05/11/2009

Armées et munitions

 

Numériser0002.jpg

Les armées et les armes

Une réflexion sur les armes peut-elle être cohérente, conséquente ? Il semblerait que notre planète est armée jusqu’aux dents : armes défensives, armes offensives, selon la réalité des uns et des autres.

On dirait que, depuis la nuit des temps, les humains s’entretuent ! Pourquoi ? Pour quoi ?

La bible est un mélange de la tendresse d’un Dieu et de la cruauté d’un exterminateur, un Dieu vengeur, « a serial killer » !!! Un Dieu de vengeance ! Et lorsque des passages sont lus publiquement, les fidèles sont censés répondre en chœurs « Parole du Seigneur, Amen » aux paroles de la Bible.

Le paradoxe entre le Dieu prétendument Amour et le «Dieu des Armées» est-il élucidé ? Théologiquement ? Dans un langage à portée de tous ?

Il est plus facile de taire la violence, alors qu’elle nous habite, nous et l’univers, et que c’est notre responsabilité d’y voir clair, à la lumière de la Bonne Nouvelle et du témoignage de Jésus ! Et de chercher ensemble et dire ce qu’il en est.

Ce billet est un effort personnel, sous le regard de Yeshua qui, lui, n’a pas nié l’existence d’armées, de soldats; il  n’a pas combattu l’existence, ni la fabrication d’armes, donc de leur usage.

Il a cependant dit à Pierre « Remets ton arme d’où tu la prises! » Alors qu’il se savait épié, rejeté des chefs religieux et qu’il était sur le point d’avertir ses apôtres de sa disparition prochaine !  Eux ne comprenaient rien !

Aujourd’hui, sommes-nous plus avancés qu’eux en face d’une la mort imminente?

Mathieu 26 : 51… et Luc 22 : 36-38 : « Que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée… Ils dirent: Seigneur, voici deux épées. Et il leur dit: c’est assez ! » Quelle ironie désespérée dans cette remarque de celui qui allait être arrêté, jugé, condamné, abandonné, exécuté ! Un peu plus tard, Jésus est arrêté. Il y a une bousculade:

« Simon Pierre, qui portait un glaive, dégaina et frappa le serviteur du grand prêtre auquel il trancha l'oreille droite; le nom de ce serviteur était Malchus. Mais Jésus dit à Pierre: " Remets ton glaive dans son fourreau ! » Jean 18.10-11, et Mathieu 26 : 52: « Ceux qui prennent l'épée périront par l'épée ».

Est-ce que nous sommes plus civilisés en 2009 que ne l’étaient les compatriotes de Jésus ? L’histoire des religions, et celle du christianisme itou, est un défilé de violence, d’injustice, de croisades, d’inquisitions, de guerres ! Et le Vatican est sous la surveillance de soldats suisses. Est-ce nécessaire ? Si oui, au nom de quoi ?

Je crois donc que la pratique de la justice et le travail acharné pour la promotion du « Bien Commun », donc globalisé (!),  rendront  inutiles les armes, les guerres, car la justice conduit à la Paix.

Quant à la votation du 29 novembre 2009 au sujet de l’initiative interdisant l’exportation d’armes à des pays en guerre, je voterai oui.

Mais la fabrication d’armes demanderait beaucoup de réflexion. Par exemple sur la transformation « De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, et de leurs lances des serpes: Une nation ne tirera plus l'épée contre une autre, Et l'on n'apprendra plus la guerre. » Esaïe 2/1-5

Transformer des fabriques de munitions en moulins, des arsenaux en greniers et en boulangeries. Est-ce même images.jpgenvisageable ?

N'est-il pas possible, dans ce contexte-là, d'éviter le chômage?

 

21:11 Publié dans Spiritualités | Tags : armes | Lien permanent | Commentaires (11)

04/11/2009

Exportation d'armes

stopbombs.gifExportation d’armes: débat

 

http://infrarouge.tsr.ch/

Hier soir, j’ai regardé INFRAROUGE, sur « l’exportation d’armes : une honte pour la Suisse ». Première impression, ce débat était un combat. Les protagonistes du « Oui » à l’initiative,  plutôt contrôlés et pacifiques, ne pesaient pas lourd face à la virulence de celles/ceux, qui défendaient le « Non ». Christian Levrat paraissait fatigué, Jacques Neirynck, désabusé, avec raison, de la médiocrité des arguments « contre ». Maguerite Contat Hickel, présidente SWISSAID , était seule à représenter les victimes des armes de destruction exportées.

L’animatrice avait grand peine à intervenir dans cette espèce de dialogue de sourds. A la fin, il n’y avait rien d’intelligent. Les personnes contre l’initiative brandissaient les mêmes arguments : Économie, licenciements, chômage. Voyez pour vous-mêmes à l’adresse ci-dessus. Et celles pour un OUI à l'initiative paraissaient intimidées. Pourquoi?

 

Je me suis tournée vers Jésus, son regard, sa pensée, dans cette problématique ? En fait, Jésus, dans sa réalité, ne semble pas avoir contesté l’armée ni les armes.  On rapporte qu’il aurait dit : « Quel roi, s'il va faire la guerre à un autre roi, ne s'assied d'abord pour examiner s'il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient l'attaquer avec vingt mille."Luc 14.31 (Louis Segond) ». Et Jésus vivait dans un pays occupé par les Romains armés !

 

Aujourd’hui, Jésus soutiendrait-il le mouvement pour « Une Suisse sans armée ? » Serait-il pour l’exportation de matériel de guerre dans l’intérêt de l’économie ? 121a.jpg

Si Jésus avait été invité à INFRAROUGE, dans quel camp l’aurait-on placé puisque « tous » se disaient chrétiens ?

« Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour œil, dent pour dent.
Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre.. Si quelqu'un veut plaider contre toi et prendre ta tunique, donne-lui encore ton manteau. Si quelqu'un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. »

« Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.  Et moi, je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent,  afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes.  Car si vous en avoir ? Les collecteurs d'impôts eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?  Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens n'en font-ils pas autant ? » ((Évangile de Matthieu ch. 5 v.38…)

 

Voilà ce que Jésus aurait dit à Infrarouge. Sans aucun doute. Quelles auraient été les réactions ?

 

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02/11/2009

L'ESPOIR/DESESPOIR (texte entier)

 

 

133758638846892a1298af0.jpgL'Espoir en des temps de désespoir

(Albert Nolan)

http://www.op.org IDI - 468/ Janvier ‘09

 

INTRODUCTION

La théologie dans laquelle moi et d’autres nous sommes engagés en Afrique du Sud a été décrite comme une théologie contextuelle. Les questions théologiques desquelles nous traitions étaient des questions qui émergeaient de notre contexte social qui était principalement celui de l’apartheid et de la lutte contre l’apartheid. Le contexte aujourd’hui est différent, très différent. C’est bien plus compliqué et pas si simple à analyser et définir. L’une des grandes caractéristiques de notre temps, néanmoins, dans le monde entier et particulièrement en Afrique du Sud est le désespoir. Nous vivons un temps de désespoir. Il y a des siècles, nous connaissions l’espérance et l’optimisme sous une forme ou une autre, politique, économique, scientifique et religieuse. Actuellement, presque tout le monde est submergé par le désespoir. C’est notre nouvel environnement ou du moins le plus communément ressenti de notre temps. C’est dans ce contexte qu’en tant que Chrétiens, nous sommes appelés dans les mots de la Première Lettre de Pierre « à témoigner de l’espérance qui est en nous ». Nous commençons par une brève analyse de l’espoir du passé qui a cédé la place au désespoir actuel. (à demain)

NOTRE ERE DE DESESPOIR

Le 17e siècle en Europe a donné naissance à un grand souffle d’optimisme. Il fut appelé l’Âge de Raison. Les philosophes et les scientifiques de l’époque se séparèrent de l’autoritarisme de l’église pour n’utiliser que la raison et devinrent optimistes à propos de ce qu’on appelait alors « le progrès humain ». Ils étaient convaincus qu’en faisant confiance à la raison et au raisonnement scientifiques, les hommes réussiraient à résoudre leurs problèmes. Progressivement, étape par étape, ce rêve se transforma en cauchemar. Cette méthode apporta de nombreux gains et profits, mais à nouveau, les hommes finirent par devenir déraisonnables, cruels et égoïstes. La Révolution Françaises et la Révolution Russe devinrent très oppressives. L’Allemagne nazie fut profondément inhumaine. Le colonialisme fut tout sauf raisonnable et progressif. Aujourd’hui très peu de gens continuent de croire que la science saura résoudre seule tous les problèmes. En Afrique du Sud l’espoir fut généré par la lutte elle-même et par sa réussite dans le démantèlement de l’apartheid, par les accord négociés, par la transition relativement pacifique vers la démocratie, par notre nouvelle constitution et par le leadership charismatique de Nelson Mandela. Mais depuis, nos espoirs se sont graduellement érodés et aujourd’hui le sentiment général n’est que désillusion et désespoir. Plus tôt, à travers le monde, plusieurs millions de personnes ont placé leur espoir d’avenir dans l’avènement d’un monde socialiste d’égalité et de partage. Mais à mesure que les gouvernements communistes d’Europe de l’Est et d’Union Soviétique devenaient plus totalitaires et oppressants, voire même s’annihilaient, cet espoir fut également réduit en cendres. Puis vint l’âge de l’expansion capitaliste et de l’économie du marché libre. Il fut dit que le marché résoudrait tous nos problèmes à condition que nous ne le régulions ni interférions. La perspective d’une croissance économique illimitée et d’un développement économique mondial ont donné beaucoup d’espoir à certaines personnes. Cela dura assez longtemps. Mais aujourd’hui que la bulle a également éclaté au moment de la chute des banques et des économies, le marché nous a trompé. Pour certains ce n’est qu’une cause de désespoir supplémentaire, particulièrement depuis que cela signifie que les pauvres seront encore plus pauvres qu’avant. L'Église aussi est très abattue. Le second Concile de Vatican nous a empli d’une excitation pleine d’espoir sur l’avenir de l’église. C’était comme si nous passions d’une église autoritaire et hiérarchique à une liberté radicale de Jésus et de l’évangile. Mais depuis, l’ensemble des bénéfices du Concile ont été lentement, mais sûrement ébranlés et retournés. Ajoutez à cela les scandales sexuels et la façon dont ils ont été couverts par l’église avec le manque actuel de vocations à la prêtrise et vie religieuse et vous obtiendrez une formule démoralisante et désespérante. Cependant, tout le monde n’est pas désespéré. Il y a des signes d’espoir comme les nouveaux gouvernements pro-pauvres d’Amérique latine (Bolivie, Équateur, Paraguay, Venezuela et Brésil) et l’élection de Barack Obama aux États-Unis. Mais les signes généraux perçus traduisent plutôt davantage de pertes et de morosité, plus de souffrances et de misère pour les pauvres. Le réchauffement et les changements climatiques nous menacent encore plus, tout comme le manque de volonté politique d’instaurer les changements nécessaires à sauver la planète. Ceux qui travaillent dans ce domaine commencent à douter que la vie humaine survive sur cette planète, sans parler des autres formes de vie. Cependant, je souhaite discuter du glissement de l’espoir vers le désespoir qui n’est pas un désastre. C’est une magnifique nouvelle opportunité de développer un véritable espoir Chrétien.

