30/01/2014

Réponse à "Je me mêle de tout"

 

 

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Ma réponse au commentaire - de « Je me mêle de tout » au sujet de « Le 9 février 2014 approche » que vous pouvez lire si cela vous dit.

 

Juste quelques petites précisions :

 

a)  Oui je suis à la retraite là où j’ai débuté la vie de volontaire pour les Missions, avec Jésus. Ici j’ai « le toit, la nourriture, les vêtements » comme les 85 consœurs avec qui je vis. Oui, nous avons Internet et j’utilise un ordinateur. Rappelée en Suisse en 1980, mes consœurs, ma famille et parenté et les habitants la Suisse dans leurs contextes très variés m’ont permis de connaître les ramifications sociales, politiques, économique, culturelles de chez nous.

 

b)  J’ai œuvré de 1948 à 1980 en Afrique australe. (Histoire inavouée de l’Apartheid)

 

c)  De 1984 à 1994, j’ai eu le privilège de travailler, d’abord à la défense du Droit d’asile en Suisse dans le canton du Jura,

 

d)  puis 13 ans à l’intégration des étrangers dans le cadre de « Français en jeu à Lausanne »

 

e)  Parallèlement, j’ai pu participer activement au mouvement anti-apartheid en Suisse dont nos autorités soutenaient le système.   et avec le Conseil œcuméniques des Églises à Genève : Programme pour combattre le racisme

 

 Voilà pour répondre aux allégations quasi blessantes de « Je me mêle de tout » dans la blogosphère de TdG. Une trentaine d'années en Afrique australe et une trentaine d'années en Suisse. Je ne le fais pas de gaîté de cœur, mais je me devais de le faire.

 

Pour ce qui est de l'initiative voir :

 Amnesty International swiss

 

« La Section suisse d’Amnesty International rejette clairement l’initiative «contre l’immigration de masse» qui exige que, lors de sa mise en œuvre, le droit national prévale clairement sur le droit international public et les droits humains. De plus, les conventions internationales qui entreraient en conflit avec la mise en œuvre du droit national ou la limiteraient devraient être soit renégociées soit dénoncées. »

 

Et si cela vous intéresse :

 

A   Amnesty International 30.01.2014

 



 

29/01/2014

Le 9 février approche

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Paradis fiscaux, éthique et justice Le CCFD, Terre solidaire

 C’est un privilège d’être dans un pays où l’on invite très souvent les citoyens à dire, par un « Oui » ou par un « Non » ce qu’ils pensent d’un situation ayant motivé une initiative, et l’organisation d’un vote. On voudrait penser qu’un vote débouche sur un changement en vue du bien commun.

En Afrique du Sud sous le système d’Apartheid, les décrets racistes n’étaient pas sujets à voter ! Et c’était principalement à l’avantage des Blancs au détriment des Noirs. La seule solution d’œuvrer au bien commun consistait à la désobéissance civile et nous l’avons appris de Henry David Thoreau et de l’unique ouvrage que j’ai (nous avons) lu de lui est Walden ou la vie dans les bois (1854). C’était une forme d’action non-violente dont il fallait bien sûr assumer les conséquences auprès du pouvoir blanc.

Chaque personne étudie la problématique, s’informe, et décide en connaissance de cause avant d'aller voter:

1.   Dire Oui ou Non au plan de financement et d’aménagement de l’infrastructure ferrovière (FAIF) afin d’améliorer l’accès aux trains selon les besoins.   Accepter ce financement, qui sera une charge de plus envers les ouvriers à « bas salaire » forcés de se rendre au travail en train chaque matin et de rentrer tard le soir, sera une entorse de plus à leur niveau de vie… Ce qui pourrait être discuté et modifié dans l'application de cette loi en vue du bien commun. Dire Oui est mon choix.

2.   Initiative des milieux conservateurs au sujet de non contribution des Caisses maladie à l'avortement, j’ai connu trop de jeunes filles, de femmes réfugiées chez nous, et violées durant la guerre en Ex-Yougoslavie par quels types de violeurs ? J’ai vu trop de femmes noires violées par des Blancs en Afrique du Sud en toute impunité… laissées seules, même par l’Église catholique et les missionnaires, comment ne pas sentir la barbarie du système… et d’où viennent les millions de Métis ? Je connais en Suisse des jeunes filles et des femmes qui, la mort dans l’âme ont dû se résoudre à une IVG pour des raisons que je dirai pas.

 C’est normal que l’avortement dans de telles circonstances soit aidé par les caisses maladie et, pourquoi pas, par les contribuables ! Mais j’étais inquiète de ce que diraient les évêques suisses à nos catholiques : en fait La Conférence des évêque suisses (CES) a choisi la neutralité sachant que chaque catholique, chaque citoyen a sa conscience à l’exception de Vitus Huonder (évêque de Coire). Par contre, Charles Morerod (évêque de Fribourg, Lausanne, Genève) offre une réflexion équilibrée et respectueuse qui aide les indécis à réfléchir. Felix Gmür, évêque de Bâle, s’est lui aussi distancé de la neutralité de la CES en prenant parti contre l’initiative.

3.   De l’UDC : initiative "Contre l'immigration de masse". Le quotidien le Temps : « L’immigration en débats » fait une espèce de mise au point sur la réalité aujourd’hui. Je doute de l’objectivité de certains médias en ce qui concerne cette initiative. Les « slogans » UDC : chômage à venir, pénurie de logements, délinquance en augmentation ... répétés à longueurs d'émissions Radio, Télé... rendent songeurs. Les lois de plus en plus restrictives (souvent inhumaines) concernant les demandeurs d’asile ne sont-elles pas suffisantes pour satisfaire les « faiseurs de peur » de l’UDC ?

