30/11/2013

Stand up and be counted

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Le figuier stérile et François

 «Une pensée faible, une pensée uniforme, une pensée prêt-à-porter».

 « Je ne veux pas de télévision, car je veux penser par moi-même »  c’était la réponse de Gilbert Salem lors d’une interview à la Radio il y a bien des années.

 François, pape, disait hier matin à Sainte Marthe : «Une pensée faible, une pensée uniforme, une pensée prêt-à-porter s’infiltre toujours davantage ! »

 Et François, comme un bon journaliste met cette Joyeuse Nouvelle – aussi vieille que le figuier – en situation : c’est-à-dire dans notre contexte d’aujourd’hui. Essayons de comprendre «ce que signifie ce qui arrive à présent» et, en nous donnant le temps de réfléchir par nous-mêmes, librement, nous pouvons identifier les « signes des temps » !

 Mais l’esprit du monde nous guette et « ne veut pas que nous soyons « un peuple, mais une masse sans pensée, sans liberté », il ne veut pas que nous soyons une personne avec un nom, mais un chiffre et une statistique en tant qu’objet!  Et cela nous pousse sur une route « d’uniformité » par les manipulations mensongères de la publicité dont nous sommes bombardés. Par exemple : toujours plus riche, plus confortable, plus malin ... plus beaux… plus de mobilité, plus de crédits… et toujours plus « suisse » plus « catholique » plus gruyériens, plus zougois, plus sécurisés… plus économiquement rusés et roublards, plus politiquement (selon les gouvernements et partis) impudents (voir UDC et ses posters) plus désarçonnés me semble-t-il en écoutant la radio !

 Ainsi le dialogue, le partage, la méthode dialectique tournent au combat, au dialogue de sourd où seule compte l’idée – unique -  que l’on veut imposer et pas discuter! Car la «la tendance à l’uniformité nous pousse sur la route paresseuse de «la pensée uniforme, la pensée égale, la pensée faible»; une pensée hélas «tellement répandue».

 « Stand and be counted » disions-nous au temps d’une noble lutte contre l’injustice raciale ! Le courage pour ramer à contre-courant de «la pensée uniforme, la pensée égale, la pensée faible et hélas tellement répandue» se paye cher comme l'a dit et vécu Dietrich Bonhoeffer!

 Mais «l’esprit du monde » - capitaliste et bourgeois – « ne veut pas que nous nous demandions devant Dieu : mais pourquoi ? … et pour nous distraire des questions essentielles, il nous propose une pensée prêt-à-porter, selon nos goûts: je pense comme j’en ai envie».

 Bien sûr, dit François «Tout seuls nous ne pouvons pas tout faire: nous avons besoin de l’aide du Seigneur, nous avons besoin de l’Esprit Saint pour comprendre les signes des temps».

 C'était quelques bribes des mots de François hier pour commenter Luc 21 : 29 – 33 à la chapelle Sainte Marthe : il s’agit du figuier et des autres arbres, mais lisez !

Je vous donne le lien :

 Cependant, si j’étais vraiment disciple de Jésus, je n’aurais pas besoin des réflexions si pertinentes de François, il me suffirait d’ouvrir ce petit livre « L’Évangile de la Joie » et d’y trouver par exemple :

 Jésus de Nazareth qui a l’audace du « Stand up and be counted » en affirmant face à la Torah et aux Docteurs de la Loi:

 Mt 5,21 « Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre ; celui qui commettra un meurtre en répondra au tribunal... Et moi, je vous le dis ... Ainsi tout au long de Mathieu chapitre 5

 Jésus a affirmé cela dans la réalité de son temps et François le dit à sa manière dans notre actualité mondiale.

 Cela ne m’étonne pas qu’il demande sans cesse : « priez pour moi ! »

 

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 D'accord!

16:06 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

28/11/2013

Evangelii Gaudiens 2

 

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crédit:
 maximino cerezo barredo

Je n’aimerais pas m’arrêter trop longtemps sur « la Lettre d’Exhortation » de François (évêque de Rome et pape) même si elle contient pour les « hommes de bonne volonté » une reconnaissance de leur engagement  et de leurs luttes pour construire une société juste. Et un encouragement, un défi à relever chaque jour. Et c'est ma motivation pour revenir encore une fois sur le même sujet.

 Les prophètes tous azimut, Jésus, paysan et juif, est lui-même en sa personne, en son esprit : cette Joyeuse nouvelle pour notre société actuelle. Il en est mort. Mais nous savons que son Esprit est bien vivant.

 Ceux et celles marginalisés, condamnés, bannis, parce qu'ils luttaient pour la justice, sont celles et ceux qui, aujourd’hui, reçoivent la reconnaissance, l’encouragement de François. C’est aussi un élan nouveau qu’il faut saisir car les signes des temps sont clairs et le temps presse. Et l'avenir, nul ne peut le nier, est incertain.

 Un signe des temps que François mentionne est le « capitalisme débridé : « une nouvelle tyrannie », une « économie de l'exclusion », un « marché divinisé ».

 Pour illustrer mon propos à partir de notre actualité suisse : pourquoi « ridiculiser » les jeunes socialistes qui préconisaient le salaire équitable 1-12, initiative refusé par le peuple (mais de loin pas pas tous les citoyens) ? Pourquoi cette campagne contre la proposition d’un salaire minimum de 4000.- avec des arguments biaisés en faveur d’une économie qu’il faut maintenir prospère ?

 Et François avertit que ces arguments en faveur d’un « libre marché »  signifient plutôt ... « une confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique et dans les mécanismes sacralisés du système économique dominant. » 

 Ainsi, chez nous aussi, c’est l’avancée d’un système inégalitaire où les exclus, pire que les exploités, deviennent des « déchets ». Des exemples ne manquent pas... même chez nous.

 « Mais l’Église aussi, souligne le Pape, doit profondément se rénover et reprendre contact avec la réalité sociale, notamment la hiérarchie du Vatican. »

L’Église : c’est aussi les paroisses, les ordres religieux et ecclésiastiques, les multiples groupes qui parfois se « font des sous en défendant la cause des pauvres »; idem pour certaines Organisations non gouvernementales; idem et triste et terriblement ambigus, des fonctionnaires politiques, médicaux, sociaux ne sont pas à l’abri du syndrome de l’accumulation de biens.

 LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE. Oscar Fortin

 Beaucoup de politiciens, de banquiers, d’hommes/de femmes d’affaires sont absolument honnêtes dans l’accomplissement de leur devoir de fonction, mais cela signifie que nul ne peut se passer d’analyser le système dans lequel il/elle se trouve, le système ecclésiastique y compris.

