28/04/2013

Carte d'identité

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Jean et Jésus se connaissaient et c’était une vraie amitié, j’aimerais dire : c’était une solidarité engagée. Ils avaient le même âge et avaient sans doute joué ensemble. Jésus a donc fait confiance à Jean lorsqu’il s’est mis en route pour « Prêcher la Bonne Nouvelle » dans leur société dominée par l’empire et par la synagogue, c’est-à-dire par César et par Hérode. Une seule hiérarchie politico religieuse, la plus dangereuse.

 La « bande des douze » s’est ainsi constituée un peu au hasard des rencontres et son cheminement est succinctement raconté dans les Évangiles. J’imagine Jean devenu vieux, ruminant ses souvenirs dans son cœur, et il est fasciné, imprégné par la consigne de Jésus qui authentifierait leur qualité de disciples dans la société :

 « Comme je vous ai aimés, vous aussi,  aimez-vous les uns les autres.
Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres… comme je vous ai aimés» (Jn 13,31-33a.34-35)

 Les trois années passées avec Jésus sur le terrain, en conflit permanent avec l’establishment politico religieux, l’arrestation, la procédure accélérée et bâclée, la condamnation, l’exécution,  aurait dû faire peur à la « bande des douze » en plus des 76 disciples d’alors. Comme cela devrait nous inquiéter, nous-mêmes si nous prenons Jésus au sérieux.

 Aujourd’hui : qu’est-ce qui montre qu’on est des disciples de Jésus ?

  • le système ecclésiastique ?
  • la coupole vaticaniste et ce qu’il y a dessous ?
  • le voile des religieuses et les cols romains ?
  • les croix que l’on exhibe un peu partout ?
  • les liturgies de toutes sortes ?
  • les quêtes pour soulager la pauvreté
  • les dogmes, les lois, à apprendre, à obéir à la lettre

 Et j’en passe quitte à chacun de relativiser, à « questionner les ennuyeuses questions ci-dessus »…

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N’empêche que dans l'église, aujourd’hui-même, ces paroles de Jésus seront lues et, peut-être expliquées. Elles sont trop simples et claires pour être expliquées, d’autant plus que, trop souvent les explications relèvent d’une dilution !

 Alors qu’est-ce qui montre qu’on est aujourd’hui des disciples de Jésus ?

 La solidarité des opprimées les uns envers les autres…

 Enfin, je dois réfléchir et je reviendrai demain… n’empêche qu’il serait bon de discuter entre nous de l’évangile proclamée dans les lieux de culte et églises aujourd’hui, évangile conclu par « l’Amen » commun des fidèles.

27/04/2013

la Syrie aujourd'hui

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Les minorités chrétiennes sont les premières victimes de la révolution syrienne. Ce qui avait débuté par de simples revendications pacifiques dans les rues est devenu ce que l’on sait ... depuis deux longues années.

 Les deux archevêques enlevés, alors qu’ils voulaient porter secours à deux prêtres également disparus, ne sont toujours pas libérés.

 Les dernières infos du journal libanais de langue française L’Orient Le Jour : « Le diocèse grec orthodoxe d'Alep, dans le nord de la Syrie, était toujours sans nouvelles mercredi des deux évêques enlevés, a affirmé à l'AFP un prêtre du diocèse. »

 Un communiqué récent, le même journal rapporte que l’ASL (l’armée syrienne libre) « dément toute connexion avec les ravisseurs des deux évêques » ... Un responsable serait intervenu, qu’il aurait reçu la promesse que les évêques seront libérés dans les prochaines heures...

 D’où la question : qui sont les ravisseurs et quelle est la motivation ? Qui sont les vrais alliés du régime Syrien et qui est la minorité chrétienne de 1 526 997 fidèles (en 2000) selon Wikipedia ?

 Avant tout : le pain, l’eau, les maisons, les médicaments font cruellement défaut alors que les frontières poreuses laissent passer les armes, les munitions de toute sorte dont il est difficile de repérer l’origine ! Et qui fabriquerait les armes chimiques employées vraisemblablement par les rebelles et le régime. L’ONU tergiverse, voir ce qu’en dit la Croix d’aujourd’hui.

