28/05/2014

Le Dieu de Jésus

 

Il y a quelques jours dans mon blog, j’écrivais quelques lignes sur le film « Moïse » et le Dieu de Moïse comme  il est montré dans le film et dans l’Exode. L'Exode empreint d'une interprétation nationale et religieuse est rédigé du point de vue des vainqueurs. Il évoque la servitude des hébreux (Ex 1), le récit de la vocation de Moïse (Ex 2-4), et se poursuit par la sortie d'Egypte (Ex 5-18) pour se clore à la révélation du Sinaï et la conclusion de l'Alliance (Ex 19-24).

 Maintenant :Le Dieu de Jésus,  Abba, père, dans le sens « géniteur d’Amour » dont nous sommes issus et que nous voudrions communiquer... c'est Sa Bonne Nouvelle c’est-à-dire Jésus de Nazareth.» Abba : le Père, le sien et le nôtre quatre mille ans après l’expérience de Moïse, des Hébreux, des Égyptiens. Dans le synagogue, les Docteurs de la loi enseignaient de Dieu-là, ils l’enseignaient du haut de leur tribune  et le petit peuple restaient pauvres, exploités dominés. Un Exode inachevé …

 Jusqu’à la naissance de Jésus et la prise de conscience de sa Mission qu’il mit en route dès qu’il eut la trentaine.  Parmi ses premier amis, Philippe qui demande : « Montre-nous le Père ». Jésus s’impatiente : Oh ! Philippe, quelle question ! Il y a si longtemps qu’on travaille ensemble… et tu ne réalises pas que le Père et moi, c’est UN ?

 …  Philippe et les autres avaient beaucoup à apprendre,  ils étaient marqués par le « Dieu Puissant » enseigné par les Rabbis et les Docteurs de la loi... à la Synagogue.

 Un peu comme nous sommes engourdis par certains théologiens dogmatiques nous empêchant de voir le « le Dieu de Jésus dans la dynamique de notre vie quotidienne. »

 Ce n’est pas facile de dire comme l’apôtre Paul : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. » Quelle audace !

 Paul l’affirme, et pourquoi pas nous ? Comment croire Jésus, comment croire Paul ? Pourquoi manquons-nous de foi en nous-mêmes ? Notre style de vie, nos actions révèlent le Dieu de Jésus aujourd’hui à notre insu souvent. Que nous allions à l’église ou pas, que nous portions un voile, une calotte, une soutane ou une jupe ou simplement un tablier de service ou pas…

 Jésus n’avait pas de signe distinctif et Luc rapporte ses paroles quand on lui demande sur ses références et ses qualifications qui lui permettent d’aimer les petits et les pauvres !  Jésus :  Allez donc voir «  Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres… Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute! »

 Les Prêtres et les Docteurs de la Loi étaient-ils satisfaits par cette réponse ?

 Jésus avait été élevé par ses parents dans la tradition juive dans un pays occupé par les Romains : les autorités religieuses autant que les autorités romaines étaient riches et puissantes ; les grands prêtres, les descendants d’Hérode étaient des « anciens, des nobles, des riches propriétaires terriens » et avaient adopté le style de vie des occupants, des dominateurs : les romains étaient « craints et appréciés » par les Prêtres qui profitaient de l’injustice écrasant le « petit peuple ». Ils se soumettait à César haï afin de garder leurs privilèges. Ils se référaient à certaines déclarations du Dieu de Moïse, à leur avantage itou.

 Jésus, né et élevé dans ce contexte-là prend peu à peu conscience de la réalité et je ne peux m’empêcher de croire que sa famille : Joseph, Marie, ses frères et sœurs y sont pour quelque chose ! Jésus, un peu comme le Moïse dont les Écritures parlaient, sentit grandir en lui sa Mission, mais pas à la manière de Moïse… Il sentait qu’il devrait mettre sens dessus dessous le système de domination romaine et religieuse… comme des millions de gens le voient aujourd’hui, ne serait-ce que pour survivre.

 Mais le Dieu de Jésus, le mien et le nôtre j’espère, reste discrèt comme quelqu’un qui nous fait confiance :

 « Il entreprit un révolution (A.N.) pas dans le sens d’une révolution politique, mais il s’girait d’abord mais d’une révolution sociale « qui exige une conversion spirituelle profonde afin de renverser les relations sociales au sein de sa société. » (Suivre Jésus aujourd’hui, page 76, Cerf 2009).

26/05/2014

Les dix commandements

 

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le film

Les dix commandements sur tsr 2 le 21 mai 2014,  film comme un miroir anticipé notre réalité mondiale en 2014. Il s’est agis des opprimés en Égypte, de Moïse,  des aventures de l’Exode,  des 10 commandemnts de Yahweh pour une vie réussie, il s’est de la trahison par la hantise de la force brutale que donne l’accumulation de l’or érigé en veau : un idole.

 La Banque mondiale, le Fond monétaire international teintés de « civilisation vaguement christianisée » : l’actualité confrontée par d’innombrable hommes et femmes de bonne volonté.

 Le Dieu de Moïse « connu » selon la mentalité de l’époque  a vu la misère de son peuple, il veut le libérer, il leur donne un libérateur, et la « fin justifie les moyens » : les plaies d’Égypte, les confrontations ensorcelées avec l’autorité, les premiers tués sans pitié, puis les Égyptiens ensevelis dans la Mer… tant pis pour eux, tant mieux mieux pour les autres…  mais lorsque Moïse s’attarde avec son Dieu dans un tête à tête sur la montagne, les ex-faiseurs de briques  du Pharaon s’impatientent demandent à Aaron :  « Allons! fais-nous un dieu qui marche devant nous » » On dit à Dieu ce qu’il devra faire ! Aaron s’exécute et le Capital surgit sous la forme d’un veau d’or qui réclame aussitôt autel et sacrifices !  « Grosser Gott, Tout –puissant, exterminateur, vengeur, juge, punisseur…  » Les serviteurs du veau d’or, le pire des pharaons, deviennent ses esclaves. Le virus du capitalisme est, dès lors, tenace, pire, c’est contagieux et menacerait aujourd’hui-même notre planète et notre espèce humaine.

  Le Dieu de Jésus : c’est le Dieu qui devient homme : « Menschwerdung Gottes » en chacun de nous à longueur de vie. Une foi d’autant plus audacieuse qu’elle va de soi et nous est révélée chaque jour dans la nature et avant tout dans le langage et la vie des petits et des pauvres – et cela ne va pas de soi !

 Jésus : l’homme accompli qui révèle le Dieu amour parce qu’il en a fait l’expérience comme vous et moi le faisons de manières fort diverses.

 

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Fr. Maximilian

« L’expérience de Dieu comme Abba est à la source de la sagesse de Jésus, de sa clarté, de sa confiance et de sa liberté radicale. Sans cela, il est impossible de comprendre pourquoi et comment il a fait ce qu’il a fait.  C’est parce que nous n’avons pas encore fait l’expérience de Dieu comme Abba que nous trouvons difficile de prendre Jésus au sérieux et de vivre comme il a vécu. » (Albert Nolan in « Suivre Jésus aujourd’hui » une spiritualité de la liberté radicale, édition du Cerf, Juillet 2009 et « Jésus avant le christianisme » l’évangile de la libération, édition du Cerf 1995).

 C’est comme si le Dieu de Jésus voulait redresser, purifier l’image opaque du Dieu de Moïse et des Hébreux durant l’Exode. Le Dieu de Jésus,  Abba, père, dans le sens « géniteur d’Amour » dont nous sommes issus et que nous voudrions communiquer... C'est Sa Bonne Nouvelle!

 

20/05/2014

Dénouer les noeuds

 

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La pensée occidentale est structurée selon le modèle pyramidale, c’est-à-dire verticale.  Bien que pas exclusivement, mais cela se voit clairement dans nos médias : la presse, la radio, et davantage encore à la télévision :

 Par exemple, la réalité paysanne : les laboureurs et les experts :

 Chez nous, l’avenir des paysans modestes est menacé par l’économie de rendement forcé. La surface d’une ferme doit produire « toujours davantage », les vaches laitières doivent donner tant de litres de lait au prix dérisoirement bas, la race chevaline doit être améliorée à tout prix.  Les agriculteurs ne peuvent plus jouir du travail de leur mains qui labourent la terre comme une mère providence et qui permet le pain partagé et la vie de la Nation.

