03/10/2013

François d'Assise

 

« François, va et répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines »

 image035.jpgC’est le 4 octobre 2013 et la mémoire de François d’Assise nous défie par son exemple de vie et ses quelques paroles de sagesse. Des merveilles sont racontées qui nous donnent envie d’être comme lui, de répandre sa « bonne nouvelles aux pauvres » simplement par son vécu. Comme Jésus. Essayer d’être franciscain ou chrétien est une Mission dès lors qu’on est baptisé, ou qu’on est simplement devenu conscient d’être une être humain, une particule  unique et inséparable de l’espèce. Le défi est une responsabilité.

 Le contexte de François était bourgeois, sa famille comme celle de Claire, son amie qui s’associa à lui, était riche et noble et n’avait qu’une connaissance marginale des pauvres. L’Église institution de ce temps-là sentait déjà l’impérialisme, du moins dans sa hiérarchie.

 Le François, un beau jour alors qu’il en avait assez des futilités des chevaliers, des marchands, des jolies femmes et des festins, se réfugia dans une espèce de chapelle délabrée, ornée d’une croix-image de notre frère Jésus, et François devint soudain conscient des murs poreux de l’Église en ruine : il vit dans ces ruines les pauvres d’Assise et de l'Ombrie l’entourant et lui faisant signe : veux-tu être solidaire de nous ?

 François dit oui comme beaucoup d’entre nous l’ont fait une fois dans leur vie, abandonnant tout, nous désirions travailler à la construction d’une société égalitaire : les riches seraient moins riches et les pauvres seraient moins pauvres. Nous aurons alors un avenir en commun. Comme dit dans l'Evangle : le royaume de Dieu... ou sa famille.

 Aujourd’hui, dans notre contexte capitaliste exploiteur et dominateur, le mouvement chrétien et franciscain dont nous sommes membres, s’est institutionnalisé. Les murs de ces institutions sont-ils assez poreux pour nous révéler les pauvres en chair et en os ? A celles et ceux qui passent...

 Il ne suffit pas d’intellectualiser la pauvreté, ni de la spiritualiser, pour avancer sur le chemin chrétien ou franciscain de solidarité avec les pauvres, il faut faire l’expérience, soi-même, de la pauvreté. Ne serait-ce que marginalement d’abord ; il faut prendre assez de temps pour que l’expérience du manque de pain, d’eau, d’un toit, de médicaments dépasse les théories et les prières pieuses.

Le plus dur sur ce chemin est le manque de frères et de sœurs qui, pour te relever quand tu tombes, qui, pour te corriger quand tu fais « comme si » et que tu deviens fier - quelle absurdité - de ton expérience lorsque tu te fais le porte-parole des vrais pauvres.

 Le François, actuel évêque de Rome, a parcouru le long cheminement de conscientisation et il reste en état de conversion permanente. Nous prions que son courage devienne de plus en plus articulé. Il voudrait nous réveiller et retrouver Saint_Francois_d_Assise_2_-1398a.jpgJésus et François dans le corps et le cœur de millions d’humains que le pouvoir militaire, économique privent de dignité et du droit à la vie. Ici et maintenant.

 

Je ne veux pas dire que les riches sont des pécheurs et les pauvres sont des saints ! Mais j’aimerais dire que les uns et les autres sont responsables des uns et des autres. Comme Jésus l’est, et François et tous les hommes, les femmes et les enfants de bonne volonté.

 

Bonne fête !

Commentaires

Claire-Marie, sommes-nous invités à nous laisser inspirer par un saint, en l'occurrence, françois? Qui est "appelé" (dans nos prières)? un saint ou Dieu, l'Esprit de vérité, donc, d'authenticité, de cohérence... En ce jour, quid de "Dieu"? Pour un instant de partage, sprès de longues années, ceci: "des ondes pensantes et créatrices qui forment un champ"... Non étrangère, cette définition à la pensée, sur le même sujet, du grand savant Stephen Hawking...
Myriam Belakovsky

Écrit par : myriam belakovsky | 04/10/2013

Christian Bobin a écrit un beau livre romancé sur François d'Assises: "Le Très-Bas". Un angle original et enthousiasmant, dans le style poétique de Bobin.

Écrit par : hommelibre | 04/10/2013

Le pape François, les pauvres, soit, mais quid de la parole évangélique: "des pauvres, vous en aurez toujours, moi, vous ne m'aurez pas toujours": faut-il, par ce "moi" comprendre l'homme, Jésus de Nazareth, ou, plutôt "moi", le souffle de l'Esprit s'exprimant par le moyen de l'homme Jésus de Nazareth comme nous parlons par le moyen d'un micro?
Pour quelles raisons manquerions-nous d'inspiration par ce souffle de l'Esprit sinon, à en croire la Bible, par sorte de rupture avec Dieu par refus déterminé de faire Sa volonté... Egoïsme forcené, comme l'écrit le journaliste Jean-Noël Cuénod en son blog récent TDG: "médiamercantilisme"!
notamment... Hélène de Koriacis

Écrit par : Hélène de Koriacis | 05/10/2013

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