30/03/2013

Je suis Dieu et pas un homme

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Ainsi parle l’Eternel :

Quand Israël était jeune, je l’ai aimé
et j’ai appelé ce peuple, comme mon fils, hors d’Égypte.

 Mais ils se sont éloignés de moi.

 Alors je leur ai envoyai des prophètes afin qu’ils reviennent à moi. 

 Mais ils les ont refusés.

 

Ils préféraient sacrifier aux idoles

de leur choix : Baal et Mammon.

 

Alors je leur ai quand même réappris à marcher

et je les ai portés dans mes bras

 et je les ai serrés sur mes joues comme des nourrissons.

 

Je les ai attirés à moi avec des cordelettes de tendresse,

mais ils n’ont pas reconnu la profondeur de mon amour

 ni le souci que je me faisais pour eux.

 Ils se sont détournés et ont fait appel à Baal

 comme si ce dernier pouvait les aider.

 Mon peuple m’a délaissé.

 

 Et pourtant, comment pourrais-je te laisser tomber Israël ?

 Comment pourrais-je te détruire ?

 Rien que d’y penser, cela me fend le cœur

 et j’éprouve la plus profonde compassion pour toi.

 

 Parce que je suis Dieu et pas un homme.

 Moi, le Saint, je viens te sauver,

 et un jour, tu vas me suivre et je te ramènerai dans ta patrie.

 (Selon Osée 11 : 1-7)

 

 Dieu entre en conflit avec lui-même. Soucieux et déçu

 il énumère tout ce qu’Il a fait pour son peuple :

 Il l’a aimé,

 il l’a libéré de l’esclavage,

 l’a porté dans ses bras et s’est soucié de lui ;

 mais ce peuple s’est détourné

et ne voulait plus rien entendre de lui.

 

Ne devrait-il pas lui rendre coup pour coup ?

 Ne devrait-il pas le laisser tomber ?

 Ne devrait-il pas donner libre court à sa juste colère ?

 Il ne le peut pas. Cela lui briserait le cœur. Il se trahirait lui-même.

 La punition, la revanche, la colère –

 tout cela est affaire d’homme.

 Dieu est autre.


 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable autorisation de l’auteur

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29/03/2013

Jésus et la désobéissance civile

 Désillusion

 J’espérais vraiment qu’un traité sur le contrôle du commerce des armes allait être accepté, signé, annoncé. Durant une heure d’insomnie j’entends à un poste de radio quelconque : Non, pas de traité conclu, trois pays « voyous » la Corée du Nord, l’Iran, la Syrie n’ont pas trouvé que ce traité leur serait favorable.  Je me suis dis que ces trois pays étaient peut-être les moins hypocrites ! Pourquoi ? Tant que la fabrication des armes et des munitions profite aux pays producteurs, qui logiquement sont aussi exportateurs, comment exiger que des pays acheteurs s’abstiennent ? Oh ! c’est compliqué, je sais, comme pour ce qui concerne l’économie capitaliste, c’est complexe… le commerce des armes a sa propre impulsion dont la finalité ne peut être que l’autodestruction.

 Retenons : les changements viendront de la base et non d’en haut.

 Plaidoyer pour la désobéissance civile

 Ce Vendredi saint 2013

 Au cœur de la nuit j’ai repensé à John Dear, SJ que je lis régulièrement dans l’excellent  National Catholic reporter .

 John milite pour la paix par la démilitarisation des États Unis ; pour les autorités il est persona non grata et subit le sort des chrétiens qui s’efforcent de suivre Jésus aujourd’hui.

J’essaie de suivre Jésus, moi aussi, le non violent. Jésus a pratiqué en plein jour la désobéissance civile, il a été houspillé, arrêté, emprisonné, exécuté. Jésus a vécu dans un monde de domination impériale et ecclésiastique, un monde de violence, d’injustices, de conflits, de guerres latentes, de destruction ! Mais les autorités, gardiennes des lois et de l’ordre, ont vite repéré les faiseurs de trouble, comme Ghandi, comme John Dear, comme Jésus,  « ami de la racaille qui ne connaît rien à la loi » (Jean 7 :49)

 John Dear :

 Jésus, durant les trois années de sa vie publique, a quotidiennement pratiqué la désobéissance civile.

 Exemples ;

 Dans la synagogue de son village Nazareth : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer de bonnes nouvelles aux pauvres ; il m'a envoyé pour proclamer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue ; pour renvoyer libres ceux qui sont opprimés, pour proclamer l'an agréable du Seigneur » Isaïe 61 : 1-2

 En Galilée :   Un lépreux vient trouver Jésus ; il tombe à ses genoux et le supplie : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »

 Pris de pitié devant cet homme, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié » Marc 1 : 40-45

 En route : Il viole les lois du Sabbat « A cette époque, un jour de sabbat, Jésus traversait des champs de blé. Comme ses disciples avaient faim, ils se mirent à cueillir des épis pour en manger les grains.  Quand les pharisiens virent cela, ils dirent : Regarde tes disciples: ils font ce qui est interdit le jour du sabbat! » Matthieu 12:1-2

 A table : « Il n’observe pas les règles et les codes de la propreté avant le repas

 Pour le repas de midi Jésus entra chez le Pharisien et se mit à table et le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas d’abord fait les ablutions avant le repas » et Jésus rétorque sans langue de bois : « Vous les Pharisiens vous purifiez l’extérieur de la coupe mais à l’intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur » Luc 37… 54 

 De Jérusalem à Jéricho :  C’est un Samaritain qui aide son prochain alors que le prêtre et le lévite passent sans le voir. Luc 10 :25… 37

 En Samarie, assis sur la margelle : Jésus s’entretient sans vergogne avec une femme, tête à tête :  « Cette Samaritaine, lui dit: " Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine! " Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains » Jean 4 : 9-10 Ses Disciples l'observent et sont effarés.

 Sur le parvis du Temple : « Jésus entra dans le temple de Dieu. Il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient ; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons.  Et il leur dit: Il est écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites une caverne de voleurs...  Et, les ayant laissés, il sortit de la ville pour aller à Béthanie, où il passa la nuit. Mathieu 21, 12-17

Comme Gandhi, Jésus marche sur les chemins de Galilée, de la Palestine, de la Samarie… jusqu’à Jérusalem ! Il poursuit sa campagne de non violence active.  Il ne frappe personne, ne tue personne, ne jette pas de bombes, mais il est actif, provocateur, dans l’illégalité au grand jour et en pleine désobéissance civile. Il dérange la « paix établie par les systèmes et maintenue par les armes et les munitions ! ».Jésus est un trouble-fête, un révolutionnaire non violent qui ne cesse de violer les lois injustes d’une société impériale et religieuse injuste !