 Chez nous, les évêques suisses ont demandé la libération des évêques orthodoxes enlevés par la voix de Mgr Markus Büchel, évêque de Saint Gall. Et les demandes de libération des deux prélats se poursuivent, à la suite du Pape François, du Conseil Œcuménique des Eglises à Genève.

 Le sort malheureux des prélats doit mettre en lumière les Syriens tués, mutilés, affamés, exilés, ayant perdu tout espoir d’avenir. Leur reste- t-il l’espoir de notre solidarité engagée ? L' Agence des Nations Unies pour les Réfugiés est présente dans les pays limitrophes et soulage les réfugiés dans la mesure des moyens disponibles. En attendant la Paix, le retour dans un pays pacifié.

 

Un poème venu de Syrie

 Tombez mes larmes

 Tombez mes larmes en torrents !
Tombez mes larmes en déluge !
Pour les martyrs petits et grands, 
Par l'Evangile et le Coran,
Pour ceux qui cherchent un refuge

 Contre la folie des tyrans
Contre l'assassin et le juge

 Tombez mes larmes en torrents !
Sur la dépouille des mourants
Tombez mes larmes en déluge !

 Devant le Monde indifférent
Ou en quête de subterfuges

 Tombez mes larmes en torrents !
Le vent souffle à contre-courant

 Tombez mes larmes en déluge !

 Mais un tourbillon fulgurant
Surviendra sans qu'on en préjuge

 Tombez mes larmes en torrents !
De joie, d'orgueil intempérant
tombez mes larmes en déluge !

24/04/2013

Démenti

 

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Les deux archevêques syriens : Paul Yazigi, et Mgr Youhanna ne sont pas libérés. Pensons à eux et aux victimes de la violence !

 Alep : Rebondissment sur la libération des deux évêques d'Alep enlevés. Ils sont toujours otages.

La circonspection, dans la réalité syrienne, ne doit jamais manquer : des médias, dont j'ai donné, hier, les liens – annonçaient la libération des deux prélats, Mgr Paul Yazigi, et Mgr Youhanna Ibrahim. Cela est actuellement démenti. Selon 

l'agence Apic

« Le diocèse grec orthodoxe d'Alep sans nouvelles des évêques enlevés.   Paris/Alep, 24 avril 2013 (Apic) Contrairement aux nouvelles optimistes diffusées le soir du 23 avril 2013, les deux évêques orthodoxes d’Alep enlevés le 22 avril 2013 par des rebelles "tchétchènes" n'ont pas été libérés. »
La radio vatican transmet l'appel du Pape François : appel à la prière pour les deux évêques et pour toutes le victimes syrienne.

21:34 Publié dans Église(s) | Lien permanent | Commentaires (0)

23/04/2013

Deux évêques enlevés, puis libérés en Syrie aujourd'hui.

 Il faut reconnaître une chose : L'Église, contrairement à d'autres groupes, n’a ni armes ni milices (à part les Gardes suisses dans l’Etat du Vatican et il serait bon qu’ils disparaissent bientôt) et donc les ravisseurs de Mgr Youhanna Ibrahim, évêque syriaque orthodoxe d'Alep, et de Mgr Boulos Yazigi, évêque grec orthodoxe de la même ville, à Kafr Dael n’auront pas été trop inquiétés !  Il n’y aurait pas de résistance ! Ils ont quand même tué le chauffeur – un diacre - des deux prélats, semble-t-il. Selon la ligne éditorialiste des journaux, les ravisseurs seraient soit du camp des rebelles ou du camp de l’establishment syrien. Il reste que ces deux ecclésiastiques partagent le sort de centaines de milliers de Syriens victimes de la folie dont la racine est aussi perverse que l’enfer !

 « Le pape François suit les événements avec une participation profonde » et les simples gens – comme moi entr'autres – s’associent spontanément à l’empathie de François. Réagir par la prière ? C’est normal, ne serait-ce qu’un souffle, une pensée. Mais cela ne remplace pas l’action forcément limitée par les circonstances. La libération des évêques semble être prioritaire et l’on s’adresse à des personnalités, à des organes humanitaires, politiques influents, et il doit aussi en être ainsi pour libérer, guérir, le petit peuple de Syrie. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon  tergiverse, n’ayant reçu de Bacher El-Assad, aucune garantie de sécurité pour les délégations et les enquêteurs éventuels à Damas, Homs, Alep. Et sans sécurité, comment risquer l'intervention?

