16/09/2013

Le dernier petit pain du Radeau d’Orsonnens

 

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Papa et maman faisaient le pain au four à bois, c’est un premier souvenir indélébile car j’étais là et je faisais des petits oiseaux avec les restes de pâtes.

 En Afrique, le pain était rare : nous nous nourrissions principalement de porridge de flocons d’avoine drus et des maïs blancs en grains ou en grumeaux bien cuits.

 En 1979, j’arrivais visiter Bondolfi Mission près de Masvingo (Zimbabwe). C'était encore la guerre. Ma consœur est venu me chercher à l’arrêt du bus venant de Harare,  elle a stoppé la  pick-up aux abords d’une espèce de boulangerie, et j’ai humé le pain frais que les gens avaient pu, parcimonieusement, se procurer pour Noël ! Nous nous sommes rassasiées de la senteur du pain en attendant de le partager durant les fêtes ! Quel délice, ce pain noir partagé !

 A Bulle que je quitte après- demain, je garderai le souvenir du radeau à pain d’Orsonnens.

 Mon plus précieux souvenir : chaque jeudi j’allais acheter un petit pain à l’épeautre, aux noix ou quelque autre gâterie.  C’était mon plaisir de la semaine, que je partageais parfois, que je mangeais toute seule aussi.

 

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Boulangerie radeau d'Orsonnens

Je connais la boulangerie du Radeau à Orsonnens même sans l’avoir visité car l’aimable vendeur m’expliquait petit à petit « L’histoire du Radeau du Pain ». La plus belle variété de pain fait maison, beau, soigné, appétissant. Pour les gourmands, quelques petits cornets de biscuits aux graines d’anis.

 Et penser que je prie chaque jour : le Notre Père du Pain quotidien. Fruit de la terre et du travail des hommes et des femmes qui suent pour que nous mangions à notre faim ! En pensant au Palestinien, Jésus de Nazareth né, dit-on à Bethléem, la maison du pain, lui dont la vie n’a été que partage de pain et qu’il l’est encore si nous sommes d’accord de le « descendre » des croix ornées de nos églises pleines ou vides, et de l’accompagner aujourd’hui, là où il EST, où il sue, survit, dans notre monde qui cherche le sens dans l’absurde d’une société dispersée qui ne distingue plus le vrai du faux et s’en va à vau-l’eau comme du bois mort.

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