 Par plaisir ? On ! non ! Pour faire ce que son ABBA, au fond de son cœur, attend de lui : accomplir sa Mission, le sens de sa vie : construire une famille humaine qui respecte la dignité de tous.

 Avec John Dear je pourrais éplucher les merveilleux textes des évangiles afin d’étayer mon plaidoyer pour une désobéissance civile ici, en Europe, aujourd’hui, comme John le fait actuellement aux États Unis…

 John Dear SJ, avec l’audace de son engagement conclut : « La résurrection est l’action de désobéissance civile la plus grande de l’humanité. » Il est ressuscité afin que nous puissions hériter de son esprit et de sa Mission qui donne un sens à notre vie en construisant le royaume.

 Une constatation que l'on écrit pas à la légère « La seule manière de construire le royaume passe par le mystère pascal » (Sr John Chittester et moi)

 John Dear en anglais: http://ncronline.org/blogs/road-peace


26/03/2013

Le commerce des armes

 

Pourquoi ces guerres et ces rumeurs de guerres ? Pourquoi cette course aux armements toujours plus létales  et pourquoi tant d’efforts pour contenir le commerce des armes « dans les limites de l’acceptable » et pourquoi les tergiversations inacceptables et… inévitables ? Et pourquoi les 193 pays des Nations unies souhaitent et veulent un accord juridiquement contraignant afin de réguler le commerce des armes qui tuent plus de 2000 personnes quotidiennement sans compter les millions de blessés, de traumatisés et les ruines de l’habitat !

 Pourquoi ? Parce que les Etats Unis est le premier fabricant d’armes et de munitions au monde, la Russie, la France, la Chine, le Royaume Uni … la Suisse !

 Cela rapporte combien, les dévastations mises à part (!), la fabrication et le commerce des armes ?

 Bien que notre Suisse « s’est engagée (du 18 au 28 mars) à New York pour l’adoption par l’ONU d’un traité international exigeant un contrôle stricte du commerce des armes conventionnelles. »

 Nos médias, les journaux, Geopolitis, Amnesty International , entre autres, se sont efforcées d’exposer l’impasse durant les semaines écoulées. Cela nous interpelle et rester indifférent à ce qui tue l’être humain n’est pas digne d’un autre être humain !

 Dans 3 jours,  Ban Ki-moon annoncera-t-il un embryon d’Accord ?

Ce 29 mars 2013,  Vendredi saint nous relirons le procès de Jésus, le jugement des trônes et des dominations, la condamnation et l’exécution de Jésus. Pourquoi ce drame et quel était son crime ? Aimer inconditionnellement, moi et toi y compris. Pour nous libérer tous, de nos chaînes de violence alias le commerce des armes, il n’a pas hésité à s’engager dans l’action constante de désobéissance civile, en plein jour, là où il se trouvait : jusque dans la synagogue !

 Pourquoi dire que nous sommes chrétiens alors que, dans notre intérêt, nous ne le suivons pas ?

 Et quel est notre intérêt ? Celui de la justice pour tous ou de la sécurité à tout  prix pour nous ? Avec en poche le récent  « pistolet de défense Guardian Angel » ?  

 Est-ce farfelu de suggérer des actions publiques, des prières publiques pour nous délivrer de la fabrication et du commerce ?

 « Rengaine ton glaive, car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive » Matthieu 26 : 52) Et devant le Sanhedrin, les Grand Prêtres et Pilate, Jésus a peu parlé, très peu… !

23/03/2013

Retour de la religion?

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Cette question est fréquemment et intensément discutée ces derniers temps. Certains se disent heureux, d'autres sont inquiets, la plupart est indifférent.

 Le concept «religion», avec Dieu comme point d’ancrage   est équivoque.

  Depuis toujours Dieu a été lié à l’omnipotence,  la supériorité, la domination.

 Si Dieu ne fait pas de miracles et s’il ne peut débarrasser le monde du mal : alors à quoi sert-il ?

 Celui qui  adore un tel « Dieu », devient aussi comme lui : puissant, fort et il se croit supérieur aux autres. L’esprit de concurrence crée des rivalités entre les gens. Alors, une fois de plus, les faibles, les vauriens sont laissés à l’écart.

 Si la «religion» signifie un tel « Dieu », je ne souhaite pas son retour.

 Mais la Bible parle d'un Dieu très différent. Non pas un Dieu tout-puissant,  fort, dominateur. Non, il est celui qui connaît la misère de son peuple, son cruel esclavage en Egypte lui va droit au cœur ; il est plein de compassion et il  est  touché par la souffrance des malheureux, il prend parti pour celles et ceux qui sont méprisés et mal-aimés. Il est un Dieu d'amour et c’est pourquoi il est vulnérable et impuissant. Un Dieu qui demande aux gens de l’aider, par exemple lorsqu’il dit à Moïse: Va maintenant et conduis mon peuple hors d’Egypte… ! Je serai avec vous ! (Ex 3,1-12)

 Si la «religion» signifie ce Dieu-là, alors je désire ardemment son retour et je donnerai le meilleur de moi-même.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l'aimable permission de l'auteur

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22/03/2013

Oscar Romero: il y a 33 ans...

 

 

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Un groupe réuni au bord d’un filet d’eau coulant entre les pierres, à l’ombre des feuillages clairsemés d’une clairière, quelque part au Cap, comme si c’était aujourd’hui. Nous faisions une révision de vie des semaines passées en pleine lutte contre le régime d’apartheid. Nous mettions en commun nos efforts, nos échecs, les tactiques à changer, et les engagements à poursuivre.

