28/02/2013

Elodie, Stephan Hessel et le Pape

Le marché du jeudi à Bulle

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Les marchands amènent leurs marchandises semaine après semaine sous les tilleuls de la Grand Rue et c’est l’occasion de se rencontrer entre eux et de voir venir leurs fidèles clients. Pour ma gourmandise : un petit pain rond du Radeau d’Orsonnens !

 Oui, car en sortant de la liturgie à Notre-Dame de Compassion, je prends plaisir à aller faire un tour au marché ; là je respire les senteurs des épices, des fleurs, des légumes, du fromage, du pain, des petits enfants et des grandes personnes. Le sourire des enfants est mon régal.  

1173798_pic_970x641.jpg Ce matin 28 février 2013, dans la fraîcheur d’un clair soleil, par exemple, Elodie, 4 mois, m’a comblée d’un sourire prolongé, amoureux, chaleureux ! J’étais ravie, et je le suis encore car c’était la réelle présence originelle et divine de tout ce qu’il y a de plus pur dans l’homme et dans la nature. C’était le courage nécessaire d’être indigné et engagé avec toute la sainte fougue de Stephan Hessel tout juste arrivé  « hors espace-temps, une joie reconnaissante ! » 

 

images (10).jpgC’était aussi la « sainte indifférence » selon Saint Ignace, qui permet un désengagement de l’atmosphère mousseuse largement médiatisée du Vatican et des événements actuels déferlants sur le monde occidental suite à la retraite du pape.

 

Alors, comme dit Saint Ignace, la « sainte indifférence  permet de se « défasciner » de ce qui n’est pas Jésus aujourd’hui et d’espérer une alternative ! »  L’alternative la plus réaliste, c’est la présence christique dans le cœur des plus petits, des plus pauvres, des réfugiés de partout, c’est leur autorité et leur jugement sur l’Église et le monde (Jean-Baptiste Metz,   Memoria Passionis, dire Dieu à partir de la souffrance des hommes ed. Cerf 2009) !

 Et c’est permettre à l’indignation et à l’engagement de Stephan Hessel de rayonner l’alternative dans le sourire d’Élodie et dans le partage du pain que le Radeau d’Orsonnens nous offre au Marché du jeudi à Bulle.

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23/02/2013

Nous voulons un roi!

 

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Nous voulons un roi ! Tout de suite !

(1 Samuel 8)

 Les tribus d’Israël voulaient absolument avoir un roi. L’objection des prophètes : Dieu est donc votre roi et vous n’êtes pas satisfaits? La réaction des tribus : Un Dieu sans image, sans nom, sans armée, sans fonctionnaires, sans harem, est-ce un roi ?

 Dieu a vu qu’ils désiraient un roi et il dit au prophète : « Ce n’est pas toi qu’ils ont rejeté, c’est moi, je ne dois plus être leur roi ! »

 L'histoire d'Israël montre que la royauté a échoué lamentablement : ainsi, en 722 av. J.-C., l'empire du nord, en 587 l'empire de sud s’effondre. Les rois sont emprisonnés et déportés.

  Mais la demande d’un roi se répand toujours. Certes, que l’idée d’un "roi" ne convienne pas particulièrement à la mentalité suisse, on en convient, il arrive pourtant qu’un homme fort ou une femme forte nous rendrait bien service !

 Selon les Évangiles, Jésus de Nazareth, serait un roi.  Quel type de roi?   Lorsque les évangélistes parlent de Jésus en tant que « roi », ils montrent aux lecteurs un enfant sans toit dans la crèche d’une étable (Lc 2,1-14) ; ou un condamné à mort sur une croix  (Mc 15, 23-32) ; ou dans les foules d’affamés, d’assoiffés, de personnes dépouillées de leurs vêtements, de prisonniers, d’étrangers avec qui notre Roi Jésus s’identifie  (Mt 25, 31–46).

