30/03/2010

ARTE

 

Ce soir à 21h20 sur ARTE on peut suivre le documentaire sur "Que veut le pape"?

Comment Benoît XVI a entrepris de restaurer la puissance perdue de l'Église sur une ligne ultraconservatrice.

"Levée de l'excommunication des évêques intégristes, critique de l'islam à Ratisbonne, béatification de Pie XII, réhabilitation de la messe en latin, sortie contre le préservatif... Comment interpréter les prises de position de Benoît XVI ? Les réalisateurs ont pu pénétrer au sein du Vatican, rencontrer des hommes très proches du pape et des témoins clés de son histoire tel le théologien Hans Küng. Leur enquête décrit la nouvelle stratégie de l'Église catholique, sous la houlette de Benoît XVI. On le croyait simple pape de transition, dans la droite ligne de Jean-Paul II dont il fut le conseiller pendant vingt ans : il a en fait un agenda et un projet bien à lui. On le pensait gaffeur, mauvais communicant ; il applique un programme avec des méthodes nouvelles. Quitte à choquer l'opinion publique, voire certains catholiques. Son but ? Restaurer la puissance perdue de l'Église, défendre un Occident chrétien, lutter contre la laïcisation du monde et peser sur les sociétés. Pour cela, il ne craint pas de s'appuyer sur des mouvements parmi les plus durs du monde catholique, d'influencer les États ou de mettre l'Église à l'heure du lobbying et de la communication."

Ce documentaire sera suivi de 15 minutes de débat.

Peut-être un petit éclairage, ou non. J'essaierai de suivre cette émission.

J'apprécie les documentaires de ARTE. cmj.

 

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29/12/2009

AUCUN RAPPORT

 

2009-12-26T181927Z_01_APAE5BP1EWH00_RTROPTP_3_OFRTP-PAPE-20091226.JPG« Je ne voulais pas lui faire de mal »

(Journal 24 Heures du 28 décembre 2009, page 6, Patrick Chuard et les agences : (http://www.24heures.ch/vaud-regions/actu/ne-voulais-faire... )

J’ai passé des heures à éplucher les agences de Presse, y compris celles dans la ligne vaticane, espérant y détecter la plus petite brindille d’amour évangélique, à la fin c’est encore le texte de Patrick Chuard qui m’a paru le plus nuancé ! Respectueux.

 

Susanna Maiolo: "Elle ne voulait pas faire de mal au pape, seulement lui demander de l'aide pour les plus faibles".

 

Mais Google foisonne d’info sur Susanna ! Chacun peut chercher, essayer de comprendre pour se faire une idée du « happening ».

Personnellement, j’ai ressenti le gouffre qui existe entre Jésus, son comportement envers les gens d’une part, et le Vatican, ses autorités, ses fonctionnaires présentés dans les médias d’autre part.

On allait célébrer l’anniversaire du petit Yeshua. Le « Vicaire du Christ au centre de l’attention ». Cette fille (qui avait son ticket de présence) devient immédiatement une terroriste potentiel… La sécurité de chef de l’Etat du Vatican doit absolument être renforcée !

Mettre tout ce « show » sous le regard de Jésus renverse ce que montrent et rapportent les médias ! Ceci dit, je me pose une question : Et si Benoît 16 avait spontanément dit à son entourage : « Laissez la venir à moi ne l’en empêchez pas ». S’il lui avait souri, s’il lui avait tendu la main et, ne serait-ce que pour 30 secondes, s’il avait dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (comme Jésus à l’aveugle)

Devant les millions de téléspectateurs, la liturgie aurait pris vie. Quel cadeau pour l’anniversaire du petit palestinien et pour nous tous !

 

« Imagine all the people “  les paroles et la mélodie de John Lennon me montrent un monde en devenir « en train de naître » (H.V.)

 

Où ? Là où des femmes et des hommes ont le courage de la spontanéité pour témoigner de la Bonne Nouvelle. Là où la vie, la réalité, l’actualité, les horribles souffrances, les invincibles espérances dans les cendres des morts font naître un autre monde ! Quelle belle liturgie dans cette chambre d’accouchement !

 

Le comportement de Jésus, hors dogme, hors système, hors prêches et cérémonies ! En voici quelques aspects :

Jésus n’avait aucune gêne à toucher les gens, physiquement s’entend, et de se laisser toucher par eux. Il était, il est, totalement homme. « Divinement humain » (E.S.) Pas de « Berürungsangst » chez Lui :

 

  • Il se fâche quand les apôtres empêchent les enfants de venir près de lui et il est clair : « Le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent Puis il les prend dans ses bras, et les bénit… (Marc 10/13-16 ; Luc 18/15-17 ; Matthieu 19/13-15)

 

· Une femme qui perdait du sang s’approche de Jésus par derrière, elle touche son vêtement et Jésus dit : c’est qui ? Il y a un remous (comme à la Basilique saint Pierre) et elle tremble de peur d’être éjectée. Elle dévoile sa maladie, et Jésus la regarde, il se penche tendrement vers cette femme humiliée, elle se sent guérie ! Elle l’est car elle est accueillie !

 

· Le chef de la synagogue dit que sa jeune fille est morte… Les apôtres le grondent : « N'importune pas le maître, ta fille est morte… » Basta ! Mais Jésus se sent attiré vers la jeune fille. Ironiquement, il dit aux fonctionnaires: « Arrêtez votre cirque, cette jeune fille dort »… Il prend Tabita par la main, l’aide à se mettre debout et dit à ceux qui se moquent de lui : « Donnez-lui à manger ».