 Avec nous, Albert, (Albert Nolan : Jésus avant le christianisme et Jésus aujourd’hui) notre accompagnant, présent  comme nous, il rendait compte de son engagement… De nos faiblesses et de nos hésitations mises en commun montent  un courage renouvelé. Un moment de silence profond et comme une flamme qui jaillit et se mêle à la dance des feuilles ensoleillées et nous remet debout ! Nous partageons quelques sandwiches et boissons fraîches et Albert ouvre le livre de Jérémie. Il veut permettre à Dieu de jeter son regard de tendresse sur nous « qui ne faisons pas toujours ce que nous voulons et qui faisons parfois ce que nous ne voulons pas ! » (Rom 7,15)

 Ecoutons Jérémie :

 22.15Ton père ne mangeait-il pas, ne buvait-il pas? Mais il pratiquait la justice et l'équité, et il fut heureux;

 22.16Il jugeait la cause du pauvre et de l'indigent, et il fut heureux. N'est-ce pas là me connaître? dit l'Éternel.

 Jérémie n’est que le microphone de Dieu comme le sont les prophètes d’aujourd’hui, notamment  :

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Oscar Romero  fut assassiné le 24 mars 1980 par les forces de l'ordre du Salvador. Pourquoi?

D’abord conservateur et apprécié des autorités (tous azimut), il s’est laissé convertir par la parole de Jésus qui sort de la bouche des opprimés, des exploités, des gens de trop! Une parole tout autre de celle des hiérarques et des faiseurs de dogmes.

 Il continue alors sa lutte auprès de « Campesimos » mais Rome, Jean-Paul II et même certains membres du système ecclésiastique salvadorien sont loin de le soutenir ! Il est très seul au milieu du petit peuple.

 Mais il a la chance d’avoir un ami jésuite avec qui il avait étudié : Rutilio Grande – jésuite et membre d’un groupe missionnaire proche des travailleurs qui œuvrent à la fondation de la  FECCAS (Fédération chrétienne des paysans du Salvador). Rutilio Grande, le 12 mars 1977, est abattu avec deux de ses compagnons.

 images (1).jpgLa mort de Rutilio a  déclenché la véritable conversion d’Oscar Romero.

 Et la conversion de celles et ceux qui la prêchent, c'est pas évident !

 

 La conversion, la vôtre, la mienne est continue (on going) et curieusement, elle doitse faire à l’inverse de la conversion des pauvres qui doiventse mettre debout et revendiquer leur dignité, alors que les « autorités » et nous, devonsparfois nous mettre à genoux et « perdre »  une certaine dignité de rang et de faux prestige. « Les derniers seront les premiers » (Mt, 20 :6). A moins que…

 Deux petites conclusions :

 a)    Dimanche le 24 mars 2013, il y aura 33 ans que Oscar Romero fut assassiné. Nous sommes privilégiés de vivre à une époque  comme Romero à la suite d’autres prophètes comme Jérémie, Esaïe, Michée et d’autres… L’esprit de Jésus est l’esprit de Romero. Il souffle où il veut. J’aimerais qu’on se souvienne de Rutilio et de Romero dans les lieux de culte ce dimanche qui vient !

 b)   Il jugeait la cause du pauvre et de l'indigent, et il fut heureux. N'est-ce pas là me connaître? dit l'Éternel.

 « Faire  nôtre la cause du pauvre et de l’indigent » dans l’Eglise, dans une communauté, dans un parti politique, dans les médias, dans les liturgies et dans les bistrots… C’est là qu’est la présence de notre créateur. Pas ailleurs.

 Un beau défi :

 Prions les uns pour les autres.

20/03/2013

Prière du soir

 Qu’on l’affirme ou pas  Dieu est là

 

images (13).jpgpas comme une chose : il est la vie

 je n’existerais pas en son absence

 et il me dit : " Je t’ai appelé par ton nom

 tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix

et je t’aime".

 (Isaïe 43)

 

Et j’ai  envie de lui répondre : "Tu comptes beaucoup à mes yeux

 tu as du prix et je t’aime!".

 Un petite conversation d’amoureux et cela suffit pour remplir la journée !

 En me disant « qu’il m’appelle par mon nom »

 iI appelle toute l’espèce humaine :

son peuple hors toutes frontières,

hors barrières linguistiques, nationales, ethniques, religieuses…

avec la flore,  la faune, les océans et l’univers,

je suis une particule vivante, vibrante du cosmos…

 que je le sache ou pas, que je le dise ou pas

 bien qu’il soit bon de le sentir et de le dire parfois

Traversant l’espèce et la particule comme un glaive :

l’incroyable faille

 qu’on l’affirme ou pas, la faille est là au cœur de l’espèce

 au cœur de la vie de chaque homme

 et je ne peux l’accepter "comme si"

 le repos: c’est pour plus tard,

 les épines, le sang, la mort: c’est pour maintenant

 la réalité du monde m’interpelle directement : un melting pot !

 Et j’en fais partie.

 Il y a dix ans aujourd’hui : George W. Bush/Blair, leurs alliés et leurs faucons

se jetaient sur le peuple irakien, après avoir envahi l’Afghanistan!  

Bush bien sécurisé et Blair « converti » au catholicisme !

Ils seraient plus à l’aise au Tribunal pénal de la Haye.

Les raisons : le monde entier refusait cette guerre. La guerre en Irak «illégale»

pour Kofi Annan.

 Ne refusons pas de lire les journaux, ni d’écouter les journalistes. La plupart est marqué par ce qu’ils voient et par les expériences qu’ils font. On ne recherche pas ce qui est négatif et lugubre, mais lorsque c’est la réalité, on ne peut fermer les yeux… les ouvrir nous aiderait à voir des lumières d’espérance !

 Et prier : « Tu comptes beaucoup à mes yeux , tu as du prix et je t’aime »

 Nous sommes tous interdépendants dans cette faille de l’espèce humaine que Jésus est venu assainir et réparer !

 Mais il ne peut le faire sans nous, car lui et nous aussi, sommes interdépendants !

19/03/2013

Joseph et Gaspard Ricard

 

« Le Seigneur a réuni en Joseph,
comme dans un soleil, tout ce que les saints ont ensemble de lumière et de splendeur. »

 Grégoire de Nazianze (329-390)

 

Quand nous étions  petits, nous passions le semestre scolaire d’hiver – très rigoureux au Clos-du-Doubs – chez l’oncle Joseph et la tante Marie, à Fahy en Ajoie.

