14/03/2010

MEDITATION DOMINICALE

 

 

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LE CADET

Notre Seigneur Jésus-Christ n’habitait pas un presbytère, ni un palais épiscopal, ni  un consulat. Il allait son chemin, les yeux ouverts et il « faisait le bien ». Aujourd’hui comme hier, son regard est clair, lucide, bienveillant. Nos regards s’embrassent en passant, je peux aller de l’avant avec élan parce, séparés, nous sommes unis. On ne se quitte pas !

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,1-3.11-32.

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR

 

Ainsi ce matin dans cette famille aisée. Le père et deux garçons, je les nommerai « l’aîné et le cadet ». Une entreprise héritée de père en fils (les femmes sont totalement absentes) qui marche bien grâce aux fonctionnaires efficaces. Et à l’excellent esprit d’entreprise de l’aîné. La rentabilité et le prestige sont des moteurs incontestables de réussite, même si, parfois, la fin justifie les moyens les plus douteux. L’aîné est prometteur. Il prend goût aux affaires. Le Père laisse faire, c’est propriété commune, ce qui est à moi est à toi. Est-ce que c’est « à nous tous ? »

 

Le cadet est « l’autre »,  rêveur, artistique, il parle avec les employés au lieu de les commander, il écoute le chant des oiseaux et le vent dans les roseaux, il est plus intéressé par la musique que par les chiffres ! Son regard repose sur ce qui l’attire, ce qui est beau, la nature, les étoiles les gens. Mais il est nul pour ce qui concerne la marche de l’entreprise. L’aîné perçoit cette faille. Son attitude marginalise le cadet, l’ignore, l’évite. C’est que le cadet est différent ! AUTRE !

 

Ce que l’aîné ne perçoit pas, c’est que c’est la différence qui fait la beauté du cadet. Le Bon Dieu ne nous a pas créés à partir d’un moule unique !!! Le cadet est attrayant, aimant, accessible, il a un défaut peut-être : c’est sa confiance en la vie !

 

Le père propriétaire du domaine apprécie l’aîné et ne méprise pas le cadet. Il laisse faire. Et lorsque le benjamin lui dit qu’il veut aller explorer ce qu’il y a au-delà des frontières du domaine, de l’horaire quotidien, des chiffres et des contrôles ! Le Père dit oui. Il sait, en son moi profond, que les ailes doivent se déployer pour prendre de la hauteur. Il est sage. Il bénit le cadet. Va ! Il lui donne sa carte de crédit et hop ! L’oiseau ouvre ses ailes et s’en va comme tant d’entre nous, hier et aujourd’hui et le feront demain. L’homme est un migrant, un passant. Katutura : on a pas ici-bas de lieu permanent ! C’est une chance.

 

Le cadet n’a pas fait l’armée. Il n’est pas équipé pour se méfier des systèmes et de leurs fonctionnaires. Le féminin l’étonne, l’amuse, le réjouit. Les copains sont vite nombreux quand tu paies les tournées. Les « Bonnes œuvres » t’apprécient d’autant plus que tu vides ton escarcelle dans leurs poches pour des multitudes de projets. Le cadet ne sait pas compter, pour vivre, il donne et se donne. Il n’est pas vraiment altruiste, il est nature et la nature est bonne. Mais, comme pour moi, la « nature vécue » t’apprend la sagesse. La carte de crédit est vide, ça  ne fonctionne plus. Le féminin et les copains disparaissent. Les « Bonnes œuvres », les « Œuvres de miséricorde » « Caritas » scrutent ce cadet échevelé, paresseux sans doute, négligé, pas rasé, qui sait, un profiteur, un voleur présumé. Il sonne à la porte arrière des couvents, la porte des pauvres en qui Jésus s’est pour toujours identifié, et dans un coin froid et inhospitalier on lui apporte des restes réchauffés. Son regard dit merci.

Dans les presbytères, on lui dit d’aller à Caritas, tel jour de la semaine à telle heure. On oublie que c’est maintenant, c’est  aujourd’hui, en dehors des murs, qu’il a faim de pain alors qu’à l’intérieur des murs, les repus chantent « donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ». Oui, le cadet alias Notre Seigneur Jésus-Christ mendie ce pain hors des murs !

 

Le mendiant est conscient de sa petitesse comme il est passionné de l’immensité du divin en lui. Mais la motivation de son retour au bercail est moins le repentir du cœur que les tiraillements de l’estomac. La motivation est valable. S’il a de la chance, son père, sa mère, ses frères et sœurs l’intègrent comme si de rien n’était ! A table. Ce serait un miracle aujourd’hui. La tendresse et la compassion des gens de tous les jours.

C’est possible ? Ce qu’on nomme à tour de bras dans certaines institutions « accueil » est parfois comme une chambre froide !

Je crois que le père prodigue aussi bien que les cadets et cadettes prodigues sont les pauvres. L’empathie, ils connaissent, la compassion suit. La solidarité peut-être.

C’est ma méditation de ce matin ensoleillé que je vous souhaite plein de tendresse !

 

10:35 Publié dans Spiritualités | Tags : cadet | Lien permanent | Commentaires (0)

12/03/2010

DEUX FOIS NON

 

Le peuple suisse dit deux fois NON

 

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· Le peuple suisse a dit non à l’institution d’un avocat défenseur des animaux.

·       Non également à la nouvelle loi qui prévoyait de fixer le taux de conversion minimal à 6,4 % pour les nouvelles rentes à l'horizon 2016. Le taux de conversion est utilisé pour calculer le montant de la rente de la prévoyance professionnelle (2e pilier) à partir de l'avoir de vieillesse.

Spontanément, c’est le l’expression (pour ne pas dire le cri) : « Perte de confiance du peuple en ses institutions et en ses autorités ».

La radio, la TV, les journaux répétaient comme un chœur d’écoliers :

"clairement le résultat d'un manque de confiance envers les milieux de la finance".

"plus de confiance des gens en un système où les banques ont fait de l'argent en bourse avec leurs retraites et où ils doivent éponger leurs pertes".

« la défiance,  tel un ouragan, a tout emporté"

"le peuple suisse n'est pas disposé à valider des sacrifices infligés au plus grand nombre alors qu'une minorité de patrons, spécialement dans la finance, encaissent de nouveau de juteux bonus, comme s'ils n'avaient rien appris".

« les Suisses ne sont pas idiots »

« ce vote de méfiance est une affaire de conscience »

« le peuple a parfaitement compris qu'il lui est tout simplement demandé de payer la crise. Ce dimanche, il a dit «ça suffit».

« Il y a quelque chose de pourri au royaume du profit. D'un côté les autorités volent au secours de la place financière, de l'autre les assureurs entretiennent une opacité autour de leurs prises de risque d'avant la crise ».

« Au pays de l'argent facile, les banquiers et autres spéculateurs sont rois. Au royaume de la démocratie, le peuple suisse décide ».

A plus de 70 %, même 80%, les gens ont manifesté, protégés il est vrai, par le secret des urnes, leur dégoût de l’hypocrisie !

En mai 2007 l’UDF Suisse, à Thoune, faisait connaître sa prise de position au sujet de la confiance et/ou de la méfiance envers les autorités politiques. Je cite à partir du lien :

http://www.udf.ch/images/elecfede07/politiqueconfiance.pdf

« Politique et (perte de) confiance Pourquoi tant de citoyens ont-ils perdu confiance en leurs autorités ?

« Le peuple a le sentiment que, dès qu’ils ont été élus, ses représentants ne s’engagent plus pour sa cause.

De plus en plus de politiciens et de détenteurs du pouvoir se trouvent impliqués dans des scandales, et des affaires de toutes sortes.

Certains politiciens et partis politiques donnent dans l’idéologie, et proposent des solutions de type "tout noir ou tout blanc", alors que le monde et ses problèmes se situent plutôt dans des nuances de gris.

Le comportement des politiciens et des partis est stratégique, plutôt que concret et objectif. En plus, leur attention est portée sur le temps que dure une législature.

Les gens deviennent de plus en plus individualistes et leurs intérêts se limitent à leur propre personne. Les défis de société, qui sont très souvent complexes, ne les intéressent pas du tout.

La plupart des sérieux problèmes qui chargent la société d’aujourd’hui sont d’origine morale, spirituelle ou comportementale et, partant, particulièrement résistants aux solutions politiques. »

On peut être pour ou contre ou indifférent envers l'UDF, ce qui suit, écrit avant 2008 et l'affaire de l'UBS, peut aider notre réflexion:

Avoir confiance en les autorités politiques, c'est quoi?

confianceensoi-38448.jpgIl me semble qu’un adulte responsable est celui qui fait preuve de loyauté critique, de confiance critique, et qui, avant tout a, envers lui-même, une confiance relative puisqu'il est conscient de sa dignité humaine. Puis-je avoir confiance en moi?

22:46 Publié dans Spiritualités | Tags : voter | Lien permanent | Commentaires (0)

10/03/2010

SANS PAPIERS

Quand vivre dans une société soit disant chrétienne devient gênant et

quand la foi en Dieu et en l’homme doit retrouver un sens

http://www.sans-papiers.ch/

 

sans-papiers.jpg

 

Remplir un bulletin de vote une, deux, trois fois par année, c’est un privilège suisse et j’en profite avec une espèce de gourmandise car, en Afrique du Sud, rien de tel jusqu’en 1994 !

