11/08/2013

Petite réflexion pour le 11 août 2013

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Sainte Claire , née Chiara Offreduccio di Favarone à Assise le 16 juillet

1194 dans une famille de la noblesse,

morte dans cette même ville le 11 août 1253,

disciple de Saint François d'Assise

 

Claire d’Assise, toute jeune fille, s’enthousiasme quand elle entend François d’Assise, de quelques années son aîné, dire haut et fort qu’il en a marre de la richesse de ses parents, de la société d’abondance d’où il sort, des guerres, de la bombance, des femmes. Il préfère rejoindre la « périphérie » comme dirait le pape François aujourd’hui, en d’autres termes les va-nu pieds, les mendiants, la plèbe « sans toit ni loi ».

 Il fait scandale à la maison, s’enfuit, nu, de chez son père en colère et, dans ce qu’on nommerait aujourd’hui des bidonvilles, townships ou je ne sais quoi et, Oh ! miracle, il est accueilli tel qu’il est en ces lieux inconnus jusqu'alors, et c’est là qu’il trouve « l’Église » en chair et en os. 

 Comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu (a bolt out of the blue !) Il réalise que Jésus, le charpentier de Nazareth, vit précisément aumilieu d’eux comme il l’avait annoncé :  J’étais pauvre et tu es venu me trouver (Mt 25 : 31-46).

 Dans son nouveau havre de vie nouvelle, il réalise – deuxième coup de tonnerre – que, si sa nouvelle famille est pauvre, c’est justement parce la société qu’il fuit est riche, qu’elle a de prestigieuses cathédrales, des marchands, probablement des banques et donc une armée, des soldats... En plus, se disant « chrétienne », elle mène des campagnes de Croisades…

Comme François le comprend, c’est cette Église-là, en ruine, que Jésus crucifié chez les pauvres lui propose de rebâtir. A partir de RIEN sinon son Amour. Il va se mettre à la tâche à partir de sa base : les va-nu-pieds. C’est vraiment un minuscule David face à Goliath ! D’autres « dropouts » le rejoignent, nombreux, et forment bientôt un mouvement de mendiants joyeux et forts de leur foi en un avenir qui va donner un SENS à leur vie...

 Ils cherchent leur pain quotidien en chantant… chez les riches ! Et expliquent, avec la simplicité de novices, la raison de leur démarche. Qui en inspire d'autres à les suivre ! Le mouvement bouge...

Des jeunes filles, parmi lesquelles Claire sus-mentionnée et ma patronne, d’une famille noble et riche tend l’oreille et son cœur bat pour la liberté … elle s’esquive pour rencontrer le beau jeune François… et rencontre la société des va-nu-pieds. C'est tout un apprentissage, un monde nouveau parallèle au sien et qu'elle ignorait. Pourquoi ? Deux mondes si proches et si lointain et Jésus tiraillé entre les deux. C'est qu'elle est catholique et pratiquante comme les siens, la jeune Claire. Elle découvre les Non-sens et les contradictions !

Elle s'enfuit de sa riche demeure avec quelques amies et François, quelle audace, les recueille. Non sans d'énormes problèmes familiaux et sociaux !

Ils vivent ensemble, puis séparément, deux mouvement naissants, et avancent vers un avenir qui reste à construire : un monde égalitaire et juste.

La nécessité d’une consolidation de ce mouvement franciscain se fait sentir. L’Église officielle de l’époque, pragmatique, ne combat pas le mouvement, perçoit un signe, une potentialité à son avantage et … institutionnalise le mouvement masculin et féminin. Même le Pape Innocent III les bénit. C'est, d'un coup, une protection et un danger : une protection contre les dispersions, mais un danger de perdre à plus ou moins long terme, l’Église des racines qui les a vu naître !

 Aujourd’hui les institutions fondées par François et Claire existent toujours. Les sœurs de Menzingen, dont je suis membre, suivent la Règle du Tiers-Ordre de Saint François… mais je me demande si l’Esprit se sent à l’aise lorsqu’il essaie de secouer les structures institutionnelles afin de permettre au Mouvement Franciscain de continuer son chemin et sa lutte pour construire une société égalitaire selon Jésus. Et avec, tenons-nous bien, l’inspiration du pape François, tout neuf, qui vient de dire :

Nous vivons par ailleurs un moment de crise qui touche différents secteurs de l’existence, non seulement celui de l’économie, de la finance, de la sécurité alimentaire, de l’environnement mais également celui du sens profond de la vie et des valeurs fondamentales qui l’animent. La coexistence humaine est marquée, elle aussi, par des tensions et des conflits…. Dans cette situation complexe, où l’horizon du présent et de l’avenir semblent caractérisés par des nuages menaçants, il est encore plus urgent de porter avec courage au sein de chaque réalité l’Évangile du Christ qui constitue une annonce d’espérance, de réconciliation, de communion…

 MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2013.

 So Help us God !

 



 

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