15/07/2010

PANNE


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J'ai de sérieux problèmes techniques d'ordinateur. Et devrai attendre que les réparations soient faites pour continuer la publication des billets, peut-être même des mails.

En attendant, portez-vous bien et à bientôt

claire-marie

 

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01/06/2010

ISRAËL/PALESTINE

 

 

Israël et Palestine :

La flottille de la Liberté et les enfants de Soweto

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"La flottille de la liberté" : Des personnes âgées, des enfants, des femmes, des centaines de personnes engagées voguent vers Gaza où les Palestiniens ont faim de pain et de liberté ! Les bateaux apportaient du matériel humanitaire et des biens de consommation.

La flottille est dans les eaux internationales, Israël maintient son étau et surmonter cet obstacle afin de  "soulager la souffrance des Gazaouis »  après l'attaque israélienne hystérique et désespérée, aboutira à ce que l’ont sait selon les médias.

·       Mais « "Il n'y a pas de crise humanitaire à Gaza", a affirmé, lundi 31 mai au soir, Daniel Carmon. L'ambassadeur adjoint d'Israël !

· Et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a apporté "son entier soutien" à l'armée israélienne.

·       A New York, les 15 membres du Conseil de sécurité ont adopté à l'unanimité une déclaration non contraignante et de moindre portée qu'une résolution.

· Durant la nuit, à l’aube, les volontaires essuient des tirs à "balles réelles" à partir d'hélicoptère et de canots gonflables israéliens. Les soldats "ont tiré directement sur la foule de civils endormis" est-il rapporté.

Les navigateurs de Bonne volonté, avec leurs morts, leurs blessés et leur rêve brisé continueront leur voyage comme du bois mort sur les flots  "seuls à les soutenir, à les consoler peut-être".  Mais la colère gronde.

Henning Mankell avait justifié sa présence par le besoin de concrétiser par des actions son engagement en faveur des Palestiniens.

Le Courrier International et le Nouvel Obs : Je cite de mémoire : les dirigeants israéliens s’en remettent au pouvoir de l’Armée, totalement soutenue par Netanyahu, plutôt qu’à la diplomatie! Un bouclier électronique censé interdire la diffusion de toute information sur la saisie du navire et sur l’arrestation de tous ceux qui se trouvent à bord a été créé !

Pourquoi est-ce que j’écris ce billetalors que cette tragédie sera analysée, interprétée, publiée selon les intérêts des uns et des autres, durant des semaines, des mois ?

Parce que, indépendamment du contexte, et toute proportion gardée, j’y trouve une ressemblance frappante avec ce que nous avons vécu en Afrique du Sud, alors que la toute puissante minorité blanche et armée vacillait et donc était prête à tout ! Avec Israël entre autre, le recours au nucléaire aurait été envisagé!

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C’était le 16 juin 1976 : les écoliers noirs, forcés d’étudier dans la langue du dominateur de l’époque, descendirent en chantant, par milliers dans les rues (dirt roads) de Soweto afin de revendiquer l’enseignement en anglais plutôt qu'en afrikaans.

Je résume, de mémoire vive, ce que nous avons vu et vécu: le monde des enfants, tout-à-coup, face à une armée de policiers, de soldats paniqués, qui n'attendent même pas un ordre et qui tirent dans le tas et, cette matinée-là, tuent plus de 800 écoliers, garçons et filles. Le premier abattu : Hector Petersen ! (à côté:  sa soeur)

Il n’y eut pas le tapage médiatique comparable à celui d’aujourd’hui au sujet d’Israël et de Gaza, néanmoins, nous sommes témoins que l’acte héroïque et (trop) spontané des plus vulnérables, avec la seul protection de leur peau noire, révélait la panique irrationnelle des dirigeants blancs face à l’avenir. Nous savions que c’était le commencement de la fin de l’apartheid en terme de lois raciales !

De 1976 à 1994, dix-huit années de lutte qui se voulait « activement non violente » et trop souvent sanglante, avant l’indépendance et le suffrage universel !

Grâce à Mandela, à un vrai leadership humainement politique, nous venons de vivre, après le traumatisme de l’apartheid, 16 années de reconstruction d’une société fragmentée et que Desmond Tutu priait qu'elle devienne « Arc-en-ciel ».

Peut-on  souhaiter pour la Palestine/Israël, la mère Patrie de Jésus, que la « Flottille de la Liberté » soit un signe de Paix de paix promise aux hommes de bonne volonté à sa naissance? Lui aussi, et son peuple, étaient courbés sous le joug du Pouvoir romain!?

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30/04/2010

HENRI SCHALLER: UN LEADER

 

 

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damassines

Un leader: Henri Schaller

Présenter un leader vaut mieux qu’une théorie laborieuse sur le leadership. Un Jurassien, Henri Schaller de Corban surgit dans ma mémoire, il était guide, leader et avançait dans la vie avec les gens de tous les jours.  Google ne me trouve quasiment rien de lui et j'ai recours à mes mes souvenirs.

Henri Schaller est née en 1886 à Corban, en « Terre sainte », vallée de Delémont, d’une famille de 12 enfants. Il fut prêtre,  journaliste directeur du journal Le pays - fondé par Ernest Daucourt en 1873. Le Pays parut quotidiennement dès 1923. Schaller fut  Président de la Presse catholique romande et Directeur de la Bonne Presse du Jura. Il mourut en 1985 à Porrentruy.

A l’occasion de ses 93 ans, Le Pays publie une interview de Henri Schaller toute scintillante de son humour et de sa sagesse. Il tire de son sac des souvenirs une historiette alors qu’il avait quatre ou cinq ans:

« Notre maison était située à quelque distance de la Scheulte, bordée à l’époque de buissons. Il n’y avait pas de murs de protection non plus. Tout le monde à l’époque allait aux poissons dans cette rivière… Un soir, c’était après l’angélus, comme nous étions dix garçons et deux filles, papa faisait le tour des chambres, il y avait trois ou quatre chambres où l’on dormait, puis il faisait encore une tournée après la prière du soir. Au coin de la chambre des parents en bas dormait l’avant-dernier qui s’appelait Edouard.

Ce soir-là donc, papa fit comme de coutume sa dernière inspection des chambres avec une dernière invocation. Et voici que mon frère Eugène va au-devant de papa et crie : « Papa, Henri n’est pas au lit ! – « Henri n’est pas au lit ? Mon Dieu, où est-ce qu’il est ? Est-ce qu’il s’est levé ? Est-ce qu’il est allé à la grange ? » Comme c’était l’automne et comme il avait plu, l’eau de la rivière avait grossi.

» L’inquiétude gagna donc rapidement tout le monde. On organisa immédiatement des recherches, en alertant vis-à-vis où vivait l’oncle, ainsi que chez le Basile, de l’autre côté de la rivière, en criant : « Henri est tombé à l’eau… Henri est tombé à l’eau… » On se met donc avec des lanternes à explorer le bord de la rivière, sur plus de deux cents mètres du côté de Courchapoix. On revient bredouille. Ce sont alors des cris, la désolation, c’est la marraine qui vient, la tante Marie, la tante Marianne, les cousins et cousines, tout le monde se désespérant : « Henri est tombé à l’eau… Henri est tombé à l’eau… » Mais voilà qu’un de mes frères, Jean, a l’idée de passer dans la chambre du bas. » J’aimais beaucoup le petit dernier, Edouard, qui dormait en bas dans son petit lit. Après avoir bien soupé donc, une bonne soupe aux pommes de terre avec du bon pain de ménage fait par nous, j’étais allé me pencher sur le petit lit d’Edouard, et, en le contemplant, je m’étais endormi et avais tout simplement glissé avec lui dans le petit lit ! C’est mon frère Jean, qui alla voir finalement dans la chambre du bas et me découvrit.

