27/02/2014

Carnaval

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Dans nos journaux romands, on évoque « carnaval » :  La Liberté de Fribourg modestement, 24 Heures et la Tribune de Genève, c’est une simple information, et le Nouvelliste c'est selon les régions mais on fête carnaval. Carnaval, en Suisse, est fêté dans les cantons catholiques me dit-on.

 A Lucerne, ce sont les festivités NON-STOP  du Jeudi-Gras renommé "jeudi sale" (schmutzige Donnerstag) jusqu'au Mardi-Gras  pour en arriver au mercredi des cendres du superbe mot anglais « Ash Wednesday ». C'est plus sobre!

 A Zoug comme à Lucerne on a commencé à 5 heures du matin et ça devrait continuer dans la vieille ville jusqu''à  20h00 : pünktlich ! Ensuite? Recommencer pour la nuit ... , ne dit-on pas « Fast Nacht »? Ce qui pourrait signifier « nuit de jeûne ». Mais comme tout doit se comprendre à l’envers, on accepte comme parole d’évangile que « se goinfrer » égale « fasten ». A Carnaval, il en est ainsi.

 A Menzingen, Maria vom Berg inclus : idem comme à Lucerne et Zoug, un tout petit peu plus pieusement, allez savoir ! Un Sœur d’Ederswillers, s’il vous plaît, m’a proposé de faire mon « numéro » au Fastnacht show, en singeant le bilinguisme d’Ederswillers. J’ai dû avouer mon incapacité. Elle alors, déguisée en chauffeur de « Poste »  passera outre Ederswillers sur la route vers Laufon-Bâle…

Aujourd’hui se nomme aussi « Schmotziger Donnerstag » en Allemagne, et « Schmutziger Donnerstag » en Suisse, - juste pour faire la différence - et il paraîtrait que "Schmutz"  alias Schmotz  serait le dialecte suisse pour gras. Ce qui nous conduit à notre « mardi-gras » en Suisse française. Peu importe que ce fut jeudi ou mardi, ce qui unit est le mot « gras » !

 Mardi gras est une période festive qui marque la fin de la « semaine des sept jours gras » (autrefois appelés jours charnels)     

 

1902995_711504738871824_2088802688_n.jpgDonc dès aujourd’hui jeudi et jusqu'à mardi prochain,  on peut s’attendre à des jours festifs et gras pour basculer au mercredi matin, et se faire cendrer le crâne en signe de contrition et de pénitence durant 40 jours si on tient le coup. Ou plutôt si, comme et avec le Juif-Palestinien, nous avons le courage et la ténacité de faire notre montée vers le calvaire avant l’aurore de Pâques.

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24/02/2014

Identité

 

Qui suis-je?

 

1863119646.jpgM.C.B.

Au Jura Clos-du-Doubs où j’ai grandi, l’identité n’était, à l’époque, pas une question brûlante : nous étions jurassiens et suisse, surtout le 1er août. A une heure à pied de la France, la frontière était un mot, les « gardes-frontières » amis,  et  notre parenté était François, Marie, Emile, Renée et les autres… C’est à partir des rumeurs et de l’horreur de la guerre qu’ont surgit les frontières !

 Comme je voulais aider les gens plus pauvres que nous en m’engageant à Menzingen, puis à Bulle pour les études, je me suis aperçue des différences : par exemple, les gruyériens n’étaient pas fribourgeois, j’étais trop absorbée par le but que je poursuivais pour me poser des questions sur cette région qui n’était qu’un passage de transit.

 C’est en Afrique du Sud qu’il me fut donné d’identifier l’identité des gens, le critère étant la couleur de la peau! Cela m’a crevé les yeux dès l’arrivée au Cap de Bonne espérance !

 De retour en Suisse (ayant droit à deux passeports) la complexité et le foisonnement des identités me donnaient le vertige et cela aurait pu aller de mal en pis si je n’avais trouvé des groupes à l’identité en devenir. Identité humaine d’abord, puis identité née d’un réseau de solidarité engagé dans un projet commun. Un peu à la manière de Mandela, jamais exclusif et toujours inclusif ! Donc une identité élargie.