C’est parce que nous assumons notre responsabilité de citoyen/citoyenne que nous votons. Mais est-ce qu'une loi votée est toujours pour le bien commun? Et si la loi est injuste, faut-il obéir? Et si elle est, de plus, inhumainement appliquée comme l'étaient les lois de l'apartheid, le choix n'existe plus. Il faut s'engager pour la justice commune en défendant les victimes de la loi et en luttant contre ceux qu'elle sert à protéger, et qui par conséquent, ont le pouvoir de l'appliquer! Dur dilemme et choix risqué!

 

Les Sans-papiers chez nous

 

  • Infra rouge : formation des Sans papier

 

Le 24 septembre 2006, à une majorité de 68%, le peuple suisse accepte une Loi  visant à « préserver la tradition humanitaire de la Suisse et à lutter résolument contre les abus dans les domaines de l’asile et des étrangers ».

 

  • Quelle tradition humanitaire ?  Pour quels résultats ?

  • Résolument contre: conséquence: chasse aux abus des demandeurs d’asile et des étrangers.

 

Ma question : quelle marge entre la tradition humanitaire et la chasse sans pitié aux "abuseurs" ? ». Toute personne « Sans papiers » arrêtée, peut lire écrit sur le visage du policier ces mots: « Tu es un "abuseur", prouve que tu ne l’es pas !» Tu es une jeune équatorienne, belle et pleine d'espoir en la vie? Tu es un africain à l'accent du Canton de Vaud? Tu n'as pas de papiers? Pas de chance! C'est la loi! Vous n'êtes pas des nôtres!!!

Que nous dit notre conscience?

Mais voilà que Lausanne, Genève font les démarches nécessaires afin de permettre aux jeunes étrangers « sans papiers » de profiter d’une formation à la fin de leur scolarité et de recevoir une formation qui donnera un sens au jours qui passent et, qui sait, un instrument de gagne-pain pour l'avenir ici ou dans leur pays natal.

Hier soir, Infrarouge (http://infrarouge.tsr.ch/) animé par Esther Mamarbachi, productrice responsable, s’est penché sur ce nouveau « problème » face à la loi. Trois principaux protagonistes, parmi d'autres, étant:

Un jeune Sans papiers, par prudence sans visage, sans nom

Daniel Brélaz, syndic de Lausanne, conseiller national, Les Verts, VD avec visage et nom

Yves Nidegger, conseiller national, UDC, GE, avec visage et nom

Vous l'avez peut-être écouté: ce n’était pas un dialogue de sourds, mais c’était encore moins un débat entre personnes qui essaient de trouver une solution à un problème commun ! Et c’est typique de la tournure que prennent les émissions Infrarouge à la TSR. Ainsi que les échanges entre politiciens à la RSR et à la TSR! Débattre pour faire avancer la pensée et les idées est vraiment un art bien difficile lorsqu'on croit devoir défendre bec et ongles des intérêts de groupe, de parti.

D’une part ceux qui soutiennent l’initiative qui permettrait la formation des jeunes Sans-papiers: M. Brélaz poliment, intelligemment, exposaient ses arguments et convictions en faveur de cette formation tout en discutant avec les autorités cantonales et fédérales.

D’autre part les opposants dont M. Nidegger avançaient leurs raisons contre cette initiative invoquant la Loi à respecter, avec un minimum d’exceptions possible, être conscient du danger de voir venir davantage d’étrangers. Et surtout: toute la constellation économique clignote rouge vif!

Ce qui faisait rougir de honte le téléspectateur était le mépris, la virulence des propos pour l’opinion des autres! Que ressentaient  les jeunes Sans-papiers  dont un jeune homme et deux jeunes filles, et les étrangers à l’écoute de l’émission ?

 

Ma question : cette he-elle pas à la « Tradition humanitaire de notre pays » également acceptée par le souverain en 2006 !? ureuse initiative ne correspond

Oui, il est vraiment gênant de vivre dans une société aux valeurs soit disant chrétiennes, de rester passif devant un spectacle niant les valeurs qui honorent notre pays. Est-ce réel? On est gêné.

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A plus de 100 reprises, l’Ancien Testament ordonne de protéger les étrangers. La formule récurrente « l’étranger, la veuve et l’orphelin» montre que pour Dieu, les étrangers révèlent son visage.

Puis dans le Nouveau Testament, Matthieu 25 : 35- 36 : «  J’ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli; j'étais nu, et vous m'avez vêtu; j'étais malade, et vous m'avez rendu visite; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi. "

Jésus s'identifie aux étrangers. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est LUI.

 

21:26 Publié dans Spiritualités | Tags : infrarouge | Lien permanent | Commentaires (9)

05/03/2010

AUCTUALITE

 

 

 

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L’actualité sous le regard de Jésus

Au marché de Bulle, le jeudi, je perçois le vécu des gens : qui tient son banc de poissons, qui de fromage, qui de fruits et légumes, qui d’épices, qui de pain et qui de vêtements et de chaussures. Je n’achète presque jamais rien puisque j’ai ce qu’il me faut, mais j’aime demander comment va la vie, les affaires, et d’où viennent ces poissons, et comment sont fabriqués ces fromages à trous et les moûts, et d’où nous arrivent ces fruits exotiques et patates douces ? Et j’observe les clients, ceux qui sont pressés d’être servi, ceux qui explorent, touchent, choisissent, payent et passent. Et les rencontres des habitués du marché et le p’tit café au tea-room juste à côté. Et je me dis que Dieu est attendri par la vitalité des humains qui « gagent leur pain à la sueur de leur front » et s’en régalent. C’est l’actualité.

 

Ensuite je lis les journaux de la communauté et quelques-uns sur Internet. La Radio suisse romande est une source d’information et d’analyse beaucoup plus vraie, objective, formative d’opinion publique que le lamentable télé journal de 19h30 que je regarde presque par seule solidarité avec la communauté !

 

Le défi : voir et sentir « ce qui se passe » dans la société fragmentée  dont je fais partie, avec un regard d’où ne sont pas exclus le sens critique et encore moins l’empathie! Mais ce n’est pas facile. On y arrive pas toujours et les préjugés et les partis pris brouillent parfois le regard. Mon regard mais, pas celui de Jésus sur notre vécu dont je viens de donner quelques tout petits exemples... à Bulle.

 

Chaque jour, un passage de l’évangile, un autre de l’Ancien Testament est lu dans les églises. Demain par exemple, l’histoire de l’enfant prodigue selon saint Luc 15,1-3 et 11-32 http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&...

 

Le délinquant qui revient sur ses pas et l’accueil d’une personne en chemin, et le soulagement, la joie des protagonistes font partie de celles et de ceux rencontrés au marché, dans la rue, dans les journaux, dans les médias, bref dans l’actualité. Cet accueil inconditionnel de Dieu est la « Bonne Nouvelle » qui sera lue demain, est-ce qu’elle est organiquement liée à l’actualité de notre société ? Je reste choquée au souvenir d’un juge prononçant la condamnation  d’un étranger (c’était à Delémont) ; peut-être que le juge en fonction était de bonne foi comme l’était l’étranger (que je connaissais) lorsqu’il avait fait sa « connerie ». Ce qui n’arrête pas de me choquer, même aujourd’hui, c’est que, au mur derrière le siège du juge, un grand crucifix était suspendu !

 

rembrandt.mains.jpgCe même Jésus qui avait annoncé haut et fort : « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés » selon saint Luc 6 : 37.

Je ne nie pas les Lois, mais l’application responsable et humaine des lois doit être une fonction terrifiante !

 

22:10 Publié dans Spiritualités | Tags : prodigue | Lien permanent | Commentaires (6)

23/02/2010

REFLEXION DU SOIR

 

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Réflexion du soir

Une affaire de relation et d’écoute au sein d’un groupe humain : une communauté de vie, de travail, d’intérêts communs, d’engagement social, politique, éducatif. Pour accomplir une tâche, des gens se retrouvent ou, éventuellement, vivent ensemble. Il y a parfois des affinités de langue, d’identité régionale, cantonale, nationale, culturelle, religieuse. Une certaine harmonie règne. Une tâche s'accomplit, mais est-ce dans la routine, la somnolente, la facilité de ce qui se fait et ne change pas?

La diversité, l’originalité, la joie de créer autant que de procréer enrichissent la société et les individus. Le mouvement et le changement ne sont pas un choix! C'est la Vie.

Encore heureux que nous ne soyons pas un amoncellement de clones : règle et mode de vie rigide et imposée à tous ; pensée unique ; croyances et foi non discutables. Une institution, le jugement « infaillible » d’un gouvernement unique. Et, bien sûr, une armée et des armes, juste pour mâter des signes de velléités, de liberté et d’indépendance qui surgiraient ici ou là. Tolérance zéro. Est-ce que j’exagère le dessin de notre société de « petite boîtes » ?

chaussures armée ukrainienne.jpgJe caricature, c’est clair. Mais les enfants m’aident grâce  à leurs questions spontanées : pourquoi les soldats ont tous un même uniforme ? Pourquoi les fonctionnaires de banques ont tous une cravate au cou ? Un peu comme une corde ! Pourquoi les cardinaux ont une phCardinal.jpgrobe rouge, et les capucins une brune ? Pourquoi les rois ont tous une couronne ? Pourquoi les « petites mains » ont le même tablier et les manœuvres la même salopette ?