« On m’avait donc cherché en vain pendant une heure et demie ! Voilà que tout le monde accourt en criant : « Il est là… Henri est là… » De la désolation, on passe alors au bonheur, aux cris de joie, au magnificat après un « De profundis » manqué. Ce fut une véritable fête, c’est là que j’ai pris conscience qu’on m’aimait beaucoup et je n’ai jamais eu tant de baisers dans ma vie… »

http://www.corban.ch/modules/historique/Histoire_corban.pdf


C’est peut-être cette expérience de l’amour de son entourage qui alluma le feu dans le cœur du gamin, l’amour de tous, au-delà de toutes frontières. Il était un passeur d'Amour à travers ses Francs propos. Il ne songeait pas à faire carrière vers le haut. Il était terrien avant tout et c’est à partir de son contact quotidien avec les petites gens qu’il devint Leader, (je ne sais d'où lui est venu ce titre de Monseigneur)  et exerça une grande influence sur la mentalité de la population du Canton du Jura. Une influence de solidarité, même si le mot n’existait pas encore (ce mot me semble-t-il naquit avec Solidarnosc de Lech Walesa), et d’ouverture qui nous faisait espérer et lutter pour un Jura libre et pour un Vatican II !

Le territoire jurassien est minuscule mais tellement grand de cœur et d’ouverture ! Henri Schaller était conscient des valeurs enfouies dans le labeur quotidien des Jurassiens. Il les cultivait avec sa plume, comme Gilbert Salem met en lumière l’âme vaudoise quand sa plume rend vivante l’histoire des quartiers de Lausanne, des coins secrets, des rivières du Canton de Vaud et des Vaudois.  Henri Schaller rencontrait les gens au bistrot, dans le train, à la foire, et dans la cuisine de nos fermes. On aimait parler avec lui car on savait qu’il écoutait.

Chaque semaine, Le Pays publiait une note, l’ancêtre d’un blog , mettant en exergue une anecdote : qui ce laboureur, qui ce gamin, cette jeune fille, cette maman, ce médecin, ce curé, qui tout un chacun ! On s’y retrouvait et les voisins itou ! La Marie, le Joseph, la Catherine, le Marcel ! Henri Schaller recueillait dans son panier à fruits des histoires du peuple, comme autant de damassines « rose-rouge côté soleil et jaune-orange côté ombre ». Il les ramassait dans son panier et il en faisait un élixir qu’on goûtait en lisant le Franc-propos au Pays et bien sûr en le discutant ! C'était du journalisme de proximité qui nous connectait aux affaires du monde!

J’ai devant moi le précieux livre publié en janvier 1962 sur les Presses de l’Imprimerie jurassienne : et intitulé : FRANCS PROPOS. Il y en a 248 cueillis entre dix mille. Il les signait LEFRANC !

Nous devons beaucoup à ce leader au franc parler ! Surtout peut-être la prise de conscience que la dignité humaine est le droit de chaque personne. Il faut la conquérir, en être fier et surtout savoir qu’elle est le droit de chaque humain au quatre coins du monde !

Juste un extrait : « Monsieur Z. se fait gloire d’être incrédule. Cette qualité… ne l’empêche pas d’avoir du cœur ! S’il supporte tout juste les curés, il aime les Sœurs et il s’en justifie : « Quand j’étais malade plume41.jpgà l’hôpital les curés sont venus me molester pour « sauver mon âme » alors que les Sœurs ont soigné mon corps sans conditions ! »

Voilà un leader authentique: il faisait siennes nos expériences de vie et ce qu'il écrivait, en tant que premier blogueur au quotidien, avait une résonance en notre cœur et en notre intelligence.

Malheureusement, je n'ai pas de photo de Henri Schaller et quant à la couverture de Francs Propos, mon HP scanjet s'obstine à ne pas marcher.

 

 

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22/09/2009

ROGER DE DIESBACH

 

Il est parti hors espace-temps

 

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BRRI

Je trouvais le résultat des enquêtes, signé simplement BRRI. C’était dans les années ’80. La presse suisse ne s’intéressait guère à la réalité de l’Afrique du Sud. Ni la RSR ni la TV. Mais le BRRI, dès l’année 1986, si. Puis le BRRI a disparu.

http://archives.tsr.ch/player/personnalite-diesbach

Il n’est pas toujours rentable pour les médias, ni même pour certaines œuvres d’entraide que je ne nommerai pas, de rechercher, d’approfondir, d’analyser, puis de publier des faits au-delà de nos frontières, surtout lorsque notre économie et nos finances sont interpellées ! Aussi, avec les restructurations, le BRRI n’a pu continuer. Faute de moyens et de soutien.

Cependant, Roger de Diesbach scrutait jusqu’à ses derniers jours, les développements en Afrique du Sud ! Il y a quelques mois, à Rossens, entre amis autour d’un simple repas, je lui avais dit que j’aimerais bien trouver un journaliste  qui se rende sur place afin d’enquêter sur « l’annulation des dettes et les réparations en Afrique du Sud »  (www.apartheid-reparations.ch). Il s’agissait  « l’odieuse dette » que les plus pauvres en Afrique du Sud, devraient payer à la Suisse aujourd’hui encore, dettes qui furent contractées alors que la Suisse soutenait les derniers efforts des maîtres de Prétoria en faveur du statu quo !

Roger de Diesbach connaissait bien l’affaire ! Il m’a dit : « Mais je peux m’y rendre  moi-même ! »

Sa passion de justice, et l’élan pour rechercher la vérité, bloquait, pour quelques précieux moments, la maladie et la souffrance. Seul le silence du mystère de l’être humain pouvait répondre à sa volonté « to burn on till you burn out ! » Pour un monde plus humain !

Je souhaite qu’il n’emporte pas avec lui, dans le « hors espace temps » de l’Amour, sa passion  de la Vérité, celle que la plume sans concession écrit en toutes lettres dans les journaux, celle qui peut être criée sur les toits. Je crois même que sa « disparition » nous pousse à presser le pas, à lutter avec les moyens que nous avons en commun, pour sauver ce qui reste à sauver de notre planète et de notre espèce humaine.

Que notre Mère la Terre t’enveloppe de sa tendresse, Roger, et que le blé pousse plus dur pour le pain qu’on partage autour d’une table en mangeant une soupe aux légumes ! Merci.


 

21:08 Publié dans Général | Tags : diesbach | Lien permanent | Commentaires (3)

17/09/2009

Société et structures

 

 

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En 2004, j’écrivais ce qui suit et que je reprends aujourd’hui. C’est simplement ce que Jésus a vécu et enseigné. Au vu de l’actualité j’ai essayé de mettre à jour ce texte.

 

LA VISION DU MONDE DE JESUS ET SON PROJET DE VIE

Concernant l'argent

 

JÉSUS osait rêver «  d'une communauté à la taille du monde, qui est organisée de telle sorte qu'il n'y ait ni pauvre ni riche. » Sa compassion était et est sans borne pour les pauvres et les opprimés.

Concernant le prestige :

JÉSUS  osait rêver «  d'un monde à l'image de celui des enfants, celui où les échelles sociales, les rangs, les distinctions, les prestiges n'existent pas et sont remplacés par la valeur divine de l'humanité ».

Concernant la solidarité :

JÉSUS osait rêver «  que nous sommes tous identifiés les uns aux autres et donc à lui. Un pour tous, tous pour un. Un honneur à l'un est un honneur à tous. » Une insulte à l'un est une insulte à tous. Tout enfant est le mien.
Pour
JÉSUS, la solidarité globalisée supplante toutes les vieilles solidarités de groupe de quelque nature qu'ils soient.

Concernant le pouvoir

JÉSUS osait rêver « d'un monde où le pouvoir n'est pas organisé pour être servi, il n'appellera pas les hommes à se courber, à s'aplatir. Le pouvoir sera un service mutuel pour l'épanouissement de tous. »
Les barrières, les frontières, les trônes et les dominations sont remplacés par la famille humaine. Le partage et la solidarité  inspirent la politique économique, par conséquent les structures, à tous les niveaux.

La survie de notre espèce humaine dépendra de notre volonté d’implémenter petit à petit cette Bonne Nouvelle. Certaines cultures, dites primitives, en sont plus proches que l’Occident. Des communautés de partage et de solidarité ont existé (petites communautés de base) et survivent difficilement en Amérique latine et en Afrique malgré la méfiance des autorités.