26/11/2013

"Evangelii Gaudium"

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Il y a bientôt 50 ans Martin Luther King avait dit « I have a dream »

 Nous l'avons répété « I have a dream », parfois seul comme une mantradans la nuit de tous les dangers, et tant de fois en Choeur(s) sur les places publiques, devant la maison du Parlement du Cap... à la porte des prisons...

La vie n'est-elle pas une succession de rêves qui mutent en réalités inachevées ? Comme Martin Luther King, comme Mandela ?

François, évêque de Rome (et pape) ne cesse de répéter et de supplier les milliers de gens qu'ils rencontrent : « We have a dream... »... comme une mantra .... et qu'importe le rêve muté ! La surprise de la famille de Dieu en germe... on verra bien !

Mais aujourd'hui, François publie sa lettre à tous, annoncée par les médias internationaux, "Evangelii Gaudium" « La Joie de l’Évangile » : des lumières s'allument par milliers dans les cœurs. Le mien itou !

On a eu que trop souvent à faire à des autorités « éteignoirs de bougies » à des freins briseurs d'élans, rongeurs d'énergie et j'en passe beaucoup !

On a pris des risques, avançant ensemble en groupes parfois dispersés ; face à certaines institutions : dans des rapports de force inégaux. Quand même.

 Et on se sent soudain béatement sourire, un sourire de gratitude alors que se déploient des ailes faites pour voler, que s'ouvrent une intelligence faite pour réfléchir, que s'enflamme le cœur fait pour aimer tout simplement ! J'exprime l'euphorie du moment sans honte, elle est collective... et je me permets de citer ces quelques lignes de la  : lettre publiée le 24 novembre 2013 : "Evangelii Gaudium" !

 « Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. »

 « Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mc 6, 37).

 Et que m'importe que François n'aie pas – dans sa lettre - cautionné la prêtrise des femmes et qu'il ne cautionne pas l'interruption volontaire de grossesse...

 Donnons à François le temps d'avancer au rythme de l'escargot. Il porte une lourde coupole sur son dos... le temps viendra de secouer ce fardeau et c'est dans l'évangile lu dans les églises aujourd'hui même : saint Luc 21,5-11.Merci, cher François !

 

22:15 Publié dans Église(s) | Lien permanent | Commentaires (0)

25/11/2013

Le Jura ce lundi 25 novembre 2013

 

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« Si l'avenir était certain, il n'existerait pas et nous serions figés dans une terrifiant présent. »*

 Au lendemain de la votation de hier : nous pouvons être sûr que l'avenir existe car rien n'est certain ni définitif lorsque des Jurassiens refusent la main tendue, ne serait-ce que pour discuter. Les Jurassiens du Nord, ni ceux du Sud ne peuvent rester « figés » dans un malheureux – mais non terrifiant – présent.

La campagne, comme j'ai pu le ressentir, n'annonçait rien de positif, mais il fallait aller jusqu'au bout de l'initiative et voter.

Dans le contexte socio-politique mondial, nous paraissons une minuscule région : le Jura nord et sud tout à la fois. C'est important quand même puisque cela touche des gens, des frère et sœurs.

On ne voulait pas tout refaire « à neuf », comme un « fix-fertig » prêt à porter ! C'était simplement un invitation, soigneusement mûrie, à discuter, à dialoguer... pour construire ensemble ce qui reste inachevé.

Et une idée m'est passée par la tête : Et si la population du Jura sud avait pris l'initiative de tendre la main aux Jurassiens du Jura nord, cela aurait-il fait la différence ?

Si le Jura sud avait dit : nos sensibilités culturelles, nos droits linguistiques souffrent parfois du fait que nous sommes minoritaires dans le Canton de Berne ... pour quoi ne pas parler entre nous, éventuellement « institutionnellement », ne serait-ce que par solidarité ? Le fait que nous sommes avantagés (peut-être) économiquement dans le Canton de Berne, nous empêche-t-il d'envisager d'avancer les uns vers le autres et finalement tous ensemble vers un monde plus juste, cela vaut la peine d'en parler.

Nos compatriotes suisses alémaniques savent que nous sommes bilingues... et que tous désirent se parler, même se disputer et enfin ... se comprendre !

J'ai entendu quelque part : « Die Grenze deiner Sprache ist die Grenze deiner Welt ! » « La frontière de ta langue est la frontière de ton monde ». C'est vrai qu'il est plus facile de renverser les frontières géographiques que les frontières qui polluent nos têtes et nos cœurs !

On peut se réjouir que « l'avenir soit incertain pour tous », y compris pour les Jurassiennes et les Jurassiens, ainsi nous savons que « nous ne sommes pas figés dans un présent » - malheureux – et que l'avenir existe ! Quelle belle perspective !

*Phrase prise avec reconnaissance dans un blog du TdG.

21:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

23/11/2013

Prière du soir: veillée des multiples votations

 

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Jura – Jura bernois : réunifiés dans un nouveau canton

 

 Jura – Jura bernois : réunifiés dans un nouveau canton

Oui, la république et canton du Jura n’a pas assez d’habitants, pas assez d’étendue pour établir, entretenir un gouvernement selon les normes des autres cantons.  Les infrastructures et la logistique pour faire tourner un gouvernement au service de quelque septante milles habitants coûtent cher et les impôts sont lourds.

 

C’est aussi un jeune canton amputé d’une partie de la population jurassienne de

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langue française se trouvant au Jura sud, donc dans le canton de Berne. Beaucoup d’entre eux sont sans doute bien intégrés, et depuis longtemps dans cette région germanophone. Dire Oui à la réunification du Jura impliquera l'intégration de nombreux Jurassiens alémaniques dans la zone de langue française. C’est donc avec hésitation qu’ils accepteront la main tendue des Jurassiens du nord.

 

Selon l’historique : en 1815 au moins : Napoléon Bonaparte  remet le Jura au Canton de Berne… mais les Jurassiens gardent soigneusement la langue française. Ma mère étant française et notre ferme se trouvant à 30 minutes à peine (en voiture) de la France, c’est claire qu’on se sent davantage français que bernois sauf pour papa qui lui, est suisse pure sucre pour ce qui concerne la politique et sans frontières pour ce qui concerne l’amour.

