29/03/2014

Question de réciprocité

 

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 Dans notre vie commune, tant au niveau privé que professionnel, nous nous basons sur la réciprocité et les conditions qui doivent être remplies.

 -       Si tu réussis l’examen, tu recevras ton diplôme.

 -       J’ai accompli mon travail selon les instructions données, donc j’ai droit à un salaire approprié.

 Chaque contrat de travail ou de vente, chaque contrat de mariage contient, noir sur blanc ou tacitement, de telles conditions qui doivent être remplies ou non.

 Il en va de même dans notre vie au quotidien.

 -       Je suis d’accord de cuisiner tous les jours pour nous, dit la femme à son partenaire, si tu mets de l’ordre dans ton bureau.

 -       Je m’occupe de la vaisselle, dit l’homme à sa compagne, si tu repasses ma chemise.

 -       Si tu me prêtes la voiture, j’irai rendre visite à ta mère en allant à la séance de comité.

 Nos relations reposent sur la réciprocité. C’est une question d’équilibre. Nous n’aimons pas être redevable de quelque chose. Nous voulons être quittes. C’est un ‚prêté pour un rendu’, c’est ce que nous appelons ‚justice’.

 

Je ne peux m’empêcher de soupçonner que nous procédons de même avec Dieu.

 -       Je promets 20 francs à saint Antoine si je retrouve la clé de la cave.

 -       Si l’enfant que nous attendons ma femme et moi naît en bonne santé, je ferai dire une messe.

 -       Si les intempéries nous épargnent, nous dresserons une croix au carrefour des chemins.

 Et pour mettre un peu plus de pression, je décide d’offrir ma contribution d’avance.

  -          J’entreprends le pèlerinage de Lourdes pour obtenir la guérison.

  - Je donne 100 francs à ‚Pain pour le prochain’ pour que l’affaire en cours avec mon partenaire réussisse.

 -       Je prie le rosaire pour que ma fille obtienne le poste.

 Disons-le clairement: Dieu ne veut pas avoir affaire à ces petits jeux.

 Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce (Jean 2,16).

 Il n’est pas prêt de participer à ce commerce ni aux conditions que nous posons. Car Lui ne pose pas de conditions. La raison en est toute simple :

 Dieu est amour (1re Jean 4,8)

 et l’amour est inconditionnel.

 Nous pénétrons ainsi un monde très différent, c’est le monde de Dieu.

 Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gäumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

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27/03/2014

Tant de ressemblances!

 


Changement 

 Le monde change. Nous sommes le monde : des racines aux sommets, le monde change bottom-up et jamais top-down simplement par ce que la sève monte.

 L’Église catholique semble être un monolithe coulée comme un bloc de béton dans les structures vaticanes transformées en État. Cela peut-il changer pour rester au cœur du Monde ?

 Le « grassroot movement » lancé par Jésus pour construire un royaume ou une famille a survécu et survit tel un filet rougi du sang des prophètes au travers et en dehors des structures rigides ecclésiastiques jusqu’à aujourd’hui. L’Église « People of God » est un peuple en marche.

 Nous savons combien ce petit peuple pèlerin souhaite la conversion des bergers prisonniers d'une bergerie et qu'ils rejoignent la masse.

 Deux Bergers l'ont fait et j'ai l'audace de les mettre ensemble dans ma réflexion :

 Oscar Arnulfo Romero, à qui j’ai voulu rendre hommage il y a trois jours (le 24 mars ) fut le produit du système sacerdotale de l’Église comme le pape Francois Bergoglio le fut. A quelques années de distance.

 Les deux prêtres Jésuites conservateurs sont promus évêques  (au El Salvador pour l’un, en Argentine pour l’autre). D'abord, l'église des pauvres craint leur conservatisme et leur autorité. Ils ont raison. Mais c'est sans compter avec la « Costly Grace » (Bonhoeffer) offerte à tous.

 Au El Salvador, Romero reproche à son confrère jésuite Rutilio Grande, non pas son engagement pour les pauvres, mais sa « théologie libératrice », c’est-à-dire : la force de Jésus qui libère et veut l’homme libre et debout. (Selon l’évangile et le fondateur de la théologie de Libération en Amérique latine, Gustavo Gutiérrez).  

 En Argentine, Bergoglio est compromis avec les autorités qui harcèlent les pauvres et ses confrères jésuites, pensant ainsi sauver l'interdiction de l'Ordre des Jésuites en Argentine.

 Au El Salvador, Romero est converti lorsque son ami et confrère Rutilio Grande et ses deux compagnons sont  assassinés pour avoir soutenus les paysans-sans-terre. Romero confronte alors les autorités qui l’assassineront.

 

images sérieux.jpgBergoglio, à sa manière et dans son contexte argentin, est converti par les pauvres au milieu desquels il vit. Mais la théologie de la libération lui fait peur. Ses confrères sont torturés, il prend conscience de ce qui se passe crucifié entre l'institution et le petit peuple. Il s'engage clandestinement, dans les coulisses d'abord. Il confronte les autorités en tangente comme pour les convertir mais il oublie les Mère de la Place de Mai qui pleurent leurs enfants victimes des soldats. On le lui reprochera. Il avoue ses erreurs et reconnaît qu’il est un pécheur que Dieu a regardé. J'ai très très rarement vu une supérieure religieuse qui confesse ses erreurs. Bergoglio le fait.