ESPOIR CHRETIEN

Pour un véritable Chrétien, il y a de l’espoir. Il y a toujours de l’espoir. Dans les mots de Paul, nous espérons en nous appuyons sur l’espoir, c’est-à-dire, nous gardons espoir, même lorsqu’il ne semble y avoir aucun signe d’espoir. Pourquoi ? Parce que notre espoir n’est pas basé sur les signes. Notre espoir se base sur le Seigneur et rien que le Seigneur. Nous mettons tout notre espoir et notre confiance dans le Seigneur. Ou du moins nous essayons. Mais que cela signifie-t-il de placer tout son espoir et sa confiance en Dieu ? C’est la plus grande question théologique de notre temps. C’est une question particulièrement difficile pour beaucoup de personnes. Aujourd’hui, Dieu est mort ou hors de propos, un concept dénué de sens. Pour beaucoup, placer tout son espoir et sa confiance en Dieu sonne comme un pieux espoir. Que signifie avoir confiance en Dieu ? Avant tout, pour citer le Psaume 146, cela signifie que nous ne plaçons pas notre confiance dans des princes. « Ne mettez pas votre confiance dans les princes, dans le fils de l’homme, qui ne peut sauver. … Heureux celui… qui met son espoir en Yahweh, son Dieu! » (146,3 ;5). Nous ne pouvons avoir confiance dans les promesses des princes : des princes politiques ou industrielles ou même les princes de l’église. Il est évident que cela nous aide d’avoir de bon leaders, mais finalement, nous ne pouvons baser notre espoir dans un leader humain. Non seulement parce que tous les humains, dont nous, sont faillibles, faibles et susceptibles de faire des erreurs, mais surtout parce qu’aucun de nous, individuellement ou collectivement est assez puissant ou savant pour sauver le monde. Nous ne pouvons pas non plus placer tout notre espoir et notre confiance dans quelque institution : parties politiques, églises, gouvernements, fournisseurs d’électricité comme Eskom. Nous ne pouvons pas non plus placer notre espoir dans quelque idéologie : les idéologies du socialisme ou du libre marché ou même de la démocratie. Placer tout notre espoir et confiance en Dieu signifie que nous ne pourrions donner de la valeur et apprécier la contribution des princes et des institutions et des idéologies. Enfin, simplement, nous ne les traiterions pas comme la base absolue et influençable de nos espoirs d’avenir. Nous découvrons précisément aujourd’hui à quel point cela manque de fiabilité. La dernière tentation revient à n’avoir confiance en personne sauf en nous. Je suis le seul à savoir ce qui est bon pour le monde. Si seulement ils m’écoutaient tous. D’un autre côté, si nous n’avons confiance en personne ou en rien, même pas en nos idées, notre vie deviendra complètement impossible. Il faut que je fasse confiance au pilote qui dirige l’avion ou aux scientifiques qui préparent le médicament ou au docteur qui fera le diagnostic de ma maladie. Ils ne sont pas infaillibles et je prends un risque calculé lorsque je leur fais confiance. Mais dans mon analyse finale, je ne peux placer tout mon espoir et ma confiance en eux, ni même en moi. Bien sûr, il y a des personnes dont la confiance en Dieu n’est pas saine. Cela devient un échappatoire, une façon d’échapper à la nécessité d’agir, d’agir de façon avisée et vigoureuse. Tout dépend de la façon dont nous voyons Dieu comme nous l’aborderons plus tard. Beaucoup dépend aussi de ce que nous espérons. Nous vivons une période de désespoir, parce que les gens ont construit sur des fondations branlantes, mais aussi parce que beaucoup ne placent pas leur espoir à bon escient.

QU’ESPERONS-NOUS ?

L’objet de la foi Chrétienne est d’appartenir au Royaume de Dieu ou au règne de Dieu sur terre. Dans le Notre Père, nous prions «Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite ». Notre espoir est que la Volonté de Dieu soit faite sur terre. Beaucoup de personnes aujourd’hui penseront que la Volonté de Dieu est un élément difficile à évaluer. D’autres sont prompts à penser qu’ils savent exactement ce que veut Dieu et à quoi ressemble le Royaume de Dieu. Mais il y a une chose dont nous pouvons être certains. La Volonté de Dieu n’est pas arbitraire. Lorsque nous parlons de mon souhait nous nous référons souvent à quelque chose d’arbitraire, mon choix arbitraire sur ce que nous devrions être et faire. Imposer cela aux autres serait jugé oppressif. Mais la Volonté de Dieu est différente. La Volonté de Dieu se traduit par « le bien commun ». Ce que Dieu veut, c’est ce qu’il y a de mieux pour chacun de nous, et ce qu’il y a de mieux pour toute la création. Bien sûr, il n’est pas simple d’évaluer ce qui est le mieux pour tous, mais si nous essayons de faire ce qu’il y a de mieux pour tous, nous faisons la Volonté de Dieu et de ce fait, la Volonté de Dieu est faite sur terre. Certaines personnes pensent que ce qui est bon pour l’ensemble n’est pas bon pour elle en tant qu’individu, et ce qui est bon pour moi ne conviendra pas aux besoins des autres et à ce qui est bon pour eux. C’est faux. Ce qui est bon pour tous est bon pour moi. En d’autres mots, la Volonté de Dieu est également ce qu’il y a de mieux pour moi. En d’autres termes, la Volonté de Dieu est une façon de dire que ce qui est bon pour Dieu est bon pour moi, même si je trouve que c’est très difficile à faire. L’objectif de l’espoir Chrétien est le bien commun.

Le problème de l'espoir du passé est que très souvent, il s'agissait d'un espoir qui ne servait pas le bien commun de l'ensemble des êtres humains et de la création. L'objet de ces espoir est trop souvent égoïste, égocentrique et borné: l'espoir pour un meilleur avenir pour moi, ma famille et mon pays aux dépends d'autres personnes. Les espoirs d'une croissance économique et d'un niveau de vie plus élevé sans se soucier des autres. Ce n'est pas la volonté de Dieu ou le bien commun.

AYONS CONFIANCE DANS L'OEUVRE DE DIEU

Lorsque nous travaillons au bien commun et beaucoup de personnes y travaillent dans l'ensemble du monde, alors notre travail devient une participation à l'œuvre de Dieu. Nous avons vu qu'en tant que chrétien la base de notre espoir est le Seigneur et l'objet de notre espoir est la Volonté de Dieu. Mais peut-être serait-il préférable de dire que nous avons confiance en l'œuvre de Dieu, Dieu est toujours au travail dans l'ensemble de l'univers comme il l'a toujours été. C'est Dieu qui mène à l'existence et qui veille à l'évolution des choses dans l'immensité de l'univers, Dieu est à l'œuvre dans toute l'histoire humaine et continue d'être impliqué dans le monde politique, de l'économie, de la religion et bien sûr dans ce que nous appelons la « nature ». Et enfin Dieu est à l'œuvre en vous et en moi. Il n'y a aucun domaine de notre vie d'où Dieu est exclu.

Cela ne signifie pas que tout est bon et que nous n'avons aucune responsabilité dans ce qui arrive dans nos vies. Il y a bien sûr beaucoup d'erreurs, voire de mal. Mais Dieu reste impliqué de façon très mystérieuse.

Enfin, la raison pour laquelle tout cela est faux, ou inique ou mal est l'égoïsme humain. Nous ne pouvons approfondir ce point maintenant, mais nous pouvons nous reposer sur notre confiance que Dieu est néanmoins à l'œuvre et d'une façon qui changera tout, lorsque, enfin la Volonté de Dieu se réalisera sur terre. L'œuvre de Dieu ne peut échouer. Elle est entièrement fiable. .

L'espoir chrétien, l'espoir que nous a enseigné Jésus implique d'avoir entièrement confiance dans l'œuvre de Dieu, c'est-à-dire, que nous croyons dans la bonté de l'ensemble de l'univers duquel nous faisons partie.

OÙ EST VOTRE DIEU?

Finalement, nous pouvons et devons avoir confiance en Dieu et dans la grande œuvre de Dieu. L'espoir se base sur la foi, la foi en Dieu. Si notre foi est faible, l'espoir le sera aussi.. Comme Jésus le disait encore et encore « Votre foi vous a sauvé ou vous sauvera ».

Le problème aujourd'hui, c'est qu'il n'est pas facile de croire en Dieu ou plutôt de comprendre ce que croire en Dieu pourrait signifier. Cependant, certains points concernant Dieu sont plus clairs

Par exemple en ce qui concerne le grand problème de la souffrance du monde, nous ne pensons plus que Dieu est responsable de la souffrance, que Dieu est le seul à permettre que les hommes souffrent, à voir Dieu comme celui qui souffre avec nous. Dieu est au milieu des victimes d'injustice, des pécheurs, des pauvres et des marginaux, des malades et des exclus. C'est le sens de la crucifixion. Jésus était une victime de la cruauté humaine. C'est celui contre qui on a péché. Pourquoi Dieu souffre-t-il impuissant? Comment pouvons-nous placer tout notre espoir et notre confiance en Dieu?