Personnellement, la petite Nane (moi) et l’oncle Joseph, étions amoureux ! Il était images (7).jpgcomplètement sourd. Je le vois : un beau visage émacié, un nez bombé et un regard de grand frère ! Il était postillon et allait distribuer le courrier de l’époque aux villages environnants en diligence s’il vous plaît. ! Quand j’étais sage, il me prenait avec lui et nous trottions sur les routes de campagne ajoulotes : porteurs de Bonnes Nouvelles.  Je dominais le monde ! Nous étions porteurs de Nouvelles, et je ne pouvais imaginer autre chose que des Bonnes Nouvelles à l’époque ! (1930 à 1934). Je crois que ma vocation de « sœur » enseignante  est née sur les routes d’Ajoie à côté de l’oncle Josef, le postillon.

 Selon le calendrier liturgique (catholique) le 19 mars, est la fête de Joseph, mari de Marie et le papa de Jésus. En souvenir de mon postillon bien-aimé, je voulais dire une « bonne nouvelle » du Charpentier qui a bien dû apprendre à Jésus comment on fabrique une croix !

 Pourtant, le saviez-vous ? Joseph n’a pu se retenir de revenir aider un homme dans le 80723598_o.jpgbesoin dans un beau coin de France:  « La journée s'annonce chaude. Un jeune berger, provençal, de Cotignac, Gaspard Ricard, âgé de 22 ans, a conduit son troupeau sur le versant est du Bessillon. Vers une heure de l'après-midi la chaleur est intense. Assoiffé, il s'allonge sur le sol rocailleux quand soudain un homme d'imposante stature se tient près de lui et indique un rocher en lui disant: 
"Iéu siéu Joùsè; enlevo-lou e béuras ." c'est-à-dire: « Je suis Joseph » : Enlève-le et tu boiras." Gaspar hésite mais la soif le pousse vers l’eau, il pousse la grosse pierre et l’eau fraîche le désaltère mais l’ami Joseph a disparu et la bonne nouvelle se répand !

 Rien en contrepartie ! Il ne doit ni exhiber ni prouver sa virginité, ni celle de sa femme, ni le caractère de son fils Jésus. Pure Bonté, pure tendresse ! Mais lisez le reste !

 Le 19 mars 1961, suite à l’apparition miraculeuse, Louis XIV décrète que la Saint Joseph sera fête légale et chômée !

 

image.jpgSaint Joseph mis en lumière dans l'Église et en France : "C'est tout. Rien de plus simple, rien de plus pauvre que cette apparition... comme l’Évangile", selon Mgr Gilles Barthe, en 1971. A Cotignac, se vérifie la vérité des paroles de l'évêque de Fréjus, prononcées le 31 janvier 1661 : « Dieu, par les grâces qu'il voulait accorder en l'honneur de Saint Joseph, voulait ne point séparer dans la dévotion des fidèles, les deux saintes personnes (Marie et Joseph) qu'il avait jointes sur la terre…


Cotignac, source saint Joseph - La lumière de Dieulalumierededieu.eklablog.com

 C’est en souvenir l’oncle Joseph le postillon à Fahy, de chers amis sud-africains qui s’étaient retirés à Cotignac/Belem  que j’écris ce papier : tous sont au ciel aujourd’hui à rigoler de ce que je dis !

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16/03/2013

Le Pape François

 Ce soir-là, le 13 mars, l’apparence probe de ce  personnage aux gestes simples et symboliques, à la parole d’un homme du peuple, au sourire timide et sincère, c’était comme un soupir de soulagement. La prière qu’il a demandé qu’on dise avec lui, la seule prière que jésus aie enseignée : le Notre Père, était un appel à penser, parler, agir ensemble ! Et puis, Oh ! Son nom : François – pour un jésuite – un petit signe aux pauvres du monde entier, unis au Poverello d’Assise ! Pour reconstruire l'Eglise en ruines!

Le Père Martin Werlen d’Einsiedeln, a dit: « il est moins important de savoir d’où vient le pape que où il va ! » (je cite de mémoire) Vraiment? 

J’avais tellement envie de voir apparaître un vrai disciple de Jésus, en oubliant que celles-ci et ceux-ci (moi y compris) sont loin d’être parfaits, et la publication de son passé argentin comme supérieur des Jésuites et évêque à Buenos Aires durant les années dures de la dictature (1976 à 1983) fut une douche froide! On aurait pu l'anticiper! Le premier pape Pierre, avec femme, belle-mère et sans doutes enfants, avait renié Jésus par trois fois... mais il a pleuré!

Mais voici un rappel de la période d’Apartheid en Afrique du Sud ; dans ces deux réalités, (Argentine et Afrsud) l’Eglise institution et ses autorités, ont été déplorablement ambigus, compromis avec les autorités politiques, économiques et militaires « par PEUR » se  sont-elles excusées plus tard, de ne pouvoir continuer leur présence, donc leurs œuvres, au pays.Ce qui est exact, mais ces mêmes institutions n'ont pas protégé certains de ses membres lors d'expulsions!

 Dans les deux cas, les personnes, ayant partagé la souffrance des pauvres et s’étant solidarisées avec leur lutte pour la justice furent

·       Averties qu’elles étaient personnellement responsables

·       Découragées et parfois transférées d’un endroit à l’autre

·       Tolérées du bout des lèvres sans être ni soutenues dans l’action, ni aidées lors d’incidents désagréables voir dangereux avec la police  et d'autres autorités !!!

 Nous sommes donc bien placés pour comprendre le dilemme de François quant à d'éventuels conflits avec des personnes engagées, car il avait peur de la théologie de la libération... et de la soit-disant "politisation" des jésuites dans ce pays !!! Voici donc quelques points communs:

 a)   La situation en Argentine de Jorge Maria Bergoglio, actuel François, évêque de Rome et pape. Après la dictature, Jorge Bergoglio et la Conférence épiscopale ont publiquement demandé pardon pour ne pas s'être plus engagée en faveur du respect des droits de l’Homme.

 b) A sa décharge personnelle l'artiste Adolfo Pérez Esquivel, connu pour son engagement dans la défense des droits de l’homme, a précisé à la chaîne britannique BBC: " Il y a eu des évêques complices de la dictature, mais pas Bergoglio". Et je veux aussi le croire.

 c)     Chez nous, la Conférence des évêques suisses (CES), a reconnu avoir manqué d’intérêt, de courage, de foi, d’amour et de catholicité à l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud, particulièrement de 1970 à 1990, mais à ma connaissance, elle tarde à s’excuser officiellement et publiquement de sa négligence.