Références :
Jésus avant le Christianisme, évangile de la libération
Albert Nolan traduit par Jean-Marie Dumortier
Editions Ouvrières 1979. Réédité, se trouve actuellement aux Editions du Cerf

The Hidden Gospel
Decoding the spiritual message of the Aramaic Jesus
Neil Douglas-Klotz
Quest Books 2001

SUIVRE JÉSUS AUJOURD’HUI

Albert Nolan, traduction Paul André Giguère

Juin 2009 aux Editions du Cerf

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09/09/2009

La haine n'a pas le dernier mot

 

Témoignage 1

 

Le Cap, « private Athlone high school » : les étudiants pouvaient, s’ils le désiraient, suivre le cours d’instruction religieuse dont j’étais chargée. Le supérieur permit un projet pilote, contextuel,  inductif et les étudiants auraient la liberté de contribuer à la construction du contenu. La quarantaine d’étudiants/tes, chrétiens, hindous, musulmans, africains, métis, indiens jouèrent le jeu !

 

Ma suggestion : en tant qu’êtres humains d’une même espèce, qu’avons-nous en commun ?

· Le besoin de nourriture

· L’eau potable

· Un logis

· La possibilité d’être ensemble, de vivre, de construire ensemble

· La santé, l’éducation, l’art venaient ensuite

 

1975-76. Nous étions en pleine lutte anti-apartheid, nous avions une réalité commune, une lutte commune pour un avenir commun. Cela fut une expérience de solidarité, de réflexions, de propositions, d’évaluations, unique dans ma vie ! Dans notre vie peut-être. La force, l’énergie ou la vie du Créateur, notre créateur à tous, indépendamment de la religion, nous aidaient. Sans cette solidarité, au niveau national, l’apartheid existerait encore.


Témoignage 2

 

J’ai eu le bonheur de passer un mois à Büyükçekmece, proche de la mer Marmara. Un point de rencontre entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique. J’étais seule au logis que m’avaient prêté mes amis.  La population, avais-je  lu, était 99% musulmane.

L’accueil a été inconditionnel. C’est-à-dire normal. C’était août, donc les gens d’Istanbul et des environs profitaient de la plage, pas du tout touristique,  mais très fréquentée. J’ai appris un peu l’Histoire du pays, de Kemal Ataturk, de Gallipoli, de l’époque ou Sainte Sophie était une église et pas un Musée que j’ai visité. J’ai pu méditer dans la Mosquée Bleue un vendredi.  Et j’au pu vivre la journée du Pardon, le 5 août. Les quelques mots du pays que j’avais appris suffisaient à tisser des relations.  Bien des fois, des femmes m’apportaient des épis de maïs dorés, de la soupe aux haricots, une partie de leur repas du soir, des tomates juteuses, des fruits, des figues fraîches, du thé bien sûr ! Sur la terrasse rustique alors que je rêvais à quelques mètres des vagues, on m’invitait à la table voisine. « What is your name, where do you come from ?” L’Anglais était plus facile. Aucun soupçon entre nous. De l’intérêt, c’est tout. La mosquée de Büyükcekmece, à 50 mètres en amont, et le muezzin ne me dérangeaient pas plus que les cloches. Je pourrais continuer de raconter !

 

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Mais j’ai écrit ces deux petits témoignages après avoir lu le billet , sur le blog de Hani Ramadan, le 5 septembre, l'article du journaliste James Petras datant du 19 novembre 2004. Pourquoi ? Je ne peux connaître la motivation de M. Ramadan. Mais, dans la conjoncture actuelle, en Suisse, ce papier de Petras insistant sur « Médias nazi-US » nous est-il utile ? Oui, les guerres immondes que ni les Irakiens, ni les Américains, ni personne ne voulaient sauf Bush et Blair, nous mènent, tous, au bord du chaos ! Nous le savons ! Pourquoi ? Est-ce parce que le 9-11, c'est après-demain ? Bien des Irakiens réfugiés en Suisse dès avant l’invasion US en mars 2003, bien des Palestiniens/Israéliens vivant côte à côte à Bethlehem aujourd’hui, (et j’en connais personnellement)  préfèrent construire, sans nier ni oublier le passé, mais sans y pourrir ! Avance et tu seras libre !

 

Puis j’ai attentivement lu tous les commentaires ! Les commentateurs prennent la peine de dire ce qu’ils pensent respectueusement, avec parfois une irritation retenue. Comme moi. Oui, « dénoncer toutes les démocraties n’est pas toujours utile », les abus de pouvoir règnent aussi dans des pays musulmans, par exemple la journaliste soudanaise Loubna Ahmed al-Hussein qui a dû se battre pour éviter la flagellation ?! Et que dire d’ Omar el-Beshir ?  Mugabe ? Kaddafi lorsqu’il accueille en héros (par son fils puis, lui-même en personne!) Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi, le Libyen condamné pour l’attentat de Lockerbie, en Libye après sa libération pour raisons médicales par le gouvernement écossais ? Qu’en pensent les victimes, mortes ou vivantes ?

 

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15/06/2009

RISQUER UNE REFLEXION

Risquer une réflexion personnelle

 

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Le département fédéral de l’intérieur : sécurité sociale, santé, éducation et recherche, culture. Cela pourrait être une tâche immense qui implique une interaction avec tous les citoyens qui sont, c’est un fait, les sujets de ce département. Pas simplement par quelques votations, mais des citoyens liés par un projet de société, et motivés par la solidarité et la volonté de créer une société plus juste…

Un fait secondaire

Pascal Couchepin a déclaré que sa démission était un fait secondaire dans la vie du Conseil fédéral. Les images « télé » venaient d’exposer une facette de sa personnalité politique par la caricature du « roi soleil ». Les parlementaires applaudissaient pendant que M. Couchepin manifestait sa noble indifférence aux honneurs par quelques revers de main qui faisaient penser aux ailes déployées d’un aigle prenant son envol vers le nid qui l’attend dans un repli des alpes valaisannes.  C’était un spectacle ! Mais lisons plutôt Luc dans son évangile : « Vous de même, quand vous avez fait tout ce qui vous a été ordonné , dites : Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire . » C’était peut-être une pensée de M. Couchepin.

Ce petit coup de tonnerre – pas inattendu - jette alors les abeilles politiciennes dans un bourdonnement  en mini-grappes  de flatulences ou, mieux, comme des fourmis se hâtant vers quelque filon propice à l’espèce ! Adieu la langueur estivale qui vous fait rêver de quelques bonnes semaines « hors politique » ! Non, annonce la météo de notre Helvétie, l’été sera long et chaud !  C’est normal. Une question de succession !

 

Je suis perplexe, déconcertée, énervée par le show : il s’agit de remplacer un homme fort, par un autre qui aura la charge du département fédéral de l'Intérieur et c’est ce qui nous concerne directement, nous, les citoyens et Dieu sait si chacun de nous aspire à un leadership juste, efficace, intelligent et, est-ce insolite de le dire, compatissant ! L’économie est aussi au service de la  sécurité, de la santé, de l’éducation, de la culture et bien sûr, de la recherche ! Chaque mot a un contenu, un défi à relever pour le bien des plus pauvres d’abord !

La « Santé » a sans doute beaucoup préoccupé le ministre Couchepin comme c’était déjà le cas pour Ruth Dreyfus. Mais il faut bien reconnaître que l’approche de M. Couchepin à ce sujet a blessé, humilié les gens fragilisés, les malades, les invalides, et la « pléthore » des personnes âgées ! Sans parler de l’âge de la vieillesse ! Ces faits, nous en sommes conscients. C’est l’approche qui fatigue. Personne ne conteste la difficile conjoncture économique, la hausse des coûts de la santé. Etre malade, handicapé, âgé n’empêche pas la réflexion ! Ni les sentiments ! Vous avez le droit de vote, dira le ministre. Bien sûr. Question : est-ce que les enjeux des résultats d’une votation sont présentés et expliqués – par les autorités et/ou les partis, de telle manière que l’homme, la femme de tous les jours vote en connaissance de cause et dans son propre intérêt ? Sommes-nous vraiment sujets conscients de notre dignité humaine, face au ministre de la santé et de certains partis, ou sommes-nous des chiffres calculés et calculables, des objets à « gérer » ? La dignité humaine de chaque personne, c’est quoi pour les partis et les conseillers fédéraux? C’est ma question. Il me semble que l’approche des chefs de départements, lorsqu’il s’agit de faire connaître les ajustements nécessaires dont chacun est conscient, cette approche arrogante ne respecte guère l’individu ! Au contraire la manière dont ces affaires furent et sont gérées haut la main et d’une voix sans réplique par l’autorité responsable, donnent le sentiment aux plus faibles, donc aux plus nombreux, d’être des coupables ! Le système ne tend-il pas à culpabiliser ses victimes ? Bien au-delà de nos frontières aussi ! Ce n’est qu’une question !  Cyniquement on pourrait même s’en prendre à ce que l’évangéliste rapporte de la parole de Jésus : « On donnera à celui qui a, et il y aura (pour lui) surabondance; mais à celui qui n'a pas, on lui ôtera même ce qu'il a » (Mt : 13 -12) !!! NON ! Ce n’est pas la Bonne nouvelle, cela !