Nous savons que le territoire suisse est minuscule, on s’y sent à l’étroit, mais n’est-ce pas parce que notre intelligence est instable quant à la pérennité des frontières, notre cœur et notre World View peuvent-ils être aussi étroits que les initiateurs de ce vote à venir ?

Le flux migratoire est irréversible et prendre conscience de notre interdépendance est non seulement humain : il paraît que c’est le message de Jésus. Est-ce que cela signifie qu’il faut bêtement assister à l’abolition de toutes les « apartheids » que l’UDC s’efforce de construire ? N'est-il pas plus pragmatique de prendre conscience que nous sommes des êtres humains et que nous faisons partie intégrante d’un tout ? L'élasticité des frontières : idée farfelue ? J’ai peur des murs et des fils de fer barbelés nous enfermant sans portes de sortie ni d’entrée à long terme, à moins d’être millionnaire, gare à l'asphyxie...et j’ai encore plus peur des « apartheids » qu’une telle initiative construit dans la tête et le cœur de mes concitoyens et qui engendre une culture de négation et de mort !

Ma conclusion : concernant les initiatives 2 et 3 : financement (caisses maladie) de l’avortement et immigrants : il semble que la motivation des initiatives n’est pas l’amour du bien commun, mais c’est plutôt l’amour de l’argent ! Or on ne peut servir deux maîtres, même ceux en train de quitter Davos Forum pourraient s'en rendre compte à moins que le système ne prenne le devant.

25/01/2014

Le ‚oui et amen’ de Dieu

 

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 Dans le premier livre de la Genèse (Gn 1,1-2,4a) on trouve la phrase suivante: Et Dieu vit que cela était bon. C’est comme l’exclamation de l’artiste : OUI ! qui après avoir longtemps planifié et créé, admire son œuvre, il s’y identifie. Ou alors le AMEN à l’issue d’un chant de louanges, où tous les registres sont tirés. OUI, c’est bien, c’est exactement ainsi que je pensais. AMEN, qu’il en soit ainsi, et que cela s’épanouisse jusqu’à la perfection.

 Malheureusement les humains ne se sont pas toujours intégrés de manière optimale dans cette création, ils n’approuvèrent pas toujours le OUI de Dieu et son AMEN ne suscita aucun écho en eux. Il a fallut donc faire intervenir des prophètes pour exhorter sans cesse les hommes. Mais cela ne suffit pas ; les prophètes proclamèrent sans cesse que Dieu ne renoncerait jamais à son OUI. Dieu est fidèle – ils interprétèrent ainsi le nom secret de Dieu, celui que Moïse a reçu à travers le buisson ardent : Je suis avec vous et je marche avec vous.

images.jpg Il est faux de prétendre que la fidélité est un concept démodé. La fidélité n’a rien à voir avec l’immobilisme. La fidélité est axée vers l’avant. Seul celui qui est fidèle avance dans la vie les yeux grand ouverts pour aller à la rencontre de l’autre  et faire ainsi toujours de nouvelles découvertes. Julie Andrews aurait affirmé : „Quand être fidèle rend heureux, alors c’est l’amour".

 Est-ce que Paul a pensé à cette ‚fidélité qui rend heureux’ quand il écrivait à la communauté de Corinthe : Dans Jésus le Messie le OUI de Dieu, la fidélité de Dieu s’est réalisée malgré tout ?  

 Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gaeumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

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23/01/2014

prière du soir

 

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J'avais mon billet prêt : et il suffit d'un click maladroit pour que tout fut supprimé puisque rien n'avait été enregistré ni sauvegardé. C'était une simple réflexion sur la rencontre Genève II, sur le World économic Forum à Davos et sur la poudrière latente à Kiev...

 Mais je m'étais arrêtée aux enfants syriens victimes de la guerre, réfugies à l'extérieur et à l'intérieur de leur pays natal.

 L'UNICEF offre des témoignages en vidéos, qu'on peut trouver soi-même sur internet et ma seule possibilité de montrer ma solidarité est de me tourner vers l'Amour compatissant : Dieu, Allah, qu'importe le nom, et je sais que ces victimes innocentes des pouvoirs  et de leurs systèmes de mort, ces enfants seront un jour les juges muets des bourreaux.

 Je prie que les parlementaires qui se rencontrent à Genève brûlent de la mémoire vive et de la présence ensanglantée des petits, des pauvres, des victimes que, eux, les « présidents sous haute protection » disent représenter ! Qu'ils se mettent à genoux avant de commencer les délibérations et demandent pardon aux petits et aux peuples !

 Avec ceux à Genève, il y a ceux à Kiev : un peuple courageux qui a le courage de déclarer son désir de se rapprocher de l'Europe et de sa communauté, en dépit des manipulations des autorités par un proxy nommé Poutine ! Un peu comme en Syrie avant 2011, les Ukrainiens descendent dans les rues, avec endurance et détermination et que le « pouvoir par proxy ou pas » veut absolument faire taire, quitte à claironner le contraire ! Va-t-on vers une autre Syrie encore ?

 Enfin notre Dieu de Justice fait homme en Jésus contemple notre monde, de Genève au Soudan au Centre Afrique et jette un coup d’œil à Davos ! Le dieu mammon est bien au centre des préoccupations et les gens aussi, dit-on. François, pape, a bien envoyé une lettre disant à ces experts que l'argent est là pour servir et non pour être servi .