 Coordinatrice des organisations œuvrant à faire respecter le Droit d’asile au canton du Jura durant une douzaine d’années, je remarquai des tiraillements  « identitaires » : dans la politiques, les religions, les églises, et les groupes et sous-groupes indépendants. Lors de certaines assemblées, lorsque je m’exprimais, on m’a posé cette question : « Est-ce que tu es « Sœur » ou quoi ? ». J’ai pensé que c’était une boutade, mais lorsqu’une communauté religieuse, à laquelle j’avais demandé un service, s’est adressée au vicaire épiscopale, un ami, s’informa, puisque je n’avais pas de voile (sic) Claire-Marie était-elle « Sœur » ? Une identité plurielle ? Non : une femme, une sœur, une éducatrice etc, c’est une tout organique. J’aimerais penser qu’il en va de même pour tous. Y compris pour les demandeurs d'Asile!

 Aujourd’hui, j’ai eu le temps de lire, en page 3 du Monde Diplomatique de février : Crises d’identités : individus, classes, communautés (Vincent Descombes). La première phrase me frappe : «…  il faut discuter des choses plutôt que des mots mais il arrive que nous ne sachions pas bien quelles choses désignent les mots ! »

 L’actualité de la semaine écoulée : Sotchi 2014, les participants classés par nations et par médailles : quelles choses désignent ces mots ? On voyait ces beaux visages que je pouvais identifier : une identité commune de jeunes gens passionnés en même temps que ligotés par d’innombrables contrôles. L’accueil sera chaleureux chez eux, tout au moins pour ce qui concerne la Suisse. Tant mieux. Et quel avenir ?

 L’Ukraine : Quelle identité pour les Ukrainiens ? L’invité de Manuela Salvi (Haute définition)  23.02.14, Michel Eltchaninoff, philosophe, rédacteur en chef adjoint de "Philosophie Magazine", met en lumière l’identité national du peuple riche d’une langue commune et déchiré entre leur droit aux valeurs de l’Europe d’une part et dela « protection » sous contrôle russe d’autre part. L’identité individuelle et commune serait-elle respectée au-delà des considérations économiques ?

 L’identité du peuple syrien et l’identité de chaque victime abattue par le régime, l’identité des exilés donc étrangers, eux là-bas, nous ici. Eux et nous logés sur une seule et même planète ! Identité planétaire ?

 Jésus avait une conscience politique au temps de l’occupation de la Palestine par Rome. Il voulait une « autre monde » purifié d'armes et de violence. Jean Baptiste assailli de doute dans sa prison fait parvenir à Jésus sa question : qui es-tu ? Es-tu celui qu’on attend ? Jésus répond : Matthieu 11, 2-11. »« Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! »

 Telle est l’identité que nous avons héritée de Jésus si nous prétendons être « chrétiens ». Mais l’audace de mon identité « chrétienne » me met au défi de poser la question que Jésus lui-même posa : «  Pour les gens, qui suis-je ? » ...il insiste : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Il se posait la question de son identité comme nous pourrions le faire plus souvent. Vincent Descombes écrit « nos identités sont susceptibles de changer… et de nous changer en quelqu’un d’autre et si je suis changé en quelqu’un d’autre, « où trouver dans cette affaire mon identité qui doit permettre de dire que c’est bien moi qui ne cesse de changer du début à la fin ? »(V.D.)

 La fin dans l’espérance que le « Hors espace temps » sera l’accomplissement de l’identité sans faille à l’origine de l'individu et de l'espèce ! Le moi brillera comme une petite étoile dans la constellation du tout !

22/02/2014

Juste un regard

 

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 Dans le bus, j’observais un couple assis dans la rangée devant moi. De ma place je ne voyais que le visage de la femme; de l’homme qui lui faisait face je ne voyais que le côté.

Je n’entendais pas leur discussion. Mais j’avais l’impression qu’elle voulait lui expliquer quelque chose ou lui poser une question, peut-être le faire parler. Il était avare de ses mots et la regardait à peine, ni quand il s’adressait à elle ni quand elle lui parlait. Elle, par contre, recherchait sans cesse son regard. Elle tenait à ce qu’il la comprenne. Mais ses yeux restaient baissés ou alors se perdaient au loin. Il avait l’air préoccupé. Peut-être avait-il mauvaise conscience et ne pouvait ni ne voulait s’expliquer. Peut-être qu’il voulait qu’elle le laisse tranquille. Finalement elle renonça. Mais son regard ne le quittait pas. Ses yeux quémandeurs me révélèrent qu’elle désirait le comprendre, qu’elle lui pardonnerait s’il y avait quelque chose à pardonner. Et lui, décontenancé, dirigeait son regard de droite et de gauche, mais jamais il ne la regardait dans les yeux.