Nous pouvons et devons avoir confiance en Dieu parce qu’il est tout-puissant, pas par la puissance de la force de la coercition, mais par la puissance de la compassion et de l’amour. Le pouvoir oppressif de la force brute et de la violence ne pourront jamais être la cause de l’espoir Chrétien. Ce n’est pas la puissance de Dieu. Ce n’est pas la façon d’agir de Dieu. Et pourtant, c’est si souvent ce que nous espérons de Dieu : d’utiliser une force et violence brutes ou de résoudre les problèmes du monde. Comme je l’ai dit auparavant, nous espérons. Nous continuons d’espérer, même lorsqu’il n’y a pas de signe visible d’espoir. Nous reconnaissons la noirceur et l’apparent désespoir de la situation présente et plaçons tout notre espoir en Dieu. Puis, graduellement, comme nos yeux s’ajustent à la noirceur du désespoir, nous commençons à voir émerger les formes ou les contours du mystérieux et grand œuvre de Dieu, le doigt de Dieu, comme Jésus l’appelle. Ce sont les signes paradoxaux du temps qui ne deviennent visibles que lorsque nous croyons que Dieu est à l’œuvre dans notre monde, une fois que nous avons appris à regarder la vie avec espérance. Nous ne pouvons donner que quelques exemples. Un activiste pour la paix dit que la guerre d’Irak sur laquelle on communique le plus a conduit à une augmentation exponentielle du nombre de personnes activement impliquées dans un mouvement de paix au niveau mondial. Est-ce le doigt de Dieu qui extrait du bon à partir du mal ? La terrible souffrance de tant de personnes dans les violents conflits, dans les tremblements de terre, les tsunamis, les pandémies comme le VIH/ SIDA peuvent laisser place au désespoir, mais elle suscite aussi d’énormes vagues de compassion. Ce dont le monde a le plus besoin, c’est de compassion. Est-ce l'œuvre énigmatique de Dieu ? L’effondrement récent de tant de banques aux États-Unis et ailleurs a été unanimement reconnu comme la conséquence de l’avidité des super riches. Jusqu’à présent, les super riches étaient des héros. Ils avaient atteint le sommet. Mais aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les pauvres qui les considèrent comme les coupables, les criminels dont nous payons l’avidité. Cette découverte est-elle la conséquence de la mystérieuse providence de Dieu ? La réaction de si nombreux Catholiques concernant les abus sexuels, leurs soucis des victimes et l’endurcissement de certains chefs d’église ont contribué à une nouvelle prise de conscience sur la nécessité de changement de l’église. Était-ce peut être une faute heureuse, une grâce déguisée ? L’appel au changement de Barack Obama aurait-il recueilli une réponse aussi unanime en Amérique et ailleurs si son prédécesseur George Bush n’avait fait preuve d’une stupidité à faire trembler. Mais plus que tout, je me demande si la période de désespoir actuelle n’est pas voulue par Dieu pour nous défier afin que nous prenions Dieu plus au sérieux comme la seule source d’espoir au monde. Dieu nous mène-t-il sur un chemin tortueux pour atteindre son but comme l’écrivait St. Augustin ? Je ne suggère pas que le doigt de Dieu n’émerge qu’en de tels changements paradoxaux. Si nous continuons de chercher dans le noir avec une confiance absolue en Dieu, qui sait ce qui pourrait apparaître. Nous pourrions voir de petits grains de moutarde germer au sein de grands arbres. Cependant, ce qui compte à long terme, ce n’est pas seulement que nous soyons pleins d’espoir mais que nous agissions avec espoir, que nous fassions ce que nous pouvons avec confiance et espoir. Ce qui serait tragique aujourd’hui, c’est que nous renoncions à l’espoir et que nous arrêtions d’essayer de travailler pour un monde meilleur ou que nous continuions à travailler sans espoir. Peut-être que la meilleure contribution que puisse apporter un Chrétien en cette période de désespoir est de continuer, parce qu’il a la foi, à agir avec espoir, et de ce fait, d’encourager ceux qui ont perdu espoir. La meilleure contribution qu’un théologien puisse faire aujourd’hui serait d’aider les personnes à apprécier plus profondément Dieu et son œuvre dans le monde.

Fr. Albert Nolan OP

(Original: anglais, traduction par les Dominicains) (je viens de corriger ce texte! cm)

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21:59 Publié dans Spiritualités | Tags : espoir | Lien permanent | Commentaires (0)

AU COEUR DE L'ACTUALITE (7)

 

AU COEUR DE L'ACTUALITE (7)

 

affiche-image Journée du bien commun, 14 sept 2008.jpgVoici donc la suite et fin de la réflexion du théologien Albert Nolan. J'ajouterai le texte entier qui peut être photocopié et plus facile à partager si on le souhaite. Personnellement j'essaie de trouver des indices d'espoir dans ce qui se passe en nous, chez nous, et partout dans le monde. Je remercie Albert pour son courage et son amour des gens et de la vie. A ceux/celles qui essaient de lire mes notes, je dis merci.

 

L'espoir en des temps de désespoir

(Albert Nolan) (suite et fin)

Était-ce peut être une faute heureuse, une grâce déguisée ?

L’appel au changement de Barack Obama

aurait-il recueilli une réponse aussi unanime

en Amérique et ailleurs si son prédécesseur

George Bush n’avait fait preuve d’une

stupidité à faire trembler.

Mais plus que tout, je me demande si la

période de désespoir actuelle n’est pas

voulue par Dieu pour nous défier afin que

nous prenions Dieu plus au sérieux comme

la seule source d’espoir au monde.

Dieu nous mène-t-il sur un chemin tortueux

pour atteindre son but comme l’écrivait

St. Augustin ?

Je ne suggère pas que le doigt de Dieu

n’émerge qu’en de tels changements paradoxaux.

Si nous continuons de chercher

dans le noir avec une confiance absolue en

Dieu, qui sait ce qui pourrait apparaître. Nous

pourrions voir de petits grains de moutarde

germer au sein de grands arbres.

Cependant, ce qui compte à long terme,

ce n’est pas seulement que nous soyons

pleins d’espoir mais que nous agissions avec

espoir, que nous fassions ce que nous pouvons

avec confiance et espoir. Ce qui serait

tragique aujourd’hui, c’est que nous renoncions

à l’espoir et que nous arrêtions d’essayer

de travailler pour un monde meilleur

ou que nous continuions à travailler sans

espoir.

Peut-être que la meilleure contribution

que puisse apporter un Chrétien en cette

période de désespoir est de continuer, parce

qu’il a la foi, à agir avec espoir, et de ce fait,

d’encourager ceux qui ont perdu espoir. La

meilleure contribution qu’un théologien

puisse faire aujourd’hui serait d’aider les

personnes à apprécier plus profondément

Dieu et son oeuvre dans le monde.

Fr. Albert Nolan OP ORIGINAL : ANGLAIS

(traduction par les Dominicains)

 

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01/11/2009

AU COEUR DE L'ACTUALITE (6)

 

Felicite e Perpetue.JPGAU COEUR DE L'ACTUALITE (6)

· Hier soir, un directeur des pompes funèbres était interrogé au télé journal de 19h30 au sujet de l’incinération et/ou de l’enterrement. Il a eu cette superbe réponse : « Quoiqu’il en soit, les défunts sont en nous ». Bravo pour cette vérité !

· Je consacre un moment de l’après-midi à écouter la BBC News et/ou reportage + Hard Talk. Les journalistes et reporters sont engagés et professionnels. Les écouter c’est m’éduquer ! Je suis tombée sur une superbe émission consacrée au poète et mathématicien persan Omar Khayyâm :

«Ne laisse pas la tristesse t’étreindre avant que la terre te prenne dans son sein.»
[ Omar Khayyâm ] - Extrait des Quatrains Rubâ’iyât  et puis :
«Sois heureux un instant. Cet instant c'est ta vie.»

(Une actualité un peu légère, mais c’est justement une petite lueur d’espoir dans la nuit, à la veille de « ce jour des morts », tellement vivants pourtant)

L'espoir en des temps de désespoir

(Albert Nolan) (suite)

« L’objectif de l’espoir Chrétien est le bien

commun ».

Nous pouvons et devons avoir confiance

en Dieu parce qu’il est tout-puissant, pas

par la puissance de la force de la coercition,

mais par la puissance de la compassion et

de l’amour. Le pouvoir oppressif de la force

brute et de la violence ne pourront jamais

être la cause de l’espoir Chrétien. Ce n’est

pas la puissance de Dieu. Ce n’est pas la

façon d’agir de Dieu. Et pourtant, c’est si

souvent ce que nous espérons de Dieu :

d’utiliser une force et violence brutes pour

résoudre les problèmes du monde.

Comme je l’ai dit auparavant, nous espérons.

Nous continuons d’espérer, même

lorsqu’il n’y a pas de signe visible d’espoir.

Nous reconnaissons la noirceur et l’apparent

désespoir de la situation présente et plaçons

tout notre espoir en Dieu. Puis, graduellement,

comme nos yeux s’ajustent à

la noirceur du désespoir, nous commençons

à voir émerger les formes ou les contours

du mystérieux et grand œuvre de Dieu, le

doigt de Dieu, comme Jésus l’appelle. Ce

sont les signes paradoxaux du temps qui

ne deviennent visibles que lorsque nous

croyons que Dieu est à l’œuvre dans notre

monde, une fois que nous avons appris à

regarder la vie avec espérance.

Nous ne pouvons donner que quelques

exemples.

Un activiste pour la paix dit que la guerre

d’Irak sur laquelle on communique le plus a

conduit à une augmentation exponentielle

du nombre de personnes activement impliquées

dans un mouvement de paix au

niveau mondial. Est-ce le doigt de Dieu qui

extrait du bon à partir du mal ?

La terrible souffrance de tant de personnes

dans les violents conflits, dans les

tremblements de terre, les tsunamis, les

pandémies comme le VIH/ SIDA peuvent

laisser place au désespoir, mais elle suscite

aussi d’énormes vagues de compassion. Ce

dont le monde a le plus besoin, c’est de

compassion. Est-ce l’œuvre énigmatique de

Dieu ?

L’effondrement récent de tant de banques

aux États-Unis et ailleurs a été unanimement

reconnu comme la conséquence de

l’avidité des super riches. Jusqu’à présent,

les super riches étaient des héros. Ils avaient

atteint le sommet. Mais aujourd’hui, ce ne

sont plus seulement les pauvres qui les

considèrent comme les coupables, les criminels

dont nous payons l’avidité. Cette

découverte est-elle la conséquence de la

mystérieuse providence de Dieu ?

La réaction de si nombreux Catholiques

concernant les abus sexuels, leurs soucis

L200xH281_jpg_Changer_de_regard_Affiche_pour_mail-b1aa0.jpgdes victimes et l’endurcissement de certains

chefs d’église ont contribué à une nouvelle

prise de conscience sur la nécessité de

changement de l’église.

(à suivre demain)

 

 

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31/10/2009

AU COEUR DE L'ACTUALITE (5)

 

AU COEUR DE L'ACTUALITE (5)

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La mappemonde brille de l’intérieur, elle tourne sur son axe « Est-ce que vous allez bien ? »Comme Anne Baecher à Soupe du dimanche ! Un « Oui » nuancée selon les expériences de chacun. Ce qui se passe actuellement.  L’ambiance, les rumeurs, les morts et les vivants, la Toussaint et les chrysanthèmes pour les tombes et les urnes ou là où les cendres réjouissent les pâquerettes, ou les filets d’eau de quelques rivières comme le Doubs ou la Sarine.

L’actualité minutée je la trouve aussi chez « Romandie » http://www.romandie.com/news/

O4.06 Le typhon Mirinae a atteint les Philippines

07:37  Neuf banques mises en faillites en une journée aux Etats-Unis

08:19 - Réunions politiques: minarets pour le PDC, agriculture pour l'UDC

12:13  ALERTE - Abbas à Clinton: pas de reprise des négociations sans gel total des colonies

Le regard de la solidarité, de la compassion (souhaitée du moins) se pose sur les victimes du typhon, sur les familles et ouvriers qui perdent toutes leurs économies aux USA, sur les musulmans, les chrétiens, les paysans mal représentés dans ces tiraillements de chefs de partis politiques trop souvent "politiciens", sur les Palestiniens et les Israéliens qui désirent un peu de paix… L’espoir et le désespoir entre les failles de la planète qui brille encore sur mon étagère !

L'espoir en des temps de désespoir

(Albert Nolan) (suite)

« Si seulement ils m’écoutaient tous! » Quel leurre !

 

D’un autre côté, si nous n’avons confiance

en personne ou en rien, même pas en nos

idées, notre vie deviendra complètement

impossible. Il faut que je fasse confiance au

pilote qui dirige l’avion ou aux scientifiques

qui préparent le médicament ou au docteur

qui fera le diagnostic de ma maladie. Ils ne

sont pas infaillibles et je prends un risque

calculé lorsque je leur fais confiance. Mais

dans mon analyse finale, je ne peux placer

tout mon espoir et ma confiance en eux, ni

même en moi.