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· La meilleure ! Elle n´a pas de nom…c´est "une femme, une pécheresse… » Elle peut être moi, toi. Jésus est à table, invité chez Simon le Pharisien. (Luc 7 : 36-47) Cette femme belle, ravissante entre sans être invitée, sans s’annoncer (on ne l’aurait pas laissé entrer) elle vient directement vers celui qu’elle aime (elle n’est pas déséquilibrée : elle aime !) et c’est Jésus. Elle le touche, arrose ses pieds de parfum et les embrasse et mêle ses cheveux à ses larmes… et je suis tellement sûre que Jésus est divinement heureux, c’est-à-dire pleinement heureux ! Aucune gêne. Jésus est trop intelligent pour ignorer ce qui se passe dans la tête des invités et de son hôte terriblement embarrassé ! Alors Jésus dit tout haut et en public: « Tu vois Simon, elle a fait ce que tu aurais dû faire en tant qu’hôte ! Laver les pieds et parfumer la tête des invités. Cette femme sait ce que veut dire aimer !) (cmj) http://www.marie-madeleine.com/Jean-Yves_Leloup.htm

 

· Et Jésus qui prend parti publiquement pour la vie de celle que les autorités religieuses nomment la “prostituée”... il écrit dans le sable,  devant ces juges ecclésiastiques hypocrites, il écrit leurs péchés sur la terre ! Comme pour les inviter à la vérité! Mais non, ils s’en vont comme des anguilles dans la boue de leur vécu, en commençant par les plus vieux ! Quel sourire sur les lèvres de Jésus et de Marie Madeleine ! Jésus avait pour toujours touché le corps et le cœur de cette femme et de toutes les femmes de tous les temps. Ils s’embrassèrent. (cmj)

 

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18/11/2009

IL Y A VINGT ANS CE JEUDI, 19.11.09

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La mémoire subversive : les peuples qui, aujourd’hui,  luttent contre l’impunité, contre l’oubli, sont inconfortables pour l’establishment, l'Église y compris. Les martyrs du 19 novembre 1989 au El Salvador seront-ils honorés demain, jeudi,  dans l'Église catholique ?

Au El Salvador cependant, chaque mois de novembre, on allume des lampions qui éclairent de leurs feux d’autres lampions, de main en main, de mot en mot, pour symboliser l’exemple lumineux, responsable, donné par les Martyrs au El Salvador !

« Il y a 20 ans, le 19 novembre 1989, étaient assassinés par un peloton du bataillon Atlacatl de l’armée salvadorienne plusieurs prêtres jésuites occupant différentes fonctions importantes dans l’Université centroaméricaine (UCA), fondée en 1965 par la Compagnie de Jésus, ainsi que deux femmes, Elba Julia Ramos, travaillant dans la résidence de l’Université, et sa fille de 15 ans, Celina.

Ignacio Ellacuría avait été nommé recteur de l’université en 1979.

Ignacio Martín-Baró était vice-recteur académique,

Segundo Montes, directeur de l’Institut des droits humains, Juan Ramón Moreno était directeur de la Bibliothèque de théologie

Amando López, professeur de philosophie

Joaquín López y López fut assassiné aussi »

(Oscar Romero, lui, avait été assassiné le 24 mars 1980 alors qu’il célébrait la messe à El Salvador)

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Seul Jon Sobrino, un jésuite aussi , alors absent du pays, échappa à la mort.

C’est en pensée avec Jon Sobrino , tous les théologiens, théologiennes de la Libération, toutes les personnes marginalisées, tous mes amis de lutte en Afrique du Sud, que j’évoque la mémoire subversive des témoins de l’injustice structurée... et de l’héroïsme de celles et ceux qui ont, comme Jésus « donner leur vie par amour ». Ils n'ont pas choisi la mort, ils l'ont subie comme le Galiléen ce vendredi-là. Pourquoi? « Ceux qui disent la Vérité et cherchent à FAIRE la justice, ils doivent être exécutés ! »

Le survivant, Sobrino nous dit pourquoi: «...Parce qu’ils étaient la conscience critique dans une société de péché et parce qu’ils étaient la conscience créative d’une société future différente. »

L'Église - Institution de 2009 est-elle le miroir du mouvement de libération-conversion que Jésus avait mis en marche chez lui ?

Si elle est ce miroir, alors demain dans toutes les Églises, les martyrs au El Salvador, toutes les victimes sans nom des multiples violences institutionnelles, seraient solennellement célébrés, invoqués comme une source d'énergie créatrice qui soutiendrait nos efforts quotidiens!

Est-ce un rêve? Un cauchemar? Le plus étrange, c’est que Benoît 16,  en 2006 - 2007, s’en soit pris à Jon Sobrino,  et « le condamne au silence » ! Jon Sobrino est le survivant du massacre de la communauté des six jésuites, (ainsi qu’une employée et sa fille) assassinés le 19 novembre 1989 ! Pourquoi s’en prendre à lui ? Lisez la lettre de Sobrino à son Supérieur après avoir reçu la « notification vaticane » http://www.culture-et-foi.com/critique/sobrino_lettre_kol...

«Je ne crois pas qu’il soit bon de passer sous silence, le problème de fond (de la curie et du pape). C’est, semble-t-il, de vouloir substituer à une Église « difficile », celle qui suit [Jésus], et qui travaille à unifier la lutte pour la foi et la justice ... de lui substituer une Église « facile », de liturgies et de dévotions, avec des œuvres de charité, mais qui ne se pose pas de grands problèmes pour promouvoir la justice. Et ainsi, grandir en nombre» (c'est moi qui ai modifié certains caractères du texte, mis en italique, gras, ou souligné).

Se sentir « chez soi » dans cette Église « facile », serait trahir l'Église « difficile » des petites communautés de base, des marginaux, des grassroots, des femmes, des enfants « born to hunger ! » en « priant pour eux ». Nous sommes responsables, comme je le comprends, des uns des autres. So help us God.

Voilà ma réflexion en cette veillée de prière, et ma solidarité exprimée gauchement peut-être, afin que ce vingtième anniversaire du martyre au El Salvador, soit une résonance, l’écho des alléluias de Pâques  de jadis et répété vigoureusement lorsque notre mémoire subversive célèbre la Vie à travers la Mort.

22:38 Publié dans Église(s) | Tags : jésuites | Lien permanent | Commentaires (0)

29/09/2009

TCHEQUIE

 

« Il faut être conséquent »

 

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Monique (nom d’emprunt) et son mari ont renoncé à la voiture et voyagent en train. Mais pour aller là où les transports publics sont rares, ils louent une voiture. Ils sont, tous les deux, convaincus que l’action doit témoigner de l’engagement pour un monde à guérir, à sauver peut-être.

Monique m’a simplement dit « il faut être conséquent ». Cela me concerne. C’est ce qui motive ce billet.