Encore des questions : pourquoi sous le régime communiste les hommes avaient-ils tous le uniforme laid et terne ! Encore parfois en Chine, parfois, et sûrement en Corée du Nord. L’uniforme et l’uniformisation n’est sûrement pas une idée du créateur, Lui qui ne cesse de nous éblouir par la richesse diversifiée de sa création.

Les questions d’enfants sont pleines de sagesse, celles des adultes aussi. Et les réponses ? C’est quoi ?

Nous sommes loin d’avoir tout découvert. L’émerveillement semble être notre destinée si nous disons oui aux surprises de la Vie.

Si nous nous découvrons les uns aux autres tels que nous sommes, nous nous étonnerons de l’originalité, de la beauté, de la richesse infinie dans la forme et le fond de chacun et de tous ? C’est vraiment la gloire de Dieu, cette création toujours nouvelle.

Dieu nous a donné un cœur ouvert, des yeux, des oreilles, bref des sens, un esprit, une intelligence, pour accueillir  ce qui ne cesse de s’embellir, de se diversifier, de se développer dans notre univers en mouvement.

Jésus en était parfaitement conscient et il désirait de tout son cœur une famille sans frontière : chaque membre serait la joie, la fierté des autres. Il n’a échoué qu’en apparence car l’énergie de son Esprit ressuscité nous pousse à continuer son travail !

 

21/02/2010

MEDITATION DOMINICALE

 

 

MEDITATION DOMINICALE

 

 

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,1-13 à l’adresse : http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR...

Parallèle à la lecture de Luc, je relis « Turlupin » dans « Puzzle amoureux », p. 51 à 53 (par Gilbert Salem chez Campiche 2000).

Avec un peu de connaissance de notre inévitable ego, on se retrouve en Turlupin.  Et on retrouve Turlupin, ses espiègleries, ses tiraillements dans tous les sens, lorsqu’on peut ou qu'on doit « choisir » entre deux ou plusieurs choses !

« Fais ceci, évite cela » (Gaudium et Spes Chapitre premier 12,16) : Dignité de la conscience morale.

http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_cons_19651207_gaudium-et-spes_fr.html.

Et Jésus a été tiraillé, comme tout homme je pense, comme moi, face aux choix, à notre responsabilité dans notre réalité personnelle,  sociale et planétaire !

· Jésus : changer des pierres en pain (Luc 3 :4) pour assouvir la faim. Qui ne le ferait s’il le pouvait quand nos frères meurent de faim sous nos yeux ? Jésus a senti la faim « hautnah » pour la justice, il a même « multiplié des pains des milliers de fois pour nourrir les foules ». Mais Il voulait avant tout que les affamés conquièrent et exercent le Droit à se nourrir eux-mêmes ! Entre faire la charité et faire la justice, quel abysse ! « Je suis un saint si je fais la charité, on me taxe de communiste si j’encourage la justice » (Helder Camara)

· Jésus : la tentation du pouvoir, de la puissance sur les hommes (Luc 4 : 5-8). Qui ne ressent l’urgence d’influencer le plus grand nombre de gens qui paraissent être des ignorants simplement parce que personne ne leur donne jamais la parole ? L’urgence d’organiser les masses léthargiques, sans parfois, donner du temps au temps, le temps de prendre conscience soi-même, de grandir naturellement, plutôt que de se livrer à une idéologie ?

  • Jésus : l’éclat et le prestige, la sainteté, la renommée. (Luc 4 : 9-12) Mettre Dieu à son service ou au service de l’Institution plutôt que de l’adorer. « Dire à Dieu ce qu’Il doit faire ». Le prestige et les titres et les palais et les serviteurs et les servantes et les gardes de corps ! Là, le piège Turlupin dépasse les bornes de l’endurable pour Jésus : « Assez ! Cela suffit, va-t’en » Et Luc continue (4 : 14 et 15)

  • « Après l'avoir tenté de toutes ces manières, le diable s'éloigna de lui jusqu'à un moment favorable. Jésus revêtu de la puissance de l'Esprit, retourna en Galilée, et sa cedreparcraymondsibillemai04.jpgrenommée se répandit dans tout le pays d'alentour. »  Les tentations de Jésus ont fait partie de sa vie comme elles font partie de nos vies dans nos multiples Galilée. « Turlupin ne nous quitte pas, nous n’en sommes pas malheureux » (G.S) Et c’est dans la solitude absolue de notre Moi profond que la force de choisir ce qui est bien pousse en nous comme un bel arbre souple et magnifiquement résistant dans les tourmentes et les vents contraires d’aujourd’hui.

  • Merci de ce bel exemple d'endurance!

 

 

 

10:58 Publié dans Spiritualités | Tags : tentations | Lien permanent | Commentaires (0)

18/02/2010

LE MONDE BOUGE ET VOUS?

Le monde bouge et vous ?

 

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Voilà ce que disait le placard apposé au mur de la Migros, face à l’arrêt du Bus No 2, avant la courbe qui monte le long de l’avenue Vinet !

 

Sans m’attarder sur qui ou pourquoi le placard avait été fixé à cet endroit, cela donnait une direction à ma réflexion :

 

La vie bouge, la roue tourne, et les pages s’envolent, et les jours et les années et les saisons et les générations et le monde continue de naître du chaos sans jamais s’arrêter, car la vie c’est le mouvement, le rythme, l’avancée vers quelqu’un et/ ou quelque chose !

 

Et les bus sont pleins de gens qui bougent, les travailleurs bougent, les fonctionnaires, les malades itou : on les fait bouger pour éviter l’ankylose, les petites mains s’agitent, les intellectuels bougent, je l’espère.

La Vie bouge, sauf, parfois, les Institutions y compris ecclésiastiques, elles ont peur de faire un faux pas, alors on recule aussitôt ressenti le souffle qui annonce l’ouverture. Et ça commence à sentir le renfermé comme dans un vieux grenier. Notre bon Jean-vingt-trois a ouvert des fenêtres et la vie a repris à partir des racines (grassroots) et la sève a fait fleurir des arbres et mûrir de fruits de Vie.

 

Alors, le spectre de l’Immuable, de l’Immobile, des dômes dominants et des fondations secrètes  a refait surface. Des replis par peur. On dit que l'Église est une mère, dit-on, mais qu’arrive-t-il à la mère et à l’enfant si la mère refuse les douleurs de l’enfantement ?

 

Dieu est la Vie et la Vie bouge et avance vers une vie pleine et fertile pour tous, cette force de vie monte des racines, enfouies dans la terre et non pas dirigeant les foules, à partir de trônes vissés sur des socles. Amovible !

 

Le monde bouge et Vous ? Tant de gens autour de moi bougent et je bouge avec eux, c’est un mouvement, une vague, une danse au service les uns des autres ! Le temps de Carême nous fait bouger car si nous mangeons un peu moins nous sommes plus légers et les affamés pourront manger un peu plus. Et il ne s’agit pas de charité seulement, ni de poches de carême seulement, il s’agit d’action politique.

 

11:12 Publié dans Spiritualités | Tags : vie | Lien permanent | Commentaires (2)

16/02/2010

CENDRES D'ETOILES

 

Les Cendres

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Poussière étoilée

 

Demain « mercredi des cendres », des cendres seront imposées sur la tête des fidèles dans les églises avec l'injonction de se souvenir que nous sommes poussière.

 

Rien de plus facile à croire. Un jour ou deux après ma mort, mes restes seront réduits en poussière dans un crématoire. J'aurais souhaité que cette petite poignée de cendres fut offerte aux images.jpg


truites du Doubs ou, mieux mais plus difficile, aux poissons du fleuve Orange quasi asséché au nord du Cap.

 

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Cela n'aura aucune importance! Car, et ceci est plus difficile à croire semble-t-il, c'est que je serai enfin au bout du petit passage sur cette planète-ci et arrivée, enfin, comme une courageuse sportive à l'extase du hors espace temps!

 

« Tous les athlètes s’imposent une ascèse rigoureuse; eux, c’est pour une couronne périssable, nous, pour une couronne impérissable » (1 Co 9,25).

 

Je me fous de la couronne mais ce qui m'intéresse c'est d'être enfin pleinement et totalement moi avec le Créateur et la création dans le développement d'un univers éternel. Et cette immense poussière d'étoiles ou les plus malheureux seront les plus lumineux!

 

Tous ensemble: enfants de l'Univers! DESIDERATA!

 


(Jean Coutu)
(Desiderata: Quelque chose a désiré comme essentiel)
(Adapté de Max Ehrmann, 1927.   [1872-1945])
(© Copyright 1971 - Robert L. Bell)


(Poème écrit en 1927 par Max Ehrmann [1872-1945]. Traduit par Hubert Claes en septembre 1996 sous le titre "Injonctions pour une vie sereine". Ce texte n'a pas été trouvé en 1692 dans la vieille Église St. Paul's au Maryland, USA, comme le veut un légende urbaine qui circule sur Internet.)


Desiderata, Desiderata, Desiderata

Va paisiblement ton chemin à travers le bruit et la hâte,
et souviens toi que le silence est paix.
Autant que faire se peut et sans courber la tête,
sois ami avec tes semblables.
Exprime ta vérité calmement et clairement.
Écoute les autres, même les plus ennuyeux ou les plus ignorants;
eux aussi ont quelque chose à dire.
Fuis l'homme à la voix haute et autoritaire; il pèche contre l'esprit.
Ne te compare pas aux autres par crainte de devenir vain ou amer,
car toujours, tu trouveras meilleur ou pire que toi.