 J’aurais volontiers suivi la scène encore un peu, mais j’étais arrivé à destination. Le souvenir de ces yeux tristes qui cherchaient le regard de l’autre était gravé en moi profondément.

C’était comme si cette image voulait me parler de Dieu. Dieu qui pose son regard sur les êtres, sur moi. Et je détourne les yeux, car cela me dérange; peut-être jesus-fresque3.jpgai-je mauvaise conscience. Je ne veux et ne peux m’expliquer. Je préférerais qu’Il me laisse tranquille, qu’Il ne soit pas là.

 

Mais s’ Il recherche ainsi mon regard, c’est parce qu’Il veut me comprendre, me pardonner. Même s’ Il a renoncé à me parler – puisque je regarde ailleurs et ne me laisse pas toucher – Il ne renonce à aucun moment à me trouver, à me faire comprendre et à me montrer qu’Il me pardonne, quoi qu’il puisse arriver.

 La plus ancienne image connue de Jésus,
peinte dans une catacombe romaine. IVème s.
(interrobangtribune.blogspot.fr).

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

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21/02/2014

Jésus pleure sur la Syrie

 

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Ma prière s’inspire de plus en plus de la réalité actuelle de notre petite planète et du regard de Jésus sur nous tous. Chaque créature est précieuse au cœur de notre créateur et, s’il pleure sur nous aujourd’hui comme il l’a fait sur Jérusalem Luc 19 : 41-44, ce n’est pas sans raisons ni à l’époque de Jésus ni aujourd’hui chez nous : la violence étalée dans les journaux, sur les écrans, nous fait pleurer et peut-être que nos larmes sont un affront de plus aux victimes qui pourraient nous répliquer comme Jésus aux femmes pleureuses : Luc 23 :2-8, « Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! »

Stériles seraient larmes et lamentations vides d’actions : quelles actions ? Prier (les sœurs prient par profession du moins !) ? Et alors ? D’abord les Syriens – les gens de tous les jours – s’entraident pour survivre, leur courage n’est pas mis en lumière dans les médias ; mis à part quelques flashes, le travail des infirmières, des médecins locaux et les médecins du monde, les membres d’innombrables ONG sont engagés dans les coins les plus reculés, ces gestes de générosité innombrables restent cachés et c’est bien ainsi. Ces“ Cyrénéens ” n’empêchent pas la mort ni la force brutaledes armes et des chefs d’États ! Mais ils sont les derniers vestiges de compassion humaine sur place… et là est notre espérance que la mort, ni la violence ni le pouvoir n’auront le dernier mot !

Mais il y a ceux aussi – des jeunes surtout - sont tourmentés par l’inhumanité du spectacle exposé sur les écrans, dans des réseaux internet, révélateurs de vérité inaccessible aux journalistes, ou alors ne rien d’autre des pièges… !

J’ai été frappée par l’émission de France Culture : les « candidats au martyre d’Europe » des jeunes européens qui rejoignent les jihadistes et font le désespoir de leurs mères et de leur parentéavaient la parole… et disaient le pourquoi et le comment de leur « fuite » vers les djihadistes syriens ou d’ailleurs. L’un dit : j’ai choisi le martyre, l’autre à dit : ça donne un sens à ma vie… j’ai publié ma réflexion sur le blog et je remercie le commentateur "Lambert" dont voici quelques lignes :

 … «  ces jeunes qui vont se faire tuer en Syrie, ces jeunes paumés qu'une dialectique radicale a su convaincre. Il n'y a qu'à écouter ce jeune français pour savoir d'où il vient. La misère et l'illettrisme forment le terreau de tous les radicalismes et les imams fanatiques ont beau jeu pour convaincre ces jeunes tout prêts à les entendre… »

 Si je  pouvais lui parler, je dirais à « Lambert » : êtes-vous sûr que les imams sont tous fanatiques et que celles et ceux qui sont dégoûtés de la violence des forts sur les faibles et veulent s’engager proviennent tous du terreau de la misère et de l’illettrisme ?  Étés-vous sûr qu’il ne serait pas plus noble de pleurer avec leurs mamans et leurs amis ! D’essayer de parler avec nos jeunes de ce qui leur fait mal et les rend malade et de leur offrir une autre version des faits… Il n’y a aucun doute que ces jeunes gens vulnérables sont victimes de manipulations. Où trouvent-ils quelqu’un qui donne un sens à leur vie en Europe : le même monde et un monde à part !