 

Benoît XVI vient de se rendre pour un weekend en Tchéquie, il projette d’aller en UK en 2010. En étudiant les analyses de source sûre, je pense à ce qu’écrit Albert Nolan, dans « Suivre Jésus aujourd’hui » (Cerf 2009 pg. 100). Je cite : « J’ai toujours eu l’impression qu’il y avait deux histoires de l'Église chrétienne :  Celle de l’Institution, avec ses papes, ses luttes de pouvoir, ses schismes, ses conflits et ses divisions, ses chasses aux hérésies et sa bureaucratie, et une autre parallèle, celle des martyrs, des saints et des mystiques, avec leur profond attachement à la prière, à l’humilité, à l’oubli de soi avec leur liberté et leur joie, leur audace et leur amour profond à l’égard de tous et de tout.» Comme dit Nolan, il y a donc deux traditions : a) la tradition mystico-prophétique, et, b) la tradition de l'Église institutionnelle. Elles avancent parallèlement dans ce que j’appelle des « rapports de force inégaux » et que Nolan voit comme conflictuelles et « très tendues avec l’establishment. »

Mais j’en reviens alors aux visites « pastorales » des papes, et actuellement de celle de Benoît XVI en Tchéquie. (Je tiens mes sources des adresses suivantes :

 

 

· www.thetablet.co.uk/latest-news.php

· http://ncronline.org/by John L Allen Jr on Sep. 27, 2009.

· http://www.radiovaticana.org/fr1/Articolo.asp?c=320272

· http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/europe/20090926.OBS2580/premiere_rencontre_entre_berlusconi_et_le_pape_depuis_l.html?idfx=RSS_europe&xtor=RSS-18

· http://209.85.229.132/search?q=cache:VNzurp33_zcJ:www.czecot.com/fr/%3Fpage%3D14%26id%3D13718+pape+en+Tch%C3%A9quie&cd=11&hl=fr&ct=clnk&gl=ch

· http://209.85.229.132/search?q=cache:UGA3ALr8WOQJ:www.mzv.cz/coe.strasbourg/fr/informations_sur_la_republique_tch_que/histoire_du_pays/index.html+pape+en+Tch%C3%A9quie+wenceslas+et+Hus&cd=22&hl=fr&ct=clnk&gl=ch

 

« Benoît XVI se rend en République tchèque en tant que plus haut représentant de l'Eglise catholique et en tant que chef d'État du Vatican. C'est pourquoi il rencontrera, pendant sa visite, des ecclésiastiques, des hommes politiques et des fidèles. » Et le petit peuple?

« Il se rend en Tchéquie pour célébrer le 20ème anniversaire du mur de Berlin et de la "disparition" des régimes oppressifs. Avant son départ il rencontre à Rome Berlusconi. » (Nouvel Obs).

«  A son arrivée, il est accueilli par le président de la République tchèque, Vaclav Klaus, et par le cardinal Miloslav Vlk, archevêque de Prague. Il rencontre les autorités politiques et religieuses, les différentes communautés chrétiennes, le corps diplomatique et le monde académique. » Et le petit peuple?

« Puis, selon ATS, Benoît se rend à Notre Dame des victoires et prie devant la statuette de « l’Enfant Jésus de Prague. »

« Benoît XVI n’a fait que mentionner Jan Hus, (1370-1415 ),  théologien, précurseur de la Réforme, excommunié et condamné au bûcher pour hérésie par l’Église catholique. Il est considéré par les Tchèques comme un héros national.

Le Roi Wenceslas est également vénéré. Comment Benoît XVI perçoit-il ces deux personnages ? Et comment le peuple tchèque les perçoit-il ? Les deux séparément! Les deux interconnectés?

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Ce dernier voyage du pape illustre une fois de plus, ces deux histoires de l'Église chrétienne, celle de l’Institution d’une part,  et celle d’en bas qui a droit à l’écoute, mais pas à la parole. Jan Hus avait lutté pour l’égalité dans l'Église chrétienne !

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L’Institution est sous les feux des projecteurs et le peuple, les ouvriers, lesquels en Tchéquie, luttent depuis 10 ans pour consolider l’identité d’une République, ne sont qu'une masse anonyme.

 

Les autorités de l’Institution multiplient les sermons, les discours,  les avertissements, elles s’adressent aux petits par le truchement des « grands responsables » des Institutions politiques et civiles qui devront interpréter et appliquer (motivées sans doute par un devoir politico religieux à accomplir) ce qui leur est dit. Ces innombrables interventions verbales du pape sont alors «scellées, sanctifiées dans des liturgies, des messes » face à plus de 100 000 personnes. Le reste, les 10 millions de Tchèques, continueront leur pèlerinage vers un monde meilleur, celui que Jésus habite et anime de son Esprit ressuscité dans les bas-fonds de la société.

 

C’est l’Histoire de l'Église d’en bas, celle des racines que j’aimerais lire dans la presse et, éventuellement regarder de temps en temps sur l’écran. Pas seulement lors de meurtres, d’émeutes, de pauvreté abjecte, mais dans la solidarité des groupes et des communautés de base, là où Dieu marche avec les pèlerins, migrants, voyageurs, les SDF, les NEM, là, spécialement et concrètement, où Jésus, le Fils de l’Homme est « fait homme ».

Là où ceux qui – sans en être peut-être conscients - sont touchés par les quelques paroles de Jésus et surtout par son exemple, osent dire comme mon amie :

Il faut être conséquent !

Même s'ils ne se réfèrent pas du tout à Jésus.


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18/06/2009

Radio Vatican: réflexion

 

Le billet de David Laufer au sujet de « Radio Vatican »

 

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http://dlaufer.blog.24heures.ch/archive/2009/06/14/radio-...

 

Aborder ce sujet c'est faire bourdonner la ruche. J'y ajoute un petit bourdonnement avec un grand merci à David Laufer pour ce texte honnête, pour ses réponses aux interpellations.

 

Ma référence est Jésus et mon repère aussi. En avril 2008, Philippe Baud, que je respecte beaucoup, réfléchissait sur un « autre le profil du prêtre » dans son blog:

http://baud.blog.24heures.ch/archive/2008/04/01/un-autre-...

 

Mon commentaire à son texte parmi les autres était: « un peu partout, il y a des prêtres qui portent en eux l'évangile de Jésus, sa Mission. Je pense à Albert Nolan: "Jésus aujourd'hui, Jésus avant le christianisme", totalement un avec les exploités de chez lui et d'ailleurs. Je connais un ou deux prêtres qui révèlent par leur comportement, Jésus. "Prêtres ouvriers", chance perdue pour l'Église et les ouvriers. Mais le service, le sacerdoce n'est-il pas au cœur de chaque ouvrier...qui procure à ses enfants du pain: fruit de la terre et de son labeur.