[Chorus:]
You are a child of the universe, ...


Tu es bien fils de l'univers,
tout comme les arbres et les étoiles.
Tu y as ta place.
Et quoique tu en penses,
il est clair que l'univers continue sa marche comme il se doit.

Jouis de tes succès mais aussi de tes plans.
Aime ton travail aussi humble soit-il,
car c'est un bien réel dans un monde incertain.
Sois sage en affaires, car le monde est trompeur.
Mais n'ignore pas non plus que vertu il y a,
que beaucoup d'hommes poursuivent un idéal
et que l'héroïsme n'est pas chose si rare.

Sois toi-même et, surtout, ne feins pas l'amitié.
N'aborde pas non plus l'amour avec cynisme,
car, malgré les vicissitudes et les désenchantements,
il est aussi vivace que l'herbe que tu foules.
Inclines-toi devant l'inévitable passage des ans,
laissant sans regret la jeunesse et ses plaisirs.
Sache que, pour être fort, tu dois te préparer,
mais ne succombe pas aux craintes chimériques
qu'engendrent souvent fatigue et solitude.
En deçà d'une sage discipline, sois bon avec toi-même.

[Chorus:]
You are a child of the universe.....

Tu es bien fils de l'univers,
tout comme les arbres et les étoiles.
Tu y as ta place.
Et quoique tu en penses,
il est clair que l'univers continue sa marche comme il se doit.

Sois donc en paix avec Dieu, quel qu'IL puisse être pour toi.
Et, quelles que soient ta tâche et tes aspirations,
dans le bruit et la confusion de la vie, garde ton âme en paix.
Malgré les vilenies, les labeurs, les rêves déçus, la vie a encore sa beauté.
Sois prudent. Essaie d'être heureux(se).

Mais écoutez:

http://www.metacafe.com/watch/2653363/child_of_the_universe_desiderata_lyrics/


(Je l'ai entendu une toute première fois, (dans le township nommé par les Blancs « Blackspot », lorsque Monica, (rip) ma image_fabrique_d'etoiles.jpgconsœur revenant d'Allemagne me dit, presque gênée: « J'ai pensé que ça te plairait »)

N'épousseté pas ce que vous croyez être « poussière », car c'est la pensée d'êtres aimants qui repose où vous croyez qu'elle gêne. Écoutez ce que chante la poussière étoilée le jour des cendres.

(please see today's  note "Lenten times and fasting" in the English blog")

 

17:23 Publié dans Spiritualités | Tags : cendres | Lien permanent | Commentaires (5)

13/02/2010

MEDITATION DOMINICALE

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Demain cette Bonne Nouvelle

de Jésus selon saint Luc 6,17.20-26, sera lue et commentée dans nos églises. Depuis des dizaines d’années, j’entends les commentaires souvent plus longs que le texte de l’évangile entendu. Je remarque que les commentaires varient selon le contexte, selon l’auditoire et selon le commentateur.

 

Pour les fidèles, dans un contexte économique confortable, le prédicateur aura tendance à spiritualiser « la parole du Seigneur » jusqu’à lui ôter saveur et punch !

Il est même tentant de ne pas s’attarder sur les quatre malédictions du même évangile car elles sont une « Mauvaise, et pas une Bonne Nouvelle » pour les riches, les repus, les frivoles,

les « gens bien » Cette espèce d’échappatoire trahirait « la Parole du Seigneur ».

 

Je me souviens d’avoir lu ce même évangile de Luc dans les taudis d’un township à Cape Town, en vue du Repas eucharistique du dimanche. Lecture faite, on se taisait, la tête entre nos mains plus ou moins calleuses, puis on se redressait et on se regardait, parfois les rires fusaient… jusqu’aux larmes : « It fits ! Exactement, ça colle ! »  Le dimanche, le P. Kevin se taisait,  rassemblait ce pain noir et dur des pauvres et l’offrait au Seigneur afin qu’il soit vraiment « Pain de Vie ». Source d’énergie pour une survie humaine !

 

Au temps de Jésus comme aujourd’hui, les pauvres comprenaient la pensée de Jésus : Non, la pauvreté, la faim, les larmes, la haine, les insultes, le rejet, le mépris ne rendent personne « heureux », à moins que, par la force des choses, les dérélictions ne soient une énergie qui nous met en marche (comme dit Chouraqui)  pour lutter et construire une famille humaine ! Cela, c’est une chance, « Heureux êtes-vous ». Prendre conscience de nos larmes et d’où elles viennent, c’est une chance cela nous met debout.

 

Mais quelle audace ! Travailler au « plus grand bien pour le plus grand nombre ». Les prophètes l’ont fait, Jésus étaient en train de le faire : tous sont exécutés ! Lui y compris.

 

Les systèmes enracinés dans les structures d’injustice n’endurent pas la critique ni le rêve d’un autre type de société !

Si on va au bout de la pensée de Jésus, non, il n’était pas ironique, Il prenait les conséquences de l’injustice au sérieux comme Il prenait les conséquences de l’action pour la justice au sérieux ! Les Écritures lues à la Synagogue étaient claires à ce sujet, comme l'Évangile l’est aujourd’hui pour nous !

 

Il dit quoi, l’évangile de demain en fait ?

« Les Béatitudes » racontées par Mathieu peuvent être « spiritualisées » jusqu’à les rendre inoffensives, consolantes mêmes !

 

Mais Luc est un médecin par profession : il perçoit la souffrance des exploités, leur dignité humaine piétinée. Il perçoit les causes fondamentales de la pauvreté. « Et la pauvreté ne doit pas avoir le dernier mot ! » Force est d’en connaître les causes pour s’en guérir. La guérison réside dans la solidarité collective des exploités.

 

Mais pas seulement car les riches ne sont pas méchants. Ils sont prisonniers d’un système. Alors Jésus s’adresse à eux et leur dit qu’ils n’ont pas de chance. Être repus, riche, frivole, n’est pas un mal en soi. Mais si vous avez des « gens bien », des autorités ecclésiastiques abritées dans des palais épiscopaux, des présidents de gouvernement aux salaires exorbitants, des directeurs de banques aux bonus « honteux » et qui sont vantés pour leur savoir-faire, eh ! Bien, ceux-là n’ont pas de chance. Ils sont les faux prophètes qui mènent  à la ruine, dans les temps anciens comme aujourd’hui.

 

Jésus dit les choses telles qu’il les vit et les ressent  au cœur de sa société. Au fond, il parle au nom des pauvres qui n’ont droit ni à la parole ni à l’action. Les pauvres réalisent qu’ils doivent regagner leur dignité humaine, avec la force que Jésus leur inspire.

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,17.20-26.


J
ésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s'arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tir et de Bidon.
Regardant alors ses disciples, Jésus dit : « Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous !
Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez !
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l'homme.
Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.


Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation !
Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes.

 

22:35 Publié dans Spiritualités | Tags : beatitudes | Lien permanent | Commentaires (1)

12/02/2010

PRIERE DU SOIR

Prière du soir

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Qui suis-je pour prier pour les autres ? Je souhaite que leur vécu soit ma prière. Je ne suis qu'un petit roseau pensant, marchant, frissonnant sous la neige, s’inclinant sous la brise, le vent, la tempête sans se briser, souriant au minuscule clin d’œil solaire. Ma prière, s’envole du roseau, c’est le chant du ciel de la terre ; les oiseaux pépient leur cœur à cœur, les enfants gazouillent et pleurent, et composent un chant toujours nouveau ; les papas, les mamans, les travailleurs, les chômeurs, les désespérés et les consolateurs ; les sportifs et les handicapés, chantent en chœur leur vie, leurs souffrances et leur infinie résilience !

C’est la prière du soir du roseau vide pour que résonne plus dru, le chant des humains dans l’absurde actualité mondialisée ! De Haïti à Vancouver, de la Grèce à l’Afghanistan, de la Palud à la Rue de la Samaritaine, de la prison de Frambois à celle de Guantanamo, dans les sous-sols des hôpitaux et ceux des chambres de torture et d’exécution au Texas ; de la salle d’accouchement à la chapelle mortuaire …à l’infini et bien au-delà, hors espace temps, se pose le point d’orgue du roseau ce soir. Dans la tendresse de mon adorable créateur !

Si humble et si petit soit-il, l'être humain a donc le privilège de penser sa vie. Le philosophe allemand Heidegger mort en 1976 disait que " l'homme est un être qui réfléchit sur son destin."

22:18 Publié dans Spiritualités | Tags : roseau | Lien permanent | Commentaires (1)

03/02/2010

BIENVENUE AU JURA

 

Quand on est fier du JURA

 

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Il faudra encore l’aval de Berne malgré le OUI des autorités jurassiennes à l’accueil des ex-détenus de Guantanamo. Des Jurassiens avaient fait une « campagne discrète », envois de lettres et de courriels, informations, explications, et c’est vrai que notre population jurassienne n’était pas et n’est pas « unanime » à ce sujet. A ce qu’en disent certains sondages plus ou moins sûrs. C’est bien comme ça.