Je prie que nous, Suisses, désireux de bien accueillir ces personnages importants , de bien les protéger, soyons aussi désireux d'accueillir un jour ou l'autre les victimes de ces mêmes pays comme des frères en humanité !

PR29.jpgHélas, un vœux pieux: même si je digresse un peu, quand j'écoutais hier soir Infrarouge et les hoquets en cascade de Mr. Oscar Freysinger. L'UDC vraiment panique à la pensée d'un étranger lui tendant la main. La tendance nationaliste rampante, s'intensifiant à mesure que la marche du monde nous rassemble les uns des autres, est un signe des temps qu'il est grand temps d'analyser !

21/01/2014

La voix manquante des enfants à l'ONU:

 Ce 16 janvier 2014, à Genève, deux « poids lourds » du Vatican faisaient face aux experts du Comité des droits de l’enfant à l'Organisation des Nations Unies. Ils avaient pour fonction d’écouter les questions concernant les abus sexuels sur mineurs et, dans la mesure du possible, de répondre des scandales depuis trop longtemps dissimulés par les Institutions. Le Vatican est un des signataires de la Convention des droits de l’enfant adoptée et ratifiée en 1981 par 193 pays.

 Selon John L. Allen Jr du « National Catholic Reporter » « c’est peut-être la première fois que des autorités vaticanes paraissent en public sous les objectifs de « wecastworld » sans avoir pris part aux préparations de cette conversation ». . Et c’est bien ainsi.

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18/01/2014

Une autre forme de paix

 

croix-ceramique-enfant-et-mouton.jpg Lorsque l’apôtre Luc rédigeait les deux premiers chapitres de son évangile, celui que nous lisons durant la période de Noël, il  ne pensait pas à notre Réveillon en famille avec ses cadeaux, ni non plus à la crèche et au sapin de Noël, ni aux décorations scintillantes et autres bougies magiques. Le récit de l’enfance de Jésus – comme on l’appelle – , est l’un des textes les plus courageux et les plus audacieux que l’on ait jamais écrits.

La „Pax romana“

L’époque où Luc écrivait, c’était celle de l’Empire romain. L’empereur Auguste est mentionné par son nom dans l’histoire de Noël. Il est suivi de Tibère, Caligula, Claude, Néron, etc. Des historiens reconnus qualifièrent cette époque, 01220122121169-c2-photo-oYToxOntzOjU6ImNvbG9yIjtzOjU6IndoaXRlIjt9-fiche-jeux-pax-romana.jpgle temps des empereurs, comme les années les plus heureuses de Rome. En effet, l’Empire romain était alors à son apogée. Le peuple mangeait à sa faim. Celui qui se montrait efficace avait un travail et pouvait faire carrière. Les écoles fournissaient une bonne éducation. Des villes nouvelles sortaient de terre, on construisait des fabriques, des banques et des boutiques fleurissaient. La puissante armée romaine était partout présente et annexait régulièrement à l’Empire de nouveaux territoires et de nouveaux peuples.

Au-dessus de tout, l’empereur trônait à Rome, symbole d’unité et de paix. Du temps de Luc, on le qualifiait de Seigneur, de Sauveur, de Majesté suprême et de divin. Ce n’est pas seulement l’empereur qui portait ces qualificatifs, mais tout le système, l’État avec tout ce qu’il contrôlait brillait d’un éclat divin. Et celui qui osait s’opposer au système bravait le divin même.

Pour l’individu, cela signifiait qu’il devait s’adapter s’il voulait survivre. Il s’en tenait donc à certaines maximes, comme :

 - Aide-toi et le ciel t’aidera.

 - Chacun est son prochain le plus proche.

 - Qui paie commande.

 - Qui ne travaille pas n’a pas à manger.

 - Le droit est du côté du plus fort.

 - Qui veut la paix prépare la guerre.

 On a donné à cet empire le nom magnifique de „Pax romana“. La paix est l’ordre des riches, des puissants. Celui qui refusait de se soumettre à cet ordre était considéré comme traître à la patrie, il était incarcéré comme athée et même mis à mort.

L’Évangile subversif

 Sur un fond de Pax romana, l’Évangile de Luc résonne comme particulièrement courageux et même subversif. L’Évangile de Noël oppose une tout autre paix à la Pax romana:

- Ce n’est pas la paix d’une puissance militaire, mais celle de l’amour inconditionnel.

pax-christi.jpg- Ce n’est pas la paix d’une répression économique, mais celle d’un partenariat.

- Ce n’est pas la paix de la richesse et du luxe, mais celle de la solidarité et du partage.

- Ce n’est pas la paix du souverain, mais celle de la justice.

- Ce n’est pas la paix du commandement et de l’obéissance aveugle, mais celle de l’échange dans la discussion.

- Ce n’est pas l’empereur de Rome qui est le Sauveur et le Seigneur, mais...

L’Évangile de Noël transmettait à cette époque un message très dangereux. Il n’est donc pas étonnant que celui qui en était l’instigateur, Jésus de Nazareth, ait été exécuté comme fauteur de trouble à l’ordre public et que ses disciples aient été poursuivis.

Les chrétiens d’aujourd’hui devraient se poser la question de savoir de quel côté ils sont : du côté de la paix, du pouvoir et de la richesse ou alors de la paix signifiant la justice pour tous. Ceux et celles qui croient en Jésus-Christ  doivent se demander s’ils veulent sacrifier leur vie à Mammon et à leur carrière ou alors la laisser s’épanouir dans la miséricorde divine et accepter l’ impuissance  de l’amour.