 En 2013, l’Église catholique à Rome gît dans pétrin tel que, lors du conclave après la démission de Benoît XVI, Bergoglio est élu. Il accepte. Pauvre Lui. Il avoue avoir fait une expérience mystique, avant d'accepter ce défi prophétique : "the Costly Grace" lui était offerte. Il dit Oui. Et il dit à la foule en délire : Priez pour moi. Et depuis, son sourire nous fait revivre.

 Romero fut un homme rempli de la joie de l’évangile, il fait alliance avec les opprimés et il fait l’expérience de Dieu dans la vie, dans la souffrance et la mort des petites gens. Il affirme : « « J’ai appris à connaître Dieu parce que j’ai appris à connaître mon peuple. »

 Aucun doute qu’il en est de même pour Bergoglio et, dans Evangelii Gaudium (7) il écrit : « La plus merveilleuse expression de joie de ma vie surgit de la vie des pauvres dépourvu de tout. » De la vient  le style de vie prophétique, la parole prophétique, les actions publiques, constantes et prophétiques de François Bergoglio… 

 Romero a vécu, a lutté, est mort, comme Jésus, comme tant d’exploités pour que naisse une nouvelle civilisation car Romero, comme Jésus l’a promis : « Mort, je ressusciterai au cœur de mon peuple. »

 François Bergoglio – comme nous, sœurs, prêtres, chrétiens et humains avant tout – désire ardemment être au cœur de cette Église pauvre et riche de la volonté d’une civilisation nouvelle en 2014. Une civilisation d’Amour, pas de sentimentalité, de justice et de vérité.

 Nous savons que François a des ennemis mais, totalement conscient que ni les institutions, ni les structures, ni la mort n’auront le dernier mot, il va son chemin faisant le bien.  

 Je prie que Romero le protège et que tous soyons solidaires de sa présence prophétique. Nous sommes aussi conscients de l’avertissement de Jésus :

 Mathieu 10 :36 :  “ L’homme aura pour ennemis les gens de sa maison.”

 

24/03/2014

Oscar Romero il y a aujourd'hui 34 ans

 Petit hommage à Oscar Roméro ce 24 mars 2014

 Assassinée au El Salvador, il y a 34 ans aujourd'hui.

 3317268--300x200.jpgIl s’y attendait à cette Mort violente, Oscar Romero. Pourquoi ? Parce qu’il avait simplement demandé qu’on assassine pas les paysans sans terre. Le problème : c'est qu’il ne prêchait un évangile abstrait : il l'incarnait avec le peuple salvadorien. Il a crié aux soldats de l’armée (souvent armée et formée par les USA), d’abandonner leurs armes ; il a écrit une lettre ouverte aux autorités salvadoriennes leur demandant de donner les ordres en ce sens aux soldats en évoquant la souffrance du petit peuple.

 En un mot, qui est ce prophète ? Oscar Romero, imprégné d’abord par la manière d’être des fonctionnaires du Vatican, s'est converti au contact de l'évangile des opprimés. Il a  a grâce d'anticiper en lui « l’évangile de la joie »(Evangelii gaudium : texte intégral français ) et ce fut sa force et sa passion face aux victimes des régimes du El Salvador. L'exemple des gens, des laïcs, des prêtres, des Sœurs sont pour lui un signe des temps.

 Oscar Romero a discerné le signe de l’Évangile de la libération, il s’est converti à Jésus fait homme en tout homme, plus intégralement en ceux qui ont faim, soif, qui sont nus, emprisonnés, qui luttent pour garder un lopin de terre, un souffle de vie. Il a écouté la voix des opprimés et la transmise au monde des autorités, des riches, des puissants militaires et bancaires.

 C'en était trop.

 

romero2006.jpgIls l'ont tué. Oscar Romero vit dans son peuple, pas au El Salvador seulement : bien au-delà. Les « petits » meurent sous les balles et les bombes à l’instant où j’écris, et je le sais : eux, sont les témoins, les martyrs de l'ère post moderne : la nôtre. Tertullien l’Africain de Carthage a dit :

 " Le sang des martyrs est semence de chrétiens. " et Tertullien aurait aussi dit : « On ne naît pas chrétien, on le devient »

 

Ce petit billet voudrait simplement honorer, remercier, avec ceux et celles de la Maison Romero à Lucerne, avec tous ceux qui le prient, Romero pour sa solidarité jusqu’au bout de sa vie… je crois que son esprit ressuscité  vit au cœur de son peuple, de tous les peuples aujourd’hui. En Suisse, En Europe aussi !

 Je ne désire nullement une canonisation de Romero « par obligation » pourrait-on dire, pas plus que je ne désire celle de Nelson Mandela… Les peuples de la terre connaissent leurs pasteurs, leurs leaders et leurs vies nous inspirent car elles incarnent Jésus. Cela suffit.

23/03/2014

« La peur rend malade » (2)

Pour répondre brièvement aux deux commentaires sur « La peur rend malade » 21.03.14

 Étrangers criminels

  Les clichés « étrangers criminels » et « immigration de masse » ambigus deviennent des images dans le cerveau, le  subconscient des citoyens qui ont voté le 9 février 2014.