 

Je comprends bien la nécessité et l’opportunité d’avancer voir de terminer la construction de notre république jurassienne : le résultats des urnes, montrera où nous en sommes du chemin parcouru et ce qui reste à faire…

 

Visionnant Infrarouge :débat du 5 novembre 2013  au sujet de ce référendum, on reste sur sa faim : quelle est la motivation profonde qui pousse à de la réunification en un nouveau canton ?

 

Il me semble que le plus important serait de garder et de faire grandir la valeur unique mais pas exclusive, à notre petit Jura, et c’est l’âme jurassienne qui n’a pas de frontières

 

Enfants, nous chantions :

 

Mon vallon s’ouvre comme un nid -
Devant le ciel de mon pays -
Les maisons blanches du village
Semblent rire dans le feuillage.

Écoute - Écoute

 

L’âme du Jura

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Elle est là

 

Elle est là

 

L’âme de mon pays…

 

21/11/2013

suite à la journée mondiale des Toilettes

 L'Harmattan sans nous avertir a publié, des pages de mon livre «  Histoire inavouée de l’Apartheid » dans google me semble-t-il. Les pages 166 et 166 et d'autres, manquent.

Suite au texte sur la Journée du 19 novembre 2013: « Journée mondiale des toilettes » j’ajoute aujourd’hui l’histoire de « Zurich alias Sewerage » tirée des deux pages manquantes.

« C’était à Indwe (Une autre histoire d'Indwe se trouve aussi inachevée sur l’accueil du blog)

Je collaborais avec des missionnaires de Regensburg sur l’élaboration d’une nouvelle méthode d’enseignement « catéchétique » à Indwe. La maison des 3 sœurs au service de la population était dans la ville « zone blanche » et à l’époque les toilettes étaient installées à l’extérieur, dans un coin du jardin, et consistaient en un seau municipal numéroté couvert d’un planche de bois. Ni les noirs ni les coloreds n’avaient ce luxe… Mais nous : si !

Les noirs étaient logés dans leur « township dortoir » et personne ne savait exactement où habitaient les Métis ou Coloreds. Une sorte d’abri, sur le terrain de la Mission leur était réservé comme école (non obligatoire) : quelques planches équilibrées sur des planches, la terre battue sous les pieds nus, une tôle ondulée sur la tête, sans porte … c’est là que le prêtre (évêque plus tard et décédé aujourd’hui) m’a demandé d’aller « jeter un coup d’œil »… je saute des pages et en arrive aux toilettes ! Et ses mystères !

Ma chambre dans la maison des sœurs, étant de plain-pied, je n’osais dormir la fenêtre ouverte de peur des chats et des chiens errants. Mais il arrivait que j’aille regarder les étoiles…Au fils des nuits, je me rendis compte d’un bruit insolite tout proche qui me réveillait deux, trois fois par semaine vers deux heures du matin. Les roues à vieux pneus d’une charrette, un pas de course,, des seaux pris et remplacés, quelques jurons d’adultes commandant l’opération, la petite barrière refermée et ça repartait dans la nuit. Pour en voir le cœur net, je veillai une nuit jusqu’à l’approche du bruit pour voir à travers une espèce de rideau des enfants et un ou deux hommes. La silhouette des enfants ressemblait au petits métis du « caté que je rencontrais à l’abri ». Ils arrivaient, tirant la charette en courant, ils remplaçaient le seau et repartaient au galop !

C’est que je ne m’étais jamais demandé qui vidait le contenu des WC des Sœurs.. Je commençais à comprendre l’odeur des enfants…elle avait pour origine le fond du jardin des Sœurs et des autres Blancs. La nausée me prit.

Bonjour Zurich 

Rencontrant les enfants, je dis : « Je peux vous amener un jour dans la camionnette ? » Petit problème, hésitation que je compris plus tard. Je m’en voulus de mon indiscrétion. J’eus honte… mais ils dirent quand même en afrikaans (la seule langue au service des Afrikaners) « Ons gaan met, suster. Komm maar ! » (« Allons-y, ma sœur. On y va »). C’était à trois kilomètres de Indwe, la ville blanche… Un escarpement, une rivière desséchée où traînaient des filets d’eau boueuse … et, creusées dans les roches de la pente, je vis avec horreur des semblants de huttes et de caves : les maisons des enfants entourées de charrettes qui venaient, la nuit, nettoyer la ville blanche. Le contenu des seaux était versé en bas la pente, vers la rivière d’où l’odeur permanente se répandait. Là se trouvaient les égouts et le dépotoir que les enfants avaient justement nommés «sewerage », et j’étais encore assez européenne pour avoir entendu « Zurich ».

jesus-desert.jpgBonjour Zurich ! Le système socio-économique sud-africain avait donc inventé ça : non-blancs, égouts, ordures, tout au même tas ! Accessoirement pour nettoyer nos toilettes !

Quand j’essayai d’en parler aux deux consœurs et au Père supérieure, on me conseilla de ne pas me mêler de ces affaires-là… les métis n’étaient, de toutes façons, pas destinées à rester dans cette zone exclusivement noire-blanche.

(Histoire inavouée de l’Apartheid, Harmattan, 1995)

20/11/2013

Journée mondiale des toilettes

 

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En 2001, l'Organisation mondiale des Toilettes déclare le jour de sa création, le 19 novembre comme la Journée mondiale des Toilettes

 Qui de nous n’a jamais ressenti ce feeling d’urgence ? Trouver des toilettes le plus proche possible. J’ai connu cette urgence dans certaines Missions d’Afrique éloignées des régions urbaines bien que, pour les pauvres, la sanitation, les égouts, l’eau potable est au niveau de celles et de ceux qui peuvent débourser.  Si les écriteaux paralysants de WC for whites only and WC for blacks only, n’existent plus, à ma connaissance,  ce qui donne droit à cette facilité de base dépend de ce qu’on peut payer en Afrique post apartheid et chez nous, parfois aussi.

 En Zambie, au Lesotho, pas de séparation de race ou de classe – sauf s’il s’agit de tourisme – les toilettes « fait maison » ou flush toilets, sont accessibles, mais l’eau est rare et parfois absente pour ce besoin, l'eau devient alors « secondaire ».