Ce que je sais, c’est que les Jurassiens ne claironnent pas toujours au dehors ce qu’ils ressentent au plus profond de leur âme jurassienne : c’est l’accueil des autres.  Pas pour le fric ! Mais par nature ! Par simple Honnêteté humaine et terrienne ! Ce matin avant de m’envoler pour quelques jours, je me sens fière et heureuse de partager cette bonne nouvelle !

http://lqj.ch/region/le-jura-confirme-quil-pourrait-accueillir-les-deux-freres-ouighours

http://www.24heures.ch/canton-jura-pret-accueillir-ouigours-2010-02-02

http://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Regionale/2210Feu-vert-aux-Ou-gours-dans-le-Jura.html

http://www.laliberte.ch/?contenu=article&article=18967

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/7c45165a-1041-11df-9ff4-7...

 

10:27 Publié dans Spiritualités | Tags : ouigours | Lien permanent | Commentaires (4)

01/02/2010

NUL N'est PROPHETE

 

 

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Géricault, Le Radeau de la Méduse
©[louvre.edu]1999 - photo Erich Lessing

L’évangile d’aujourd’hui colle à notre l’actualité :

 

· Un prophète, c’est quoi ou c’est qui ? Une action prophétique, une communauté prophétique, c’est quoi ?

Selon Albert Nolan, mon ami théologien, un prophète est celui qui dénonce les injustices, dans son pays et par ses paroles annonce ce qui doit être fait pour éviter une catastrophe et promouvoir le bien commun.

Jésus a fait l’expérience des conséquences chez lui, dans son pays et dans son contexte religieux.

 

Est-ce différent chez nous ?

 

Claude Béglé a-t-il été traité un peu comme un prophète ? Il voyait l’avenir à partir de la réalité présente de la Poste, il proposait et ça n’a pas plu « à ce qui fonctionnait bien ».

 

Des uns sont évincés d’un poste de leadership à cause de leur vision et de leur franc parlé ; d’autres sont forcés à « s’en aller » ; d’autres sont neutralisés par de simples changements de poste ! Se plier ou être au chômage !

 

Dans les systèmes religieux, c’est pire, les prophètes sont tués d’une manière ou d’une autre, au nom des dogmes, des doctrines. Je peux en nommer, ils sont connus…jusqu’à l’oubli ! Pas notre oubli !

 

La masse des pauvres, victimes des structures économiques, est prophétique ! C’est une menace, un danger, comme le disait crûment le système d’apartheid « The surplus people ». Les gens de trop ! « Put them in the Kimberley hole !» (sic)

 

Aujourd’hui à la Radio Suisse Romande


http://info.rsr.ch/fr/rsr.html?programId=161348&bcIte...

A lire : Le Parfum d'Adam, Jean-Christophe Rufin, Flammarion 2007 et Folio

« Les Nouveaux Prédateurs, financés par un milliardaire, projettent d'éliminer les pauvres de la planète. Fiction visionnaire ou réalité? Le concept a ses théoriciens et ses militants qui constituent, selon le FBI, la deuxième source de terrorisme mondial. Quel est ce nouvel ordre écologique mondial que les militants les plus radicaux nous proposent? Abandonne-t-on, comme le pense Jean-Christophe Rufin, l'humanitaire au profit de l'écologie? »

Ma réflexion :Il me semble que les pauvres sont le signe prophétique, l’écriture sur le mur, que ni moi, ni nous, ni Davos, ni tous les experts en finance et en économie ne peuvent ignorer. Cela crève les yeux. Et « Je vous le dis, si mes disciples se taisent, les pierres crieront »Lc 19,40. C’est la Mission des prophètes d’annoncer les signes prophétiques.

C’est le simple devoir de tout un chacun qui tient à la Vie !

Ma conviction est que « Dieu fait homme » est vivant au cœur de la masse. Il a dit « Heureux les pauvres » ou comme le dit Chouraqui : « En marche les pauvres… ». C’est la dernière phrase de l’évangile de ce dimanche 31 janvier 2010 : «  Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin. »


  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,21-30 lu dans les églises ce 31 janvier 2010 :


Dans la synagogue de Nazareth, après la lecture du livre d'Isaïe, Jésus déclara : « Cette parole de l'Écriture que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »


Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !


Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.


En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »


A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.


Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR

 

12:50 Publié dans Spiritualités | Tags : prophète | Lien permanent | Commentaires (14)

25/01/2010

LE PAIN ET LE CAPITAL

 

PAIN ET CAPITAL
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Il faut des journées d’étude, d’écoute, de partage, de réflexion, de prière pour arriver à saisir un peu la valeur du pain. La constante préoccupation de Jésus fut le pain, jusqu’à dire : « Je suis le pain de VIE » (Jean 6 : 35) et « Je suis la Vie » (Jean 11.25)

http://pagesperso-orange.fr/erfauxerre/050529jesuislepaindevie.htm

L’antithèse du Capital !

Le mot Capital me fait penser à une montagne de sous, de billets, d’or. Un peu comme le veau d’or au Mont Sinaï, qui a mis Moïse en furie ! Aujourd’hui, cette accumulation de sous, de billets, d’or est soigneusement sécurisée dans d’immenses palais qu’on nomme des banques. Avant de partir pour l’Afrique en 1947, je n’avais jamais mis les pieds dans une banque. Dans les townships, ou dans la brousse zambienne, il n’y avait pas trace de banque. Les supérieures nommées pour l’économat, s’occupaient de nos besoins personnels et de ceux de la Mission. La population et les ouvriers/ouvrières des townships et/ou des Missions recevaient leur maigre salaire cash et inventaient toutes sortes d’astuces pour ne pas se le faire voler !  Pas d’accumulation possible !

 

Comme mes parents jurassiens qui gardaient le prix d’une vache bien réduit dans un tiroir d'un meuble à clé, le secrétaire.  Ils n’avaient pas de compte en banque. Rien à faire avec une banque jusqu’au jour où, le grand cœur de papa l’amena à signer une caution, une dizaine de millier de francs qu’il dut payer pour celui qui lui avait demandé sa signature. C’est la première fois que nos parents durent se rendre dans une banque pour emprunter l’argent à débourser pour celui qui avait été naïvement cautionné. Payer la dette et rembourser la banque prit une dizaine d’années. Là j’ai commencé à comprendre que l’argent peut être accumulé, usurpé, volé. Et que cela fait beaucoup souffrir.

C’est en Afrique du sud, dans les années soixante que j’ai pris conscience, grâce à mes étudiants, de la perversité des systèmes qui accumulent un immense Capital avec l’argent des ouvriers exploités, la plupart des Noirs. Le Capital était sécurisé dans des temples nommés Nedbank, Barclays Bank, Lisbon Bank, Standard Bank, et d’autres encore.

Enfin des exercices d’analyses socio économiques ardus, à l’école du soir,  nous firent comprendre, à ma consœur et à moi, que la pauvreté ne résulte pas de la paresse, que ce n’est ni accidentel, ni évitable, mais que c’est pensé, structuré, verrouillé par des architectes sans visage, en vue de la construction d’un pouvoir, en l’occurrence de la race blanche.

Mandela est venu. Le verrouillage, quasi immuable du système, aujourd’hui mondialisé fait que les banques dûment gonflées se fissurent de toutes parts, que ses fonctionnaires paniquent, que le chômage « accumule » les « sans travail » (Arbeitslos), donc les « sans pain ». « La vie de l’idole est la mort du pauvre » (E.D). Est-il possible que si l’idole s’effondre, les pauvres ressuscitent à une solidarité nouvelle ?

Et naturellement ceci m’amène à ce mystère de Jésus (mais est-ce un mystère ?) qui « rompit et partagea le Pain et dit : "Prenez et mangez !" Comme il avait sommé ses disciples à « partager eux-mêmes le pain à ceux qui avaient faim : les pauvres. »

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Révolte en Egypte lors de la hausse du prix du Pain!

22:44 Publié dans Spiritualités | Tags : capital | Lien permanent | Commentaires (13)

24/01/2010

24 janvier méditation

 

 

 

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Méditation

 

24 janvier 2010

 

Aujourd’hui, dans toutes les églises, le texte suivant sera lu et, peut-être, commenté. C’est Luc qui écrit à son ami Théophile, quel beau nom ! Saint Luc parle d’événements passés, déjà racontés par des témoins oculaires. Luc, pour son ami Théophile, s’y prend autrement : il s’informe soigneusement de tout, depuis le début, et assaie d’en faire « un exposé suivi ». Voici un extrait qui nous concerne directement :

 

Le jour du sabbat, Jésus, comme d’habitude,  se rend à la Synagogue de Nazareth, où il avait grandi, où il ést connu et aimé. Il se lève pour faire la lecture du jour : Il ouvre le livre du prophète Isaïe et trouve ce passage :


« L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction.

Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,

annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres,

aux aveugles qu'ils verront la lumière,

apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ».


Jésus referme le livre, le rend au servant, et s'assied. Assis, il n’avait pas l’intention de prêcher, le message était lumineux. Mais les gens connaissaient bien sa compassion pour eux, pour ses voisins, pour tous sans exception ! Jésus n’est qu’un simple charpentier, mais son comportement, son regard,  réconfortent les gens qu’il rencontre en chemin !