 Des deux mots juxtaposés sort UNE image. On voit un étranger, il habite ton regard. L’image est dans le regard soupçonneux des voisins.  L’image est sombre ou parfois noire ! Double effet et le racisme s’infiltre.

 

 Immigration de masse 

 Encore un cliché : et l’image suffit a influencer le citoyen qui dira OUI. On devient malade de peur. Il faut des lois pour se protéger fussent-elle inhumaines dans l’application. Fussent le choix d’une faible majorité !

 A notre Conseil fédéral de faire face…

  Les images perverses et les clichés, je l’espère et c’est ma prière, ne prendront pas racines en notre conscience individuelle et collective.

 

 Mon expérience en Afrique du Sud, ce pays vaste et merveilleux où les noirs étaient perçus en tant que « masse » menaçante et que « criminels étrangers ! ». Potentiels sans doute!

  Notre poète des années septante Mtshali a écrit son expérience :

 9781431404414__03444.1382728764.300.430.jpgToujours suspect

 Je suis mon chemin, péniblement, sur la chaussée de la ville

 A côté de « Madame » :

 Elle glisse prestement son sac à main

 De l’autre côté du mien,

 Elle me regarde

 Dans ses yeux je lis

 « Ah, ah, ah ! Je te connais ;

 Sous ces beaux vêtements

 « Bat le cœur d’un voleur ».

  « Sounds of a Cowhide Drum » (1971 voir le lien)

 L’original en anglais :

Always suspect

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 I trudge the city pavements
side by side with ‘madam’
who shifts her handbag
from my side to the other,
and looks at me with eyes that say

 «  Ha Ha  I know who you are ;

 beneath those fine clothes

 Ticks the heart of a thieve »

 From « Song’s from a cowhide drum » 

22/03/2014

Traversée du désert

 

 

tintin.jpgTintin

Lorsque, pour atteindre son but, on doit passer par de longs chemins ardus, sans point d’eau, on nomme ce passage ‚traversée du désert’. C’est ainsi également qu’on nomme – de façon imagée – une période de privations et de restrictions, de contraintes temporaires qu’il s’agit de surmonter,  une période où l’on peine à s’en tirer sur le plan financier, un passage dont on espère se sortir au plus vite.

 Ces périodes de sécheresse se présentent également dans les relations humaines quand, dans une relation amoureuse, on vit une séparation douloureuse, qu’elles qu’en soient les raisons, et qu’on ne désire ardemment qu’une chose, se retrouver très vite réunis.

Les mystiques parlent eux aussi de traversée du désert. Ce sont des personnes qui ont une expérience extraordinairement profonde de Dieu et qui ressentent des moments d’intimité intense avec Lui. La mystique Mechtild de Madgebourg (XIIIe s.) exprime ce temps entre les périodes de ‚danse’ au cours de laquelle ‚la lumière divine coule en elle’, comme ‚le désert de l’absence de Dieu’, de ‚sombre nuit’, et même de ‚vallée de l’ombre de la mort’.  La traversée du désert des mystiques, c’est endurer ces ténèbres et supporter cet éloignement de Dieu.

Mais il n’est pas vraiment nécessaire pour nous de comprendre les mystiques. Il nous arrive parfois d’avoir une petite idée de ce que peuvent être ces moments de tendre intimité avec Dieu, peut-être même de ces périodes de sécheresse quand nous ne pouvons atteindre que rarement cette intimité avec Lui, même en la désirant profondément. Seulement, pourquoi dans nos relations avec Dieu ne parlons-nous que de du très beau beau blog de a traversée du désert des humains et non de la traversée du désert de Dieu ?

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Christiane Gaeumann

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

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21/03/2014

Malade de la Peur?

 

Expulsion des ETRANGERS CRIMINELS

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  www.swissinfo.ch

Cette expression fréquente et quasiment banale lue dans les journaux, entendue à la Radio, à la Télévision tombent dans des oreilles non critiques et polluent le cœur et le cerveau de nos concitoyens : Étrangers criminels (presqu'avec un trait d'union entre les deux) devient une image au fond de notre regard, une personne (souvent à la peau sombre), un coup de sonnette ou un bruit suspect, une personne rencontrée en chemin.

 On devient malade de la PEUR.

 Immigration de MASSE

 Expression qui revient en boucle dans les médias et souille mortellement notre psyché et notre inconscient. L’image : on voit un déferlement de gens (étrangers) envahir notre pays, notre territoire, notre maison, notre lit, davantage encore : puisque ces immigrants de MASSE ont faim et soif, on voit notre huche à pain et nos  coffres forts vides …

 On devient malade de la PEUR. Malades imaginaires potentiels ? Oh !non. Attention à la pandémie de la peur ! Certains y travaillent et je n'ai pas besoin de les nommer.

 Rien de plus « préventif » qu’une bonne campagne, habilement et minutieusement préparée en étudiant quasi scientifiquement les points faibles des citoyens qui goberont le poison comme un vaccin ou un préservatif infaillible ! On veut des Lois, davantage de lois. « On », c’est qui ! Celles et ceux qui sont déjà affaiblis par des systèmes de sécurité de la naissance à la mort… qu’importe que nous devenions une génération d’esclaves volontaires du dieu de la sécurité.