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie

 Avec l’aimable permission de l’auteur

22/02/2013

Paroles en chemin

Chers amis/es Blogueurs,

 Quand on se rencontre, on se dit bonjour et je jour sera bon, je sais.

téléchargement (2).jpg En novembre 2011, Hermann-Joseph Venetz a répondu à ma suggestion d’écrire un petit billet pour le blog que vous avez sous les yeux et c’est devenu une réflexion hebdomadaire grandement appréciée, par moi et par de nombreux lecteurs. Mais beaucoup d’amis n’ont pas internet et j’ai proposé que plusieurs billets soient rassemblés et imprimés en une modeste brochure. C’est fait. Nous avons une brochure « Paroles en chemin »  et une deuxième brochure « Worte auf den Weg ».  C’est un recueil de 65 textes, assez courts, tels qu' ils sont apparus dans mon blog.

 

téléchargement (3).jpgDites-moi si vous aimeriez en recevoir une ou plusieurs copies.  Et il n’est pas question de d’argent, c’est un grand privilège de partager cette recherche de sens et de vérité, et cela ne se vend pas et ne se paye pas. C’est le don de se dire Bonjour chemin faisant. C'est un partage de vie.

 Pour la brochure française, le mail : Claire-Marie Jeannotat katutura@bluewin.ch

 Pour la brochure allemande, le mail: Hermann-Josef Venetz :  hermann.venetz@unifr.ch

 Mon adresse postale : Foyer Ste Croix, rue du marché 10, 1630 Bulle.

 Claire-Marie

20/02/2013

Casaldaliga

 

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Nous avions, dans l’Afrique australe traumatisée par l’Apartheid,  le privilège de vivre côte  à côte, mains dans la main parfois, avec des prophètes, hommes et femmes. Nous savions que l’époque et les circonstances étaient au KAIROS.  Prendre parti pour la justice ou renoncer à notre dignité humaine !

 Rentrée en Suisse, j’ai trouvé un autre monde – superbement organisé et géré - qui désirait des témoignages d’ailleurs. Ce qui advint fut que : si le témoignage révélait les pauvres dans le besoin, la misère, l’ignorance avec force images, cela touchait les cœurs, les bourses se déliaient pour des « projets ».  Si le témoignage révélait la prise de conscience des exploités, leur révolte, leurs questions quant aux causes de l’injustice, le but de notre lutte,  la méfiance l’hostilité devenaient tangibles.

 Dans la proportion où m’évitaient certaines œuvres caritatives, d’autres groupes  m’invitaient. Une association m’offrit un job à Fribourg et là j’ai rencontré Chica et Bernard qui m’ont parlé de Pedro Casaldaliga et de son amour total pour les paysans et pour les pauvres. Ainsi je trouvais la source de notre théologie contextuelle en Afrique australe, dans la théologie de la libération en Amérique latine principalement. Le vécu de « missionnaire » de Pedro Casaldaliga inspirait les pauvres et les exploités à se rassembler autour de la Parole de Dieu, c’est-à-dire, le lieu où l’on partage la vie à la lumière, à la chaleur de notre Créateur.  Ce lieu de la Parole grandit et mûrit et devient une communauté faite de gens « de tous les jours » à l’image des premières communautés chrétiennes avec un leader, un des leurs !

 Casaldaliga a vécu dans une minuscule maison comme celles des paysans, il avait deux lits pliant, un pour lui et un autre pour un passant sans domicile fixe. Sa porte n'était jamais fermée. Sa communauté, les pauvres, étaient ses gardes de corps. Il était le sel dans la soupe qui « n'a pas perdu sa saveur! » Il n'est pas resté dans une salière dorée et ornée.

 Mais la hiérarchie catholique n'aime pas trop ce genre de proximité des misérables. Elle craint les innombrables petites communautés de base qui se mettent debout en Amérique Latine et ailleurs, elle fustige les théologiens de la Libération qui les encouragent. Casadaliga fut convoqué, en 1986, à la Congrégation de la Foi, autrefois le Saint-Office, pour y subir un procès. Il fut interrogé par les cardinaux Ratzinger et Gantin.  Il ne fut ni condamné ni encouragé, on connaît le style ! Il put retourner dans son diocèse. Là, malade, souffrant de la maladie Parkinson, il passe les dernières années de sa vie

 C’est un fait. Romero, Camara, Leonardo Boff et tant d’autres le savent. « Mais le disciple n’est pas au-dessus du Maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. » (Mt 10 :24) C’est bien ainsi.