Beaucoup, beaucoup sont pauvres, prisonniers, aveugles, dans leur pays sous domination romaine. Mais Jésus est ici, et on attend quelque chose de Lui, « qui est des nôtres ». L’attente, le désir d’un mot d’encouragement brûlent dans le regard des pauvres. Tous.

 

Alors Jésus n’y tient plus : il se met à leur dire :

« Cette parole de l'Écriture, (Isaïe) que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »

 

L’orthodoxie devient orthopraxis ! Enfin ! Plus de mots répétés, mais des paroles vérifiées « qui prennent VIE » comme le pain qui donne VIE à la messe, dans la pratique et c’est la pratique qui justifie ces mots,  la messe et les célébrations!

 

La pratique ? elle ne peut pas être plus claire :

annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres

aux aveugles qu'ils verront la lumière

apporter aux opprimés la libération

 

Aujourd’hui comme au temps de Jésus, ces paroles prennent un sens dans l’accomplissement, dans le concret de la réalité vécue :

la domination des autorités romaines et religieuses,

les lois et les enseignements qui aveuglent les gens

les systèmes d’exploitation et d’oppression

 

Jésus, seul, aujourd’hui comme en son temps, apporte, et accomplit :

La libération

La lumière

La justice

 

Il en meurt et je commence à saisir l’inimaginable force de sa  résurrection, de son Esprit aujourd’hui : Non « la mort ne peut avoir le dernier mot » (H.V.)

Il y a bien des manières d’accomplir le message d’Isaïe. Il s’accomplit de bien des manières. Je voudrais essayer de les découvrir, de les accomplir, oui,  autour de moi, et au-delà, jusqu’au bout du monde

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,1-4.4,14-21. http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR

10:45 Publié dans Spiritualités | Tags : synagogue | Lien permanent | Commentaires (2)

22/01/2010

PAIN DE VIE QUOTIDIEN


2. Le pain Eucharistique

Les hommes           le Pain             la nature

 

Le lien entre ces trois éléments, c’est le TRAVAIL !

La nature s’offre à l’homme faiseur de Pain !

Ce pain est détruit, mangé, consommé afin de donner la Vie à la Vie ! Je cite Enrique Dussel : « Sans terre et sans travail, il n’y a pas de pain. Sans pain il n’y a pas d’Eucharistie (messe).

 

Mais, qu’est-ce que le « pain » ? Ce pain est une création humaine, il continue la création…ce pain est le fruit de ce qui est plus digne que le pain lui-même : c’est le travail. « Les gens du temple comme les gens hors du temple travaillent. »

 

Sans travail, sans pain, il n’y a pas de sacrifice ni d’Eucharistie. On fait du pain parce qu’on a besoin de manger. On mange parce qu’on a faim. Manger, c’est donc dire Non à la famine et à la mort, c’est donner la Vie à la Vie. Jésus a dit « Je suis le Pain de Vie » (Jn 6,35).

 

Le royaume accompli

Le pain qui nourrit, avant d’être produit par le travail des hommes, est un don gratuit de Dieu pré économique, c’est la manne dans le désert, c’est le Royaume représenté par l’expérience de la nourriture, du rassasiement, de la satisfaction.

(http://saintebible.com/exodus/16-4.htm)

 

Et encore selon Enrique Dussel : Jésus dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps » (Mt 26,26), C’est détruire le pain, le mettre en miettes, le nier pour réaliser la Vie. La mort du pain est la Vie de la Vie. Le pain est comme une mort de l’homme dans son travail. « Mystérieuse et sacrée dialectique de mort-vie, de destruction-résurrection ! Il est certain que la Vie est la cause originaire du Pain. « Pain de Vie » qui nourrit et qui meurt en donnant la vie. »

 

Mais la réflexion va plus loin, et le texte biblique ne dit pas : « Le Pain est la Vie de l’homme, mais « du pauvre ». Hommes, nous le sommes tous. Les « pauvres », ce sont quelques-uns !

 

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Regard de Haïti.

Pour moi, aujourd’hui, quasiment hantée par l’actualité, proche et/ou lointaine, celle d’Haïti aujourd’hui, je me pose la question économique du Pain, comme Bartolomé de Las Casas qui se convertit dans cette même région de Haïti et de la république dominicaine en son temps. Les exploités, l’ont amené à se confronter à « la question économique du pain ». Il lui fut impossible de « célébrer l’Eucharistie » avant qu’il n’ait libéré tous ses esclaves, et en prenant le chemin ardu de lutter pour la justice !

En ce moment comment ne pas être hanté par le calvaire de Haïti ? Que signifient la Vie, le Pain, l’Eucharistie à Port au Prince ce soir ? Tragiquement l'archevêque de Port-au-Prince, Mgr Serge Miot, est décédé, son corps a été retrouvé sous les décombres de l'archevêché.

La Cathédrale, le Palais national, l’ONU, c’est un tas de ruine. Oui, c’est le résultat d’une catastrophe naturelle, il n’en reste pas moins que la majorité des haïtiens est affamée depuis des décennies, à l’ombre de ces prestigieux édifices aujourd’hui écroulés ! La majorité haïtienne a faim et soif du pain de la justice depuis des siècles. Sans ce pain de Vie quotidien, comment dire des messes ?

Je me permets d’ajouter l’excellente interview de P. Gilles Danroc, dominicain à l’adresse suivante :

 

http://www.la-croix.com/-Les-Haitiens-unissent-leur-force-a-celle-de-Dieu-/article/2410603/55352

 

Et j’ajoute sa réponse à la dernière question :

 

Comment, dans les prochaines semaines, les Haïtiens vont-ils relire ces événements ?

 

Trois symboles se sont écroulés. Le Palais national, l’ONU, et la cathédrale. Dans la mentalité haïtienne, lorsqu’ils feront une relecture de leur malheur, cela signifie que Dieu n’a pas protégé ces trois lieux, qu’il est en colère contre le pouvoir politique, les étrangers, et l’Église catholique. Une fois l’urgence passée, les Églises organisées auront un rôle important à jouer pour que soit enfin mise en place une politique cohérente de solidarité qui soit fondée sur l’écoute de ce que les pauvres ont à dire et non sur nos modèles, et apporter de la cohésion au sein de la société.

 

« Qu’il est précieux, le PAIN de VIE au quotidien ! »

 

 

23:30 Publié dans Spiritualités | Tags : haïti | Lien permanent | Commentaires (10)

20/01/2010

INFRAROUGE HAITI

 

INFRAROUGE HAÏITI

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Le Christ haïtien
Le grand peintre haïtien TIGA (en bas de page)

« Qu’as-tu fait ? Écoute le sang de ton frère crier du sol vers moi » (Gn 4, 10).

Hier soir, j’ai regardé Infrarouge ( http://infrarouge.tsr.ch/) Esther Mamarbachi, l’animatrice n’avait pas la tâche facile à cause du nombre d’intervenants.

·       J’aimerais mentionner deux points qui m’ont impressionnée : c’est le fait que les premiers secours furent donnés aux blessés, aux mourants le furent par les Haïtiens eux-mêmes, qu’ils fussent membres d’une ONG ou non. Un humain qui voit un autre humain souffrir ou en danger ou mort, ne reste pas indifférent ! Est-ce que les médias ont rapporté cette solidarité haïtienne qui continue, qui n'est pas nouvelle et qui continue ? Non, une des premières choses, dès le premier soir, rapportée au télé journal tsr de 19h30 fut les émeutes et pillages, les machettes, la violence. La question qui vaut la peine d’être posée : est-ce que la Télé s’est efforcée de filmer ces actes de solidarité fraternels ? La Liberté, 24 Heures, l’ont-ils rapporté ? Ce qui fut rapporté et qu’il ne fallait pas manquer de voir, car c’était programmé dans le « show », c’est Bill Clinton offrant une assiette de nourriture à un affamé ! (Jésus aurait dit, « Ne le dis à personne, mais rend gloire à Dieu !) Il, Clinton, s’employa à la distribution de nourriture durant combien d’heures ? Le geste en soi est digne, mais dans ce contexte-là, n’est-il pas un peu artificiel ?