Cmj | 10.04.2008 »

David Laufer mentionne Alberto Cutié, qu'un Tabloid mexicain montre avec des femmes. C'est rentable pour le Tabloid! Alberto est licencié, il demande pardon. « Personne en effet n’a forcé Alberto Cutié à prendre soutane et à prononcer ses vœux, une rupture de promesse solennelle, donc une trahison. » C'est juste! La question: y a-t-il eu dialogue entre les autorités religieuses et lui? On sait que tenir les promesses solennelles n'est pas facile. Jésus a fait l'expérience de tentations par apport à sa « Mission »! Pierre, le 1er Pape dont Jésus avait guéri la belle-mère, a renié son maître 3 fois. Matthieu 26, 58, 69-75 ; Marc 14,54, 66-72 ; Luc 22,55-62 ; Jean 18, 17, 18, 25-27 le rapportent:

  • " Puis le regardant bien en face : "Oui, tu étais avec Jésus de Galilée !" Pierre le nia devant tout le monde : "Femme, je ne le connais pas !...Je ne sais...Je ne puis comprendre ce que tu dis."

  • un serviteur le rencontra :"Et toi aussi, lui dit-il, tu es de ces gens-là !" Une seconde fois, il le nie avec serment: --- "Non! vous dis-je, non! Je ne connais aucunement cet homme!"

  • "Assurément tu es de la bande, car tu es de Galilée, ton langage te trahit. L'un des valets du Pontife, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, l'accusa à son tour : "Ne t'ai-je pas vu dans le jardin avec lui ?" Pierre le nia encore, et il se mit à faire des imprécations, à multiplier les serments et les protestations : "Non ! répétait-il, je ne le connais pas cet homme-là. Je ne sais ce que vous voulez dire !"

 

Le coq a chanté. Pierre a pleuré, Jésus a été exécuté ... il est mort, il est ressuscité et c'est en tant que ressuscité que Jésus a pardonné... et lui a dit d'être un « Pastor Bonus ». Jésus prend des risques en faisant confiance à des hommes du type de Pierre et les répercussions jalonnent l'Histoire de cette Église jusqu'à aujourd'hui. Pour le meilleur et pour le pire.

Nous sommes en 2009, Le mouvement que Jésus désirait est devenu une institution déployée, prestigieuse, puissante repliée sur elle-même aujourd'hui. « Cette institution verticale fut pour une large part empruntée à l'Empire ....Cette centralisation verticale fonctionne sur la déité de sa caste supérieure, comme les nobles, comme les membres du soviet, comme les ministres et les parlementaires » écrit David Laufer. Cela résonne en nous (et nous sommes nombreux) comme le son joyeux d'une cloche qui appelle à réfléchir, à prier, à continuer la lutte par loyauté critique et respectueuse des autorités. Il n'en reste pas moins que, dans des expériences de mort, les défis de la Bonne Nouvelle sont relevés par des gens très simples, des laïcs, des prêtres aussi, des femmes, des hommes de toutes races. La liste est longue. La priorité de Jésus « Aime ton prochain comme toi-même » est commun a ces semeurs d'espérance, de toutes croyances et religions et sans religions même. Beaucoup, les vrais saints ne sont pas conscients d'avoir fait du bien! « Quand est-ce que nous t'avons secouru, guéri, habillé, visité ... Jésus répond: c'est quand vous avez aidé le « plus petit » que vous l'avez fait à moi. »

http://www.interbible.org/interBible/ecritures/bu/index.p...

  • David Laufer, bien placé pour le savoir, puisqu'il a fréquenté l'école Champittet sous la direction de prêtres, se penche sur les vœux: chasteté (ou célibat...c'est la même chose?), obéissance, pauvreté. Des prêtres amis (en Afrique du Sud et aussi un très vieil ami décédé dernièrement à Lausanne) m'en ont parlé ouvertement, candidement. Je suis sœur, j'ai fait ces promesses et j'ai, comme d'autres, découvert les systèmes institutionnels ecclésiastiques, politiques, économiques et nous avons questionné: « Quel est le sens de ces vœux dans un contexte d'apartheid en Afrique du Sud où le système ecclésiastique était lié à un système injuste et inhumain? » (« Une hérésie et un crime contre l'humanité » Déclaration de l'Alliance réformée mondiale (ARM) et l'ONU définit l'apartheid comme un crime contre l'humanité »). Qu'en pensait Jésus? L’orthopraxis (la pratique) est-elle cohérente avec l’orthodoxie?

    Alors notre prise de conscience commune de l'ambiguïté incontournable de ce contre-témoignage, nous a mis en face a) de l'Église peuple de Dieu et b) de l'Église-institution: deux entités séparées, voire opposées. Nous sommes bien placés pour le savoir! Aujourd'hui, et pas en Afrique du Sud seulement, les répercussions filtrent dans la mémoire vive des peuples. L'institution semble repliée sur elle-même, effrayée, statique jusqu'à ce jour malgré les extraordinaires moyens de communication! Pourquoi?

  • Pour nous, c'est le petit prophète Michée (6:8) qui nous a éclairés: « On t`a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; ce que Dieu demande de toi: « C'est que tu pratiques la justice, (pauvreté); que tu aimes tendrement (chasteté) et que tu marches humblement avec ton Dieu (obéissance) ». Cela correspond à la pratique des vœux. « La volonté de Dieu: c'est travailler au bien commun ». (Albert Nolan, Jesus Today, page 189). En débattre avec les autorités est laborieux mais pas impossible. Ce qui fait dire à Albert Nolan: « Les prophètes sont des gens qui élèvent la voix lorsque les autres gardent le silence. Ils critiquent la société dans laquelle ils vivent, ils critiquent leur pays où ils sont nés, ils critiquent les institutions religieuses dont ils sont membres. » (Jesus Today, page 63). C'est une loyauté critique, pas servile.

