03/04/2014

Rwanda: 20 après

 

2703-Rwanda-dossier-STEPHFF.jpg

Dieu dit à Caïn: Où est ton frère Abel? Il répondit: Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère? Genèse 4: 9

 Par la foi, Abel offre à Dieu un plusexcellent sacrifice que Caïn. Hébreux 11: 4. Et Abel montre son bonheur. Sous le regard de Caïn.

 Vraiment, certains passages de la Genèse, dont 4, 1-26 sont d’une actualité frappante :  Il s’agit d’un assassinat : Caïn tue Abel. Cain cultive la terre et Abel garde les troupeaux. Proche l’un de l’autre, l’un est responsable de la terre et l’autre des troupeaux.  Des similarités avec « patron et ouvrier » ?

 Étrange que la jalousie s’éveille dans le cœur de Caïn à propos de la sérénité de son frère… Le travail de Caïn est plus fatiguant que celui d’Abel. Y a-t-il eu dialogue fraternel entre les deux frères ? Dans tous les cas, la jalousie devient colère et meurtre.

 Le 6 avril 1994, au Rwanda le président Juvénal Habyarimanaest assassiné. La tuerie commence : les Tutsis et les Hutus modérés, par centaines de milliers sont assassinés. Juvenal Habyarimana désirait-il la paix ?! Comment savoir qui est pour et qui est contre ?

 Malheureusement aujourd’hui, une pléthore d’analyses des causes contradictoires jettent la confusion dans les esprits. Qui saura jamais la vérité? A la racine, la jalousie, la colère, inhérents à l’homme dès l’origine et  à travers les temps, inhérents aux systèmes culturels, économiques planétaires. Et j’ai entendu des européens soit disant civilisés et, pire, des chrétiens  dire « ce sont encore des sauvages », sans rougir !

 Qu’est-ce qui empêche les gens de tous les jours de se rendre compte des systèmes dressés les uns contre les autres et qui détruisent ce qu’il reste d’humain dans la personne et la société supposée être fraternelle. Qu’est-ce qui a empêché l’Église, très impliquée au Rwanda de scruter l’horizon, de voir l’urgence d’un KAIROS comme ce fut le cas en Afrique du Sud au dernier moment ?

Oui, « on » sentait quelque chose, mais il était plus rassurant de fermer les yeux, et comme le firent pas mal d’organisations non gouvernementales, notre DDA suisse y compris, de plier bagage au vite. Juste avant qu’explose le génocide !

 L’invraisemblable réalité de violence et de peur qui pollue notre monde et nous anesthésie.

 L’Histoire se vit au présent : les dominations insidieuses asphyxient les faibles, les petite gens. On croit avoir vécu l’époque des temps modernes, des nouvelles puissances, la technologie qui a sa propre impulsion et permet toutes les jouissances et les pires destructions… Nous en sommes arrivés là…

 Et c’est le temps de la postmodernité : le confort matériel des uns se fait sur les cendres des peuples écrasés, sans limites, de la barbarie tel le génocide au Rwanda, tels les pogroms à basse intensité à travers le monde, en Syrie sur le pas de notre porte...

 Je vois le Dieu de Jésus qui contemple l’humanité en pleurant comme il le faisait face à Jérusalem.

 "41Quand il approcha de la ville et qu’il l’aperçut, il pleura sur elle. 42Il disait : « Si toi aussi tu avais su, en ce jour, comment trouver la paix… ! Mais hélas ! cela a été caché à tes yeux !... "

 Pourquoi est-ce que cela était – au sujet du Rwanda – caché aux yeux des Rwandais, de l’Église catholique, de la communauté internationale: cécité collective ou indifférence mondiale" des autres (Pape François à Lampedousa) ?

 Mon billet apparaît pessimiste, je crois qu’il est réaliste comme Jésus le fut. Mais c’est sans compter avec sa résurrection… en laquelle on croit comme l’aurore après la nuit.

 Alors que j’allais boucler ce petit texte, le discours de François, évêque de Rome et pape, aux évêques du Rwanda à Rome (visite as limina) aujourd’hui, me tombe sous les yeux.Le pape François n’a pas connaissance, semble-t-il, du rôle de certains secteurs de l’Église catholique avant ce 6 avril 1994.

à ne pas manquer si l'on a le temps

 Sur les ondes de France Culture

 VENDREDI 4 AVRIL 2014: JOURNEE SPECIALE

RETOUR A KIGALI

 

             RWANDA, 20 ANS APRES LE GENOCIDE SUR FRANCE CULTURE

 

19:21 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.