 

Le dimanche soir, j’écoute « Mise au point » avec mes consœurs.

 

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&bcid=675939#bcid=675939;vid=10826226

 

Cela vaut la peine. François Longchamp préside le Département de la solidarité et de l’emploi (http://www.francoislongchamp.ch/) et il est interviewé à Mise au point. Qui remplacera P. Couchepin ? Ets-ce lui ? Pour F. Longchamp, comme on peut l’entendre, « avant de donner des noms de papables il s’agit d’approfondir le PROJET » de ce Département de l’intérieur. « Il faut un vrai débat de fond ». De plus le nouveau conseiller fédéral sera confronté à « la crise de fonctionnement du Conseil fédéral » et bien sûr « à la crise financière ».

Puis F. Longchamp mentionne une idée intéressante si j’ai bien compris : « On n’est pas génétiquement programmé pour être un politicien et un conseiller fédéral ! » (Même si on a rêvé d’être chef dès le berceau) On connaît des Conseillers fédéraux  qui ont répondu au défi de la tâche, et d’autres qui n’étaient tout simplement pas fait pour ça, pour le dire simplement ! Et puis, il peut même arriver qu’un conseiller/conseillère fédéral/e ne soit membre d’aucun parti.

C’était une bonne interview. On ne sentait chez F. Longchamp, ni la langue de bois ni le double agenda, cela m’a impressionnée.

Mais les tiraillements entre les partis, la  gauche, la droite, les centres basculant selon les circonstances de droite à gauche, et ces malheureux candidats qui parlent trop bien l’allemand pour être romands et trop bien le français pour être alémaniques !!! (Comme nos métisses en Afrique du sud: un bus blanc refuse de prendre un basané car il est trop bronzé, passe un bus noir qui refuse le même homme car il est trop pâle ! Une histoire vraie, j’étais avec lui).

Douze partis en Suisse mais seulement deux ou trois auraient des papables ? Pourquoi ? De la réalité actuelle du Département de l’intérieur, de la santé, de la sécurité sociale, de l’éducation, de l’urgence de la recherche, on ne parle guère, cela semble être un élément secondaire ! Est-ce que les tiraillements ont leur origine dans les intérêts « particuliers » des partis ou, vraiment, dans l’urgence de répondre aux attentes des gens? Difficile de démêler les différences de ces partis d’avec ce qu’ils auraient en commun. Ce qu’ils devraient avoir en commun, serait, selon moi, le plus grand bienpour tous les citoyens dans les circonstances actuelles ! logo.gif

Comme je le ressens, en plus d’une compétence de manager, en plus de la prestance et du prestige, nous avons le droit d’espérer une personne – ministre du Département de l’intérieur, proche des attentes et des besoins du plus grand nombre.

 

22:55 Publié dans Général | Tags : politique | Lien permanent | Commentaires (3)

22/03/2008

La dynamique pascale

 

 

A tous ceux et celles qui font un petit tour dans la blogosphère , je dis un grand bonjour printanier et teinté d’une espérance pascale dépouillée d’illusion.

Une consœur d’Afrique du Sud vient de m’envoyer un mail avec cette question: « Concrètement c’est quoi, pour toi, la « dynamique pascale ? » Elle m’oblige à réfléchir et j’en suis ravie.

 

La question me poursuit, je vous la transmets sur la blogsphère , non pour m’en débarrasser j’espère, bien plutôt pour trouver des amis qui m’aideraient à y voir clair ! Notre petite planète est malade, la question : une vie nouvelle pourrait-elle renaître de ses cendres si elle venait à disparaître et nous avec…mais doit-on en arriver là pour actualiser la résurrection en direct ?

 

La dynamique pascale : Christ est ressuscité! Qu’est-ce que ça change ?

 

Beaucoup de belles cérémonies « pascales », des cierges allumés plongés dans l’eau pascale, des baptêmes , et c’est bien … les lectures de la création s’enchaînant, longues à n’en pas finir sans beaucoup d’explications quant à leur parenté avec les mythes.

 

Qu’est-ce que ça change dans notre société où le partage est si difficile à réaliser… où les luttes des ouvriers (grèves de la Boillat et des CFF - Cargo) pour leur pain quotidien, sont si facilement condamnées. Où « das liebe Geld » accumulé paraît être une fin en soi ? Peut-être que la résurrection en direct pourrait relativiser, voir ébranler ce Mammon fait de la sueur de ceux et de celles que Jésus est venu libérer avec un engagement tellement concret qu’il en est mort ! Jésus ressuscité n’exige pas de nous un grand chambardement ; il nous montre simplement le chemin de la conversion et de la solidarité. Du sel dans la soupe, du levain dans la pâte ? C’est invisible et efficace.

 

C’est déraciner toutes les apartheid, qu’elles soient hiérarchiques ou horizontales. C’est renverser les trônes, les dominations. Ils sont légions !
La résurrection en direct, c’est prendre la température de notre petite planète… chercher des remèdes appropriés et les appliquer, dans les pays du sud comme dans ceux du nord…

 

Le frisson pascal de cette nuit déboucherait alors sur l’envie de danser … parce que, eh ! bien, comme les femmes l’ont entendu devant un tombeau béant : « Ne cherchez pas celui que vous aimez parmi les morts, il est vivant…il vous précède en Galilée ! » A Bulle, à Lausanne, au Jura, au Tessin, en Irak, en Zambie, en Roumanie…au Cap des tempêtes et de Bonne espérance.

 

Je crois que Pâques c’est une dynamique de transformation, une espérance sans illusion !? Je vais l’écrire à ma consœur qui m’a posé la question et essayer de lui donner quelques exemples concrets.

 

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20/03/2008

Jeudi saint

 

Ils étaient autour d’une table, ce soir-là. Jésus comme d’habitude était à la disposition de tous. Ils avaient faim, ils avaient soif. Comme ils avaient beaucoup marché, leurs pieds étaient empoussiérés, sales. Jésus les lave, un par un. Tous. Lequel d’entre eux aurait eu l’idée de lui rendre la politesse. Jésus passe outre.
Ils mangent et boivent comme c’est la coutume ce jour-là proche de la Pâques… le passage, au-delà, comme au temps des Hébreux et de leur Moïse, pour conquérir la liberté.
Jésus sent qu’on lui en veut à mort, il a peur et il est triste mais il ne veut pas trop le montrer car ses amis sont des «gens de peu de foi et de courage». Il avait dit ça, une fois, un peu ironiquement, Jésus. Il avait mis sa confiance en ces apôtres-là sans se faire d’illusions!!! Comme aujourd’hui! Mais il va de l’avant, sa vie est comme une petite bougie qui brûle jusqu’au bout. «Burn on till you burn out!”
En direct, il y a des années:
Dans un township du Cap, on se rassemblait le jeudi saint dans la plus grande halle qu’on trouvait. Notre ami, Albert Nolan (voir Jesus today) était avec nous. Je devais m’occuper de trouver des «hot cross buns» pour nous «souvenir du partage». Les gens étaient pauvres et nous aussi. Un boulanger m’avait dit que, pour cette fois, il nous offrirait les «hot cross buns» traditionnels. On est allé les chercher vers 15h00. Ces «petits pains avec une croix dessus» sentaient le Pain tout frais!
Chacun put en manger un ou deux ou trois. Lentement pour faire durer le plaisir. Nous chantions. Ce jour-là, Kevin avait sa guitare! (Aujourd’hui, il est évêque, il vit à Rustenberg, Kevin Dowling, il dit publiquement que le condom ne condamne pas les hommes et les femmes au feu de l’enfer! Et ce qu’on voit très très très rarement, Kevin n’a pas de palais épiscopal! Il est resté aux Grassroots et en connaît la réalité. On s’est rencontré en 1999, la dernière fois).
Bon, ce jour-là, Kevin avait sa guitare et nous avons chanté, en anglais, le chant de la Boulangère: Un beau chant liturgique. Le mystère de la faim, du pain et de la vie dans notre monde. Dans un lieu sans église, un lieu de liturgie en direct:
.