Bien sûr, il y a des personnes dont la

confiance en Dieu n’est pas saine. Cela devient

un échappatoire, une façon d’échapper à

la nécessité d’agir, d’agir de façon avisée et

vigoureuse. Tout dépend de la façon dont

nous voyons Dieu comme nous l’aborderons

plus tard. Beaucoup dépend aussi de

ce que nous espérons. Nous vivons une

période de désespoir, parce que les gens

ont construit sur des fondations branlantes,

mais aussi parce que beaucoup ne placent

pas leur espoir à bon escient.

 

QU’ESPERONS-NOUS ?

 

L’objet de la foi Chrétienne est d’appartenir

au Royaume de Dieu ou au règne de Dieu

sur terre. Dans le Notre Père, nous prions

«Que ton règne vienne, que ta volonté soit

faite ». Notre espoir est que la Volonté de

Dieu soit faite sur terre.

Beaucoup de personnes aujourd’hui penseront

que la Volonté de Dieu est un élément

difficile à évaluer. D’autres sont prompts à

penser qu’ils savent exactement ce que veut

Dieu et à quoi ressemble le Royaume de

Dieu.

Mais il y a une chose dont nous pouvons

être certains. La Volonté de Dieu n’est pas

arbitraire. Lorsque nous parlons de mon

souhait nous nous référons souvent à quelque

chose d’arbitraire, mon choix arbitraire

sur ce que nous devrions être et faire. Imposer

cela aux autres serait jugé oppressif.

Mais la Volonté de Dieu est différente. La

Volonté de Dieu se traduit par « le bien commun

». Ce que Dieu veut, c’est ce qu’il y a

de mieux pour chacun de nous, et ce qu’il y

a de mieux pour toute la création.

Bien sûr, il n’est pas simple d’évaluer ce

qui est le mieux pour tous, mais si nous

essayons de faire ce qu’il y a de mieux pour

tous, nous faisons la Volonté de Dieu et de

ce fait, la Volonté de Dieu est faite sur terre.

Certaines personnes pensent que ce qui

est bon pour l’ensemble n’est pas bon pour

elle en tant qu’individu, et ce qui est bon pour

moi ne conviendra pas aux besoins des

autres et à ce qui est bon pour eux. C’est

faux. Ce qui est bon pour tous est bon pour

moi. En d’autres mots, la Volonté de Dieu

est également ce qu’il y a de mieux pour

moi. En d’autres termes, la Volonté de Dieu

530163-647655.jpgest une façon de dire que ce qui est bon

pour Dieu est bon pour moi, même si je

trouve que c’est très difficile à faire.

L’objectif de l’espoir Chrétien est le bien

commun.

 

 

22:21 Publié dans Spiritualités | Tags : bien commun | Lien permanent | Commentaires (0)

30/10/2009

AU COEUR DE L'ACTUALITE (4)

AU COEUR DE L'ACTUALITE (4)

07-Mutation_01.jpg
  • Aujourd'hui, une trentaine de consœurs étaient réunies ici pour échanger des idées au sujet du sens de la présence de « Sœurs » au cœur de notre monde en « mutation ». Mutation: perspective à la fois désespérante et fascinante! Désespérante (c'est mon sentiment personnel) parce que le fait que les « institutions » tous azimut se trouvent confrontées à la possibilité à court et moyen terme à disparaître. On hésite à en prendre conscience!

Fascinante, selon moi, car « mutation » ou l'évolution accélérée d'une société est douloureuse, peut-être mortelle, mais débouche sur ce qui est nouveau! Car la vie continue et nous avec.

D'autre part, en ce temps de crise, les ouvriers ne sont-ils pas souvent mutés, sans consultation préalable! Pourquoi serions-nous épargnées?


  • Mystérieux, drôle, triste ou un défi?

Actualité: Les cimetières de Londres affichent complet. Un appel à la «cohabitation» a donc été lancé. http://www.tdg.ch/actu/monde/londoniens-invites-faire-tom...

Relisons l'article: Je comprends que, pour la parenté restante, cela peut être traumatisant. Mais qu'en pensent les premiers concernés? Les morts? On peut élargir la réflexion ad infinitum. Un chrétien partager une tombe avec un athée? C'est possible?

Mais pour ce soir, voici la continuation du texte d'Albert.


L'espoir en des temps de désespoir

(Albert Nolan) (suite)


Que signifie avoir confiance en Dieu ?

Avant tout, pour citer le Psaume 146,

cela signifie que nous ne plaçons pas notre

confiance dans des princes. « Ne mettez

pas votre confiance dans les princes, dans

le fils de l'homme, qui ne peut sauver. …

Heureux celui… qui met son espoir en

Yahweh, son Dieu! » (146,3 ;5).

Nous ne pouvons avoir confiance dans

les promesses des princes : des princes

politiques ou industrielles ou même les

princes de l’église. Il est évident que cela

nous aide d’avoir de bon leaders, mais

finalement, nous ne pouvons baser notre

espoir dans un leader humain. Non seulement

parce que tous les humains, dont

nous, sont faillibles, faibles et susceptibles

de faire des erreurs, mais surtout parce

qu’aucun de nous, individuellement ou

collectivement est assez puissant ou savant

pour sauver le monde.

Nous ne pouvons pas non plus placer tout

notre espoir et notre confiance dans quelque

institution : parties politiques, églises,

gouvernements, fournisseurs d’électricité

comme Eskom (centrale électrique, cm).

Nous ne pouvons pas non plus placer

notre espoir dans quelque idéologie : les

idéologies du socialisme ou du libre marché

ou même de la démocratie.

Placer tout notre espoir et confiance en

Dieu signifie que nous ne pourrions donner

de la valeur et apprécier la contribution des

princes et des institutions et des idéologies.

Enfin, simplement, nous ne les traiterions

pas comme la base absolue et influençable

de nos espoirs d’avenir. Nous découvrons

précisément aujourd’hui à quel point cela

manque de fiabilité.

La dernière tentation revient à n’avoir

confiance en personne sauf en nous. Je suis

le seul à savoir ce qui est bon pour le monde.

Si seulement ils m’écoutaient tous!

confiance_en_soi.jpg


17:44 Publié dans Spiritualités | Tags : mutation | Lien permanent | Commentaires (2)

29/10/2009

AU COEUR DE L'ACTUALITE (3)

 

3386696634_b52552d770.jpgAU COEUR DE L'ACTUALITE (3)

L'actualité est aussi lumineuse. Comme le bourgeon s’épanouit en rose, « La dernière rose de l’été » peut-être. Et le cœur, comme un bourgeon gonflé d’un trop-plein de vie s’ouvre au bonheur.

Cette actualité, je la dois à la rubrique « Blogs de 24 heures ». Des Internautes de Hong Kong et de Bulle se rencontrent ici. Pour la première fois ! Bien vivants, heureux, comme si on s’était connu depuis toujours, ou presque. Il ne faut donc jamais dire que les rencontres sur Internet ne sont que virtuelles ! L’esprit, la beauté, l’amitié vraie, le respect, l’Amour, oui, peuvent fleurir et porter beaucoup de fruits  dans et par les blogs. Merci au «Service de 24 heures ».

Nous sommes partis pour une journée d’amitié, de partage, tout en explorant la Gruyère dans le chatoiement des feuillages or ambre cuivré, paisible, éveillé, notre regard tourné vers l’espérance au cœur même de la nature ! Nos cœurs unis en Dieu, en la VIE. Nos pieds fermement plantés sur la réalité, sur laquelle nous réfléchissons avec Albert:

 

L’Espoir en des temps de désespoir

(Albert Nolan) (suite)

Cependant, tout le monde n’est pas désespéré.

Il y a des signes d’espoir comme

les nouveaux gouvernements pro-pauvres

d’Amérique latine (Bolivie, Équateur, Paraguay,

Venezuela et Brésil) et l’élection de

Barack Obama aux Etats-Unis. Mais les

signes généraux perçus traduisent plutôt

davantage de pertes et de morosité, plus

de souffrances et de misère pour les pauvres.

Le réchauffement et les changements

climatiques nous menacent encore plus, tout

comme le manque de volonté politique d’instaurer

les changements nécessaires à

sauver la planète. Ceux qui travaillent dans

ce domaine commencent à douter que la

vie humaine survive sur cette planète, sans

parler des autres formes de vie.

 

Cependant, je souhaite discuter du glissement

de l’espoir vers le désespoir qui n’est

pas un désastre. C’est une magnifique nouvelle

opportunité de développer un véritable

espoir Chrétien.

 

ESPOIR CHRETIEN

 

Pour un véritable Chrétien, il y a de l’espoir.

Il y a toujours de l’espoir. Dans les mots de

Paul, nous espérons en nous appuyant sur

l’espoir, c’est-à-dire, nous gardons espoir,

même lorsqu’il ne semble y avoir aucun signe

d’espoir.

Pourquoi ? Parce que notre espoir n’est

pas basé sur les signes. Notre espoir se base

sur le Seigneur et rien que le Seigneur. Nous

mettons tout notre espoir et notre confiance

dans le Seigneur. Ou du moins nous essayons.

Mais que cela signifie-t-il de placer tout

son espoir et sa confiance en Dieu ? C’est la

plus grande question théologique de notre

temps. C’est une question particulièrement

difficile pour beaucoup de personnes.

Aujourd'hui, Dieu est mort ou hors de

propos, un concept dénué de sens. Pour

beaucoup, placer tout son espoir et sa

confiance en Dieu sonne comme un pieux

espoir.

incertitude1.gif

Que signifie avoir confiance en Dieu ?

 

(à demain)

 

17:53 Publié dans Spiritualités | Tags : blog | Lien permanent | Commentaires (0)

28/10/2009

AU COEUR DE L'ACTUALITE (2)

 

Sans-titre.jpg

Cher amis, c'est un jour radieux en Gruyère et bien au-delà. L'au-delà, c'est aussi l'Europe, le Moyen Orient, l'Afrique, l'Asie. Des millions de gens qui n'ont d'autre choix que de vivre, dans trop d'endroits, de survivre, dans encore trop d'endroit de mourir. Et l'actualité nous force à la solidarité, au moins, et c'est trop facile, par la prière et la pensée! Pascal Holenweg a titré sa note: « Et Dieu dans tout ça ?» (voir son blog: Cause toujours) David déjà posait la question: « ...ils me demandent: «Ton Dieu, où est-il donc?» Le chercher, le découvrir, et être « conséquent ». C'est le défi au cœur de l'actualité.

 

AU COEUR DE L'ACTUALITE (2)

 

L’Espoir en des temps de désespoir

(Albert Nolan) (suite)

Mais depuis, nos espoirs se sont graduellement érodés

et aujourd’hui le sentiment général n’est que

désillusion et désespoir. Plus tôt, à travers le monde, plusieurs millions de personnes ont placé leur espoir

d’avenir dans l’avènement d’un

  • monde socialiste d’égalité et de partage.

Mais à mesure

que les gouvernements communistes

d’Europe de l’Est et d’Union Soviétique devenaient

plus totalitaires et oppressants,

voire même s’annihilaient, cet espoir fut

également réduit en cendres.

Puis vint l’âge de l’expansion

  • capitaliste et de l’économie du marché libre.

Il fut dit que

le marché résoudrait tous nos problèmes à

condition que nous ne le régulions ni interférions.

