10/06/2013

Prière du soir

 

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Vivre, c'est changer jour après jour, c'est avancer vers un but et c'est savoir que tout notre cœur, toute notre volonté sont tendus vers ce but : hors-espace temps. Ce sera accompli : plutôt que de s'efforcer d'atteindre le plus haut sommet, j'ai toujours préféré la traversée, d'un désert, d'une mer, d'une rive à l'autre. L'accomplissement : la foi d'avoir contribué à la construction, jamais achevée, de la famille de Dieu. La vie a, et aura eu le sens merveilleux d'être co-créateur.

 Avec Madiba (Nelson Mandela) lorsqu'il aura donné à Dieu (Modimo) son dernier souffle, rencontrera le reflet de son propre sourire dans la pureté de la Croix du Sud ! Il a déjà dit, il y a longtemps son « nunc dimittis ».

 Le petit peuple se sent depuis longtemps seul avec la flamme de Madiba qui restera l'énergie pour continuer la « Long chemin vers la Libération. »

 C'est un long chemin pour les étrangers cherchant chez nous du pain, de l'eau, de L130610c.jpgl'amitié, non par avidité économique, par besoin de survie. Il semble que l'Europe, la Suisse, préfèrent le replis sur soi et la rentabilité. Le 9 juin, la majorité n'accordera aux étrangers que de maigres miettes de pain sec et quelques gouttes d'eau et des ombres d'amitiés hésitantes. Toutes les excuses sont « bonnes » pour refuser le partage et l'amitié : il n'y a qu'une vrai excuse qui crève les yeux : Notre EGO collectif panique. Il est atteint de lâcheté. Toutefois, si 79 % des voix ont dit oui au durcissement de la Loi sur l'asile, remercions les 21 % qui ont dit non à l'égoïsme et oui à la justice avant la sécurité et la rentabilité. Je suis certaine que les vrais changements en vue du bien commun prennent naissance et corps au ras des pâquerettes. La démocratie directe en Suisse nous offre la chance de l'engagement collectif. Aujourd'hui et dans cette dernière votation, il n'est même pas question de rapport de force perdant : il est question de respecter sa propre dignité d'être humain, et celle de tous.

(Image cartoon: avec l'aimable permission de © Chappatte - www.globecartoon.com,)

Je prie ce soir pour la Conseillère fédérale Evelyn Widmer Schlumpf. Elle aussi, en charge de l'asile en son temps s'est laissée aller au fonctionnement privé de sentiment, et S. Sommaruga suit cette trace. Mais Evelyn Widmer Schlumpf doit (collégialement) assumer le bourbier et les abcès qui éclatent de toutes parts dans ce sacro-sanct « sanctuaire financier » abritant Mammon qui ne pardonne pas. Je prie que la dignité humaine de cette fonctionnaire soit respectée. Oui, « . La Suisse traverse une crise politique, car elle est en train de perdre les affaires "où elle cultivait des 1292675_pic_970x641.jpgavantages concurrentiels un peu parasitaires ». Mme Widmer-Schlumpf a simplement le courage de regarder les choses en face. "Puisque nous ne pouvons continuer comme avant, dans le dysfonctionnement banalisé et systématisé, le plus urgent est de s'adapter » et c'est ce que la conseillère fédérale fait.  Courage. J'ai horreur de cette hypocrisie révélée en termes clairs par Laurent Flutsch dans l'édito de Vigousse (7 juin 2013).

 Et je me souviens d'une petite réflexion dans le blog en 2008 je crois lors de la saga de Samuel Schmit et Roland Nef : j'avais cité : « Parfois, dans le stress du quotidien, on oublie l'âme. Et soudain une grande fatigue est là. Non pas une fatigue physique, mais une fatigue de l'esprit.»
(Notre ministre de la défense,
Samuel Schmit très ému, qui s'est révélé être un animal politique blessé.)

 La comparaison est sans doute mal placée. Je m'en excuse mais je dis : Qu'importe ! Je crois savoir le mal que peut faire (sans le vouloir ni le savoir) le rejet, avec mauvaise foi ce qu'on sait être mûri et juste et de s'acharner sur « un bouc émissaire » comme un enfant refuse d'avaler son huile de foie de morue qui l'aiderait à grandir !

Une fois ou l'autre, chacune, chacun fait sa prière du soir, le cœur au repos où larme à l’œil.

 Ma prière, c'est : « Mon Dieu, je remets mon âme entre tes mains. »

Commentaires

Bonsoir chère Claire-Marie. Oui, le résultat de la votation est rude pour les requérants à l'asile. On peut s'attrister d'un tel résultat. Cependant, les Suisses, dans leur ensemble, ne sont pas égoïstes. Ils sont parfois très déçus de l'attitude de certains étrangers accueillis en Europe, des étrangers qui ne nous respectent d'aucune façon. D'abord, ils tentent la triche car pour eux tricher avec nous n'est pas grave puisque nous ne valons pas grand chose à leurs yeux. Ensuite, ils nous accusent de tout. De colonialisme quand nous partons en guerre pour défendre les droits humains des populations dans leur propre pays. Ou de lâcheté si nous ne faisons rien pour cause de risques de chaos encore plus grand. En fait, nous ne valons rien à leurs yeux mais ils comptent sur les cotisations et les impôts pour se faire entretenir par le peuple d'accueil. En fait, nous ne valons rien mais ils comptent sur nous pour leur trouver un bon logement, un bon job ou des indemnités en tous genres, une situation stable dans un pays en paix.

Je pense que le droit d'asile doit fonctionner dans les deux sens sans devoir perdre sa dignité et sa différence pour le demandeur. Nous respectons l'autre si l'autre nous respecte. Sans cet équilibre, les demandeurs et demandeuses d'asile auront peu de chance de retrouver beaucoup d'amitié, de soutien, et d'estime parmi notre population.

En retour, je reconnais que les exigences helvétiques sont parfois trop lourdes à supporter par des personnes qui ne connaissent pas d'horaires précis, de patrons exigeants, et des compétences professionnelles qu'ils n'ont jamais acquises.

Très belle fin de soirée à vous.

Écrit par : pachakmac | 11/06/2013

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