28/04/2010

LEADERSHIP

 

Fotolia_870357_S1.jpg

Un leader ne naît pas à sa naissance, il le devient !

 

Ma première expérience de leadership fut dans notre ferme jurassienne à quelques kilomètres de la France, la patrie de notre maman.  Papa était né en 1880 et maman en 1888. Ils formaient un couple et une équipe avec leurs huit enfants nés en époque de guerre et d’après guerre. Étrange, la pauvreté régnait dans la région, mais je ne me suis jamais sentie pauvre ! Au contraire, un de mes premiers souvenirs fut la remarque qu’un visiteur fit à Papa sous les 2 tilleuls géants : « On devrait vous taxer pour l’air pur que vous respirez ! » Le citadin avait un regard soucieux, mes parents un regard paisiblement clair ! Papa ne dit rien. Quand je lui demandai ce que le visiteur avait dit, Papa me dit : « Dis merci au Bon Dieu pour l’air pur et les tilleuls ». J’avais six ou sept ans et j’étais la cinquième de la fratrie. Une famille à qui je pense avec la nostalgie de l’enfance qui idéalise tout. Quitte à mûrir sous les coups de ma croissance.

Le mot « leadership » n’existait pas encore. On disait peut-être « guide » proche du guidon d’un vélo ! Mais j’en apprenais le sens par leadership.jpgla peine que prenaient les parents afin de nous responsabiliser les uns envers les autres en prenant soin des plus faibles, envers les vieillards de l’hospice leur jour libre, envers la jument et la vache qui mettaient bas le poulain et le veau, en soignant les lapins, en donnant du grain aux poules, en étant attentifs au comportement des animaux de la ferme, en pompant l’eau du puits pour leur breuvage et pour nos lessives. On se sentait responsable de la terre, du grand jardin, des champs.

 

Prendre conscience de l’impulsion de vie dans le vécu quotidien des saisons, colorées de pleurs, de malheurs et de bonheurs, les nôtres et ceux des autres, c’était comme la flamme fragile d’une bougie !  Oh ! Il fallait être responsable envers les passants frontaliers de l’époque et de la région. « Attention de ne pas suivre un inconnu et de ne pas parler avec n’importe qui ! » Lorsque les parents étaient aux champs et qu’on gardait la maison.

 

Les visites étaient nombreuses jusque tard dans la soirée quand des chasseurs aimaient raconter leurs histoires de chasse et discuter d’affaires politiques : entre Berne et le Jura, et surtout du sort des gens au-delà de la frontière, souvent de la parenté et des amis, de la région du Doubs, de Belfort, de l’Alsace martyre disait maman, de l’Allemagne, de l’Autriche et au-delà. J’entendais très rarement parler d’argent. Le pain quotidien, c’était de l’or. L’esprit fataliste n’existait pas chez mes parents, un « monde meilleur se faisait ». A travers les guerres, après les guerres on verrait peut-être un vrai Leader surgir ici et là… Conrad Adenauer et Charles de Gaule ! Maman vibrait, Papa réfléchissait. Les deux avaient des idées politiques contrastées et vivement discutées, entre eux deux et avec les passants et visiteurs.

J’essayais de tout comprendre sans jamais prendre la parole jusqu’au jour béni où je pus lire les livres d’école et tout ce qui me tombait sous la main y compris les feuilletons du Quotidien « Le Pays » et les Francs-propos d’Henri  Schaller ! Les parents d’abord, avec le vieil oncle Émile et la vieille tante Louise, puis les enfants s’arrachaient les feuilles, lisaient, se les repassaient, chacun son tour, avant de les replier, d’en faire des petits carrés de papier de toilette, des petits bateaux et des avions !

 

Oui, c’est dans cette grande chambre et sous les tilleuls que j’ai rêvé de pays lointains ;  nous avions vu des cavaliers sénégalais de l’armée française galoper sur la route bordée d’une haie et j’ai vu la couleur de leur peau.