La perspective d’une croissance

économique illimitée et d’un développement

économique mondial ont donné beaucoup

d’espoir à certaines personnes. Cela dura

assez longtemps. Mais aujourd’hui que la

bulle a également éclaté au moment de la

chute des banques et des économies, le

marché nous a trompé.

  • Pour certains ce

n’est qu’une cause de désespoir supplémentaire,

particulièrement depuis que cela signifie

que les pauvres seront encore plus pauvres

qu’avant.

 

  • L’Eglise aussi est très abattue. Le second Concile de Vatican nous a empli d’une excitation pleine d’espoir sur l’avenir de l’église.

C’était comme si nous passions d’une église

autoritaire et hiérarchique à une liberté radicale

de Jésus et de l’évangile.

  • Mais depuis,

l’ensemble des bénéfices du Concile ont été

lentement, mais sûrement ébranlés et retournés.

Ajoutez à cela les scandales sexuels et la

façon dont ils ont été couverts par l’église

avec le manque actuel de vocations à la

prêtrise et vie religieuse et vous obtiendrez

une formule démoralisante et désespérante.

esperance-de-vie-monde.jpg

Espérance de vie dans notre monde

Cependant, tout le monde n’est pas désespéré.

(à demain)

 

10:05 Publié dans Spiritualités | Tags : espoir | Lien permanent | Commentaires (0)

27/10/2009

AU COEUR DE L'ACTUALITE

feuille8.jpg

 

JESUS AU COEUR de l'ACTUALITE

L’Espoir en des temps de désespoir

Il y a quelque temps, mon ami Albert a écrit ce texte très actuel et (avec son encouragement) je le partage avec tout le monde, comme des petites fleurs d'espérance malgré tout! (La traduction de l'Anglais en Français est faite par les Dominicains.)

En fait, tout au long des 24 heures d'une journée, je peux basculer du désespoir à l'espoir, selon ce qui se passe, ce que je ressens de la vie des gens, (l'actualité) ce que je vois, ce que j'entends... ce que les médias en rapportent! Par exemple, l'état de l'Église catholique, même « si on fait comme si » :

a) dans mise au point de hier soir ()http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=343901&sid=11390329&cKey=1256577130000 et

b) dans Temps présent de ce soir http://www.programme-tv.net/culture-infos/r2172-temps-pre...)

c) dans les infos, l'Actualité sur google, de ce mardi matin: j'y cherche des indices de Bonne Nouvelle! Pas de discours pontifiants, des faits, des histoires vraies, des contes! Tout le bien, le bon, le beau, qui se fait concrètement, et n'intéressent pas les médias, pourrait transformer, en partie du moins, le contenu du TJ de 19h30! (C'est vrai que certaines émissions sont positives et intelligentes, en dehors du TJ).

 

« Témoigner de l’espérance qui est en nous ».

Peut-être, ce qu'écrit Albert sera justement, ces prochains jours, un signe d'espérer malgré tout! Un monde nouveau est possible, une autre Église est possible! Un autre TJ est possible, il ne s'agit pas de forme, mais de contenu!

A la Soupe de dimanche passé, Laurent Flutsch – incarnant Jésus, dans le sketch, était sommé de revenir sur Terre!» (http://www.rsr.ch/podcast.aspx?rss=la-soupe) Et Jésus n'en voulait pas entendre parler! Après sa première expérience. Laquelle se répéterait!

Parce que, justement, Il est dans l'actualité, Jésus, et c'est à nous de le découvrir pour mieux agir! Que serions-nous s'Il n'était avec nous?

 

L’Espoir en des temps de désespoir (Albert Nolan)

http://www.op.org IDI - 468/ Janvier ‘09

INTRODUCTION

La théologie dans laquelle moi et d’autres

nous sommes engagés en Afrique du Sud

a été décrite comme une théologie contextuelle.

Les questions théologiques

desquelles nous traitions étaient des questions

qui émergeaient de notre contexte

social qui était principalement celui de

l’apartheid et de la lutte contre l’apartheid.

Le contexte aujourd’hui est différent, très

différent. C’est bien plus compliqué et pas si

simple à analyser et définir. L’une des

grandes caractéristiques de notre temps,

néanmoins, dans le monde entier et particulièrement

en Afrique du Sud est le désespoir.

Nous vivons un temps de désespoir.

Il y a des siècles, nous connaissions l’espérance

et l’optimisme sous une forme ou

une autre, politique, économique, scientifique

et religieuse. Actuellement, presque

tout le monde est submergé par le désespoir.

C’est notre nouvel environnement ou

du moins le plus communément ressenti

de notre temps.

C’est dans ce contexte qu’en tant que

Chrétiens, nous sommes appelés dans les

mots de la Première Lettre de Pierre « à

témoigner de l’espérance qui est en nous ».

Numériser0001.jpgNous commençons par une brève analyse

de l’espoir du passé qui a cédé la place

au désespoir actuel.

(à demain)

10:51 Publié dans Spiritualités | Tags : espörance | Lien permanent | Commentaires (2)

24/10/2009

MEDITATION

 


Taoist Tradition

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« Quand l'homme vient au monde, il est souple et faible ; quand il meurt, il est roide et fort.
Quand les arbres et les plantes naissent, ils sont souples et tendres ; quand ils meurent, ils sont secs et arides.
La roideur et la force sont les compagnes de la mort ; la souplesse et la faiblesse sont les compagnes de la vie.
C'est pourquoi, lorsqu'une armée est forte, elle n’emporte pas la victoire.
Lorsqu'un arbre est devenu fort, on l'abat.
Ce qui est fort et grand occupe le rang inférieur ; ce qui est souple et faible occupe le rang supérieur. »
http://taoteking.free.fr/interieur.php3?chapitre=76

Tao Te Ching

 

« Toi qui es la VIE, épargne-moi une mort prématurée

Libère-moi des afflictions des croyants

Dont le cœur s’endurcit chemin faisant !

Permets que mon cœur ressemble

WillowTree.jpgAu saule vert tendre et souple sous les doigts du vent

Il  s’incline gracieusement à l’approche de l’orage

Et se redresse comme un sourire de vie nouvelle

quand s’éloigne la tempête !

S’il te plaît, Abba très aimant

Que la force de ton Esprit me pénètre !

La force d’être flexible et  pleine d’élan quand même...

Crée en moi un cœur de semeur de vie

Tendre et humble

Aide-moi à suivre l’eau ta Fille

Au niveau le plus bas, par nature !

Lâchant prise de tout, alors que le plus dur rocher

S’enfonce dans le sable, dompté par sa douceur !

L’eau me révèle la sagesse du Tao

« Les forts et les puissants tomberont

les faibles et les humbles  resteront debout

dans ta lumière .» (ma traduction libre, pardon à Ed pour mon audace !)

(De « Prière d’un pèlerin de la planète »  par Ed Hays)

Ci-dessous le texte en anglais de l’auteur :

 

Taoist tradition

We are born gentle and weak. At death we are hard and stiff. Green plants are tender and filled with sap. When they die they are withered and dry. Therefore the stiff and unbending are the disciples of death. The gentle and yielding are the disciples of life.
Lao Tzu
from the
Tao Te Ching

 

Free me of that affliction of believers
who so easily become rigid of heart
in their journeys to you.

Make my heart like the green willow tree
that easily bends in the wind,
that bows gracefully before the storm
only to raise its head again with renewed life
when the angry clouds have moved on.

Fill me this day, I pray,
with the strength of your Spirit,
the strength to be flexible and ever-green.

Create within me the heart
of a disciple of life,
a heart that is gentle and meek.

Let me learn a lesson from your daughter water
who seeks the lowest path,
ever yielding and humble,
yet wears down the strongest stones into sand.

In her I see the wisdom of the Tao:
“The hard and strong will fall;
the soft and meek shall overcome.”

From Prayers for a Planetary Pilgrim by Ed Hays

Lao-tzu_2006-12-30.gifOn peut recevoir gratuitement les messages de Hed Hays à l’adresse suivante : http://ncronline.org/node/15471

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22:59 Publié dans Spiritualités | Tags : ed hays | Lien permanent | Commentaires (2)

21/10/2009

Questions d'un enfant

 

Un p’tit coin d’paradis

http://www.youtube.com/watch?v=3ZWsBKKmUoY

 

9782747014335.jpgRéflexion…  et questions de Gaston au Bon Dieu :

Cher Bon Dieu, t’as vu Infrarouge à la télé hier soir ? Des averses de mots polis pour dire que l’islam, c’est potentiellement dangereux, violent, pour dire qu’on a le droit d’afficher le virus de la peur en rouge et noir sur croix blanche, pour dire que, un minaret, ça fait mal aux yeux et le muezzin ça écorche les oreilles et les femmes voilées (sauf si c'est des Sœurs) ça fait peur!

 

Qu’est-ce que tu en penses, cher Bon Dieu ?

 

De l’autre côté, des averses de mots polis pour dire le contraire : pour dire que, en Suisse, on est tous suisses. Basta. Chacun a le droit à sa religion, à sa prière, à son Dieu. Beaucoup de mots très sages mais parfois très difficiles lorsqu’il s’agit de croisades, d’antécédents de Dachau… de grandes idées de démocratie à construire.

http://infrarouge.tsr.ch/

Ces religions : quel problème ! Les querelles et les guerres de religion ! Des fidèles de religions différentes se tapent dessus.

Pourquoi ? Cher Bon Dieu, pardon !

T’as vu et tu vois encore, tu entends, cher Bon Dieu Créateur, quand on claironnait et claironne encore que les « cafres » sont bêtes,  et les blancs  sont malins, les « cafres » sont païens, et les blancs sont chrétiens, les « cafres sont sauvages, et les blancs sont civilisés ?

 

Qu’est-ce que tu en penses, cher Bon Dieu ?

Toi qui les aimes tous inconditionnellement, et  chacun, avant qu’il soit né ? Par nom, précieux comme une note de musique dans le plus beau des psaumes !

 

Moi, Gaston, petit garçon culotté peut-être, j’ai des questions sérieuses à te poser. Écoute-moi bien : il paraît qu’au bout de la route se trouve un paradis, c’est écrit dans le « caté » des catholiques à l’école. Mais tu connais la chanson du cher Georges Brassens: Un « p’tit coin d’paradis » pour s’aimer pour toujours dessous ses ailes !

 

Tu crois qu’il y aura un p’tit coin d'paradis pour les musulmans aussi ? Un p’tit coin pour les chrétiens, un p’tit coin pour les hindous, un autre pour les athées, un autre pour les juifs, un pour religions_2.jpgles bouddhistes, un pour les juifs, un pour les animistes… ??? Chacun dans p'tite boîte? A part? Tu crois, cher Bon Dieu, cher Abba, que, quand on sera tous ensemble dans ce « p’tit coin de paradis-ton-cœur, tu crois que l’UDC lancera une initiative et demandera un pt’t coin spécial pour eux tout seuls ?  Les chrétiens voudront un p’tit coin pour eux tout seuls ? Ainsi de suite… Vraiment cher Bon Dieu, j’emploie un gros mot : mais je n’en trouve pas d’autre, tout ça, c’est absurde, c’est con ! And I am baffled ! Je radote, pardonne-moi, cher Bon Dieu! Mais tu ne nous a pas fait comme ça! Alors qu'est-ce qui nous fait perdre ton rêve en nous?

