28/09/2013

Les femmes dans l’Église catholique

L’Église c’est le peuple de Dieu qui d’horizons variés avancent, en se rapprochant les uns des autres vers un avenir « hors espace temps » comme le dirait Teilhard de Chardin, la noosphère, l’Univers Christique vers qui nous tendons de par notre nature.

 Chemin faisant, au cœur de ce peuple, comme le dit mon ami Laurent, il y a une faille… en évitant de m’étendre cette faille, la réalité du peuple de Dieu en marche, c’est-à-dire en mouvement, fut prise au piège de l’EGO, et glissa vers son propre centre, son SELF , revêtu d’une carapace  institutionnelle  sous forme d’échelle, de pyramide, qui s’attribua bientôt le nom grandiloquent de hiérarchie à domination mâle !

 Mais la femme et les femmes existent bel et bien dans le peuple de Dieu, elles en forment la bonne moitié et la première, mais pas la dernière est celle qui a enfanté l’homme parfait, donc divin, Jésus. Dieu devient humain au cœur du peuple en état d’enfantement qui ne finira qu’à l’arrivée…

 Ainsi l’intérêt et le débat qu’a provoqué Lucetta Scarafia, l’historienne italienne,  éditorialiste pour le quotidien du Saint-Siège, L’Osservatore Romano, en suggérant la création d’une femme cardinale dans le quotidien Il Messaggero , le bruit qu'en font les médias me paraît passé et fatiguant.

 Dans mon billet de hier, j’ai mentionné  le potentiel qui découle de notre baptême si c’est un peu plus qu’une routine, ce potentiel : la prêtrise donc le service…  le prophétisme : la vigilance, la loyauté critique, les avertissements, les appels aux « révolutions »… la royauté donc l’écoute de la parole du petit peuple et la caisse de résonance pour annoncer la Bonne Nouvelle que la famille de Dieu est en devenir permanent.

Au lieu de dire : prêtre, prophète, roi, n’est-ce pas tout aussi valable de dire prêtresse, prophétesse, reine.  Trouver des mots nouveaux acceptables dans nos cultures différente et en notre temps 2013, c’est urgent. « Cardinal » est quoiqu’il en soit équivoque en Suisse, à Fribourg,  et ailleurs. Je prie que le pape François garde le courage, la force de nous surprendre, et qu’il plante sa tente au cœur du Peuple de Dieu en marche. L'acte de l’Éternel qui vient planter sa tente parmi les hommes (Jn 1/14).

DSC_0332.jpgAlors, être femme ou homme, cardinal ou cardinale pour élire un pape m’est indifférent, son job est de crier à Dieu ce que son peuple est en train de vivre,  il faut avant tout qu’il soit humain avant d’être fonctionnaire.  Qu’il soit transparent, qu’il éclaire « comme une lampe qu’on ne met pas sous un lit, mais qui brille par où elle passe… comme le dit Jésus.

 (patience pour les e-mails, l'Ordinateur ne marche pas encore comme il faut, Claire-marie. Merci)

 

27/09/2013

De Marie de la Montagne

images.jpgCette petite réflexion au sujet de François, pape, de la femme et des femmes dans et hors de l’Église Catholique Romaine :

 Ma position de départ : je me sens bien dans ma peau féminine.

 L'envie de me faire prêtre ne m'a jamais effleurée. Pas parce que c'était réservé aux hommes.

 Mais laissons de côté la problématique des prêtres mariés et des femmes prêtres en Afrique australe pour l'instant. Bien q'en Occident on en parle un peu trop.

 François a répété ces mots de Jean-Paul 2, à son retour de Rio (JMJ) « la porte du sacerdoce aux femmes est fermée » les journalistes ont écrit que c'était la parole de François, mais François n'a pas spécifié sa pensée à lui ! Il a répété sans élargir.

 Sans mentionner le fait qu'on est des baptisées, sans reprendre la signification du ce baptême ! Apprenant à connaître un peu François, je présume qu'il nous fait confiance.  Mais notre baptême: c'est quoi ?

 J'ai appris que, lorsque qu'on nous baptise  c'est-est-dire qu'on nous accueille dans la communauté des humains en nous donnant un nom personnel, comme l'a dit notre créateur : « Je t’ai gravé sur ma main. » Isaïe 49, 16 . C'est nous donner une mission.