 Si mon rêve de perfection est encore une fois réduit en cendres, il se peut qu’une petite flamme vacille encore.  Nous avons eu la chance d’avoir eu « Commission de Vérité et Réconciliation » en Afrique du Sud (Desmond Tutu), … et « nous pardonnons comme nous sommes pardonnés ». C’est peut-être facile…

Mais le Peuple de Dieu, le petit peuple d’Amérique latine qui se remet debout après tant de dictatures, et qui reconquiert sa dignité humaine en tant que citoyen continuera sa lutte parce que Jésus est le premier libérateur !

 Nous attendons du Pape François qu’il reste pauvre parmi les pauvres, pas par amour de la pauvreté, mais par amour et volonté de justice pour tous. Ce qui implique un changement radicale de structures!

 

 

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Un passé mémorable

 

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 Jésus n’a pas fondé un club de copains. Il a responsabilisé des femmes et des hommes afin qu’ils partagent sa tâche et son charisme avec lui.

 Comme lui, ils devaient annoncer le royaume de Dieu, c’est-à-dire qu’ils devaient libérer les gens de toutes sortes d’angoisses et de peurs, ils devaient guérir les malades et permettre aux proscrits de retrouver leur histoire, leur langue et leur nom. Un bon nombre des collaborateurs de Jésus nous sont connus : Simon, Maria de Magdala, André, Suzanne, Jean et bien d’autres encore (Luc 8, 1-3).

 Par un acte de consolidation du groupe, Jésus a choisi douze hommes. Le Nouveau Testament les nomme simplement les Douze. Leur devoir ne se différenciait guère de celui des autres femmes et des hommes. La signification des Douze représentait la force symbolique de leur vocation : représenter les douze Tribus d’Israël. Telle était la priorité de Jésus, c’est-à-dire : rassembler le peuple d’Israël.

 Il s’agissait non seulement d’Israël,  mais expressément des douze Tribus du Peuple d’Israël.  C’était en même temps réveiller d’un Passé mémorable, c’est-à-dire du temps où Israël n’était pas (encore) gouverné par des rois et des prêtres du Temple, mais au contraire, tout le Peuple était le Royaume de Prêtres et de Rois, un Peuple saint. C’est ainsi que Dieu l’avait dit à Moïse au Sinaï (Exode 19,6). C’était le temps des Prophétesses et des Prophètes qui annonçait : Dieu est Roi  - Lui seul (Psaume 47,8).

 Les instructions de Jésus aux disciples, femmes et hommes, montre l’importance que Jésus donnait au souvenir de ce mémorable Passé :

 Vous savez que ceux qui sont regardés comme les chefs des nations les dominent, et que leurs princes ont puissance sur elles. Il n'en est pas de même parmi vous… (Mc 10,42f).

 Le choix des Douze en tant que Souvenir du Passé mémorable d’Israël ne correspond ni à la fondation d’un genre de patriarcat ni à une hiérarchie établie une fois pour toute.

 Au contraire : Tous appartiennent à la prêtrise et à la royauté. Le Nouveau Testament n’hésite pas à revenir avec insistance sur cet encouragement qui concerne, sans exception tous les croyants et toutes les chrétiennes :

 Vous êtes la race choisie, les prêtres du Roi, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu. Il vous a appelés à passer de l'obscurité à sa merveilleuse lumière, afin que vous proclamiez ses œuvres magnifiques  (1P 2,9 ; voir aussi Apocalypse 1,6)

 Tel est le critère d’orthodoxie pour l’Église de Jésus-Christ pour sa mise au point actuelle.

 Dommage qu’on en parle si rarement.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

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13/03/2013

Un beau soir et une immense gratitude

 

Oui, l'Eglise peut encore être sauvée... Quelle espérance!

Comblée d'avoir vécu assez longtemps pour entendre François 1er, évêque de Rome et notre frère pape dire simplement :

francois-1er_289240_800x600.jpg"Bonsoir"

 "Mes frères cardinaux semblaient l'avoir cherché au bout du monde"

 "Je vous remercie de votre accueil, enfin Rome a son évêque et je vous remercie"

 "Avant tout, je souhaiterai faire une prière pour notre évêque émérite Benoit XVI"

 

"Prions pour que le Seigneur le bénisse et pour que la Vierge Marie le garde"

 "Priez pour moi et donnez-moi votre bénédiction avant que l'évêque (de Rome qu'est le pape, ndlr) vous bénisse".

 "Prions toujours les uns pour les autres et pour le monde, pour qu'il y ait une grande fraternité"

 Il a invité les fidèles à "entreprendre un chemin de fraternité, d'amour"

 "Demain je veux aller prier la Vierge pour qu'elle protège Rome".

 "Bonne nuit et bon repos".

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12/03/2013

Peut-on encore sauver l’Eglise ?

 

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Il serait difficile d’ignorer – serait-ce grâce aux médias ? – ce qui se passe dans l’Etat du Vatican qui n’a plus de Président alias dans l’Eglise qui n’a plus de Pape. 

 Mais quelqu’un manque dans ce contexte au niveau de l’Eglise, c’est Jésus ! Il est difficile d’imaginer une amputation plus crasse : Jésus mis au rencart ou tout simplement inexistant ou pire encore, exécuté. Son image, le témoignage de sa vie, de sa mort, de sa résurrection et du mouvement qui poursuit la création d’une société humaine et fraternelle, empêcherait l’Eglise impériale de tourner rond !

 Et pourtant Jésus est présent dans les sous-sols de la société.  Silencieux, muet dirait-on, et pourtant si on nous reproche de proclamer Jésus alors que l’intérêt de l’Institution est ailleurs « Les pierres crieront » (Saint Luc 19 : 39-40).

 Mais cela suffit. Je me permets seulement de signaler l’émission Haute Définition du 10 mars 2013 alors que Manuela Salvi discute avec le grand théologien catholique Hans Küng notre compatriote.

 « Peut-on encore sauver l’Eglise » Seuil, 2012. (ici Küng parle de l’Institution romaine) et de son chef.

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/haute-definition/4704432-peut-on-encore-sauver-l-eglise-10-03-2013.html?f=player/popup

 Qui est Hans Küng ? « C'est le meilleur ennemi du Vatican. David contre Goliath. Hans Küng s'est fait remarquer en Il étudie la théologie et la philosophie à l'Université grégorienne de Rome, puis à la Sorbonne. Il est ordonné prêtre en 1954. Jean XXIII le nommera théologien expert officiel lors du concile Vatican II de 1962 à 1965.

