15/06/2014

Les Pauvres avec François, pape en directe

J’aimerais contextualiser la visite de l’évêque de Rome, François, à la communauté Sant Egidio à Trastevere, Rome. Le billet serait long et encore plus long si je vous racontais mon expérience de la communauté Sant Egidio, à Lausanne. Mais je promets, qu’après ma joie de pouvoir dire quelques mots sur la visite du pape, en ce moment même, je mettrai l’événement en situation !

 La visite annoncée de François réjouit cette  "paroisse sans frontières", ces gens du peuple animée, aidée, par les disciples modernes Sant Egidio, c’est un honneur et quand on est pauvre : une visite est comme un ange qui passe ! Pour les membres de Sant Egidio, dispersés aux quatre coins du monde, quelques moments avec quelqu’un qui leur est proche c’est un encouragement, c’est la Bonne Nouvelle de Jésus. Chemin faisant !

 Qui sont-ils, ces jeunes empreints de valeurs humanitaires, désireux d’un monde plus juste, actifs, engagés bénévolement d’abord là où ils se trouvent ? Celles et ceux que je connais ont été, où sont encore des étudiants, des intellectuels, j’en connais un qui est journaliste, d’autres sont des éducateurs, des techniciens, des soignants, mais tous sont solidaires entre eux et solidaires avec les malchanceux, les pauvres, les étrangers, les personnes handicapées, âgées.

 François arrive vers 17h00 et, homme de prière, il va confie sa rencontre à la Adonna de la clémence à Retraverse.

 Quelle joie de pouvoir prendre part et de se sentir là, ensemble dans l’immense bonheur de réaliser que note petite vie a un sens qui nous dépasse. Cette vidéo est de Sant Egidio, en anglais aussi. On peut sauter quelques passages et aller directement afin d’écouter ce qu’on dit les pauvres à papa Francisco et ce que lui, leur a répondu. En dépassant de loin les frontières de notre Europe. Notre cœur se remplit de vie nouvelle et de reconnaissance !

 

Complément: du 16 06.14 avec les liens 

 

Une prière pour "les peuples en guerre"

 

A la fin de cette rencontre, le pontife a invité l'assemblée à prier pour tous les "peuples en guerre" : l'Irak, l'Ukraine, le Nigeria, la Centrafrique et bien sûr la Syrie. "La prière est l'arme que nous avons pour toucher le cœur de Dieu", a souligné François, avant de conclure : "Priez pour moi, car vous savez que mon travail est un travail insalubre, alors j'ai besoin de vos prières extraordinaires !".

 

Plus de 20 ans d'histoire

 

A Lausanne, la Communauté de Sant’Egidio a une vie de prière et de service. Elle existe à Lausanne depuis 1990. Son histoire a débuté avec la rencontre d’enfants d’un quartier populaire qui avaient besoin d’aide scolaire et d’amitié.

 

« Les voies d’un nouvel humanisme pour la globalisation »

14/06/2014

Une grande fête au Brésil

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Une grande fête aujourd’hui au Brésil, la patrie de Nhà Chica: tante Francisca : une femme issue du peuple et béatifiée par François, évêque de Rome et pape, le 4 mai et inscrite dès lors dans le calendrier des Saints : le 14 juin.

 En quelques mots : Chica est née entre 1808 et 1810, à Baependi, d’une maman  esclave, analphabète qui meurt alors que Chica a à peine dix ans. Dès son enfance elle porte Jésus en son cœur. Elle veut être belle et bonne comme les enfants le désirent depuis toujours et aujourd’hui !

 Elle aime Dieu tout simplement, avec l’amour des simples, et l’incommensurable sagesse et intelligence des ignorants, ceux que Jésus a donnés en modèles aux apôtres de son époque.

 Puisqu’elle aime Dieu, forcément elle aime les gens car l’un ne va pas sans l’autre : les Brésiliens, hier comme aujourd’hui, les riches et les pauvres. Issue du petit peuple, elle aime son prochain le plus proche, les exploités, les dominés, les pauvres, sans jamais exclure quiconque.

 Nhà Chica est laïque, elle aime Dieu chemin faisant et sa sainteté ne sort des murs d’un cloître ou d'une institution religieuse. Dans la petite ville de Baependi, entre Sào Paulo  et Rio, elle aide, elle se donne et donne le peu qu’elle a et le partage avec les pauvres. Des centaines de « disciples » se joignent à « la petite sainte de Baependi ». Elle ne s’est jamais mariée et l’argent que lui a laissé son frère est distribué aux plus nécessiteux !

 Pour être « officiellement » béatifié, il faut des miracles, déjà, ils se comptent par milliers, des petits, des grands, ceux qui restent cachés, la plupart donc, et l'un ou l'autre pour satisfaire au Droit Canon je suppose.  