 

La vie bouge, rien n’est statique, et le monde se construit, toujours plus beau et meilleur. Je croyais ferme au Bien, au Beau, au Bon ! Et quand on croit, on met la main à la pâte ! Quelle audace, cet idéal hérité de nos ancêtres. Pour construire un monde parfait ! Oh ! Je me souviens des désillusions et des colères durant les crises d’adolescence où tout allait trop lentement alors qu’on se projette dans l’avenir sans trop de réflexion et qu’on apprend la patience du temps qui passe et la nécessité de gagner son pain à la sueur de son front !

 

Il me semble que c’était l’apprentissage d’un certain type de « leadership » à partir de la pratique des aînés, des leaders. Pour mes parents, les leaders politiques étaient le sujet de leurs vigoureuses discussions ! Bien avant l’apparition de la radio. Mais quelle ouverture sur le monde nous apportait ce Telefunken !

 

Papa et maman n’étaient pas des « meneurs d’hommes » ils ne faisaient pas de Politique mais étaient politisés. Ils éveillaient ce qui se cache de meilleur dans chaque personne ! Merci à eux !

 

Ma conclusion toute personnelle : une personne nommée à un poste, Katutura1.gifen politique, en sport, en économie, en finance, en religion n’est pas automatiquement un leader ! Tout au plus est-il un bon fonctionnaire et c’est déjà beaucoup.

Un Leader ne naît pas à sa naissance ! Je pense que « Born to lead » est un leurre. L’apprentissage se fait parfois en prison comme notre Mandela ! Lui,  un vrai Leader. Et s’il s’en va, son esprit nous anime.

 

22:19 Publié dans Solidarité | Tags : leadership | Lien permanent | Commentaires (2)

27/04/2010

LEADERSHIP

leadership.jpg

Leadership

 

« Le monde est en manque de leadership ». J’ai lu, et tout récemment entendu cette remarque concernant l'Église et ses ramifications, les ordres, congrégations, mouvements religieux. « C’est comme du bois mort qui flotte à la dérive » (sic).

 

Manque de leadership dans le monde politique, le monde du travail, de l’économie, de la culture et de la religion. On pare aux urgences. Le long terme est au-delà des  nuages.

 

J’entends souvent : « Il faut profiter ». Profiter de ce qui reste de temps, de « choses », de vie. « Nous disparaîtrons avant que disparaisse la planète, et une autre espèce humaine naîtra de nos cendres » ! S’engager dans une réflexion constructive est périlleux, tant les protagonistes semblent fixés sur l’inévitable. Je veux dire la NON-VIE. La mort douce.

 

Il me semble que les personnes les plus positives sont encore celles qui luttent pour leur survie au cœur des catastrophes naturelles, des guerres, du terrorisme des « trônes et des dominations ». Les ouvriers, les paysans, les poètes, les écrivains, les handicapés, celles et ceux qui informent le public sur les événements du monde quitte à se faire assassiner lorsque la vérité éclaire l’illusion des mensonges systémiques !

 

Après avoir joui d'une généreuse semaine de réflexion, de prière,  je suis confrontée à la question : « Comment partager « l’espérance qui est en nous et dont il faut rendre compte » (Première lettre de Pierre 3, 15) dans ce chassé-croisé de peurs de tout et de rien, de recherche effrénée de sécurités? Une larme coule sur Haïti, alors que l'attention se fixe la Grèce en manque d'Euros. Comment partager l'espérance concrètement?

 

C’est l’espérance qui motive cette note pour mon blog sur la carence de leadership aujourd’hui. Les relations existent mais sans réseaux de solidarité qui nous rassembleraient en un mouvement. Nous sommes des millions de gens de bonne volonté dispersées qui avons besoin de leadership pour se rencontrer en avançant vers un avenir commun. Et j'aimerais partgaer mon espérance renouvelée en la foi en tous les hommes. Et en l'esprit d'un leader.

 

Au lieu de plancher sur la signification de ce mot anglais intraduisible « leadership », je présente simplement une personne: Nelson Mandela.