  • Comme le dit François Houtart: « Le Vatican empêche des messages de passer. Les gens en recherche d'une spiritualité, d'une autre parole, se trouvent dans une Église en contradiction avec le réel et avec un langage compréhensible. Ils se cabrent donc contre l'institution ecclésiale alors qu'ils partagent les valeurs de base que l'Église doit défendre. » (François Houtart, prêtre chanoine, expert lors de Vatican II, est directeur de l'ONG Le centre Tri-Continental. Ce sociologue, professeur émérite de l'université catholique de Louvain, a écrit plus de trente livres, dont "L'Église et le monde" (Cerf).)

  • http://www.temoignagechretien.fr/journal/ar_article.php?num=3154&categ=FranceEurope

    En novembre 2008, François Houtart était l'invité de la COTMEC, Commission tiers monde de l'Église catholique à Genève: http://www.cotmec.ch/ Numéro 310 de Cotmec-info rapporte la prestation de François Houtart.

Et pour conclure la phrase d'un sage: « Et c’est l’un des défauts de notre époque de croire qu’il est plus important d’avoir un orgasme que de penser librement. » (elle est de David Laufer, avec reconnaissance!)

 

 

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03/06/2009

JEAN XXIII

 

Jean XXIII

 

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Le Bon pape Jean XXIII rendit son âme à Dieu le 3 juin 1963, le jour de la Pentecôte

Trois semaines auparavant, il publiait PACEM IN TERRIS sur la paix entre toutes les nations, fondée sur la vérité, la justice, la charité, la liberté.

http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem_fr.html

J'ai relu ce texte d’une actualité bouleversante cet après-midi  : « Les progrès des sciences et les inventions de la technique nous en convainquent : dans les êtres vivants et dans les forces de l'univers, il règne un ordre admirable, et c'est la grandeur de l'homme de pouvoir découvrir cet ordre et se forger les instruments par lesquels il capte les énergies naturelles et les assujettit à son service. »

Jean XXIII parle de l’ETRE HUMAIN avec l’amour d’un Père sage, ses paroles sont simples et vraies. Il mentionne les signes des temps 39 à 45 :

· promotion économique et sociale des classes laborieuses

· l'entrée de la femme dans la vie publique,

· Plus de peuples dominateurs et de peuples dominés

· La réalisation du bien commun, raison d’être des pouvoirs publics

· Les moyens mis en œuvre au profit du bien commun ne peuvent-ils faire obstacle au salut éternel des hommes, mais encore doivent-ils y aider positivement

· l'autorité doit s'exercer en vue du bien commun

Ce pape bien-aimé est mort le jour de la Pentecôte, il y a 46 ans aujourd'hui. L’Esprit enflammait son cœur, éclairait son intelligence, et donnait à sa volonté l’audace des prophètes! L’Eglise était alors lourde d’inertie, quasiment paralysée de peur à l’époque d’avant mai 68 en Europe, et des mouvements de libération dans les pays colonisés. Jean XXIII a permis le surgissement des forces dynamiques présentes dans ce peuple de Dieu et jusque dans la hiérarchie. Une énergie créative a résulté dans les documents de Vatican II:

Lumen Gentium : constitution dogmatique sur l’Église
Gaudium et Spes : l’Eglise dans le monde de ce temps
Ad Gentes :  l’activité missionnaire de l’Eglise
Orientalium Ecclesiarum : les Eglises orientales catholiques
Perfectae Caritatis : rénovation et l’adaptation de la vie religieuse (et d'autres encore)

J’étais en Afrique du sud, donc je ne sais pas très bien comment ces messages furent accueillis en Suisse/Europe, mais je sais que chez nous, au niveau œcuménique, au ras des pâquerettes, (grassroots) ce fut une libération de la pensée, de la parole, de l’énergie, de  l’action pour un monde plus juste, plus humain, sans apartheid. La famille humaine. Notre motivation se déployait, le mouvement pour la libération et la justice avait sa propre impulsion guidée par l’Esprit et nous savions que, en tant que co-créateurs nous devions concrètement travailler au BIEN COMMUN. (Jesus Today, page 189, Albert Nolan).

Oh ce ne fut pas sans heurts, mais chaque obstacle était un défi à relever ! L’Eglise catholique est devenue membre du conseil des écuménique des Eglises : des relations nouvelles engendraient une solidarité qui renversait les murs et les barrières pour permettre la rencontre entre tous !

Aggiornamento : Mettre à jour les structures de l’Eglise selon les besoins de notre temps et l’Evangile.

 

Avec une immense reconnaissance envers Jean XXIII.

Voir également Jean XXIII, le dernier pape moderne :

http://salem.blog.24heures.ch/archive/2009/04/01/jean-xxi...

Prière de Jean XXIII Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Rien qu'aujourd'hui,
j'essaierai de vivre exclusivement la journée
sans tenter de résoudre le problème de toute ma vie.

Je serai heureux rien qu'aujourd'hui,
dans la certitude d'avoir été créé pour le bonheur
non seulement dans l'autre monde mais également dans celui-ci.

Rien qu'aujourd'hui,
je m'adapterai aux circonstances
sans prétendre que celles-ci se plient à tous mes désirs.

Rien qu'aujourd'hui,
je croirai fermement, même si les circonstances prouvent le contraire,
que la bonne providence de Dieu s'occupe de moi
comme si rien d'autre n'existait au monde.

Rien qu'aujourd'hui, je ne craindrai pas.
Et tout spécialement je n'aurai pas peur d'apprécier ce qui est beau et de croire en la bonté.

Je suis en mesure de faire le bien pendant douze heures
ce qui ne saurait me décourager
comme si je pensais que je dois le faire toute ma vie durant.

 

21:52 Publié dans Église(s) | Tags : jean xxiii | Lien permanent | Commentaires (10)

21/03/2009

Coucher de soleil sur Luanda

 

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Méditation dominicale

Quand la ménagère met une cuillère à café de sel dans une soupière de soupe, toute la tablée la trouve digeste. Elle est à point.

Quand la ménagère met une cuillère à café de sel dans une immense chaudière de soupe, elle aura peu ou pas de goût ! De même pour les groupes à taille humaine et les grandes foules face à un homme.

Je ne suis pas du tout « fan » des grands rassemblements religieux, soit les JMJ (Journée mondiale des Jeunes) ou, récemment, en Afrique par exemple, 40 000 personnes dans un stade à attendre patiemment le sermon de l’homme blanc tout de blanc vêtu. Il y a la possibilité que ce que dit le pape soit comme une cuillère à café de sel dans une immense chaudière.