 

« Les toilettes sont un luxe dans une grande partie du monde. »Pus de 2,4 milliards de personnes n'ont pas accès à des latrines dans le monde .  Selon Actualités Internationales

 « …Ban Ki Moon a appelé les uns et les autres à engager une discussion ouverte 2716594-1036898164-l.gifet franche sur l'importance des toilettes et de l'assainissement. L'objectif est d'améliorer la vie et les conditions sanitaires d'un tiers de l'humanité … la célébration de la journée mondiale des toilettes est censée inciter à un changement de comportements et de politique sur des questions allant du renforcement de la gestion de l'eau à la lutte contre la défécation à l'air libre… »

 

Pour l'action : un séjour de quelques années dans un pays ex-colonisés suffit à faire prendre conscience que « des toilettes pour les uns sans des toilettes pour tous » signifie « rester en santé pour les uns et tomber malades » pour les autres. D’où l’importance d’une journée mondiale des WC.

 

latrine-togo.jpgC’est pourquoi des personnes s’engagent dans l’éducation par la construction de latrines. Comme mon amie jurassienne, Laurence Frésard et ses collègues au  Togo qu’elle connaît bien et qu’elle fait connaître… voir le site.

 

Faute de toilettes, on se soulage où on peut surtout lorsqu’on est enfant, infirme, âgée. Conséquences, l’eau est polluée et les « maladies parasitaires et diarrhéiques » se répandent et les gens meurent.

 En 1991,  Laurence met en pratique sa petite idée sur place : se joindre à ce qui se fait déjà localement et soutenir la construction de latrines… « à Sokodé, Togo. Le projet démarre en 1991.. Aujourd’hui, il est étendu à toute la ville grâce à l’ONG locale N’Kotchoyem ( Ne reste pas les bras croisés ), dont Roger Tchédré, l’ami de confiance, est le responsable. Avec son équipe, il construit »

 Laurence et son ami sont venus me voir en Gruyère il y a quelque temps de cela et nous avons parlé d’un intérêt commun : Les besoins des gens, notamment au Togo, et la construction de latrines.

 accueil.pngVingt 20 latrines sont construites par an. par an apparaissent. Chaque latrine coûte 760 francs suisses.
La recherche de fonds  a permis la construction de 300 latrines à ce jour. L’Association a été fondée afin de consolider et la coopération avec N’Kotchoyem ou , Ne restons pas les bras

 Ma réflexion : les famillestogolaises sont fières d’avoir leur latrine… et nous savons qu’en Afrique le terme « famille » comprend un nombre illimité de gens en besoin de se soulager.

 Ma conclusion : Nous allons régulièrement aux toilettes et dire une petite prière de reconnaissance pour les WC est un hommage à notre dignité humaine.

 

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17/11/2013

Doris Lessing

 Hamba kahle! Old Friend, Stay well !

 Pour Doris Lessing

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« Elle est partie en paix, à son domicile de Londres, tôt ce matin", a déclaré son agent et ami Jonathan Clowes. Cela ne m’étonne pas qu’elle s’est envolée à l’aurore !

Télépathie ou non, je pressentais son départ. Hamba kahle! Old Friend, Stay well !

J’avais l’impression de connaître la pensée de Doris Lessing mieux que la mienne tant ses livres m’ont ouvert les yeux, elle parlait sans détour de la réalité de l’Afrique, de la Rhodésie du Nord devenu le Zimbabwe, de la discrimination raciale des origines… un chemin long, tortueux, sanglant trop souvent jusqu’au moment de la victoire en 1980 et de l’actualité douloureuse du peuple, le plus noble que j’ai connu. Doris aimait les petites gens, elle leur fut unie et meurt aujourd’hui emportant dans son cœur l’espérance d’un avenir digne de l’âme africaine !

Elle a connu l’Afrique du Sud et elle a analysé les racines de l’apartheid et les blessures qui ont marqué les peuples d’Afrique australe ! Comment cela ? Je suis convaincue que la terre africaine, le psyché de l’Afrique ne seront jamais complètement vendus au néo capitalisme occidental ! Nous somme créés pour le partage et le dialogue ! Doris Lessing le savait dès sa naissance et elle en devint de plus en plus profondément consciente, sa conscience de la justice et de l’être africain qu’elle emporte avec elle…ou qu’elle lègue ! Alors qu’elle se trouve « Hors – Espace – Temps » .

Ce soir, je dédie ce petit billet à Doris Lessing, cette grande et noble dame de la littérature anglaise ! Cette intelligence aiguisée et ce cœur sans frontières. La bougie a brûlé jusqu’au bout… sa lumière, sa chaleur aux senteurs de » l’Herbe qui chante » restent avec l’Afrique, avec les Africains, avec nous… Encore une fois, Hamba kahle!!

16/11/2013

Le lépreux, le loup, François et nous

 Prendre conscience que c’est par nos imperfections, et non pars nos perfections franco10_s.jpgque nous nous rapprochons de Dieu ? Cela nous concerne et nous donne du courage. Nous avons tous la même chance et le terrain de la « comédie humaine » est le même pour tous. Vaines sont les prétentions et vains sont les dénis. Ancrés dans notre être profond : le lépreux et le loup nous narguent et nous effrayent. En termes franciscains : le lépreux et le loup sont nos imperfections

François déclare que le jour de sa conversion fut lorsqu’il embrassa le lépreux aux environs d’Assise. Plus tard, François se trouva, à Gubbio, face au loup ravageur. Ces deux faits sont historiques, mais avant tout, cette conversion et cet apprivoisement ont dû transformer l’âme du poverello.

Notre vie intérieure, notre vie émotionnelle, notre vie de prière sont les premiers champs de bataille, c’est comme un « training field » en vue des luttes dans un monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. Et notre faiblesse nous effraye.

Car c’est en nous – aussi - qu’habitent le lépreux et le loup.

Si, dans notre actualité proche et lointaine,  nous n’avons jamais eu le courage d’embrasser  les lépreux  et apprivoiser des loups, c’est peut-être parce que nous n’avons pas encore reconnu, ni accepté notre propre lèpre ni le loup féroce en chacun de nous. Ils sont toujours là, sous une forme ou sous une autre en attente d’être apprivoisés et pardonnés.

Sr Claire-Marie, inspirée par Richard Rohr dont voici l’adresse :

Center for Action and Contemplation cac@cacradicalgrace.ccsend.com  

 https://cac.org/sign-up

On peut s’abonner à ses très courtes pensées quotidiennes. CM.

Je publie le texte original de Richard Rohr, cliquez sur « Katutura English » à la page accueil du blog.

(En connivence avec Richard Rohr)

14/11/2013

Prière du soir

 

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Nous restons responsables de notre regard (Des gens très bien, Alexandre Jardin, détails sur mon texte précédent).