La question lui fut posée : « Durant vos 27 années de prison, avez-vous jamais pensé être président ? » La réponse : « En prison, mes camarades m’ont toujours appelé comme ça, Président ! »(*)

 

Richard Stengel a écrit récemment « Mandela’s way : fifteen lessons on Life, Love and Courage », j'y trouve la sagesse et la substance d’un vrai leader dans les 15 conseils donnés, que j'ai traduits et fortement raccourcis :

 

1. Sache que le courage n’exclut pas la peur. Ne permets pas à la peur de te dominer. Dans les affaires quotidiennes, fais comme si tu n’avais pas peur.

2. Le calme aide les gens à agir avec justice. Réfléchis, analyse, puis parle et agis.

3. Sois devant, debout : il faut qu'on te voie aux commandes qui font avancer la justice et la paix.

4. Sois derrière et au milieu : « empower », fortifie les membres du mouvement. Sois au milieu d’eux et que « la pensée du pasteur soit la résonnance de celle des moutons » (Sr Gemma)

5. Que ton apparence et ton comportement soient dignes et respectueux ! Ouverts et à l’écoute.

6. Que ton but soit clair ! Les Droits humains pour tous, sans considération de race, de classe, de sexe.

7. Vois ce qui est bon dans l’autre. Crois en la vérité de l’autre jusqu’à preuve du contraire.

8. Connais l’ennemi. Apprends sa langue, détecte ses faiblesses, partage ses intérêts (voir le film Invictus).

9. Reste proche de tes rivaux. Garde contact. Les factions sont ainsi évitées.

10. Sois capable de dire NON s’il le faut, afin d’être fidèle au but à atteindre.

11. Ne sois pas naïf. Considère le long terme. Vois le fils rouge de l’Histoire à construire. Ne cherche pas d’abord à changer les choses proches de toi. Dépasses les frontières.

12. L’Amour fait la différence. Un révolutionnaire sait aimer.

13. Se retirer est un élément important du leadership. Le pouvoir n’est pas le but. Le but est la construction d’une société démocratique et où la justice règne.

14. Accepte les contradictions et tes limites. Sois compatissant envers celles et ceux qui se mettent au travers de ton chemin.

15. Finalement, fais du jardinage. Là, fais pousser de belles fleurs, mais avant tout, cultive ta paix intérieure.

 

http://ncronline.org/blogs/road-peace/mandelas-way

www.randomhouse.com.gif

 

(Lire le texte original au blog anglais)

 

À bientôt

21:44 Publié dans Solidarité | Tags : mandela | Lien permanent | Commentaires (4)

07/03/2010

JOUNEE MONDIALE DES FEMMES

 

 

 

jesuszeffirelli13marie.jpeg

La Vierge Marie, Mère de Jésus, interprétée par Olivia Hussey.
Film de Francisco Zeffirelli, "Jésus de Nazareth", 1977.

(source : users.hol.gr/%7Etgsonsoe/)

Journée de la femme

Le 8 mars 1910  à Copenhague : première confédération des femmes socialistes qui revendiquent le Droit de vote. Suivi bientôt de la Journée mondiale de la femme. En Afrique aussi. Et pourtant il reste à faire pour que les femmes puissent conquérir leur droit à la dignité d’être humain.

 

Mais je voudrais faire honneur à une femme dont on ne parle guère en tant que femme et mère et à qui on doit beaucoup,  c’est Marie de Nazareth, la maman de Jésus et la femme de Joseph le charpentier. Ci-dessous un très beau texte au sujet de cette grande et simple femme palestinienne/juive. Divinement femme et divinement tendre et forte!

Elle n’a pas eu la vie facile et a dû se donner beaucoup de peine, avec Joseph pour éduquer Jésus qui leur échappait et semblait les devancer de bien des manières. A longueur de journées et d'années.

 

Mais Marie était une femme forte comme beaucoup de femmes ! Un exemple : elle est enceinte et elle s’en va, seule, visiter sa cousine Elisabeth enceinte aussi. Elle laisse Joseph se débrouiller seul à Nazareth. Les deux cousines partagent les soucis et le bonheur de la proche naissance des bébés. Et Marie se met à chanter, pas n’importe quelle chanson. J'imagine qu'Elisabeth chante avec Marie, quel beau duo. Les bébés jubilent dit-on.