Il y aura des Amen et des louanges préparés à l’avance… Il y aura l’accueil tout africain qui dépasse la politesse européenne et tous reprendront la route sans être sûre qu’il y aura de la soupe, à la maison, avec ou sans sel. On se sentira étranger à ce vécu organisé, et on priera peut-être « Notre Père, donne-nous aujourd’hui notre pain de ce soir… » Le pays natal, le Cameroun, l’Angola, gardent au sein de l’Eglise catholique ces jours-ci au moins, des cicatrices douloureuses d’un colonialisme, originaire d’Allemagne pour le Cameroun, soit du Portugal pour ce qui concerne l’Angola ! Mais en ces jours de visites du Chef tout de blanc vêtu, on fera « comme si » en attendant de se retirer dans sa propre culture religieuse.

A la messe de dimanche le psaume 137, 1-6 sera approprié. Avec David le ministrel de Dieu, le peuple africain se sentira compris. Le voici :

Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ;
aux saules des alentours nous avions pendu nos harpes.
C'est là que nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux : « Chantez-nous, disaient-ils, quelque chant de Sion. »
Comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ?
Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite m'oublie !
Je veux que ma langue s'attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n'élève Jérusalem, au sommet de ma joie.

Toute l’ambiguïté est là : nous nous sentons étrangers chez nous sous le regard de l’Homme en blanc. Il parle beaucoup. Nous nous taisons. Il entend nos applaudissements. Il n'entend pas ce qu'il y a dans notre coeur. Nos pensées enracinées dans la terre d'Afrique. Le «Souverain Pontife romain ». Nous savons qu’il n’en est pas conscient. Nous le respectons et lui souhaitons bon vol chez lui, au Vatican.

http://www.youtube.com/watch?v=KeHPwTUT_I8

Ecoutons:

"By The Rivers Dark", Album "Ten New Songs", 2001, Leonard Cohen and Sharon Robinson.

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22:45 Publié dans Église(s) | Lien permanent | Commentaires (2)

20/03/2009

LE PAPE EN AFRIQUE

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Père Siffleur, et le pape en Afrique,

Dans les années cinquante, je travaillais dans un township (rayée de la carte aujourd’hui) à 7 miles au nord de Prétoria. On l’appelait « Blackspot ». Plus de 100 000 habitants (sans compter les femmes et les enfants dirait-on bibliquement) dans un espace de un ou deux « square miles ». 1500 élèves dans notre école, dans ma classe une soixantaine, garçons et filles de 15 à 20 ans. Les heures libres du weekend nous permettaient d’aller à la recherche des absents. Dans ces « boîtes » municipales, sans eau courante ni électricité, une famille par chambre. Il y avait un toit mais pas de plafond. On entendait tout. Pas de télé à l’époque, pas de distraction. Après le stress et les humiliations empilées au service des Blancs, que restait-il pour « se défouler » sinon la bière et le sexe ? J’ai vu le jeu de la copulation. Et des conséquences. Le SIDA déjà présent ? On disait que les malades étaient tuberculeux. Aujourd’hui, SIDA et TB sont cousins. On nomme souvent l’un pour éviter « la honte » de l’autre. Une honte aggravée, par des tabous culturels, mais aussi religieux, notamment en accentuant une certaine morale sexuelle dans l’enseignement des doctrines.

En 1993 et en 1999, j’ai vécu quelques mois dans plusieurs townships et j’ai vu l’actualité non télévisée ! « SIDA + HIV ». J’arrive le samedi de Johannesburg à Vrede, (vaste township). Ma communauté vit dans une « Council house », au cœur des masses, une parmi les « boîtes d’allumettes » que le nouveau gouvernement construit à toute vitesse. Ce samedi dans notre seul quartier, 14 enterrements de Sidéens, tous jeunes, couchés dans des cercueils « Action supermarché » ou 4 plaches clouées à la hâte ou simplement une couverture. Vers l’immense « God’s golden acre » Parfois il y avait 20 ou 25 cadavres à mettre en terre dans une seule paroisse.

J’ai été, seule, explorer les cliniques (les murs peints à neuf, mais sans infra structures, et j’ai vu traîner les Sidéens et le personnel « soignant et quasi indifférent » « car il y en a trop ! Et le gouvernement ne fait rien.

Mes consœurs, elles, soignaient les Sidéens dans un garage inusité. Ils mangeaient parfois avec nous. Quel luxe. Nous avions des aspirines. Pour les mamans infectées pas d’antirétroviraux. Le Président Mbeki et la ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang, conseillaient aux gens de manger des ails, des betteraves et des citrons. Elle fut rebaptisée Dr. Betterave (voir les adresses ci-dessous). Peut-on concevoir un médecin, une infirmière ne pas tout faire, hic et nunc, condom y compris, pour prévenir et soulager la souffrance ou protéger la vie ? Peut-on dire, comme le pape aujourd’hui « vous reflétez le mystère de la Croix, vous les malades et les souffrants et vous êtes proches de Simon de Cyrène, l’Africain, qui porte la Croix avec Jésus » ?

J’ai aussi visité un grand hôpital à l’infra structure médicale minime (propriété de l’église) Dans le halle d’entrée : collés au murs 3 grands posters : celui du milieu était un géant condom rose, à gauche le « sacré Cœur de Sacré Cœur de Jésus, à droite, le Cœur Immaculé de Marie » et en dessous trois lettres immense en caractères GRAS : « VIVA CONDOM VIVA !». Qui avait mis ça en place ? Le Département de la santé ANC je suppose. Qui avait mis en place Jésus et Marie ? Les agents ecclésiaux je suppose. Qui avait eu l’idée de leur compagnonnage ?

Les gens de tous les jours ne regardaient plus ni l’un ni l’autre. La priorité étant la survie. Les condoms gratuits sont souvent de mauvaise qualité, percés ou troués et rendent de mauvais services ! Mais bien pire que ça, les mâles ne voulaient pas de condoms car cela diminuait la jouissance de l’exercice. Souvent les mâles insistaient, voire violaient les femmes s’il y avait résistance pour cause de non-condom ! Il a fallu des années pour obtenir des médicaments antirétroviraux pour les « mamans HIV positives » qui allaitaient les bébés. Sans ces médicaments, le lait des mamans transmettait le virus au bébé.