Noël n’est pas synonyme de richesse ou croissance économique à tout prix, pas non plus de paix assurée militairement, mais bien de partage et d’engagement envers les nécessiteux et aussi de confiance mutuelle.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction Christiane Gaeumann

Avec l'aimable autorisation de l'auteur

 

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15/01/2014

Approche holistique: réminiscense

 

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(Denis Jeanclos)

Alors que s’intensifiait la prise de conscience de la maladie du système d’apartheid en Afrique du Sud ; alors que les actions pour se défaire de ce mal s’organisaient au niveau des petites gens en relations avec des gens d’églises tout azimuts, nous avons découvert ensemble l’approche holistique.

 

La mentalité occidentale est individualiste et le « Je » est important. La mentalité africaine est collective : le « Je existe dans le NOUS. »

 

 Les Européens, les sœurs, prêtres, etc sont autant de petits « Je » rassemblés en communautés qui restent parfois autant de « Je » juxtaposés qui hésitent à se toucher, à agir ensemble en publique.

 

Peu à peu des réseaux de coordination (Networking) furent créés. Ils réunissaient les individus autour d’un projet commun, dans notre cas : une société libérée des murs de l’apartheid. Agir ensemble hors des murs ecclésiaux ou communautaires exigea un travail, un vrai travail en profondeur et une audace parfois. C’est grâce aux relations avec le « NOUS » africain dans l’action nécessitant le vivre ensemble qu’une nouvelle identité s’est manifestée. J’en suis certaine.

 

 Et c’est ici que l’approche holistique (dont nous devions apprendre à connaître la théorie afin de la mettre efficacement en pratique) nous fut enseignée. Sur le tas comme on dit.

 

Je suis une partie du tout et c’est dans l’agir du tout que je me réalise en tant que moi ! D'où le nom que nous donne Desmond Tutu : UBUNTU : Je suis parce que tu es. Concrètement, à l’époque, c'était plus difficile à réaliser pour un blanc que pour un noir. Mais le projet commun pour déraciner l’apartheid nous « soudait » dans nos différences.

 

 L’approche holistique m’aidait à voir l’autre dans toute sa dimension humaine : corps, âme, esprit, intellect, cœur dans la dynamique de vie. Plus encore :  l’approche holistique m’aidait à découvrir le vécu de l’autre dans la complexité de son contexte de vie : un township, un squatter camp… la zone « Black only » sur l’immensité de la terre d’Afrique du sud. Notre pays commun ? Notre terre commune ?

 

 Je continuerai demain, ce retour en arrière, j'écris ceci en réfléchissant sur l'actualité … égyptienne, soudanaise, irakienne, bangladeshi, sir-lankaise… hondurienne, russe, helvète, roumaine, bulgare… les peuples de notre monde, nos frères, nos sœurs « que Dieu aime » a-t-on la prétention de dire ! Cela veut dire quoi ???

 

En contemplant Ban Ki-moon et John Kerry,  et celles et ceux qui veulent des milliards pour les victimes en Syrie… c'est bien ... et Davos qui invite ses fidèles économistes à se payer le privilège d’un séjour - de contacts s’il vous plaît – dans notre Suisse minuscule. C'est aussi bien ?

 

13/01/2014

Rencontre vivante aujourd'hui

 

Dimanche passé, les Sœurs de Menzingen (connues dans le monde anglophone sous le nom de Holy Cross Sisters) ont accueillie Sœur Telma Manicksnamparampil, en tant que supérieure générale des 15 provinces que compte la Congrégation dans 4 continents. Elle résidera en Suisse pour les années qui viennent et son mandat consiste à rassembler, visiter, évaluer, inimages.jpgspirer, bref à mettre à jour, selon moi, notre manière d’être et de faire comme le demande Evangelii Gaudium, et comme essaie de le faire le pape François, l’argentin. Sr Telma a été choisie lors d’une rencontre des responsables des 15 provinces sus mentionnées. Elle est originaire de l'Inde. Bravo. J’espère de tout mon cœur qu’elle nous surprendra avec autant d’enthousiasme, d’audace que le fait François de Rome, l'argentin.

 Aujourd’hui, une consœur de l’Inde du Nord s’envole pour Uttar Pradesh, Inde du Nord, plus précisément à Luknow, nous avons pris le temps d’une conversation musclée. J’aime ça, c’est peu dire car, des déléguées Holy Cross n’auraient pas lieu d’être si elles ne portaient pas en elles, les espérances, les souffrances, la volonté et les actions des populations au service desquelles elles sont. Le partage a pour but d’approfondir et de concrétiser la solidarité de façons correspondantes aux signes des temps, en général et en particulier.

À Lucknow (2 937 833  habitants » (Uttar Pradesh) la ville où se trouve la Maison centrale : les sœurs se réjouissent de son retour, elles l'attendent: elle doit leur apporter notre partage, notre solidarité renouvelées.

La plupart des sœurs travaillent en mission dans les zones rurales les plus défavorisées. Qui sont-ils, celles et ceux que l’on désigne comme « pauvres » ? Quel type de politique les gouverne?

Politiquement, « le parti des sans caste » (intouchables), le Bahujan Samaj Party, est principalement implanté en Uttar Pradesh. » La paix semble régner. Mais le mot « sécurité » si cher en Suisse, est une fantaisie dans la plupart des pays qui ont gardé leurs valeurs humaines. Un « truc » comme le NSA nous paraîtrait fantaisiste qui rend superflus les anges gardiens !