 La résistance et la résilience des paysans autour de l’invincible « pasteur » a porté des fruits puisque La Justice brésilienne a statué récemment que les colons devaient partir et que les terres être rendues aux paysans. Ce qui, selon La Croix-Monde provoque la rage des colons menacent la Vie de l’évêque que le Gouvernement brésilien veut protéger.

 Des prophètes postmodernes sont parmi nous, parfois rejetés des leurs, mais aimés des petites gens ou de celles et ceux qui ont tant envie d’avoir jusqu’au bout du chemin, leur courage. Soyons solidaires avec eux tous.

 Je m’excuse de la piètre présentation de Pedro Casaldaliga, mais si j’ai pu éveiller un espoir que Jésus est très concerné et actif aujourd’hui, je serai contente. « Jésus aussi, afin de sanctifier le peuple … a souffert hors de la porte. Sortons donc hors du camp pour aller à Lui, en portant Son opprobre. » (Saint Paul aux Hébreux 13 :12,13)

  La Bogosphère de la Tribune de Genève nous offre de nombreuses et précieuses  informations sur Monseigneur Pedro Casaldaliga.

 En remerciant sincèrement Bernard Comoli :

 dom pedro casaldáliga - Le blog de Bernard Comoli - Tribune de ...

 bcomoli.blog.tdg.ch/tag/dom+pedro+casaldáliga

18/02/2013

Prophètes à notre époque postmoderne

 

Nous ne pouvons pas dire que nous ne savons pas !

Dieu a créé l’être humain pour qu’il vive debout et pour cela il a besoin de nourriture, mais puisqu’il est un, avec et parmi les autres, le partage est donc la chose la plus naturelle au monde.

 Pourtant, la créature du Bon Dieu a une faille sérieuse : c’est l’EGO, de images.jpgl’individu d’abord et puis dans l’Histoire des hommes, l'EGO enflé des institutions, des clans, des groupes, des nations. Nous pourrions noircir des pages à raconter  les conséquences de cette faille et comment «  un petit reste du rêve originel du créateur » est resté caché au plus profond du cœur humain. Ce petit reste, c’est la conscience que: partager la terre, le travail, le pain c'est partager la vie.

 C’est une bataille entre ce fragment qui brûle comme la lampe du sanctuaire en chacun de nous et l’EGO individuel  et collectif qui tente de l’asphyxier, de le    tuer en lui faisant croire que le partage de la terre et des biens n’est qu’une utopie dangereusement marxisante et que, seul un système économique et financier conçu par les Maîtres voleurs de terres, faiseurs d’esclaves, bâtisseurs de banques, sont en fin de compte la volonté du Créateur. Ainsi la trahison du rêve de Dieu, pis, la faille devient cancéreuse et ses métastases mondialisées menacent notre espèce humaine et notre planète d’extinction.

Mais nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Les prophètes ont vu les désastres des EGO collectifs, ils l’ont dénoncé, ils ont donné les remèdes de conversion et de survie ! On a tué les prophètes.

 Enfin  Jésus, la créature sans faille, la lumière, le prophète de l’ère chrétienne, a vu les désastres des EGO religieux, cléricaux, politiques, économiques de son temps, il a dénoncé, annoncé, vécu la pratique de la conversion, les grands-prêtres l’ont tué de sang-froid.

 

11529-20051224120322-0112-fire-flamme.jpgLes Pères de l’Église ont vu, entendu, ils ont compris les désastres de l’ego impérial constantinien et romain. Ils sont ignorés ajourd'hui dans les prédications! Mais l’Esprit de Jésus n’est pas mort et la petite lampe brûle comme un soleil d’espérance tout au long de l’ère chrétienne chez les petites gens.