 A l’heure où j’écris, Le journal Libération et l’AFP et selon les « sources syriennes de l’œuvre d’Orient » annoncent la libération des deux évêques. Tant mieux. La suite ? Deux ecclésiastiques ont-ils plus de prix que des milliers de petites gens ? Et qu’en est-il des deux prêtres, qui sont en captivité depuis près de trois mois près d'Alep…et qui restent prisonniers.

 Pour comprendre quelque peu les manipulations « confessionnelles et chrétiennes » de Assad, le Blog du Monde « Un œil sur la Syrie, études sur la Syrie et revue commentée de l’actualité syrienne » est une aide précieuse tout en restant critique.

 Ça sera difficile, car la non-violence ne fait pas partie de la culture de ce pays. Nous venons d’organiser ici même, une semaine de « réconciliation ». P. Paolo Dall.Oglio Jésuite dans une interview au Journal La Croix

 Nous sommes tous unis dans une même espèce humaine. Ressentir en notre âme et conscience les souffrances, les morts, comme aussi ressentir la grande espérance que la violence et les armes n’auront pas le dernier mot, c’est là notre témoignage de foi  en l’être humain, donc en Dieu.

 

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Source de l’image : Un œil sur la Syrie/ Lecture et analyse de la réalité syrienne.

 http://www.syrie.blog.lemonde.fr

 

22:01 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

20/04/2013

Méditation dominicale

 Pour un peu de temps, nous devrons nous passer du billet  de notre ami commun, Hermann-Josef Venetz. La raison : il déménage aujourd’hui depuis Fribourg jusqu’en Valais, sa région natale. Et j’espère que ses « ruminations » théologiques le long des sentiers valaisans nous reviendrons bientôt.


 

Pour aujourd’hui, j’ai repensé à la belle œuvre de bronze de Timothy Schmalz : Jésus SDF allongé sur un banc hébergé chez les Jésuites de Regis College à Toronto, publié hier vendredi.

 

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Ne serait-il pas plus chrétien et audacieux même, de révérer les clochards, les mendiants/mendiantes couchés sur nos bancs publics. Prier les autorités ecclésiastiques de nos Eglises de les accueillir, de les recueillir tels qu’ils/elles sont dans nos Eglises et nos temples et dans nos monastère et nos couvents ?  C’est vrai qu’ils ne sont pas en bronze, ils sont en chair et en os, ils ont faim ils sont nus, malades, en prison, étrangers, demandeurs d’asile « récalcitrants peut-être »… la voix de Jésus, leur voix, nous arrive comme l’écho de ce qu’Il a vécu chez les siens en Palestine, et, très actuelle, de ce qu’il vit chez nous… Matthieu 25,31-46

19/04/2013

Jésus sans abri (Homeless Jesus)

 

Prends le temps

pose longuement ton regard sur ce que tu vois

 et pénètre à l’intérieur jusqu’à t’y retrouver toi-même.

 Prends le temps,

 touche ce que tu deviens lentement

 laisse-toi mûrir,

 et dis-le, tu  peux

 Le banc est une invention amoureuse des hommes : au contraire d’une chaise isolée, le banc nous rapproche, fesses à fesse, coude à coude. Nous respirons l’air commun et jouissons de l’ombrage commun. Nous pouvons rester silencieux, « ruminer » des idées tordues et nous pouvons, comme le font les pinsons partager la vie, dans la plénitude du moment présent à deux, à trois, à quatre…

 Je ne m’asseye pas sur un banc pour m’isoler et j’espère que ma présence sera pour le passant l’invitation d’être avec pour un moment ensemble. Comme aujourd'hui:

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Il y a ce banc entièrement occupé par une « forme » enveloppée de la tête aux pieds, comme dans un linceul ayant déjà servi. Son visage caché sous une capuche me donne envie d’aller le découvrir de plus près, j’hésite, j’attends. La forme ne bouge pas et mes yeux glissent timidement de la tête, aux épaules, à la ceinture, aux hanches, apparemment osseuses jusqu’aux pieds maladroitement joints comme dans une prière, à l’air frais et, comme deux étoiles, la cicatrice jumelle des clous.