« L'Hindi est devenu la langue officielle de l'administration de l'état par le Uttar Pradesh Official Language Act de 1951. En 1989, un amendement de cet acte ajoutera le Ourdou comme autre langue native de l'état. (de Wikipedia)

Les religions : D'après le recensement de 2001, 80 % de la population est hindouïste alors que les musulmans représentent 18 % des habitants de l'Uttar Pradesh. Le reste est composé de sikhs, de bouddhistes, de chrétiens et de jaïns .  Le passé a connu des tensions et violences entre les hindouistes nationalistes et les musulmans et le danger de frictions est présent.

Actuellement, la paix semble régner : nos sœurs (catholiques) sont éducatrices, infirmières, engagées pour le bienfait du corps, ce qui est aussi la santé de l’âme, sans autres paroles que la présence humaine, elles œuvrent à promouvoir la dignité humaine de chacun. Sans oublier l'aspect collectif.

Sr M.C. me disait : « Nous allons là où on nous invite, nous sommes équipées de notre bonne volonté, de notre formation, de notre savoir. Nous sommes bien accueillies. Nous faisons bientôt l’expérience que nous avons tout à apprendre : au niveau des maladies et des soins des malades et des mourants, au niveau du vivre ensemble, au niveau de survivre avec le minimum… peu à peu, vivant, mangeant, travaillant, partageant le jour et la nuit avec eux, nous apportons notre aide en quasi connivence avec les pauvres ! L’eau est le plus grand besoin et le plus grand danger… abondante lors de la saison des moussons certes, mais rare est l’eau potable… ! Rendre accessible l’eau potable aux populations (du monde) en particuliers en Uttar Pradesh dépend d’une volonté politique !!!

800px-Public_transport_in_India.jpgJe jubilais en écoutant Sr M.C. qui part ce soir. Nous resterons en contact pour autant que l’électricité soit disponible là où elle se trouve. Internet existe déjà, mais pas partout et les informaticiens, bien que nombreux et experts en Inde, ne sont pas toujours là où on en a besoin! On se servira de Skype quand ce sera possible !

Les relations humaines font plus de bien que les relations virtuelles. Mon expérience est  que les relations virtuelles ont souvent, une âme et un cœur. Elles m'humanisent, m'instruisent, m'accompagnent.

Je me suis trop peu intéressées à l’Asie… il reste un peu de temps et je m’y emploie. La planète est si minuscule et si riche en êtres humains auxquels nous sommes unis.

 

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11/01/2014

Le Doigt de Dieu

 

Dieu nous pointe-t-il du doigt ?

 doigt-dieu-~-jpg.jpgQuand il nous arrive quelque chose de désagréable, nous nous demandons quelle leçon Dieu veut-il nous donner. Est-ce qu’il pointe son doigt sur nous ? Il y a des gens qui ont toujours cette impression :

 -   J’ai perdu quelqu’un de proche : Dieu pointe son doigt sur moi : tu aurais dû mieux l’entourer.

-   Aujourd’hui j’étais de mauvaise humeur toute la journée : la leçon de Dieu : tu devrais te coucher plus tôt le soir.

-   L’un de mes amis a été conduit à l’hôpital avec un infarctus : leçon de Dieu : c’est ce qu’on risque quand on ne respecte pas ses propres limites.

-   La promenade du soir dans la forêt me fait beaucoup de bien : leçon de Dieu : autorise-toi ces promenades.

-   Aujourd’hui j’ai évité d’un cheveu un sérieux accident de voiture. C’est Dieu qui m’avertit : faut-il que tu utilises la voiture pour un oui ou pour un non ?

 -   

On pourrait citer encore des tas d’exemples similaires. Faut-il y voir partout le doigt de Dieu ou une leçon de Dieu ? Regardons-y de plus près.

 Ce sont autant de réflexions qui auraient aussi pu facilement me venir à l’esprit. Elles n’affirment rien d’autre que ce que je savais depuis longtemps. Cela signifie donc que je projette sur Dieu ces ‚leçons’ que j’aurais aussi bien pu me donner directement sans son intermédiaire.

 Si j’examine ces ‚leçons’ de plus près, je m’aperçois qu’elles sont très ‚moralisatrices’. Mais cela signifie également : puisque que je projette sur Dieu ce ‚pointer du doigt’, je fais de lui un ,apôtre moralisateur’ qui me rappelle ce que je savais déjà:

-   que je devrais m’intéresser plus souvent aux autres

-   que je devrais mieux prendre soin de ma santé

-    que je devrais plus souvent renoncer à utiliser ma voiture pour chaque petit trajet

images.jpgQuand il nous arrive quelque chose, ce n’est donc pas Dieu qui nous donne une ‚leçon’?  En aucun cas dans le sens mentionné ci-dessus. Et Dieu ne pointe pas un doigt accusateur sur nous. Dans tout ce qui nous arrive, de positif ou de négatif, Dieu nous exprime : Je suis avec toi, avec vous. C’est le nom que je porte de toute éternité : Je suis celui qui est là. (Exode 3,14)

(Rodin)

Dieu ne donne pas de leçon. Dans tout ce qui m’arrive, mais vraiment tout, Dieu se rappelle à moi : Je veux que tu sois, que tu sois toi-même, je chemine avec toi.

Hermann-Josef Venetz

Traduction Christiane Gäumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

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10/01/2014

Jean-Marc Richard et François

images.jpgJ’écoute de temps en temps la Ligne de Cœur et je laisse tomber – à la même heure -  la BBCWorldHour.