 

Et combien d’autres « prophètes » de notre ère moderne et post-moderne se sont donné corps et âme en accomplissant la Mission de Jésus : rendre à l’être humain sa dignité par le partage de la terre, du travail et du pain. Ce partage, c’est une Eucharistie authentique célébrée sans fastes liturgiques. Des prophètes émergent des sous-sols des systèmes de domination, ils s’assoient à la table des pauvres, des réfugiés en Syrie, au Mali, au Congo, ils écoutent la parole biblique, la parole de Dieu et comprennent qu’elle est une force qui les met debout dans un contexte de mort. Ils sont journalistes, ils sont les héros inconnus qui donnent les premiers et derniers soins aux blessés! Et qui témoignent s'ils ne sont pas abbatus d'abord!

 Actuellement, et particulièrement dans certains médias occidentaux (France Culture, Radio suisse romande, BBC) j’entends des prophètes prophétisant le non avenir de  notre monde à moins que… et comment ne pas sentir dans nos petits Egos  individuels trop souvent solitaires, privés de solidarité pour ne pas dire fraternité « chrétienne », un tout petit souffle d’espoir; la bougie flageolante en nos cœurs, s’allume et disperse les cendres des traditions  paralysantes.

 Ainsi une prise de conscience collective est en marche et je me laisse surprendre et jouir de ce j’écoute :

 Le 17 janvier 2013 :  Haute Définition : Manuela Salvi avec son invité: « Et si on changeait vraiment  tout ? » ou comment sortir de « La misère de la pensée économique ?» Paul Jorion, anthropologue et sociologue : «  Le pire est devant nous… l'inquiétude nous gagne… Mais pas très longtemps, car « le prophète de malheur » a des solutions : éviter d'appliquer les mêmes recettes éviter de relancer la croissance, stimuler la consommation, s’endetter davantage pour sauver les banques. C'est « suicidaire »,  avec au final un chômage en progression vertigineuse, une dette publique record et "un édifice toujours instable. »

  A lire :            Capitalisme: à quand la révolution? Entretien avec Paul Jorion (1/2)

 Capitalisme: fin de partie? Entretien avec Paul Jorion (2/2)

 

 3414657.jpgMerci à ce prophète à barbe blanche de vieux sage, Paul Jorion, il est convaincu de vivre l'Histoire avec un grand H. Avec une question qui l'occupe particulièrement: le capitalisme, son agonie et sa  refondation. Ce soir encore, nous avons pu voir et écouter Paul Jorion dans dans TTC - (Toutes Taxes Comprises: ce soir, dans TTC, l'interview de Paul Jorion anthropologue et économiste qui fut l'un des tout premiers à avoir annoncé le krach des subprimes. TTC, c'est sur RTSun, à 20:10. le 18.02.2013))

 Ces signes que les EGO collectifs redeviendront des gens solidaires. Les riches ne donneront plus de leur superflu, ils partageront leur nécessaire. La charité prendra son vrai nom : la justice, c’est-à-dire le partage de la terre, du travail et des fruits de la terre.

16/02/2013

Le diable jette la confusion

 

 Dieu n’est pas un faiseur de miracle

 

 

 

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Certaines pensées sèment la confusion. Voici le diable, le semeur de confusion ; il chuchote à l’oreille de Jésus affamé dans le désert :

  • Si tu es le fils de Dieu, transformes ces pierres en pain. Dieu ne saurait refuser ta demande ; tu es bien son Fils.
  • Si tu es le Fils de Dieu, alors jette-toi dans le vide du haut des crénaux du temple. Cela impressionnerait les gens qui finiraient par croire en toi. Ton Dieu va certainement te protéger comme il est écrit dans la Bible. Tu es bien son Fils !

 Je peux essayer de me représenter le diable, ou satan – noir, à avec des cornes, des pieds fourchus ou quelqu’autres attributs, une chose reste sûre : ses idées et ses représentations de Dieu ne diffèrent pas du tout des nôtres. Dieu doit absolument être tout-puissant : c’est le plus important. Et s’il est tout-puissant, il doit pouvoir faire des miracles. Et s’il ne peut faire des miracles, il n’est pas tout-puissant et s’il n’est pas tout-puissant, il n’est pas Dieu. C’est tout à fait simple  et «logique».

