22/06/2013

Francois et Alberto

 

 

Jésus chevauchait un âne en son temps et en son lieux et ne s'affichait pas avec les grands de son monde sinon quand ceux-ci images (37).jpgle faisaient comparaître pour le juger.

Jean-Paul II, son vicaire, n'évitait pas les photos avec les puissants du monde chrétien. Avec Pinochet par exemple ce qui rehaussait le "prestige" du potentat dominant les opprimés.images (38).jpg

Idem avec Benoît XVI qui paraît à son aise avec Bush de triste mémoire.

Il semblerait que Francois, comme Jésus, mette les choses sens-dessus-dessous. S'il ne méprise personne, même pas les chefs, il va spontanément vers celles et vers ceux de qui il dit: si vous accueillez l'un de ces plus petits, c'est moi que vous accueillez.

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19/06/2013

Le bourbier systémique

 Je me souviens : un jeune Africain me disait ce que cela signifie « avoir 20 ans » en Afrique australe à l’époque de l’exploitation raciale qui lui ôtait toute perspective d’un avenir meilleur.

 Aujourd’hui, les lois injustes ont été abrogées, le gouvernement  est composé de toutes les races. De gros efforts sont faits pour reconstruire une société plus juste. Comme partout, le pouvoir politique, s’il est jumelé au pouvoir économique, va à la dérive. Ainsi aujourd’hui, alors les élections auront lieu dans un an, un jeune, une jeune africain/e n’a même plus envie de dire : « Avoir 20 ans en Afrique » avec un frisson d’espoir. vzm48mac.jpgOn somnole, le système semble assoupi sur ces structures mondialement verrouillées. « Je suis comme une girafe qui scrute l’horizon lointain et dont les sabots sont embourbés sans possibilité de se dégager pour avancer ! » C’est ça, avoir 20  ans dans notre société inégale.En Afrique et ailleurs!

 Le bourbier immobilisant toute velléité d’avance : c’est le système économique indigne de ce nom, car il paraît être organiquement lié à la rage de "s’humaniser" en tuant la fange humaine et superflue ! Pure cécité! Pure cynisme!

 Le système fait courir en Irlande les G8, pourquoi ?  Bilan : « Divisés sur la Syrie, les dirigeants des grandes puissances du G8 ont affiché mardi en Irlande du Nord un front uni pour "combattre le fléau de l'évasion fiscale". » Où se trouve la racine du fléau ? Ils restent, presque d’un commun accord, divisés sur « la Syrie » !!! Un front commun pour Mammon, une division – pourquoi ne pas cyniquement dire – commune sur le calvaire syrien.

Autant de girafes aux sabots coincés dans le bourbier de leur intérêt, collectif ou non et qui posent pour la photo de famille...

Lex USA: Le bourbier cloîtrant les sabots de la girafe, on le trouve aussi chez nous, même si cela nous répugne, il faut y faire face : depuis mon retour d’Afrique, je suis frappée de l’honnêteté des compatriotes que je connais lorsqu’il s’agit de gérer l’argent. A « un centime » prêt me disait un ami banquier retraité. Et je n’en doute pas. Alors, le bourbier, dans notre système bancaire, c’est quoi ? C’est qui ? Depuis que cela dure ! Madame Widmer-Schlumpf, stoïquement pour ne pas dire héroïquement, fait ce qu’elle doit faire, comme le petit David avec sa fronde et sa pierre face à Goliath américain, « un géant d’une taille de six coudées, une cotte de mailles en cuivre de 5000 sicles,  soit 57kg. et armé de la lame de fer de sa lance de 600 sicles, soit de plus de 6 kg. Widmer-Schlumpf n’a qu’une petite pierre et une fronde. » Je simplifie à outrance.

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 Les délibérations de nos politiciens et Widmer-Schlumpf ressemblent aux girafes de la hauteur de leur six mètres, ils scrutent  intensément … l’horizon… cela ressemble de loin a une palabre à l’ombrage du grand arbre du parlement. Et cela ressemble encore davantage à l’effort des girafes tentant de libérer leurs sabots de la bourbe systémique !

  Ma Prière pour la patrie, pour les gens qui gèrent  et pour celles et ceux qui sont gérés, afin que nos pieds secouent la bourbe redeviennent les beaux pieds 

que nous aimons !