 L’effort poignant d’Alexandre Jardin pour dire la vérité sur les ombres du clan des « Jardin » grandit cet écrivain à mes yeux. Il refuse de vivre plus longtemps dans le tissu de mensonges claniques et il en souffre, car il s’agit de son clan, de son père ! Et le sentiment de « trahison » le tourmente : il est membre du clan. Mais il est aussi lui-même responsable de son regard.

 Ainsi pour nous, pour chacun de nous, en Église, en société, en politique, en fonction…

 Comme notre pape François doit souffrir de parler publiquement et sincèrement VRAI en étant pleinement conscient des ombres de l’institution !

 Comme une personne qui prend conscience de ses erreurs, les reconnaît, les nomme et demande pardon… que d'exemples à ce propos !

 Comme un politicien en Suisse et/ou à l’étranger qui avouerait la motivation de ses promesses durant sa campagne électorale… et ne les remplit naturellement pas !

 Et certainement qu’il a fallu un courage extraordinaire à Assange, à Snowden, et à d’autres, pour publier l’insaisissable perversité des systèmes politiques qui soupçonnent tout le monde, sauf eux-mêmes ! Ces « whistleblowers » savaient très bien que les Systèmes ne pardonnent pas.

 Infrarouge de mardi soir à montré le face à face de Regli et Sommaruga : à nous de réfléchir et de discerner où la recherche et la publication de la vérité nous conduisent. Que nous soyons pour l’obéissance aveugle prôné par Regli ou pour la réflexion de Sommaruga : « Nous restons responsables de notre regard ».

 


 

Et Jésus n’a-t-il pas dit : La vérité vous rendra libres Jean 8 :31

12/11/2013

Noeud de contradictions: je suis responsable de mon regard

 

Décroissance_pour_notre_salut.jpgLa semaine passé, le petit texte au sujet des conditions de travail chez Amazon (inspiré d’un article au Monde Diplomatique de novembre) a permis (pour moi) une prise de conscience de la culture « du bon marché et du superflu » ! Et de l’infrastructure nécessaire pour satisfaire les clients en attente. La réalité est complexe pour les « ouvriers-esclaves » car il y va de leur travail et du pain quotidien.

La complexité reste le nœud de la réflexion au sujet de « la Décroissance »: freiner l’envie de choses vite faites, bon marchés et jetables comme nous pouvons le lire dans le Numéro de novembre 2013 « MOINS » le Journal romand d’écologie politique » n'enlève rien au problème.  L’excellent bi-mestriel veut simplement nous aider à prendre conscience que notre survie et celle de la planète dépend d’un système nouveau de partage et de justice. Comment ? En revenant à l’essentiel : notre dignité d’hommes et de femmes !

Le nœud est que, consommant moins, le surplus de « choses - junk »  crée le superflu de choses, et cela se répercute sur les ouvriers ... de la force de travail est limée par es licenciements, donc  le chômage, et ses séquelles, la faim, les maladies, la mort prématurée.

Cela paraît un cercle vicieux. Mais la crise (au sein du système d'acier) est comme une pandémie et les premières victimes sont justement les plus pauvres qui perdent encore le peu qu’ils ont pour vivre. On le voit en Europe et on s’étonne parfois ( !) et on oublie les gens tiers-monde et du quart-monde qui subsistent avec les miettes qui tombent de la table des riches frileux de voir leur richesses diminuer !

Comment accepter l’état de « transition » ? Nombreuses sont les réflexions à ce sujet… mais le système capitaliste reste enraciné en Occident, mais pas seulement en Occident...

Alors nous devons, comme le dit Alexandre Jardin : «  Nous restons responsables de notre regard… Mûrir, c’est accepter de vivre dans l’étau de nos contradictions » ( Des gens très bien, Grasset, pg 29 et 30)

Dans cet « étau de contradictions », le peuple est invité à « choisir » certaines propositions : chez nous par exemple l’initiative de 1 à 12 et d’autres ce 24 Penser_un_autre_monde.jpgnovembre 2013. Les avis du Conseil fédéral diffèrent des initiants alors que les deux ont du vrai et du moins vrai ! Mon choix est fait entre ces apparentes contradictions : j’ai voté oui à l’initiative 1 à 12. Pour la simple raison que « nous sommes responsables de notre regard » : L’énergie nécessaire à un balayeur de rue est-elle moindre que celle nécessaire à un fonctionnaire de haut niveau ? Le coût du morceau de pain est le même pour les deux. Poursuivre la comparaison est ridicule, cependant la valeur essentielle reste : la vie, la dignité dans l’honnêteté. Des différences de styles de vie selon les fonctions sont inévitables mais pas jusqu’à la différence grotesque que l’espérance de vie de l’un riche dépasse de beaucoup celle d’un mineurs de charbon ou d’or.

Et je reviens à ma première question : comment consommer moins et éviter des pertes de travail, comment promouvoir la décroissance et éviter le chômage ? 

images.jpgNous nous débattons ainsi dans l’étau de contradictions en tenant compte de la responsabilité de notre regard, qui ne peut être bien différent de celui de Jésus, le Pain partagé lequel ne peut être systématisé. Là est le défi de notre liberté.

09/11/2013

Carrière à rebours

 

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Faire carrière, cela signifie grimper toujours plus haut, même au risque d’écraser les autres. On se veut meilleur et plus important. On sacrifie beaucoup de choses à sa carrière, pour elle on investit et on fait tout pour réussir. Notre formation vise notre carrière. Les matières offertes dans le cadre de l’enseignement scolaire ont pour but la carrière future des élèves. Sans anglais, pas de carrière. Sans diplôme universitaire, pas de carrière. Sans relations, pas de carrière. L’une des perspectives importantes de la carrière, c’est le ‚toujours plus’ : plus d’argent, plus d’influence, plus de prestige, statut social plus élevé.

Dans les années cinquante du premier siècle, Philippes, dans l’est de la Grèce, était une importante colonie militaire romaine; elle était la ville idéale pour faire carrière au sens où l’entendaient les Romains. Dans cette ville, Paul fonda une communauté chrétienne, la première sur sol européen. Quelques années plus tard, il a dû constater qu’il n’en allait, dans cette communauté, pas autrement que dans la polis – la ville. La vie communautaire suivait les mêmes  mécanismes que là où on n’avait rien d’autre en tête que sa carrière : les gens se battaient pour tout emploi ou fonction, important ou non. Cliques et népotisme allaient de pair avec le manque d’égard, les jalousies, les convoitises et autres suspicions.