Il y a deux soirs, une voix très aimable demande à Jean-Marc Richard s’il est d’accord qu’elle raconte un petit conte. Jean-Marc accepte. « Les trois mages étaient en chemin vers Bethléem en suivant leur étoile. Soudain, elle disparut et les trois : Gaspard d’ Asie, Melchior d’Europe Balthazar d’ Afrique, furent embarrassés dit-on. Gaspard et Melchior se mirent à rechercher la cause de la disparition et à calculer,  en faisant des dessins géométriques qu’elles seraient les possibilités du retour de l’étoile sur laquelle ils comptaient pour avancer. Mais l’Africain, Balthazar lui était préoccupé par les chameaux qui avaient soif. Il profita de l’arrêt pour aller chercher de l’eau

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dans un seau pour les désaltérer. Les chameaux étaient ravis et Balthazar se penchait avec eux vers l’eau et Ô merveille ! lumineuse au fond du seau d’eau claire, l’étoile les éclairait et voulait leur montrer la route à suivre. Chacun de nous pouvons tirer la conclusion du sage Africain, des chameaux de l’eau et de l’étoile.

 J’en ai rêvé, tellement ce songe est plein de sagesse et mène résolument vers Jésus si tu suis les poussières étoilées qui te montrent le chemin.

 

index.jpgJe crois que François, qui porte bien son nom pour un Jésuite, parle un langage que les gens simples comprennent et il ressemble parfois à cette étoile vacillante dans l’eau qui nous abreuve. Ainsi hier après avoir lu l’évangile de Jean en la chapelle Sainte Marthe Jean 4, 11-18

  (Sur lequel j’ai réfléchi dans mon billet-blog du soir) dit entre autres paroles bien plus simples et directes de celles que j’entends de nos prédicateurs, sorry c’est vrai pour moi, : «L'apôtre Jean nous dit tant de fois que nous devons demeurer dans le Seigneur. Et il nous dit également que le Seigneur demeure en nous ».  Mais c’est quoi cet amour qui demeure, se demande François, et de poursuivre : « ce n’est pas une forme de romantisme égoïste, mais c’est du concret et ça demande des sacrifices… et ce type d’amour n’est pas, encore typiquement François, ce n’est pas comme un feuilleton télévisé ou, plus actuel encore : un soap opéra. (Vatican City, Jan 9, 2014 / 07:32 am (CNA/EWTN News).)

 Décidément je me sens plus à l’aise avec le langage de François qu’avec celui de nos prédicateurs à longueur d’années monotones. François a simplement essayé d’expliquer la parole de l’apôtre Jean qui parlait du vrai amour concret que Dieu en nous aimerait vivre avec notre prochain tout pénible qu’il fut parfois ! Comment peux-tu dire que tu aimes Dieu, que tu ne vois pas  quand tu n’aimes pas ton prochain que tu vois? Dixit Jean et François.

 Ces paroles sont comme l’étoile au fond des seaux  où boivent les chameaux et moi.

09/01/2014

Il s’agit de Jésus, le fils de Joseph et notre frère

 

8299264087_beb20a342b.jpgÉvangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,14-22a

Aujourd’hui encore une fois, le texte de Saint Luc 4,14-22a fut lu dans les églises. Il s’agit du fils  de Joseph, le charpentier de Nazareth qui se rend à la synagogue comme nous nous rendons dans les lieux de cultes. Il n’est ni prêtre ni pasteur ni rabbin, mais comme Jésus est déjà connu dans la région, on lui présente le livre du prophète Isaïe et j’ai l’impression que les docteurs de la Loi l’attendent au contour. Jésus ouvre au passage d’Isaïe :

 « Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres,

et aux aveugles qu'ils verront la lumière,

apporter aux opprimés la libération,

annoncer une année de bienfaits… »

 Comme nous le faisions dans certains townships en Afrique du Sud, le lecteur de la synagogue pouvait, s’il le désirait, faire un commentaire. Jésus ne se perd pas en conjectures, il s’assit, il dit :

 « Vous avez entendu ? Ce qu’a dit Isaïe eh ! bien c’est en train de s’accomplir. »

 Albert Nolan emploie de terme anglais « contemporaneous » ce que j’essaie de traduire par « cela arrive au temps d’Isaïe comme, ou en même temps, en Palestine… partout dans le monde y compris en Suisse … » (en même temps ? Oui, si nous avons la foi en nous-mêmes in "Jesus before christianity").

 Ce qui s’accomplissait inquiétait justement les autorités religieuses et politiques :

8205715459_c66744022f.jpg Le petit peuple prenait conscience, en compagnie de Jésus, de sa dignité de fils et de filles de Dieu : les prisonniers des systèmes oppressifs commençaient à secouer leurs chaînes, à percevoir et voir la vérité, à se rendre compte de leur droit à la parole et aux revendications … bref à se défaire de leur paralysie, à se mettre debout, en tant que peuple égal à égal face à l’institution afin qu’advienne une société de justice et de paix, la famille de Dieu si on veut, ou encore le « royaume ». Une chimère ? une illusion ? une utopie ? Un rêve comme pour Martin Luther King, comme pour l’homme de la Mancha !

 Cette Bonne nouvelle selon Luc à laquelle nous avons dit « Amen » a-t-elle une intelligence, une pertinence dans notre monde d’aujourd’hui ? Dire « Amen » et rester les bras branlants, est-ce correspondre à notre « Amen » ?