 Aujourd’hui, ce 14 juin 2014, le petit peuple brésilien sent battre en son cœur la joie de Nhà Chica, une joie qui ne dépend pas d’un ballon rond faabriqué par des « petites mains pakistanaises) (voir mon texte précédent) et d’un goal éphémère si ce n’est pour les millions… qu'emportera le vent...

 Chère Nhà Chica, tu es à notre portée, tu nous aimes et nous t’aimons. Bonnes fête au peuple brésilien.

 

12/06/2014

La coupe du monde ...

 

 

La Coupe du monde au Brésil 2014

 

Le Pape a exhorté les sportifs: « rivaliser dans l'estime réciproque et dans la fraternité... Non à l'individualisme ! Non au jeu pour soi. Faites un jeu collectif... le sport fait du bien au corps et à l'esprit seulement s'il reste un jeu... »

 Mais que se passerait-il s’il y avait une eclipse de ballons ronds ou que, gonflés d'oxygène, ils prennent leur envol pour un autre monde ?

 

 Pas cette fois : ils vont au Brésil : Prêts à faire voltiger les pieds et les têtes jusqu'à l’éventuel GOAL. Le footballer sera le héro du moment et le petit et Brazuca-le ballon repartira ... sous d'autres pieds et vers d'autres têtes...

 D'où vient Brazuca, le ballon officiel de la Coupe ondial 2014 ? De Sialkot city, Pakistan et voici son histoire comme le montre Al jazeera.

 Même si le texte est en anglais, les images sont multilingues :

 Que Brazuca procure du pain aux millions de Petites mains qui les ont fabriqués...

Jésus aime le jeu, j'aime l'esprit du sport pour tous, j'aime le FOOT, le sport des terriens.. qu'il serait bon ... le foot pour tous... avec des billets d'entrée à la portée de tous et gratuit pour les pauvres ...

 

07/06/2014

Ma réflexion: week-end de la Pentecôte 2014

 

L’Esprit, le Bon Larron et la Fille du trottoir

 (Abbé Wotke)


L’Esprit de Jésus est au cœur de l’être humain Être conscient de l’Esprit c’est aller au-delà et bien en de-ça de la Confirmation. Ne faisons pas de l’Esprit une chose, une langue de feu, une colombe comme il n’est pas très judicieux de faire de Jésus ressuscité une hostie dans un ostensoir d’or pour l’adoration des fidèles. (Ce qui est tout-à-fait permis et pratiqué pour qui le veut) L'Esprit de Jésus n'est pas « exposable » : il est au cœur de l'être humain. Il souffle, respire, vit.

La Pentecôte est la manifestation d’une prise de conscience collective qui confirme notre engagement pour la construction de la famille de Dieu, la vision du royaume de Dieu comme Jésus l’a montré par ses actes et ses quelques paroles, par la solidarité qui nous lie les uns aux autres et déploie notre énergie.

L’important est d’écouter, de comprendre la langue des multitudes, et, comme Jésus, de prendre part à leur cri, leur souffrance,leur lutte, leur victoire ultime serait-ce par le passage de la croix sur les calvaires du monde aujourd'hui !

C’est la Pentecôte au jour le jour, 24 heures par jour ; cela fait partie de notre être collectif, de notre force et de notre espérance collectives. C’est le moteur du peuple de Dieu en marche sur les chemins du monde.

L’Esprit de Jésus en nous est le don de lucidité sur la valeur de l’être humain, de la nature, du vers de terre et de l'étoile du matin. Lucidité sur l’amoncellement des systèmes de non-vie qui nous menacent. L'Esprit nous libère de l’amoncellement de croyances et de dogmes statiques pour vivre, travailler, chanter, prier.

C’est un don de lucidité sur les réalités des systèmes, en nous et autour de nous, une force qui nous rapproche de l’Homme libéré : Jésus libérateur et subversif dans l’accomplissement de la Mission d’humanisation de la société.

La volonté de partager une chambre avec un SDF, un appartement avec une famille de réfugiés syriens, érythréens, ou l’enfant du voisin de palier pour soulager les parents, la volonté de partager son loisir afin d’écouter les histoires de celles et ceux qui n’ont qu’eux-mêmes à qui la raconter, la volonté d’élever la voix et de poser la question ; pourquoi sommes-nous riches et les voisins si pauvres ?

Quand une personne prend parti pour un canton, un pays plus accueillant et plus humain, c’est bien, quand des milliers prennent parti ensemble et d’une même voix, c’est mieux c'est la Pentecôte !

La volonté et l’audace d’encourager les révoltés, les grévistes, les malades qui réclament leur droit à l’autonomie et au soutien, La volonté et l’audace de l’Esprit du Christ ressuscité dire par nous : on vous a dit que les demandeurs d’asile sont des criminels potentiels, mais nous ne le croyons pas, ne sommes-nous pas tous des héros aussi bien que des lâches potentiels ?

Parfois, l’atmosphère d’une paix « artificielle » berce notre nos journées et nos nuits somnolents qui fait tache d’huile comme une indifférence mondialisée envers les victimes des armes que nous fabriquons, des inégalités économiques et financières qui ôtent le pain de ceux qui ont faim… pour nourrir les repus.