 Mais cette «logique»-là sème la confusion. Peut-être qu’au plus profond de nous-mêmes se cache aussi l’envie d’être tout-puissant . Mais si nous menons  cette réflexion jusqu’au bout, c’est un monde de chaos qui nous attend; ou bien l’autre possibilité : chacun aurait un monde selon ses rêves et ses désirs. Car chacune et chacun a ses propres rêves !

Imaginons-nous notre partenaire tout-puissant ou toute-puissante. C’est inconcevable !

 Jésus connaît le nom de Dieu. C’est: JE SUIS CELUI QUI CHEMINE AVEC TOI.

 Jésus dans le désert, qui a faim, ne compte pas sur un miracle, ni sur un Dieu tout-puissant, il compte sur un Dieu d’amour qui chemine avec lui – jusqu’à la mort.

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction: Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l‘auteur

Crédit image: Fr Maximino Cerezo Barredo

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14/02/2013

Le carême et la privation de chocolat

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« Il est bon de se souvenir »  dirait ce grand et modeste psychiatre Boris CirulnikEh ! bien, en Afrique australe (Zambie, Lesotho, Zimbabwe et Afrique du sud) mon souvenir et le goût du chocolat, c’est nul. Et c’est bien ainsi. Cela me donne un autre point de vue quant à celle et ceux et celles qui jeûnent parce qu’ils ont du chocolat et celles et ceux qui ne peuvent s’en priver puisqu’ils ne savent pas ce que c’est ! Mais revenons sur terre helvétique

Les habitant de Bulle, est-ce à cause de Villars/Broc chocolaterie, je ne sais pas, semblent être gourmands de chocolats. Comme un morceau de fromage semble terminer un repas à la française, le chocolat semble de plus en plus l’habitude de terminer un repas « normal » dit-on, et quand je pose la question sur cette « douce » coutume métissée, on me répond

  • que le chocolat est un « anti-déprime »
  • que c’est une anti-fatigue

et je ne sais encore combien d’autres vertus que je ne peux nier, mais qui pourraient aussi bien être le slogan des fabricants de Broc.

 C’est peut-être aussi la raison pour laquelle les Suisses mangent plus de 10,5 kg de chocolat par an. Tant pis pour les calories.

 Alors, parce que c’est le Carême, on se prive de chocolat pour satisfaire sa conscience, aussi par solidarité avec les pauvres, et pourquoi pas dans l’espérance de contrôler voire d’éliminer l’embonpoint. C’est joindre l’utile à l’agréable et à la vertu !

 Mais le climat européen ne permet pas de cultiver la fève de cacao indispensable au chocolat!  Cela se cultive dans les pays chauds, par exemple la Côte d’Ivoire. Aussi, le 10/12/2009, je publiais dans mon blog LES ENFANTS ET LE CHOCOLAT .

 En continuant ma recherche, je trouve aussi l’excellente émission de Manuelle Pernoud: « un voyage au goût amer » (ABE) vraiment ! Il s’agit de l’exploitation des enfants dans les pays producteurs de fèves de chocolat. (29.05.2009)

 Les enfants et les ouvriers de Côte d’Ivoire et des autres pays travaillant dans les plantations de Cacaoyers nese priveront pas de chocolat durant le Carême, ils ne savent pas ce que c’est, bien que leurs petites mains noires en aient broyé les fèves !

 Le 1er mars 2013, la Déclaration de Berne commence une nouvelle campagne sur le chocolat et dès le 01.03.2013 nous pouvons participer à cette campagne en s’adressant à www.stop-bad-chocolate.ch qui nous enverra « Guide du chocolat » de la DB.