 Dérange-nous, Seigneur

lorsque nous sommes satisfaits de nous-mêmes

 lorsque nos rêves se sont réalisés

 parce que nous avons trop peu rêvé

 Dérange-nous, Seigneur

 lorsque l’abondance de nos possessions

 nous fait oublier l’eau de la source

 lorsque fascinés par le temps qui passe

 nous oublions nos rêves d’éternité

 et nos efforts pour construire un monde nouveau

 nous font oublier le ciel

 Secoue-nous, Seigneur

 éveille en nous l’audace de larguer les amarres

 au large, au-delà  de toute sécurité

 vers les tempêtes révélant ta maîtrise

 lorsque la terre natale se dérobe à nos yeux

 attirés vers l’étoile

 Nous te le demandons au nom de celui qui fait reculer

 l’horizon de nos espérances et nous invite à le suivre

 Amen

 Attribuée à sir Francis Drake – 1577

 (ma traduction libre et adaptation)

16/06/2013

Comme promis ...

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J'ai promis de présenter d'une manière succinte Hermann-Josef Venetz (en Suisse) et Richard Rohr (aux Etats-Unis), en plus d'Albert Nolan (Afrique du Sud) rencontrés chemin faisant. Ce qui apparaît sur le blog de temps à autre, montre que les frontières n'existent pas et que l'horizon s'éloigne au fur et à mesure qu'on avance...vers une société et une planète qui méritent d'être respectée et aimée.

 « Pour les gens, qui suis-je ? Marc 8 : 27-35

 Hermann-Josef Venetz

 Il est née en 1936 à Brigue, en Valais. Il a enseigné la théologie à l’Université, à Fribourg ch de 1975 à 2003). Des livres, des conférences, des articles, des interventions à DRS2 durant de longues années. L’agence de presse internationale catholique ,APIC vous en dit plus sur « ce théologien du quotidien. »

 Un livre de Venetz traduit en français : « C'est ainsi que l'Église a commencé » Regard sur le Nouveau Testament (1986)
Traduit de l'allemand par Jean-Pierre Bagot

« Les préoccupations essentielles des premiers chrétiens n'étaient pas de s'en tenir à des solutions rigides et fixées une fois pour toutes, mais de répondre de la meilleure façon possible au défi que constitue « l'affaire Jésus. »

 « Depuis toujours, les chrétiennes et les chrétiens doivent faire un choix entre deux types de paix:

 Celle de l’empereur, qui se manifeste par la force militaire, la domination politique, l’oppression économique, la richesse et le luxe,

 ou la paix au sens réel du terme, qui va de pair avec l’égalité, la justice, la solidarité, le dialogue, le pardon, la réconciliation. »

 Professeur Hermann-Josef Venetz, Institut biblique de l’Université de Fribourg (CH)

 Hermann-Josef collabore volontiers à mon blog. Et j’en suis ravie. Nous avons rassemblé une soixante de ses billets en une petite brochure bilingue. « Paroles en Chemin ».  Hermann fête aujourd’hui à Viège (VS) 50 ans de sacerdoce au service de la Parole.

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 « Pour les gens, qui suis-je ? Marc 8 : 27-35

 Richard Rohr?

images (10).jpgChaque jour, je reçois un billet de Richard Rohr (OFM) en anglais. Je lui ai écrit et, de grand cœur aussi, il est content s’il peut participer à allumer des petite bougies dans nos cœur et dans nos têtes à travers mon blog et j’en suis ravie.

Richard Rohr est né au Kansas en 19433. Il est prêtre et membre de l’Ordre franciscain, depuis 1970) Il est théologien œcuménique.

 Il vit à Albuquerque, New Mexico. Il a fondé le Centre pour la contemplation et l’action. Plus d'Info sur Richard Rohr

 Il était invité à la Maison Sainte Dorothée, Flueli Ranft en octobre 2012. Il connaît donc un petit coin de Suisse. On ne s’est jamais rencontré, sinon par mail, ce qui est pratique.

 La vidéo, malheureusement en anglais, nous permet de l'entendre...

 

14/06/2013

Le mal est aussi communautaire et collectif

 

Richard Rohr : Méditation pour le 13 juin 2013

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 Jusqu’à présent, nous avons presque toujours insisté sur le péché personnel, sans avoir une idée claire du « péché structurel » et du « mal institutionnel » comme l'a rappelé à juste titre Jean-Paul II. Il y a eu peu de recherche du lien profond entre les structures – que les gens acceptent sans critique – et le mal qu’elles font aux individus.