Elles chantent spontanément un chant « révolutionnaire » ; oui, elles louent le Seigneur, elles reprennent des expressions de l'Écriture qui feraient dresser l’oreille et froncer les sourcils aux chefs religieux et politiques. Elles n’en ont cure. Elles chantent parce que l’Espérance les habitent ! L'espérance, c'est contagieux lorsqu'on la chante ensemble. Ce même chant est chanté chaque jour par les Sœurs, les Moines et sans doute par beaucoup d’autres : Voici:

 

"Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur.

Il s'est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son nom.

Son amour s'étend d'âge en âge sur tous ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leur trône. Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur,

Il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères,

en faveur d'Abraham et de sa race à jamais."

 

C’est un chant politique qui défie les systèmes, met la société sens-dessus dessous et annonce déjà la Bonne Nouvelle que va annoncer le petit reposant dans le ventre de Marie! Et d'Elisabeth.

 

black virgin.jpgPour ce qui me concerne, je suis bien obligée d’être pro-active pour être vraie, de dire « stop aux inégalités sociales, ecclésiales, politiques : les inégalités « hommes femmes » justement ! Être pro-active ou, sinon,  arrêter de chanter ces mots sans y croire, si on en fait rien !

 

Je souhaite à toutes les femmes, et à tous les hommes de chanter ce chant magnifique demain le 8 mars pour célébrer la journée mondiale de la femme. Et d'être pro-actifs.

 

23:02 Publié dans Solidarité | Tags : magnificat | Lien permanent | Commentaires (0)

08/05/2009

UNE SOEUR, C'EST QUI?

 

4105.jpg

C’est qui et c'est quoi, une sœur ?

C’est quoi une sœur ? Je dis encore quelques mots au sujet de « C’est quoi ou c’est qui une sœur aujourd’hui alors qu’on croirait voir, ou prévoir que les sœurs sont une espèce en voie de disparition »

Jésus, le Fils de l’homme (Il se nomme ainsi lui-même) pose quand même cette question à celles et ceux qui l’entourent, et c'est  rapporté par Marc au chapitre 8 :

« Que disent les gens à mon sujet? »
Ses amis répondent:
Ça dépend avec qui l'on parle! Certaines personnes te prennent pour Jean le Baptiste, d'autres pensent que tu es Élie revenu des morts; d’autres que tu es un prophète.. »

Ça dépend avec qui l'on parle :

·        Que disent les gens de l’image d’une sœur ?

·        Que disent les gens de la réalité d’une sœur ?

Il pourrait y avoir autant d’idées, intéressantes et constructives, qu’il a  de réponses :  ça dépend qui répond.

J’ai écrit dans le précédent billet que les sœurs font une semaine de retraite (silence et réflexion) par an.

Ainsi, en Afrique du sud, nous avions eu l’idée géniale que voici : durant une journée entière, les gens de la rue, de la brousse, des lieux de travail, pouvaient venir nous dire face à face ce qu’ils pensaient de nous alors que nous gardions le silence.

Les réponses directes et simples de gens qui n’ont rien à gagner ni à perdre était pour nous une révélation. Nous apprenions à nous connaître nous-mêmes! La réalité et l’image. Deux choses séparées, parfois contradictoires, parfois parallèles et dissonantes. Ou encore la réalité humaine et vécue au cœur des gens et en relations avec eux. Des relations dans des libertés mutuellement respectées. Plus d’image, surtout pas de définition (canonique ou autre)! Une personne humaine comme les autres sauf peut-être, mais je n'en suis pas sûre, une option pour le "grand large". Pas de louanges ni de 5 sur 5, encore moins de flatterie. Mais on se sentait « clean » purifiés les uns les autres. C'était une conversion mutuelle. Un "eye opener". Plus de "comme si", transparence oblige, tout en respectant chez tous l'inaccesible lumière au fond du coeur de l'individu.

Après mon retour en Suisse, j’ai suggéré qu’on arrange une journée complètement ouverte avec la même question : que disent les gens de nous ? (idem comme en Afrique du Sud)

Mon idée a paru saugrenue et je le comprends un peu mieux maintenant, même si je ne la laisse pas tomber ! La réponse, nette, fut : « Oh ! mais les gens diraient ce qui nous fait plaisir d’entendre… !!! »  (C'est possible, ça?) Je n’ai pas insisté. Mais j’ai pensé à la réponse que Jésus avait reçue : ça dépend qui répond !!!