Dans sa lettre à la communauté de Philippes, Paul rappelle aux chrétiens un ancien hymne au Christ, qui d’une certaine façon pose les bases de la foi et le modèle de vie chrétienne en prenant Jésus le Messie comme archétype :

Il possédait depuis toujours la condition divine,

mais il n’a pas voulu demeurer de force l’égal de Dieu.

Au contraire, il a de lui-même renoncé

à tout ce qu’il avait

et il a pris la condition de serviteur.

Il est devenu homme parmi les hommes,

il a été reconnu comme homme;

il a choisi de vivre dans l’humilité

et s’est montré obéissant jusqu’à la mort,

la mort sur une croix.

C’est pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place

et lui a donné le nom supérieur à tout autre nom.

Il a voulu que, pour honorer le nom de Jésus,

tous les être vivants, dans les cieux,

sur la terre et sous la terre,

se mettent à genoux,

et que tous proclament, à la gloire de Dieu le Père:

Jésus-Christ est le SEIGNEUR!“

 (Phil 2,6-11 : Bonne nouvelle... pour toi ! Société biblique – Alliance biblique universelle)

A l’époque, „Seigneur“ était le titre de  l’empereur romain. Pour les chrétiennes et les chrétiens, „Seigneur“ est le nom – imprononçable – de DIEU, comme dans l’Ancien Testament en grec.

Finalement, ce qui est chanté dans cet hymne, c’est la carrière de Dieu.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction : traduit par Christiane Gäumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

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06/11/2013

Amazon (Monde Diplomatique 2013)

 

moebius_escher.gifPlusieurs fois, lorsque j’avais envie d’un livre, j’ai demandé à un ami de le commander via Amazon en utilisant sa credit card et je lui donnais le cash à la première rencontre. En plus, les livres achetés de la sorte coûtent moins. J’avais la conscience tranquille.

 En mars 2012 le peuple a voté non sur le prix unique du livre. Et je me souviens avec quelle verve Philippe Nantermod (des Jeunes Libéraux) encourageait le NON, en disant, entre autres arguments « commander un livre « on line » est simple, rapide, économique (de cite de mémoire) je ne me souviens plus s'il a précisé : « Passez votre commande par Amazon ».

enhanced-buzz-wide-21072-1322495037-31-770x499.jpgEt je viens de lire et de relire « Amazon,l’envers de l’écran : l’enquête dans les entrepôts du commerce en ligne » du Monde Diplomatique de ce mois-ci, pages 1, 20 et 21.

 

Jean-Baptiste Malet, l’envoyé spécial du M.D. a « travaillé comme ouvrier intérimaire dans un entrepôt français d'Amazon en novembre 2012 » afin d’étayer son enquête à partir de son expérience, de témoignages et de recherches.

Ainsi, j’apprends que les livres désirés et que je reçois quasiment self-service, tellement c’est rapide, ont coûté la sueur d’employés, jusqu’à l’épuisement,  dans des « usines géantes pilotés par ordinateur, des usines à vendre…». Par exemple en Allemagne où Mme Sonia Rudolf indique le lieu de son travail Amazon qu’elle a dû quitter: « Un immense pan de tôle grise enclos de fils de fer barbelés, sans ouverture, ni climatisation » - surveillé par des société de sécurité – des choses à vendre, et des ouvriers … l’été, on y étouffe et l’hiver, on y gèle, et il arrive que des travailleurs évanouis, épuisés doivent être ramassés sur « des palettes en bois jusqu’à l’ambulance ». Et c’est sans compter les chutes, les doigts coupés sur le convoyeurs et les travailleurs désespérés afin que mon livre commandé arrive plus vite chez moi !

Vingt minutes suffisent dès la réception de ma commande et l’expédition d’un paquet bien enveloppé et affublé d’une image d’Amazon souriant ! Que je recevrai à la maison, satisfaite du service. Enfin des ouvriers révoltés ont pris le risque de dire tout haut : « Le sourire dur le colis, ce n’est pas le nôtre ». La lutte est longue afin d’arriver à la révolte car, je cite : « Comme à chaque salarié dans le monde, ses contrats (chez Amazon) lui interdisent strictement de s’exprimer à propos de son emploi auprès de sa famille, de ses amis ou de journalistes…et, le silence qu’on nous impose, (dit M. Jens Brumma) n’est pas pour protéger des secrets industriels auxquels nous n’avons pas d’accès : c’est pour taire l’extrême pénibilité de nos conditions de travail. »

Et les syndicats ! C’est dangereux, il a fallu des dizaines d’années en Afrique du Sud pour que les esclaves des mines d’or prennent le risque de se syndicaliser. Les entrepreneurs s’évertuent à la dépolitisation et à l l’affaiblissement de culture syndicale. ! Chez nous aussi. Des petites doses de hausse de salaire apaisent les mécontents... et on se tait.

Amazon, l’Allemagne d’abord, les ouvriers s’organisent, se consolidarisent images.jpget trouvent les moyens nécessaires à faire avancer la justice, de telle sorte, raconte une ex-employée, «Les gens ont de moins en moins peur de se syndiquer…et quand ils subissent une humiliation, ils veulent riposter pour défendre leurs droits et leur dignité, exiger l’application d’une  convention de travail et, ce qui s’organise de plus en plus, faire la grève ! »

Ce que le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, veut à tout prix éviter, c'est pour éviter les plaintes et oppositions qu'il a besoin des médias pour le faire. Ainsi il vient de racheter, s’il vous plaît le Washington Post… tout en assurant que, si certaines choses vont changer (pour être financièrement améliorées) les « valeurs du Washington Post » resteront intouchées… Mais, et je cite « La réussite économique (promise) éclipse à coup sûr celui des conditions de travail ! » Le mensonge et l’hypocrisie pourrissent jusqu’au cœur de certains entrepreneurs aveuglés par la capitalisation coûte que coûte !

Nous arrivons vers Noël, la naissance sur la paille, dit-on, d’un enfant palestinien-juif, qui est présent parmi nous, c’est ma conviction, et qui nous humanise, lui, par son exemple d’homme droit.