 On ne lésine pas sur les moyens d’une campagne efficace : des flyers, des affiches grossières, des slogans frappants, des rencontres de personne à personne, on ne lésine pas sur les mensonges les plus habiles et qui ont même parfois des semblants de vérité. A s'y méprendre. Ici aussi pas besoin d'exemples précis.

  Et puis, ce qui est pire : Un regard dépourvu de critique, ou, si critique il y a, c’est une critique « professionnelle » avec des mots choisis, ou c’est un avertissement – prudent des Eglises – ou encore, de temps en temps des dénonciations d' Amnesty international, de Human Right Watch, du Comité contre l’esclavage moderne, lde a Cimade ou de l’Humanité passe par l’autre…

 Rarement des actes prophétiques. Davantage individuels et discrets que collectifs et publiques.

  Comment développer le sens critique dans l'éducation ? Mais la jeunesse, je crois, prend conscience, que chacun a le droit de vivre et de s’épanouir hors cage, et avec la liberté de prendre des risques non seulement dans des sports extrêmes, mais en pratiquant le plus digne des sports : lutter ensemble afin de construire une société où le plus grand bien est le droit fondamentale de chaque citoyen. Et cela passe par le partage...

 Ainsi nous aurons d'autres choses à faire, plus constructives que des lois qui déshonorent notre pays et ses habitants. Le fait que d'autres pays en font autant, ou qu'ils le feront dans un proche avenir... car on « ne peut accueillir toute la misère du monde » et la « barque helvétique est pleine »... et cela se discute, mais est-ce que cela nous absout ?

 Qu’est-ce que dirait le prophète ? Michée 6 :8 par exemple

 « On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Eternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes tendrement et que tu marches humblement avec ton Dieu. »

 Et finalement, Jésus parle aussi aux membres du PS, PDC, Libéraux Radicaux, UDC . Jésus tient parole je crois, et, à l'heure de notre basculade dans le hors espace-temps, la Parole tenue est :

  « J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger et vous m'avez recueilli'». - Evangile selon saint Matthieu, chap. 25, v. 34-35

 Alors les expressions :

 « Immigration de MASSE 


Expulsion des ÉTRANGERS CRIMINELS » seront nos propres critères de discernement.

 

15/03/2014

Appel à la vie

 

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Le jour de la fête de sainte Marie-Madeleine, le 22 juillet, au cours de la liturgie catholique romaine, on lit quelques versets de l’évangile de Jean (20,1-2.11-18). Ce passage raconte que, à l’aube du premier jour de la semaine, alors qu’il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rendit au tombeau, où elle pensait trouver le corps de Jésus. Comme elle vit que le tombeau était vide, elle courut alarmer Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et se mit à la recherche de Jésus. Elle le trouva mais elle crut d’abord que c’était le jardinier. Le texte dit ensuite

Jésus lui dit : Marie ! elle se retourna et lui dit : Rabbouni. Elle l’avait reconnu.

 Le commentateur explique :

 «Par l’appel de Jésus, elle parvint à la vie.«

 Un après-midi, je me promenai dans le cimetière de mon village. Je m’imaginai alors comment le Ressuscité appelle par son nom chacun et chacune de ceux qui reposent ici.

 Au moment dit de la prière d’intercession, lors de l’eucharistie, je lus entre autre, après la lecture de l’Evangile :

 

»Quand nos yeux sont obscurcis et que nous ne te reconnaissons pas, appelle-nous par notre nom.«   

 Ce serait donc aussi une des missions chrétiennes d’appeler tous les êtres par leur nom  pour qu’ils parviennent à la vie.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

 

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13/03/2014

Un an que François tient le coup

 

L'Esprit de Dieu planait sur les eaux (Gn.1.3)

 Et souffle pour les siècles des siècles

 Toujours neuf, toujours originel !


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L’origine, c’est aujourd’hui

 Oui, le passé existe et l’avenir est là

 Le petit pape François, moi et toi ce soir

 et le petit monde enfoui dans nos cœurs sans murs

 sans porte et sans fenêtre accueillant l’Esprit impatient

 de nous animer, de nous éveiller, de nous envoyer

 offrir là où il souffle nos lampes allumées

 

nos sourires héroïques à travers les enfers

 man-made des armes et des munitions

 semant la mort… du Soudan à la Syrie, du Cap au Caire,

 

de Sotchi à Kiev… en cercles concentriques…

 oubliant que la mort ni la violence n’ont le dernier mot

 face à l’origine et le souffle de l’Esprit

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 à  l’origine de notre monde ce 13 mars 2014.

 Pour le passé, pour l’année écoulée

 et pour la marche à suivre dans l’inconnu

 sans autre balise que le souffle de l’Esprit

 le souffle enflammé au cœur

 de nos frères et de nos sœurs

 comme l’unique espérance d’un monde naissant

 pas encore là mais déjà là : Jésus aujourd’hui

 et François aujourd’hui et toi et moi aujourd’hui


 Jésus si proche qu’on ne le reconnaît que

 Dans notre prochain le plus proche

 François, si proche qu’il est superflu de le chercher plus loin

 Qu’ici avec toi, avec le souffle de l’Esprit !