 Ma prière ce soir : dans ton pays, Jésus notre frère et seigneur, téléchargement (3).jpgtu mangeais ce qu’on t’offrait et tu jouissais de ce qui était bien préparé et bien cuisiné, aide-moi à ne pas rouspéter quand on m’offre du chocolat, ou aide moi à rouspéter, si je pense qu’il le faut. Aide-nous tous à ressentir le goût amer de la sueur des enfants exploités. Et de nous engager pour le partage du travail et des fruits du travail.

 

 

 

 

13/02/2013

Carême des riches, carême des pauvres

 

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Le carême et le jeûne de 40 jours chez les riches qui n’ont pas faim et chez les pauvres qui ont faim et soif.

 Cherchons la différence s’il y en a une ! Est-ce que l’évangile de Matthieu (6,1-6 ; 16-18) s’adresse à des riches ou à des pauvres ou encore à celles et ceux qui sont à la foi pauvres et riches c’est selon ! Matthieu écrit :

 -     Ne vous faites pas voir, ne faites pas les cocoricos , ne sonnez pas la trompette quand vous aidez vos semblables car vous êtes tous égaux !

 

 -     Ne faites pas un spectacles de vos liturgies, de vos prières : appelez les enfants pour lire la parole de Dieu, pas les messieurs et les dames !

 

 -     Ne soyez pas inquiets des kilos que vous perdrez en jeûnant, vous serez juste plus égaux avec les affamés !

 

 -     N’ayez pas l’air si fictivement défait quand vous pensez à l’avenir et au manque de « bonus » de toute sorte. Ne cacher pas la générosité de votre cœur !

 

Esaie (58 :6-7) le disait simplement et concrètement :

 

Voici le jeûne auquel je prends plaisir : 
Détache les chaînes de la méchanceté, 
Dénoue les liens de la servitude, 
Renvoie libres les opprimés, 
Et que l'on rompe toute espèce de joug ; 
Partage ton pain avec celui qui a faim, 
Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; 
Si tu vois un homme nu, couvre le, 
Et ne te détourne pas de ton semblable. 



En Afrique, en période de lutte, oui, j’ai entendu de telles homélies qui valaient la peine. A l’écoute de paroles si vraies, j’ai vu des gens sortir en claquant la porte et j’ai vu des pauvres, blottis au fond de l’église,  et qui avaient peur de comprendre ces paroles de promesse leur étaient adressées. Ils n’osaient croire en une telle promesse : ils avaient tellement l’habitude de jeûner et le carême n’avait de fin, trop souvent qu’avec le soulagement de la mort, de faim, de soif, sans résurrection spectaculaire !

09/02/2013

Le dos au peuple

 

images (8).jpgLa célébration de la Messe tridentine, en latin se répand dans certaines régions et il arrive que des journaux annoncent et invitent les catholiques à ces cultes. Cette tendance générale caractérise l’Eglise catholique romaine aujourd’hui.

 Le Concile Vatican II eut lieu 1962-65. Mais l’on se souvient de la période préconciliaire : la célébration eucharistique (la messe), dans les églises catholiques avait partout la même apparence. Le célébrant était le prêtre, debout, le dos au peuple. A l’exception de l’Évangile  et du sermon, le latin était de mise.

 Sans doute, celui qui, aujourd’hui, plaide pour la messe préconciliaire, doit aller déterrer ses arguments d’une vieille boîte à mites.  Tous  devraient s’orienter vers l’Est c’est-à-dire « vers le soleil levant, symbole du Seigneur ressuscité ». Comme si nous devions chercher le Seigneur ressuscité dans le lointain du Soleil levant plutôt qu’au cœur de l’assemblée des fidèles qui est, selon Saint Paul 1 Cor. 12, le Messie vivant.

Ou comme si le Royaume de Dieu qu’il s’agit de chercher, se trouverait quelque part à l’Est plutôt que « parmi vous » comme le dit Saint Luc dans son Évangile 17,21.

 Celui qui se retourne et, le dos au peuple, parle une langue étrangère que personne ne comprend, méprise ce peuple. Et c’est ainsi que débute le retour de la mise sous tutelle des fidèles.

