29/12/2015

L'âne et le boeuf

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Il existe plusieurs sortes de crèches, et elles correspondent grosso modo à ce que nous lisons dans les évangiles : la Sainte famille, la multitude des anges, les bergers avec leur troupeau, les rois mages .... (Luc 2,1-20; Matthieu 2,1-12). Mais dans presque chacune des crèches nous trouvons aussi ce qui n’apparaît dans aucun évangile : le bœuf et l’âne. Et je suis rassuré de les voir là.

J’ai aussi une explication pour leur présence. Noël est la fête de l’amour et de la paix. A Noël, nous essayons d’être particulièrement aimable et en paix les uns envers les autres. Et c’est justement à Noël que nous avons les plus grandes difficultés à l’être vraiment – peut-être parce que nous avons trop d’attentes. Nous en sommes contrariés; ce ne sont bien sûr pas les conditions idéales pour aller vers son prochain avec amour.

Se rendre à la crèche peut alors nous consoler. Mais s’identifier à ses personnages n’est certainement pas facile. La Sainte famille est déjà très loin de nous. Les bergers sont peut-être amusants et les anges parfois aussi, mais on ne souhaite pas se comparer à eux. Quant aux trois rois mages, ils planent bien au-dessus de nous. C’est là que je suis heureux d’y rencontrer l’âne et le boeuf. Ils sont très ordinaires et on n’attend pas de message spécial de leur part. Je me reconnais plutôt bien en eux. Je ne suis rien de particulier et je n’ai rien de spécial à dire. Alors si le bœuf et l’âne ont leur place près de la crèche, je me dis que j’y ai peut-être aussi la mienne.

Certes le boeuf et l’âne n’apparaissent pas dans les évangiles. Mais ils ne sont pas là tout à fait par hasard. Quand il est question de la crèche, c’est le prophète Esaïe qui me vient à l’esprit, son Livre débute en mentionnant la crèche :

J’ai nourri et élevé des fils, et ils se sont rebellés contre moi. Le boeuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître... mon peuple n’a point d’intelligence.

Le peuple dont il parle, j’en fait aussi partie. En effet, je suis souvent aussi abstrus qu’un bœuf et aussi obstiné qu’un âne. Mais si le boeuf et l’âne font partie de la crèche, j’ai donc aussi ma chance.

C’est peut-être là le message de Noël et la raison de nous adresser les uns les autres des vœux de bonheur : Dieu s’est fait homme, c’est pourquoi nous avons tous notre chance. Même le bœuf

 

et l’âne. Même toi et – peut-être – même moi.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

15:17 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

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