D’essayer de se poser des questions de fonds sur les causes de la misère et de l’illettrisme chez nous, chez nos voisins et bien au-delà… ? Et d’essayer avant tout de se réconcilier avec ce qu’il y a de meilleur en nous ? Et de relire peut-être l’histoire de Jésus qui pleure sur Jérusalem et sur nous en 2014.

19/02/2014

L'étranger

 

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 Les adultes européens (en Afrique du Sud) inculquaient aux enfants la peur de tous ceux et celles qui n’étaient pas comme eux, le slogan : Stranger danger ! Fais gaffe !

 

Le signe distinctif et visuel de l’étranger : la couleur de sa peau, la senteur de son corps. De là découlaient les signes invisibles et plus menaçants encore: la pensée, l’émotion, l’intelligence, bref tant de dons que nous avons en commun pour vivre ensemble.

 Malheureusement nous amputons l’étranger de ce que nous avons en commun sans réaliser que nous sommes nous-mêmes des amputés.

L'étranger - Agim Sulaj

 L’homme communautaire devient l’Ego concentrique. Pire lorsque cela devient le groupe, le parti politique égocentrique. Exclusivement.

 Les séquelles : les divisions, les guerres, les massacres, les pogroms, la peur collective des étrangers et la fermeture des frontières sauf pour ceux qui sont comme nous nous mène à l’impasse dont nous avons une vague idée après la votation du 9 février 2014.

  Chemin faisant cela peut devenir aussi néfaste qu’une lignée de mariages consanguins redoutée de tous. Une consanguinité intellectuelle rétrécit l’intelligence et en inhibe la liberté de penser ce qui ouvre le chemin vers la dictature, la pensée unique qui nous mute en polichinelles soit dans une institution, un parti politique à tendance sectaire … en ce qui nous concerne, nous et de nombreux pays européens, n’est-ce pas la peur d’une migration poussée par la famine et le besoin d’eau, n’est-ce pas la peur de l’Islam d’autant plus radicale qu’il aura été dénigré à tord et sans analyse des causes ni des conséquences des variations.

 Mais écoutez plutôt France Culture ce soir encore si c’est possible :

 

15/02/2014

Un plaidoyer en faveur du plaisir

 

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Manger, c'est un besoin, mais le plaisir de manger, c'est un art

François de la Rochefoucauld

 Certains d’entre nous parmi les plus âgés se souviendront peut-être de ces cours de catéchisme ou de religion où la notion de sacrifice était très importante et tout ce qui touchait au désir ou au plaisir était suspect.  Il fallait même se méfier de certaines paroles et pensées, au risque de devoir les justifier.  Invoquer ‚la volonté de Dieu’, c’était vanter la ‚croix et la bannière’ plutôt que bal et festivités.

 Dans le judaïsme au contraire, on constate une grande affirmation de la vie, même un optimisme créatif. Il est difficile de dire d’où cela provient. Peut-être que le peuple juif, justement à cause de son histoire faite de misère et de malheur, a gardé une sensibilité plus forte et une grande reconnaissance pour toute joie et plaisir dans la vie. C’est un fait que dans les discussions des érudits, il y a peu de place pour la pruderie ou l’animosité. Par contre,  le divertissement y occupait une place d’autant plus importante. Au début de notre ère, de très sérieux et célèbres savants juifs exprimèrent cette sentence:

 Quand le vieux monde touche à sa fin et que le nouveau monde de Dieu apparaît, l’homme doit se justifier pour tout ce qui a trouvé grâce à ses yeux et qu’il n’a cependant pas apprécié.

Decouvrez-le-parfum-qui-vous-ressemble_imagePanoramique500_220.jpg Bien entendu, pour les érudits de l’époque il n’était pas seulement question de regard. On peut aussi goûter un merveilleux morceau de musique, un repas succulent, les senteurs de la forêt, de bons mots amusants, l’insouciance de l’enfant, l’exubérance de l’adolescent. Il nous faudra toutefois rendre compte de tout ce que nous avons reçu de beau et que nous n’avons pas su savourer.

 Jésus n’a pas prêché qu’abnégation et renoncement. Il était souvent à table avec des gens (v. ob_de67b3_aujourd-hui-je-decide-d-etre-heureux.jpgMarc 2,1-17 ....). Il imposait les mains sur les enfants et les embrassait (v. Marc 10,16). Ses remarques sur les oiseaux du ciel et les lis des champs (v. Matthieu 6,25-34), comme dans beaucoup de paraboles inspirées des splendeurs de la nature, le démontrent clairement. Jésus n’a pas seulement regardé, il a apprécié et goûté. Et en mémoire de lui, il demande de se réunir autour du pain et du vin.