 À Jésus, à François, à nous qui sommes l’origine,

 

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Nous ne craignons pas l’avenir

 Nous méprisons les défaites, les échecs,

 Les mises à l’écart car la périphérie est bien

 l’origine du centre

 L’Esprit, Jésus, François, toi, moi… nous...

 Pour le 1er anniversaire du boulot assumé

 par notre pasteur de la paroisse sans frontières

 qui méritera un jour lointain peut-être

 le nom d'église peuple de Dieu.


 Un pape François qui n'est pas parfait

et qui fait des fautes

 comme moi, comme vous, comme nous

 il mérite notre prière, notre solidarité et notre confiance

13.03.14. MvB CM

 

12/03/2014

Infrarouge

Si Jésus avait été invité àInfrarouge

« Le dernier arrêt du Tribunal fédéral (TF) a fait l'effet d'une bombe : les conditions de détention de deux détenus à Champ-Dollon ont été jugées … »

Jésus invité au débat : Où l’aurait-on installé, à droite ou à gauche ? S’il avait pu choisir sa place, il serait où ? Je crois qu’il serait à Infrarouge en tant que citoyen ordinaire de la Genève internationale et parlerait quand son tour viendrait… il serait où il est attendu...

 Il écouterait attentivement les débattants. Le point de vue de Pierre Maudet, suivi du point de vue des quatre protagonistes sous l’experte baguette du maestro  qui évite, à force d’efforts, la cacophonie. Il faut dire que Esther Mamarbachi réussit très bien alors qu’à sa place on pourrait être tenté – parfois mais pas hier - de laisser partir les lancées de bois verts dans tous les sens…

 

corazc3b3n-de-jesus7.jpgIl me semble que Jésus aurait une grande compréhension pour chacun : en premier lieu pour Pierre Maudet dont le job est certainement ingrat et épuisant. Ce fonctionnaire a hérité d’une réalité qui s’est construite depuis des années. Il s’y trouve confronté et l’arrêt du Tribunal Fédéral (TF), parfaitement justifié, exigerait un retour de bien des années en arrière en même temps que l’audace « d’améliorer le système ». Un système est-il améliorable ?

 

Je perçois le regard de Jésus sur Pierre Maudet… et sur les autres sans exception. Jésus ne juge pas, ni les personnes hors prisons ni celles en prison, qu’ils fussent prisonniers ou gardiens.

Il chercherait à voir le visage caché de l’ex-prisonnier, blessé dans sa tête et dans son cœur. S’insérer dans un tissu social après un telle expérience est un « hurdle » difficile à cerner. Jésus chercherait aussi le visage du gardien, dépassé par les exigences de son emploi et la réalisation de ses limites et de ses peurs.

 Si l’on insiste pour que l’invité, Jésus, donne son avis, j’ai l’impression très nette images.jpgqu’il montrerait simplement les dessins de Mix et Remix. Là, me semble-t-il, il y a la « prière » oui, en quelques coups de crayons, avec humour et une grande sensibilité humaine, il révèle, bien qu'en partie seulement, les causes fondamentales du problème.

Car sans poser la question « pourquoi et comment en est-on arrivé là » jusqu’à la découverte de la cause radicale, on va encore tergiverser longtemps. Quand un médecin trouve la cause radicale d’une maladie, il peut trouver le remède et guérir…

 J’aurais aussi envie que Jésus propose aux autorités de l’appareil judiciaire de faire un séjour d’un mois au moins, incognito et présumé innocent à Champ-Dollon. A la sortie du stage,  ils se mettront au travail pour faire ce que le Tribunal Fédéral attend d’eux.

 Mais je sais par expérience que Jésus ne juge pas, je sais qu’il nous renvoie à nous-mêmes…il nous fait confiance !

10/03/2014

Inculturation: jodler, alepun, Lord of the Dance

 

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Être suisse romand n’est pas être suisse alémanique. C’est quoi la différence ? Matériellement, l’habitat, la nourriture, les choses basiques, surtout dans une communauté de Sœurs, sont quasiment les mêmes si l’on habite en Suisse.

 

La différence est plutôt dans l’imaginaire, les goûts, les sensibilités, en somme dans le développement historique de la mentalité ;  et dans la mentalité, la manière d’exprimer la foi ou les croyances. J’ai pu vivre cela hier, le 9 mars à Maria vom Berg à la Messe à 10.15  :

 

 Alters- und Pflegeheim, Maria am Berg

Jodlermesse mit Jodlerklub Bergbrünneli, Menzingen

 

 Cette liturgie musicale, cette parfaite harmonie montagnarde, ferme et tendre à la fois, respectueuse avec des envolées libres et spontanées vers les hauteurs quasi mystiques m’a révélé un aspect nouveau de la culture alémanique. C’était comme si la montagne descendait dans la chapelle, l’emplissait généreusement de son âme avant de retourner là-haut laissant derrière elle une traînée de paix

 

Vatican II avait encouragé l’inculturation de la prière et de la liturgie. Nous étions une minorité de soi-disant « missionnaires », insérés (en Afrique du Sud par chance ou autrement) dans la population africaine qui prenions toujours davantage conscience des aspects colonisateurs de la liturgie et de l’enseignement de la religion. J’en ai écrit des exemples concrets dans mon livre Histoire inavouée de l'Apartheid).