 Sa volonté de réformer le Vatican, d'une réconciliation avec les autres religions et sa pensée libre feront de lui un contestataire loyal! Depuis 1993, il se dévoue à la fondation "Pour une éthique planétaire" qui cherche à renforcer la compréhension et la coopération entre les religions. »

 Nous pouvons écouter l’émission d’une vingtaine de minutes, nous faire une opinion moins dépendante des médias télévisés. Et dire une petite prière à l’Esprit ressuscité de Jésus.

 L’église universelle, celle des racines, des petites gens, elle, est bien vivante en cette « montée vers Pâques » 2013.

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11/03/2013

Encore Hugo Chavez

 

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Fr Maximino Cerezo Barredo

La passion d’Hugo Chavez pour éliminer la pauvreté et la misère du peuple vénézuélien est un acte de justice pour les uns et un acte criminel pour les autres.

 Le prolétariat est un danger pour le bien-être de la bourgeoisie et promouvoir une société égalitaire est, du moins en occident, un non-sens donc tabou !  Je me souviens de nombreuses personnes engagées dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, qui « s’efforçaient de renoncer à posséder quoi que ce soit que tous ne peuvent posséder », ils ont été une vraie force de cohésion pour les "gens-de-trop" des townships qui ont pris conscience de l’exigence de la solidarité ! J’ai connu de telles personnes, aujourd’hui décédées. La bourgeoisie les qualifiait de fous, d’irresponsables et de dangereux fauteurs de troubles. Mais un mouvement s’organisait discrètement, dans des recoins d’Églises,  à peine toléré par la surveillance de l’institution qui craignait « le communisme alias marxisme » polluant la sacro-sainte enceinte de l’Institution en contradiction flagrante avec sa Mission !

 Mandela avait, depuis longtemps pris conscience du pouvoir du peuple ; il fut d’abord emprisonnée à vie. Mais son idéal était ancré dans le peuple hors des murs de la prison et encore prisonniers dans les murs de l'Apartheid... jusqu'en 1994 ! Madiba est allé aussi loin qu’il a pu, seul, seul avec les plus pauvres et qui le sont toujours !

 La passion de Nelson Mandela pour faire la justice ! Le contexte historique, social, politique n’ont pas permis de changer les structures d’injustice. Les revenus de l’extraction de l’’or, du platine, du cuivre, du nickel, ne profitent pas à améliorer la santé, l’éducation, l’habitat ni le niveau de vie des « gens-de-trop » des townships !

  A quoi servent les richesses d’un pays si ce n’est que pour entretenir une bourgeoisie sans couleur cette fois ! Les « gens-de-trop » restent de trop ! L’hypocrisie avec laquelle le monde économique occidental a détruit le rêve de la Nation Arc-en-ciel de Madiba crie vengeance contre le système actuellement mondialisé!  Mandela mourra, il ne sera pas mort en vain : une brindille de révolte et d’invincible espérance brûle dans le cœur du petit peuple !

 Et Hugo Chavez ? Les circonstances l’historiques de la lutte des peuples d’Amérique latine contre les USA diffèrent de celles de l’Afrique australe. Mais la cause radicale pour tous reste : l’inégalité voulue, structurée entre le prolétariat et la bourgeoisie et ses alliés mondiaux ! La différence d’avec l’Afrique du Sud et la disparition de Chavez le montre : Au Venezuela, l’histoire, les expériences de quelques pays voisins, la fougue du tempérament du petit peuple venezuélien brûle de reconnaissance envers celui qui a voulu que les richesses du sol, les fruits de la terre et du labeur des travailleurs servent à réduire la pauvreté des masses ! Pourquoi, malgré le danger d'un culte de la personne, pourquoi dénigrer la ferveur des pauvres !

 La presse capitaliste indique du bout des lèvres, presque à contrecœur ce que le chavisme a fait de bien! Pourquoi ?

 Pour le Venezuela comme pour l’Afrique australe, l’avenir reste incertain. Pour nous aussi. Et cette phrase de Jésus :

 « Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous » (Mathieu 26, 11)

  Qu’est-ce que Jésus a voulu dire, ou prédire ?

 A-t-il découragé l’engagement pour la justice économique, sociale, religieuse ?

 C’est à nous de réfléchir à partir de notre réalité en 2013. J’essaie de faire ça.

 Jésus s’explique :  «  L'Esprit du Seigneur est sur moi, c'est pourquoi il m'a oint pour annoncer l'Évangile aux pauvres; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé; 19 Pour publier la liberté aux captifs, et le recouvrement de la vue aux aveugles; pour renvoyer libres ceux qui sont dans l'oppression, et pour publier l'année favorable du Seigneur. 20 Et ayant replié le livre, et l'ayant rendu au ministre, il s'assit; et les yeux de tous, dans la synagogue, étaient arrêtés sur lui. 21 Alors il commença à leur dire: Cette parole de l'Écriture est accomplie aujourd'hui, et vous l'entendez…. En vérité, je vous le dis, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie ( Luc 4 :14-21, 24)

 Chavez, comme Mandela et comme bien d’autres lisaient la Bible. Comme nous, ils se disaient « chrétiens et /ou humanistes ». Alors ?

09/03/2013

 La vision du Fils de l’Homme (Daniel 7)

 

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 Merci à Maximino Cerezo Barredo

 

La vision décrite par Daniel dans son Livre est une des plus impressionnantes qui soient : il s’agit du Fils de l’Homme.  C’était à l’époque des persécutions du Peuple juif par Alexandre IV. Épiphanes (175-164 av.Chr.). L’histoire de Dieu avec son Peuple semblait prendre fin. Et pourtant le Visionnaire Daniel espérait toujours. Toute la souffrance de ses sœurs et de ses frères dans la foi lui apparut dans la vision de 4 animaux terrifiants qui surgissaient, l’un après l’autre des profondeurs catastrophiques de la mer. Les quatre animaux symbolisaient le profond mépris et la souffrance que ce peuple pieux subissait sous le joug du régime : c’est-dire de l’empire de Babylone, de Mède, de Perse et d’Alexandre Le Grand. La vision montre par la suite Dieu jugeant ces empires, car Dieu tient sa parole – sans aucun doute – et cela signifie qu’Il sauve son Peuple et que les empires sont mis à l’écart.