 

Ces religions vont-elles, au Paradis, encore se taper dessus comme elles le font depuis des siècles en route vers toi. Pire, elles le font « en ton nom » !!!

Qu’est-ce que tu en penses ?

C’est vrai qu’il y a ton Fils et notre frère bien-aimé : Jésus, ce paysan juif, Fils de l’Homme. Qu’est-ce qu’on en fait, dans la vie de tous les jours, de Jésus ? Jésus, un homme de paix! Il dit OUI pour OUI, et NON pour NON ! Il a dit que « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée » (Mt 26 : 51- 52).  Il a été exécuté pour avoir dit la vérité. Il détestait la violence et l’épée, Jésus et, aujourd’hui, même le Vatican a ses soldats, sa police ! Dans mon pays natal, on est même fier d’eux :

Tu y comprends quelque chose, cher Bon Dieu?

Toi qui n’es qu’AMOUR ? Et qui n’a rien dit quand les gendarmes t’ont arrêté ?

Les grandes personnes n’ont pas de réponse à mes questions, et quand elles parlent,  je ne comprends pas un mot de leur jargon !

Qu’est-ce que tu penses de la vie, cher Bon Dieu ?

 

Toutes ces questions dans ma tête, alors je ne dors pas bien, elles me turlupinent … jusqu’au moment où, au bout de mes forces, je t’entends me dire à l’oreille:

child-praying.jpg

« Toi et moi, on est UN, ne te casses pas la tête avec ces religions!

Mon Esprit, en toi, ça suffit. A demain matin ! »

 

21:18 Publié dans Spiritualités | Tags : gaston | Lien permanent | Commentaires (2)

19/10/2009

CLOCHERS ET MINARETS

Clochers et minarets


 

normal_099214.jpg

Clocher et minaret à Komotini

Exemple de cohabitation architecturale à Komotini (Thrace).

Je crois parfois voir poindre dans notre cher pays le spectre mortifère et nauséabond de l’apartheid sud africaine! Surtout lorsque les affiches hideuses de l’UDC polluent le regard des enfants, des adultes, et humilient nos compatriotes, les Suisses d’origine arabe et/ou musulmane.  On perçoit le dégoût, la peur, l’inquiétude et surtout la confusion à mesure qu’avance le 29 novembre, alors qu’on votera au sujet des minarets et de l’exportation de matériel de guerre ! « Selon moi, un NON à l'initiative UDC visant à interdire des minarets chez nous,  et un OUI à l’interdiction d’exporter du matériel de guerre ! »  On entend dire : «Faudra pas qu’on se trompe ! » Personne ne se trompera, il y va de notre dignité humaine.

 

· L’affiche UDC, je crois, provoque plus de dégoût que de peur des autres, en fin de compte. La convivialité avec les suisses musulmans qui habitent le même pays, payent des impôts, voyagent en train ou en bus,  débouche souvent sur un dialogue autour d’une table. On ne touche même pas à la politique. Parce que nos soucis communs sont plutôt les conditions de travail, l’inquiétude de l'emploi, du chômage, de la scolarité des enfants et de la santé de tous.

· Que des uns aillent au temple, à l’église ou dans un local quelconque le dimanche, avec ou sans clocher, et que des autres aillent le vendredi à la mosquée ou dans un autre endroit propice à la méditation, pour tous, c’est simplement pour nous sentir proches, consciemment UN avec notre Créateur, notre ezra3112.jpgDieu unique a, pour toujours « planté sa tente au milieu » de l’espèce humaine (Ex. 40 :34-38 et saint Jean 1 : 1-5).


21:50 Publié dans Spiritualités | Tags : minarets | Lien permanent | Commentaires (18)

17/10/2009

MEDITATION

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Mon Thabor

 

C'est arrivé une fois dans la vie de Jésus d'être totalement lui-même, libre, totalement envahi par la Paix et l'AMOUR. C'était pour Lui un hors espace temps d'extase! Son apparence physique était translucide, une douce lumière. La Tendresse.

Ceux qui l'ont vu ainsi en furent également marqués. Tant et si bien qu'ils voulaient que ça dure! Terriens comme l'étaient ces pêcheurs de poissons quotidiens pour nourrir la famille, l'extase, comme l'étoile qui plonge son regard dans le tien et te tient captif dans sa lumière, L'extase est une expérience unique. Intemporelle. On ne peut espérer que ça dure, sinon à travers la mort.

C'est arrivé une fois dans ma vie d'être totalement libre, imprégnée d'une paix sensuelle, envahissant le corps, le coeur, l'esprit; je me sentais libérée, libre comme un oiseau hors cage et qui n'en revient pas de réaliser que Dieu lui a donné des ailes pour voler. Et des oiseaux, il y en avait partout! Des hirondelles aussi, toute proches, des goélands qui me parlaient de de Jonathan Linvingston Seagull!

Ce n'était pas hors espace temps pourtant, mais le bonheur calme et tendre est intemporel. Durant un mois, oui, 30 jours complets, j'ai vécu à Büyükcekmece/Istanbul, à 20 mètres de la mer Marmara. Pas de voitures, pas de kiosques ni de journaux, pas de boîtres aux lettres, aucun bureau postal. Des aliments de base sur une charrette poussée au bord de l'eau par un jeune homme, une femme. Des gens partout, jeunes, vieux, enfants, qui marchaient le long de la ruelle ombragée et se hâtaient lentement vers les vagues et leur beauté et leur musique et leurs innombrables signes d'amitié.

 

C'était les vacances, juillet-août, sur cette plage non touristique, et tranquillement vibrante de cette population musulmane des alentours et d'Istanbul. Une plage très allongée où je distinguais trois secteurs non définis, celui de tout le monde, celui avec des chaises-longues, et des parasols, celui « meublé de tables », de parasols également. Des jeunes étudiants/tes d'Istanbul gagnaient un peu d'argent en servant des boissons, et même de la nourriture offerte par un modeste estaminet sans murs, une toiture soutenue par des colonnes en bois.

 

Une soixantaine de mètres en amont de la rive, une mosquée psalmodiant, du haut de sa tour élancée, une mélopée d'environ 60 secondes, juste pour te rappeler que le « Hors espace temps » est intégré dans notre vie ou que notre vie est intégrée, déjà, dans la plénitude du moment présent! Quel merveilleux mystère !

L'atmosphère couleur ambre, dorée, ocre, cuivrée, turquoise, tout l'arc-en-ciel en mouvement, je la ressentais, cette atmosphère comme une purification, un souffle de Paix. Je n'ai pas d'autres mots! Je sentais l'origine du "paradis originel", selon la bible, situé dit-on dans la vallée entre l'Euphrate et le Tigre! Non loin de l'Irak. Le Mont Arrat et le mythe de l'arche de Noé perchée sur son sommet.

J'étais, je crois, comme un petit caillou blanc sur cette terre de bronze nacré! J'avais une feuille de papier avec une liste de mots essentiels que je m'efforçais de bien prononcer qui ravissaient mes interlocuteurs! Des lueurs de tendresse dans ce regard riche de l'âme de l'Asie, de l'Europe, de l'Afrique en un seul point de rencontre: Bûyükcekmece!

Du yogourt liquide, Ayran, le Simit (pain) du matin, le thé « çay », les tomates joufflues, et Oh! Les épis de maïs juste à point! Les choses étaient mises, soit dans mon sac, soit sur le banc, sur le mur du jardin... Ou encore, une porte s'ouvrait lorsque je passais et, en anglais, j'entendais: « you come eat with us?!

Prier était aussi naturel que la respiration: je lisais «Suivre Jésus aujourd'hui », et je restais des heures à méditer, jouir, simplement être. C'est tout. Une expérience quasi mystique du Thabor avant de redescendre dans la plaine.

 

Plus de 20 années durant après mon retour d'Afrique, j'ai pu travailler avec SOS ASILE JURA et j'ai rencontré des personnes des régions asiatiques, africaines, turques. Force était de lire, d'étudier, d'essayer de comprendre le lieu d'origine de l'autre! Et les multiples problèmes qui poussent des personnes à l'exil! J'ai aussi pu sentir la nostalgie, trop souvent dissimulée derrière un sourire poli, de leur terre natale.

Mon Thabor à moi une belle leçon d'humilité.

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Et j’ai confiance qu’aucun système ne me ravira la Paix de Jésus, et dont j’ai fait l’expérience au cœur d’une population musulmane.

 

 

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13/10/2009

Radio Suisse Romande

http://www.rsr.ch/podcast.aspx?rss=invitez-vous

 

 

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RSR 1ère de 07h37 jusqu’à 07h49

 

A Genève, les socialistes sont en baisse. Dimanche passé, le 11.10, 09. le « PS a lâché deux sièges et dispose encore de 15 représentants au Grand Conseil. »

(http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=...)

 

Ailleurs en Suisse aussi. Dans le reste du monde aussi.

Qu’est-ce qui se passe ? J’ai souri lorsque Andréas Gross, l’invité du journal de ce matin a déclaré : « à Genève, le PS a moins  baissé qu’ailleurs ! C’est un soulagement. »

J’ai écouté attentivement cet homme intelligent  parler de ce qu’il a ruminé dans sa recherche intellectuelle, il  répond aux questions simplement, sûr de lui, sans arrogance. Ecoutez ou réécoutez à l’adresse en tête, ces quelques minutes d’entretien. Cela va bien au-delà d’une politique banalisée, forme et fond confondu.

 

Les politiciens, devraient « retrouver la capacité de travailler avec ceux qui souffrent de la conjoncture - les pauvres, les chômeurs – écouter leurs peurs matérielles, existentielles.

Réfléchir avec eux… envisager des manières d’agir, prendre conscience que l’existence sociale est en danger.

Sortir de du système institutionnel, se frotter à la vie laborieuse de la société, afin de conscientiser, d’influencer celles et ceux qui restent au-dedans des murs et exercent le pouvoir.

La liberté existe … et la substance de la vie n’est pas un destin !

Le Marché domine la politique ! Il faut retrouver la capacité de la réflexion avec les gens.

La peur a besoin de bouc émissaire, l’UDC exploite la peur et les peurs en brandissant le grand danger : l’étranger ! Le bouc émissaire.

Tous les moyens sont bons et l’affiche des minarets et de la burqa en témoignent !

Les Libyens lisent-ils la presse suisse ? Seront-ils prêts à négocier (la libération de deux suisses), avec un pays qui montre son mépris pour les musulmans où qu’ils se trouvent, cette affiche fait autant de mal aux suisses qu’aux musulmans. »

Voilà, en vrac, quelques phrases entendues ce matin et elle a provoqué la réflexion qui suit:

 

Ma réflexion : la méthode : voir, réfléchir agir, du prêtre, amis des ouvriers, Josef Cardjin, refaisait surface là où je n’aurais osé l’attendre (http://www.cardijn.be/jcardijn.htm). Le mouvement de la Jeunesse chrétienne internationale, toute race, toute religion confondue :  la Jeunesse ouvrière, estudiantine mondiale peut rebondir, c’est le moment juste !