 Les laboureurs ont rarement la parole, car les médias, ainsi structurés en pyramide écouteront de préférence des « experts agronomes » riches en théorie mais nuls en expérience du terrain. Les terriens n’auront qu’un temps restreint de parole : leur vocabulaire simple et clair, leurs phrases courtes, hésitantes ou directes, sans nuances et dures, expriment le vécu latérale que les médias peinent à suivre, peinent à transmettre et préférence est donnée aux formulations abstraites plutôt qu’aux réalités concrètes. Cela crée la frustration chez les « grassroot people » à la pensée horizontalement structurée… et les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs flottent dans un flou qui n’inquiète pas trop et empêche la pensée solidaire qui naît du nœud qui se défait…

 

index.jpgCe nœud est là, à la croisée du latérale et de verticale. À la croisée de l’horizon et de la pyramide.

 Que faire de ce nœud ? Cela dépend de la nature du nœud. L’exemple du monde paysan est sorti du bout de ma plume car terre est mon origine et que notre famille paysanne, comme beaucoup d’autres, se sent étranglée, nouée par les exigences du « farm marketing ».

 Le nœud persiste seulement lorsque les « ficelles » globalisées restent fixées sur elles-mêmes… chaque bout de « ficelle » replié sur son ego, son intérêt particulier.

 Pourtant si la ficelle prend conscience qu’elle est liée à d’autres bouts de ficelle : le nœud se déssère, la relation émerge, permet le souffle créateur parce que relationnel, et la rencontre est une graine de libération : l’écrivain, le journaliste, le paysan sortent tous de la terre-mère et y retournent ensemble pour le meilleur… solidaires.

 Entre temps, le paysan est aussi journaliste et le journaliste est est aussi paysan. Le bien commun est le premier bénéficiaire de la dynamique dénouée.

 Au prix de sa vie Jésus dénoue les nœuds. La croix, bien au-delà du symbole, montre la réalité tragique de notre société aujourd’hui… le nœud défait, desserré, libéré, transformé en horizon qui naît dans les douleurs de l’enfantement.

 « La création tout entière gémit dans les douleurs de l’enfantement » (Rm 8,22)

 

Ajout :


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. Ce tableau, vénéré dans l’église de Sankt Peter am Perlach, à Augsbourg en Allemagne, est intitulé « Marie qui défait les nœuds »

 Au repas de ce soir,  mes consœurs m’ont parlé de « Marie qui défait les nœuds », puis elles m’ont montré l’image en mentionnant que l’évêque de Rome, François, avait une fervente dévotion envers la « Femme de sa vie » : la Saint Vierge, dé-faiseuse de nœuds. Et que cette image est fixée au murs de notre réfectoire et que je ne l’avais pas vue…

 Puis on regarde le « Tageschau. Ch, un « show » vraiment, des nœuds apparaissent :  il est évident que les autorités nouent de toutes parts les efforts des gens qui luttent pour la justice et les neutralisent. Voyez :

 Nœud : Crédit suisse, les lambeaux du sacro sanct secret bancaire et les employers… Comment dénouer…

 Nœud : Poutine-Xi Jinping, , arrière-fond sino russe et  « le nouvel  Ordre mondial » , élections en Ukraine et deux millions d’électeurs privés de vote (Euuronews)… Comment dénouer…

 Nœud : Au Nigeria le rapt de plus de 200 étudiantes, autorités nigériennes lentes et/ ou indifférente… le sort des filles victimes, la douleur des parents… la responsabilité des institutions … comment dénouer…

 La corde à nœuds est interminable, au cœur des nœuds sont des gens, des enfants, des femmes, des hommes, noués par le nœud systématisé qui les étrangle.

Et voici qu’on me fait connaître Marie, la maman de Jésus, la dé-faiseuse de nœud, Jésus a donc de qui tenir. Alors Marie qui desserre et dénoue, hâte l’action militante avant l’étranglement menaçant. Dénoue les nœuds, y compris ceux qui nous habitent.

 

16/05/2014

Une semaine de Retraite

 

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Ivan Kramskoi (1837 - 1887)

Être sœur : une vie, un choix ?

 L’historien Jacques Le Goff, juste un an mon cadet, décédé il y a 6 semaines, a été ma référence lorsque je me suis intéressée à l’histoire des « Sœurs », donc de femmes (comme moi) membres d’un groupe, d’une institution, d’un ordre ou d’une congrégation religieuse, comme moi encore.

 Selon mon vécu : il y la forme et il y a le fond : les deux éléments peuvent être un tout organiquement liés.

 Le fond : selon ma compréhension signifiait partager, éduquer… en vue d’un but : épanouissement  dans la dynamique du quotidien… au service des « petites gens » , de celles et de ceux de la périphérie. (Selon la compréhension de l’époque en 1943). J’ai appris à connaître cette réalité dans mon enfance frontalière (franco-germano-suisse) dans l’atmosphère de deux guerres : 1918 (papa soldat) et 1939 (frère soldat).

 Une famille sans frontières est à l’origine de ma prise de conscience solidaire, d’un « charisme » (terme plutôt religieux) ou un "don" vers la base comme le charisme des agriculteurs, des enseignants, des artisans, des politiciens, des artistes, des journalistes, des philosophes,des médecins qui sont éduqués et « formés » en vue du bien commun.

 Je me suis engagée en spécifiant : « En vue de… ou des « missions » et j’ai reçu une formation d’enseignante que j’adorais ! Cette espérance « Made me tick ! »

 Le charisme est donc le fond, la motivation, en anglais et c’est intraduisible : « That which makes you tick ! » C'est le moteur ...

 La forme peut promouvoir le fond et l’accomplissement de la vocation ou de la profession religieuse ou laïque afin d'accomplir le fond dans ce que j'ai appris à reconnaître comme le "mystère pascal". Pas morne: la dynamique de l'éternel provisoire!

 Le journaliste en harmonie avec la ligne éditoriale de son journal a de la chance, ainsi que tous ceux et celles  nommés plus haut… Tous n’ont pas la même chance en ce qui concerne la forme. La dialectique entre le fond et la forme fut et est continuelle. Et cela s'appelle l'évolution du fond et de la forme... Mais c’est une autre histoire pour un autre billet.

 Mais je pense aux millions d’ouvriers et d’ouvrières dont le fond est LA VIE et la SURVIE au prix de n’importe quelle forme !

 Du 5 au 12 mai, nous étions une vingtaine de « sœurs » à faire un retraite, comme chaque année, sans moyen de communication, en grand silence selon l’expression religieuse, écoutant deux fois par jour la conférence d’un expert en théologie, spiritualité, expérience, selon le thème qui avait été proposé. En méditant et en réfléchissant chacune à sa manière.

 Le but de la retraite n’est pas le repos, c’est selon moi la mise à jour, la mise au point du fond et de la forme dans mon quotidien.

Comme le font les personnes engagées dans les professions citées plus haut. On peut nommer ça la formation continue… les banquiers font-ils cela au FORUM ÉCONOMIQUE MONDIAL à Saint Moritz ? Chacun honnêtement peut-il rendre compte de l’Espérance qui est en lui ? Comment ? « Soyez toujours prêts à rendre compte de l'espérance qui est en vous » (1P 3,16).

Cette invitation à rendre compte m’a beaucoup préoccupée durant tous ces jours de retraite.

 J’ai aussi pensé, dans ma prière silencieuse aux ouvriers de la blogosphère et au précieux partage d’opinions et de points vue différents et enrichissants.

(Notre conférencier n'était autre que Hermann Josef Venetz que vous pourrez lire demain dans le billet dominical qu'il écrit juste pour nous tous et à qui je dis merci.)

28/04/2014

Hier sur la Place Saint Pierre

 

Hier Manuela Salvi interrogeait Denis Müller, théologien et éthicien protestant, professeur honoraire de l'Université de Genève  : « Le djihad des jeunes ou la soif d'absolu ». Après 11.40 de dialogue, Manuela a évoqué ce qui se passait sur la Place Saint Pierre à Rome. La réflexion de Denis Müller (théologien et éthicien protestant, professeur honoraire de l'Université de Genève ) fut comme une lumière de vérité dépouillée d'intérêts institutionnels de quelles natures qu'elles fussent ! Écoutez-le ou re-écoutez-le si vous avez le temps.

 Mais je reviens brièvement à la double canonisation de hier sur la place saint Pierre :

 Derrière des étalages facétieux des grandioses cérémonies teintées de piété, de sainteté, force sécurité … les têtes d’États et chefs de toutes sortes obligent ! Un parterre d’humains, croyants certes, patriotes, touristes et curieux pourquoi pas… Ils étaient tous sincères sans aucun doute...