Noël aussi intéresse Amazon en ce « quatrième trimestre Q4)) pour d’autres raisons : « Battre les records de productivité » et de vente ! On construit à la hâte de nouveaux entrepôts en Pologne, en Tchéquie ;  on passe de trois à huit mille ouvriers « Logés dans des conditions terribles » ; des contrats  intérimaires « précaires et invisibles » venant des 4 coins de l’Europe en crise : « Parmi eux se trouvent des gens très diplômés, un historien, des sociologues, des dentistes, des avocats, des médecins au chômage, ils viennent ici le temps d’une mission d’intérim »  !!!  Travail de nuit comme de jour afin d’expédier les commandes de fête : des œuvres de Proust à des peluches de bébés ou même des livres de Günter Wallraff – qui n’a pu y échapper - malgré ses  oppositions et ses actions, ses appels au boycott ! Mais voyez-vous, ce qui ressort de l’article du Monde Diplomatique est que, à part les saisonniers intellectuels sus-nommés, Jeff Bezos fait sa fortune parce qu’il a fait une trouvaille : il choisit les périphéries urbaines où le taux de chômage est élevé pour implanter ses boîtes métalliques à chômeurs parce que qu’il a réalisé que ces esclaves  « Coûtent actuellement moins cher que des robots » !Mais lisons plutôt l’article en entier du Monde Diplomatique ou encore, offrons-nous le livre de Jean-Baptiste Malet « En Amazonie. Infiltrés dans le meilleur des mondes. » (Fayard, Paris, 2013)
« Expédié et vendu par Amazon. Emballage cadeau disponible. » C'est la réalité ! Je ne rêve pas.

Comment être conséquent  quant à notre choix de société ? 

Nos librairies et des commerces de proximité, par exemple Saint Paul à Fribourg et Paris,  ferment ! On en est là.

Ils se peut que moi, vous, tout un chacun, sommes des clients satisfaits : Noël coûte moins cher ! Et nous chanterons « Douce nuit, sainte nuit... »

Amazon, Jeff Bezos aussi chanteront... peut-être.

Question : Les supermarchés, mall, la Migros, les multi comme on dit : les concepteurs, les réalisateurs, les managers, mettent-ils au centre la dignité et le bien de la personne humaine, de l’ouvrier ? Le politique, les politiciens mettent-ils la personne humaine, surtout la plus vulnérable, au centre de leurs préoccupations ?

images.jpgLe pire, c’est quand je réalise que, comme l’écrit  Jacques Attali dans « Une brève histoire de l'avenir » (2006 chez Fayard)

 Les pauvres devenus riches, ou les exploités et les dominés ayant vaincu l’ennemi, copient et adoptent le type de société des personnes éliminées, des riches qu'ils ont combattuset vaincus ...je cite Attali de mémoire.

 Mettre l’être humain au centre de notre agir : est-ce une option, une valeur humaine, (pour ne pas dire chrétienne) ou simplement une utopie créatrice qui meurt sous l’éteignoir du système qui nous gouvernent.

03/11/2013

Zachée

 

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«Ζακχαίε, σπεύσας κατάβηθι» (Λουκ. ιθ’ 5)

Quand, à la paroisse Notre-Dame, Lausanne, Claude Ducarroz m’avait confié une groupe d’enfants de 8 à 10 ans pour le « Caté hebdomadaire » nous étions heureux!

 Je racontais à ma manière, c’est-à-dire, à la manière des enfants, la fantastique histoire de Zachée. Puis les enfants pouvaient librement s’organiser afin de mimer la scène : un régal !

 Zachée, un juif, riche et petit, pas aimé du tout car il se mettait du côté des méchants (les Romains bien sûr) pour gagner des sous, Zachée  est super-actif et curieux.

 Dans la rue, à Jéricho (donc Notre Dame de Lausanne !) passait un homme ordinaire mais beau, jeune et qui regardait tendrement les gens comme s’il était déjà ami. On avait aussi dit qu’il pouvait soulager les douleurs, quand on a mal aux dents, ou aux yeux, ou aux jambes… ainsi de suite... Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,1-10.

 Quand les enfants eurent fait la mise en scène, il fallait encore une arbre. Pas de problème, une chaise sur une table et nous voilà en marche. Les enfants m’ont placée dans la foule. On se promène dans la salle et c’est magnifique, surtout quand le plus petit, un garçon bien sûr, Zachée, grimpe comme un mini-singe le plus haut possible, (tout le monde rigole pour un moment bien sûr) jusqu’à ce que Jésus (aussi un garçon) s’arrête et regarde, quel beau regard d’enfant ! Et Zachée en équilibre là-haut !

 Jésus : qu’est-ce que tu fais là ?

 Zachée : hem ……

 Jésus : tu peux pas descendre ?

 Zachée : hem ….. et il saute en bas et se trouve avec nous, un peu penaud quand même, on lui montrait qu’on ne l’aimait pas trop parce qu’il était voleur et riche !

Jésus : qui regarde toujours Zachée qui semble se tenir plus droit et regarde aussi Jésus du bas vers le haut maintenant qu’il est sur terre, Jésus dit : Je voudrais bien venir manger dans ta maison, t’as sûrement quelque chose !

Zachée : toujours super-actif mais gêné tout de même, prend Jésus par la manche et le tire après lui jusque dans sa belle maison en disant : tu sais, je suis pas si « con » que ça… ça m’arrive de tricher, les autres aussi trichent, ceux qui font mon métier. Je suis bien payé, mais je donne aussi des choses volées à ces pauvres qui sont là, dehors et on dit qu’il te courent après et que tu les aimes bien. Moi, personne ne m’aime, personne ne me regarde ou alors, on me tire la langue, on me crie, t’es un « vendu » aux Romains et tout ça…

Jésus dit : t’en fais pas l’ami, j’ai faim et soif alors allons d’abord manger quelque chose ... et il s’en va tranquillement avec Zachée pendant que certains pauvres sont un peu jaloux et que des Messieurs des synagogues et des écoles, ont des regards sournois, méfiants, des regards de riches « honnêtes » qui ne volent pas, mais ne distribuent pas au malheureux leurs sous !

 Si j’ai un petit chocolat, on le partage pendant que tous les enfants se remettent en rond pour dire ce qu’ils sentent ! Ce serait trop long à raconter sur un blog. Ils sont des vrais théologiens, ces enfants de la paroisse Notre-Dame de Lausanne. Non, de Jéricho dans le canton de Vaud !

Il paraît qu’à midi, à l’heure de l’Angélus à la place Saint Pierre à Rome, François, pape, a dit que c’était l’évangile le plus joyeux que saint Luc a jamais raconté. Il a même dit et je cite : … « Aucune profession ou condition sociale, aucun péché ou crime qui peut effacer de la mémoire et du cœur de Dieu l’un de ses fils. » Donc vous, donc moi.

02/11/2013

Pardonner à Dieu

 

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 J’ai lu dernièrement cette phrase étonnante quelque part :

 Pour vivre avec style, il faut savoir pardonner :

 à son prochain,

 à soi-même,

 à Dieu.

