16/03/2013

Le Pape François

 Ce soir-là, le 13 mars, l’apparence probe de ce  personnage aux gestes simples et symboliques, à la parole d’un homme du peuple, au sourire timide et sincère, c’était comme un soupir de soulagement. La prière qu’il a demandé qu’on dise avec lui, la seule prière que jésus aie enseignée : le Notre Père, était un appel à penser, parler, agir ensemble ! Et puis, Oh ! Son nom : François – pour un jésuite – un petit signe aux pauvres du monde entier, unis au Poverello d’Assise ! Pour reconstruire l'Eglise en ruines!

Le Père Martin Werlen d’Einsiedeln, a dit: « il est moins important de savoir d’où vient le pape que où il va ! » (je cite de mémoire) Vraiment? 

J’avais tellement envie de voir apparaître un vrai disciple de Jésus, en oubliant que celles-ci et ceux-ci (moi y compris) sont loin d’être parfaits, et la publication de son passé argentin comme supérieur des Jésuites et évêque à Buenos Aires durant les années dures de la dictature (1976 à 1983) fut une douche froide! On aurait pu l'anticiper! Le premier pape Pierre, avec femme, belle-mère et sans doutes enfants, avait renié Jésus par trois fois... mais il a pleuré!

Mais voici un rappel de la période d’Apartheid en Afrique du Sud ; dans ces deux réalités, (Argentine et Afrsud) l’Eglise institution et ses autorités, ont été déplorablement ambigus, compromis avec les autorités politiques, économiques et militaires « par PEUR » se  sont-elles excusées plus tard, de ne pouvoir continuer leur présence, donc leurs œuvres, au pays.Ce qui est exact, mais ces mêmes institutions n'ont pas protégé certains de ses membres lors d'expulsions!

 Dans les deux cas, les personnes, ayant partagé la souffrance des pauvres et s’étant solidarisées avec leur lutte pour la justice furent

·       Averties qu’elles étaient personnellement responsables

·       Découragées et parfois transférées d’un endroit à l’autre

·       Tolérées du bout des lèvres sans être ni soutenues dans l’action, ni aidées lors d’incidents désagréables voir dangereux avec la police  et d'autres autorités !!!

 Nous sommes donc bien placés pour comprendre le dilemme de François quant à d'éventuels conflits avec des personnes engagées, car il avait peur de la théologie de la libération... et de la soit-disant "politisation" des jésuites dans ce pays !!! Voici donc quelques points communs:

 a)   La situation en Argentine de Jorge Maria Bergoglio, actuel François, évêque de Rome et pape. Après la dictature, Jorge Bergoglio et la Conférence épiscopale ont publiquement demandé pardon pour ne pas s'être plus engagée en faveur du respect des droits de l’Homme.

 b) A sa décharge personnelle l'artiste Adolfo Pérez Esquivel, connu pour son engagement dans la défense des droits de l’homme, a précisé à la chaîne britannique BBC: " Il y a eu des évêques complices de la dictature, mais pas Bergoglio". Et je veux aussi le croire.

 c)     Chez nous, la Conférence des évêques suisses (CES), a reconnu avoir manqué d’intérêt, de courage, de foi, d’amour et de catholicité à l’époque de l’apartheid en Afrique du Sud, particulièrement de 1970 à 1990, mais à ma connaissance, elle tarde à s’excuser officiellement et publiquement de sa négligence.

 Si mon rêve de perfection est encore une fois réduit en cendres, il se peut qu’une petite flamme vacille encore.  Nous avons eu la chance d’avoir eu « Commission de Vérité et Réconciliation » en Afrique du Sud (Desmond Tutu), … et « nous pardonnons comme nous sommes pardonnés ». C’est peut-être facile…

Mais le Peuple de Dieu, le petit peuple d’Amérique latine qui se remet debout après tant de dictatures, et qui reconquiert sa dignité humaine en tant que citoyen continuera sa lutte parce que Jésus est le premier libérateur !

 Nous attendons du Pape François qu’il reste pauvre parmi les pauvres, pas par amour de la pauvreté, mais par amour et volonté de justice pour tous. Ce qui implique un changement radicale de structures!

 

 

22:49 Publié dans Église(s) | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Ne pas oublier qu'on peut aussi considérer qu'il s'agit presque de conflits internes au christianisme ou à l'église catholique. L'apartheid a été mise en place par un pasteur du "peuple élu de Dieu", les Afrikaners. Et la junte militaire a pris le pouvoir au nom de l'église catholique pour lutter contre le grand Satan communiste. Que faites-vous de ces contradictions ?

Écrit par : Géo | 17/03/2013

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