«La Boulangère en son logis pieux,
Avril venant, reçut le grain de Dieu.
L’a mis à l’ombre en son humble grenier.
L’a serré là, pendant neuf mois entiers.


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Refrain:

Faites-nous le Pain,
Marie, ô Marie!
Faites-nous le Pain,
Car nous avons faim. "

.

Après trente ans, l’ayant du four ôté,
Son fils unique, en ville, l’a porté
A tous les gens affamés d’alentour,
Le Pain nouveau, le Pain tout chaud d’Amour.

 .

Servez-nous le Pain,
Marie, ô Marie!
Servez-nous le Pain,
Car nous avons faim. "

.

La Boulangère a pris un long chemin
pour s’en aller à la Maison du Pain,
Pour le pétrir elle a peiné la nuit.
L’a mis au monde, environ la minuit.

.

 Cuisez-nous le Pain,
Marie, ô Marie!
Cuisez-nous le Pain,
Car nous avons faim. "

.

Pour trente sols, le marchand l’a vendu.
Pour trente sols, mille dents l’ont mordu
Au grand repas qui fut un vendredi
Servi pour l’homme à l’heure de midi

 .

Livrez-nous le Pain,
Marie, ô Marie!
Livrez-nous le Pain,
Car nous avons faim. "

.

L’a cuit trente ans au feu de sa maison,
A la chaleur de sa belle saison,
A la douceur de son cœur le plus doux,
Le tendre Pain, le Pain blond, le Pain roux.

.

 Portez-nous le Pain,
Marie, ô Marie!
Portez-nous le Pain,
Car nous avons faim. "

.

Mais quand l’a vu meurtri, rompu, détruit
Le Pain vivant qu’elle avait fait de nuit,
Comme un agneau par les loups dévoré,
La Boulangère en grand deuil a pleuré.

.

 Pleurez sur le Pain,
Marie, ô Marie!
Pleurez sur le Pain,
Car nous avons faim. "

.

(De son vrai nom Marie Rouget, la poétesse Marie Noël
est née et est décédée à Auxerre (1883-1967).

 .

 

Les gens du township à l’époque, savaient ce que signifie «avoir faim» et pouvoir savourer un «hot cross bun» en compagnie des autres.

 

Quand nous disions «donne-nous notre pain quotidien», nous savions que c’était une prière réelle, nous savions que le Créateur ne nous donnerait pas de pain à moins que nous ne luttions pour l’avoir et le partager. Comme dans tant d’endroits, aussi en Suisse aujourd’hui.

 

Quelle source d’énergie, ce souvenir de la cène avec Jésus dans le township, quelle source d’énergie, ce mémorial…

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17/03/2008

Quand il est sage de demander conseil

 

 

 

 

J’écrivais hier:

 

«Plus j’essaie de découvrir Jésus aujourd’hui dans les cérémonies liturgiques de la Semaine sainte, plus cela me semble déconnecté de notre actualité.» Que faire?

 

 

A peine trois mois qu’on fêtait l’anniversaire de Jésus et voilà qu’on célèbre ses trois derniers jours sur terre… Les étalages des supermarchés ont à peine le temps de changer de toc, de clinquant et de revoir leur pub pour un chiffre d’affaires nécessairement plus haut que l’année écoulée… C’est un must!

 

Et les médias qui déversent à chaque télé journal le nombre de tués, les violences, attentats, guerres, et, plus «troublante» (!) encore, la grippe des banques, surtout celle de UBS…

 

 

Entre-temps les temples et les églises, se remplissent davantage que d’ordinaire, surtout le Vendredi-Saint et c’est bien. Question: «Y a-t-il un lien existentiel entre la réalité vécue et les copiés-collés à répétition, sur un ton monotone, des textes liturgiques! Y a-t-il un lien existentiel entre le Vendredi-Saint de Jésus aujourd’hui et celui dont on raconte l’histoire cette Semaine sainte?»

 

 

Pascal, ce philosophe a dit: «Jésus est en agonie jusqu’à la fin du monde: il ne faut pas dormir pendant ce temps-là». Cela rime à quoi?

 

 

Enervée envers moi-même, j’ai cherché conseil auprès d’un ami et voici ce qu’il m’a dit: Ecoute ce que conseille Jésus… «Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret…» et j’ai lu tout le chapitre de Mathieu du commencement à la fin (6 :1-34) et ce message tout neuf bien que si souvent lu, a mis du soleil dans mon cœur, une énergie nouvelle dans mon esprit… et un amour élargi pour celles et ceux qui ne pensent ni n’agissent comme moi sans pour autant abandonner mon cheminement main dans la main avec la foule innombrable du «ras des pâquerettes».

 

 

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16/03/2008

Dimanche des rameaux

Doris Lessing ne me quitte pas. Son cheminement de Kermanchah, en Perse, aujourd’hui l’Iran, à la Rhodésie, aujourd’hui le Zimbabwe, puis en Afrique du Sud, et en de nombreux pays y compris la France qu’elle aime, elle poursuit son chemin en Angleterre que j’aime.

 

 

Sa pensée me réconforte car, d’une certaine manière, elle me libère de toute illusion qui pourrait m’habiter encore de vouloir obstinément faire avancer la transformation du monde du monde en un «lieu de justice et de paix pour tous». Et réussir (!!!).

 

 

Ce qui est sûr, c’est que Doris Lessing croit à la Vérité, elle croit en la dignité de l’homme tout court, et de tous les hommes, surtout de celles et de ceux des racines, le ras des pâquerettes, une mauvaise traduction de l’intraduisible expression Grassroots! Dont je crois faire partie depuis ma naissance au Clos-du-Doubs. On y reviendra.

 

 

Il arrive que des circonstances te placent dans un contexte qui n’est pas exactement le ras des Pâquerettes. Ce qui permet, comme une petite souris, de guigner à travers les trous d’un tapis rouge pour observer celles et ceux qui se promènent dessus, se demander ce qui les pousse vers la porte d’entrée ou de sortie d’un édifice souvent tout en hauteur… un édifice laïque ou religieux.

 

 

«L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, ça rime à quoi?»

 

Le jour des rameaux, demain donc, de nombreux fidèles vont célébrer, rameaux-palmes, branches d’olivier, branches de buis en main, l’entrée de Jésus à Jérusalem. Et c’est bien ainsi. Des hosannas seront chantés, c’est aussi bien.

 

On trouve l’origine de cet événement dans le Lévitique (XXIII, 39): Bien avant Jésus.

 

 

«Le quinzième jour du septième mois, lorsque vous aurez récolté les produits de la terre, vous irez en pèlerinage fêter Yahvé pendant sept jours. Le premier et le huitième jour seront jours de repos.

Le premier jour vous prendrez de beaux fruits, des rameaux de palmier, des branches d'arbres touffus et de saules des torrents, et vous serez dans la joie pendant sept jours devant Yahvé votre Dieu.

Tous les habitants d'Israël habiteront sous des huttes, afin que vos descendants sachent que j'ai fait habiter sous des huttes les enfants d'Israël lorsque je les ai fait sortir d'Égypte.» Des huttes, pas des édifices. Des tentes.

 

 

Hoshanna et Yéshoua, quasi la même prononciation! (merci au site Lexilogos).

 

Etre délivré et sauvé de qui, de quoi en ce temps-là? De la domination romaine, de l’exploitation des Hérodes et des grands prêtres?

 

Etre libéré par qui et comment? Yéshoua! Sa personne égale: être libéré!

 

 

 

Pas de tapis rouge. L'âne sur lequel est assis Jésus est un ânon! Comme l’avait dit le prophète: «Voici que ton roi vient à toi; humble, il est monté sur une ânesse, sur un tout jeune ânon, petit d'une bête de somme»."(Zacharie IX, 9)

 

 

Quel sens, cette liturgie des rameaux dans notre actualité? Est-ce une répétition telle du copié-collé? Avec un sermon peut-être.