 Conscients que ce n'est pas une blague et que nous avons une mission, un job qui donne un sens à ce cadeau qu'est la vie. Quel beau défi !

 Notre Créateur souhaite que nous poursuivions la construction de l'aventure humaine et, en terme biblique nous sommes : « prêtres, prophètes et rois » (au masculin pour le moment). Actes des apôtres 2 : ...

 Prêtres : comme je l'ai si souvent vu dans l’Église peuple de Dieu, le prêtre, c'est comme Oscar Roméro, comme Jésus, il nous rassemble, il est-avec, il vit-avec, il travaille-avec, il prie-avec. Jésus l'avait dit : lorsque vous être deux ou trois ou 50 ou 100, je suis au milieu de vous, avec vous et nous partageons le vécu, la vie, le pain, c'est un tout organiquement lié !

 Prophète : quel défi si on prend cette mission au sérieux : être conscient de soi, des autres, dans une réalité où l'on peut s'épanouir, être aussi conscient que cela peut être système diabolique qui exploite, opprime, affame, empoisonne et tue les petits, la « pleb » les surplus people à travers notre planète... Le prophète analyse ces réalités, ces signes des temps, et il dit la vérité : comme Daniel (Daniel 5 v. 13 à 31... et cela nous plonge en plein dans notre actualité 2013... pas de science fiction...! Ecoutez Ban Ki-Moon ce soir au sujet du climat.

 Roi : une personne respectée parce qu'elle est totalement engagée dans la société, elle a une responsabilité envers chacun et son enseignement est de responsabiliser chacun dans notre société de 2013 ? Ceci devait servir de préambule à ce que j’essaierai d'écrire demain au sujet de la théologienne journaliste Lucetta Scaraffia qui estime que le Pape a la possibilité de nommer une femme cardinale et appelle à cette « révolution ». Ce qui aurait l'avantage d'éviter « l'épineux problème de l'ordination sacerdotale des femmes », écrit-elle dans Il Messagero.

 « Un tel acte « serait une révolution suffisamment forte pour ébranler la position de méfiance et de désintérêt que la plupart des membres du clergé adoptent envers les femmes, religieuses et laïques », lance cette théologienne qui est aussi éditorialiste à l'Osservatore Romano, le journal officiel du Vatican, dont elle a créée un supplément féminin mensuel. »

 Imaginez-vous qu'une consœur m'a offert à lire l'Osservatore Romano et que j'y trouve une espèce d'aurore... ou une récupération d'espérance ? Le monde à l'envers ?

 

25/09/2013

Quand les frontières disparaissent

 

 C’est l’octave. C’était le 18 septembre. On quitte Bulle sous le regard courroucé du  taureau de Bulle, installé au centre du rond-point  de l’avenue de la Gare.

 

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Le Foyer Sainte-Croix, la chapelle de Compassion adjacente au château et au Musée, l’église de Saint Pierre aux Liens, le modeste temple réformé et le modeste Centre culturel islamique albanais de la Gruyère.

Je n’oublie pas le Centranim à la rue du marché 16, ni bien sûr la Place du marché du jeudi, le kiosque à musique, la radeau du pain d’Orsonnens sous les tilleuls, les marchands, les marchandes, et les clients : tous, des gens des alentours. Sans oublier les écoles, les écoliers, les étudiants, les enseignants tous très studieux, engagés dans la création de réseaux de relations bien au-delà des frontières !

C’est à eux que je pense, à leur orientation politique plutôt centre droit et naturellement croyants, à leur culture à leurs Bénichons à répétition. Qu’ils le veuillent ou pas, Bulle est un melting-pot riche d’imagination et qui s’efforcent d’accueillir les immigrants à Bulle ! Toujours plus nombreux.

Mais la voiture volkwagon dévorent les kilomètres, les frontières disparaissent et, le soleil de midi  brille sur les chemins de Suisse centrale, jusqu’à Zoug, jusque là-haut à Menzingen, une Maison-Mère à la coupole « vaticane » et, Marie de la Montagne, belle traduction de « Maria vom Berg ».

Rien de moyenâgeux, une architecture selon l’air du temps dans le contexte d’une société cossue, et sur les routes et, au-dedans des murs, comme partout en Suisse, trop solides à mon goût, des gens, une centaine de vieilles sœurs partagent la vie et prient pour qu’arrive enfin le royaume de Dieu dans une société peut-être trop confortable pour le désirer vraiment.