C’est vrai que l’Afrique et l’Europe sont deux mondes bien éloignés  l’un de l’autre au sujet des images et des réalités.

 

Sr_Sophie_et_les_enfants.jpg

 

Soeur Sophie entourée de ses enfants à Bethleem

 

 

www.creche-bethleem.ch

Les deux images son tirées du site de la crèche de Bethleem, adresse ci-dessus

Oui c'est à Bethleem qu'est né un enfant qui allait faire toute la différence dans notre monde!

 

 

09:36 Publié dans Solidarité | Tags : soeur | Lien permanent | Commentaires (2)

29/04/2009

PASSEPORT

Le passeport

(J'écris cette petite réflexion ce soir parce que, en tant que citoyenne, une carte d'identité et un passeport me concernent et que l'avenir de mes concitoyens, suisses et ou planétaires me concerne. Je prie pour qu'un jour nous arrivions au moins à envisager de relativiser les frontières, regarder au-delà des barrières et abattre les murs!)

JE le porte, le passeport, afin de passer une frontière.  On admet donc les frontières qui deviennent de plus en plus des murs infranchissables et menaçants. Frontières pour sortir du pays et pour y revenir.

Ce soir je regardais Infrarouge avec un groupe de personnes aux opinions, réactions aussi variées et manifestées que celles des protagonistes qui débattaient sous la baguette adroite de Esther Mamarbachi. Madame la conseillère fédérale a parfaitement géré sa partition! Elle a maintenu ce qui était rapporté dans le Matin.ch : «Sans puce, le passeport ne vaut pas plus qu’une carte d’étudiant», elle ne l’a pas affirmé de cette manière ce soir, mais elle suivait ce chemin-là.  Poliment, quasi spontanément. A l’occasion, comme une skieuse slalom à l’aise et qui arrive à bon port. Souriante.

Je sais que je vais voter NON. Les raisons données pour le NON par le jeune homme dont les parents avaient été fichés, je les partage. Mais j’ai une expérience de vie, en Afrique du Sud encore, de la signification d’un passeport et jusqu'où la hantise de la sécurité mène.Quand on a peur!

Durant le temps de l’Apartheid – et l’Europe sans s’en rendre compte prend le relais de l’Afrique du Sud en la matière – mon passeport d’européenne sud-africain ne me posait pas de problème. Mais pour la majorité au milieu de laquelle je vivais, c’était un outil de contrôle, d’exploitation, de domination, de discrimination raciale qui rongeait l’infinie patience des NON-blancs en l’occurrence. On nommait cet odieux passeport : DOMPASS ! Le passeport-idiot. Obligation de le porter sur soi. Je pourrais écrire des pages sur la dynamique alias dynamite potentielle qui faisait de l’être humain : un bout de papier à produire sur demande aux forces de l'odre! Tous les détails y sont inscrits, sans oublier la race, l’ethnie, ou le mélange des deux, le lieu de résidence pour des personnes toujours fugitives, en recherche de travail et de pain ! Pas encore de banque de données là-bas à l'époque, mais ici en CH on a l'intention de nous placer tous ensemble, un pays de petites puces, dans une petite boîte juste au cas. En Europe, ici à Bulle, dans le Canton de Fribourg et en Europe : que pensent et que ressentent les sans-papiers et sans domicile fixe ?

 


 

siteon0.jpg

 

 

 

 

 

 

 

23:03 Publié dans Solidarité | Tags : passeport | Lien permanent | Commentaires (4)

25/04/2009

MEDITATION DOMINICALE

Retraite pour reprendre souffle

 

speakLordPrayer.jpg

 

Chers amis visiteurs, avez-vous déjà fait une retraite? Je pense bien. Ceux qui se sont aventurés dans le marriage ont fait une « lune de miel » peut-être, ou une escapade en montagne ou auprès de l'eau. Seuls ou avec d'autres. Donc je ne vous apprends rien mais je partage quand même ce court vécu avec vous.