 

 

Jésus était menacé, il le savait, il a bien essayé de monter vers Jérusalem par un chemin moins dangereux. Mais il ne se dérobe pas des gens qui viennent. Il les prend comme ils sont. Ces mêmes personnes, dans un jour ou deux crieront leur furie «Tollé, à mort!»

 

 

Plus j’essaie de découvrir Jésus aujourd’hui dans les cérémonies liturgiques de la semaine sainte, plus cela me semble déconnecté de notre actualité. On le trouve ailleurs, Jésus et son ânon, peut-être de l’autre côté du mur qui sépare la Palestine d’Israël. En train de mourir de faim et de soif de justice! Ta terre natale, qu’en penses-tu Jésus? Aura-t-on l’audace de célébrer la semaine sainte en terre sainte? Je crois que ton refuge se trouve au cœur des «Grassroots». Toi et l’ânon. On essaiera de ne jamais dire «Tollé».

 

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12/03/2008

De Reconvilier à Bellinzone

La lutte continue et Doris Lessing serait de la partie!

 

Le Blog «Une voix pour la Boillat», le 26 janvier 2008:

 

«Il y a 2 ans, la Boillat se mettait en grève. On s'en souvient comme si c'était hier».

 

Plus de 2 années de lutte, de conflits, de souffrance, de mûrissement avec une apparente défaite, une défaite certaine aux yeux de Swissmetal.

Pour les grévistes: le refus d’être réduits à des instruments de production jetables. La conscience que la dignité de l’homme, des ouvriers exige la lutte face aux systèmes d’exploitation.

 

A Reconvilier, la Pastorale Monde du Travail qui «reçoit son mandat de l'Eglise catholique de Suisse romande pour porter une attention particulière aux multiples réalités du travail… qu'internet nous rende plus proche de vos préoccupations de travailleur ou de chômeur, voilà notre souhait», cette pastorale s’était publiquement, engagée au côté des grévistes.

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(Une Voix pour la Boillat, le 28 février 2006)

 

Bellinzone, le 7 mars 2008

 

Grève au Tessin: CFF Cargo: menaces de licenciements au Tessin - actions à Fribourg.

Plus de 400 «surplus people» au Tessin. Plus de 50 ouvriers redondants à Fribourg. Une centaine sera déplacée ailleurs comme une lettre à la poste.

 

Leur dignité d’êtres humains exige une action. L’arrêt de travail pour dire: «nous sommes ici, écoutez-nous»

Réaction: CFF/CFF Cargo: menace de licenciement contre les grévistes tessinois et Leuenberger de murmurer: on vous comprend mais y aura rien à faire!

Surgit quelqu’un qui gêne et c’est tant mieux:

L'évêque de Lugano solidaire avec les grévistes

Il est concret comme Jésus, son engagement va au-delà de paroles de consolation. «L'évêque de Lugano, Pier Giacomo Grampa, a assuré son soutien aux grévistes des ateliers CFF de Bellinzone. Si cela devait se révéler nécessaire, il organisera une récolte de fonds auprès des paroisses tessinoises pour financer l'action.»

Si la grève devait durer jusqu’à Pâques, «Monseigneur Grampa célébrera la messe dans les ateliers occupés et partagera le repas avec les ouvriers en grève. C'est ce que l'évêque a annoncé lors de l'assemblée du personnel». Il a appelé les grévistes et les syndicats à rester fermes dans leurs revendications. Il les a assurés du soutien de l'Église…

Dixit l’évêque de Lugano, Piergiacomo Grampa «Je serai ici le jour de Pâques pour célébrer la messe et manger l’agneau avec vous. Je ne comprends rien aux locomotives, mais je m’intéresse à vous, à vos enfants et à vos épouses. Restez lucides, soyez sages et faites les bons choix». Bravo et merci!

 

Oui, nous avons besoin d’un Monseigneur Grampa «qui réunit en sa personne les figures de Peppone et Don Camilo» dans la réalité d’aujourd’hui, n’en déplaise à Claude Ruey qui tente, à la Radio suisse romande de ce soir, de le faire rentrer dans la sacristie!

 

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10/03/2008

Doris Lessing - IV

La faille

 

 

 

 

 

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 Le 30 décembre 2007, j’écrivais dans mon blog Katutura:

 

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«…Partir lutter là où la «faille» est la plus inhumaine – la faille dans la création, en l’homme – cela crève les yeux.» Quelle faille? Je trouve des synonymes de ce mot, la faille: la craquelure, la fêlure, la lézarde. La création et les créatures sont craquelées, fêlés, lézardés dès l’origine. Moi y compris. La création est en chantier. Nous sommes inachevés. Si le Créateur avait fabriqué une chose parfaite, finie, avec la marque infaillible «heaven made» que la vie serait monotone! Un monde sans faille ni fêlure, qu’en serait-il des défis à relever, des pulsions pour créer, pour inventer… absence de soif, de faim, d’appétit, de rêve, d’idéal.

 

 

Cette espèce de paradis, comme on dit, serait un reposoir quelconque, un peu comme les images de ce jardin d’Eden, avec une femme, un homme de couleur assez claire, qui se demandent quoi faire de leur vie. Ils naissent adultes. Ils n’auront d’enfants qu’après la «chute»?

 

 

Toutes les créatures de la planète seraient donc des fruits de cette «chute». Moi, vous, Doris Lessing y compris.

 

 

Un seul a réchappé à la «chute», mais il est organiquement lié à la nôtre dès sa naissance, surtout aujourd’hui… entre les murs mêmes d’institutions qui se réclament de Lui. Voyez notre planète ensanglantée du sang des innocents en Irak, à Gaza, pas un endroit sans violence, active, rampante, dormante, prête à bondir. Elle nous habite en même temps que l’amour. Quelle faille!

 

 

Le SEUL grand SEUL, c’est «Jésus, le Chemin, sinon l’arrivée, la Vérité, la Vie»… (Gertrud von Lefort).

 

 

Doris Lessing se sent solidaire de Lui, implicitement quand elle dit: «Toute ma vie, je me suis sentie proche des gens qui avaient eu une enfance difficile, je les ai compris et parfois même j’ai vécu avec eux» (Dans ma peau, p. 37). Doris raconte pourquoi elle ressent la souffrance des petits, des pauvres: c’est parce que, dès sa naissance, elle a connu les multiples chemins à parcourir et le pénible cheminement. Elle parle d’elle, elle écrit son autobiographie, mais c’est une autobiographie inclusive de tous, exclusive de personne. Un cheminement.

 

 

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04/03/2008

Doris Lessing - III

Un regard qui scrute l’envers des choses

 

  

La tranche de pain porte en elle les labours, le labeur du semeur, du paysan, du meunier, de la boulangère. Je me rassasie du travail et de la sueur des faiseurs de pain. Dans quel but?

 

Les superbes cathédrales suintent la sueur, les larmes, le sang des serfs, des esclaves, des païens, des musulmans. Les évêques y célèbrent «le Dieu tout-puissant». Quel sens?

 

Les ciboires, les calices en or massif contiennent le pain, le vin… le «corps du Christ»… Le Christ écrasé au fond des mines de Johannesburg. Quel sens?

 

Les autoroutes où ne roulera guère la main-d’œuvre étrangère qui les a construites… quel sens?

 

Je peux continuer ainsi pour chaque chose que je vois, chaque objet «inanimé et qui a une âme qui s’attache à la nôtre et la force d’aimer» (merci à Lamartine), elle me force à «prendre conscience de la vie des choses».

 

Doris Lessing, elle, a une conscience quasi exacerbée des travailleurs de l’ombre, des petites mains, des mineurs, des balayeurs de rue, des videurs de poubelles. Ceux-ci sont l’envers des grands de ce monde entourés de gardes de corps ou de gardes de toutes sortes. Tous sont des frères humains aux veines gonflées d’un même sang vermeil sans distinction de couleur de peau, ni de longueur de nez. Alors, je questionne: c’est quoi cette faille dans la création qui sépare les uns des autres dès son origine? L’idée ou la réalité de l’échelle et des échelons? La réalité des systèmes à gogo qui créent dès avant le berceau des êtres systématisés pour une société à jamais fragmentée et guerrière?