Politiquement, c’est plutôt proche de Bulle, PDC ou CVP.

L’accueil est très amicale et j’ai l’impression de ne pas mériter ce que je suis en train de vivre. La bougie brûle, et vacille aussi, elle est l’une des millions de bougies, qui se consument du Moyen Orient à l’Occident, de l’extrême sud Afrique à l’Asie .... de Ghandi à Rabindranâth Tagore, à Omar Khayyam  à tous ces fous de hier et d’aujourd’hui, qui s’épuisent à chercher le sens de leur être et de leur vie dans l’absurde de notre société dont les fonctionnaires de Mammon dialoguent à l’air du sarin, au rythme des canons, au « parfum » des courbettes diplomatiques… et les bougies par millions, brûlent jusqu'au bout du chemin vers l'Aurore de notre Histoire humaine.

Oui, l’accueil est chaleureux à Marie de la Montagne : parce qu’elle a mis au monde Jésus. L’être humain vraiment et pleinement humain. Lui qui vit et meurent en Syrie, chez nous, au Japon, dans la bande de Gaza, au Sinaï et dans nos Golgotha helvétiques.

Jusque dans les Sexe-boxes du quartier de Sihlquai zurichois ! Où sont accessibles aux clients prostitueurs, les « Petites Maries » qui gagnent leur pain quotidien.

23/09/2013

c'est lundi

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et j'essaie de voir si le blog fonctionne encore

16:50 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (1)

17/09/2013

Je déménage

Au revoir aux membres de la Blogosphère et aux coordinateurs et merci de ce bout de chemin ensemble.

Je déménage donc dans le Ct de Zoug. À 6313 Menzingen où s'est développé, dès 1844, à partir de rien, sinon du besoin des pauvres, surtout des filles qui avaient droit à une éducation qui libère toutes les potentialités de la femme et des femmes dans la région. Dès 1888 en Afrique du Sud, mon pays d'adoption, et au-delà.

Mais Bernarda Heimgartner ne connaissait que les besoins des exploitées, délaissées, marginalisées des lieux et de l'époque et avec quelques femmes de sa trempe elle a consolidé ce mouvement d'éducatrice « les Sœurs de Menzingen en Europe » en Afrique nommées « Holy Cross Sisters ».

C'est de là, à Menzingen donc, qu'on m'a envoyée en Afrique du Sud (puis australe)jusqu'en 1980 et, après une trentaine d'années dans notre Suisse accueillante, bienfaisante, et tout à la fois, montrant de sérieux symptômes d'apartheid dans les recoins cachés de son âme, c'est là que peut-être on enterrera mes vieux os usés.

Le Canton de Zoug a mauvaise réputation chez les pauvres et bonne réputation chez les riches.

Glencore qui exploite honteusement le peuple Zambien ou travaillent nos sœurs avec les plus pauvres et les sidéens

J'essaie de pratiquer un spiritualité contextuelle, c'est à dire avec Jésus, cet homme Fils de l'Homme, dans notre monde fragmenté.

L'écriture et l'annonce de la Bonne Nouvelle par Internet, les Blogs, les livres, les articles est une forme d'apostolat ardu, qu'il faudrait encourager et que ce François, pape surprenant, encourage dans le dialogue qu'il ne cesse de répéter et qui est, pour moi, l'oxygène dont j'ai besoin.

Après le temps nécessaire pour mettre les choses en ordre,  j'espère reprendre peu à peu les petites réflexions, je serai heureuse et reconnaissante de continuer le chemin avec tous au-de-là de toute frontières.

 

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Suit ce que je viens de e-mailer ici et là et que j'ajoute avec toute mon amitié à chacun :

index.jpgLe mercredi 18 septembre 2013, je quitte la Suisse française pour la Suisse alémanique. L’adresse : Maria vom Berg,  Seminarstrasse 14,

6313 Menzingen, Tel. 041 757 46 46

 Mon petit portable reste 077 442 64 62

 Quand j’aurai un No de téléphone fixe je vous le ferai savoir.

 Voilà l’extérieur de la maison : c’était un pensionnat-école et c’est actuellement un maison pour personnes âgées. Des sœurs pour le moment.