 

 

 

Au premier regard, ça paraît bien. Mais.....

Le mot ‚pardonner’ nous rappelle immédiatement combien le pardon nous est nécessaire, et qu’il faut en permanence nous pardonner les uns les autres. Dieu, dans la Bible, se présente comme le grand Miséricordieux, le dieu compatissant et bienveillant, patient, d’une immense et fidèle bonté (Ex 34,6-7).

C’est ce Dieu que Jésus donne en exemple à ses disciples : Soyez pleins de bonté comme votre Père est plein de bonté (Lc 6,36). Il nous donne ainsi la mesure de l’attitude miséricordieuse avec laquelle nous devrions nous comporter les uns avec les autres.

Selon la phrase étonnante ci-dessus, nous devrions aussi pratiquer l’art de se pardonner à soi-même. N’est-ce pas, en fait, encore plus difficile ? On ne parle pas là des chicaneries pour des broutilles qui nous rendent juste un peu ridicules aux yeux des autres, et pas non plus des déceptions que nous ressentons lorsque nous n’avons pas réussi à réaliser ce que nous voulions. Il s’agit plutôt de notre miséricorde envers nous-même: c’est-à-dire de nous  accepter tels que nous sommes, de nous donner la chance de tourner la page et de repartir du bon pied; de nous traiter nous-même comme Dieu nous traite: avec compassion et bienveillance, avec patience et fidèle bonté.

Mais – est-ce possible, ou sensé, ou même imaginable de pardonner à Dieu? C’est vrai que, de plus en plus souvent, à tort ou à raison, en parole ou en pensée, nous rendons Dieu responsable de toute la misère du monde, comme si c’était lui le coupable. Il faut bien que quelqu’un endosse la responsabilité pour ces tremblements de terre ou ces famines, qui causent de telles souffrances à tant d’humains ! Et qui donc sinon Dieu ? Les hommes ne seraient pas capables de tant d’injustices et de telles destructions – du moins c’est ce que nous pensons.

Il est sans doute aberrant de penser ainsi, comme tant d’autres pensées aberrantes qui nous viennent en évoquant Dieu. Mais jouons jusqu’au bout ce raisonnement : pardonner à Dieu. Cela ne signifierait-il pas que nous l’acceptions comme il est, malgré toute ses ‚fautes’ et ses ‚faiblesses’; que nous lui accordions la chance d’un nouveau départ, que nous le traitions comme il nous traite: avec compassion et bienveillance, avec patience et fidèle bonté ?

Hermann-Josef Venetz

Traduction: Christiane Gäumann

Avec l'aimable permission de l'auteur

14:57 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

01/11/2013

La Toussaint

 

La Toussaint : ma réflexion personnelle

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 La Toussaint est une fête catholique,  c’est férié et célébré dans le Canton de Zoug… 1er novembre, l’Église catholique honore tous les saints, connus et inconnus. Quand j’étais quelques temps en Irlande, nous avons célébré la veille de la Toussaint avec les divertissements de Halloween. L’histoire celte veut que la veille de ce jour, les morts invitent les vivants ou vice-versa à une petite rencontre. Un peu partout où c’est possible on fleurit les endroits où les morts sont mis en terre.

 Dommage que cette fête soit dans l’enclos « catholique » car le mot catholique signifie le contraire d’un enclos, c’est universel, sans frontière. Donc il faut repenser tout cela comme le désire l’évêque de Rome François (pape). Et c’est urgent.

 N’est-il pas nécessaire de repenser tout le système de béatifications, de canonisations qui rajoutent des noms à la litanie des saints. Je souhaiterais que les gens ordinaires repensent et refassent une litanie des « saints/tes » universelle, donc catholique : on y mettrait les innocents et martyres des systèmes : rapine,  violence,  viol, pouvoir, domination à travers la planète. Ils sont légions, ces saints-là ! On y mettrait nos maman et nos papas et nos amis et ennemis qui ne l’étaient sans doute qu’en apparence !

 On y mettrait celles et ceux qui ont pris parti pour les victimes d’injustice, qui se sont identifiées à eux – comme Jésus nous demande de le faire – et qui sont passés par d’innombrable échecs, qui ont été humiliés parce qu’ils étaient honnêtes, emprisonnées, tués, encore une fois comme Jésus en son temps et en notre temps. En Chine, en Asie, en Afrique, en Europe, des petites gens de toutes races qui sont nées sans le demander et qui ont droit à la Vie que trop de systèmes, actuellement pire que jamais, leur nient.

 Plus proches de nous, on y mettrait des personnes comme Dorothy Day, Simone Weil, Anne Frank, et pourquoi pas, Rosa Luxembourg, Elaenor Marx, la fille de Karl et sûrement Dietrich Bonhoeffer, Joseph Cardijn, Roger Schutz, Osacar Romero, in anticipation Pedro Casaldaliga et Pedro Arrupe pointé du doigt par Jean-Paul II. Et combien de personnes honnêtes et sincères en elles-mêmes et dans leurs relations avec les autres, la nature, Dieu.

 Richard Rohr, dans son billet de ce matin dit que la seule chose que Dieu nous demande est d’être honnête et humble et que, si Dieu exigeait de nous la perfection, il pourrait attendre longtemps ! Rohr ajoute qu’il n’y a, pour nous tous, que le chemin de l’enfant prodigue (Luc 15 :11-32) ou encore le publicain et le pharisien (Luc 18 :9-14) bien que mon ami Albert Nolan (Jésus avant le Christianisme) nous avertit : attention, le pire des orgueils c’est de se vanter d’être dans le rang des publicains ! Voilà qui peut faire dresser l’oreille à bon nombre de gens en religion etc.

 Dans les églises aujourd’hui, Matthieu 5, 1 – 12a a été lu ou chanté : il s’agit de ceux qui pleurent, qui ont faim et soif de justice, qui ont pitié des autres, qui sont francs avec eux-mêmes et les autres, celles et ceux qu’on persécute et qu’on insulte parce qu’ils veulent le bien, la justice et la vérité… ce texte, c’est les Béatitudes, c’est-à-dire qu’ils sont bienheureux ! Mais qu’est-ce qu’être heureux ? Chouraqui a traduit ce texte de la Bible par : « En marche » au lieu de « heureux ».

 Ainsi nous continuons le chemin vers demain, le jours de celles et ceux, sans exception, qui sont  « en marche » « hors espace temps » comme le dit Georges Haldas.

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Cathédrale Saint-Lazare