 La personne individuelle est en général coupable de pécher alors que Paul nomme ces péchés : les pouvoirs, les souverainetés et les principautés (Romains 8:38, Colossiens 2:15, Éphésiens 3:10 6,12), ces péchés collectifs et communautaires ne sont pas pris très au sérieux dans l’Histoire de l’Église semble-t-il.  Paul utilise ces mots – pouvoirs, souverainetés, principautés – pour désigner les institutions et les systèmes sociaux : elles ont leur vie (et mort) propre qui échappe à notre compréhension ainsi qu’à toute critique honnête.  En fait leur force, leur puissance et leur apparente bienfaisance nous poussent à les adorer. «Too big to fail», disons-nous aujourd'hui.

 Nous sommes enclins à diaboliser la prostituée, sans toucher à l’industrie de la pornographie à tous les niveaux.  Nous sommes enclins à détester les personnes avides, alors qu’en même temps, nous faisons notre possible pour profiter du système qui les enrichit.

 Encore : les gens d’un pays sont enclins à soutenir, à idéaliser-même, les guerres que mènent leur patrie. En fait, peu de choses sont aussi romancées qu'une guerre, à l’exception prêt de ceux qui en souffrent. Parallèlement nous râlons face à la violence des rues, la violence des jeunes, et la violence étalée sur les écrans chaque soir. Nous nous rendons compte, lentement, qu’il est impossible de jouir du bien et mal en un tout qui nous est profitable. Si la violence est un moyen de résoudre les problèmes internationaux, c'est également un moyen de résoudre les problèmes à la maison.  Nous ne pouvons pas dire « ce n’est pas bien pour nous ici, mais c’est bien pour eux là-bas. »

 Nous savons nommer le péché individuel et le mal, mais nous ne pouvons pas nommer le péché systémique et le mal institutionnel, de telle sorte que nous en sommes arrivés à nous contenter d’une morale très inégale  que peu de gens prennent au sérieux ... parce que c'est presque impossible de la mettre en pratique ! C'est pourquoi nous avons besoin d'une éthique de vie cohérente.

 Richard Rohr

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 (Adapted from Spiral of Violence)

L'original se trouve dans Katutura english

 

Je vous présenterai très bientôt l'auteur de ces textes que je lis, au quotidien, Richard, comme mon cher Hermann-Josef Venetz collaborent généreusement avec moi et toutes celles et tous ceux qui cherchent le regard de Jésus sur notre société : le passé, le présent et l'avenir !

 

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12/06/2013

Journée mondiale du Travail des enfants : 12 juin 2013

 

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Un enfant, c’est qui ?

 Adam et Eve, selon les Ecritures, n’ont jamais fait l’expérience de l’enfance. C’est un manque sérieux pour eux. Ils sont deux adultes sexués, heureux dans un paradis, dit-on, ils engendrent deux « adultes » : Caïn et Abel. Eux aussi auraient été privés d’enfance et cela finit par un meurtre. Caïn est chassé, comme ses parents le furent, et, au cours de l’errance il trouve une femme  et ils sont féconds. La fécondité de la création primale est intense. Mais ne s’agit-il pas d’une "espèce humaine" dès l’origine?

 L’enfance : les enfants n’ont pas de place privilégiée dans les récits de l’Ancien Testament. Ils sont des « choses », ils n’ont pas la parole, ni le sourire, ni les larmes. Aucun embryon d’autonomie. Ils sont éduqués avec la verge et le bâton. Exemples

 La verge et la correction donnent la sagesse; mais l'enfant qui est abandonné à sa volonté fait honte à sa mère. Pr 29,15

 La folie est liée au coeur de l'enfant, et la verge de la discipline l'en chassera. Pr 22,15

 

Jésus vient mettre les choses sens-dessus dessous. Il a le sens de l’enfance, il a fait l’expérience de l’enfance dans une famille d’artisans du lieu, il a connu la révolte de l’adolescent… Lc 2,41-52

Je ne peux m’empêcher de partager quelques paroles de Jésus au sujet des enfants :

 « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants."

« Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. » Mt 18:3

  • « Et Jésus dit: Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. » Mt 19 14
  •  « N'avez-vous jamais lu ces paroles: Tu as tiré des louanges de la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle?»
  •  « Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m'a envoyé. »
  •  « En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux tout petits  enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi. »

 Nos enfants : ma réflexion se limite au thème de la Journée mondiale du travail des enfants

 Journée mondiale contre le travail des enfants 2013

 En 2013, l'OIT marque la Journée mondiale contre le travail des enfants en se penchant sur le sort des enfants impliqués dans le travail domestique.

 1.   Dix millions d’enfants impliqués dans le travail domestique - Quelle est la situation dans mon pays?

 2.   Les musiciens font vibrer la corde sensible pour lutter contre le travail des enfants -Comment y participer?

 3.   Liste des activités dans le monde - Il y a-t-il des activités contre le travail des enfants dans mon pays?

 « Les partenaires sociaux de l’Organisation Internationale du Travail, (OIT)  la société civile, institutions, y compris les institutions religieuses et ecclésiastiques, les écoles, les groupes de femmes, de jeunes,  tournent leur attention vers les enfants : il s’agit de rendre compte des efforts accomplis, des efforts de prise de conscience de la réalité ».

 Ici, nous renouvelons  notre engagement personnelle et, si possible collectif. Il s’agit de dire NON au travail domestique des enfants – pour ne prendre que ce secteur-là ! Faire reculer ce travail là où il existe : l’information est nécessaire. Mais c’est urgent et le temps presse.

 Nous sommes des adultes, et nous savons : donc nous sommes responsables. Mon Dieu, que l’enfant que je fus n’ait pas honte de la personne âgée que je suis. Je voudrais permettre aux enfants victimes de l’exploitation de me remettre en question :

 quand je mange du chocolat

 quand je porte des vêtements fabriqués en partie par des mains d’enfants

 quand je marche sur des pavés bien taillés, taillés sur mesure par la main de l’enfant maîtrisant un lourd marteau

 Je sais que c’est le système qui est à la racine de l’exploitation : donne-moi la force de me confronter au système et d’en parler.

 Je sais que c’est la pauvreté qui oblige les parents à faire travailler les enfants : donne-moi la générosité de combattre les racines de la pauvreté, centimètre par centimètre.

 Un prière utopique ? Peuit-être: mais c'est la prière que Jésus nous a appris : celle du pain partager: afin que cesse le travail des enfants!

Que je lise alors l’Ancien Testament d’un œil critique, que je lise la parole de Jésus et qu’elle soit mienne dans la pratique: si difficile dans une société d’abondance!

10/06/2013

Prière du soir

 

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Vivre, c'est changer jour après jour, c'est avancer vers un but et c'est savoir que tout notre cœur, toute notre volonté sont tendus vers ce but : hors-espace temps. Ce sera accompli : plutôt que de s'efforcer d'atteindre le plus haut sommet, j'ai toujours préféré la traversée, d'un désert, d'une mer, d'une rive à l'autre. L'accomplissement : la foi d'avoir contribué à la construction, jamais achevée, de la famille de Dieu. La vie a, et aura eu le sens merveilleux d'être co-créateur.

 Avec Madiba (Nelson Mandela) lorsqu'il aura donné à Dieu (Modimo) son dernier souffle, rencontrera le reflet de son propre sourire dans la pureté de la Croix du Sud ! Il a déjà dit, il y a longtemps son « nunc dimittis ».

 Le petit peuple se sent depuis longtemps seul avec la flamme de Madiba qui restera l'énergie pour continuer la « Long chemin vers la Libération. »

 C'est un long chemin pour les étrangers cherchant chez nous du pain, de l'eau, de L130610c.jpgl'amitié, non par avidité économique, par besoin de survie. Il semble que l'Europe, la Suisse, préfèrent le replis sur soi et la rentabilité. Le 9 juin, la majorité n'accordera aux étrangers que de maigres miettes de pain sec et quelques gouttes d'eau et des ombres d'amitiés hésitantes. Toutes les excuses sont « bonnes » pour refuser le partage et l'amitié : il n'y a qu'une vrai excuse qui crève les yeux : Notre EGO collectif panique. Il est atteint de lâcheté. Toutefois, si 79 % des voix ont dit oui au durcissement de la Loi sur l'asile, remercions les 21 % qui ont dit non à l'égoïsme et oui à la justice avant la sécurité et la rentabilité. Je suis certaine que les vrais changements en vue du bien commun prennent naissance et corps au ras des pâquerettes. La démocratie directe en Suisse nous offre la chance de l'engagement collectif. Aujourd'hui et dans cette dernière votation, il n'est même pas question de rapport de force perdant : il est question de respecter sa propre dignité d'être humain, et celle de tous.