 Croire signifie donc aussi de se laisser gagner par la joie de vivre de Jésus.

 Hermann-Josef Venetz

Christiane Gaeumann

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

 

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14/02/2014

Les Suisses ont une conscience patriotique faible

 

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Cette réflexion abrutie traîne encore dans les corridors, à travers les portes, elle pollue l’atmosphère communautaire car on entend comme le ricanement d’un mauvais esprit qui souffle « non en pensant oui » ! La bombe à fragmentation : des milliers de fragments blessent et tuent sans aucune direction précise… avant de s’écraser vide de son ânerie et révélant son nom. Le « politicien » perché au faîte de l'UDC victorieuse et forte (de quelques milliers à peine) pour mettre de l’ordre en fermant les frontières d’abord ! C’est l’âne dans la peau d’un lion selon Ésope : aujourd’hui le lion, la gueule ouverte, hurle ce que son cerveau minuscule ne saurait articuler : le MOI jusqu’à l’éclatement.

 

photo_12.jpgL'âne bêle que nous, les welsches, aurions toujours eu « une faible conscience patriotique » il tape comme une grosse caisse de résonnance creuse.

 

J’aurais préféré me taire comme le conseille GK Chesterton : « the one who kicks you in the back (side) is always behind you » ! Mais il s’agit de la conscience patriotique helvétique s’il vous plaît. Un bien commun peut-être ! Il s'agit de nous tous, citoyens des 25 cantons !

 Mais je pense à notre grand poète xhosa, Krune Mqhavi :« Je vous donne la voie lactée, la plus grande constellation, car vous êtes des gens étranges, avides et envieux, vous qui vous querellez dans l’abondance ». Est-ce que ceci ne concerne pas les soit disant politiciens « de la politique politicienne » qui abusent et violent l’intelligence paysanne de nos gens de la terre, les prennent en otages, leur font voter à coups de demi vérités – sinon de mensonges tout court - pour satisfaire leur « rage » de pouvoir ? !

 Et quelle est la nature du pouvoir politique de l’UDC ? Quel est son but ? Le bien commun ? Que les richesses soient réinvesties dans le social en commençant par les plus pressants : les besoins des travailleurs aliénés  par les menaces, des handicapés suisses et étrangers et réfugiés qui cachent leur misère, afin d’éviter le balai des lois promises ? De tous ceux et celles qui doivent être éliminés sous prétexte qu’ils sont des étrangers donc des criminels ? Suisses ou pas Suisses à moins d’un sac d’or dans la besace ? C’est l’absurde jusqu’au délire de ce parti geôlier !

 Pourquoi ne pas entreprendre comme Mandela s’efforça de le faire avec Desmond Tutu, «d' élever la politique à la hauteur de la philosophie et de la psychanalyse ». Avant qu’une partie du peuple, les indignées, les sans-voix, ne s’élancent sur le lion et ses adeptes et lui arrachent sa peau royale. L’âne et sa cour retrouveront entre eux leur vraie nature et auront la sagesse de négocier. Et on négociera.

 

Esop pour notre plaisir :

De la peau du lion l'âne s'étant vêtu,
            Était craint partout à la ronde;
            Et bien qu'animal sans vertu,
            Il faisait trembler tout le monde.
Un petit bout d'oreille échappé par malheur
            Découvrit la fourbe et l'erreur :
            Martin fit alors son office.

 

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Ceux qui ne savaient pas la ruse et la malice
            S'étonnaient de voir que Martin
            Chassât les lions au moulin.

            Force gens font du bruit en France, (en helvétie)
Par qui cet apologue est rendu familier.
            Un équipage cavalier
            Fait les trois quarts de leur vaillance.

 

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12/02/2014

Ouvre notre intelligence, mon Dieu!

 Consciense de la dignité humaine

 Ma prière ce soir : Mon beau pays, que Dieu garde ton âme ; mon beau pays, ouvre tes portes, ôte tes frontières, ouvre ton coeur, ouvre ton esprit à l'Esprit qui souffle et cherche à se poser en chacun de nous pour que nous prenions conscience que nous sommes tes créatures nées pour vivres hors frontières !