 Des efforts courageux sont faits là où l'on ne le sait pas, où les journalistes sont absents, et c'est la « périphérie » prioritaire dans le vocabulaire de François, pape.

 Challenge : Notre réalité à la lumière de la Bonne Nouvelle:

 Menaces pour la stabilité des systèmes et de leurs gardiens, juifs ou romains ! Occidentaux ou orientaux.
Comme aujourd’hui en Corée du Nord 

en Russie et Sotchi, au Qatar

 Au Soudan

 L’Afrique centrale selon « La voix de l’Amérique »

 Au Bangladesh

 forum_23_dec_2011.jpgSans parler de ce qui se cache dans les cavernes, les sous-sols économiques et les temples au service de Mammon qui intéressent la NSA

 Et pour protéger ces temples, l'industrie de l'armement progresse et s’affine :

 Et l’étoile des Sages et toutes les étoiles de Noël dans nos rues ? Elles disent quoi ?

 Cela viendra demain peut-être...


 

06/01/2014

Le pape François : réflexion

 

 

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Porteurs de lumière

 Ces louanges des médias à la « personnalité de l’année », à « l’homme de l’année » - dans nos journaux romands aussi – m'inquiètent en ce qui concerne François. Les hosannas médiatisés à outrance .... c’est planétaire dit-on, et c’est comme si le Saint Esprit se mettait à twitter les promesses d’un monde nouveau... car c’est bien ce que nous souhaitons avec le plus de ferveur ! Un autre monde est possible a écrit Suzan George, et répète l'Attac (agir pour la justice sociale et l'écologie) et tant d'autres dans les pays les plus pauvres et les plus exploités, ceux de la périphérie justement ! Un mot qui revient sans cesse sur les lèvres de François.

 Que de hosannas pour le pape François ! (mis à part quelques critiques… et pourquoi pas ?) Mais il est bon d'être conscient que : Ce qui s’est passé au temps de Jésus se passe aujourd’hui, à Rome aussi …

 Comme l’homme de Nazareth, François parle le langage des petites gens, comme celui des riches… Son approche est chaleureuse, inconditionnelle, tendre pour les plus petits, les enfants, les défigurés, les personnes âgées,  les réfugiés et on l’accueille avec des cascades de hosannas dont les médias se font l’écho sur tous les continents et c’est bien…

 François est un prophète et son langage est prophétique comme le sont ses gestes… ses demandes, pour la construction d’une société humaine et juste sur les cendres du système capitaliste collectivement reconnu, combattu et graduellement muté en un « système » de partage de la terre, du travail, du pain ! Ce n’est pas trop demander, spécialement de celles et de ceux qui se disent « chrétiens » et qui promettent, à vie, de construire le royaume, comme les sœurs, les moines, les prêtres et le reste de ce qui est encore structuré en hiérarchie.

 Il est beau de voir François sous les projecteurs : mais n’est-ce pas autant de mises en scène si chacun ne retrousse pas ses manches afin de chercher et de s’engager dans une vie qui nous rend heureux, car simplifiée. Et c'est urgent, ne serait-ce que pour sauver de qui reste à sauver de la planère et de l'espèce humaine...

 Je prie pour qu’on écoute la Bonne Nouvelle de François, et qu’on essaie, communautairement de la mettre en pratique selon nos contextes. Aujourd’hui, je viens de lire la quinzaine de pages – pas encore traduites en français – des paroles prononcées lors de sa rencontre avec les « supérieurs majeurs » le 3 janvier à Rome. Si ce que dit candidement François à ces personnes d'autorité religieuse - qui n’est autre que le message de Jésus – avait été « permis » à leurs subordonnés, l’Église, les ordres et communautés religieuses, les paroisses, seraient comme autant de petites flammes s’allumant les une les autres. Aujourd'hui, du Moyen Orient au fond de l'Occident et de l'Est à l'Ouest !

 Je prie pour que François garde la force de s’attaquer sans trop tarder à ce qui sera périlleux peut-être, c'est changer les structures hiérarchiques, de la verticale à l’horizontale de la Curie romaine, de l’État du Vatican à une « Église pauvre pour les pauvres ».  Comment accomplir cette Mission ?

 Il y a 2000 ans Jésus et les petites communautés de base qui constituaient son mouvement, avaient toute la ferveur de son exemple et son Esprit ressuscité.

 Après les « hosannas, les tolles ». Comment dire... il me semble que ces deux exclamations sont pour François, comme pour nous tous, ce qui donne un sens à nos luttes pour un monde nouveau.

04/01/2014

Dieu l’esclave

 

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maximino cerezo barredo

 Dans les commentaires bibliques juifs, pour appuyer le propos de l’auteur on cite souvent un autre passage de la Bible.

 Dans l’un de ces commentaires on compare Dieu à un homme qui va acquérir un esclave. C’est ainsi que Dieu conquit le peuple d’Israël, comme Il dit dans le livre du Lévitique : c’est de moi que les Israélites sont esclaves (25,55). Mais au lieu qu’ils servent Dieu, c’est Dieu qui les sert. Bien des exemples le démontrent.

 - Chez les hommes, c’est l’esclave qui lave les pieds du maître, mais Dieu ne se comporte pas ainsi ; dans le livre d’Ézéchiel (16,9) Dieu dit à son peuple : je t’ai lavé dans l’eau.

 - Chez les hommes, c’est l’esclave qui habille le maître, mais Dieu ne se comporte pas ainsi ; dans le livre d’Ézéchiel (16,10) Dieu dit à son peuple : je t’ai habillé avec des vêtements brodés.