« Caritas christi urget nos » (II Corinthios 5:14) L’Esprit de Pentecôte actualisé est simplement l’amour pour la justice et la charité et le travail de nos bras sur les chantiers de notre pays et plus loin. Écoutons Aimé Duval : 

 

 

 

04/06/2014

Ici Genève

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La petite jurassienne du Clos-du-Doubs écoutait à notre première radio « médiator » cette voix fière et chaude, teintée de galanterie, contrôlée, le timbre extrêmement respectueux d’Anatole .  Son accent que nous imitions en rigolant était genevois pure sucre et l’énonciation modulée comme des ondes lacustres rapprochées sans pourtant se chevaucher. Car il prenait le temps de se faire écouter, Anatole ! Ce qu’il disait était pour nous une éducation à partir de l’information. Papa et maman contrôlaient les heures d’écoute (il n’y en avait pas tellement et la plus douloureuse des punitions était d’être envoyés au lit le soir!). Les discussions animées de nos parents politisés de par leur origine, et leur vécu, portaient sur l’actualité ou les « nouvelles :  Maman très française et papa très suisse. Oh les étincelles internationales !

 Genève était à l’époque aussi inaccessible que Cape Town à Delémont aujourd’hui : la voix était le lien. Le lac, la mer prennent naissance sur les ondes !

Ces temps-ci, la population genevoise est en train de célébrer le bi-centenaire de son entrée dans la confédération comme le Jura lui fut « attribué » en 1815 pour finalement tomber dans les pattes de l’ours plus ou moins sympa, c’est selon… Le Jura libre est une entité autonome de la Confédération comme l'est Genève.

 Comme les Genevois, nous sommes frontaliers,  ronchonneurs mais jamais centrés sur un minuscule égo nationaliste ni élitiste ni hiérarchique … On se ressemble sauf que notre voix est moins cultivée que celle d’Anatole le noble, elle est plus rustique avec des fragrances médiévales manifestes !

 Mais revenons à la Célébration du bicentenaire de l'entrée de Genève dans la que 17 mois d’événements vont marquer pour se souvenir et repartir vers l'horizon...

 Les illustres visiteurs et invités :

 «Merci à Genève de permettre aux citoyens du Monde d’avoir envie de se sentir Genevois.» C’est ce que dit le neuchâtelois Didier Burkhalter, venu célébrer à Genève, l’entrée du canton dans la Confédération en 1814.Cela ressemble une expression diplomatique un peu appuyée ! Pourquoi « avoir envie de se sentir Genevois » alors qu’on est bien dans sa peau, et que l’amitié entre les citoyens les plus variés, est un lien solidaire qui précède et dépassent les festivités… Mais c’est vrai que les invités faisaient partie du beau monde des « gens très bien ».

 Notre blogger Demir SÖNMEZ les montre avec générosité et talent. Un beau lac, la rade, le ciel bleu, des voiliers, les collines et puis au milieu des sourires, des costumes, des fleurs et le discours du maire de la ville, Mr Sami Kanaanqui dit : « Genève ne serait pas ce qu’elle est sans les autres, sans celles et ceux venus d’ailleurs… » et qui eux, ont eu l’envie  de se sentir Genevois et auront été bien accueillis.

 Mais je cherche les autres qui ne sont pas sur les photos et je les trouve dans l’excellente réflexion de Grégoire Barbey que je remercie que je lis et relis en y trouvant un reflet de la société « at large » face aux médias : n’est-ce pas que nos médias, lors d’événements officiels mettent en lumière d’abord les gens « très bien » - avec raison car tous sont biens et bons bien que séparés des autres qui restent dans l’ombre.

 Georges Brassens se mettrait à chanter son « Petit cheval blanc » :tout le contraire des amateurs de « gens bien » Brassens en souriant avec une tendre ironie chante :

 « Sa voiture allait poursuivant
Sa belle petite queue sauvageS
C´est alors qu´il était content
Eux derrière, eux derrière!
C´est alors qu´il était content
Eux derrière et lui devant »

 Tandis qu’au bicentenaire c’était « Les copains d'abord », d’accord, pourvu que les autres soient aussi invités aux festivités !

 Bicentenaire du rattachement de Genève à la Confédération. Scène incroyable
ce week-end lors de la célébration du débarquement des confédérés à Genève en 1814.

 

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avec reconnaissance envers Grégoire Barbey

« D’un côté, les privilégiés, les «élites», comme les qualifieraient certains partis, et de l’autre, les gueux, le peuple, celui qu’on ne veut pas avoir à ses côtés, mais qui nous a quand même placé dans ce rôle tout à fait agréable. »

 A cette occasion, les bloggers, chacune et chacun à sa manière partagent les sentiments bien genevois et qui, comme des bougies, tour à tour brillent, brûlent, éclairent et osent…

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