31/12/2015

Bonne et heureuse année 2016

Ne sommes-nous pas tous des réfugiés ?

Je souhaite que

nos cœurs

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s'ouvrent

et deviennent

accueils sans frontières

 

 

29/12/2015

L'âne et le boeuf

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Il existe plusieurs sortes de crèches, et elles correspondent grosso modo à ce que nous lisons dans les évangiles : la Sainte famille, la multitude des anges, les bergers avec leur troupeau, les rois mages .... (Luc 2,1-20; Matthieu 2,1-12). Mais dans presque chacune des crèches nous trouvons aussi ce qui n’apparaît dans aucun évangile : le bœuf et l’âne. Et je suis rassuré de les voir là.

J’ai aussi une explication pour leur présence. Noël est la fête de l’amour et de la paix. A Noël, nous essayons d’être particulièrement aimable et en paix les uns envers les autres. Et c’est justement à Noël que nous avons les plus grandes difficultés à l’être vraiment – peut-être parce que nous avons trop d’attentes. Nous en sommes contrariés; ce ne sont bien sûr pas les conditions idéales pour aller vers son prochain avec amour.

Se rendre à la crèche peut alors nous consoler. Mais s’identifier à ses personnages n’est certainement pas facile. La Sainte famille est déjà très loin de nous. Les bergers sont peut-être amusants et les anges parfois aussi, mais on ne souhaite pas se comparer à eux. Quant aux trois rois mages, ils planent bien au-dessus de nous. C’est là que je suis heureux d’y rencontrer l’âne et le boeuf. Ils sont très ordinaires et on n’attend pas de message spécial de leur part. Je me reconnais plutôt bien en eux. Je ne suis rien de particulier et je n’ai rien de spécial à dire. Alors si le bœuf et l’âne ont leur place près de la crèche, je me dis que j’y ai peut-être aussi la mienne.

Certes le boeuf et l’âne n’apparaissent pas dans les évangiles. Mais ils ne sont pas là tout à fait par hasard. Quand il est question de la crèche, c’est le prophète Esaïe qui me vient à l’esprit, son Livre débute en mentionnant la crèche :

J’ai nourri et élevé des fils, et ils se sont rebellés contre moi. Le boeuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître... mon peuple n’a point d’intelligence.

Le peuple dont il parle, j’en fait aussi partie. En effet, je suis souvent aussi abstrus qu’un bœuf et aussi obstiné qu’un âne. Mais si le boeuf et l’âne font partie de la crèche, j’ai donc aussi ma chance.

C’est peut-être là le message de Noël et la raison de nous adresser les uns les autres des vœux de bonheur : Dieu s’est fait homme, c’est pourquoi nous avons tous notre chance. Même le bœuf

 

et l’âne. Même toi et – peut-être – même moi.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

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21/12/2015

Les bergers d'abord (zu Lukas 2,8-14)

 

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Ce n’est pas au chevet de Marie, de Joseph et de l’enfant nouveau-né que le messager de Dieu se rend en premier. La gloire de l’Eternel n’illumine pas d’abord la Sainte famille. Les armées célestes n’entonnent pas le Gloria autour de la crèche.

Au centre, ce sont les bergers. C’est à eux qu’apparaît le messager de Dieu, comme s’ils étaient les personnes les plus dignes de recevoir la bonne nouvelle. Ils sont les premiers à baigner dans la lumière de Dieu, les premiers à percevoir le cantique céleste : Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et paix sur la terre pour ceux qu’il aime. Devant Dieu, ce ne sont pas les riches et les célèbres, les braves et les purs qui se tiennent au premier rang. Paix, joie, bonheur et lumière... c’est ce qui caractérise d’abord ceux dont Dieu se sent particulièrement proche. Et pour mieux le faire comprendre, le messager de Dieu ne met pas en lumière les prêtres ou les gens importants en priorité mais bien les bergers, qui ne sont pas toujours particulièrement aimables ni drôles, mais plutôt hirsutes, têtus et plutôt rudes.

Tout est différent de nos attentes : le message – le Sauveur et Seigneur apparaît en nouveau-né dans la crèche; les gens à qui s’adresse le message – des gens qui n’ont pas particulièrement bonne réputation. Tout est différent de nos attentes.

Ce qui compte, ce ne sont pas nos efforts, ce n’est pas se montrer le plus courageux et le meilleur. Voici le message de Noël: ce qui compte, c’est que Dieu se porte garant des plus petits et des délaissés.