 Il reste l’arrière du déployement: l’immense foule des civils : victimes ou menacée par des conflits qui profitent aux marchés des armes. Il reste les bannis et les petites communautés de base balayées sous le règne de Jean-Paul 2 . Les victimes aujourd'hui, comme en Amérique latine jadis : une majorité d’enfants, de femmes, de vieillards trop pauvres ou malades pour fuir sans parler d’un pèlerinage outre frontières … C'était et c’est l’actualité.

C'était « l’Église pauvre pour les pauvres » en construction.

 Hier, je n’ai rien vu, très peu lu sinon les quelques remarques des blogueurs qui reflètent et disent ce que beaucoup ressentent et pensent. Heureusement qu'ils existent.

 Nos médias médiatisent la façade, l'étalage.

 « Golias » qui n’est pas ma source préférée. n’est pas tout-à-fait à côté de la plaque.

 Je me réfère plutôt à l’analyse  By John L. Allen Jr. | Boston Globe Staff April 28, 2014  (d’abord reporter au NCR et depuis quelques temps au Boston Globe !)

 Sainthood for two popes more Woodstock than World’s Fair

 Malheureusement en anglais. Excellent.

 J’étais en train de réfléchir sur le reproche qu’avait fait un saint homme au Bon Dieu : « : Pourquoi permets-tu ces injustices, cette misère, ces guerres, ces shows, ces scandales  ? Qu’est-ce que tu fais, Seigneur pour qu’arrive enfin ton « règne » de paix ? »

 Et Dieu répondit : « Je t’ai fait, toi » (cette pensée est de Tony de Mello).

 Je crois que cette réponse concerne chacun de nous et c’est la raison pour laquelle nous essayons d’exprimer nos pensées le mieux que nous pouvons. Et les blogs lus m'ont encouragée.

 Mais je crois que François, évêque de Rome et pape devait accomplir ce qui avait été prévu et agendé bien avant qu'il ne fut pape. Il devait le faire. Ceci dit : il n'a pas joué le jeu. Son intelligence et sa mission restent au cœur des pauvres et il emploie tous les moyens pour, selon sa déclaration personnelle : construire une Église pauvre pour les pauvres... même hier. Merci.

18/04/2014

Vendredi Saint: Histoire vivante?

 

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Liturgies : ne se trompe-t-on pas de lieux ?

Les textes liturgiques de cette après-midi, vendredi-saint, semblaient, selon moi, fades, neutres, monotones au possible: le harcèlement, l'arrestation, le procès, le jugement, la condamnation et l’exécution de « l’homme nommé Jésus » : tel est le contenu, lu, - in a nutshell - durant l’interminable cérémonie de ce Vendredi-Saint. Personne n’était tenu d’y assister jusqu’à la fin. Je suis restée mais ma tête et mon cœur se sont échappés hors murs:

 dix ans en arrière à Saint Ursanne alors qu’expirait Jean, mon frère, rejoignant sous mes yeux l’ »Oméga : Hors espace temps ». (Teihard de Chardin, Georges Haldas)… Et au-delà des frontières :

 Jésus aujourd'hui :

 Afrique du Sud :à Marikana, les mineurs en grève pour un salaire décent, sont fusillés sous le régime Zuma…

 Syrie : tueries de masse à Damas, des « camps sauvages » envahissent le Liban et on compte scrupuleusement les réfugiés syriens arrivant en Suisse… et des centaines de milliers d'enfants martyrisés...

 Israël : air strikes et rocket attaques … le pays natal de Jésus...

 Centre Afrique :  les femmes, la population   musulmane attaquée…

 Nigéria : des usines à bébés découvertes…

 En Indes : viols… violence

 

Un coup d'oeil à  Amnesty Internationl… Jésus vit et souffrent en ses frères et soeurs ... Mais où est le lien, où est l'osmose, plus simplement la contextualisation de Jésus ?

 C'est bien de citer l’intellectuel Blaise Pascal  : « Jésus est en agonie jusqu’à la fin des temps, ne soyons pas endormis… » mais on oublie de  citer Jésus lui-même : « Ce que vous faites au petits, aux pauvres, vous le faites à moi… »

 Il me semble que notre liturgie ne nous aide pas à actualiser Jésus. Nous affirmons notre foi en lui. Cela suffit-il ?

 Sa vie, sa lutte, sa souffrance est au cœur de l’actualité à travers les siècles et particulièrement aujourd’hui.

 Pourquoi, si l’on veut « commémorer » ce vendredi saint, n’irait-on pas, quelle audace et au péril de notre vie, là où il souffre, agonise et meurt à l’heure où nous « adorons cette croix » en toute sécurité !? Pourquoi ne pas l’approcher en notre prochain le plus proche et « essuyer ses larmes et son visage. Pourquoi ne pas nous joindre à la prière muette des vieilles et des vieux attendant… avec Jésus « que tout soit enfin accompli » ?

 Pourquoi ne pas mettre à jour la vie de Jésus, son message, sa vie, sa lutte, sa mort dans l’actualité de notre monde PRÉSENT ? Dans la liturgie de la semaine sainte ?

 Pourquoi ne pas une fois pour toutes descendre Jésus de toutes ces croix et le chercher, le trouver, oui, le trouver et l’adorer là où il se trouve comme il l’a dit ?

 Ce soir face à l’écran, je reconnais que cette réflexion me concerne et ne veut d'aucune manière dévaloriser les commémorations et les méditations auxquelles je m'associe librement.

17/04/2014

Réflexion personnelle

 

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Ce dernier repas en famille

 Avant de dire Adieu à la Suisse romande, il y a sept mois de cela, j’ai passé une semaine dans mon Jura natal pour dire merci à mon frère à Bienne, à mes neveux et nièces : au Clos-du-Doubs, en Ajoie, au Val Terbi. C’était très simple : Nous avons  ensemble partagé un bon repas, du bon pain et du vin bien chambré, nos soucis et nos espérances et jeté un regard sur le chemin à poursuivre : la route vers la Vie. Ce souvenir reste agréable et réconfortant.

 Dans les contacts qui se poursuivent, ces derniers repas sont le repère d'une communion dans la fraternité et dont le souvenir anime nos relations actives, dans des libertés mutuellement respectées.

 Je crois que Jésus de Nazareth qui sentait venir sa fin, a simplement désiré actualiser le partage de sa vie, de sa vision, de son immense et inconditionnel amour au cours d’un repas ultime avec ses amis et sans doute avec sa mère. Pour dire merci, pour dire Adieu et pour dire : continuons la route ensemble dans la communion.

 Jésus a préparé le menu en entier : en plus de ce qui n'est pas mentionné : le plat de Résistance : le pain et le vin. Après les préparations et avant la jouissance, Jésus a lavé les pieds empoussiérés de ses invités comme il était coutume en ces lieux et à l'époque.

 Jésus est l’hôte et il accueille inconditionnellement ses amis !

 Tous ressentaient certainement l’angoisse d’une « chose » innommable mais refusaient d’en prendre conscience car la Pâques approchait et ses réjouissances.

 Seul, très seul, Jésus savait que la haine, la jalousie des pouvoirs et des dominations « religieuses d’abord et de Rome ensuite» allaient avoir raison de son annonce d’une Bonne Nouvelle à tous les « hommes et femmes de bonne volonté ». Il s'était caché, il s'était dissimulé, il leur avait échappé à maintes reprises, il était l'exilé en fuite...

 Jésus avait une conscience aiguë de sa mort proche, de son départ et il désirait un repas d’amitié, une agape en famille et c’est ce qu’il organisa et fit ce soir-là … C'était le dernier moment. Ce soir dans nos Églises, les célébrants remémorent cette « sainte cène » d’une manière selon moi, très « spiritualisée, lointaine et abstraite ». Et c’est bien dommage. Car le partage du pain et du vin, financièrement et économiquement parlant et au niveau planétaire n’est-elle pas la meilleure commémoration que nous pouvons faire en plus que l’acte de foi qui nous motive : la Vie, la Mort, la Résurrection de l’Homme nommé Jésus ?

15/04/2014

Ne se trompe-t-on pas d’époque ?