 Instinctivement, je deviens immobile, le souffle coupé, j’attends et je n’ose appuyer mon regard sur ce que je vois, je n’ose pénétrer à l’intérieur…les minutes tombent pour ne pas revenir et le banc reste occupé…

 Source: Huffington Post Religion

 

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 L’homme assis aux pieds de la forme est le sculpteur Timothy Schmalz, un artiste spécialisé dans les thèmes religieux. La « forme et le contenu, c'est son oeuvre » . Il a certainement été frappé par les nombreux sans domicile fixe gisant, seuls, sur des bancs à Toronto où il vit. Il les a contemplés. Il a entendu « J’étais nu et vous m’avez vêtu… » (Matthieu 25 :31-40).

 Timothy a permis au message de Matthieu de le pénétrer … et son art lui permet de partager le sans-abri du Nouveau Testament avec les sans-abri des États Unis et de chez nous où on cherche à légalement bannir la présence des sans – abris, des mendiants, étrangers…ne sont-ils pas un danger ? C’est dans l’atmosphère jusque dans les lieux saints, les Églises.

 Revenons àTimothy Schmalz : il a sculpté dans le bronze durant une année et demi, puis il a pensé abriter son Jésus sans abri « Homeless Jesus » dans la maison du Seigneur, là où l’on célèbre quotidiennement sa mort et sa résurrection à la Messe. Dans la foi dit-on. Les recteurs des deux cathédrales sollicitées ont bien dit OUI, mais l’administration des deux cardinaux a refusé. Raison : cette représentation du Jésus de l’Évangile serait cause de confusion pour les fidèles qui croient que Jésus est « le Fils de Dieu ».  Les Cardinaux qui ont le pouvoir du dernier mot sont respectivement : pour  St Patrick, Timothy Dolan et pour St Michael, Thomas Christopher Collins.

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 Tinothy Schmalz a finalement trouvé refuge près de l’entrée du Regis College à l’Université de Toronto. Le collège théologique  Regis est propriété des Jésuites qui, eux, ont reconnu le lien inséparable entre foi et justice et ont organisé, ce 17 avril 2013 une journée centrée sur les sans abri, afin d’inaugurer l’installation de la statue de Jésus à la place d'honneur de l'Institution.

 Le Père Jésuite Gordon Rixon dans une interview téléphonique avec HuffPost a affirmé que la Mission du Collège est de promouvoir la justice et l’appréciation de la beauté. Raison pour laquelle « notre Jésus sans abri » se trouve actuellement juste en face des « government buildings ». La vue est imprenable  et c’est une belle manière d’interpréter la Mission de notre Collège à la Cité affirme Gordon Rixon SJ.

 Les réactions à cette présence symbolique et stimulante de Jésus en ce lieu dépassent tout ce que l’on aurait pu espérer : des fleurs recouvrent les pieds de Jésus, sa couverture, des mails innombrable arrivent au bureau des Jésuites.

 L’artiste et le « père » de la statue est soulagé. Il pense faire des répliques de Jésus-sans-abri et de les disséminer dans le monde entier « car, dit-il c’est un signe qu'il faut apprendre à lire ! ».

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16/04/2013

Entre tes mains

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Il est bon, avant de s’endormir, de dire cette petite prière : « Mon Dieu, je remets mon âme entre tes mains. » C’est entre de bonnes mains. C’est ma prière du soir.

Entre tes mains de Mère, Dieu notre Père, je remets l’âme du monde.

L’âme de celles et de ceux qui habitent ce pays, de celles et de ceux qui cherchent refuge dans nos maisons, un peu de pain à notre table.

 L’âme des mendiants et celle des millionnaires épouvantés du fisc.

 L’âme des affamés et celle des repus.

 L’âme des agonisants et celle des naissants.

 L’âme des sportifs et celle des philosophes.

 L’âme des blessés et des morts de Boston et celle des blessés et des morts iraniens parce que la terre tremble.

