28/02/2016

Ce qu'il faut dire

Les innocentes : rédemption et maternité

Dans son nouveau film, la cinéaste Anne Fontaine s’est inspirée du journal intime tenu en 1945 par une Française, médecin de la Croix-Rouge, qui a porté secours, en Pologne, à des religieuses violées par des soldats nazis puis par des Russes.

SYNOPSIS

« En 1945, Mathilde Beaulieu travaille au sein de la Croix rouge française dans un hôpital de fortune en Pologne. Un jour, une nonne d'un couvent voisin lui demande de l'aide. La jeune femme finit par la suivre et découvre que l'une des soeurs est sur le point d'accoucher. Après la naissance de l'enfant, elle découvre que d'autres servantes de Dieu sont également enceintes. Elles ont été violées par des soldats russes. La mère supérieure refuse d'alerter les autorités pour que la réputation du couvent reste intacte. Elle refuse également que Mathilde leur porte secours. Maria, qui a eu une autre vie avant de prendre le voile, se pose des questions sur sa foi après ce qu'il leur est arrivé. »


« Il ne faut rien dire à personne... » Vraiment ?

«  Anne Fontaine ouvre les pages du journal intime. Elle y découvre un couvent où une quarantaine de nonnes vivent dans la douleur et la prière. Quand les Allemands sont arrivés, au début de la guerre, ces femmes ont été violées. Quand ce fut le tour de l’Armée rouge, elles l’ont été à nouveau, centaines jusqu’à 40 fois de suite. 20 religieuses sont mortes.

Quant aux religieuses polonaises, leur histoire va rester enfouie : désormais sous le joug stalinien, elles sont hautement indésirables. Les abbayes vont être désertées, les églises parfois rasées, les prêtres jetés en prison ou tués.

Anne Fontaine, pour le tournage du film, se rend en Pologne, elle se rend sur les lieux, elle constate que personne n’a entendu parler de cette histoire. Le mur de Berlin s’est effondré, Dieu est revenu en Pologne, le pays repart de zéro. Qu'en est-il du devoir de mémoire ?

Lors de l’un de ses déplacements à Gdansk, une religieuse la contacte : on a besoin d’elle, mais il ne faut rien dire à personne. Un peu étonnée par le secret qu’on lui impose, la Française accepte de rester silencieuse. Elle suit la nonne et découvre, atterrée, un couvent où une quarantaine de nonnes vivent dans la douleur et la prière. Quand les Allemands sont arrivés, au début de la guerre, ces femmes ont été violées. Quand ce fut le tour de l’Armée rouge, elles l’ont été à nouveau, certaines jusqu’à 40 fois de suite. 20 religieuses sont mortes. Certaines des survivantes sont enceintes. Non seulement ces femmes n’ont aucun recours sanitaire, aucune aide à espérer des Soviétiques, mais elles veulent éviter le scandale.

 

« La foi est-elle un état éternel ? Non. Comme le dit l’un des personnages, "24 heures de doute et une minute d’espérance". « 

 

« A la fin du film, une bonne sœur, son bébé entre les bras, roule vers un avenir inconnu, dans un pays gangrené par l’Armée rouge. Staline et Jésus, Dieu et diable : pour "les Innocentes", il n’y a pas de rédemption, pas de solution, sinon celle d’une damnation par la chair.

Si Dieu existe, il leur doit des excuses.

Nul ne sait ce que sont devenues les religieuses, mais les enfants de ces soeurs, ces bâtards de Notre Seigneur, aujourd’hui, sont quelque part, autour de nous. Si Dieu existe, il leur doit des excuses.

 de l'article par François Forestier

 

 

 

 

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