25/09/2013

Quand les frontières disparaissent

 

 C’est l’octave. C’était le 18 septembre. On quitte Bulle sous le regard courroucé du  taureau de Bulle, installé au centre du rond-point  de l’avenue de la Gare.

 

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Le Foyer Sainte-Croix, la chapelle de Compassion adjacente au château et au Musée, l’église de Saint Pierre aux Liens, le modeste temple réformé et le modeste Centre culturel islamique albanais de la Gruyère.

Je n’oublie pas le Centranim à la rue du marché 16, ni bien sûr la Place du marché du jeudi, le kiosque à musique, la radeau du pain d’Orsonnens sous les tilleuls, les marchands, les marchandes, et les clients : tous, des gens des alentours. Sans oublier les écoles, les écoliers, les étudiants, les enseignants tous très studieux, engagés dans la création de réseaux de relations bien au-delà des frontières !

C’est à eux que je pense, à leur orientation politique plutôt centre droit et naturellement croyants, à leur culture à leurs Bénichons à répétition. Qu’ils le veuillent ou pas, Bulle est un melting-pot riche d’imagination et qui s’efforcent d’accueillir les immigrants à Bulle ! Toujours plus nombreux.

Mais la voiture volkwagon dévorent les kilomètres, les frontières disparaissent et, le soleil de midi  brille sur les chemins de Suisse centrale, jusqu’à Zoug, jusque là-haut à Menzingen, une Maison-Mère à la coupole « vaticane » et, Marie de la Montagne, belle traduction de « Maria vom Berg ».

Rien de moyenâgeux, une architecture selon l’air du temps dans le contexte d’une société cossue, et sur les routes et, au-dedans des murs, comme partout en Suisse, trop solides à mon goût, des gens, une centaine de vieilles sœurs partagent la vie et prient pour qu’arrive enfin le royaume de Dieu dans une société peut-être trop confortable pour le désirer vraiment.

Politiquement, c’est plutôt proche de Bulle, PDC ou CVP.

L’accueil est très amicale et j’ai l’impression de ne pas mériter ce que je suis en train de vivre. La bougie brûle, et vacille aussi, elle est l’une des millions de bougies, qui se consument du Moyen Orient à l’Occident, de l’extrême sud Afrique à l’Asie .... de Ghandi à Rabindranâth Tagore, à Omar Khayyam  à tous ces fous de hier et d’aujourd’hui, qui s’épuisent à chercher le sens de leur être et de leur vie dans l’absurde de notre société dont les fonctionnaires de Mammon dialoguent à l’air du sarin, au rythme des canons, au « parfum » des courbettes diplomatiques… et les bougies par millions, brûlent jusqu'au bout du chemin vers l'Aurore de notre Histoire humaine.

Oui, l’accueil est chaleureux à Marie de la Montagne : parce qu’elle a mis au monde Jésus. L’être humain vraiment et pleinement humain. Lui qui vit et meurent en Syrie, chez nous, au Japon, dans la bande de Gaza, au Sinaï et dans nos Golgotha helvétiques.

Jusque dans les Sexe-boxes du quartier de Sihlquai zurichois ! Où sont accessibles aux clients prostitueurs, les « Petites Maries » qui gagnent leur pain quotidien.

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