 L’âme des « pensionnaires » de Guantánamo et celle et celle des prisonniers de la Maison Blanche.

 Oh ! Notre créateur adorable : où en sont tes créatures en ce crépuscule printanier ?

 Tu connais le cœur de chacun et de chacune et tu espères t’y retrouver, t’y reposer, t’y complaire

 Je te souhaite une vraie amitié avec toutes les  âmes remises

 entre tes mains ce soir ! Bonne nuit.

 

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15/04/2013

Inacceptable réalité!

 

Ce matin, un mail de Independant catholic news : « Les chrétiens, en Syrie, doivent fuir ou mourir ». C’est l’appel de Samir Nassar, évêque, la mort est partout, 223 hôpitaux fermés, malnutrition, blessés, un peu dévasté, chrétiens et musulmans, des enfants, des milliers d’enfants qui n’ont jamais demandé à naître encore moins à souffrir, mourir ! L’église locale, selon Samir Nassar « est un mur de larmes », ils veulent fuir, ils le doivent, mais où et comment ? « Ils ressentent aujourd'hui de l'angoisse devant l'indifférence et le silence de la communauté internationale face à leur triste et long calvaire », relate l'archevêque. « Nous sommes abandonnés, condamnés à la mort sans pouvoir fuir. Les consulats sont fermés depuis un an et demi ». « Notre terre : un champ de bataille où tout est manipulation, mensonge, hypocrisie ». Nassar de gémir : « La terre biblique se vide de ses derniers chrétiens ». Source: Fides

 

Paolo_Dall'Oglio.jpgC’est un peu comme l’écho du témoignage du Jésuite Paolo Dall’Oglio, invité de Manuela Salvi – émission Haute Fréquence du dimanche 14 avril 2013, mais écoutons : ...

 

Ce qui me frappe, c’est « Laisser ce peuple à son sort, c’est la trahison… la trahison « de nous tous », car ne rien faire, ne rien dire, c’est être complice des bourreaux. Et qui veut être complice du mal, ni vous, ni moi… Alors nous devons au moins témoigner et parler en plus de prier ! Pour « renverser les potentats de leurs trônes, élever les humbles » (Magnificat de Marie) en Syrie et espérer, avec le Père Paolo Dall’Oglio d’une Syrie réconciliée entre la méditerranée chrétienne et musulmane.

Qu’est-ce qui retient l’ONU, les pays occidentaux de s’engager, n’est-ce pas la peur de l’Islam ? Les médias occidentaux nourrissent, en majorité et insidieusement ou non, cette peur ; à quelle fin ?

 

Est-ce que la démarche d’une réconciliation est possible entre des gens, des groupes, des nations et des cultures qui ont peur les unes des autres ?

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L’Histoire montre qu’il y a des raisons d’avoir peur ! Même nos propres expériences interpersonnelles engendrent la prudence sinon la peur les uns envers les autres ! Raison de plus lorsqu’il s’agit de relations économiques et politiques ! Alors, c’est la course aux armes, aux stratégies, aux diplomaties hypocrites, aux tergiversations sans fin, alors que la terre est rouge du sang des innocents. Des milliers d’enfants comme le dit Paolo Dall’Oglio, qui peut témoigner, car il a vu, et surtout, il est solidaire ! Où trouver et où prier Jésus dans notre actualité syrienne ?

 

13/04/2013

Quand tu pries

 

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prie en secret. Vas dans ta chambre et ferme la porte ; alors prie ton Dieu.  Ne dis pas beaucoup de mots. Dieu sait ce dont tu as besoin. Prie ainsi :

 

Père aux cieux.

Que ton nom soit saint.

 Que ton royaume vienne.

 Que ta volonté soit faite.

 Donne-nous chaque jour

 ce dont nous avons besoin.

 

Pardonne-nous nos  offenses

 comme nous voulons pardonner

 celles et ceux qui nous ont offensés.

 Donne-nous la force dans la tentatio.n

 Délivre-nous du mal.