 Dans l’introduction de la messe tridentine latine il est stipulé que « la communion sera reçue sur la langue et dans la bouche…» un peu comme on donne à la cuillerée la bouillie aux petits enfants… et ils devraient encore « se réjouir de la variété que nous offre la liturgie. » On en arrive là : qu’il faudrait nous réjouir des relations condescendantes des clercs avec les laïcs. Et : « … La messe doit unir les gens et non pas les diviser. » Et c’est exactement cette unité-là qu’on se souhaite dans les cénacles cléricaux : se taire, obéir, baisser la tête.

 Et cela devrait être l’Eglise ?

 Hermann-Josef Venetz

 Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 Avec l’aimable permission de l’auteur

 

07/02/2013

Les drones

 téléchargement.jpg« Aimer le vent d'abord: il fera tournoyer l'étoffe losangée, cadrée de bois léger, et rattachée par une ficelle infinie au poignet de l'enfant qui lève les yeux au ciel ». (Le Puzzle amoureux, page 9, Gilbert Salem)

 Le souvenir de la « jupette » fleurie, une longue ficelle la reliait à ma petite main et nous ne faisions qu’un. Je m’envolais dans le vent, et je chantais avec les hirondelles, et je voulais consoler le petit nuage blanc, si fragile dans l’immensité bleu, qu’il se mettait à pleurer ! « Dear Little white cloud that cries ! » Tout enfant est le mien et chaque enfant s’abandonne à la ficelle du hasard et de l’amour pour suivre l’oiseau bleu, l’insecte ailé, le bourdon amoureux de l’églantine, le bourdon de Notre-Dame … Notre petit corps d’enfant s’abandonne au cerf-volant. Ainsi pour notre traversée.

 A moins que : les cerf-volant enfantins sont aujourd’hui les drones américains, insectes foudroyants, cafards-bourdons de guerre sans pilote sinon l’ordre du chef lui indiquant la cible à détruire. Le monde à l’envers, aujourd’hui, les enfants, au Pakistan, en Arabie saoudite, sont terrorisés par les cerf-volant tueurs d’Obama, récipient du prix Nobel de la Paix !


Des drones sur la liste de jouets de Noël d... par hussardelamort

 Il ne voulait plus de guerre, ce prix Nobel de la Paix,  il a alors appris « à ne plus s’en faire et à aimer les drones. Il a appris à tuer sans se mettre en danger », il n’emprisonne plus les malfaiteurs, il les tue avec ses bourdons d’acier, ses insectes putrides… » Comme quand, assis au salon, on est virtuellement sur le champs de bataille et qu’on joue avec de vrais drones predator qui vont nettoyer le sol des ennemis, tant pis pour les femmes et enfants collatéraux. « Il étaient à la mauvaise place au mauvais moment ».

 Nos enfants sont infectés, sous les yeux de leurs gardiens, par les jeux vidéo, cadeaux de Noël !

 Beaucoup d’Américains, et ils ne sont pas les seuls, réaliseront tôt ou tard que les drones tuent les enfants et qu’ils pourraient même se retourner, une fois qu’ils seront devenus malins et intelligents, contre celui qui les commande sur le clavier de son ordinateur. Et les détruire comme une volée d'insectes maléfiques !

 En Suisse, paraît-il, nous n’en sommes pas encore là et selon la presse et 24 Heures « Les dronesne sont pas une priorités pour l’instant car « Pour défendre son espace aérien, la Suisse continuera donc de compter sur ses avions de chasse et mise sur le Gripen, dès 2018. » Tant mieux et merci.

 

904728dd5049f12dc36fbf47f63994b0.pngJésus, Pain de vie et Pain de paix, je prie que la lumière de ta vérité nous fasse voir que le cerf-volant a priorité sur le drone, que le pain est plus digeste qu'une bombe, que l'enfant que nous étions et sommes encore, n'ait pas à rougir de honte de l'adulte que nous sommes devenu ! Jésus l'avait dit aux grands de ce monde : « A moins que vous ne deveniez comme l'enfant que vous fûtes, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux » Mt 18:4.

 

05/02/2013

Déménagez "léger"!

