16/07/2013

« Justifier ce qui est moralement coupable »

Depuis plusieurs jours, je réfléchis sur le vécu de Trayvon Martin et de George Zimmerman. Ayant écouté la radio, lu les journaux (les blogs aussi), l’émotion empêche d’abord une réflexion informée, et un regard un peu plus objectif, élargi débouche sur la ou les racines de ce drame qui est emblématique d’une société violente mondialisée. Et j'essaie d'y voir un peu plus clair !

Ce type de violence est le fruit de structures systémiques et medical-examiner-trayvon-martin-lived-in-pain-for-up-to-10-minutes.jpgpénétrant notre être profond. Si les journaux essayent  d’être objectifs, les analyses n’arrivent plus à exposer les vraies causes de cette maladie quasi terminale pour notre espèce humaine.  Je l’ai dit : des systèmes verrouillés, et oui, protégés et fatalement, organiquement contaminé et « promus » par la force des armes !

 J'ai finalement consulté Wikipedia :

 Trayvon Martin, 17 ans,  lycéen vif et en pleine crise d’adolescence accélérée par le contexte complexe, familial, social, culturel dans son corps qui devient masculin. Qu’il soit allé acheter des bons-bons  et un coca quelconque (sans alcool) pour rentrer à la maison, est un signe désarmant par son semblant enfantin !  Ses parents, divorcés, des amis, amies  forment  un réseau de relations distendu : à la fois un repère et un piège selon les circonstances.

 Trayvon Martin n’avait pas d’armes sur lui, il avait la défense de ses membres musclés, confronté à, et poursuivi par George Zimmerman, un volontaire de 28 ans, avec un passé de violence, était armé d’un pistolet... on peine à croire cependant qu’il ait « tiré pour tuer » s'est-il senti surpris par la vivacité musclées de l’adolescent et son instinct « trigger happy » agit ?

 George Zimmerman habitait dans cette région-là et le portrait succinct qu’en fait Wikipedia montre le type américain, brut, pas très dégourdi à première vue avec des visées de « pouvoir » qui aboutit nécessairement au port d’armes et au travail de surveillant « volontaire » qui ignore les ordres de la Police et s'attaque aux plus faibles. C’est à Retreat at Twin Lakes à Sanford, un « multi-ethnique Home Gated community » qu’il habite, fait ses tournées de nuit, et que le drame a eu lieu.

 (J’ai visité des sud-africains, en 1999, résidant dans un « home gated community » et j’ai immédiatement réalisé la nocivité de ce lieu sur d’anciennes connaissances. Ce couple et leurs voisins, en plus d’être « gated » c’est-à-dire encerclés d’une barrière sécurisée, avaient pourtant peur de tout ! Et la peur en plus de securitas payant, les avait menés être « accrocs » d’armes à feu ! J’imagine alors la mentalité à Sandford)

 Le procès – projeté sur les écrans – divertit les uns, blesse les autres, c’est selon mais empoisonne les téléspectateurs ... les média font leur travail, jusqu’à la prochaine fois.

 Zimmermann a été acquitté, les Etats-Unis sont divisés, le racisme « refait feu de brousse », c’est une spiral de violence dans les têtes, les cœurs, tous victimes des systèmes de violence mondialisés, entretenus par le marché des armes lucratif – chez nous aussi - comme dit plus haut.

 Au de-là du verdict qui innocente un coupable et condamne la victime morte (qui avait le « profil d’une délinquant » dès l'abord !!! sic ! ) au de-là de Obama qui ose dire,  face à sa race, face au peuple dont il a la charge : « Trayvon pourrait être mon fils, mais « le Jury a parlé ».

 Résultat, en bref :  Les « jeunes », africains sont des délinquants en puissance : aux États-Unis comme en Suisse quand il s’agit de demandeurs d’asile d’emblée qualifiés de criminels … Donc, la « Justice américaine » et nos « Lois sur l’asile », nous amènent (si nous obéissons) à la déchéance : « Justifier, ce qui est moralement coupable. »  

 Quelle serait votre prière ce soir ?

Ma prière : je ne sais pas.

23:12 Publié dans Général | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.