 Je vous remercie du chemin que nous avons fait ensemble, que nous continuons ensemble : partage de vie, de foi en l’homme donc en Jésus :  pour le dialogue, les débats contradictoires et constuctifs qui font avancer la pensée ! Merci beaucoup !

 Votre souvenir m’habite, comme les personnes, les lieux, les choses, la vie partagée m’habite, donc nous ne nous oublions pas, c’est l’engagement pour un monde meilleur qui nous unit. Il y a de quoi lutter.

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« Burn on till you burn out ». Nous sommes tous et chacun comme une bougie dont la raison d’être est de brûler : flamber, réchauffer, illuminer jusqu’à l’extinction « hors espace-temps » car, comme Jésus « tout sera accompli ». Avec Gertrud von Lefort : « Que m’importe l’arrivée, puisque Jésus est le chemin ».

 Partager le vécu des hommes, femmes, enfants : réfléchir et prier pour agir. C’est organiquement lié.

 http://clairemarie.blog.24heures.ch/

 http://katutura.blog.tdg.ch/

 claire-marie jeannotat

16/09/2013

Le dernier petit pain du Radeau d’Orsonnens

 

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Papa et maman faisaient le pain au four à bois, c’est un premier souvenir indélébile car j’étais là et je faisais des petits oiseaux avec les restes de pâtes.

 En Afrique, le pain était rare : nous nous nourrissions principalement de porridge de flocons d’avoine drus et des maïs blancs en grains ou en grumeaux bien cuits.

 En 1979, j’arrivais visiter Bondolfi Mission près de Masvingo (Zimbabwe). C'était encore la guerre. Ma consœur est venu me chercher à l’arrêt du bus venant de Harare,  elle a stoppé la  pick-up aux abords d’une espèce de boulangerie, et j’ai humé le pain frais que les gens avaient pu, parcimonieusement, se procurer pour Noël ! Nous nous sommes rassasiées de la senteur du pain en attendant de le partager durant les fêtes ! Quel délice, ce pain noir partagé !

 A Bulle que je quitte après- demain, je garderai le souvenir du radeau à pain d’Orsonnens.

 Mon plus précieux souvenir : chaque jeudi j’allais acheter un petit pain à l’épeautre, aux noix ou quelque autre gâterie.  C’était mon plaisir de la semaine, que je partageais parfois, que je mangeais toute seule aussi.

 

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Boulangerie radeau d'Orsonnens

Je connais la boulangerie du Radeau à Orsonnens même sans l’avoir visité car l’aimable vendeur m’expliquait petit à petit « L’histoire du Radeau du Pain ». La plus belle variété de pain fait maison, beau, soigné, appétissant. Pour les gourmands, quelques petits cornets de biscuits aux graines d’anis.

 Et penser que je prie chaque jour : le Notre Père du Pain quotidien. Fruit de la terre et du travail des hommes et des femmes qui suent pour que nous mangions à notre faim ! En pensant au Palestinien, Jésus de Nazareth né, dit-on à Bethléem, la maison du pain, lui dont la vie n’a été que partage de pain et qu’il l’est encore si nous sommes d’accord de le « descendre » des croix ornées de nos églises pleines ou vides, et de l’accompagner aujourd’hui, là où il EST, où il sue, survit, dans notre monde qui cherche le sens dans l’absurde d’une société dispersée qui ne distingue plus le vrai du faux et s’en va à vau-l’eau comme du bois mort.

14/09/2013

Si les gens des rues

 Si les gens des rues pouvaient écouter, regarder les entretiens entre Sergueï Lavrov et John Kerry, s'ils pouvaient voir cette poignée de mains, s'ils avaient entendu Lavrov dire : "Il y a tant de mensonges et de falsifications dans ce dossier aujourd'hui dans le monde qu'il faut être extrêmement prudent" ... être prudent par rapport à l' élimination des armes chimiques ? Être prudent à ne pas trop se laisser influencer par le sort des 100'000 morts et les deux millions de réfugiés ? Après tout, ceux-là, les institutions civiques paralysées, ne sont que des dommages collaraux ! (Al- Assad et Poutine dans « le Matin »)

Apparemment, Sergueï Lavrov et John Kerry se séparent et retournent dans leur pays , satisfaits, Il s'agit maintenant de se mettre au travail sur place, cela prendra du temps, plein de temps pour d'autres dommages collatéraux car personne n'a « pu » exiger un cessez-le feu puisque les chefs de l'armée l'Armée syrienne libre (ASL - rebelles), le général Sélim Idriss ne faisaient pas partie des discussions! Ni Al-Assad... bien que, dans les coulisses, allez savoir!