 

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Timothy Schmalz

Une femme nommée Jasmin, sud-africaine d’origine « afrikaner », me disait : « On parle des souffrances de Jésus… la souffrance des Africains noirs chez nous est-elle moindre que celle ce Jésus sur son chemin de croix et crucifié ? »  Les bidons-villes, les slums, les mines, les chantiers, les « prison farms » les travaux forcés… en Afrique et l’échelle planétaire…

 Que de structures économiques, que de murs visibles et invisibles nous séparent les uns des autres… que de guerres à basse intensité, que de conflits larvés, de millions d’agonisants dans la brousse, dans les ruines d’Homs… du Centre Afrique …

L’inévitable migration dans tous les sens ! Que de riches angoissés, de réfugiés, d’étrangers terrorisés. De lois, de passeports , d’arrestations, de prisons.

 C’est comme un tsunami de la souffrance humaine, un tsunami de fabrication d’armes, un tsunami de victimes, de morts de fosses communes … Nous sommes d’autant plus responsables parce que nous savons et que nous sommes conscients même si nos moyens d’action sont faibles ou nuls. Nous ne pouvons pas vivre, encore moins vivre cette « semaine Sainte » inconscients de ce que nos sœurs et nos frères vivent dans leur actualités, alors qu’à genoux : nous embrassons la croix.

 Oui, Nous le reconnaissons, il y a de nombreux Simon de Cyrène inconnus dans cette « comédie humaine » ; oui il y a d’innombrables Véronique pour panser les plaies et essuyer les visages et les larmes … les médecins sans frontières, les reporters sans frontières, les pacifistes, les indignés, les révoltés, les manifestants, les œuvres de justice, de charité, de miséricorde… sur ce chemin de croix de notre ère post-moderne.

 Mais il ne faut pas se leurrer : c’est une vraie et douloureuse montée vers Pâques que notre population mondiale accomplit et, c’est aussi vrai que François pape a raison quand il parle de la mondialisation de l’indifférence, et Albert Nolan a raison quand il parle de la mondialisation de la compassion et de l’empathie.

 Ne se trompe-t-on pas de lieux et d’époque dans nos liturgies minutieusement préparées et pieusement vécues, mais qui manquent de « mises à jour »,  ou comme l’avait fait remarquer Martin Buber (juif) , il manque l’actualisation de la résurrection ! L’actualisation du chemin de Croix stagne dans l’abstraction d’une histoire passée alors que Jésus n’a rien voulut d’autre que de donner un sens à notre Histoire humaine. Aujourd’hui. Jasmin avait raison.

 

14/04/2014

Nettoyage du Temple hier et aujourd'hui

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Jésus aujourd’hui et hier : les systèmes financiers et le temple à Jérusalemsont la cible de Jésus...

 Il sait ce qui l’attend et poursuit sa montée. Il arrive au temple, la Maison de Prière comme le sont nos chapelles, églises, cathédrales… et nos coins de prière « fait maison » : un lieu sobre, dépouillé. Ce lieu peut aussi être sur une colline, sous un arbre ou sur un tas de foin comme je le faisais à l’âge gamine.

 Jésus, juif, ayant laissé son ânon et les hosannas de joie en bas, monte au Temple pour y découvrir là, une des sources de la pauvreté : le système économico religieux et les agents de Mammon. Les Hosannas des pauvres résonnent encore en son cœur…  et se mutent en cliquetis, pièces et pièces de monnaie, marchandage des hommes d’affaires,  plaintes des bœufs, bêlement des moutons, beuglement des vaches et roucoulement des colombes en cage !

 Une place du marché sur le parvis parvis du Temple.  Le commerce allait bon train : les « fidèles » offraient le meilleur animal, pour les sacrifices, les agents du Temple gardaient les meilleurs et revendaient les autres… a « roaring trade ». L’argent romain était interdit : il fallait donc des tables pour les échanges en argent du Temple : que de calculs !

 Jésus voit cela avec le regard des pauvres qui ont soif de justice, mais avant tout avec le regard de son Abba, son Père et notre Père ! Jésus est en colère contre le système : il renverse les tables des convertisseurs de devises, il libère les animaux, ouvre la cage aux oiseaux. Il est en colère contre le système ecclésiastico-financier : le capital, les taxes, l’usure, le trading, les deals sans parler du « blanchiment » de l’argent et des « sacrifices » sur le dos des petites gens, aujourd’hui comme hier.

 Au Temple de Jérusalem, je ne crois pas que Jésus aie physiquement agressé les marchands car ceux-ci étaient soit des « fidèles » qui profitaient de se faire quelques sous, soit des fonctionnaires qui « fonctionnaient » comme tant de nous le font dans nos systèmes respectifs. En s’interdisant la critique !

No entrance for Wistle blowers.

Jésus donc invite les commerçants, les marchands et les dealers à la liberté : il s’agira de chercher un autre travail : honnête, avec une rémunération pour satisfaire les besoins communs d’abord et le partage du reste ensuite… ou l’épargne pour satisfaire d’autres besoins plus tard.

 Je ne sais pas ce que Jésus ferait aujourd’hui au Vatican, sensé être « SA » images.jpgmaison après tout ! François Bergoglio, pape, est sérieux lorsqu’il remet en question le système bancaire qui s’est érigé en un « marché du Temple » remarquablement efficace parce que corrompu. Depuis longtemps la dîme des veuves et des pauvres tombe dans les caisse du Vatican. C'est un scandale. François veut changer le système comme Jésus veut changer le système des marchands du Temple. Il ne va pas agresser les fonctionnaires, ecclésiastiques ou pas : il leur offre l’analyse, la reconnaissance de la vérité. Il leur offre la conversion. Ou la démission, ou les deux à la fois. C'est en route...

 Pour Jésus de Nazareth, sa colère et son action publiques au moment le plus scabreux de l’année signifie qu’il est exposé au regard de tous. Aujourd’hui on dirait: c'est suicidaire ! Les docteurs de la Loi demandent :« Par quelle autorité fais-tu cela ? » En d’autres termes : par quelle vérité ?  A la question de Pilate : « La vérité, c’est quoi ? », Jésus répond : « C’est Moi. » Et Jésus n’est pas quelque chose d’abstrait: il vit aujourd’hui et souffre et meurt aujourd’hui dans nos réalités comme hier dans sa société.

 Nos temples, nos synagogues, nos cathédrales, nos églises ont-elles des parvis accueillant les étrangers, les pauvres, les marginaux... chacun de nous comme dans la maison paternelle ? Je crois que oui.

13/04/2014

Jésus aujourd’hui et hier...

 

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Il montait vers Jérusalem sur laquelle il avait pleuré. Durant pas mal de temps, il se dérobait et s’en allait tel l’exilé, et le réfugié chez nous, car il craignait qu’on l’arrêta. Il y avait de l’agitation dans l’air comme on sent l’agitation avant une émeute, une descente dans les rues, à Sharpheville, sur la Place Tian'anmen, à Genève, à Zurich, à Delémont, à Reconviliers. Les Indignés du temps des mouvements pour le Droit à la dignité humaine, pour démolir les murs anti-partheid, pour le Droit d’asile, le droit au travail des ouvriers licenciés. Les participants manifestent, ils défendent une cause : le travail, le pain, la vie, la liberté.

 

A Jérusalem, pas de syndicats, pas de mouvements de contestation populaires : on avait fait croire aux pauvres que tel était leur sort et qu’ils devaient s’en contenter. Subtilement et à l’échelle mondiale, des mécanisme font «croire aux pauvres que Dieu les aime »… Que fait notre Église face à « CELA » ?

 

Qui, aux abords de Jérusalem, avait donc perçu cet homme de Nazareth, venir vers la ville en ces jours mouvementés d’avant la pâques !

 

Ceux qui le craignaient, l’enviaient, le jalousaient,  espéraient un jour ou l’autre en finir avec cet agitateur mais pas si tôt … Plus tard…

 

Un pauvre perçut le pas cadencé de l’homme de Nazareth et aperçut son regard de tendresse : il faut peu de temps pour rassembler une foule de pauvres, d’estropiés, de femmes, d’enfants, de prostitué(e)s, de lépreux, bref la « constituante » de Jésus, celui que le prolétariat aurait élu comme sauveur et leader sil un système démocratique avait existé !

 

En un clin d’œil, la foule le vit et se mit à chanter, danser de jubilation : « hosannah » « sauve, maintenant ! » ou « sauve donc ! », « donne le salut ! » (Wikipedia)

 

Que signifiait cet impératif : « sauve donc ! » ? pour la foule des pauvres sus-nommés ? A nous de réfléchir ! Qu’est-ce que cela signifie aujourd’hui aux Nations Unies ?

 

Qu’est-ce que cela signifie : « Sauve donc » au Centre Afrique, en Syrie, en Inde, en Europe ? A qui s’adresse ce cri de désespoir, non pas à Lampédusa seulement, mais bien plus proche de nous et bien au-delà des côtes d’Italie !