C’est aussi ce qui nous soude les uns aux autres et nous permet de prendre un nouvel essor.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

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16/12/2015

Liberté et responsabilité

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Saint Paul est l’un des théologiens qui s’est investi le plus intensément en faveur de la liberté. Son Épitre aux communautés chrétiennes de Galatie (au centre de la Turquie actuelle) est un fervent plaidoyer pour la liberté. Paul voyait la liberté sociale et politique comme la liberté religieuse mises en danger.

C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis

écrit-il dans son Épitre aux Galates 5,1, et quelques versets plus loin il répète :

c’est à la liberté que vous avez été appelés.

Paul appelle ses compagnons chrétiens à sortir de leur étroitesse d’esprit et de leur mesquinerie. Son appel est toujours valable aujourd’hui.

Non seulement dans les cercles critiques mais également dans les cercles restés fidèles à l’Eglise, on parle de réforme stagnante. C’est ainsi que depuis un certain temps, des laïcs engagés se sont réunis en une diète pour discuter de questions brûlantes, comme ce thème sur les droits de l’homme dans l’Église. Il y a quelques années déjà, on pouvait lire dans un rapport final :

Les règles actuellement en vigueur dans l’Église sont discriminantes pour les laïcs, en particulier pour les femmes, les divorcés remariés et les personnes éprouvant une attirance sexuelle pour les individus de même sexe. Ces discriminations sont fondamentalement incompatibles avec les droits de l’homme et l’Évangile. Elles portent gravement préjudice à la crédibilité de l’Église catholique. Les responsables ecclésiaux doivent prendre position fermement pour l’élimination de telles discriminations ... tant au sein de l’Église de Suisse que dans l’Église universelle.

On dirait bien que les gens en ont assez de ces excuses cousues de fil blanc et même carrément indignes tels que : ‚l ’Église ne peut pas se le permettre’, les choses ne sont pas encore réglées du point de vue théologique’, nous devons avoir des égards envers l’Église universelle’, ou tout autre prétexte.

Pour les participants à la diète – comme pour moi –, une chose est claire : liberté ne signifie pas faire ce qu’on veut: liberté signifie faire ce qu’il y a à faire et en prendre la responsabilité.

 

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12/12/2015

L'espérance, c'est autrement

 

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Le pessimiste prétend : »Je ne suis pas pessimiste mais réaliste; je vois les choses comme elles sont.« L’optimiste affirme : »Je ne suis pas optimiste mais réaliste; je vois les choses comme elles sont.«

On peut comprendre de telles affirmations. On reproche au pessimiste de voir tout en noir et même de noircir les choses plus que nécessaire. Quant à l’optimiste, on le traite de rêveur, on lui reproche de voir tout en rose.

Les optimistes comme les pessimistes se veulent réalistes. Ils ont de bonnes raisons pour assumer leur point de vue sans qu’on puisse leur reprocher leur naïveté. On doit prendre leurs raisons au sérieux, elles sont vérifiables et intelligibles. Il existe de bonnes raisons pour évaluer le développement de l’économie suisse avec optimisme. Il existe tout autant de bonnes raisons pour poser sur le développement économique de la Suisse un regard pessimiste. Et demain tout peut changer.

Voici un autre exemple. Il y a des jours où je suis plutôt pessimiste lorsque je pense au développement de l’Eglise. Puis, d’autres jours, je me trouve plutôt des raisons d’être optimiste au sujet de ce même développpement. Je suis en mesure de justifier tant le pessimisme que l’optimisme de mon estimation soit-disant réaliste. Il y a les observations concrètes et les expériences; il y a aussi les preuves historiques; il y a les calculs et les pronostiques de personnes compétentes. Mais tous ces calculs et tous ces pronostiques peuvent être demain complètement différents.

L’espérance, c’est autre chose. Elle est au-delà de l’optimisme et du pessimisme. Elle ne se base pas sur des évaluations, des calculs ou des pronostiques, aussi réalistes soient-ils. L’espérance touche à la foi. Et je ne pense pas là à la théologie ou à un savoir particulier.  La foi, c’est pour moi une relation. Une relation à un autre, à un ,toi’.

Ou pour le dire autrement : ce n’est pas l’optimisme qui me pousse, ni même avec toutes ses bonnes raisons aussi réalistes soient-elles – ce serait un support trop fragile pour moi. Ce qui me porte, c’est la relation à un ,toi’ que je nomme Dieu. Ce ‚toi’ ne change pas périodiquement. Il est le ‚toi’ qui m’a mené à la vie et qui m’appelle par mon nom. Celui qui a des projets pour moi, qui me fait confiance et aussi qui me soutient quand tous les calculs et les pronostiques ont tendance à la baisse.

                                         

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

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