Je sais, je sors de la logique mais se mettre dans les rangs des gens de la rue qui eux, n'ont que leur peau pour les protéger, n'est-ce pas là, le moyen le plus sûr de percevoir la vérité vécue ? !

Eux qui savent que pendant ce temps, comme le rapporte Valérie Amos, responsables des opérations humanitaires de l'ONU : « Sur le terrain, la guerre ne connaît aucun répit. Quelque 500.000 personnes seraient "prises au piège" des combats "dans la banlieue rurale de Damas", manquant de vivres, d'eau et de médicaments » !

Oui, les Syriens de tous les jours savent la vérité car ils la vivent, comme les sans voix-et les sans- terre dans d'autres pays du monde !

Mais les médias ne se penchent pas volontiers sur le sort de fourmis, ils sont fascinées par la prestance des éléphants. (pour en revenir à un de mes précédents textes)

 Pourtant notre téléjournal de 19h30 de fin d'après-midi a fait un bon travail t : avec l'aide de Xavier Berg:
Qui a cédé et qui a gagnée : tout le monde sauf le peuple syrien ... qui continuer a mourir (Xavier Berg)


Et l'excellent Pierre Gobet :

 

13/09/2013

Le Notre Père et la praxis de Jésus

 

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Le Notre Père nous rapproche d’une manière spéciale de Jésus, parce que nous prions sa prière et parce que nous la prions avec lui. Cette prière nous unit les uns aux autres d’une manière toute particulière et très profonde. Nous partageons les vues et les intentions, les déceptions et les  espoirs de Jésus. Nous partageons également sa pratique. Nous cheminons avec lui. Comme Jésus, nous voulons nous rencontrer, nous encourager, nous pardonner et nous aider mutuellement.

Avec Jésus nous voulons résister à tout ce qui est injuste et avec lui nous voulons apprendre à vivre les uns pour les autres, à mourir les uns pour les autres et à ressusciter tous ensemble.

Lorsque nous prions, n’ayons pas peur d’évoquer certains épisodes de la vie de Jésus, car partout sur son chemin, il annonçait le royaume de Dieu dont nous implorons la venue dans le Notre Père. Et ce royaume arrive si, comme lui, nous allons les uns vers les autres. Il prend la main de la belle-mère de Simon et la guérit ; Il embrasse le lépreux ; il ne rejette pas la pécheresse ; il place l’homme à la main desséchée au centre de la liturgie ; il restitue la dignité et l’usage de la parole à la femme affligée d’une hémorragie. Par sa proximité, il libère ceux et celles qui sont tourmentés par les mauvais esprits et ils reviennent à une vie nouvelle.

Le Notre Père fait éclater nos étroites frontières pour rejoindre l’Autre.

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

Avec l’aimable permission de l’auteur

21:16 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

11/09/2013

comment tu pries?

 « Tu pries comment ? » question d’un aimable visiteur cet après-midi alors que nous parlions du peuple syrien et des peuples du Moyen-Orient.

 Prendre conscience de notre interdépendance et de notre union en tant qu’espèce humaine et demeurer conscient de la réalité sous le regard de notre créateur commun, qu’importe le nom qu’on lui donne : c’est prier, selon moi... Il est facile de chanter « un pour tous, tous pour un » la devise traditionnelle de notre beau pays … qui devrait renverser toutes frontières jusqu’en Syrie par exemple. Point n’est besoin d’être saint pour partager, marginalement du moins, la souffrance du peuple, il suffit simplement de croire que nous sommes - encore et peut-être - des êtres humains d'une même espèce !

 Mettons de côté la noble devise de notre Suisse car, considérée dans la réalité mondiale, au Moyen Orient, en Syrie, « un pour tous, tous pour un » : c’est une « blague » !

 Plus vrai est le proverbe laotien en réfléchissant sur notre actualité :

 Quand les éléphants se battent, ce sont les fourmis qui meurent.”

 Si un chef, un homme important meure, il aura un nom, mais mille et mille enfants tués ne sont qu’un nombre, une statistique ! Des fourmis.