Les soeurs font une retraite de 8 jours annuellement. On peut faire plus, ou moins, c'est selon. La Maison-mère offre un choix: le thème, l'accompagnatrice(accompagnateur) spirituel, le lieux et le nombre de jours. J'ai choisi la semaine du 14 au 21 avril pour aller à Menzingen (Ct Zoug). Le thème: « Les paraboles de Jésus » Nous étions une trentaine de soeurs de partout + un théologien qui, deux fois par jour, a présenté « les paraboles » à sa manière. Que j'ai aimée.

Je sentais le monde et ses créatures habiter mon coeur et je me sentais vraiment dans l'Unitude. Aimée de Dieu en mon coeur habité!

Pas de médias. Comme vous, à l'occasion, je vidais ma tête encombrée de trop de choses accumulées, de pensées contradictoires, d'images filantes, de bruits discordants, de ras le bol, de désirs,  je sentais mon « Moi » profond un peu enflé! Gonflé si vous voulez! Ce vide fait, je crois, pouvait accueillir un souffle tout frais, le message de Jésus aujourd'hui. Il me disait: « Je t'aime comme tu es! » Et les autres aussi! Jésus me donne l'exemple. Voilà. On essaie de s'aimer comme on est.

A peine rentrée à Bulle que je m'énerve déjà du « show » victorieux de JZ en Afrique du Sud ayant piraté Mandela pour se faire des voix! Heureuse de la libération de deux consoeurs Tamouls hier! Heureuse que la pluie est tombée au Zimbabwe! Heureuse que Soeur Rose reprend vie quand refleurit son jardin! Heureuse et malheureuse du cran de notre ministre H.R. Merz au USA. Et du bla-bla au quart de tour de politiciens. Malheureuse que la réfugiée desespérée de Macédoine n'ait trouvé personne... jusqu'à la dernière minute, au bord du chemin en Thurgovie, le symbole d'une tragédie qui, qui forcément se poursuit...et nous: témoins et/ou spectateurs, cheminons en pensant à elle et aux siens. Je trouve que les médias ont bien traité cet « incident »!

************************************************************************************************************

Et pour demain, le FORUM TOUS DEHORS, vous connaissez?

Pour se serrer les cœurs et construire, ensemble.

C'est à Montreuil, près de Paris je crois. Et voici l'adresse du site:

http://cspmontreuil.unblog.fr/2009/04/03/22/

En bref, c'est quoi LE FORUM Tous dehors ?!

 

Pour se serrer les cœurs et construire, ensemble.

Des groupes de discussion libres se mettront en place avec ceux qui s’y intéressent ; personnes, institutions, organisations etc, autour des thèmes

  • du travail

  • des femmes,

  • de la santé

  • du logement,

  • de la répression

  • la liberté de circulation et d’installation

  • les conséquences de la politique Françafricaine,

Les 25 et 26 avril, à la Parole Errante, ces idées seront discutées, débattues. Ce Forum est un moment pour échanger des expériences de lutte, émettre des propositions, pour tisser des liens, et construire actions et alternatives.

TOUS DEHORS !?

Hors des barrières mentales08spring.jpg
des murs, des frontières, .

Dans nos rues,
dans nos quartiers.

ICI ET LA BAS, RÉSISTONS!



 

 

23:26 Publié dans Solidarité | Tags : souffle | Lien permanent | Commentaires (7)

07/03/2009

Solidarité avec ceux/celles à LUCERNE

cover_Photo%2520001.jpg

Loyauté critique ou soumission d'esclaves?

 

Sans la Foi de la famille paysanne où j'ai grandi, je serais ailleurs qu'ici et autre chose qu'une Sœur. J'ai une certaine gratitude envers l'institution catholique dont je suis membre et j'ai appris à lui témoigner une loyauté critique. C'est pour cela que je suis contente que d'autres, bien plus importants que moi font état d'une loyauté critique envers l'actuel pape Benoît XVI. Ceci, pour être fidèle à l'Évangile, donc à Jésus.