 

Jésus, assis sur son petit âne,  face au cri d’angoisse du petit peuple, savait que « son heure » approchait, il a dû sentir l’angoisse et l’impuissance envahir son âme, il savait qu’il allait les décevoir au point où cette même foule instrumentalisée encore une fois allait bientôt hurler : Tolle ! Tuez-le !  Sa cote de popularité allait chuté en quelques jours ! Et qui pour le soutenir jusqu’au bout ?

 

Avez-vous peut-être fait l’expérience d’un prés-sentiment qu’un espèce de martyre vous attend si vous continuez un certain engagement… mais vous allez de l’avant, pas seul, jamais seul mais profondément seul, vous traversez l’enfer des rapports de forces tellement inégaux … jusqu’à l’inattendu…

 

Jésus savait ce qui l’attendait.

 



 

04/04/2014

Se souvenir pour construire

Lorsque le moment présent est intensément vécu, il devient présence dans la dynamique du souvenir. De telle sorte que le présent ne peut se réduire au passage du temps et des événements.

 

On cite souvent Saint Irénée  : « La gloire de Dieu c'est l'homme vivant »

 

Ainsi en est-il pour Bruce Clarke, le concepteur et réalisateur des « hommes debout » pour qui, comme pour moi, se souvenir et construire sont organiquement liés. Il s'agit du du Pasqua mysterium, la dynamique pascale quotidiennement vécue par les humains, et principe de vie dans la nature. Et assurance que la lutte mène à la victoire.

 

 

 

Les hommes debout

 

Genève, Lausanne pour ne nommer que ces deux endroits ont soutenu le collectif des « Des hommes debout »

 

On trouve Bruce Clarke en première page de mon blog, et un clic permet de faire connaissance avec l’homme, l’artiste, le citoyen du monde qui s’engage là où le devoir l’appelle afin que les hommes se tiennent debout. Il s'offre, avec son engagement, son art :

 

« ...pour empêcher les yeux du monde de regarder ailleurs,

 

pour créer un pont de solidarité entre les victimes

 

et le reste du monde, avec pour seuls outils

 

la beauté et la simplicité. » (BC)

 

 Notre vie est une et donc solidaire avec celle des hommes et les femmes du monde entier, en cercles excentriques. Rien ne peut en être exclu : ni la politique, encore moins l'économie.


 

 Et Dieu et la prière ?

21/03/2014

Malade de la Peur?

 

Expulsion des ETRANGERS CRIMINELS

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  www.swissinfo.ch

Cette expression fréquente et quasiment banale lue dans les journaux, entendue à la Radio, à la Télévision tombent dans des oreilles non critiques et polluent le cœur et le cerveau de nos concitoyens : Étrangers criminels (presqu'avec un trait d'union entre les deux) devient une image au fond de notre regard, une personne (souvent à la peau sombre), un coup de sonnette ou un bruit suspect, une personne rencontrée en chemin.

 On devient malade de la PEUR.

 Immigration de MASSE

 Expression qui revient en boucle dans les médias et souille mortellement notre psyché et notre inconscient. L’image : on voit un déferlement de gens (étrangers) envahir notre pays, notre territoire, notre maison, notre lit, davantage encore : puisque ces immigrants de MASSE ont faim et soif, on voit notre huche à pain et nos  coffres forts vides …

 On devient malade de la PEUR. Malades imaginaires potentiels ? Oh !non. Attention à la pandémie de la peur ! Certains y travaillent et je n'ai pas besoin de les nommer.

 Rien de plus « préventif » qu’une bonne campagne, habilement et minutieusement préparée en étudiant quasi scientifiquement les points faibles des citoyens qui goberont le poison comme un vaccin ou un préservatif infaillible ! On veut des Lois, davantage de lois. « On », c’est qui ! Celles et ceux qui sont déjà affaiblis par des systèmes de sécurité de la naissance à la mort… qu’importe que nous devenions une génération d’esclaves volontaires du dieu de la sécurité.

 On ne lésine pas sur les moyens d’une campagne efficace : des flyers, des affiches grossières, des slogans frappants, des rencontres de personne à personne, on ne lésine pas sur les mensonges les plus habiles et qui ont même parfois des semblants de vérité. A s'y méprendre. Ici aussi pas besoin d'exemples précis.

  Et puis, ce qui est pire : Un regard dépourvu de critique, ou, si critique il y a, c’est une critique « professionnelle » avec des mots choisis, ou c’est un avertissement – prudent des Eglises – ou encore, de temps en temps des dénonciations d' Amnesty international, de Human Right Watch, du Comité contre l’esclavage moderne, lde a Cimade ou de l’Humanité passe par l’autre…

 Rarement des actes prophétiques. Davantage individuels et discrets que collectifs et publiques.

  Comment développer le sens critique dans l'éducation ? Mais la jeunesse, je crois, prend conscience, que chacun a le droit de vivre et de s’épanouir hors cage, et avec la liberté de prendre des risques non seulement dans des sports extrêmes, mais en pratiquant le plus digne des sports : lutter ensemble afin de construire une société où le plus grand bien est le droit fondamentale de chaque citoyen. Et cela passe par le partage...

 Ainsi nous aurons d'autres choses à faire, plus constructives que des lois qui déshonorent notre pays et ses habitants. Le fait que d'autres pays en font autant, ou qu'ils le feront dans un proche avenir... car on « ne peut accueillir toute la misère du monde » et la « barque helvétique est pleine »... et cela se discute, mais est-ce que cela nous absout ?

 Qu’est-ce que dirait le prophète ? Michée 6 :8 par exemple

 « On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Eternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes tendrement et que tu marches humblement avec ton Dieu. »

 Et finalement, Jésus parle aussi aux membres du PS, PDC, Libéraux Radicaux, UDC . Jésus tient parole je crois, et, à l'heure de notre basculade dans le hors espace-temps, la Parole tenue est :

  « J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger et vous m'avez recueilli'». - Evangile selon saint Matthieu, chap. 25, v. 34-35

 Alors les expressions :

 « Immigration de MASSE 


Expulsion des ÉTRANGERS CRIMINELS » seront nos propres critères de discernement.

 

12/03/2014

Infrarouge

Si Jésus avait été invité àInfrarouge

« Le dernier arrêt du Tribunal fédéral (TF) a fait l'effet d'une bombe : les conditions de détention de deux détenus à Champ-Dollon ont été jugées … »

Jésus invité au débat : Où l’aurait-on installé, à droite ou à gauche ? S’il avait pu choisir sa place, il serait où ? Je crois qu’il serait à Infrarouge en tant que citoyen ordinaire de la Genève internationale et parlerait quand son tour viendrait… il serait où il est attendu...

 Il écouterait attentivement les débattants. Le point de vue de Pierre Maudet, suivi du point de vue des quatre protagonistes sous l’experte baguette du maestro  qui évite, à force d’efforts, la cacophonie. Il faut dire que Esther Mamarbachi réussit très bien alors qu’à sa place on pourrait être tenté – parfois mais pas hier - de laisser partir les lancées de bois verts dans tous les sens…

 

corazc3b3n-de-jesus7.jpgIl me semble que Jésus aurait une grande compréhension pour chacun : en premier lieu pour Pierre Maudet dont le job est certainement ingrat et épuisant. Ce fonctionnaire a hérité d’une réalité qui s’est construite depuis des années. Il s’y trouve confronté et l’arrêt du Tribunal Fédéral (TF), parfaitement justifié, exigerait un retour de bien des années en arrière en même temps que l’audace « d’améliorer le système ». Un système est-il améliorable ?

 

Je perçois le regard de Jésus sur Pierre Maudet… et sur les autres sans exception. Jésus ne juge pas, ni les personnes hors prisons ni celles en prison, qu’ils fussent prisonniers ou gardiens.

Il chercherait à voir le visage caché de l’ex-prisonnier, blessé dans sa tête et dans son cœur. S’insérer dans un tissu social après un telle expérience est un « hurdle » difficile à cerner. Jésus chercherait aussi le visage du gardien, dépassé par les exigences de son emploi et la réalisation de ses limites et de ses peurs.

 Si l’on insiste pour que l’invité, Jésus, donne son avis, j’ai l’impression très nette images.jpgqu’il montrerait simplement les dessins de Mix et Remix. Là, me semble-t-il, il y a la « prière » oui, en quelques coups de crayons, avec humour et une grande sensibilité humaine, il révèle, bien qu'en partie seulement, les causes fondamentales du problème.

