11/09/2013

comment tu pries?

 « Tu pries comment ? » question d’un aimable visiteur cet après-midi alors que nous parlions du peuple syrien et des peuples du Moyen-Orient.

 Prendre conscience de notre interdépendance et de notre union en tant qu’espèce humaine et demeurer conscient de la réalité sous le regard de notre créateur commun, qu’importe le nom qu’on lui donne : c’est prier, selon moi... Il est facile de chanter « un pour tous, tous pour un » la devise traditionnelle de notre beau pays … qui devrait renverser toutes frontières jusqu’en Syrie par exemple. Point n’est besoin d’être saint pour partager, marginalement du moins, la souffrance du peuple, il suffit simplement de croire que nous sommes - encore et peut-être - des êtres humains d'une même espèce !

 Mettons de côté la noble devise de notre Suisse car, considérée dans la réalité mondiale, au Moyen Orient, en Syrie, « un pour tous, tous pour un » : c’est une « blague » !

 Plus vrai est le proverbe laotien en réfléchissant sur notre actualité :

 Quand les éléphants se battent, ce sont les fourmis qui meurent.”

 Si un chef, un homme important meure, il aura un nom, mais mille et mille enfants tués ne sont qu’un nombre, une statistique ! Des fourmis.

 Ce peuple – peut-être comme le reste de la planète – est constitué de la base, l’herbe ou les fourmis – dominé, massacré par l’éléphant blindé, bardé de missiles les plus meurtriés, propriétaire de tonnes de sarin, armes chimiques dit-on, neurotoxiques qui tuent en quelques minutes si on a de la chance ! Qui les fabrique, qui les stocke, qui les vend, qui les achète et dans quel but, et qui en profite grand Dieu !

 Est-ce que nous rendons compte que des peuples sont gouvernés par des éléphants mutés en robots et doués de l’intelligence diabolique et de la force brut du Dieu argent ?

 Je m’abstiens de les nommer... ces seigneurs de la guerre (Warlords). Je vais trop loin ? Non, car ils fonctionnent selon leur logique ! Et c’est exactement l’expérience des centaines de milliers d’enfants, de civils mutilés, piétinés, broyés, morts et soulagés enfin ! La destruction d'un peuple, la ruine d'une beau pays qu'éclaire le soleil quoidiennement !

 Le débat d’Infrarouge (TSR) met en lumière cette réalité qui nous concerne tous.

Je reste sur ma faim, cependant Marwa Daoudy, professeur de relations internationales du Moyen-Orient au St Antony's College, Université d'Oxford, s’est efforcée de ne pas oublier les civils victimes des violences et Bruno Jochum, directeur de MSF Suisse a soulevé quelque peu le voile de la honte insoutenable ! Cela mis à part, beaucoup de réthorique et peu de défis lancés. Par exemple « entr'ouvrir » nos frontières aux victimes et aux personnes en danger ?

 Les réfugiés en Syrie-même et dans les pays environnants restent des cibles d’attaques sporadiques et et comment survivre dans les camps, comment s’imaginer la « qualité de vie » à moins de la partager ne serait-ce que quelques semaines ? Deux millions de réfugiés dispersés, la Suisse accueillera un contingent de  500 d’entre eux… les petites fourmis suisses, comme moi, se sentent mal à l’aise, la honte nous fait rougir alors que nous avons de grandes maisons vides et inoccupées !

 Bref se plaindre d’avoir honte n’agit en rien et ce n’est pas une prière, c’est du self pity ! Mais la mort n’a pas le dernier mot, les fourmis se réveilleront, même mortes : les prophètes parlaient ainsi : Ézéchiel 37,11: "Nos os sont desséchés, notre espérance est détruite, c'en est fait de nous." ...  C’était à Babylone, et les os desséchés et les fourmis écrasées ont repris leur nature d’êtres humains ! Une légende, un mythe ? Mais n’est-ce pas plutôt notre actualité ? Une prière d’espérance ?

 Une prière de juste révolte contre l’asservissement des petits, une prise de conscience que les éléphants blindés n’auront plus qu’à s’exterminer les uns les autres, et de leurs cendres surgiront, peut-être ces quelques seigneurs de guerre pour rejoindre la communauté des fourmis si la repentance, le pardon, la réconciliation existent !

J’ai l’impression de griffonner de la science fiction pieusement priante ! C’est pourtant ma prière du soir.

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