 

Car c’est à toi qu’appartiennent le royaume, le pouvoir et la gloire pour toute l’éternité. Amen. (selon Matthieu 6 : 6-13)

 La chambre dans laquelle le priant devait se retirer était  le garde-manger sans fenêtre et l’on pouvait s’y enfermer. Pas d’espace spécifiquement  liturgique mais  on y respirait l’huile et le vin, le travail et la vie, la joie et la reconnaissance.

 Entièrement chez moi dans cette chambre, je peux prier ma Mère céleste et mon Père céleste.

 Cette prière ne supporte pas de spectateurs.  Aussi, dans cette chambre,  je n’ai pas à me représenter Dieu… car il est là, en moi. Je me tiens, debout, ou assis les mains vides, complètement abandonné à lui qui voit dans le secret. Sans protection, ni pouvoir et totalement présent.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

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09/04/2013

MOI et LES AUTRES

 

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Qui a inventé les frontières, les bornes, les barrières, les clôtures, les propriétés privées et tout ce qui confine les hommes, les forçant à s’auto-centrer,  à enfler un EGO trop grand pour les limites géographiques et humaines ? Dans l’intérêt de qui, cette invention funeste ? Et quelle en sont les conséquences ?

 Est-ce que l’être humain est par nature égoïste, alors « qu’il n’est pas bon que l’homme soir seul » (Gn 1 :18). Que l’origine de l’homme soit biblique ou simplement le mystère d’un big Bang, il n’en reste pas moins que l’homme, seul,  meurt.  Il ne peut s’aimer lui-même à moins qu’il ne se reflète dans l’autre. N’est-ce pas comme un signe de la Trinité ?

 L’être humain est communautaire, pour s’épanouir d’abord et puis, pour survivre. Il le fut dès l’origine. Le stigma égotiste, narcissique est cependant présent, c’est la faille dans la nature comme dit Laurent, la faille au fond du cœur. Dès l’origine :  l’EGO élimine ce qui n’est pas SON EGO. Exclusif.

 L’EGO (non pas l’être) individuel est devenu communautaire, muré dans son identité raciale, ethnique, linguistique, nationale, impériale, religieuse… puis territoriale, monétaire…  et c’est ainsi que l’EGO construit ses murs, ses barrières. L’EGO devient Mammon à la fois maître et esclave.

 Mammon communautaire, ses armées, ses banques. Cynique ou pas : c’est mortel et nous le savons, mais l’EGO semble avoir sa propre impulsion enracinée dans cette faille première qu’on peut nommer péché originel, mais que même le baptême semble impuissant à bannir, tant l’EGO est devenu système centripète. Malheureuses les particules qui ne s’échappent à temps entraînant ce qui reste à sauver de notre genre humain.

 L’Ego, c’est aussi moi, et toi, et notre Ego peut nous rendre hypocrites. C’est comme une poutre dans mon œil. Il est urgent de s’en défaire lorsqu’on prend conscience qu’on fait fausse route ! Mais une communauté de petites particules ouvertes aux autres, formera un réseau, une force qui ne connaîtra plus la peur, donc « les frontières, les bornes, les barrières, les clôtures, les propriétés privées et tout ce qui confine les hommes, les forçant à s’auto-centrer » passeront à l’arrière-plan… puis à longueur de vies, s’évanouiront pour s’ouvrir à la famille de Dieu.

 Le chemin est long et les pierres d’achoppement nombreuses : c’est comme une course de haie chaque 100 mètres (hurdle) et le Referendum sur Modification de la Loi sur l'asile (LAsi) sera le 9 juin 2013 en est un cas de figure.

 Si nous ne franchissons pas la haie, en votant un NON sonore et bien articulé nous continuerons l’angoissant « glissement vers le rejet des autres. » Accepterions-nous d’avance de perdre ? N’est-ce pas l’EGO aveugle et sourd qui souffle cela ? Est-ce vraiment une «hystérie permanente» contre l’asile qui nous mine ? Je ne le crois pas, nous avons gardé assez d’humanité pour ne pas le croire tout en admettant les casse-têtes et les nœuds internationaux découlant de la migration mondiale irréversible et qui va – Dieu sait quand – faire émerger une nouvelle configuration des humains sur notre petite terre.

22:05 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1)

06/04/2013

Renoncer à soi-même ?

