21/01/2014

La voix manquante des enfants à l'ONU:

 Ce 16 janvier 2014, à Genève, deux « poids lourds » du Vatican faisaient face aux experts du Comité des droits de l’enfant à l'Organisation des Nations Unies. Ils avaient pour fonction d’écouter les questions concernant les abus sexuels sur mineurs et, dans la mesure du possible, de répondre des scandales depuis trop longtemps dissimulés par les Institutions. Le Vatican est un des signataires de la Convention des droits de l’enfant adoptée et ratifiée en 1981 par 193 pays.

 Selon John L. Allen Jr du « National Catholic Reporter » « c’est peut-être la première fois que des autorités vaticanes paraissent en public sous les objectifs de « wecastworld » sans avoir pris part aux préparations de cette conversation ». . Et c’est bien ainsi.


 La conversation a fait le tour du monde, je l’ai vue au téléjournal de la Suisse alémanique le 16 janvier 2014.  Chacun y va de son commentaire (ou coup de gueule) : nos journaux régionaux, La Croix, le Monde, Guardian, Pravda and the rest ! Chaque évaluation en plus des faits, selon la ligne éditorialiste.

 Mais le blog édité par Gorgui Ndoye, et publié dans la Tribune de Genève donne la parole à François évêque de Rome et pape le matin même de cette rencontre à Genève au sujet des coupables et de toute « l’affaire » de pédophilie dans l’ÉgliseComment comprendre ce labgage dans une paroisse catholique catholique. François dit : qu’ils (les coupables) détiennent dans l’institution "une position dans l’Église, une position de pouvoir, aussi de commodité. Dans ces scandales, dans ces hommes et ces femmes, la parole de Dieu était rare… Tant de scandales que je ne veux pas mentionner individuellement, mais que tout le monde connaît!" .

 C'est l'introduction à la session de ONU, dans l’après-midi rapportée plus haut par John L. Allen.

 Mais, dans cette confrontation, la « présence des absents » : la voix des victimes en chair et en os n'était que chiffres et statistiques ! Abstractions.

 Barbara Blaine, présidente du réseau des victimes abusées par des prêtres (SNAP) avait dit  «Est-ce que les enfants (...) ont la possibilité d'être entendus, surtout s'il s'agit de victimes?... et encore  l'ONU devrait au moins exiger que les responsables des abus sexuels soient poursuivis en justice », a-t-elle dit… mais le « Saint-Siège a refusé de répondre à un questionnaire du Comité pour les droits de l'enfant de l'ONU concernant les dossiers de pédophilie dont cette congrégation a connaissance ajoutant ne pas être compétent, en tant que Saint-Siège, pour la collaboration entre les Églises et les justices nationales. »

Radio Vatican rapporte Mgr Tomasi « Elle (cette accusation) me semble être un peu privée de fondement (...) Le Saint-Siège soutient le droit et le devoir de chaque pays à juger les crimes contre les mineurs. La critique assurant qu'il cherche à interférer, à faire obstacle, ne tient pas. Au contraire, on veut qu'il y ait transparence et que la justice suive son cours », affirme Mgr Tomasi.

L’ambiguïté, pour un simple catholique, pour les parents de victimes, c’est d’entendre « Rome dit ne pas être légalement responsable des actes perpétrés dans les établissements déclarés catholiques. A chaque État de faire respecter la Convention des droits de l’enfant sur son territoire. Le Saint-Siège ne s’estime pas compétent pour les abus commis par des institutions particulières de l’Église, qui sont soumises aux législations nationales. » Comment comprendre ce langage dans une paroisse catholique? (sujet à débattre !!!)

De multiples enquêtes par de multiples Commissions instituées afin de découvrir la vérité dans une église cherchant instinctivement à protéger la façade institutionnelle et la société qui forme le contexte des uns et des autres !

Et les victimes ? : des enfants, des femmes qui, comme au temps de Jésus en Galilée, restent au bas de l’échelle sociale. Jésus avait été enfant, Il était lucide et engagé. Où en sont ses soit-disant « porte-parole » aujourd’hui ? Au Vatican ? A Santa Martha ? Dans les ramifications institutionnelles ? Où sont-ils ? Que font-ils ?

A la Synagogue, le lieu où il allait prier et enseigner, Jésus parlait en directe, il manquait de diplomatie, mais il disait la vérité… comme un enfant, le Fils de l’homme ! Saint Mathieu 18 : 5-8 : Jésus condamne radicalement celui/celle qui scandalise un enfant. L’Église a pour raison d’être, non seulement de prêcher, mais bien davantage de pratiquer ce qu’elle enseigne.

Jésus disait à ses disciples : « Il est inévitable que surviennent des scandales, des occasions de chute ; mais malheureux celui par qui cela arrive !

Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre et qu’on le précipite à la mer, plutôt qu’il ne soit une occasion de chute pour un seul des petits que voilà.

Prenez garde à vous-mêmes ! Si ton frère a commis un péché, fais-lui de vifs reproches, et, s’il se repent, pardonne-lui. Luc 17 : 1-3 »

Aujourd’hui, les enfants montrent à l'ONU, la vérité christique dans leur corps et leur âme souillés  par les viols de clérics. Tout comme les enfants syriens massacrés par les bombes le font à Montreux dès ce matin sous haute surveillance sécuritaire!

 L’enfant que j’étais juge l’adulte que je suis…

 Ma réflexion personnelle :

Suggérer une confession, une repentance des autorités, une demande de pardon ? C’est fait dit-on.

Plus concrètement :

 ·      Plus précisément : organiser une Commission de la Vérité et la réconciliation (CVR) comme l’ont fait Mandela et Desmond Tutu : En public, les coupables et les victimes se rencontrent ; les coupables reconnaissent et confessent leurs crimes face aux victimes, les coupables, autorités y comprises, implorent le pardon des victimes… La suite est à voir ! Ce fut fait en Afrique du Sud. Et les crimes de l'apartheid ont des similarités frappantes avec ceux de la pédophilie ! Alors ?

 ·      Inventer une nouvelle formation des apôtres et des disciples de Jésus (hommes et femmes) comme Jésus l’a fait : l’évangile est transparent à ce sujet , les Actes des Apôtres montrent les premières communautés de base, les lettres de Saint Paul montrent les « églises en devenir » ! Pourquoi ne pas s'inspirer de nos racines comme essaye de le faire le pape François. Et comme tant d'autres l'ont déjé proposé :

 Jésus avant le Christianisme : l’Évangile de la libération Albert Nolan

C'est ainsi que l'Eglise a commencé : regard sur le Nouveau Testamentde Hermann-Josef Venetz

 The Church Before Christianity Paperback by Wes Howard-Brook (Author) préface d’Albert Nolan

 Mais c’est à nous de réfléchir, d’analyser, d’assumer la réalité et d’inventer avec Jésus une manière de vivre tout simplement humaine ! Cela commence par le respect de la dignité de l’enfant.

21:38 Publié dans Église(s) | Lien permanent | Commentaires (0)

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