Par exemple:

« Kirchendemo », c'est le nom de l'organisation qui invite les catholiques et autres chrétiens de Suisse à manifester à Lucerne pour protester contre la politique menée par le Pape. La CES (Conférence des évêques suisses) compte s'associer à cette manifestation de protestation. Un de ses membres, l'abbé du monastère d'Einsiedeln, s'y rendra pour écouter les doléances des croyants, mais il ne participera pas au défilé. (SWISS TXT). Les autres évêques ne défileront pas. Mais ils ne sont pas opposés et c'est déjà beaucoup... L'Unité de l'Eglise nous préoccupe disent-ils.

Mes sources:

http://www.24heures.ch/actu/suisse/eveques-suisses-critiquent-vatican-dossier-econe-2009-03-05

http://www.laliberte.ch/?contenu=toutelajournee&depeche=36268

« Discuter plutôt que quitter l'institution » (ma traduction)

Auftreten statt austreten »

Un groupe de catholiques suisses s’est choisi ce slogan pour mener campagne contre la ligne du pape Benoît XVI. Une assonance qu’on pourrait traduire par « plaider plutôt que se retirer » pour inciter les fidèles à faire entendre leur voix plutôt que de quitter l'Église.

Le 8 mars, ces catholiques suisses – alémaniques pour la plupart – seront dans les rues de Lucerne pour une manif’ contre la « politique du pape ». Du jamais vu depuis l’ « affaire Haas » en 1990 ! ...

Mais si ces catholiques sortent en place publique, c’est aussi pour défendre un certain nombre de valeurs qu’ils estiment menacées : la dynamique du Concile Vatican 2, le dialogue œcuménique et inter religieux, l’amélioration du statut des femmes dans l'Église, la diversité d’opinions dans l'Église, etc.

Pierre-Yves Moret, Jacques Mouriquand, Evelyne Oberson et Fabien Hünenberger vous proposent plusieurs éclairages. Celui d’Othmar Keel, professeur émérite de l’Université de Fribourg et organisateur de la manif’, celui du Père Martin Werlen, abbé du monastère d’Einsiedeln, envoyé à Lucerne le 8 mars par la Conférence des évêques de Suisse, et celui de Dominique Baillif, prêtre de paroisse à Renens

On connaissait les manifestations contre l'Etat, contre des banques, pour la paix dans le monde, la Suisse alémanique invente les manifestations contre la stratégie du pape Benoît XVI.

INVITATION à TOUS

Le rendez-vous est donné pour le dimanche 8 mars à 14h, à LUCERNE. Un défilé partira de l'église des Jésuites, annonce le Tages-Anzeiger.

 

http://www.kirchendemo.ch/main.html?src=%2F

et le site de Haute Fréquence (à 20h00 dimanche soir)

http://www.rsr.ch/la-1ere/hautes-frequences

On ose espérer que les catholiques de toutes la Suisse se solidarisent(la Suisse française, le Tessin) avec cette courageuse prise de position.

14:29 Publié dans Solidarité | Tags : solidarité | Lien permanent | Commentaires (14)

11/01/2009

Méditation dominicale

 

KLERMA1.jpg

 Espérer

La différence entre

  • lire l’actualité dans les journaux
  • écouter l’actualité à la radio
  • voir l’actualité à la télé
  • la vivre sur place

Exemple :

Quand cela nous touche de près !

La veille de Noël, l’Armée aérienne du Sri Lanka ( SLAF) a bombardé, entre autres cibles, la maison de nos Sœurs : Holy Cross Convent, située à Parathan Mullaiththevu Road, à 600 mètres de distance de la jonction à environ 10 : 30 p.m. aux environs de 10:30 p.m..

Voici ce qui reste du couvent des Sœurs, cette maison était marquée du signe de la Croix Rouge. Les Sœurs engagées dans les secteurs ambulatoires de la santé n’étaient pas encore de retour dans la maison.

http://videos.desishock.net/503193/Sri-Lanka-Air-Force-at...