 - Chez les hommes, c’est l’esclave qui chausse le maître, mais Dieu ne se comporte pas ainsi ; dans le livre d’Ézéchiel (16,10) Dieu dit à son peuple :  ... je t’ai chaussé avec du cuir fin.

 - Chez les hommes, c’est l’esclave qui porte son maître, mais Dieu ne se comporte pas ainsi ; dans le livre de l’Exode (19,4) Dieu dit à son peuple : je vous ai portés sur des ailes d’aigle.

 - Chez les hommes, c’est le maître qui dort et l’esclave qui veille, mais Dieu ne se comporte pas ainsi ; le Psalmiste (121,4) chante : il ne somnole ni ne dort, le gardien d’Israël.

 Ne devrions-nous pas revoir notre relation à Dieu ?

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction: Christiane Gäumann

 Avec l'aimable autorisation de l'auteur

 

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02/01/2014

Vingt ans de lutte zapatiste

 1126_166164733560727_1807116918_n.jpgHier soir, la BBC a fait une courte émission à la « Newshour » et cela m’a fait penser à la lutte des Zapatistes au Mexique. Mon amie (dont je tairai le nom) et son groupe de solidarité, visite, encourage et soutient ce peuple courageux et intrépide qui, depuis 20 ans, veut se défaire de ses chaînes et retrouver sa dignité humaine.

Will Grant de la BBC, ... fait remarquer un trou laissé par un boulet au deuxième étage du Palais municipal de la cité San Cristonal de Las Casas, au sud du Mexique, le 31 décembre 1994. Le EZLN alias les Zapatistes ont voulu contrôler une partie du Chiapas. La réplique militaire fut immédiate et « la Loi et l’Ordre » furent rétablis par le truchement d’une négociation malaisée de la part de l’Eglise Catholique. (ainsi Will Grant).

 Les 6 demandes du mouvement zapatiste :

 La terre, une maison, la nourriture, la santé, l’éducation et le travail

marcos.jpg " selon El Tiempo, le journal de l’époque publié sous la direction de  Concepcion Villafuerte et de son mari. Concepcion affirme qu’aujourd’hui aucune des demandes n’a été accordée.  

 « Tous les Mexicains, surtout les plus pauvres, - et pas les Indiens seulement, dit encore Concepcion Villafuerte , attendent encore la justice, la liberté et la démocratie. »

 Mais les Zapatistes ont institué leurs municipalités autonomes et indépendantes des autorités locales sur des terres arrachées en 1990 à des grands propriétaires terriens.

Will Grant obtient la permission de se rendre à la municipalité zapatiste, Oventic, non loin de San Cristobal. Les habitants se méfient des étrangers. Filmer est interdit. Interviews quasi impossibles.  La collectivité est forcée de se protégée par le silence.

Mais il a vu la nouvelle école les murs décorés de graffiti à l’image de Che Guevara et du sous-commandant Marcos.

 clinica.jpgDes modestes cliniques et quelques vieilles ambulances ont été récupérées pour les urgences.

Des rôles de leadership et égaux avec les hommes sont assumés par les femmes ; les hommes travaillent  à la production de café, du maïs, du chilis, de haricots.  Ces produits sont pour les besoins de la population mais le surplus est vendu au Marché.

Les Zapatistes ne demandent pas l’aide du gouvernement et, généralement, celui-ci ne s’occupe pas d’eux.

coutumes d'Acteal.jpg

Will Grant et son équipe se rendent un peu plus à l’intérieur du territoire Chiapas. A Acteal, les habitants  sont groupés en un groupe indigène « Los Abejas » ayant leurs propres lois et droits.

L’autonomie a eu un coût : un passé douloureux, des personnes, femmes et enfants massacrés par l’invasion de paramilitaires !

Will Grant rencontre Elias Gomez dont 7 membres de sa famille furent tués. Elias accepte de parler  et il montre l’endroit des massacres que les habitants honorent par un mémorial érigé de leurs mains.

« Les Zapatistes demandent simplement un peu de justice et la justice n’existe pas au Mexique. Le gouvernement est sourd et ne veut ni entendre ni écouter. » (selon Gomez)

Aujourd'hui, l'Institutional Revolutionary Party (PRI) est davantage conscient des enjeux sociaux, selon le maire de San Cristobal, Francisco Martinez, qui fait remarquer les efforts de l’Etat envers les communautés indigènes. Et c’est bon signe.

Et Will Grant : « … nul ne peut contester - malgré la dureté de la révolution durant ces 20 dernières années – qu’une amélioration irréversible des relations entre les autorités (mexicaines) et les populations indigènes du Chiapas, est en route… »

Le signe est clair à l’entrée de Oventic : « Vous vous trouvez en territoire Zapatista en rebellion : ici les gens gouverne et le gouvernement doit obéir. »

La BBC et Will Grant mis à part en les remerciant du reportage, (et m'excusant de ma pauvre traduction) j’ai pensé que c’était une manière utile et pleine d’espérance que de publier cet aspect de gens qui vivent une autonomie durement conquise au début de l'année 2014 !

Les petites communautés de base éviteront la catastrophe planétaire. Le Chiapas est un exemple.

Visitons les « produits zapatistes »

Et voyons ce qui se passe au « Fil des Monde ».

Finalement, pour soulager Alain Berset de tous nos soucis de santé et de caisses maladie, disons lui, si nous osons, comme le font les Zapatistes :

« La Santé aux mains du peuple »

21:02 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0)