Pour nous, les sœurs travaillant avec des ONG’s, en plus de l’approche holistique, notre priorité étaient de promouvoir, avec les femmes elles-mêmes et dès le plus bas âge, la prise de conscience que leur corps n’est pas à vendre. Debout, délivrées de la paralysie indue par la culture et/ou la religion : dire NON à la domination sexuelle mâle. Dire OUI, si cela correspond à ma dignité. Quel rapport de force inégal ! C’est la réalité.

Les femmes vivent leur vie au quotidien, à la base, pas en compagnie ni sous la férule de présidents de quelque’ Etat qu’ils soient !

Au Cameroun, en Angola, en Afrique et bien au-delà, les chefs religieux ne montrent pas du doigt les mâles qui prostitueurs et violeurs de femmes, ils ne les nomment par leurs noms.

Mais on nomme les prostituées, les Marie Madeleine que Jésus tenait dans ses bras tout en écrivant par terre les chefs d’accusation des violeurs et des anciens !!!

Qu’Il est donc loin de nous, le Fils du Charpentier de Nazareth, Joseph, dont c’est la fête aujourd’hui, dit-on !

Père Siffleur, pourquoi les média sont-ils , comme les chefs religieux, hantés par le sexe (des autres), pourquoi remplissent-ils les écrans TV, les pages de presse, de dérives plutôt que de la noblesse de l’activité sexuelle ?

Pour ce qui concerne le Pape : pourquoi ne pas mettre en situation (africaine dans le cas qui nous préoccupe actuellement) la réalité quotidienne culturelle(s) et religieuse (s) africaines dans sa vie quotidienne et dans son Histoire ?

Pourquoi ne pas mettre au second plan ce visiteur, « chef d’état et pasteur » qui aurait avantage à se faire d’abord explorateur, apprenant le langage de ceux à qui les systèmes ôtent leur droit de penser par et pour eux-mêmes ?

Dix-sept Homélies /conférences, (selon le weekly Catholic The Tablet du 14 mars 2009 p. 33) Il parlera en français et en espagnol alors que les africains ont droit à LEUR langue, à leurs catégories mentales, leur vocabulaire, leur psyche ! Pourquoi déverser sur cette foule apparemment en liesse emprisonnée sur des stades sous haute surveillance, des coulées de mots comme la lave au pied d’un volcan.

France 3 TV tendait cet après-midi le micro à un Camerounais : « Le pape a son opinion, nous avons la nôtre, les ONG ont la leur…On fait la fête .» Puis un flash sur le visage d’une femme en transe qui se tortille devant la beauté divine du pape blanc.

Pour plus d’information :

  • ma note du 02.12.2007 dans ce blog-ci sur le SIDA, Archives

  • Ecoutez l’évêque Kevin Dowling en date du 2 juin 2007 dans HARD TALK à la BBC avec Steven Sackur au sujet du SIDA et de la prostitution

  • Ails, citrons et betteraves du Dr “Betterave” ci-dessous

En conclusion : « Voici l'essentiel de la déclaration controversée du pape, rapportée mercredi par le Corriere della Sera , et traduite par lepoint.fr :

"Je pense que ce qui est plus efficace, plus présent et plus fort dans la lutte contre le sida, c'est justement l'Église catholique, avec ses structures, ses mouvements et ses communautés (...) On ne peut pas régler le problème du sida seulement avec de l'argent (...) Et on ne peut pas régler ce drame avec la distribution de préservatifs, qui au contraire augmentent le problème. La solution peut être double, l'humanisation de la sexualité et une vraie amitié envers les personnes qui souffrent. "

Connaître théoriquement l’Afrique est impossible. Il vaut mieux essayer de dire comme le Camérounais cité plus haut par TV2, que de s’exaspérer des propos dit malheureusement dans les airs, sans trop réfléchir semble-t-il.. Puis, comme Nelson Mandela apprendre à comprendre…et pardonner si c’est possible.

Demain, c’est l’Angola ! Musique d’avenir…

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18/03/2009

Le Pape en Afrique

Bonjour Cameroun


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Le Pape parle

Le Peuple se tait

Voici une lettre ouverte qui contextualise un peu la chose.

Je lui en sais gré

LETTRE OUVERTE AU PAPE

http://www.afriblog.com/index.asp?mportail=fperso&no_...

Marcel-Duclos EFOUDEBE
Africain et Africanophile. Lecteur, téléspectateur, cinéphile, observateur critique de l'Afrique et du Monde.

Très Saint-Père,

Je profite de votre visite au Cameroun pour vous adresser ces quelques lignes. Comme je vous sais très occupé, je ne vais pas abuser de votre temps. Je tiens d’abord à vous rassurer sur un certain nombre de points.

Je ne vous dirais pas un mot sur votre décision de réintégrer les Evêques intégristes au sein de l’Eglise Catholique. Je suppose que vous en avez assez d’en entendre parler, d’entendre tous ceux qui vous reprochent de donner un blanc seing à cet évêque négationniste. Je ne vous en parlerai pas, même si l’envie est grande de rappeler que les Camerounais, jeunes et moins jeunes, connaissent un peu les intégristes, et notamment leur « père fondateur », Marcel Lefebvre.

Ce dernier – se souviennent les Camerounais – avait réuni ses pairs à Nkongsamba, pour rédiger la célèbre Lettre Commune, dans laquelle les hommes de Dieu mettaient en garde les Camerounais contre l’UPC et « ses liens avec le communisme athée condamné par le Souverain Pontife ». Votre prédécesseur d’alors, Pie XII, n’eut aucun mot pour dénoncer le support qu’apportait l’Eglise Catholique à la répression sanglante de l’UPC. Il était loin d’imaginer que 30 ans plus tard, Mgr Lefebvre se retournerait contre le Vatican…

Je ne vous parlerai pas non plus des précédentes visites papales chez nous. Les Camerounais en sont encore à se demander ce que ces visites leur ont apporté, en dehors des dépenses faramineuses qu’elles ont occasionnées. Ils comprennent mal que l’Eglise, qui est si riche, n’utilise pas ses moyens propres pour financer le séjour du Pape lors de ses visites. Qu’un pays aussi mal en point que le Cameroun puisse dépenser autant d’argent, alors que les populations manquent de tout, est à leurs yeux un contre-sens difficilement acceptable.