 

 Un fait timide. En Zambie, j’avais le privilège et le bonheur d’enseigner le « chant » à des gens qui chantaient bien mieux que moi. Les prêtres qui disaient la messe et contrôlaient la liturgie nous imposaient des chants en anglais et à mélodies irlandaises ou allemandes ou encore du plain-chant. Raides, agenouillés dans des bancs raides, assis ou debout sur ordre, nous chantions :

 

Faith of our fathers, living still

 

In spite of dungeon, fire and sword. !!!

 

Une fois, encore en Zambie, j’ai pris la liberté de proposer pour Noël quelque chose de plus rythmé que

 

Cela commençait par le refrain :

 

 Alepun, ale-alepun,Alepun, ale-alepun,Alepun, alepun!

 

Birds sing out in expectation, alepun.
While the sparkling waters ring with laughter, alepun.

 

Le rythme de ale-alepun permettait un léger swing de nos corps de nos jambes et du reste, ce qui eut l’heure de déplaire à la plupart des fidèles (peu nombreux heureusement) et de plus à l’évêque irlandais lequel nous avertit plus tard du danger d’éveiller des remous sexuels en nous… sic)

 

Pire : lorsque, plus tard dans une banlieue métisse du Cap, nos jeunes étudiants (YCS or young christian students que j’accompagnais)  choisit de chanter à la messe :

 

arts-mcdermott-584.jpgThe Lord of the dance (chanté ci-dessous par John McDermott). Or ce chant était l’expression de notre foi en notre modèle et inspiration au cœur de cette lutte anti-apartheid : Jésus le palestinien ressuscité. Ce fut le « tolle » des fidèles européens et le timide applaudissement de la communauté métisse. L’inculturation en Afrique du Sud fragmentée légalement ? Peut-on s’imaginer ce que cela signifiait ? A moins que nous ne donnions naissance à une culture nouvelle, la culture d’une action commune dans le but du bien commun. Et nous l'avons fait dans l'opposition et l'endurance, l'endurance des jeunes qui offrent leur vie pour la justice. Pour le plaisir des amis anglophones, voici le texte :

 

I danced in the morning when the world was begun,
And I danced in the moon and the stars and the sun,
And I came down from heaven and I danced on the earth:
At Bethlehem I had my birth.

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

I danced for the scribe and the Pharisee,
But they would not dance and they wouldn't follow me;
I danced for the fishermen, for James and John;
They came with me and the dance went on:

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

I danced on the Sabbath and I cured the lame:
The holy people said it was a shame.
They whipped and they stripped and they hung me on high,
And they left me there on a cross to die:

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

I danced on a Friday when the sky turned black;
It's hard to dance with the devil on your back.
They buried my body and they thought I'd gone;
But I am the dance, and I still go on:

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.

 

They cut me down and I leapt up high;
I am the life that'll never, never die.
I'll live in you if you'll live in me:
I am the Lord of the dance, said he.

 

Dance, then, wherever you may be,
I am the Lord of the dance, said he,
And I'll lead you all, wherever you may be,
And I'll lead you all in the dance, said he.


 

  L’Eglise hiérarchiqune  trahissait-elle pas Jésus ressuscité dans le peuple de Dieu en marche en insistant sur son pouvoir associé au pouvoir des colonisateurs d’une « soi-disant civilisation occidentale chrétienne »? 

Comment comprendre l'absurde de notre réalité mondiale économique et militaire actuelle sans y déceler le « Seigneur - Jésus - de la danse » en prise avec le diable comme le dit François le pape.

  Aujourd’hui, l’expression de notre liturgie est-elle la résonance de la culture de mort des petites gens à travers le monde ? Qu'est-ce l'inculturation du « Notre Père et du pain quotidien» là où la famine est structurellement présente ? Il nous faudrait Mandela le Vivant, avec Jésus de Nazareth.

La jodler Messe à Maria vom Berg a permis l’émergence de ces souvenirs toujours présents en signe d’espérance. 

 

 

 

08/03/2014

L’autre roi

 L’évangéliste Matthieu raconte qu’après la naissance de Jésus, des mages venus d’Orient sont arrivés à Jérusalem et ont demandé : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? (2,12). On comprend qu’ils se soient renseignés à Jérusalem car Jérusalem était le centre du judaïsme, la Ville sainte. Mais l’étoile qu’ils suivaient les conduisait dans une toute autre direction, vers Bethléem.