 Dans l’acte suivant : Daniel  voit une forme  lumineuse dans les nuages, elle descend du cielcomme un Fils d'Homme et il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté: les gens de tous peuples, nations et langues le servaient… (Dn 7, 13-14)

 Cela devrait être clair : Comme les quatre bêtes émergeant de la mer symbolisaient quatre empires, ainsi en est-il de la contrepartie : le Fils de l’Homme symbolise un royaume. Mais à la différence des quatre énormes bêtes surgissant des ténèbres de la mer, il s’agit maintenant d’une lumière, d'apparence humaine comme signe de l’interaction des femmes et des hommes dans la clarté.  Le Fils de l’Homme, le signe de la fidélité et de la tendresse de Dieu qui fait disparaître les ténèbres, le mépris, et renaître et régner la dignité humaine dans la lumière.

 Environ 200 ans plus tard alors que Jésus parcourait la Galilée, ses disciples se souvinrent de la Vision de Daniel. Ils devinrent conscients que Jésus était ce Fils de l’Homme présent dans un monde de violence et de haine, et il proclamait, par sa vie et sa parole  un tout autre « Régime » : le Royaume de Dieu.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l'aimable permission de l'auteur

11:10 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

08/03/2013

Hugo Chavez

 Nous sommes dans un monde impitoyable : le monde occidental capitaliste et la mort de Hugo Chavez démontrent la mauvaise foi, les partis pris ou simplement le manque d’information de certains de nos médias. J’ai été choquée en lisant ce qu’en disait la Liberté de Fribourg ! Je cite : « VENEZUELA  • Le président Hugo Chavez décédé mardi laisse une économie dévastée qui survit grâce aux pétrodollars. La redistribution de cette rente a fait reculer la pauvreté. Bilan peu glorieux ».

 Heureusement d’autres journaux et médias existent, au-delà de nos frontières !

 Je sais que Hugo Chavez n’est pas Nelson Mandela ! Ni son langage, ni sa diplomatie, mais les deux avaient connu la prison et tous les deux aspiraient « au plus grand bien pour le plus grand nombre » dans leur pays où régnait et ou règne encore l’injustice.

 Dans nos régions, depuis que ce leader charismatique est mort,  Mahmoud Ahmadinejad,  Bashar Al-Assadet, Mouammar Kadhafi sont nommés plus souvent que Chavez et les présidents des pays latino-américains ! Comment ça ? A nous de trouver une réponse honnête!

 A Rome cependant, « le cardinal du Venezuela Jorge Urosa Savino, archevêque de Caracas  a manifesté sa participation » au deuil du pays. L’archevêque a exprimé ses condoléances à la famille du président défunt. Aujourd’hui, même s’il critiquait la politique de Chavez, (et cela va quasiment de soi en tant qu’autorité ecclésiastique) ce « papabile » célèbre une messe en action de grâce pour Hugo Chavez.

 Hugo Chavez était chrétien à sa manière frustre peut-être, il avait le vocabulaire des pauvres, mais je suis sûre que notre Seigneur Bien – aimé aura dit à Chavez qui aimait tant la vie : « Aujourd’hui, tu seras avec moi au paradis ! »


 


P.S. Et voici un entretien (BBC) de Steve Sackur avec Hugo Chavez qui montre qu’il est possible de se parler honnêtement face à face sans langue de bois !

05/03/2013

Les Ouvriers de la onzième heure, l’initiative Minder et Economie suisse.

 

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C’était après mon retour en Suisse. Un conférencier théologien « enseignait » les évangiles aux sœurs, en l’occurrence il s’agissait des « Ouvriers de la onzième heure » selon  l’Evangile de Matthieu (chapitre 20, versets 1 à 16) .

Celles et ceux qui ont travaillé toute la journée ont reçu UN denarius et ceux qui n’ont travaillé qu’une heure ont reçu UN denarius. Or si ma recherche est juste, un denarius vaut 20 dollars. Le conférencier laissa du temps pour les question et j'ai demandé (étant toujours revenue d'Afrique où l'évangile éclairait notre action) : « Que pensez-vous de ce salaire ? de l’attitude du patron et de celle des salariés mécontents ? »  Sa réponse : « On ne fait pas de politique pendant une retraite ! » J'avais compris. Pas de politique. Ni à l’église, ni aux rencontres ecclésiales … Et il me semblait qu’on amputait sciemment le message de Jésus de sa relevance qui consiste à transformer notre réalité, nos cœurs afin qu’advienne le « royaume de Dieu » c’est-à-dire, un monde petit à petit plus juste et paisible.

Des années ont passé durant lesquelles j’ai appris que ce qui fait flamber les conversations est pourtant la politique des sous, du fric, des salaires, ces dernières années de crise, des salaires des cadres itou ! De la boursicoterie, de la croissance, de la consommation à tout prix et encore … des BONUS et des parachutes dorés!   Ad nauseam !

 Pourtant "THE TIMES THEY ARE A-CHANGING" !!! Quelle lenteur! Et c’est comme si des signes avant-coureur faisaient tomber les écailles des yeux et qu’on perçoive, et qu'on s'étonne de voir approcher un point de non-retour. Ou comme le dit la Conseillère Fédérale, Simonetta Sommaruga « Il y a un malaise profond dans la population… la cohésion sociale est en danger… » Et, à Infrarouge , tout en défendant le contre-projet à l’initiative Minder « salaires abusifs »  elle remercie d’amblée ce dernier d’avoir soulevé, en 2007 déjà,  le dysfonctionnement du monde des finances suisses.

 Dimanche le 3 mars 2013, la majorité des suisses a donné son opinion comme l’écho de ce « malaise profond ». Ce malaise doit être pris en compte par les organes dirigeants !

 Pascal Gentinetta directeur dit que « économiesuisse essuie les plâtres parce qu'elle s'est retrouvée en première ligne sans l'avoir cherché. » Et une campagne de 8 millions de francs contre l’initiative Minder n’y aura rien fait.