(Image cartoon: avec l'aimable permission de © Chappatte - www.globecartoon.com,)

Je prie ce soir pour la Conseillère fédérale Evelyn Widmer Schlumpf. Elle aussi, en charge de l'asile en son temps s'est laissée aller au fonctionnement privé de sentiment, et S. Sommaruga suit cette trace. Mais Evelyn Widmer Schlumpf doit (collégialement) assumer le bourbier et les abcès qui éclatent de toutes parts dans ce sacro-sanct « sanctuaire financier » abritant Mammon qui ne pardonne pas. Je prie que la dignité humaine de cette fonctionnaire soit respectée. Oui, « . La Suisse traverse une crise politique, car elle est en train de perdre les affaires "où elle cultivait des 1292675_pic_970x641.jpgavantages concurrentiels un peu parasitaires ». Mme Widmer-Schlumpf a simplement le courage de regarder les choses en face. "Puisque nous ne pouvons continuer comme avant, dans le dysfonctionnement banalisé et systématisé, le plus urgent est de s'adapter » et c'est ce que la conseillère fédérale fait.  Courage. J'ai horreur de cette hypocrisie révélée en termes clairs par Laurent Flutsch dans l'édito de Vigousse (7 juin 2013).

 Et je me souviens d'une petite réflexion dans le blog en 2008 je crois lors de la saga de Samuel Schmit et Roland Nef : j'avais cité : « Parfois, dans le stress du quotidien, on oublie l'âme. Et soudain une grande fatigue est là. Non pas une fatigue physique, mais une fatigue de l'esprit.»
(Notre ministre de la défense,
Samuel Schmit très ému, qui s'est révélé être un animal politique blessé.)

 La comparaison est sans doute mal placée. Je m'en excuse mais je dis : Qu'importe ! Je crois savoir le mal que peut faire (sans le vouloir ni le savoir) le rejet, avec mauvaise foi ce qu'on sait être mûri et juste et de s'acharner sur « un bouc émissaire » comme un enfant refuse d'avaler son huile de foie de morue qui l'aiderait à grandir !

Une fois ou l'autre, chacune, chacun fait sa prière du soir, le cœur au repos où larme à l’œil.

 Ma prière, c'est : « Mon Dieu, je remets mon âme entre tes mains. »

06/06/2013

A l'écoute des étrangers

 

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Le roi David désirait bâtir une Maison pour l’Éternel comme il avait fait bâtir pour lui-même, le roi, une maison en bois de cèdre. Ce qui était bien pour le roi, était aussi bien pour Dieu.

 Nathan, qui avait soumis le projet à Dieu, revint vers David pour lui faire part de sa décision négative. Durant toutes les années que Dieu a cheminé avec son peuple, Il s’est contenté d’une tente et jamais il n’a émis le désir d’habiter dans une maison. Dieu ne se laisse pas enfermer. Il veut être avec son peuple et l’accompagner sur sa route. Pour Lui comme pour son peuple, une tente suffit. Un palais ne servirait qu’à le bloquer.

 Des années plus tard, le roi Salomon voulut quand même réaliser le projet de David : il bâtit un Temple pour Dieu. Au Chapitre 8 du premier Livre des Rois, le discours de Salomon à son peuple à l’occasion de la consécration du Temple est rapporté: il adresse une prière très personnelle à Dieu, ainsi qu’une prière pour le peuple. Mais sa prière prend une envergure plus large lorsqu’il dit à Dieu : « Quand l’étranger qui n’appartient pas à ton peuple d’Israel, viendra d’un pays lointain …  et qu’il viendra prier ici, exauce-le du haut de ta demeure et accorde-lui tout ce qu’il te demandera. »

 On a presque l’impression que Salomon veut présenter le projet de David en une version améliorée : Dieu habitera dans une maison, mais les étrangers aussi devront trouver une écoute auprès de lui.

