18/10/2013

Étrange prédication du pape aujourd’hui, le 18.10.13

 

index.jpgÉtrange prédication du pape aujourd’hui, le 18.10.13

 

Étrange expérience : Nous habitons l’Occident qui porte bien son nom puisque c’est de ce côté-lé que le soleil se couche. L’Occident  est une partie de la planète vieillissante. Les causes, on les connaît, les conséquences aussi. Les épidémies, le cancer rampant, les accidents, les pollutions de toutes sortes mis à part, la durée de vie dépasse les 80 années alors qu’en Afrique du Sud, c’est dans la marge des 40 années et au Swaziland dans celle des 30.

 Mon but n’est pas d’en analyser les causes, je pense que nous en sommes conscients. Rien ne sert à se culpabiliser puisque la plupart d’entre nous travaille pour une société plus égalitaire… même en ce qui concerne mourir.

 Ce qui m’a surprise en bien aujourd’hui, c’est ce qu’a dit le pape François à la Maison Ste Marthe, dans les environs du Vatican où il travaille. Il a dit dans son « sermon » : "N'oublions pas les prêtres et religieuses dans les maisons de repos". Ah ! me suis dis-je, ça me concerne un peu puisqu’il y a juste un mois que je suis à Maria vom Berg avec 85 sœurs âgées de toutes les parties de la Suisse.

 A l’hôpital situé à une cinquantaine de mètres d’ici, il y a pas mal de vieux prêtres qui essayent de vivoter avant d’expirer. Cette zone structurée de vieillesse, comme tous les EMS ou d’autres refuges de personnes usées, comprend ce qui est le propre d’une vie qui régresse à tous les niveaux, intellectuel, émotionnel, physique, psychique. Des uns meurnt sans crier gare, d’autres languissent et attendent.

 Voilà : si vous ouvrez le lien (du titre) et lisez les quelques mots de François, vous serez, comme moi, surpris. Par exemple, il parle du vieux Moïse, un leader « politique » … «Le chef du Peuple de Dieu, courageux, il luttait contre les ennemis et il luttait avec Dieu pour sauver le peuple : C’est grandiose! Et puis à la fin, c’est seulement sur le Mont Nébo, il regarde la terre promise mais il ne pouvait pas y entrer. » Et c’est là qu’il meurt.

 Et Paul le fougueux missionnaire : « Il parle de ceux qui lui ont procuré des blessures en s’acharnant contre sa prédication. Il raconte qu’au tribunal personne ne l’a assisté. Tous l’ont abandonné. »

 « Jean-Baptiste finit sous le pouvoir d’un gouvernant faible, buveur et corrompu, sous le pouvoir de la jalousie d’un homme adultère et du caprice d’une danseuse ».

 Puis comme une cerise sur le gâteau, François continue en rapportant que Pierre, marié, devrait à la fin de sa vie, se laisser ceinturer et « Quand tu seras vieux, ils te porteront là où tu ne veux pas aller. »

 

Nous, les vieilles sœurs, moi y compris, je me sens honorée d’être en si bonne compagnie, mais là ne s’arrête pas, selon moi, la comparaison...

 Et surprise : François évoque des sanctuaires, des lieux de pèlerinage et ils sont nombreux en Suisse, mais, ajoute-t-il : « Mais je me demande si nous les chrétiens, nous avons l’envie de faire une visite - qui sera un vrai pèlerinage !...  à ces sanctuaires de sainteté et d’apostolicité que sont les maisons de repos des prêtres et des religieuses? » Je n'en reviens pas.

 J’aurais envie de dire au Pape François : «Tu exagères, nous sommes comme tout le monde et ne méritons, et n'avons rien de plus, je crois, que les résidents des EMS, maisons de retraite où nos proches, nos amis vivent leurs derniers jours .» J’aimerais seulement qu’on prenne davantage conscience que cette « bougie qui s’éteint car brûlée jusqu’au bout » ouvre la porte sur le « hors espace-temps » du pure bonheur après la traversée sur cette étrange planète que j’aime.

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