 Au fait, quel rapport entre le oui du peuple suisse à l’initiative Minder, et le salaire des ouvriers de la onzième heure ?  Le propriétaire du domaine emploie des « chômeurs » à des heures différentes ; ceux-ci travaillent et sont rémunérés selon une entente de personne à personne et selon l’esprit du maître : or comme dans beaucoup de pays, l’allocation chômage n’existe pas pour ces personnes redondantes et le propriétaire, selon Jésus, paie UN seul Denarii aux deniers, et UN seul aux premiers ? On pourrait dire que ceux qui n’ont travaillé qu’une heure ont trop reçu ! Je crois que moi, vous, nous aurions aussi « ronchonné ». Le maître est-il juste ? … Notre Abba n’est rien d’autre que l’Amour qui donne et qui se donne, aux plus pauvres d’abord et puis, à tous ! Tous ont faim et soif. Surtout à la fin du jour !

L’interdiction des salaires abusifs et les Bonus sont (et peut-être bientôt étaitent) une perversion de notre système lorsqu’il s’agit du salaire des chefs.  Ne sont-ils pas engagés pour servir et non pas être servis ? L’eau, le pain coûte la même chose pour tous. C’est le salaire quotidien pour le pain quotidien.

 

02/03/2013

Le Lieu de Dieu : Que des enfants

 

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Fr Maximino Cerezo Barredo  (merci à lui!)

 Encore une fois, les disciples se disputaient entre eux : lequel d’entre eux serait le plus grand. La chicane et la rivalité  au sujet du premier rang – qu’importe la nature du l’échelle - sont aussi vieux que l’humanité. Jésus répond à leur problème à l’aide d’un simple signe :

 « Ils arrivèrent à Capharnaüm. Lorsqu'il fut dans la maison, Jésus leur demanda: De quoi discutiez-vous en chemin?  Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.  Alors il s'assit, appela les douze, et leur dit: Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous.  Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et l'ayant pris dans ses bras, il leur dit: Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m'a envoyé. » (Marc  9, 33-37)

 Telle est la réponse de Jésus.

 L’idée que nous nous faisons des enfants est empreinte de romantisme : ils sont mignons, innocents, gais, ouverts… pour eux, on fait l’impossible. Mais à l’époque de Jésus, les enfants ne faisaient qu’un avec les esclaves, les femmes, les étrangers : ils étaient justement les derniers dans la hiérarchie sociale.

 Nous avons des données et des textes de loi de ce temps-là qui exposent des enfants avortés, exposés, battus, tués. Jésus prend dans ses bras l’un de ces derniers et le place au milieu d’eux. Il va plus loin : il s’identifie à lui. Celui qui accueille cet enfant, c’est moi qu’il accueille. Jésus va plus loin encore: Celui qui accueille cet enfant accueille celui qui m’a envoyé, Dieu, Père.

 Dans le même évangile de Marc nous pouvons lire : quiconque n'accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant, n'y entrera pas.

 « Seul, celui qui accueille le Royaume de Dieu comme un enfant y entrera »  Marc 10 :15).

 Ces mots – du Grec – sont aussi équivoques :

 On doit accueillir le royaume de Dieu à la manière de l’enfant : ouvertement, sans soupçon, avec confiance.

 Ou encore :

 On doit accueillir le Royaume de Dieu comme on accueille un enfant et ceci signifierait : comme on accueille les derniers des derniers, les vauriens, celles et ceux, justement, chez qui il nous est donné de chercher et de trouver le Royaume de Dieu.

 Les femmes, les enfants, les esclaves, les étrangers, les derniers sont, peut-être, le lieu de Dieu.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

10:25 Publié dans théologie | Lien permanent | Commentaires (0)

01/03/2013

Réflexion sur : Rester seul avec lui : une fatalité ?

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Christ Rembrandt

 « Quand on désire publier un message qui ait une relevance spirituelle et/ou théologique, il est indispensable de lire les signes des temps. Le regard de Jésus, en son temps comme en notre temps : Jésus voit la réalité, il en fait l’expérience parce qu’il vit avec eux bien qu’il fut seul ! »  (Suivre Jésus aujourd’hui. A.Nolan)

 Une réflexion s’inscrit dans le vécu d’un contexte local faisant forcément partie du contexte plus large que nos étouffantes frontières !

 Dans ce contexte plus profond et plus large, il y a la souffrance structurelle de millions d’êtres aussi humains, comme vous et moi, qui sont broyés par les armes au profit des fabricants de ces objets de mort. Chez nous aussi.

 Il n’en faut dire mot si l’on veut préserver la paix

 Dans ce contexte, il y a la souffrance des innombrables exploités par les fourberies d’un système financier qu’on expose du bout des lèvres et qu’on exorcise aussi longtemps que ça va bien pour nous.

 Il n’en faut dire mot pour préserver la paix…

 Dans ce contexte, on ne peut ne pas s’apercevoir du double visage d’une Église Catholique exaltant un mini État et le chef religieux démissionnaire d’une part, et du visage de l’Église des bas-fonds des savanes et des cités où survivent  celles et ceux qui révèlent Jésus en eux : des milliers de baptisés « laissés pour compte » car il n’y a pas de pasteurs.

 Il n’en faut dire mot pour préserver la paix…

 Et l’on s’exclame : Remercions Dieu ! Vraiment ?

 « On a de la chance d’être chez nous ! » Sans poursuivre « Ont-ils la chance d’être chez eux ? »

 « On a la chance d’avoir la foi ! » Sans poursuivre « Quelle chance ont-ils s’ils n’ont pas notre foi ?

 Il n’en faut dire mot pour préserver la paix…

 Nous pourrions poursuivre ces questions sur des pages ! Et avec mon ami Albert Nolan, je répète : Jésus voit la réalité, il en fait l’expérience parce qu’il vit avec eux bien qu’il fut seul !

 En disant ça, on dérange la paix, on dérange la foi.  « Et on reste seul avec lui. »

 Qui sont ceux et celles qui dérangent la paix, la foi des « gens bien » ?

 Les journalistes et photographes envoyés dans des zones de conflits.

 Quelques prêtres et écrivains de temps en temps lorsqu’ils sont uns avec les plus pauvres, les exploités, les opprimés, les théologiens de la libération !

 Des médecins qui « enfreignent des lois ecclésiastiques » en permettant des « interruptions volontaires de grossesses » (IVG).

 Ouvrons les yeux et voyons peut-être  si nous (moi bien sûr) sommes parfois tentés de chuchoter : « Il n’en faut dire mot pour préserver la paix… »

 Ou bien lire Saint Luc : «Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans l'ombre sera entendu au grand jour, ce que vous aurez dit à l'oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits. » (Saint Luc 12 :2,3)