 

Si la conscience nationale est un mur emprisonnant les citoyens, ceux-ci ne sont ni citoyens, ni nationaux. Ils sont à peine une trainée de poussière sous la botte d'un despot.

 

Mais voyons le danger :

 « Nous sommes de plus en plus enclins à détourner notre regard lorsque nous sommes confrontés à la pauvreté dans la sphère publique. Cela nous mène à accepter non seulement la ségrégation de nos quartiers et de nos lieux publiques, mais également la ségrégation de notre conscience et de notre être. Lorsque nous fermons notre porte ou que nous nous détournons de l’étranger, en nous aussi une porte se ferme. »

 (ma traduction avec l'appui de mes amis et avec gratitude aux auteurs)

 Stanley Saunders and Charles Campbell
Source: The Word on the Street

 « Our growing capacity to look the other way when confronted by poverty in the public sphere lead us to accept not only the segregation of our neighborhoods and public places, but also the segregation of our consciousness and being. When we close the door or turn away from the stranger, a door closes in us as well. »  Stanley Saunders and Charles Campbell

 

08/02/2014

Aujour'hui

Saint Benoît écoute, Terre cuite de Fr. Antoine Gélineau (Tamié)

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Voici une histoire juive qui nous est parvenue en plusieurs variantes. Elle présuppose l’existence du Psaume 95, qui fait partie des prières du bréviaire, récitées chaque matin dans l’Eglise catholique. Le récit se réfère au verset suivant : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas votre coeur...

Un jour, le Rabbin Josué, fils de Lévi (1re moitié du IIIe siècle), demanda au prophète Elie :

-       Quand le Messie viendra-t-il enfin ?

 Elie lui répondit :

-       Va le voir et pose-lui la question directement.

Alors le Rabbin Josué lui dit :

-       Mais où est-il ?

 Elie lui répondit :

-       Aux portes de Rome.

-       Et comment vais-je le reconnaître ?

-       Il est assis parmi les mendiants lépreux. Quand ces derniers enlèvent tous leurs bandages d’un seul geste pour les changer en une fois, le Messie les retire séparément pour les changer l’un après l’autre. Il se dit que Dieu peut l’appeler à chaque instant pour apporter la rédemption, et ainsi il se tient prêt en permanence.

Le Rabbin Josué se mit en route, il reconnut le Messie et le salua :

-       La paix soit avec toi, mon maître.

-       La paix soit avec toi, fils de Lévi.

-       Quand viendras-tu mon maître ?

-       Aujourd’hui.

Plus tard, le Rabbin Josué, fils de Lévi, se plaignit auprès d’Elie.

-       Le Messie m’a menti. Il a dit qu’il viendrait aujourd’hui, mais il n’est pas venu.

Elie lui répondit :

-        Tu n’as pas écouté attentivement.  Il t’a cité le psaume 95 : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix.

 

Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

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07/02/2014

Sotchi

 C'est parti! Le président russe Vladimir Poutine a officiellement ouvert les 22es Jeux Olympiques d'hiver. Selon la TV : Massimo Lorenzi donne quelques explications assez prudentes mais bonnes. Mais écoutez :

 

 

 

Reporters Sans Frontières

 Le 7 février 2014, jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, Reporters sans frontières interpelle les instances olympiques en créant la Reporters Sports Federation.

 On ne peut se faire d’illusion sur la liberté de la presse en Russie :

 La Russie est 148e sur 179 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse en 2013.  Et je pense surtout à cette femme qui a payé, de sa vue, le prix de son courage journalistique

 Comment oublier Anna Politkovskaïa :

 "On vit tous avec un bâillon sur la bouche" !(selon Rena Lesnevskaïa)
Dans mon blog :
mardi, octobre 10, 2006

 Anna Politkovskaya, correspondante du bi-hebdomadaire russe Novaya Gazeta , journaliste connue par son engagement contre la guerre en Tchétchénie , a été assassinée le 7 octobre 2006 vers 17h. Son corps a été retrouvé dans l’ascenseur de son immeuble, rue Lesnaya, à Moscou. » (Rebellyoninfo) .

 Dans les circonstances actuelles à Sotchi :

 Quels critères pour l’accréditation des journalistes aux Jeux ? Où sont-ils logés ? Sont-ils libres de circuler de contacter le petit peuple comme certains de nos journalistes ont pu le faire en Afrique du Sud aux jeux olympiques 2012 ? Comment fonctionneront les médias ? Les médias sont-ils des « biens » comme l'entend Poutine ?