 

 index.jpgIl y a plusieurs siècles, Dieu envoya Samuel à Bethléem, un lieu plutôt modeste à l’époque. Il avait pour devoir de désigner roi par onction l’un des fils de Jessé.  Samuel se mit en route, même s’il ne savait pas exactement de quel fils il s’agissait. Jessé lui présenta ses fils et les fit défiler. L’un plus imposant que l’autre, et devant chacun d’eux, Samuel se dit : C’est celui-là ! Mais à chaque fois il entendit la voix de Dieu : Ce n’est pas celui que j’ai choisi; ne regarde pas son apparence ni sa stature. Dieu ne voit pas les choses comme les hommes. Les hommes considèrent ce qu’ils ont devant les yeux. Mais Dieu voit les cœurs. Finalement Jessé fit venir son plus jeune fils, qui faisait paître les moutons et qui ne comptait pas encore. Mais c’est justement celui que Dieu choisit, et il dit à Samuel de lui donner l’onction (v. 1. Samuel 16,1-13). – Samuel ne pensait pas que Dieu serait du côté de celui qui ne comptait pas pour les hommes, du côté de celui qui est trop petit, trop insignifiant, trop négligeab

 

04.jpgPlus loin dans les Evangiles, on rapporte que Jésus entra effectivement dans Jérusalem comme roi. Il ne montait pas un fier cheval, mais un âne.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

 

Taize

 

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06/03/2014

Le carême et la libération

 

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L’État est responsable de la scolarisation primaire des citoyens et elle doit être accessible à tous. Puis suit la formation professionnelle : fondamentalement éducative quelle que soit la profession : agriculteur, enseignant, soignant, politicien, journaliste, écrivain : tout une panoplie  de services à la société. Encore faut-il que l’éducation, formation professionnelle, ne visent pas la reproduction d’un système qui tend à formater les citoyens en fonction de la demande du système en question ! Je l’ai vécu en Afrique du Sud du temps interminable de l’Apartheid. Alors que l'éducation devrait libérer toutes les potentialités d'un être humain.

 L’exercice de la profession épanouit la personne d’autant plus que des réseaux de relations variées et enrichissantes se multiplient et contribuent  au Bien commun. A condition que la liberté de chacun soit respectée et c’est, il me semble le grand défi. Le Bien commun n’est pas un Bien s’il est le résultat d’une coercition, mais il est un Bien si l’éducation libératrice me libère de mon Ego et s’ouvre aux autres, au-delà de toute frontière... politique, sociale, raciale, religieuse, économique ...

 L'état du monde aujourd'hui semble être le résultat d'un individualisme exacerbé et d'une multiplicité d'Ego de groupe, de langue, de religion, culture, des Ego politiques et économiques aux intérêts particuliers emprisonnés dans des self-made prisons et protégés par une prolifération de frontières et d'armées. Les AUTRES sont de facto des étrangers, des ennemis et criminels potentiels. Je pense à de nombreux exemples que je n'écrirai pas mais que les media exposent en manquant parfois d'analyses.

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 Jésus, le « Fils de l’Homme » ne cesse de me fasciner : il avait été éduqué par ses parents, et formé dans la menuiserie par Joseph. Il avait appris à lire à la Synagogue, il était très intéressé et écoutait ce que disaient les « enseignants », quitte à douze ans déjà, à poser des questions embarrassantes aux Docteurs de la Loi. Il avait en lui le germe de sa propre liberté, de son indépendance des contraintes paralysantes de chacun et de tous

Comme beaucoup d’entre nous je crois, Jésus a bénéficié d’une éducation primaire selon son temps à Nazareth, mais il ne s’est pas laisser formater, et c’est là le miracle qui lui a valu toutes les difficultés de sa vie publique, sa fin terrible et son exécution par les pouvoirs et les dominations qu’il avait eu le don de terroriser selon le langage d’aujourd’hui …

J’essaie de le suivre durant ces quarante jours au désert de son temps et de notre temps.

04/03/2014

Parle-moi de toi

 

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« Passant par le pré, j'ai demandé à l'amandier :

"Frère amandier, parle-moi de Dieu !"

...et l'amandier se couvrit de fleurs.

 Sortant du jardin, j'ai demandé au passereau :

 "Frère passereau, parle-moi de Dieu !" ...et le passereau gazouilla joyeusement.

 Entrant dans le bois, j'ai demandé aux arbres :

 "Frères arbres, parlez-moi de Dieu !" ...et les arbres frémirent sous le vent.

 Sautant dans les champs, j'ai demandé à la petite fleur :

 "Petite sœur fleur, parle-moi de Dieu !" ...et la fleur me fit sentir son parfum.

 Courant sur la plage, j'ai demandé à la mer toute bleue :

 "Ma sœur, la mer, parle-moi de Dieu !" ...et la mer envoya une vague sur mes pieds.

 Regardant le ciel, j'ai demandé aux nuages :

 "Frères nuages, parlez-moi de Dieu !" ...les nuages me montrèrent le soleil ».

 (Attribué à Sergio Tommasi)

 

 Après ces heures de vraie détente (carnaval) , je demande au « Bon Dieu » : « Abba, parle-moi de toi » :

 Et le « Bon Dieu" me dit : vois : ma parole se fait Homme ! 

 Tellement homme qu’on ne peut s’y méprendre !

 Comme le sourire de l’amandier

 Le gazouillis du passereau

 Le frémissement de l’arbre

 Le parfum de la fleur

 La caresse de la vague sous mes pieds

 Le soleil au de-là des nuages

 On ne s’y méprend pourtant pas : le sourire de Jésus fleurit sur mon visage, le sourire de Jésus fleurit sur tous les visages

 Je vois le sourire de Jésus dans sa mangeoire et le sourire de ses parents, et des bergers et des sages

 Je vois le sourire de Jésus sur le chemin de l’exil et je le vois sourire en rentrant à Nazareth

 Je vois le sourire de Jésus face aux érudits du temple, un sourire amusé

 Je le vois sourire quand papa et maman l’avertissent de ne plus fuguer

 Je vois les sourires de Jésus au désert, en Galilée

 Je le vois sourire à Pierre, Paul, André Jacques et Jean et les autres: salut les copains : un autre monde est possible… venez !