Car sans poser la question « pourquoi et comment en est-on arrivé là » jusqu’à la découverte de la cause radicale, on va encore tergiverser longtemps. Quand un médecin trouve la cause radicale d’une maladie, il peut trouver le remède et guérir…

 J’aurais aussi envie que Jésus propose aux autorités de l’appareil judiciaire de faire un séjour d’un mois au moins, incognito et présumé innocent à Champ-Dollon. A la sortie du stage,  ils se mettront au travail pour faire ce que le Tribunal Fédéral attend d’eux.

 Mais je sais par expérience que Jésus ne juge pas, je sais qu’il nous renvoie à nous-mêmes…il nous fait confiance !

10/03/2014

Inculturation: jodler, alepun, Lord of the Dance

 

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Être suisse romand n’est pas être suisse alémanique. C’est quoi la différence ? Matériellement, l’habitat, la nourriture, les choses basiques, surtout dans une communauté de Sœurs, sont quasiment les mêmes si l’on habite en Suisse.

 

La différence est plutôt dans l’imaginaire, les goûts, les sensibilités, en somme dans le développement historique de la mentalité ;  et dans la mentalité, la manière d’exprimer la foi ou les croyances. J’ai pu vivre cela hier, le 9 mars à Maria vom Berg à la Messe à 10.15  :

 

 Alters- und Pflegeheim, Maria am Berg

Jodlermesse mit Jodlerklub Bergbrünneli, Menzingen

 

 Cette liturgie musicale, cette parfaite harmonie montagnarde, ferme et tendre à la fois, respectueuse avec des envolées libres et spontanées vers les hauteurs quasi mystiques m’a révélé un aspect nouveau de la culture alémanique. C’était comme si la montagne descendait dans la chapelle, l’emplissait généreusement de son âme avant de retourner là-haut laissant derrière elle une traînée de paix

 

Vatican II avait encouragé l’inculturation de la prière et de la liturgie. Nous étions une minorité de soi-disant « missionnaires », insérés (en Afrique du Sud par chance ou autrement) dans la population africaine qui prenions toujours davantage conscience des aspects colonisateurs de la liturgie et de l’enseignement de la religion. J’en ai écrit des exemples concrets dans mon livre Histoire inavouée de l'Apartheid).

 

 Un fait timide. En Zambie, j’avais le privilège et le bonheur d’enseigner le « chant » à des gens qui chantaient bien mieux que moi. Les prêtres qui disaient la messe et contrôlaient la liturgie nous imposaient des chants en anglais et à mélodies irlandaises ou allemandes ou encore du plain-chant. Raides, agenouillés dans des bancs raides, assis ou debout sur ordre, nous chantions :

 

Faith of our fathers, living still

 

In spite of dungeon, fire and sword. !!!

 

Une fois, encore en Zambie, j’ai pris la liberté de proposer pour Noël quelque chose de plus rythmé que

 

Cela commençait par le refrain :

 

 Alepun, ale-alepun,Alepun, ale-alepun,Alepun, alepun!

 

Birds sing out in expectation, alepun.
While the sparkling waters ring with laughter, alepun.

 

Le rythme de ale-alepun permettait un léger swing de nos corps de nos jambes et du reste, ce qui eut l’heure de déplaire à la plupart des fidèles (peu nombreux heureusement) et de plus à l’évêque irlandais lequel nous avertit plus tard du danger d’éveiller des remous sexuels en nous… sic)

 

Pire : lorsque, plus tard dans une banlieue métisse du Cap, nos jeunes étudiants (YCS or young christian students que j’accompagnais)  choisit de chanter à la messe :

 

arts-mcdermott-584.jpgThe Lord of the dance (chanté ci-dessous par John McDermott). Or ce chant était l’expression de notre foi en notre modèle et inspiration au cœur de cette lutte anti-apartheid : Jésus le palestinien ressuscité. Ce fut le « tolle » des fidèles européens et le timide applaudissement de la communauté métisse. L’inculturation en Afrique du Sud fragmentée légalement ? Peut-on s’imaginer ce que cela signifiait ? A moins que nous ne donnions naissance à une culture nouvelle, la culture d’une action commune dans le but du bien commun. Et nous l'avons fait dans l'opposition et l'endurance, l'endurance des jeunes qui offrent leur vie pour la justice. Pour le plaisir des amis anglophones, voici le texte :

 

I danced in the morning when the world was begun,
And I danced in the moon and the stars and the sun,
And I came down from heaven and I danced on the earth:
At Bethlehem I had my birth.

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

I danced for the scribe and the Pharisee,
But they would not dance and they wouldn't follow me;
I danced for the fishermen, for James and John;
They came with me and the dance went on:

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

I danced on the Sabbath and I cured the lame:
The holy people said it was a shame.
They whipped and they stripped and they hung me on high,
And they left me there on a cross to die:

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

I danced on a Friday when the sky turned black;
It's hard to dance with the devil on your back.
They buried my body and they thought I'd gone;
But I am the dance, and I still go on:

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

They cut me down and I leapt up high;
I am the life that'll never, never die.
I'll live in you if you'll live in me:
I am the Lord of the dance, said he.

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.


 

  L’Eglise hiérarchiqune  trahissait-elle pas Jésus ressuscité dans le peuple de Dieu en marche en insistant sur son pouvoir associé au pouvoir des colonisateurs d’une « soi-disant civilisation occidentale chrétienne »? 

Comment comprendre l'absurde de notre réalité mondiale économique et militaire actuelle sans y déceler le « Seigneur - Jésus - de la danse » en prise avec le diable comme le dit François le pape.

  Aujourd’hui, l’expression de notre liturgie est-elle la résonance de la culture de mort des petites gens à travers le monde ? Qu'est-ce l'inculturation du « Notre Père et du pain quotidien» là où la famine est structurellement présente ? Il nous faudrait Mandela le Vivant, avec Jésus de Nazareth.

La jodler Messe à Maria vom Berg a permis l’émergence de ces souvenirs toujours présents en signe d’espérance. 

 

 

 

06/03/2014

Le carême et la libération

 

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L’État est responsable de la scolarisation primaire des citoyens et elle doit être accessible à tous. Puis suit la formation professionnelle : fondamentalement éducative quelle que soit la profession : agriculteur, enseignant, soignant, politicien, journaliste, écrivain : tout une panoplie  de services à la société. Encore faut-il que l’éducation, formation professionnelle, ne visent pas la reproduction d’un système qui tend à formater les citoyens en fonction de la demande du système en question ! Je l’ai vécu en Afrique du Sud du temps interminable de l’Apartheid. Alors que l'éducation devrait libérer toutes les potentialités d'un être humain.

 L’exercice de la profession épanouit la personne d’autant plus que des réseaux de relations variées et enrichissantes se multiplient et contribuent  au Bien commun. A condition que la liberté de chacun soit respectée et c’est, il me semble le grand défi. Le Bien commun n’est pas un Bien s’il est le résultat d’une coercition, mais il est un Bien si l’éducation libératrice me libère de mon Ego et s’ouvre aux autres, au-delà de toute frontière... politique, sociale, raciale, religieuse, économique ...

 L'état du monde aujourd'hui semble être le résultat d'un individualisme exacerbé et d'une multiplicité d'Ego de groupe, de langue, de religion, culture, des Ego politiques et économiques aux intérêts particuliers emprisonnés dans des self-made prisons et protégés par une prolifération de frontières et d'armées. Les AUTRES sont de facto des étrangers, des ennemis et criminels potentiels. Je pense à de nombreux exemples que je n'écrirai pas mais que les media exposent en manquant parfois d'analyses.

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 Jésus, le « Fils de l’Homme » ne cesse de me fasciner : il avait été éduqué par ses parents, et formé dans la menuiserie par Joseph. Il avait appris à lire à la Synagogue, il était très intéressé et écoutait ce que disaient les « enseignants », quitte à douze ans déjà, à poser des questions embarrassantes aux Docteurs de la Loi. Il avait en lui le germe de sa propre liberté, de son indépendance des contraintes paralysantes de chacun et de tous

Comme beaucoup d’entre nous je crois, Jésus a bénéficié d’une éducation primaire selon son temps à Nazareth, mais il ne s’est pas laisser formater, et c’est là le miracle qui lui a valu toutes les difficultés de sa vie publique, sa fin terrible et son exécution par les pouvoirs et les dominations qu’il avait eu le don de terroriser selon le langage d’aujourd’hui …

J’essaie de le suivre durant ces quarante jours au désert de son temps et de notre temps.