 « Le 19 août 2013, Vladimir Poutine a signé un décret (oukaze n°686)

 visant à contrôler drastiquement la circulation des personnes et des

 biens à Sotchi dès le 7 janvier 2014, soit un mois avant le début des

 Jeux olympiques, et jusqu’à la fin des Jeux paralympiques, le 21 mars. »

 «  Pour que le combat des journalistes russes face à une censure et à une volonté de contrôle croissantes de la part des autorités ne soit pas le grand absent de ce rendez-vous médiatique international, la « Reporters Sports Federation » actionnera tous les leviers de plaidoyer habituels des sports exclus des programmes officiels. Le seul objectif de RSFdéfendre et promouvoir le droit d’informer et d’être informé en Russie. »

 Mais voici une réflexion plus générale et qui interpelle :



 Conclusion : Mon frère, Yves Jeannotat, dans son livre ô Sport où est ta victoire  « fait l'apologie du sport pour tous et pour le plaisir. » Ce sport-là est sain pour l’âme et le corps !

 

06/02/2014

L'étranger

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L’étranger a une place centrale dans la Bible. Et, dans le Nouveau Testament, Jésus s’identifie à l’étranger. La Suisse – trois quart de sa population chrétienne – s’inspire de la Parole de Dieu. La Parole de Dieu : je la ressens comme le « mystère divin de l’étranger en moi » (Emmanuel Lafont). Ne sommes-nous pas tous étrangers les uns envers les autres ? Et nous sommes un corps arc-en-ciel.

Nous ne sommes pas des pièces ajustées les unes aux autres selon un modèle préfabriqué. La relation nous permet de grandir ensemble et nous devenons ce que Saint Paul dit : "De même que le corps est un tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps en dépit de leur pluralité ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ"(I Co 12, 12). Le Corps du Christ, c'est donc son Église, c'est la com­munauté des chrétiens. C’est nous. Chacun riche de son « moi » unique et irremplaçable !

Voter « NON », le 9 février 2014, aux « forces » qui cherchent à fragmenter cette communauté, n’est quasi pas un choix pour qui croit en l’homme. Ne pas croire en l’homme est se nier soi-même. Nul ne se nie soi-même.

Et, « La gloire de Dieu, c’est l’homme debout », selon Saint Irénée de Lyon.

04/02/2014

L'eau, le pain, la vie

 

nd-de-nazareth-8_mini.jpgJe ne suis qu’une voix parmi les millions d’autres ; cette voix commune articule de ce qui est essentiel durant la traversée vers le but. La conquête du Bonheur.

 Nous savons que l’eau existe puisque nous avons soif ! Mais nous sommes responsable de l’eau. Cette magnifique créature se donne indifféremment à tous pour assouvir la soif du moment ! La première et la seule raison d’être de l’eau, n’est-ce pas d’assouvir notre soif ? Mais boire l’eau fraîche a un but : c’est promouvoir la Vie.  « L’eau , la neige tombent des cieux  du ciel, elle ne doit pas et n'y retournent pas sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes… Sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui mange. Ainsi ma parole, qui sort de ma bouche : ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. » (Isaïe 55/10-11)

La Parole, c’est Jésus, le Fils de l’homme. Accomplir sa mission lui coûtera la vie. Mais du refus de cet Homme, de sa destruction jaillit l’Esprit.

L’Esprit souffle où il veut, il est tangible, Il nous motive, nous éclaire, nous pousse plus loin afin que, encore une fois, comme la pluie et la neige : nous accomplissions sa mission. L'Esprit dépend des gens au cœur ouvert, à l’intelligence en éveil, au regard qui scrute les signes des temps, à la volonté au travail afin que celui qui a faim et soif ait à manger et à boire.

Notre histoire humaine arrive à un moment de « Kairos » : prendre conscience que la migration causée, pour de multiples injustices principalement économiques, est un fait et ne s’arrêtera que lorsque que s’établira, aussi bien que mal, une répartition des terres et des biens, juste et équitable, et qui satisfasse les besoins basiques de chaque créature. L’eau et le pain. C’est le moment de décider. De vivre ensemble ou de mourir ensemble.

D’une part on sent l’inquiétude des autorités politiques, économiques, quant à la survie du règne des finances, de la solidité « militaire » des pouvoirs et des dominations. On sent la soif du pétrole, du gaz sous toutes ses formes, la rage de s’approprier les richesses du sous-sol ! Ou ce qu'il en reste ! Qu’importe à qui appartient la terre ! C'est secondaire !