 Ce peuple – peut-être comme le reste de la planète – est constitué de la base, l’herbe ou les fourmis – dominé, massacré par l’éléphant blindé, bardé de missiles les plus meurtriés, propriétaire de tonnes de sarin, armes chimiques dit-on, neurotoxiques qui tuent en quelques minutes si on a de la chance ! Qui les fabrique, qui les stocke, qui les vend, qui les achète et dans quel but, et qui en profite grand Dieu !

 Est-ce que nous rendons compte que des peuples sont gouvernés par des éléphants mutés en robots et doués de l’intelligence diabolique et de la force brut du Dieu argent ?

 Je m’abstiens de les nommer... ces seigneurs de la guerre (Warlords). Je vais trop loin ? Non, car ils fonctionnent selon leur logique ! Et c’est exactement l’expérience des centaines de milliers d’enfants, de civils mutilés, piétinés, broyés, morts et soulagés enfin ! La destruction d'un peuple, la ruine d'une beau pays qu'éclaire le soleil quoidiennement !

 Le débat d’Infrarouge (TSR) met en lumière cette réalité qui nous concerne tous.

Je reste sur ma faim, cependant Marwa Daoudy, professeur de relations internationales du Moyen-Orient au St Antony's College, Université d'Oxford, s’est efforcée de ne pas oublier les civils victimes des violences et Bruno Jochum, directeur de MSF Suisse a soulevé quelque peu le voile de la honte insoutenable ! Cela mis à part, beaucoup de réthorique et peu de défis lancés. Par exemple « entr'ouvrir » nos frontières aux victimes et aux personnes en danger ?

 Les réfugiés en Syrie-même et dans les pays environnants restent des cibles d’attaques sporadiques et et comment survivre dans les camps, comment s’imaginer la « qualité de vie » à moins de la partager ne serait-ce que quelques semaines ? Deux millions de réfugiés dispersés, la Suisse accueillera un contingent de  500 d’entre eux… les petites fourmis suisses, comme moi, se sentent mal à l’aise, la honte nous fait rougir alors que nous avons de grandes maisons vides et inoccupées !

 Bref se plaindre d’avoir honte n’agit en rien et ce n’est pas une prière, c’est du self pity ! Mais la mort n’a pas le dernier mot, les fourmis se réveilleront, même mortes : les prophètes parlaient ainsi : Ézéchiel 37,11: "Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, c'en est fait de nous." ...  C’était à Babylone, et les os desséchés et les fourmis écrasées ont repris leur nature d’êtres humains ! Une légende, un mythe ? Mais n’est-ce pas plutôt notre actualité ? Une prière d’espérance ?

 Une prière de juste révolte contre l’asservissement des petits, une prise de conscience que les éléphants blindés n’auront plus qu’à s’exterminer les uns les autres, et de leurs cendres surgiront, peut-être ces quelques seigneurs de guerre pour rejoindre la communauté des fourmis si la repentance, le pardon, la réconciliation existent !

J’ai l’impression de griffonner de la science fiction pieusement priante ! C’est pourtant ma prière du soir.

08/09/2013

Parce qu’ils sont pauvres

 

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Le pape François nous a rappelé, d’une manière impressionnante, ce que la Bible nous a enseigné et que savons depuis longtemps déjà : Jésus se tient aux côtés des pauvres. Les Évangiles racontent inlassablement ce que vivent les chômeurs, les aveugles, les lépreux, les prostituées traînant dans les rues poussés par la faim, les petits paysans pour qui les impôts sont trop lourds.

 Ironiquement, c’est pour ces gens-là que battait le cœur du Nazaréen. Et ce n’était pas un caprice. Il pouvait toujours, en lisant la Bible, apprendre comment l’Éternel était le Dieu des pauvres, des affamés,  des souffrants et des opprimés ; comment Dieu, par exemple, envoya Moïse avec la tâche de libérer son peuple.

Je suis le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob… J’ai vu la misère de mon peuple en Égypte et j’ai entendu leurs cris sous le fouet maîtres ; oui, je connais sa souffrance. C’est pourquoi je suis descendu jusqu’à eux… (Ex 3)

Le Dieu de Jésus est un Dieu qui voit la misère, qui entend les plaintes, un Dieu qui ne peut se contenir quand il voit les besoins des hommes. Il nous est cependant difficile de faire face à ce constat. Et notre réaction – pour ne pas dire notre objection – est toujours la même : les pauvres ne sont pas meilleurs que les riches. On n’a qu’à demander aux travailleurs sociaux qui s’occupent quotidiennement des pauvres : il y a pas mal de pauvres qui sont tricheurs et voleurs, qui sont jaloux  et menteurs, il n’y a pas moins d’intrigants et de violents parmi les pauvres qu’ailleurs.