04/03/2014

Parle-moi de toi

 

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« Passant par le pré, j'ai demandé à l'amandier :

"Frère amandier, parle-moi de Dieu !"

...et l'amandier se couvrit de fleurs.

 Sortant du jardin, j'ai demandé au passereau :

 "Frère passereau, parle-moi de Dieu !" ...et le passereau gazouilla joyeusement.

 Entrant dans le bois, j'ai demandé aux arbres :

 "Frères arbres, parlez-moi de Dieu !" ...et les arbres frémirent sous le vent.

 Sautant dans les champs, j'ai demandé à la petite fleur :

 "Petite sœur fleur, parle-moi de Dieu !" ...et la fleur me fit sentir son parfum.

 Courant sur la plage, j'ai demandé à la mer toute bleue :

 "Ma sœur, la mer, parle-moi de Dieu !" ...et la mer envoya une vague sur mes pieds.

 Regardant le ciel, j'ai demandé aux nuages :

 "Frères nuages, parlez-moi de Dieu !" ...les nuages me montrèrent le soleil ».

 (Attribué à Sergio Tommasi)

 

 Après ces heures de vraie détente (carnaval) , je demande au « Bon Dieu » : « Abba, parle-moi de toi » :

 Et le « Bon Dieu" me dit : vois : ma parole se fait Homme ! 

 Tellement homme qu’on ne peut s’y méprendre !

 Comme le sourire de l’amandier

 Le gazouillis du passereau

 Le frémissement de l’arbre

 Le parfum de la fleur

 La caresse de la vague sous mes pieds

 Le soleil au de-là des nuages

 On ne s’y méprend pourtant pas : le sourire de Jésus fleurit sur mon visage, le sourire de Jésus fleurit sur tous les visages

 Je vois le sourire de Jésus dans sa mangeoire et le sourire de ses parents, et des bergers et des sages

 Je vois le sourire de Jésus sur le chemin de l’exil et je le vois sourire en rentrant à Nazareth

 Je vois le sourire de Jésus face aux érudits du temple, un sourire amusé

 Je le vois sourire quand papa et maman l’avertissent de ne plus fuguer

 Je vois les sourires de Jésus au désert, en Galilée

 Je le vois sourire à Pierre, Paul, André Jacques et Jean et les autres: salut les copains : un autre monde est possible… venez !

 Et Oh ! quel sourire de tendresse à l’adorable Madeleine, à sa maman

 Je vois le sourire de Jésus aux jeunes époux, trinquant le vin nouveau à leur santé…

 Je vois Jésus riant gentiment alors qu’il tend la main vers le pauvre Pierre qui en fait des siennes, coule et juste à temps attrape la main tendue

et j’entends le rire tendrement affectueux en relevant Tabitha de sa couche, le paralytique de son grabat et la belle-mère de Pierre de son lit enfiévré !

 Je vois aussi le sourire de Jésus à travers les larmes qui tombent de son cœur brisé sur Jérusalem l’infidèle

 Et je vois le sourire de Jésus… au cœur et à travers les larmes sanglantes de notre temps, de nos gens, de nous-mêmes. L’indicible force vive de ce sourire danse au soleil couchant de notre terre qui ne sait plus sourire…à moins que vers lui, nous abaissions nos yeux… On ne s’y méprend pas…

Dieu me parle de Lui

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24/02/2014

Identité

 

Qui suis-je?

 

1863119646.jpgM.C.B.

Au Jura Clos-du-Doubs où j’ai grandi, l’identité n’était, à l’époque, pas une question brûlante : nous étions jurassiens et suisse, surtout le 1er août. A une heure à pied de la France, la frontière était un mot, les « gardes-frontières » amis,  et  notre parenté était François, Marie, Emile, Renée et les autres… C’est à partir des rumeurs et de l’horreur de la guerre qu’ont surgit les frontières !

 Comme je voulais aider les gens plus pauvres que nous en m’engageant à Menzingen, puis à Bulle pour les études, je me suis aperçue des différences : par exemple, les gruyériens n’étaient pas fribourgeois, j’étais trop absorbée par le but que je poursuivais pour me poser des questions sur cette région qui n’était qu’un passage de transit.

 C’est en Afrique du Sud qu’il me fut donné d’identifier l’identité des gens, le critère étant la couleur de la peau! Cela m’a crevé les yeux dès l’arrivée au Cap de Bonne espérance !

 De retour en Suisse (ayant droit à deux passeports) la complexité et le foisonnement des identités me donnaient le vertige et cela aurait pu aller de mal en pis si je n’avais trouvé des groupes à l’identité en devenir. Identité humaine d’abord, puis identité née d’un réseau de solidarité engagé dans un projet commun. Un peu à la manière de Mandela, jamais exclusif et toujours inclusif ! Donc une identité élargie.

 Coordinatrice des organisations œuvrant à faire respecter le Droit d’asile au canton du Jura durant une douzaine d’années, je remarquai des tiraillements  « identitaires » : dans la politiques, les religions, les églises, et les groupes et sous-groupes indépendants. Lors de certaines assemblées, lorsque je m’exprimais, on m’a posé cette question : « Est-ce que tu es « Sœur » ou quoi ? ». J’ai pensé que c’était une boutade, mais lorsqu’une communauté religieuse, à laquelle j’avais demandé un service, s’est adressée au vicaire épiscopale, un ami, s’informa, puisque je n’avais pas de voile (sic) Claire-Marie était-elle « Sœur » ? Une identité plurielle ? Non : une femme, une sœur, une éducatrice etc, c’est une tout organique. J’aimerais penser qu’il en va de même pour tous. Y compris pour les demandeurs d'Asile!

 Aujourd’hui, j’ai eu le temps de lire, en page 3 du Monde Diplomatique de février : Crises d’identités : individus, classes, communautés (Vincent Descombes). La première phrase me frappe : «…  il faut discuter des choses plutôt que des mots mais il arrive que nous ne sachions pas bien quelles choses désignent les mots ! »

 L’actualité de la semaine écoulée : Sotchi 2014, les participants classés par nations et par médailles : quelles choses désignent ces mots ? On voyait ces beaux visages que je pouvais identifier : une identité commune de jeunes gens passionnés en même temps que ligotés par d’innombrables contrôles. L’accueil sera chaleureux chez eux, tout au moins pour ce qui concerne la Suisse. Tant mieux. Et quel avenir ?

 L’Ukraine : Quelle identité pour les Ukrainiens ? L’invité de Manuela Salvi (Haute définition)  23.02.14, Michel Eltchaninoff, philosophe, rédacteur en chef adjoint de "Philosophie Magazine", met en lumière l’identité national du peuple riche d’une langue commune et déchiré entre leur droit aux valeurs de l’Europe d’une part et dela « protection » sous contrôle russe d’autre part. L’identité individuelle et commune serait-elle respectée au-delà des considérations économiques ?

 L’identité du peuple syrien et l’identité de chaque victime abattue par le régime, l’identité des exilés donc étrangers, eux là-bas, nous ici. Eux et nous logés sur une seule et même planète ! Identité planétaire ?

 Jésus avait une conscience politique au temps de l’occupation de la Palestine par Rome. Il voulait une « autre monde » purifié d'armes et de violence. Jean Baptiste assailli de doute dans sa prison fait parvenir à Jésus sa question : qui es-tu ? Es-tu celui qu’on attend ? Jésus répond : Matthieu 11, 2-11. »« Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! »

 Telle est l’identité que nous avons héritée de Jésus si nous prétendons être « chrétiens ». Mais l’audace de mon identité « chrétienne » me met au défi de poser la question que Jésus lui-même posa : «  Pour les gens, qui suis-je ? » ...il insiste : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Il se posait la question de son identité comme nous pourrions le faire plus souvent. Vincent Descombes écrit « nos identités sont susceptibles de changer… et de nous changer en quelqu’un d’autre et si je suis changé en quelqu’un d’autre, « où trouver dans cette affaire mon identité qui doit permettre de dire que c’est bien moi qui ne cesse de changer du début à la fin ? »(V.D.)

 La fin dans l’espérance que le « Hors espace temps » sera l’accomplissement de l’identité sans faille à l’origine de l'individu et de l'espèce ! Le moi brillera comme une petite étoile dans la constellation du tout !