 L’apôtre Paul interpelle la communauté de Corinthe: « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous… ? » (1 Cor. 3 :16)

 Il semble que nous, chrétiennes et chrétiens d’aujourd’hui, avons oublié cela : sinon, nous serions mieux à l’écoute des étrangers parmi nous, et des étrangers qui viennent de pays lointains.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

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04/06/2013

la terre, le travail, le pain

 

Pour manger il faut travailler. En tant que fille de paysan l’éducation à la vie de famille se faisait naturellement. La terre : un trésor ; travailler la terre : un privilège.

 

Faire du pain : un rituel. Chauffer le four, enfourner, retirer les miches, mettre la table pour la famille : une douzaine de bouches à nourrir. La prière et le partage. Manger chacun à sa faim, sans gaspiller, sans éparpiller les miettes et les déchets. Boire le verre d’eau du puits … se réjouir car c’était bon et le dimanche, c’était meilleur.

 

Faire la vaisselle à deux ou à trois et retourner soit à l’école, soit à l’écoute des nouvelles de la radio, et naturellement, selon les saisons, continuer le labeur quotidien.

 

Les parents géraient l’argent, la monnaie. Pas « d’argent de poche » mais on n’y pensait pas. C’était un honneur d’aller au magasin, faire les commissions, payer avec 5 francs et rapporter la monnaie. La dame du magasin nous donnait chacun une gaufrette que l’on rapportait à la ferme pour la partager avec qui serait là le premier.

 

Les parents payaient l’électricité, les impôts à l’église, à la commune, au canton et/ou à la confédération. Papa, chaque année accomplissait la « corvée » comme les autres. Cela consistait à entretenir une quinzaine de mètres de route qui conduisait à la route principale où passait la « poste » deux ou trois fois par jour. J’ai l’impression claire que le travail était, non pas une contrainte, mais une satisfaction !

 

Une fois, en juillet 1936 je crois, la grêle était passée par là : la moitié de la large toiture envolée et le reste troué et je vois encore papa, dehors devant la porte de la maison, sous les rayons d’un soleil triste et larmoyant, papa regardant à quelques centaines de mètres, un beau champs de blé mûr, aplati comme un tapis doré. J’ai senti sa main serrer la mienne très fort … juste un moment et maman qui sort aussi de la maison et tous les deux, le visage grave, en silence, rentrer  dans la grande chambre pour parer au plus pressé. Nous mettre à l’abri pour la nuit. Et vérifier l’état du bétail, grâce à Dieu, intact.

 

Mon souvenir très net est qu’’il n’y avait pas eu de récrimination, pas de fatalité non plus. Un air de gravité partagé en famille et dès le lendemain, les agents d’Assurance sont venus, puis, assez rapidement, le large toit fut refait de tuiles rouges et neuves.

 

L’étrangeté de cette catastrophe, c’est que l’averse de gros grêlons s’était abattue comme un large ruban dévastateur sur le terrain de deux ou trois fermes dont la nôtre.

 

La vie normal a repris sans tarder, plus simple encore qu’avant peut-être, car il y avait eu pas mal de dépenses, mais, le blé restant au grenier  suffit à la farine nécessaire pour continuer à faire le pain de la semaine, jusqu’à la saison prochaine. Papa disait : ne gaspillez pas le pain, les enfants. C’était comme une parole d’évangile. Est-ce que je sublime ce souvenir de ma treizième année ? Je ne crois pas. Il me donne de l’espoir pour un monde meilleur !

 

Nos parents, à l’époque, n’avaient pas de compte en banque.

 

 

 

02/06/2013

Le ciel, le soleil: ici et là-bas

 Puisque le soleil revient, réjouissons!

 On a envie de rire, de chanter, d’aller se promener, l’air du large nous ferait tant de bien !

 Merci, Créateur de l’Univers,  pour le soleil, la douce chaleur, la luminosité quelque peu molletonnée, le retour et le renouveau !

 Merci ! Vraiment ? N’est-ce pas un peu facile ? On se souvient de notre juvénile générosité solidaire chez les exploités : « Ne rien posséder que tous ne puissent posséder » ! En pensant au bien commun !

 A quelques heures de vol, pas de toits, pas de pain, pas d’eau, et plus de ciel ni de soleil car les bombes tombent, les femmes et les enfants, sous les décombres gémissent et…meurent s’ils ont de la chance !

 Que notre merci au Seigneur se transforme en supplication, ne serait-ce qu’une supplication de solidarité à distance si on en est là !

