03/09/2015

Un regard sur les débuts de l’Eglise (3)

 

 

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Exemple : la communauté de Corinthe

 

La ville de Corinthe, métropole grecque, fut détruite par les Romains vers 146 av. J.-C. Environ cent ans plus tard, la ville fut reconstruite. On y avait installé des gens de provenances diverses: des soldats retraités, des ouvriers, des réfugiés qui trouvaient du travail dans l’industrie, dans la pêche, dans le commerce et le transport. Corinthe se développa et redevint rapidement une métropole moderne avec tout ce que cela comporte.

 

Les premiers pas. Au début des années 50 de notre ère, Paul fréquente la synagogue de Corinthe (Actes 18). Ses sermonts sur le Messie Jésus, crucifié et ressuscité, soulèvent des résistances. Alors les responsables de la synagogue lui en interdirent l’accès. Mais d’autres personnes souhaitaient l’entendre encore. C’est ainsi qu’un certain Justus, riche citoyen, mit sa propriété à disposition pour que les croyants en Jésus puissent se rassembler. Bientôt des non-juifs se joignirent à la communauté ainsi que de modestes gens du peuple, des travailleurs du port, des esclaves. Ils étaient tous très enthousiastes et fêtaient leur liberté nouvellement acquise. Paul pu alors continuer son périple et laisser la communauté poursuivre son propre chemin.

 

Mais déjà 2-3 ans plus tard, la communauté était en butte à de sévères tensions, risquant de la conduire à la division. Les lettres de Paul à la communauté faisaient, à cette époque, pratiquement toutes allusion à ces conflits.

 

Pas de ‚dirigisme’. Que peut entreprendre Paul face à ces formidables disputes à Corinthe ? Doit-il imposer des conditions à la communauté ? Faut-il qu’il y installe une direction claire, de l’intérieur ou de l’extérieur, à laquelle tous devront se soumettre ? 

 

Il ne fera ni l’un ni l’autre. Il respecte la communauté. Cela apparaît dès les premiers versets de l’épître (I Corinthiens 1,1-3). C’est la communauté de Dieu et non celle de Paul. Il reconnaît en chacun des croyants un être béni de Dieu, appelé par Dieu. Si les gens agissent ainsi c’est qu’ils sont guidés par l’esprit de Dieu. Même si tout ce qui se passe à Corinthe ne plaît pas à l’apôtre, il voit dans cette communauté le lieu où Jésus le Messie est vivant. Comment Paul en vient-il à parler de la communauté comme du corps du Christ ou du Christ vivant ? N’en doutons pas, Paul sait de quoi il parle lorsqu’il introduit le Christ dans le jeu. Il a vu de ses propres yeux le Christ crucifié et ressuscité (I Corinthiens 9,1); le Christ ressuscité lui est apparu (15,8); Dieu lui a révélé son fils (Galates 1,15-16).

 

La communauté en Christ vivant.  Paul sait également de quoi il parle lorsqu’il thématise la communauté. Ses expériences vécues à Corinthe furent très personnelles et concrètes; il y a vécu dix-huit mois en contact étroit avec les gens. Il savait très bien comment cela se passait dans une communauté humaine. Il connaissait aussi les besoins de la communauté : il y a ceux qui prêchent et qui enseignent, les prophètes et ceux qui viennent en aide aux autres, les leaders et ceux qui prient en silence.... (I Corinthiens 12).

 

Tout ceci est très complexe, confus et potentiellement conflictuel, mais d’autant plus sincère et concret. Et c’est l’expérience de Paul : l’affaire Jésus, la cause Jésus est vivante et tangible au sein de la communauté. Où donc Paul aurait-il pu rencontrer Jésus le Messie ailleurs que dans la communauté ?

 

Hermann-Josef Venetz

 

Traduction Christiane Gaeumann

 

 

 

 

 

15:31 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

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