 Mais il s’agit précisément de se confronter à cette difficulté. On s’imagine donc toujours que Dieu doit aimer comme nous aimons ; et nous aimons parce que les autres sont aimables envers nous, parce qu’ils ne nous ennuient pas, parce qu’ils nous respectent, parce qu’ils ont les mêmes idées que nous, parce qu’ils laissent la cage d’escalier en ordre comme il se doit…Et ainsi nous pensons et nous attendons de Dieu qu’il n’aime que les gens bien, les gens qui ne font pas de difficultés, qui vont à l’église le dimanche, qui payent leurs taxes et qui portent une veste blanche…

Une parole de Jésus me vient tout d’un coup à l’esprit : Lorsque vous n’aimez que eux qui vous aiment… les pécheurs le font aussi ! Et lorsque vous ne faites du bien qu’à ceux qui vous font du bien… les païens ne font-ils pas de même ? Et lorsque vous ne saluez que ceux qui vous saluent… Que faites-vus de spécial ? (Mt 5,46-47)

L’Amour de Dieu ne fonctionne pas comme notre Amour : il n’y a pas de comparaison, l’Amour de Dieu a une « logique » totalement autre. Ce n’est pas parce qu’ils sont bons ou même meilleurs que les riches que Dieu les aime et les respecte! Dieu aime les pauvres parce qu’ils sont pauvres.

 Il s’agit de cet Amour-là.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : claire-Marie Jeannotat

 Avec l'aimable permission de l'auteur

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06/09/2013

G20: prière

 « Commencée comme une révolution pacifique contre le régime d’Assad, la guerre civile syrienne a tourné, en deux ans, au carnage ».

 Les personnes du G20 à Saint Petersbourg portent-elles en leur cœur et conscience les peuples dont elles ont le devoir de protéger la vie ?

 Ces leaders rentrent chez eux, semble-t-il, impavides, amorphes. Certes ils sont sous haute protection, mais auront-ils digéré le menu russe qui leur a été offert et vont-ils reposer en paix cette nuit ? Et si les citoyens des pays respectifs, et si les réfugiés, les victimes, les agonisants et les morts pouvaient parler : toutes nationalités et races confondues, qu’auraient-ils dit ? Que disent-ils ? Leur sang coule et ce n’est pas de la poésie, c’est à quelques centaines de kilomètres de chez nous ?

 J’ai lu et relu étudié l’excellente analyse de Alain Délétroz – Le Temps de aujourd’hui, 6 septembre 2013 –

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 « Entrons-nous dans une ère nouvelle de tolérance absolue face à l’usage de la violence la plus barbare par des tyrans accrochés au pouvoir? »

 Et encore : « Le sommet de Saint-Pétersbourg va-t-il se conclure par les obsèques officielles de la fameuse «Responsabilité de Protéger», plus jamais mentionnée dans le débat autour des mesures à prendre en Syrie? »

 Demain, 7  septembre 2013, François, pape, nous demande de jeûner et de images.jpgprier. Selon moi, jeûner et prier sont organiquement liés. Nul besoin d’en faire un spectacle, mais, peut-être de prendre conscience que je dois sortir de mon indifférence priante, pour regarder face à face le « Serviteur souffrant » et nous remettre debout, ensemble, dans un monde plus juste !

 

22:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

04/09/2013

Ma bonne action du jour

 

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Un jeune technicien travaille dans mon bureau, il est studieux car ses heures payées sont comptées. Donc, je ne l’interromps pas. Au moment de ranger les outils, il s’arrête au bord de la fenêtre et à l’aide d’un bout de papier glissé avec une infinie précaution sous un papillon perdu, craintif, engourdi de peur... il le soulève délicatement , nous regardons ensemble l’insecte amis des fleurs … qui se dégourdit lentement, reprend souffle et vie et prend son envol, ses ailes ambrées déployées pour s'envoler en ligne directe vers les fleurs... Et le jeune homme de dire : « J’ai fait ma bonne action ».