 

Doris Lessing: «Nous sommes tous fabriqués, pervertis, déformés par la guerre» (p. 21 Dans ma peau). Le petit cul est assis sur le bois de la prothèse de son père mutilé de guerre, et qu’elle aime.
«Comment cela - t-il pu arriver?»

 

Son papa travaille à la Banque impériale de Perse à Kermanshah où elle est née «dans cette grande maison de pierre sur un plateau entouré de montagnes aux sommets enneigés, dans cette ancienne ville de marchands… en partie réduite en poussière par les bombes pendant la guerre des années 1980 entre l’Iran et l’Irak» (idem p 19). «Des guerres qui ne s’achèvent pas avec l’armistice»!!! «Comment cela peut-il arriver?»

 

Doris Lessing dit: «J’ai dû me battre pour établir ma propre réalité et résister aux adultes qui insistaient pour me faire accepter la leur. J’ai subi des pressions car on voulait m’obliger à admettre que la vérité était autre chose que ce que je voyais de mes propres yeux.» (idem p. 25)

 

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29/02/2008

Doris Lessing: sa plume prophétique - II

 

En évoquant Doris Lessing, je ne prétends pas faire le portrait d’un écrivain, ni d’une lauréate d’un prix prestigieux; quand je dis qu’elle a une plume prophétique, je ne prétends pas faire de l’analyse littéraire - je n’en suis pas capable – ni de promouvoir la lecture de ses livres. Je suis sûre que nombreux sont celles et ceux qui ont été enrichis par la pensée, le vécu de cette femme pleinement humaine. J’aimerais écouter la voix, les soupirs, les cris de colère de Doris Lessing; ils sont la résonance des gens au milieu desquels elle se trouve sans l’avoir choisi et, je crois, ils nous aident à scruter l’au-delà des apparences. Aujourd’hui.

 

D. Lessing: «Je vis le jour le 22 octobre 1919. Ma mère eut un accouchement difficile… cette naissance pénible a-t-elle laissé des séquelles – modifié ma nature? Qui sait? Une chose comptait – être née en 1919, alors que la moitié de l’Europe était un cimetière, et que les gens mouraient par millions dans le monde entier. Comment l’ignorer? A moins de croire que l’esprit de chaque être humain est bien distinct de tous les autres, séparé de l’âme collective. Une notion fort peut vraisemblable.» (Sous ma peau, p. 19)

 

Elle n’affirme rien, D. Lessing, mais c’est clair comme de l’eau de roche que je suis organiquement liée à l’âme collective dès l’origine, jusqu’au présent, jusqu’à la «fin» de l’espace-temps. Et au-delà.

 

Je lis Gilbert Salem: «Quand on est une foule en sa propre solitude, on est une population planétaire. A l’image du paradis, l’être humain est doué d’une capacité d’hébergement infinie:» (Le Puzzle amoureux).

 

Demain, des jeunes grands-parents, avec Joan et Tamara, leurs petits enfants, des bords du Léman jusqu’en Gruyère juste pour se retrouver! C’est la mouvance de l’âme collective! Et Marc, le jeune philosophe qui vient me raconter ses examens justes terminés (Ouf!) ce dimanche et partager la becquée avec nous. C’est la mouvance de l’âme collective.

 

La capacité d’hébergement des uns et des autres est infinie. Je suis pourtant consciente que ce mot «infini» et ce mot «âme collective» impliquent ceux et celles que je n’aime pas et qui ne m’aiment pas… et là les écrivains ouvrent le portail du défi.

 

 

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25/02/2008

Les prophètes de notre époque

 

Cela ne me quitte plus depuis ce 12 octobre 2007: l’envie jusqu’au tourment, de partager toute l’admiration que je ressens pour cette personne. Je me sens dans sa peau, dans sa pensée, dans son cœur…
Sur les rives du lac de Garde, dans la lumière du matin rose gris – argenté, frissonnant à la surface de l’eau comme une immense chevelure d’ange, je m’abandonnais à la pure beauté du moment, du mouvement, de l’avancée dans l’infini prégnant du passé… du présent, de l’avenir.
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Proche de l’embarcadère de Castelletto di Brenzone, un petit kiosque, l’image en première page de «International Tribune Herald Tribune» me saute aux yeux: c’est elle, c’est Doris Lessing. J’achète ce journal et je lis: hier, le 11 octobre, à Stockholm, le Prix Nobel de littérature a été décerné à Doris Lessing. Je dévore le texte, très court: la presse est arrivée au domicile de la lauréate en lui apprenant la nouvelle à Hampstead, Londres. Elle revenait du magasin un sac plein des choses nécessaires pour la journée.
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Son beau regard tourné vers l’intérieur des choses extérieures!
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On lui décerne ce prix «au dernier moment»… dit-elle, poliment ironique, consciente qu’avec 88 années de vie intensément vécue, on est proche du débarcadère! un dernier moment qui durera longtemps je l’espère de tout mon cœur.
Doris Lessing est au-dessus de la manière désinvolte dont ce prix lui est annoncé. Elle est lucide – lucide depuis sa tendre enfance - sur le regard hésitant des donateurs, lui offrant après des années d’hésitation, une reconnaissance publique… «à une vieille femme qui durant toute sa vie a lutté pour un monde plus juste»… l’arme de sa lutte: sa plume!
Son premier livre: «The Grass is singing», en français «Vaincue par la brousse» et son dernier jusqu’à présent: «The cleft» (à ma connaissance pas encore traduit en français).
Doris Lessing, révoltée par le fonctionnement des systèmes et leurs innombrables fonctionnaires, lutte, elle cherche, elle dit la Vérité. Elle participe à tous les combats au niveau du communisme, de la politique, de la lutte antinucléaire, de la lutte anti-apartheid, (système d’apartheid mondialisé).
Je ne savais par où commencer mon petit texte, puis soudainement, «like a bolt from the blue» - en français, comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu, j’ai su:
Doris Lessing est un prophète de notre époque postmoderne.
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Mais j’ai voulu en avoir le cœur net: un prophète c’est quoi? J’ai écouté la voix prophétique d’un ami sud-africain de longue date. Il écrit:
«Les prophètes sont des personnes qui parlent au grand jour alors que les autres gardent le silence. Elles critiquent leur propre société, leur pays natal, leurs propres institutions religieuses.
Ne sont pas appelés prophètes, celles ou ceux qui critiquent des nations hostiles ou des religions étrangères.
Les vrais prophètes sont ceux et celles qui, publiquement, prennent parti pour un monde juste et, avec courage, dénoncent la praxis de leur propre peuple et celle de leurs propres autorités… alors que les autres gardent le silence».
(Selon Albert Nolan in «Jesus Today» - a spiritualité of radical freedom – publié par Orbis Books en octobre 2007. Page 63, ma traduction).
La plume, la parole, la voix de Doris Lessing rejoignent celles d’autres prophètes de notre époque, elle en nomme. J’en nommerai à sa suite. Elle ne prétend pas avoir une plume prophétique, Oh! non! Elle dit «Nous étions fous. Nous pensions sincèrement que l’injustice, le racisme et la pauvreté allaient être abolis. J’y ai cru, comme tous les gens de ma génération. C’était une aberration» (source: le "Nouvel Observateur", site littéraire, le 24/12/2003)

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16/02/2008

Le rire d'Henri Salvador

 