21/02/2014

Jésus pleure sur la Syrie

 

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Ma prière s’inspire de plus en plus de la réalité actuelle de notre petite planète et du regard de Jésus sur nous tous. Chaque créature est précieuse au cœur de notre créateur et, s’il pleure sur nous aujourd’hui comme il l’a fait sur Jérusalem Luc 19 : 41-44, ce n’est pas sans raisons ni à l’époque de Jésus ni aujourd’hui chez nous : la violence étalée dans les journaux, sur les écrans, nous fait pleurer et peut-être que nos larmes sont un affront de plus aux victimes qui pourraient nous répliquer comme Jésus aux femmes pleureuses : Luc 23 :2-8, « Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! »

Stériles seraient larmes et lamentations vides d’actions : quelles actions ? Prier (les sœurs prient par profession du moins !) ? Et alors ? D’abord les Syriens – les gens de tous les jours – s’entraident pour survivre, leur courage n’est pas mis en lumière dans les médias ; mis à part quelques flashes, le travail des infirmières, des médecins locaux et les médecins du monde, les membres d’innombrables ONG sont engagés dans les coins les plus reculés, ces gestes de générosité innombrables restent cachés et c’est bien ainsi. Ces“ Cyrénéens ” n’empêchent pas la mort ni la force brutaledes armes et des chefs d’États ! Mais ils sont les derniers vestiges de compassion humaine sur place… et là est notre espérance que la mort, ni la violence ni le pouvoir n’auront le dernier mot !

Mais il y a ceux aussi – des jeunes surtout - sont tourmentés par l’inhumanité du spectacle exposé sur les écrans, dans des réseaux internet, révélateurs de vérité inaccessible aux journalistes, ou alors ne rien d’autre des pièges… !

J’ai été frappée par l’émission de France Culture : les « candidats au martyre d’Europe » des jeunes européens qui rejoignent les jihadistes et font le désespoir de leurs mères et de leur parentéavaient la parole… et disaient le pourquoi et le comment de leur « fuite » vers les djihadistes syriens ou d’ailleurs. L’un dit : j’ai choisi le martyre, l’autre à dit : ça donne un sens à ma vie… j’ai publié ma réflexion sur le blog et je remercie le commentateur "Lambert" dont voici quelques lignes :

 … «  ces jeunes qui vont se faire tuer en Syrie, ces jeunes paumés qu'une dialectique radicale a su convaincre. Il n'y a qu'à écouter ce jeune français pour savoir d'où il vient. La misère et l'illettrisme forment le terreau de tous les radicalismes et les imams fanatiques ont beau jeu pour convaincre ces jeunes tout prêts à les entendre… »

 Si je  pouvais lui parler, je dirais à « Lambert » : êtes-vous sûr que les imams sont tous fanatiques et que celles et ceux qui sont dégoûtés de la violence des forts sur les faibles et veulent s’engager proviennent tous du terreau de la misère et de l’illettrisme ?  Étés-vous sûr qu’il ne serait pas plus noble de pleurer avec leurs mamans et leurs amis ! D’essayer de parler avec nos jeunes de ce qui leur fait mal et les rend malade et de leur offrir une autre version des faits… Il n’y a aucun doute que ces jeunes gens vulnérables sont victimes de manipulations. Où trouvent-ils quelqu’un qui donne un sens à leur vie en Europe : le même monde et un monde à part !

D’essayer de se poser des questions de fonds sur les causes de la misère et de l’illettrisme chez nous, chez nos voisins et bien au-delà… ? Et d’essayer avant tout de se réconcilier avec ce qu’il y a de meilleur en nous ? Et de relire peut-être l’histoire de Jésus qui pleure sur Jérusalem et sur nous en 2014.

06/02/2014

L'étranger

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L’étranger a une place centrale dans la Bible. Et, dans le Nouveau Testament, Jésus s’identifie à l’étranger. La Suisse – trois quart de sa population chrétienne – s’inspire de la Parole de Dieu. La Parole de Dieu : je la ressens comme le « mystère divin de l’étranger en moi » (Emmanuel Lafont). Ne sommes-nous pas tous étrangers les uns envers les autres ? Et nous sommes un corps arc-en-ciel.

Nous ne sommes pas des pièces ajustées les unes aux autres selon un modèle préfabriqué. La relation nous permet de grandir ensemble et nous devenons ce que Saint Paul dit : "De même que le corps est un tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps en dépit de leur pluralité ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ"(I Co 12, 12). Le Corps du Christ, c'est donc son Église, c'est la com­munauté des chrétiens. C’est nous. Chacun riche de son « moi » unique et irremplaçable !

Voter « NON », le 9 février 2014, aux « forces » qui cherchent à fragmenter cette communauté, n’est quasi pas un choix pour qui croit en l’homme. Ne pas croire en l’homme est se nier soi-même. Nul ne se nie soi-même.

Et, « La gloire de Dieu, c’est l’homme debout », selon Saint Irénée de Lyon.

04/02/2014

L'eau, le pain, la vie

 

nd-de-nazareth-8_mini.jpgJe ne suis qu’une voix parmi les millions d’autres ; cette voix commune articule de ce qui est essentiel durant la traversée vers le but. La conquête du Bonheur.

 Nous savons que l’eau existe puisque nous avons soif ! Mais nous sommes responsable de l’eau. Cette magnifique créature se donne indifféremment à tous pour assouvir la soif du moment ! La première et la seule raison d’être de l’eau, n’est-ce pas d’assouvir notre soif ? Mais boire l’eau fraîche a un but : c’est promouvoir la Vie.  « L’eau , la neige tombent des cieux  du ciel, elle ne doit pas et n'y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes… Sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange. Ainsi ma parole, qui sort de ma bouche : ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » (Isaïe 55/10-11)

La Parole, c’est Jésus, le Fils de l’homme. Accomplir sa mission lui coûtera la vie. Mais du refus de cet Homme, de sa destruction jaillit l’Esprit.

L’Esprit souffle où il veut, il est tangible, Il nous motive, nous éclaire, nous pousse plus loin afin que, encore une fois, comme la pluie et la neige : nous accomplissions sa mission. L'Esprit dépend des gens au cœur ouvert, à l’intelligence en éveil, au regard qui scrute les signes des temps, à la volonté au travail afin que celui qui a faim et soif ait à manger et à boire.

Notre histoire humaine arrive à un moment de « Kairos » : prendre conscience que la migration causée, pour de multiples injustices principalement économiques, est un fait et ne s’arrêtera que lorsque que s’établira, aussi bien que mal, une répartition des terres et des biens, juste et équitable, et qui satisfasse les besoins basiques de chaque créature. L’eau et le pain. C’est le moment de décider. De vivre ensemble ou de mourir ensemble.

D’une part on sent l’inquiétude des autorités politiques, économiques, quant à la survie du règne des finances, de la solidité « militaire » des pouvoirs et des dominations. On sent la soif du pétrole, du gaz sous toutes ses formes, la rage de s’approprier les richesses du sous-sol ! Ou ce qu'il en reste ! Qu’importe à qui appartient la terre ! C'est secondaire !

 Exemple en Syrie et le peuple martyre

Quelle était la priorité à la rencontre de Genève  2» ? La vulnérabilité de la population exposée et sans défense, sans eau, sans pain ?! Prioritaire ? Vous voulez rire... le rapport de force brute d'abord !

Les sanctions et la guerre auront le dernier mot ! Les dégâts collatéraux balayés … dans des fosses communes ! Les « représentants » Syriens n’arriveront pas à faire respecter « des corridors humanitaires et des cessez-le-feu de quelques heures pour que les convois puissent passer. C'est une obligation en droit international.» Était-ce prioritaires ?

D’autre part, on sent l’inquiétude, au niveau mondial,  des petites gens qui manquent d’eau et de pain de la naissance à la mort annoncée par le système… De ces victimes à bout de souffle, la révolte est morte… A moins d’un sursaut de conscience humanitaire en chacun de nous.

Que l’Esprit de Jésus nous éveille afin de retrouver en nous : « Cette voix, qui ne cesse de nous presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal ! Au moment opportun, cette voix résonne dans l’intimité de notre cœur : « Fais ceci, évite cela ». (GS)

Pour la votation du 9 février 2014 au sujet de l’initiative UDC, je dirais :

Évite de propager la peur et la haine de l’étranger, évite de te murer dans une forteresse fragile à court terme. Évitons de nous centrer sur nous-mêmes.

Fais confiance à ton intelligence de discernement,

Fais confiance à ton savoir-faire relationnel et organisationnel! Écoute ton cœur!

Fais confiance à la sagesse : « Soyons donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. » (Matt 10.16).

Jésus ne sera pas venu parmi nous en vain.