Je ne vous parlerai pas de certains fils du Cameroun, éminents représentants de l’Eglise Catholique qui, pour avoir essayé de concilier l’idéologie chrétienne à des aspects plus concrets de la vie quotidienne des Camerounais, ont été contraints à l’exil. Jean-Marc Ela et Albert Ndongmo, par exemple, n’ont pas eu la chance de vivre leurs derniers jours sur la terre de leurs ancêtres !

Je ne vous parlerai pas de beaucoup d’autres choses, que vous savez certainement – je fais confiance au service de presse du Vatican, qui n’ignore rien de ce qui se passe dans notre chère Afrique. Ce dont je voudrais vous parler, Très Saint-Père, tient en deux points précis. Je voudrais vous faire quelques suggestions pour « nourrir » l’entretien que vous aurez avec notre Président, Paul Biya.

Quand vous traverserez la ville de Yaoundé pour rejoindre le Palais de l’Unité, lieu de résidence de notre Président, elle sera coupée en deux. Bien sûr, vous n’en saurez rien, debout dans votre papamobile, d’où vous ne verrez qu’une foule en liesse. Ceux des Camerounais qui auraient envie de faire autre chose que vous applaudir – il y en a, vous savez ! – ne pourront pas traverser la ville. Ils ne pourront même pas se plaindre pour ce désagrément. Vous ne comprenez pas pourquoi ?

Figurez-vous qu’il y a quelques semaines seulement, un enseignant qui n’arrivait pas à se rendre à son travail a osé se plaindre du même « désagrément ». Il a eu la mauvaise idée de se plaindre à haute voix, dans un taxi. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, il s’est retrouvé devant le Tribunal de Grande Instance de Yaoundé, pour « outrage au Président de la République ». Il n’avait fait que se demander pourquoi le Président et son épouse ne regagnaient-ils pas le Palais de l’Unité en hélicoptère, pour ne pas paralyser la ville. Ce jeune camerounais vient de bénéficier d’une liberté provisoire, après le versement d’une lourde caution. Son cas sera « réexaminé » plus tard, quand vous serez reparti pour Rome. On aura alors évité de faire des vagues pendant la visite du Saint Père.

Pourriez-vous porter à la connaissance de notre Président le cas de ce jeune enseignant ? Accepteriez-vous d’intercéder pour lui auprès de Paul Biya ? Je peux comprendre la surprise que je vois sur votre visage. C’est que vous ne savez pas que notre Président ne lit pas la presse. Non, il ne la lit pas ! Il a même oublié qu’il avait recommandé aux Camerounais de s’informer, de lire les journaux et de regarder la télévision. D’accord, c’était il y a très longtemps, puisque vous veniez d’être nommé Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, l’ex-Saint-Office, qui combattait les hérésies – et qui s’occupait, entre autres, de l’Inquisition.

Vous ignorez probablement que notre Président est si souvent absent du pays que les Camerounais ne savent jamais s’il se trouve en Europe – pour un « court séjour privé » –, au Palais de l’Unité ou au Palais de Mvomeka – c’est sa résidence secondaire, un peu comme votre résidence de Castelgandolfo, le luxe et le terrain de golf en plus. Quand vous serez au Palais de l’Unité, les Camerounais sauront, avec certitude, que leur président y est. Et si vous lui en parlez, il ne pourra pas dire : « je ne savais pas. »

Ma deuxième préoccupation est d’ordre général, et elle concerne l’état de la démocrature camerounaise. Vous ne connaissez pas ce mot ? Pour faire court – puisque votre temps est précieux – il s’agit d’une « démocratie dictatoriale » ou d’une « dictature démocratique », au choix. Votre service de presse vous a probablement dit que notre Président voudrait entrer dans l’histoire du Cameroun comme l’homme qui y a apporté la démocratie. Pourriez-vous lui rappeler, Très Saint-Père, que cette même démocratie exige un renouvellement de la classe politique, l’organisation d’élections libres et transparentes, sans oublier la limitation des mandats du Président ? Le paysage politique qui gravite autour de notre Président est vieux : ce sont souvent des ministres de longue date, tous interchangeables, dont les permutations donnent le tournis aux Camerounais. Chez nous, les élections sont truquées, malgré la présence d’« observateurs internationaux ». Le choix des électeurs n’est pas respecté, et le Président bafoue allègrement les lois de la République. Il vient même de changer la Constitution de notre pays, pour pouvoir se présenter aux prochaines élections présidentielles, dans quelques années.

Pourriez-vous, Très Saint-Père, évoquer toutes ces questions avec notre Président ? J’hésite à vous le demander, même si je ne doute pas de votre attachement à la démocratie. J’hésite parce que je ne suis pas certain que le Vatican, dont vous êtes le Chef de l’Etat, soit un état démocratique. Je redoute même une certaine affinité entre vous et notre Président. Vous êtes de la même génération, vous êtes, tous les deux, Catholiques – même si Paul Biya flirte avec les Ordres. Vous êtes pour un « libéralisme chrétien », Paul Biya, plus modeste, est Pour le libéralisme communautaire – c’est même le titre du livre qu’il a « écrit ». Mon inquiétude vient d’ailleurs : le Pape ne démissionne pas, et son mandat est « élastique », puisque seule la mort met fin aux fonctions papales. Les Camerounais, qui espèrent connaître le Changement, doivent-ils se résigner à attendre que Dieu, dans son immense amour, rappelle à lui son « fidèle serviteur » Paul Biya, pour lui confier des tâches hautement plus importantes dans Son Paradis céleste ?

Voilà, Très Saint-Père, les points sur lesquels je souhaiterais que vous disiez un mot lors de vos entretiens avec Paul Biya. Vous pourriez même, pourquoi pas, le dire au monde entier, lors de la Grande Messe que vous direz au Stade qui porte le nom de l’ancien président, Ahmadou Ahidjo – auprès duquel Paul Biya a fait toute sa carrière politique, et dont il fut le premier ministre pendant 7 ans.

Les Camerounais, notamment ceux d’entre eux qui sont Catholiques, ne perdront aucun instant de votre séjour au Cameroun. Ils vous observeront avec attention. Dans vos actes et dans vos discours, ils espèrent trouver des éléments de réponse à la question que posait Um Nyobé, grand leader révolutionnaire camerounais : « de quel côté se trouve Dieu ? ».

 

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La lettre est un peu longue, nous nous en excusons. cmj


 

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