 

Ce matin, Nolan est revenu s’occuper de mon ordinateur rébarbatif, concentré sur son travail technique, il s’arrête juste le temps d’ouvrir sa "cage à pensées" et dit : « Ce matin j’ai ramassé un hérisson  égaré sur la route et en danger immédiat d’être broyé… c’est ma bonne action. »

 

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J’ai oublié tous les soucis techniques, et j’ai vu comme une traînée lumineuse, chaude et tendre de bonnes actions quotidiennement humanisant les hommes, les femmes, les enfants, révélant l’innocente et spontanée bonté de notre divin créateur qui est, lui, l’amour en action dans les plus petites choses.

 Et j’en ai pleuré de tristesse, consciente que, dans notre monde et notre société paralysés par le « stress », on passe volontiers l’aspirateur sans se soucier des papillons égarés afin que nos couloirs soient impeccables... ou comme les étrangers, hérissés et seuls avec leur désespoir, sur la route... Mais quelqu'un, un samaritain de 2013 « Fait sa bonne action !» Et nous sauve de la mort.

 Je voudrais que nos vies sèment, jusqu’à ne plus s’en rendre compte, les bonnes actions comme comme l'ami technicien de la Rue d'à côté le fait, et comme « Jésus de Nazareth qui allait de lieu en lieu faisant du bien." (Actes 10:38).

Suivre Jésus de la Suisse au Moyen Orient, en Asie, en Afrique à la Rue du Marché, à la Taubenstrasse ou la Bahnhofstrasse… dans nos cuisines, nos chambres à coucher, nos bureaux… attention aux multiples papillons, aux multiples hérissons en danger d’être oubliés, écrasés,  aux enfants, aux pauvres, aux abandonnés,  à la merci  de l’indifférence mondialisée comme le clame infatigablement François, évêque de Rome.

03/09/2013

Jeûnons et prions

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 Nous pouvons et devons jeûner et prier pour la Paix en Syrie, que le pape François le dise ou pas. L’injustice est intolérable et lorsqu’elle règne : le  dialogue est dangereux, donc impossible ! Résultat : les victimes de la violence et du non dialogue sont muettes dans la mort. La Syrie en est l’exemple actuel sanglant qui « crie vengeance au ciel ».

 Nos discours sur Dieu paraissent dérisoires face à «l'insondable souffrance du monde, de "son" monde», Dieu est-il encore pensable? »Jean Baptiste Metz

 Oui, Dieu se révèle peut-être si nous avons le courage de le reconnaître au cœur du carnage syrien et bien au-delà.

 Jeûner et prier nous permet de prendre conscience de notre corps qui devient solidaire de celui des autres, en l’occurrence des victimes de la violence systématisée ! Le bruit des armes étouffe les cris des blessés, des mourants. Et ce sont eux, pourtant dont l’autorité doit être reconnue et qui jugeront les bourreaux. Si le jeûne et la prière devenaient planétaire un jour seulement : les armes disparaîtraient, ne serait-ce que l’espace d’un jour 

 Le Pape François décrète le 7 septembre, jour de jeûne et de prière pour la paix en Syrie, au Moyen-Orient et dans le monde.

 Jeûnons et prions là où nous travaillons, seuls ou ensembles et n’ayons pas peur de notre proximité de simples êtres humains comme nous. En Syrie, au Moyen-Orient. Notre espèce humaine tourmentée par la violence brutale et qui nous détruit tous à moins de nous réveiller...

 On ne jeûne, on ne prie pas pour faire « comme si ».

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 Notre jeûne et notre prière est une lutte, un acte de solidarité, une option pour une politique de justice active… en compagnie des peuples de Syrie, du Moyen Orient, sans oublier notre pays ni le reste du monde.

 « …la culture du dialogue : c’est l’unique voie pour la paix… un vrai dialogue demande que l'on aie confiance aux interlocuteurs.

 

« Le 7 septembre, sur la Place Saint-Pierre – ici – de 19h00 à 24h00, nous nous réunirons en prière et dans un esprit de pénitence pour invoquer de Dieu ce grand don pour la bien-aimée Nation syrienne et pour toutes les situations de conflit et de violence dans le monde. L’humanité a besoin de voir des gestes de paix et d’entendre des paroles d’espérance et de paix ! Je demande à toutes les Églises particulières qui, outre le fait de vivre cette journée de jeûne, d’organiser des actions liturgiques à cette intention. »François, pape.

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