberté, à la libération, à la lutte, à la justice ! Irréversiblement ! Un but qui donnait un sens à notre vécu et à celui de la jeunesse africaine !

Dans ma Suisse natale, au soir de ma vie,  j’ai gardé l’indépendance priante de l’Afrique et, à mon réveil, avec le petit Samuel je dis : « Parle Seigneur, j’écoute ! » (cette « indépendance » m’est gracieusement accordée). La réponse de « Celui qui parle », c’est ma prière du matin … mais elle ne peut rester enfouie dans l’abstraction d’une spiritualité douillette et pacifiante : celui qui nous parle, Jésus, nous parle dans notre réalité actuelle.

Ici à Bulle, en Suisse et au-delà. Nous sommes des citoyens concernés et responsables. La prière du matin ne peut être que la mise en marche vers le travail des hommes et des femmes. Aujourd’hui apeurés par la menace réelle d’une récession dont les plus simples cherchent à se faire une idées des enjeux ! En gardant la paix.

Dans une Europe - car la Suisse est trop minuscule pour l’en séparer – la réponse à l’écoute priante est faible et confuse … fragmentée, dispersée, intéressante, provocante, cacophonique ou alors, d’un vide dogmatique qui coupe les ailes.
Tant d’efforts pour la justice, la liberté, la solidarité, tant d’énergie gaspillée par manque de cohésion. Des feux d’artifice quoi !

Mes questions :
la prière du matin des fellowbloggers  au saut du lit ; celle des parlementaires, des  journalistes, des médecins, des fonctionnaires d’Eglises tous azimut, des paysans, des écoliers, des malades, des prisonniers, des affamés, des sans-papiers. La toute première pensée au réveil du boulanger, celle de notre ministre Samuel Schmid après l’épreuve publique que lui a infligée Alain Rebetez avant hier soir à la Tsr 2 , 15 septembre ?

La prière du matin d’un laïc positif, M. Sarkozy en compagnie du chef de l’Etat du Vatican, ou du même Sarkozy en compagnie de la « bande de racaille qu’il veut faire disparaître à l’aide de karcher si nécessaire ? »  Quelle réponse à quel appel selon les circonstances ? Quelle prière du matin ?

La prière du bébé au sein de sa mère et celle du père sa hâtant au travail !

Les amis de Jésus se posaient des questions similaires je crois sur la prière, je crois. C’était des travailleurs comme nous. 
Ils s’adressent à Jésus, qui comme jadis Jésus répond : c’est simple, nous pouvons  dire ensemble le « Notre Père » !

 (http://langedeleternel.centerblog.net/3688413-Notre-Pere)

Nous pouvons ce Notre Père en araméen, celle que parlait Jésus. Ou comme ci-dessous, la lire si le temps le permet, en araméen.
http://catholiquedu.free.fr/prieres/ARAM1.htm


Awoun       douèshméïa,
Notre Père qui es aux cieux


Nèth (q)radash(e)    shmarh
Que soit sanctifié      votre nom


Tété    merkouzarh   (z = th englais)
Vienne votre règne


Névé      sévianarh

Soit faite  votre volonté


Eikén   en douèshméya abb’hara
Comme   aux cieux     sur terre


Haoul’ann     lar’man-sourane    èn’yomana
Donnez nous  notre pain quotidien  aujourd’hui


Ouérsh’ourl’ann   houbènn ou arbarènn
 Pardonnez   nous    nos    offenses


 Eikén ann-ap  nann shouaria     faïawénn
Comme nous,  nous pardonnons nos offenseurs


Oulla   tal’ann       in    tçiona
Ne nous soumettez pas à la tentation


Ella-pass’ ann èn bicha
Délivrez nous du mal


Motorrl-dilar’y merkouzarh
Car vous appartient le règne


Ourhail’o tèchporta all’almine
 La puissance et la gloire


Amen


Il arrive que je répète cette prière dans la langue de Jésus en m’associant à tous.