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Ce mouvement fut l’élément le plus important, avec l’ANC, dans la lutte du déracinement de l’apartheid en Afrique du sud. La JEC, JOC suisses ont collaboré avec le mouvement sud africain YCS, YCW parallèles ! Aujourd’hui on peut espérer que le mouvement est intégré au World social Forum (forum social mondial), car le soutien de l’institution catholique au mouvement JEC est faible.

La solidarité de la société civile est par ailleurs tangible, durable, profonde, constructive (et va bien au-delà des rassemblements spectacles nommés JMJ). L’analyse sociale (voir-juger-agir) est motivée par la foi en l’Homme, en soi, en l’humanité et, selon moi, elle actualise la Bonne Nouvelle et vérifie la foi en Dieu. Le Credo de cet extraordinaire charpentier, Jésus de Nazareth et de son infinie compassion pour chaque créature, pour la création est le soutien de ce mouvement! Pour la Paix qui passe par la justice.

 

Non, nous ne subissons pas le « destin » (A.Gross),  nous construisons un monde nouveau durant notre bref passage sur cette planète, « faisant le bien » (selon ce qu’on a rapporté au sujet de Jésus). « Faire le bien » économiquement, politiquement, au niveau ecclésiastique et religieux, signifie aussi, comme l’a dit Andréas Gross, « sortir des cadres » politiques, d’ONGs et autres institutions (dogmatiques, doctrinaux, figés), plonger dans la dure réalité de la classe ouvrière, pour ré intégrer ces systèmes et institutions et les influencer, par notre témoignage, vers la réalité des populations souvent coupées des autorités. Cela signifie, je crois, avancer dans l’incertitude et l’inconnu « avec la confiance que c’est notre ABBA qui est aux commandes. »

Merci à Andréas Gross pour le partage de ce matin à la RSR 1ère.

(Andréas Gross a son lieu de travail à St Ursanne, rue du Quartier 26 à l’Atelier pour la  démocratie directe). Nous sommes fiers de lui.

« Mon Dieu, c’est vrai qu’il est difficile pour des personnes de sortir de la cage institutionnelle pour ouvrir leurs ailes à la réalité « hors les murs comme Jésus … a souffert hors de la porte. Donc, pour aller à lui, sortons hors du camp, en portant son opprobre. Car nous n'avons pas ici-bas de cité permanente… » (Paul aux Hébreux 13 : 12-14, ma paraphrase) http://bible.catholique.org/epitre-aux-hebreux/3457-chapitre-13

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Voir aussi pour inspiration à la méditation l'évangile de ce mercredi, 14 octobre 2009: Lc 11,42-46.


Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes
les plantes du jardin, comme la menthe et la rue, et vous laissez de côté
la justice et l'amour de Dieu. Voilà ce qu'il fallait pratiquer, sans
abandonner le reste.
Malheureux êtes-vous, pharisiens, parce que vous aimez les premiers rangs
dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques.
Malheureux êtes-vous, parce que vous êtes comme ces tombeaux qu'on ne voit
pas et sur lesquels on marche sans le savoir. »
Alors un docteur de la Loi prit la parole : « Maître, en parlant ainsi,
c'est nous aussi que tu insultes. »
Jésus reprit : « Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous,
parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et
vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d'un seul doigt.

12/10/2009

Ma prière de ce dimanche soir

Ma prière de ce dimanche soir

 

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devant l’écran avec Jésus au désert

le désert rugueux des tentations

à la révolte, à l’immense fatigue, à la détresse

à l’angoisse du vide, de l’absurde, du néant,

de l’amour vaincu, de la mort en direct

« When the heart aches and the spirit bleeds ! »

Avec Jésus sous l’olivier, prostré, seul, totalement seul, son cœur brisé; son esprit suinte la terreur comme des gouttes de sang… ses « plus fidèles amis profondément endormis ». Mais comme chacun de nous, dans nos agonies, Il est conscient, nous sommes conscients, tous ensemble, de vivre ces heures jusqu’au bout. Oh! non, nous ne sommes pas fiers de notre force, mais fort de notre abandon à notre Abba ! Comme l’enfant que Jésus présente aux puissants, en tant qu’image vivante de ce qu’Il est en nous ! Surtout lorsqu'on se sent si petit face à la douleur de ceux/celle qu'on aime. Comme ce weekend!

Vendredi soir, 9 octobre 2009, assez tard, la RSR annonçait laconiquement: Jacques Chessex vient de mourir! C'est un choc. Et je craignais le lendemain. Le mystère s’approfondit : Pourquoi cette brutale annonce ? Une société amputée de cette pensée ? Bien marginalement, je partageais la souffrance de tous, celle d'un monde repu de souffrance inutile et d'une mort insensée ! Insensée? Jacques Chessex terrassé au moment ou des paroles assassines, lancées on ne sait trop comment, l’atteignent en plein cœur ? Oui, son Créateur le recueille au vol, comme les bras cueillent au vol l’enfant vainqueur d’une course d’obstacles à l’arrivée !

Samedi, le 10 octobre : le choc partout. La presse, les médias. Il pleut des hommages sur la dépouille de Jacques Chessex. Des hommages à l’écrivain, à ses œuvres, à sa pensée. Des critiques aussi, c’est dans l’ordre des choses. Mais le respect profond marque chaque paragraphe, chaque texte !

 

Je n’ai quasiment rien lu de Jacques Chessex sinon une citation comme celle-ci : « Laissez-moi aller à rien. Laissez-moi aux cimetières introuvables. La mort n’est pas difficile à celui qui rejoint le premier site. La mort est douce à celui qui se couche aux étages clairs, parmi les labyrinthes d’ailes et les chants. » Jacques Chessex, Où vont mourir les oiseaux (1980).

 

Ou encore un poème pas très éloigné des mots d’un autre poète agonisant, en l’occurrence notre Jésus, le Fils de l'homme. :

« Mon dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Puis son frère Jacques Chessex:

« J'aime le brouillard, tu le sais
Ses épaisseurs lumineuses
Ses taches de mort calme dans l'antre du jour

Et tu sais aussi que j'aime le brouillard parce qu'il ressemble
A ce regret qui est en moi
Entre l'heure et la mémoire
Quand j'ai la vertu de regarder ma mort
Les claires ruines et tout l'après
Où je n'aurai plus de structure
Où il n'y aura plus de langage, plus de formes même ombreuses
Plus d'arête aucune catégorie dans le vide
Aucun vide du vide
J'aime le brouillard de m'y faire réfléchir
S'il ressemble tant soi peu à ce destin défaisant mon heure
Dans le vœu de l'instant et du rien
« Les élégies de Yorick » (Jacques Chessex)

Si je n’ai pas lu les livres de Jacques Chessex, j’ai fait sa connaissance, comme si je l’avais rencontré, et aimé, dans un livre sous la plume d’un autre écrivain de chez nous! Deux regards, l’instant d’un flash ! D’une étincelle. Et Chessex reconnaît le talent d'un jeune homme à quelques pas de lui, inconnu sinon par un regard complice sans le savoir, par quelques paroles qui ne lui échappent pas! Et Jacques Chessex l’encourage, c’est peu dire, et allume, enflamme en lui « l’envie d’écrire ! »

Un écrivain en enfante un autre! « Il avait perçu les remuements de l’âme des êtres…à une hauteur de matou de collines rurales » (Lisez ou relisez ces pages qui me consolent dans l’ambiance de deuil que nous vivons, car elles nous font toucher du doigt et du cœur Jacques Chessex, l’homme le plus humain, et dans sa distance apparente, le plus proche de tous (dans « Le Puzzle amoureux » par Gilbert Salem, pages 73 à 78, chez Bernard Campiche éditeur 2000).

 

Dans tes mains, Abba, je remets mon esprit, notre esprit, à chacun, reposant dans ton cœur qui ne nous lâche pas !

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09/10/2009

DIEU ALLAH YAHWEH

 

dieu-est-amour.jpgSi Dieu...(dédicace à Scipion)

J'ai promis d’essayer une petite réflexion sur la « dédicace à Scipion ».

· Souvent, en entend parler de Dieu à la légère ! Dans les églises, le nom de Dieu, du Tout-puissant, est répété sans cesse comme un générique qui va déboucher sur quelque chose de spécial. C’est juste, mais c’est quasiment mécanique. Mais quand Jean-Sébastien Bach nous le révèle dans sa musique, Il est là. Ou quand nous avons l’humanisme de le contempler dans le mendiant à la porte de l’église, Il est là.

Pour Jésus, Dieu était son « ABBA » ce qui ne signifie pas « père » dans le sens ordinaire de paternité, mais « de quelqu’un de très proche, d’une proximité intime » (a.n. « Suivre Jésus aujourd'hui ») 171) Jésus prenait Dieu au sérieux, comme un assoiffé prend l’eau au sérieux ( voir psaumes 42 et 63). Je pense que l’enfant, le vieillard, le mendiant, qui agonise faute d’amour humain, doit sentir, dans son dernier souffle, même dans la plus profonde déréliction, la tendresse du Créateur, ABBA, qui le fait Sien comme avant sa naissance ! Qu’en est-il des condamnés à mort, des soldats qui tombent sous les balles, des Talibans ?  Qu’en est-il de chacun de nous ?

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La Mosquée Bleue/Istanbul

Les minarets sont comme les cloches des hautes tours, aussi nommées clochers des églises. De là s'envolent des appels à se souvenir qu’on est pas seul et que notre ABBA est parfaitement intégré dans notre quotidien. Les cloches sonnent, ( par exemple à l'église Saint Antoine d'Istanbul). Les muezzins « psalmodient » à la mosquée de Büyükcekmece/Istanbul. J'ai écouté, entendu... durant tout un mois. La Mosquée était à quelques cent mètres en amont et la Mer Marmara à quelques vingt mètres en aval. Le muezzin ne m’a pas plus dérangée que les cloches qui sonnent, parfois chaque quart d'heure, aux clochers des églises de chez nous. Les deux sont un rappel que nous sommes en voyage et que, durant la traversée, l’AMOUR gonfle la voile de notre nacelle et nous emmène vers le port ! Qu’on nomme l’AMOUR Dieu, Allah, Yahweh.

Pourquoi être mesquin, pourquoi les séparer? peut-on s’approprier Dieu et rejeter les autres ? Alors que l’AMOUR est notre seul repère à tous ?

L'église (Musée) Sainte Sophie/ Istanbul

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08/10/2009

Laïcs

 

J’ai lu

· Le religion, source ou échec de la société  multiculturelle?

· Si Dieu...(dédicace à Scipion)

· USA Today et les minarets en Suisse


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J’ai réfléchi sous le regard de Jésus au désert, la belle image de Kramskoy juste derrière  l’écran, sur le contenu des notes dans le blog de Pacha K Mac. Et j'essaie de partager ce qui suit. Dans le dernier livre  d’Albert Nolan : « Suivre Jésus aujourd’hui », une spiritualité de liberté radicale, chez Cerf 2009) disponible dans toutes les librairies j’espère, il n’est pas question de religion ! Voir aussi, du même auteur : « Jésus avant le christianisme , aussi chez Cerf ».