 Exemple en Syrie et le peuple martyre

Quelle était la priorité à la rencontre de Genève  2» ? La vulnérabilité de la population exposée et sans défense, sans eau, sans pain ?! Prioritaire ? Vous voulez rire... le rapport de force brute d'abord !

Les sanctions et la guerre auront le dernier mot ! Les dégâts collatéraux balayés … dans des fosses communes ! Les « représentants » Syriens n’arriveront pas à faire respecter « des corridors humanitaires et des cessez-le-feu de quelques heures pour que les convois puissent passer. C'est une obligation en droit international.» Était-ce prioritaires ?

D’autre part, on sent l’inquiétude, au niveau mondial,  des petites gens qui manquent d’eau et de pain de la naissance à la mort annoncée par le système… De ces victimes à bout de souffle, la révolte est morte… A moins d’un sursaut de conscience humanitaire en chacun de nous.

Que l’Esprit de Jésus nous éveille afin de retrouver en nous : « Cette voix, qui ne cesse de nous presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal ! Au moment opportun, cette voix résonne dans l’intimité de notre cœur : « Fais ceci, évite cela ». (GS)

Pour la votation du 9 février 2014 au sujet de l’initiative UDC, je dirais :

Évite de propager la peur et la haine de l’étranger, évite de te murer dans une forteresse fragile à court terme. Évitons de nous centrer sur nous-mêmes.

Fais confiance à ton intelligence de discernement,

Fais confiance à ton savoir-faire relationnel et organisationnel! Écoute ton cœur!

Fais confiance à la sagesse : « Soyons donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. » (Matt 10.16).

Jésus ne sera pas venu parmi nous en vain.

01/02/2014

Sauver le monde ?

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Tout au long de leur vie, les humains sont préoccupés par le ‚faire’. Que devons-nous faire ? que pouvons-nous faire ? que nous est-il possible de faire ? Tout dépend du ‚faire’. On dirait que tout est ‚faisable’. Nous les humains, nous sommes condamnés à ‚faire’.

 Voici une petite histoire transmise par nos frères juifs :

 Un jeune homme vint trouver le Rabbin et lui demanda :

 -   Que puis-je faire pour sauver le monde ?

 Le savant lui répondit :

 -   Autant que tu pourras en faire pour aider le soleil à se lever demain.

-   Mais alors à quoi servent toutes mes prières et mes bonnes oeuvres, tout mon engagement ?

L’érudit lui rétorqua :

 -   Ils te servent à rester éveillé quand le soleil se lève.

 Le jeune homme pense que le monde va à sa perte et qu’il doit être sauvé. Mais que pourrait-il bien y faire ? La réponse du sage est décevante, et même cynique. ‚Autant que tu pourras en faire pour aider le soleil à se lever demain’. Aussi peu que tu pourras participer au lever du soleil demain, aussi peu tu pourras participer au sauvetage du monde, donc en clair tu ne peux rien y faire du tout !

Pour le jeune homme de bonne volonté, conscient de la détresse du monde et qui veut le sauver, une telle réponse ne peut être que frustrante. Il souhaiterait se mettre à disposition avec tout son savoir et son pouvoir, et il fait le compte de ce qu’il a déjà accompli  : toutes ses prières, toutes ses bonnes œuvres, tout son engagement. Était-ce donc inutile ?

 

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Un enfant dans les rues de Homs, le 23 janvier 2012. REUTERS/Ahmed Jadallah -

 Sauver le monde, c’est lié à la venue du Royaume des cieux. C’est le règne de Dieu qui doit arriver – comme nous prions le Notre Père – et non le nôtre. Nous ne devrions pas non plus vouloir diriger le monde à notre manière, ce serait alors un monde à l’image de nos conceptions étriquées. Comme c’est déjà ce qui se passe, selon nos expériences, alors tant pis si ce règne disparaît. C’est Dieu qui sauvera le monde, nous ne ferions que le sauver à notre manière, le  plus sûr moyen de le conduire au néant ! Mais si le Royaume des cieux arrive, si le salut approche, alors nous voulons et pouvons être disponibles. C’est ainsi que nous restons éveillés quand le soleil se lève....

Hermann-Josef Venetz

Taduction Christiane Gaeumann

Avec l'aimable autorisation de l'auteur