 

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Jésus  appela la foule avec ses disciples et leur dit: " Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même et prenne sa croix, et qu'il me suive. Car, celui qui veut sauver sa vie, la perdra; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l'Évangile, la sauvera. 

Et que servirait-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perdait son âme ? Ou bien que donnerait l’homme en échange de son âme ? (Marc 8,34-35)

 Renoncer à soi-même ? Regardons Jésus, il s’efforçait plutôt de libérer les gens,  renforcer leur moi, leur rendre leur nom et leur histoire. Le soi-même auquel ceux qui suivent Jésus doivent renoncer est cet ego qui au fond est aliéné, inhibé, possédé même, soit par ses propres projets et ambitions, soit par son carriérisme sur le dos des autres, soit par l’accumulation de biens au détriment des pauvres.

 Celles et ceux qui veulent suivre Jésus doivent se défaire de ce faux Moi. Alors, ils seront vraiment libres.

De plus, porter quotidiennement sa croix ne devrait pas avoir une connotation masochiste. En fait, porter sa croix et suivre Jésus sont une seule et même chose.  Suivre Jésus signifie que ses valeurs sont les miennes. Des gens comme Jésus, qui vivent comme lui, des Justes comme on les nomme parfois, vont toujours désécuriser et agacer   leur entourage au niveau religieux, social ou politique, avec les conséquences que l’on connait.

L’apparente dureté des exigences dont parle Jésus n’est, en fait, qu’une invitation à une plus grande liberté, la liberté telle que Jésus l’a vécue.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannnotat

 Avec l'aimable permission de l'auteur

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03/04/2013

Tunis: Forum social mondial 2013

 

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Sous le signe de la dignité

« Les signes de temps meilleurs sont nombreux si l’on accepte de les voir et de les analyser. » http://clairemarie.blog.24heures.ch/ =1.04 2013

J’essaie de discerner des signes des temps et mon approche est nécessairement subjective, mais si j’arrive à communiquer avec d’autres personnes intéressées nous serons ensemble face à l’objectivité des signes.  Il est donc nécessaire de « perdre du temps ensemble » à contempler la météo de notre société !

 Par exemple notre époque postmoderne est clairement marquée par un désir de spiritualité nouvelle, ce qui paraît particulier et individuel est, en fait général et communautaire ! C’est comme la mouvance d’un réseau de relations solidaires qui visent à la transformation d’une réalité déficiente, là où nous sommes et au-delà, avec les partenaires sociaux de partout pour construire un monde meilleur. Il faut nous connecter les uns aux autres  et nous agirons ensemble, mais différemment selon les réalités du plus grand nombre.

C’est ainsi que, en colère contre au spectacle annuel des fastes davosiennes du Forum économique mondial (1971),  le Forum social mondial (2001) a émergé et rassemblé à Porto Alegre, Brésil, des milliers de participants réunis en associations : ATTAC, le Mouvement des sans-terre, des Commissions justice et Paix, des travailleurs, des non-décideurs, celles et ceux qui font l’expérience que les décideurs du prix du pain quotidien ne sont pas celles et ceux qui ont faim.

 «La mobilisation de la société civile mondiale doit se faire pour promouvoir un monde plus juste et pacifique.»

 « C’est quoi ce rassemblement, tous les deux ans, au Brésil, en Afrique, en Inde, au Moyen Orient et qui sont les participants et d’où viennent-ils ?

 Le forum est espace ouvert  sans propriétaires, sans sectarismes, sans dirigeants et  l'autonomie des participants est protégée pour prévenir leur instrumentalisation. Ils peuvent venir de partout…

 La « non-directivité » est essentielle : les organisateurs sont des facilitateurs, des animateurs…

 Les ateliers sont auto-organisés et autogérés ; cela permet une grande souplesse et c’est un terrain fertile pour des idées peut-être jamais encore exprimées… Il n’y a pas de document final

 Le 12e Forum social mondial s’est tenu du 26 au 30 mars 2013 en Tunisie, et ce fut «une injection d'énergie».   «Chacun repart dans son pays plus fort de l'expérience des autres et transforme ses pratiques quotidiennes personnelles pour respecter les valeurs des forums, alors le combat est gagné. »