 Ecoutant le Dr Tawfik prier d’une voix ou filtre le désespoir  de l’agonie :


 

Qu’ils nous rendent enfin notre ciel pacifié,

 Le ciel de la Syrie arraché à la terre par les armes de terreur

 Quousseir : le nouvel enfer, l’enfer des innocents, suite à Homs, à Alep, à Damas. Là où les gens sont pris en étau… comme dans les « fours » d’il y a quelques années à peine.

 Et l’impardonnable crime du Pouvoir refusant le passage à la Croix Rouge en route pour porter secours…

 

Et je me dis : si au moins je ne le savais pas, si j’étais en brousse parmi les quelques civilisés restants.

 Mais je suis, nous sommes proches, tout comme nous l’étions autrefois, avec la satisfaction de pouvoir prendre parti, sinon pour tous les révoltés, du moins pour tous les blessés… et de partager

 En Europe, à quelques heures de vols, nous sommes des spectateurs enfauteuillés… en attendant godo, ce qui qui est moins fatigant que de vérifier les informations, de les analyser, de pleurer, de discuter, de chercher des moyens d’aimer… et de prier.

 Merci du soleil qui revient dans le ciel helvétique

 Et que le ciel du Moyen Orient, de la Turquie que j’aime, de la Syrie où est née Marie, dit-on retrouve son ciel pacifié afin que le soleil viennent sécher les flaques de sang d’enfants innocents.

 

01/06/2013

Quand Jésus propose un DEAL

 Qui t’a donné cette autorité ? Qui t’a donné la permission ?

 images (27).jpgDans une société hautement et religieusement hiérarchisée, l’Esprit de Pentecôte doit se sentir mal à l’aise lorsqu’il parle par la bouche d’une personne comme les autres. J’en ai fait l’expérience - surtout lorsque ce qu’on a à dire est traduit en acte (!) et plus encore lorsque le contexte se sent soumis à une autorité quelconque. Il est bien possible qu’une lectrice, un lecteur se soit fait « taper sur les doigts » pour une « audace mal placée », alors qu’il s’agit simplement de laisser de côté ta conscience socialisée pour obéir à ta conscience de « témoin des valeurs de l’Evangile ».

J’ai eu la chance rare et inouïe, de faire mon noviciat en Afrique du Sud, dirigée par une « maîtresse de Novices », comme on dit, qui mettait l’accent sur « l’énergie nécessaire et indispensable" (ses mots) pour accomplir la tâche (enseignement) dans un système perclus d’injustices : l’apartheid.  Et je me rendais compte que l’autorité ecclésiastique et religieuse était subtilement contaminée par le système, ne serait-ce que par prudence et pragmatisme !

 Jésus, dans l’évangile de ce matin.

 L’Apôtre Marc rapporte que Jésus, le fils du charpentier Josef, de Nazareth  « allait et venait dans le temple » Comme s’il était là, pas comme un touriste, mais comme quelqu’un de la Maison ! Ceci irritait les officiels de cette Maison de Dieu : les prêtres, les scribes, les anciens. On imagine la scène : « Ils » scribes, prêtres, anciens, interpellent le Fils de l’Homme : « Qui t’a donnée l’autorité pour  faire cela ? »  Cela, c’est quoi ? Sa seule présence d’homme libre, sa parole et ses actions de guérison, s’il y avait lieu…  Jésus – je l’imagine dans la force de la trentaine – propose un deal. « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi et je vous dirai par quelle autorité je fais cela. Est-ce que le baptême de Jean (le baptiste au Jourdain) venait du ciel ou des hommes ? Répondez-moi. » Les voilà pris à leur piège : ils cogitent, «Si nous lui disons : du ciel, il nous répondra, alors, pourquoi n’avez-vous pas cru ce qu’il vous disait ? » «Si nous lui disons, des hommes…  ils redoutaient  la colère de la foule qui était convaincue que Jean-Baptiste était réellement un prophète. » « Ils répondirent : nous ne savons pas et Jésus de conclure selon le deal: moi non plus je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela. »

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On voudrait applaudir, mais on ne sait que trop bien que l’autorité -  celle au Temple et celle des palais, des trônes d’aujourd’hui, cette autorité-là n’est ni écoute, ni service, ce type d’autorité ne pardonne pas ! Elle ne supporte ni le dialogue, ni la confrontation, ni le deal ! Et elle n'accepte pas de DEAL.