(J’ai quand même cherché : selon Cicero, le sens du mot « religio » viendrait du mot « legere » qui signifie relire, revoir avec soin, rassembler, recueillir, ré collecter. Tout le contraire de lier, donc séparer, diviser et qui est à l’origine de tant de guerres, d’inquisitions, de souffrance !)

J’ai imprimé, annoté, ces notes de Jean-Marie Gumy qui nous interpellent tous. Je me permets simplement une petite réflexion très (trop peut-être) simplifiée à ce sujet.

Un laïc, c’est une personne, un humain. Jésus, Marie, Joseph et tous les hommes et les femmes qui se joignirent et se joignent à Jésus sont des laïcs. Dans ce sens, je me demande qui, sur terre est autre qu’un laïc ? Les « baptisés » sont aussi des laïcs, mais les églises les nomment fidèles et les Musulmans, les nomment, croyants.

Jésus, un paysans juif (A.N), un laïc donc, divinement humain, (Schillebeeks) se dit « Fils de l’Homme », Il voulait une famille où Dieu, qui n’est qu’AMOUR, libère tous les hommes, tous frères et sœurs, tous égaux ! Il a mis sa société sens dessus dessous, y compris dans son église, la synagogue où il a courageusement dit : « On vous a dit, mais je vous dis » (Mt 5:21). Ses disciples, remplis de son esprit ressuscité, des femmes et des hommes, des laïcs donc, constitueraient un mouvement qui bougerait dans l’espace et le temps ! Les gens seraient tous frères et sœurs.

« Mais vous, ne vous faites point appeler maître; car vous n'avez qu'un Maître, le Christ; et pour vous, vous êtes tous frères. Et n'appelez personne sur la terre votre père; car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est dans les cieux. (Mt 23:8 et 9)

C'est assez clair et Pierre, le premier pape, marié avec une belle-mère, était laïc. Sans doute qu’il avait une femme et une famille! (Une épouse qui serait stérile en Israël, c'était pour elle un problème) .

Mais les premiers disciples, femmes et hommes qui eurent le courage d'aller annoncer la Bonne Nouvelle de libération, n'étaient pas au-dessus de Jésus lui-même. Souvent le sort de Jésus est, marginalement peut-être, le leur! Aujourd'hui encore, je n'ai qu'à penser à Helder Camara, Romero et une foule d'autres.

Puis, fatalement ou pas, comment savoir (?) arriva Constantin, l’avoir, le pouvoir, le nombre, les empereurs et les papes, les baptêmes en masse, les sanglantes croisades! … L’idée de Jésus : une famille où tous sont frères et sœurs égaux, n'est plus qu’un souvenir, où un défi ! La famille de Dieu devint une Institution, un système liée à d’autres systèmes. Un État avec tout l’appareil étatique…et des palais. Et des gardes (suisses en l'occurrence).

D’où ce qu’Albert discerne alors comme « une double histoire de l'Église en parallèle » (comme je l’ai dit dans un blog précédent), celle des hiérarchies et celle du peuple sans voix ! L'Église: une démocratie? (Un débat à ce sujet n'est pas utile pour l'instant). Il n'en reste pas moins vrai que Jésus a déclaré qu’il remerciait son Abba d’avoir révélé les choses les plus importantes aux tout petits, (je les nomme Grassroots) et caché ces choses « aux grands ». Et les sans-voix crient au monde la vérité par leur existence!

Ainsi dans les affaires de la société rapportées par les médias : on y voit une histoire parallèle, celle des stars tous azimuts, laïcs et religieux cette fois, on en a des exemples époustouflants ces derniers temps encore, et l'Histoire de la base, (mis à part des guignols exploités pour faire rire), c'est-à-dire les ouvriers, les maçons, les laboureurs, les paysans, les mamans, les prostituées (on évite de parler des hommes qui prosituent) les chômeurs, celle et ceux qui font notre pain quotidien. Est-ce qu'ils ont droit à la parole? On les nomme parfois, on les photographie comme des objets! Ils ont la parole trop lente, un vocabulaire restreint. Souvent, comme Jésus, ils n’arrivent à dire que « oui pour oui et non pour non » (selon Matthieu). Heureusement, les écrivains existent. Les récits, les romans font vivre et revivre, la vie des gens de la rue. Merci à eux!

Mais il serait bon de relativiser ou d'analyser les messages des médias, et de les vérifier à l'aune de la vie des gens qui ne disent rien, écoutent parfois, et réfléchissent seuls, ou en famille, en groupe, ou encore à la lumière de la parole de Jésus. Souvent dans les sous-sols des cités.

Le livre de Danièle Sallenave : Dieu.com est vraiment d’une grande aide à la réflexion. L’adresse

http://www.gallimard.fr/catalog/Entretiens/01050601.htm

On peut aussi écouter Danièle Sallenave sur France Culture.

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J’espère continuer la réflexion au sujet des minarets demain ou après demain.

23:13 Publié dans Spiritualités | Tags : laïcs | Lien permanent | Commentaires (1)

04/10/2009

SAINT FRANCOIS

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Frère Shawn et un des chats ayant élu domicile à la fraternité Saint Crispin au Bronx

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François d’Assise

 

En 2005, le mardi 4 octobre, j’ai publié un petit billet dans l’ancien blog Katutura en souvenir de François, voici la suite

 

J’ai relu aujourd’hui Saint François d’Assise, de la page 117 à 122 in « Le Puzzle amoureux », G. Salem (B. Campiche, 2000).  Je m’en inspire pour fêter Il poverello aujourd’hui. J’écris donc à l’indicatif présent.

 

« Il poverello est un conducteur de paix comme ont dit qu’un métal est un conducteur de chaleur. Il est absolument conscient de l’état de la société et de l'Église constitutionnelle, mais il garde la paix en son. Cela lui permet de voir clair ! D’agir en conséquence.

J’entends ce 4 octobre 2009, le Poverello pépier à l’exemple non seulement de son Dieu, mais de ses oiseaux charmés. Charmeur pickpocket pour soulager un mendiant qu’il rabroue d’abord, embrasse ensuite.

Rebelle comme Jésus au Temple lors de sa fugue, il ne demande pas pardon à son père, car son père est Notre Père. Je l’entends qui faut hou hou dans le jardin du voisin, et c’est lui le chômeur au ventre ceint par le cordon des misérables, Il fait la paix entre les loups, les moutons et les bergers, en négociant avec les uns et les autres pour que chacun ait le nécessaire pour vivre. Le besoin de nourriture  doit être équitablement satisfait. La paix durable est à ce prix.

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Le Poverello est un SDF, il dort, fume un joint sur un banc public s’il en a l’occasion pour apaiser sa faim d’amitié et de nourriture. Il parle tout seul, on croit qu’il déconne, mais il prie avec l’ami des oiseaux. Belle liturgie dominicale. Il paraphrase le Pater Noster, il ne veut pas améliorer ce qu’a prié Jésus, mais il lui donne une mélodie, mais il lui donne une profondeur humaine, concrète, une miséricorde souriante qui met en garde ses ennemis : « Et ce que nous ne pardonnons pas pleinement, toi, Seigneur, fais que nous le pardonnions pleinement. Que nous aimions vraiment nos ennemis à cause de toi, que nous arrivions à te prier sincèrement ; qu’à personne nous ne rendions le mal pour le mal, mais que nous tâchions de faire du bien à tous, en toi ! » La version de François de la plus importante prière des Évangiles me fait penser qu’il arriverait à déplomber, à désamorcer la bombe de l’affaire Kadhafi, il serait un ministre des affaires étrangères de premier plan. Et pourquoi ne pas lui confier in extenso la menace nucléaire venant de tous les pays puisqu’il appelait la terre sa mère, la lune sa sœur et le soleil son frère.

 

François est un avec tous les humains en ce qu’ils ont de plus précieux : leur pauvreté et leur liberté au plus profond de leur cœur et qu’ils emporteront avec eux chez leur mère la terre et leur Père commun qui est « au ciel ».

Il est conséquent ! François, Il renverse les murs, les barrières familiales, linguistique, raciales, religieuses, raciales, et les autres ! Comme dans Marc (3,31) Jésus et François crient aujourd’hui : « qui est ma mère, qui sont mes frères ». Il indique du doigt la femme humiliée et dit : « voilà ma mère » puis il montre celles et ceux qui passent, « voilà mes sœurs et mes frères. »

 

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Frère Bernard et des amis de la rue au Bronx. Il cite Thomas Merton:..." après tout, "mendiant" est synonyme de "vagabond", et le franciscain doit être un vagabond au sens complet, absolu et mystique du mot, s'il ne veut pas être malheureux et mécontent."


François me conduit sur un chemin périlleux, douloureux, beau, arpenté ! Il esquinte mes jambes et ensoleille le cœur et l’esprit, et oui, il rend l’âme vulnérable. Oui l’amour ne rend pas fort et il nous est permis d’être faible, fragile et de boiter en avançant, en mangeant un bout de cuchole, un gobelet de lait frais, et de se sentir à la fois triste et joyeux dans ce moment présent qui enfante demain et tous les demains en chantant avec François, Jésus, les petits et les grands, le « cantique des créatures et du soleil ».

 

 

http://pagesperso-orange.fr/damien.jullemier/sts/cantique-creatures.htm

Lecture:

« Des fleurs en enfer » Fioretti du Bronx, par Luc Adrian (Presse de la Renaissance, Paris 2000)

« Saint François et le Sultan » par Gwenolé Jeusset (Albin Michel 2006) Gwenolé est membre de la Commission internationale franciscaine pour les relations avec les musulmans.

 

16:13 Publié dans Spiritualités | Tags : francois | Lien permanent | Commentaires (4)

27/09/2009

MERCI DE L'AFRIQUE

 

La mémoire vive de ce 24 septembre 2009: Réflexion

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http://www.youtube.com/watch?v=jIxEPYkXkU8

 

Missa Luba 1965: Sanctus (B4)

Merci de toute l’Afrique à  Roger de Diesbach

Hamba Khahle!: Go safely

 

On revient de l’enterrement

Tous étaient là pour dire adieu et se réconforter

Les uns les autres

Les liturgies, la musique, les chants, les paroles de foi,

Les hommages, les témoignages, les fleurs,

Les gestes de tendresses et de condoléances

 

Le corps est mis en terre sous nos yeux

Même si c’est dans l’intimité, nous savons

Tous, nous savons

C’est le prélude de notre mise en terre

À chacun de nous, à tour de rôle

Et c’est très bien ainsi

 

Le mystère est la seule réponse à notre question

Celle de l’absence

Ton absence est présence

Paroles faciles peut-être

Paroles vraies. Un défi.

 

On se retrouve avec le souvenir vivace

Seul

Comme amputé et heureux qui pleure !

 

« La vie et la mort ne font qu’un, comme ne font qu’un la rivière et la mer

Dans les profondeurs de vos espoirs et de vos désirs

Sommeille votre silencieuse connaissance de l’au-delà

De même que la semence rêve sous la neige

Votre cœur rêve des épousailles du printemps

Ayez confiance en vos rêves

Car en eux sont cachées les clefs de l’éternité

 

Et lorsque la terre aura réclamé votre corps

Vous saurez enfin danser. »

(Khalil Gibran, Le prophète)

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