Chico-300x225 (1).jpgChico Whitaker: « On ne peut pas s’arrêter, rester chez soi à se reposer. Dès l’instant où l’on prend conscience des injustices, des inégalités sociales, des problématiques que rencontrent les gens au quotidien, on ne peut pas dormir l’esprit tranquille. Dès l’instant où l’on a encore des forces physiques ou ne serait-ce que mentales, il faut continuer la lutte, on en a l’obligation. Pour ma part, seule la mort m’arrêtera… ou la perte de raison. »

 J’ai regretté que nos médias aient si peu parlé du 12 Forum social mondial et je me demande qu’elles sont les priorités de notre Radio Télévision Suisse francophone ?

 Le Forum social mondial est un signe des temps, la météo annonce un temps meilleurs je me réjouis et remercie Dieu du souffle nouveau qui monte de la base et avance bravement dans la foulée des prophètes. Le printemps arrive.

 C’est un signe prophétique : non seulement, un autre monde est possible mais les bases sont données et les travailleurs en pleine action. L’urgence de dénoncer les structures d’injustice et d’annoncer la construction, ne serait-ce qu’en embryon, de structures nouvelles, c’est le sens de la vie. Les chrétiens ne célèbrent pas la Résurrection « pour des prunes », non l’énergie pascale fortifie la volonté…

01/04/2013

Jésus est en bonne forme

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Évangile de jésus christ selon saint Matthieu 28,8-15. 
… Quand les femmes eurent entendu les paroles de l'ange, vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici que jésus vint à leur rencontre et leur dit : « je vous salue. » Elles s'approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui. Alors jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. » 

 Sœur « Lily » (nom fictif), à qui personne n’a jamais demandé un conseil, ni une information ; elle ne fait pas de bruit et ne prend pas la parole à moins d’un balbutiement pour demander une prière ; Sœur Lily paraît insignifiante et le guidon de la voiture ne lui sera pas confié, mais elle est responsable de l’organisation des poubelles à la cave ; bref Lily est une de ces « petites mains » qui fait tourner la maison et le monde, elle est l’huile dans l’engrenage, elle est ce rayon de soleil pascal discret au travers des interstices !

 Ce matin à la messe, elle a entendu l’histoire de la rencontre de Jésus ressuscité et chaleureusement et spontanément accueilli en chemin par ses collègues féminines à qui il dit « Bonjour » ! Ces femmes, ces « petites mains » s’entendent dire ce matin: « Allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. »  Elles sont investies d’un pouvoir tout neuf : être Messagères.

 Eh ! oui, « Le médium EST le message » Alors que hier ces mêmes apôtres masculins s’étaient moqués d’elles et n’avaient pas voulu croire « ces femmes délirantes » Luc 24 : 1-12   

 Selon le désir de Jésus, son message est dorénavant confié aux femmes, un message  prégnant de l’énergie féminine qui enfante le monde nouveau à longueur de siècles. Un monde libéré et libérateur : une utopie créatrice. Oui le Medium c'est le Message selon Mac Luhan   En dépit des trônes  et des dominations, en dépit des trahisons dès le premier moment … Luc 24 : 1-12   

 Jésus investit (empower) donc les femmes d’un pouvoir qui doit caractériser le message de la Bonne Nouvelle à travers l’Histoire, c’est-à-dire la tendresse enthousiaste d’un irrésistible mouvement de libération. A l’époque, confier aux femmes la Mission d’annoncer l’Évangile et les investir de son pouvoir de Ressuscité était encore une fois : une action subversive ! Une espèce de désobéissance civile de la part du Ressuscité. Mais tout est possible depuis ce matin pascal ! Que s’est-il passé depuis?

 Peut-on imaginer des femmes construisant une Institution hiérarchique ?

 Le royaume advient de bien des manières et souvent, avec Jésus « Dans les murs ou « hors les murs » (St Paul aux Hébreux, 13, 14 :24).

 Les signes de temps meilleurs sont nombreux si l’on accepte de les voir et de les analyser.

 Et la petite Sœur Lily qui me dit que les femmes ont trouvé Jésus ce matin en « bonne forme » en dit long sur un vocabulaire théologique renouvelé ! Merci !