09/08/2013

Réfléchir pour essayer de mieux comprendre le Zimbabwe aujourd'hui

 

 

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Robert Mugabe détient le pouvoir depuis 33 ans.

 

J'étais à Masvingo – zone Zanu PF en terme politique – où j'ai enseigné au Training College de Bondolfi durant une bonne partie de l'année 1980 avant le retour en Suisse. Les étudiants quasi adultes sortaient de la « Bush-war ».

Un signe d'inquiétude :

 

La même année des rumeurs parvinrent du massacre de quelques 20 000 personnes au Matabele Land à Gukurahundi. (voir le rapport de Justice et Paix de l’Église catholique au Zimbabwe sur cette période restée quasi ignorée au niveau international). C'était cependant un signe que les « Freedom fighters » étaient, pour beaucoup, encore armés. Le Zimbabwe était divisé ethniquement, principalement Shonas et Ndebele, deux tribus unis d'abord dans sa lutte contre le pouvoir blanc, et divisés tôt après l'indépendance.

 

Encore un signe :

 

En 2005 la campagne : « balayez les ordures ». Prétexte : restaurer l'ordre dans les slums concernant l'habitat, le travail au noir et selon le rapport des Nations Unies, plus de 700 000 furent chassées et plus de 2 1/2 millions furent affectées. Mes consœurs étaient témoins silencieuses, les élections 2008 approchaient, la population des zones rurales était affamée. En fait, Mugabe a perdu les élections de 2008, une répression sanglante s'ensuivit (voir quelques uns de mes blog à l'époque) à tel point que le Parti MDC vainqueur avec Morgan Tswangerai et Zanu PF formèrent un government of National Unity. C'était sans compter avec le « double agenda » de Mugabe et le résultat que l'on connaît sans comprendre !

 

(Justice et Paix fait un excellent travail quasi en marge de l'Institution trop compromise avec le pouvoir!)

 

L'homme , Zimbabwéen n'est qu'un chiffre, dès qu'il ne sert plus le Pouvoir, il est une ordure. Idem lorsque l'homme est le « Peuple du Zimbabwe » toutes ethnies et toutes races confondues. Et je suis convaincue que tant que la mondialisation de la finance sera au service du pouvoir politique, bien au de-là des frontières africaines, le « petit peuple » sera le « surplus people » bon pour les « dumping régions » de notre société.

 

C'est justement en ce peuple que vit le « Serviteur souffrant » Isaïe 53 : 2-4,

 

Kramskoi_Christ.jpg"Il s'est élevé devant lui comme une faible plante, Comme un rejeton qui sort d'une terre desséchée ; Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n'avait rien pour nous plaire.

 

Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas.

 

Cependant, ce sont nos souffrances qu'il a portées, C'est de nos douleurs qu'il s'est chargé ; Et nous l'avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. »

 

Je voulais être factuelle quant aux dernières élections, comme souvent ma réflexion glisse vers les racines. Je m'en excuse mais reviendrai sur les faits que la communauté internationale oublie trop vite. Ne sommes-nous pas très préoccupés par nos petits « problèmes » face au Serviteur souffrant si proche de nous ?"

 



 

 

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