14/06/2013

Le mal est aussi communautaire et collectif

 

Richard Rohr : Méditation pour le 13 juin 2013

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 Jusqu’à présent, nous avons presque toujours insisté sur le péché personnel, sans avoir une idée claire du « péché structurel » et du « mal institutionnel » comme l'a rappelé à juste titre Jean-Paul II. Il y a eu peu de recherche du lien profond entre les structures – que les gens acceptent sans critique – et le mal qu’elles font aux individus.

 La personne individuelle est en général coupable de pécher alors que Paul nomme ces péchés : les pouvoirs, les souverainetés et les principautés (Romains 8:38, Colossiens 2:15, Éphésiens 3:10 6,12), ces péchés collectifs et communautaires ne sont pas pris très au sérieux dans l’Histoire de l’Église semble-t-il.  Paul utilise ces mots – pouvoirs, souverainetés, principautés – pour désigner les institutions et les systèmes sociaux : elles ont leur vie (et mort) propre qui échappe à notre compréhension ainsi qu’à toute critique honnête.  En fait leur force, leur puissance et leur apparente bienfaisance nous poussent à les adorer. «Too big to fail», disons-nous aujourd'hui.

 Nous sommes enclins à diaboliser la prostituée, sans toucher à l’industrie de la pornographie à tous les niveaux.  Nous sommes enclins à détester les personnes avides, alors qu’en même temps, nous faisons notre possible pour profiter du système qui les enrichit.

 Encore : les gens d’un pays sont enclins à soutenir, à idéaliser-même, les guerres que mènent leur patrie. En fait, peu de choses sont aussi romancées qu'une guerre, à l’exception prêt de ceux qui en souffrent. Parallèlement nous râlons face à la violence des rues, la violence des jeunes, et la violence étalée sur les écrans chaque soir. Nous nous rendons compte, lentement, qu’il est impossible de jouir du bien et mal en un tout qui nous est profitable. Si la violence est un moyen de résoudre les problèmes internationaux, c'est également un moyen de résoudre les problèmes à la maison.  Nous ne pouvons pas dire « ce n’est pas bien pour nous ici, mais c’est bien pour eux là-bas. »

 Nous savons nommer le péché individuel et le mal, mais nous ne pouvons pas nommer le péché systémique et le mal institutionnel, de telle sorte que nous en sommes arrivés à nous contenter d’une morale très inégale  que peu de gens prennent au sérieux ... parce que c'est presque impossible de la mettre en pratique ! C'est pourquoi nous avons besoin d'une éthique de vie cohérente.

 Richard Rohr

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 (Adapted from Spiral of Violence)

L'original se trouve dans Katutura english

 

Je vous présenterai très bientôt l'auteur de ces textes que je lis, au quotidien, Richard, comme mon cher Hermann-Josef Venetz collaborent généreusement avec moi et toutes celles et tous ceux qui cherchent le regard de Jésus sur notre société : le passé, le présent et l'avenir !

 

16:55 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

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