Les médias ne manquent pas de faire résonner le rire d’Henri Gabriel Salvador. Et cela nous réjouit! En moi, qui ne connais ce grand homme que depuis 2003, alors que mon «petit» frère (sur son lit de mort) avait chanté «une chanson douce»… que j’écoutais comme un souffle qui s’envole vers Dieu.
Ce rire que je découvre sur Internet résonne aussi comme une question: ça veut dire quoi?
«Il était resté, selon ses proches, blessé par l'image de pitre de la chanson que l'on avait de lui». Est-ce qu’un rire tonitruant rime avec une voix suave? Une chose peut suivre l’autre à distance que nul ne connaît.
Henri Salvador est né «rue de la Liberté, pas très loin du bagne situé dans une bourgade voisine, Saint-Laurent-du-Maroni…». Certains Bagnards venaient parfois travailler à Cayenne et l’oreille du petit Henri aura pu saisir le bruissement d’un soupir, d’une soif de liberté, jusqu’à l’âge de 7 ans… lui et sa famille quittent «son île» pour Paris. Autre chanson, autre rire.
Alors il chantera, par exemple:
«C’est pas la joie» (Les paroles sont les siennes en 1971).
Il chante ce qu’il ressent au niveau de la pollution, la télévision, de la montée des prix, des embarras de Paris, de l'environnement, de la gueule des passants, de la contestation, des manifestations, de nos feuilles d'impôts, du cinéma porno, de la dévaluation, de la surpopulation…
Une litanie d’actualités qu’il termine par cette prière:
«Y a encore qu'au niveau de l'amour que ça marche toujours…» (un germe de spiritualité vivace dans ce refrain)
Elle est actuelle, cette chanson et nous pouvons aujourd’hui ajouter d’autres niveaux qui menacent notre terre, nos îles, nous-mêmes.
Il faut «chercher la rose» avec Salvador
«aux lucarnes des prisons, sous les mousses, les orties, sur les tombes qu'on oublie, chez l'aveugle, chez le sourd, au fond de ton cœur meurtri» (oui, de nos cœurs meurtris).

 Et si nous ne trouvons pas la rose, nous l’aurons au moins désirée, cherchée, sur la route de notre vie avançant «clopin-clopant avec un cœur d’enfant».
Chercher, c’est déjà trouver, chante Salvador… Jésus a dit cela: «cherchez et vous trouverez». Jésus a aussi chanté, dans et hors des synagogues je présume! Et le rire de Jésus? Je ne peux guère m’imaginer Jésus continuellement triste et sa joie (que ma joie demeure!) a dû réjouir les amis qu’il se faisait alors «qu’il allait de lieu en lieu faisant du bien à tous…» (Actes 10: 38)
Henri Salvador chante sa chanson douce, dans l’île de son rêve, qu’on nomme parfois paradis et qui n’est que la source qui l’a un jour fait naître: l’amour en direct le 18 juillet 1917…
L’amour en direct qui a fait naître notre Mandela le 18 juillet 1918… belle coïncidence.

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11/02/2008

Après les Cendres, le Carême et le Ramadan

 

Il y a bien longtemps de cela, ( 1963-’64) je travaillais dans un township bigarré au Cap, à la « Saint Francis Catholic Mission ». C’était le temps du Ramadan et nos voisins musulmans jeûnaient consciencieusement (voir Sourate 2, Versert 177).
Pour moi et mes amis de la Mission,  le levé tôt, le travail à la carte selon la tournure des choses dans ce pays à l’époque polluée par l’apartheid, nous creusait l’estomac qui espérait voir venir midi ! Souvent on allait vite acheter des « fish and chips » au coin de la route.
Mais voilà que, durant le Ramadan, nos voisins musulmans, arrivaient vers midi justement, nous priant d’accepter un repas généreux qu’ils avaient préparé exprès pour nous. Ils nous le plaçaient dans nos mains avec ce geste inimitable de respect pour le voisin … chrétien à Saint Francis Catholic Mission ! Ainsi tout au long de leur carême…
Ils jeûnaient et, pour ce qui me concerne, c’était une page ouverte de l’évangile de notre Yeshua… qui révélait à partir du Coran, l’essentiel qui nous est commun : se nourrir les uns les autres (Livre d'Isaïe 58 : 1-9 a).

 

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08/02/2008

Les cendres en direct

 

Mercredi, à la chapelle Notre Dame de Compassion (Bulle), une pincée de cendres bien propres a été déposée dans la paume d’une main avec les mots :  « Convertis-toi, crois en l'Évangile ».
Je me pose toujours la même question : c’est quoi,
se convertir, croire,  c’est quoi l’évangile aujourd’hui ? Pour moi ? Pour nous ?

 

Plus le temps passe, plus cette « cérémonie des cendres, suivie du carême  (plus de viande) me paraît être la répétition d’une liturgie de plus, préparée tip top jusqu’au dernier point, au dernier geste prescrit, au dernier amen… puis on s’en va, on se lave les mains, on fait semblant de manger moins en espérant en même temps perdre du poids… et plus la question me turlupine : ça rime à quoi ?

 

Il me semble que les cendres en direct, c’est ce qui reste quand la petite bougie que nous sommes a brûlé jusqu’au bout éclairant, réchauffant, (attention que nul ne se l’approprie, la petite bougie, elle veut préserver sa dignité, son indépendance et vous le fera sentir) !!!

 

Les cendres en direct, c’est aussi lorsque nos efforts, nos luttes, nos larmes  pour un monde meilleure, Hic et Nunc, échouent misérablement (exemples concrets à disposition ! ) parce que : se convertir et vivre la Bonne Nouvelle c’est simplement mettre l’institution ecclésiastique, politique sens dessus dessous !  Le prestige, la sécurité des systèmes et des pouvoirs établis, les valeurs boursières tremblotantes ne sauraient tolérer les velléités de l’évangile et de certains prophètes… c’est alors que le monceau de cendres grossit … et recouvre  des petites braises obstinées et souriantes qui n’attendent qu’un souffle pour faire jaillir un homme nouveau, un monde de tendresse, de justice, de paix.

 

Au sujet de cendres en direct, avez-vous lu « les cendres d’Angela » auteur : Frank McCourt, on le trouve en livre de poche, en DVD aussi).

 

 La lutte de survie du petit Frank ressemble à celle de millions de gens qui vivent le mercredi des cendres en directe, souvent hors des murs de l’institution.

 

 

 

 

 

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28/01/2008

Si Jésus avait été à Davos

«La crise financière pousse l’élite mondiale à remplacer l’optimisme par la prudence» (titre de la rubrique économique de l’AGEFI d’aujourd’hui, lundi. 28 janvier 2008).
Dès mercredi passé et jusqu’à aujourd’hui, les «décideurs» ont essayé de délibérer sur les problèmes qui concernent directement la survie de notre espèce humaine. Les médias (selon les points de vue) ont informé le public (nous) de ce qui transparaissait des débats et discussions. On a envie de poser la question aux «décideurs»: «Qu’avez-vous décidé?». La crise vous pousse à la prudence. Cela veut dire quoi la prudence dans l’urgence? On attend pour voir…
Mais si Jésus avait été à Davos et qu’on lui ait donné la parole, je crois qu’il aurait simplement dit, en des mots très simples, sa vision du monde et son projet de vie… avec nous aujourd’hui.
·        Concernant l’argent:
Jésus envisageait et nous propose «une communauté à la taille du monde, organisée de telle sorte qu’il n’y ait ni pauvre ni riche». Sa compassion est sans borne pour les pauvres et les opprimés, pour toute personne qu’il rencontre.
·        Concernant le prestige:
Jésus envisageait et nous propose «un monde à l’image de celui des enfants, celui où les échelles sociales, les rangs, les distinctions, les prestiges n’existent pas». Tout cela est remplacé par la famille, la plus petite comme celle à l’échelle de la planète.
·        Concernant la solidarité:
Jésus envisageait et nous propose «une union – une identité nouvelle - les uns avec les autres et donc avec la nature, l’univers, et avec Lui». Un pour tous, tous pour un. Un honneur à l’un est un honneur à tous. Une insulte à l’un est une insulte à tous. Tout enfant est le mien…
Pour Jésus, la solidarité globalisée supplante toutes les anciennes «solidarités» de classe, de race, de caste, de religion, de langue… en bref WWW = World Wide Web!
·        Concernant le pouvoir
Jésus envisageait et nous propose un monde où «le pouvoir n’est pas organisé pour être servi, il n’appellera pas les hommes à se courber, à s’aplatir. Le pouvoir sera un service mutuel pour l’épanouissement de tous».
Les barrières, les frontières, les trônes, les dominations sont remplacés par le partage, la fête et la danse…
Jésus propose cela tout simplement. Aux «décideurs» de Davos de décider…
Références des citations:
«Jésus avant le Christianisme, évangile de la libération».
Albert Nolan traduit par Jean-Marie Dumortier
Editions Ouvrières 1979

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