· Ely Thélot parle à partir du ressenti haïtien en Suisse. Il est soulagé que sa famille s’en est sortie et que ça va bien dans ce contexte d’une terre dévastée. La réalité lui arrive par les médias. « Et, dit-il, c’est un peu chargé ! Et ça fait mal, nous nous sentons impuissants. » On pouvait se demander pourquoi les horribles images sont répétées, comme du « sur place » durant de longues minutes dans une même émission.  Un autre intervenant, Philippe Desmangles, chirurgien orthopédiste en directe de Port au Prince, s’insurge avec raison, sur l’étalage de la misère d’Haïti sur les écrans des TV étrangères. « Y a-t-il eu des reportages du style de vie des fonctionnaires des ONGs travaillant à Haïti ? Pourquoi est-ce qu’on montre toujours la misère du pays, nous sommes pauvres, c’est vrai, nous sommes malheureux, c’est vrai, mais pourquoi le répéter sans cesse ? » Le conseil d’un Haïtien, Jean Wilder Derosier : « Pourquoi l’argent récolté ne peut-il pas être géré par des Haïtiens eux-mêmes ? Pourquoi le confier à des fonctionnaires étrangers qui aideront quelques temps et vivront, comme par le passé, des styles de vie bourgeoise ? » Et j’ajouterais, car je l’ai vu personnellement en Afrique australe, ce fossé existant entre les fonctionnaires, religieux, missionnaires, églises y compris, et la population dépouillée de tout, est un scandale pour ceux qui sont l’objet de « notre compassion financière.» La reconstruction et le développement doivent-ils nécessairement  construire une société de classes, de riches et de pauvres ? Ceux qui regardent d’en haut vers le bas et ceux qui regardent du bas vers le haut ? Et qu’une haïtienne de Suisse a taxé de « morts vivants » en osant s’imaginer que les morts à Haïti seraient ainsi, des  « sacrifiés » par le sort ou par la catastrophe naturelle, afin que « les autres puissent continuer à vivre ? »

 

« Au cœur de la nuit: silence sur Haïti, les morts sont avec nous (cm) »

« Tiga c’est la vie, il a donné vie à tous ceux qui l’ont accompagné, aux malades mentaux, aux handicapés, aux groupes les plus défavorisés et à tout le peuple haïtien »M. Pérodin

TIGA est décédé en 2006

 

Sur un des bouts d'une île de la Caraïbe dominée par la folie et le chaos, existe un artiste philosophe. Son rêve: faire que tous les habitants de cette terre trouvent le Créateur caché en eux et atteignent la liberté. Pour cela, il a pris à bras-le-corps la folie du pays. Il en assume les délires. Tiga l'un des plus grands peintres d'Haïti et des Caraïbes, se veut un artiste total. Son nom et sa vie sont intimement liés à toute l'histoire contemporaine de l'Art haïtien.

http://www.dailymotion.com/video/x31m0n_tiga-haiti-extrait


 

23:05 Publié dans Spiritualités | Tags : tiga | Lien permanent | Commentaires (5)

19/01/2010

Sueur de ton front

 

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1. Le pain Eucharistique

 

Le pain est Vie

Le pain est vie des pauvres

Le pain de la célébration, de la fête,  est vraiment du Pain

 

La nature, les hommes, le travail, le pain forme un TOUT organiquement UN

 

Le besoin de Pain pour assouvir la faim et survivre

 

Hommes

Nature

Travail

PAIN

VIE

 

Le pain est détruit, la vie continue

 

Dieu a créé le monde, la terre

Les fruits de la terre

Le travail des hommes

Le pain

et la vie sont organiquement liés

 

Ce qui lie la terre, les fruits, le travail, le pain et la VIE

Est la lutte à « la sueur de nos fronts »

 

La sueur de nos fronts, c’est concret.

  • La lutte des classes ouvrières confrontées aux systèmes d’exploitation, de domination, pour le droit au travail, aux fruits du travail, au salaire, au PAIN, à la VIE.

  • La lutte des chômeurs, des « Paysans sans terre », des paysans forcés de vendre le lait des vaches à 55 centimes le litre !

  • La lutte des pères de famille qui voient leurs enfants marginalisés parce qu’ils n’ont pas l’apparence des nantis.

     

La lutte fondamentale, à la base, là où les racines humaines, dans l'humus de la Terre, sont prégnantes de la sève qui construit la famille de Dieu : le royaume.

Au cœur de cette lutte, on dit merci au Créateur, dire MERCI pour le Pain du labeur et des labours: c'est la foi des « petites gens », des pauvres: c’est l’Eucharistie : Jésus au milieu de nous qui a parfaitement incarné cette lutte « à la sueur de son front » et qui l’incarne avec nous aujourd’hui. Sur les chantiers du monde, sur le calvaire de Haïti, dans les gémissements de la mort et de l'enfantement d'une VIE en PLENITUDE, MALGRE TOUT!

Quelle audace, quel défi!

 

 

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Haïti: pour le Pain de VIE

Jésus a tant désiré que nous ayons la VIE et que nous l’ayons pleinement ! On ne peut pas faire « comme si ».

Les messes, sans cette profonde conscience de la lutte des plus pauvres, c’est quoi ?

 

 

10:42 Publié dans Spiritualités | Tags : haïti | Lien permanent | Commentaires (4)

14/01/2010

CONVERSION DE LAS CASAS

 

Je m’excuse de la longueur de cette note. Pour me faire pardonner, je vous avoue que réfléchir sur la conversion est ardu. On doit constamment remettre son propre ego en question. Dans plusieurs pays de l’Afrique australe où j’étais supposé enseigner, éduquer, convertir les « ignorants des valeurs occidentales chrétiennes », ce sont eux, ces « ignorants », qui m’ont convertie aux valeurs de l’Evangile.

Conversion de Las Casas

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Bartholomé de Las Casas, fils de noble, conquistadores, prêtre et propriétaire de terres volées et d’esclaves en pays envahi pouvait-il en tant que simple être humain, se sentir bien dans sa peau ? Etait-il assez systématisé et tordu pour s’aimer lui-même tel quel ? Aveugle, sourd, muet ?

La cour royale d’Espagne, ni les palais des papes, ne sont propices à la conversion. Ni même les universités, les noviciats, les séminaires ! Quels chemins alors mènent à la conversion ? Ceux de Damas comme pour Paul ? Rarement. Il me semblerait  que c’est une lente prise de conscience du sens de la vie. Et puisque nous sommes dans un monde effroyablement systématisé, c’est leur fonctionnement qui nous défie en tant qu’êtres humains ! Car, souvent, les systèmes déshumanisent les hommes, leur ôtent leur dignité propre, créent les pauvres et font souffrir les faibles. Jésus s’est trouvé face aux Institutions et systèmes politico-religieux de son pays natal et aux conséquences de leur fonctionnement, notamment :  l’injustice !

Jésus a été tenté d’employer les grands moyens pour changer les choses (Lc 4,1-13), par exemple :

  • "Ordonne à ces pierres de devenir des pains!", ... ce serait le messianisme de l'abondance.

  • "Tu auras la gloire de tous les royaumes!", ... ce serait un messianisme de puissance.

  • "Jette-toi en bas, les Anges te sauveront!", ... ce serait un messianisme de prestige.

http://pagesperso-orange.fr/j.leveque-ocd/lu040113.htm

 

  • Mais le Créateur avait mis au cœur de tout homme le désir et le besoin de partage,

  • de relations libres entre tous

  • de dignité de soi et des autres.

Une famille humaine.

Bartolomé de la Casas fut tenté, la tentation de se taire, de prier tout en restant en retrait, mais l’Esprit du Christ lui permis de lutter contre la tentation comme nous le disons lorsque nous prions le « Notre Père » !

Conversion

En 1514, à 40 ans, Bartolomé change brusquement sa manière de penser et son mode de vie. Il a raconte comment cela s'est passé :

"Un jour, je préparais mon sermon pour la fête de la Pentecôte, et je lisais la Bible. Je suis tombé sur ce passage : "L'offrande de ceux qui commettent l'injustice n'est pas agréable au Seigneur. Celui qui offre à Dieu ce qu'il a volé aux pauvres, c'est comme s'il sacrifiait un enfant sous les yeux de son père." Alors j'ai compris que le père Montesinos avait raison. Voler aux Indiens leurs terres, réduire ces gens en esclavage, c'était une grande injustice. Il ne servait à rien de faire des prières, de se confesser, d'aller à la messe et de communier, si l'on continuait à vivre dans ce grand péché d'injustice.

 

J'ai continué à réfléchir, pendant des jours et des semaines. Finalement, j'ai décidé d'annoncer à tout le monde que je rendais mes terres aux Indiens et la liberté à mes esclaves. Je l'ai annoncé au cours du sermon prononcé à l'occasion de la grande fête du 15 août. Et j'ai dit à ceux qui m'écoutaient qu'ils devraient m'imiter s'ils voulaient vivre en chrétiens. Ce fut un beau scandale. On aurait dit que je leur demandais de rendre la liberté à leurs animaux domestiques." http://yclady.free.fr/lascasas.html

À ce sujet, nous pouvons citer Enrique Dussel qui, parlant de la conscience de l’injustice qu’avait Bartolomé de Las Casas, dit : « Quand arriva Diego Velázquez à la ville d’Espiritu Santo, comme “il n’y avait dans toute l’île ni clerc ni frère”, il demanda à Bartolomé de célébrer l’eucharistie et de leur prêcher l’évangile. C’est pourquoi Bartolomé se décida “à quitter sa maison qu’il avait sur le fleuve Arimao” et “commença à méditer en lui-même sur quelques autorités de la Sainte Écriture”. Il est important le texte biblique qui servit de point d’appui à la conversion prophétique du grand lutteur du XVIème siècle : “L’autorité principale et première fut l’Ecclésiastique, chapitre 34 : ‘Les sacrifices de biens injustement acquis sont impurs, les offrandes des impies ne sont pas acceptées. Le Très Haut n’accepte pas les offrandes des impies ni ne leur pardonne le péché malgré leurs nombreux sacrifices. C’est sacrifier le fils en présence du père que de voler les pauvres pour offrir un sacrifice. Le pain est la vie du pauvre, celui qui le lui dérobe est homicide. Il tue son prochain celui qui lui prend son salaire, celui qui ne paie pas un juste salaire répand le sang du prochain’ ” ». Dussel continue : « Bartolomé, dis-je, commença à considérer la misère et la servitude que subissaient ces gens (les Indiens). Appliquant l’un (le texte biblique) à l’autre (la réalité économique caribéenne), il jugea en lui-même – convaincu que ce rapprochement énonçait la même vérité – qu’était injuste et tyrannique tout ce qui se commettait en Inde au sujet des Indiens. »

Bartolomé ne put célébrer sa messe, son culte eucharistique. D’abord il libéra ses Indiens (« il décida de tous les laisser libres ») et il commença son action prophétique, d’abord à Cuba, après à Saint-Domingue, puis en Espagne et après dans tous les royaumes des Indes, « laissant tous ses auditeurs étonnés et même effrayés de ce qu’il leur avait dit ».