Cette vidéo montre des séquences des dégâts de ce bombardement (bombes à sous munitions) avec explications en français. Statue de Marie décapitée à l’entrée de la maison ;  un parachute contenant encore des bombes à sous munitions ainsi que des pamphlets de propagande. L’église des environs a aussi été endommagée. Les habitants ont fui 85 têtes de bétail ont été fauchées.  Le lien ci-dessous offre une actualité  détaillée, malheureusement, en anglais.

http://tamilweek.com/news-features/feed/atom/

Méditation dominicale :

Nelson Mandela a écrit : « Mon père était un prêtre officieux …qui n’avait pas besoin d’être ordonné parce que la religion traditionnelle du Xhosa est caractérisée par une intégrité cosmique - il y a peu de distinction entre le sacré et le séculaire, entre le normal et le surnaturel. »

Alors comment prier face à la réalité ?

Un théologien bien connu nous dit : « C'est en ces lieux de calvaire que l'on peut rencontrer Dieu et découvrir un nouveau monde d'espérance... Dès lors nous devons oser voir ce qui est sous nos yeux, nous devons croire que c'est lorsque Dieu semble le plus loin et quand les êtres humains sont tentés par le désespoir que la théologie doit intervenir. »  (T. Radcliffe: La source vive de l'espérance, étude et annonce de la Bonne Nouvelle, 1996).


Ma prière est donc inductive, en d’autres termes, elle est enracinée dans le vécu ressenti, ici, dans cette communauté et au-delà, un vécu lié et solidaire de celui de la terre, du cosmos ; cette réalité distille une espèce de contemplation et nourrit ma Foi au Créateur, en l’homme, en moi-même. Si je suis tentée par un vide d’espérance, j’essaie de donner du temps à Dieu et à cette étonnante « petite fille l’Espérance » pour qu’elle revienne ! Je sais qu’elle couve sous les cendres de nos vies comme une étincelle prête à jaillir. La vie.

De Jacques Prévert :  « Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il (le petit écolier) dessine le visage du bonheur .»


KLERMA2.jpg

22/09/2008

ZUMA versus MBEKI

A l’occasion de ses nonante ans, Nelson Mandela a reçu la visite de Thabo Mbeki, président du gouvernement d’Afrique du Sud en même temps qu’il recevait celle de Jacob Zuma, nouveau président de l’ANC, lequel (Zuma) avait, en décembre 2007, Mbeki de la présidence du Congrès National Africain.

Lors de la visite des deux politiciens, Mandela leur a déclaré :

« Aucune personne, aucune section, aucune fraction ou groupe ne doit se considérer comme étant plus grand que l’Organisation (en l’occurrence l’ANC).
Notre Nation vient d’émerger d’une longue Histoire de profondes divisions et de durs combats. Ne permettons jamais que nos actions ou nos paroles plongent à nouveau notre peuple dans les horreurs du passé ».
(ma traduction)

Hier, l’ANC a ordonné au Président de la République d’Afrique du Sud de démissionner. Aujourd’hui, dans la soirée, Thabo Mbeki, dans un message télévisé a formellement démissionné. Il quittera ses fonctions en respectant le processus de la Constitution.

Au cœur de son message, ces paroles :
"Nous avons toujours protégé l'intégrité de la justice… Nous n'avons jamais porté atteinte au droit des services du procureur général d'engager des poursuites ou de ne pas en engager", a-t-il ajouté en niant toute ingérence dans les poursuites pour corruption de Jacob Zuma ».
Mandela le sage a dit ce qu’il avait à dire sachant ce qui se préparait ! Nous pensions ne jamais en arriver là…Nous avons toutes les raisons d’appréhender l’avenir ! Je ne sais pas comment les médias vont interpréter ce fait. Mais je connais la peur des millions de Sud africains face au spectre de nouvelles divisions ethniques autant que politiques.
Que nous sommes loin de UBUNTU
« Je suis ce que je suis parce que vous êtes ce que vous êtes. »
« Quelqu'un d'ubuntu  est ouvert et disponible pour les autres, dévoué aux autres, ne se sent pas menacé parce que les autres sont capables et bons car il ou elle possède sa propre estime de soi — qui vient de la connaissance qu'il ou elle a d'appartenir à quelque chose de plus grand — et qu'il ou elle est diminué quand les autres sont diminués ou humiliés, quand les autres sont torturés ou oppressés » (Desmond Tutu).