 Et Oh ! quel sourire de tendresse à l’adorable Madeleine, à sa maman

 Je vois le sourire de Jésus aux jeunes époux, trinquant le vin nouveau à leur santé…

 Je vois Jésus riant gentiment alors qu’il tend la main vers le pauvre Pierre qui en fait des siennes, coule et juste à temps attrape la main tendue

et j’entends le rire tendrement affectueux en relevant Tabitha de sa couche, le paralytique de son grabat et la belle-mère de Pierre de son lit enfiévré !

 Je vois aussi le sourire de Jésus à travers les larmes qui tombent de son cœur brisé sur Jérusalem l’infidèle

 Et je vois le sourire de Jésus… au cœur et à travers les larmes sanglantes de notre temps, de nos gens, de nous-mêmes. L’indicible force vive de ce sourire danse au soleil couchant de notre terre qui ne sait plus sourire…à moins que vers lui, nous abaissions nos yeux… On ne s’y méprend pas…

Dieu me parle de Lui

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03/03/2014

Carnaval : c'est pour rire !

 

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Un frère est-il dans l’affliction? Ne l’évitez pas. Visitez-le. Souffrez avec lui. Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire dit la Parole de Dieu (Ecclésiastes 3:4).

  « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent…  Ceci ne concerne pas seulement certains d’entre nous, mais tous sont concernés. Si donc il arrive pour un frère un temps pour pleurer, ne soyons pas indifférents, mais souffrons avec lui. Et par contre, si c’est un temps pour rire et se réjouir, ne soyons pas jaloux mais réjouissons-nous avec lui.  (Saint Paul 12 :15) »

 Ainsi à Maria vom Berg (canton de Zoug pardi!): ceux qui pensent que les sœurs sont des femmes tristes se trompent et si vous étiez à Maria vom Berg aujourd’hui, jour de carnaval, vous auriez ri avec nous. Avec moi. Rire du bonheur d'être ensemble et de partager nos talents et nos bêtises!

 L’ambiance d’abord : Il y a un temps pour rire dit le sage. Tant mieux. Le rire au-delà du sourire et l’ambiance vire au bleu ciel parfumé ! Les costumes, perruques, masques, cortèges, farces, musiques, danses et plein des rigolades en cascades ! Des blagues du « passé dépassé », une pincée de satire élégante, un peu comme Pierrot le clown, il reçoit un coup de pied au c…l tourbillonne et retombe sur ses pattes, vainqueur et souriant…

 Est-ce que ce n’est pas un peu cela, la vie ? Des larmes qui virent au rire, ayant arrosé les fleurs … rire de soi, rire de nous, rire des autres … savoir faire les guignols avec les guignols, et savoir balayer les rues avec les balayeurs ? Savoir accueillir les pauvres à la portes des pauvres et frapper à la porte des pauvres chez les riches ?

 Autant de pirouettes, de petits coups d’ailes pour épousseter les fronts religieusement fatigués d’efforts vertueux et faire tomber les écailles de leurs yeux fatigués.

 A Carnaval on se paye le plaisir de quelques extravagances ! Allez savoir quoi ! A Bulle par exemple lachez-moi ce taureau près de la gare ! Ne voyez-vous pas qu’il terrorise les nouveaux venus ? Ôtez-le de son socle et mettez-y un petit oiseau qui gazouille de bonheur !

images.jpgC’est carnaval et que ton sourire accueille le « pierrot » qui te vaut bien en sagesse et en savoir ! Et que ton sourire ne soit pas un sourire de stewardesse de swissair comme avertit François le pape ! Mais un petit rayon de soleil au-delà des carnavals…2014 !

  Si Jésus a pleuré, il était capable de rire.  Il était aussi capable de rire des larmes de joie car il se sait aimé.

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01/03/2014

Ne cherchons-nous pas au bon endroit ?

 

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  Dans son évangile, saint Luc rapporte (24,1-11) qu’au matin de Pâques, les femmes sont venues au tombeau mais n’ont pas trouvé le corps de Jésus. Deux hommes qui se tenaient là en vêtements éblouissants demandèrent aux femmes presque sur un ton réprobateur:

 Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ?

 Les femmes venaient voir un mort et n’avaient pas imaginé que ce n’était plus la mort mais la vie qui avait le dernier mot.

 Le même évangéliste Luc décrit dans les Actes des apôtres (1,1-11) la montée de Jésus au ciel. Pendant que les apôtres fixaient leur regard vers le ciel, à nouveau deux hommes en vêtements blancs se tenaient à leur côté et leur dirent presque sur un ton de reproche :

 Gens de Galilée pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? 

 Apparemment les apôtres cherchaient leur maître dans les cieux sans avoir conscience que pour eux, l’ère nouvelle avait déjà commencé ici sur terre.

 La Bible nous incite à nous poser la question du ‚où?’ d’une tout autre façon et nous conduit ainsi à la vie.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

 Avec l'aimable permission de l'auteur

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