Des hommes d’un même groupe, autour du même prêtre, peuvent offrir des pains semblables. Pourtant, l’un rendra son culte à l’idole et, en mangeant le pain, « il mangera sa propre perdition », tandis qu’un autre communiera à la vie de l’Agneau immolé. Quel est le critère qui permet de discerner la droiture de celui qui fait l’offrande ?

La conclusion est claire. Dieu ne peut recevoir le pain volé au pauvre, le pain de l’injustice, aussi bien personnelle que structurelle. »

Source : http://www.alterinfos.org/spip.php?article3039, AlterInfos - 1. Janvier 2009

 

22:49 Publié dans Spiritualités | Tags : conversion | Lien permanent | Commentaires (4)

13/01/2010

HAITI

 

J’interromps pour aujourd’hui ma réflexion sur Bartolomé de Las Casas en raison de l’actualité de ce jour. cm

 

« En raison de notre commune humanité »

 

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·       La souffrance des "restaveks" (du créole)

 

Vers 16h00, j’écoute les paroles de Barack Obama au peuple haïtien frappé encore une fois par le sort ! Dans son message de 4 minutes environ, il a résumé l’engagement des USA pour soulager, unis à tous les pays, la  misère des gens  « en raison de notre commune humanité ».

Ma prière du soir silencieuse, sous le regard de Jésus, je l’ai faite « en raison de notre commune humanité ».

J’ai écouté l’ami Charles Ridoré au télé journal de 19h30, et la réalité de ses compatriotes – à lui et à sa femme – se lisait dans ses rides. Un peu de stoïcisme aussi dans l’intolérable douleur. On a beau crier « pourquoi ! ». Pas de réponse. Le silence ! Osons-nous prier face à la douleur humaine de gens innocents et pauvres parmi les plus pauvres : « La mort n’aura pas le dernier mot ? »

 

·       Inclue dans ma prière de ce soir aussi - « en raison de notre commune humanité » - une autre "restavek", c’est Susanna Maiolo et voici ce qu’annonce Radio Vatican aujourd’hui :La-femme-qui-a-agresse-le-pape-ne-voulait-pas-lui-faire-de-mal_img_125_94.jpg

« À l’issue de l’audience générale, Benoît XVI a brièvement rencontré Susanna Maiolo, la jeune femme suisse italienne qui avait escaladé les barrières et l’avait entraîné dans sa chute le 24 décembre dans la basilique Saint-Pierre, au début de la célébration de la nuit de Noël. La rencontre a eu lieu dans un petit salon attenant à la salle Paul VI. Dans un communiqué, le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, a indiqué que Susanna Maiolo avait exprimé ses regrets au Pape ; le Saint-Père, de son côté, lui a fait part de son pardon, il s’est cordialement renseigné sur son état de santé. La jeune femme était accompagnée de deux membres de sa famille. En ce qui concerne l’instruction ouverte par la magistrature de l’État de la Cité du Vatican, la procédure se poursuivra comme prévu. »

http://www.oecumene.radiovaticana.org/fr1/Articolo.asp?c=348932

Ma réflexion:

Après avoir été traitée dans un hôpital psychiatrique, Benoît XVI la reçoit aujourd’hui même, pour quelques minutes, pour lui dire qu’il lui a pardonné.

Voir ma note dans Katutura du 20.12.2009 à l’adresse :

http://clairemarie.blog.24heures.ch/archive/2009/12/29/aucun-rapport.html

Et encore une fois je suis convaincue qu’il n’y a aucun rapport entre l’incident à la Basilique vaticane et Jésus ! Ni entre « l’instruction ouverte par la magistrature de l’État de la Cité du Vatican, et la procédure qui se poursuivra comme prévu » et l’amour privilégié et la compassion que Jésus avait pour les femmes de son temps, y compris et surtout, celles qu’on disait être déséquilibrées.

Dans ma prière ce soir, je souhaite que la jeune suisse italienne "restavek", parvienne un jour à pardonner, elle, à cette Institution et à ses chefs, en son nom et au nom de toutes les femmes.

« En raison de notre commune humanité »

 

21:41 Publié dans Spiritualités | Tags : restavek | Lien permanent | Commentaires (9)

Bartolomé de Las Casas

 

Bartolomé de las Casas


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« Il est resserré, le chemin qui conduit à la vie » Mt 7. 6,12-14 .

Pour Bartolomé de Las Casas, j’imagine un processus agonisant, une succession de prises de conscience et de tentations, de « retour en arrière ». Ce serait tellement plus facile d'aller avec le courant... tout en faisant parfois des gestes pour apaiser sa conscience! Nous avons connu ça. Pour Bartolomé, il y avait la pression, le regard de l’entourage, et ce respect envers les autorités religieuses surtout ! Et la menace du péché de désobéissance envers l'autorité religieuse qui vient de Dieu!

Dès son enfance l’aura des autorités monarchiques  et ecclésiastes a dû le tourmenter, jusqu’à ce qu’il admette le fait que ces « trônes et dominations » étaient en fait, une trahison de l'Évangile ! Quand même! La voix prophétique de Montesimos lui paraissait d’abord exagérer. C’est vrai que les Conquistadores devaient mieux traiter les Indiens tout en faisant de bonnes affaires sur la terre qu’ils avaient découverte et qui était la leur, de Droit, selon le pape !  Et puis il y avait les paroles et les « bulles » (documents pontificaux qui approuvaient les agissements des colons catholiques) des papes ! Par exemple, moins d’une année après la découverte de Christophe Colomb, le 4 mai 1493, le pape Alexandre VI Borgia signe la bulle «Inter Caetera» qui partage les terres à découvrir entre l'Espagne et le Portugal. Grâce à cette bulle, les Portugais ont pu s'approprier le Brésil. «Inter Cetera» décrète aussi que  « Toutes Nations découvertes» soient converties à la foi catholique ». Selon ce décret colonial, toutes les terres non occupées par des chrétiens sont considérées inoccupées. Les Autochtones ne sont pas considérés comme étant des êtres humains… »

Puis cet extrait de la Bulle du Pape Nicolas V, Dum Diversis, juin 1452, et de Romanus Pontifex de 1455

http://www.reformation.org/bull-romanus-pontifex.html

"Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphonse, entre autres choses, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (c-a-d les Nègres), païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient, avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle (...) de s’attribuer et faire servir à usage et utilité ces dits royaumes, duchés, contrés, principautés, propriétés, possessions et biens de ces infidèles sarrasins (nègres) et païens (...) »

Consulter à ce sujet, l’excellent site de Sœur Joan Chittister à l’adresse suivante : http://ncronline.org/blogs/where-i-stand/past-very-living-thing-try-not-forget-it (24 avril 2009)

Et ici je dois dévier de Las Casas pour jeter un regard sur l’approche des autorités catholiques actuelles au sujet de ces crimes. Car comme le commente Sœur Joan, de telles déclarations marquent l’Histoire dans sa mouvance jusqu’à nos jours ! Selon moi, Joan a raison et même si Jean-Paul II - à l'occasion d'une assemblée de la Celam en 1992 - a demandé pardon aux peuples amérindiens pour le rôle joué par les chrétiens européens dans la conquête des Amériques, le retour de manivelle ne s’est pas fait attendre car Benoît XVI, le 13 mai 2007, a en effet affirmé que "l'annonce de Jésus et de son Évangile n'a comporté à aucun moment une aliénation des cultures précolombiennes et n'a pas imposé une culture étrangère". Devant la Conférence des évêques d'Amérique Latine (Celam) à Aparecida, au Brésil. Ces affronts à la vérité ne sont pas anodins !

Mais revenons à une grave erreur de Las Casas sur le chemin de sa conversion. Il ne pouvait supporter les souffrances des Indiens qui avaient touché son cœur, et, dans ses efforts pour assouvir leur sort, il finit par proposer comme alternatif à l’asservissement des amérindiens l’esclavage des nègres, « car ces derniers étaient considérés comme inférieurs aux amérindiens. » Le travail d’esclaves étant indispensable à la rentabilité de la terre volée! Las Casas regretta amèrement son erreur ! « Il a longtemps tardé à revendiquer l'abolition de l'esclavage des Noirs, lui qui s'est engagé avec vigueur en faveur de celle des Indiens ». ( Esprit et Vie Harmattan 2003)

Chacun de nous peut comprendre, chacun de nous, à travers nos propres lâchetés et trahisons, la dose d'humilité qu'il a fallu à Bartolomé de Las Casas, l’humilité, et oui, la grâce de Dieu, pour avancer sur le chemin de la conversion. La foi en sa dignité d’homme !

Mais nous avançons sur ce chemin rocailleux et serons bientôt à la veille la Pentecôte 1514.

 

10:49 Publié dans Spiritualités | Tags : esclaves | Lien permanent | Commentaires (2)