 Allez, dit Jésus : « N'emportez ni bourse, ni sac de voyage, ni sandales, et ne vous attardez pas en chemin pour saluer les gens ... » Luc 10:4

 Quand on déménage : En Afrique australe, du Cap à Soweto, à Maseru, à Harare, à Mongu, nous avons appris à « voyager léger ». C'était bien ainsi. En Suisse étant assignée pour des périodes de temps plus prolongées, il y eut la tendance à accumuler des coupures de journaux, des écrits, des livres, du papier, des tas de papier ! Mais maintenant que notre maison se vide de gens et de choses, nous faisons des bagages. Et moi aussi.

 Comme mon futur habitat sera partagé par un nombre conséquent de personnes âgées comme moi, j'ai pensé que c'était pratique de revenir à la méthode « africaine » travel light. Un peu comme cette femme magnifique le raconta une fois, Françoise Giroud, « J'ai déchiré les photos, les lettres, les coupures, les écrits, documents et j'ai mis des livres lus dans des cartons » afin de les donner à l'Uni de Fribourg ou ailleurs. Françoise Giroud est morte peu après avoir vider ses valises, elle avait 87 ans. Elle s'était allégée juste à temps.

 Je sais aussi que la plupart de mes proches sont morts après avoir tout donné, c'était peu et c'était immense et tout imprégné de vécu et d'amour. Après cet espèce de guillotinage ces derniers jours, je me sens légère. Les quelques livres mis de côté me suffiront amplement, ou alors, j'écrirai moi-même des histoires neuves pour mon blog qui durera le temps qu'il peut.

Quel est le sens de tout cela alors que le monde entier bouge et que les migrations forcées sont un fait de vie, pour les plus pauvres, les plus vulnérables, sans même pouvoir sauver leur peau encore moins leur vie ! Et nous formons tous une même espèce humaine, un même CORPS, et même, comme le disent les chrétiens : le Corps du Christ !

Au cours de ce nettoyage de mon petit bureau, j'étais un peu inquiète, était-ce poltron de tout jeter à la décharge pour rendre le déménagement facile ? Est-ce que je ne brûlais pas quelques bonnes idées ?

 

d_indien50.jpgEt je me suis souvenue de Sohan et j'ai trouvé la joie et la paix. En feuilletant... en effeuillant katutura.blogspot voici Sohan : publié par claire-marie le  09.05.05

 

C'est Gilbert Salem qui écrit aux pages 56 et 57 du superbe récit "Le Puzzle amoureux"2000. 2e édition: 1991. 190 pages. Chez Bernard Campiche.

 Le brahmane albino du quartier indien d'une ville irano-arabe, Khorramchahr », ce sage, son maître, de la province de Gujarat donne à Gilbert (et à moi ce soir) une leçon de sagesse :

 

hindouisme--Brahman-atman.jpg« Dans une fournaise grondante de brindilles rouge et noir, que son arrière petire-fille Mariam avait récupérées sous les dattiers d'un jardin familial de Khorramchahr , il jeta devant moi, d'un geste écharné, net et souple, osseux comme un squelette gothique, les textes en sanskrit les plus précieux qu'il possédait alors.Il leur empêcha l'accès à l'immortalité de la lecture.

 

Quand bien même il avait été l'auteur de plusieurs d'entre eux.
Le feu purifia le papier, le rendit aux cieux et aux âmes qui assistèrentà l'époustouflante profanation. Et c'est lorsque l'ultime bribe de ces écritures qui s'étaient crues saintes, fit une virevolte de papillon par-dessus le brasier, avant d'y plonger pour se consumer à son tour, que je compris la liturgie fatale qui me faisait aimer le brahmane.

 Aucune écriture n'est sainte. Chacune ne peut prendre chair et sens qu'en s'envolant, en se transformant en poudre gris, ce qui veut dire à peu près la même chose. »

 Ce soir, à Bulle, le brahmane Sohan m'ouvre le portail du sacré que nul ne peut mettre en cage. Il nous habite, il est nous. Il est moi. Le sacré. Rien de ce qui a jamais été écrit, ou dit, de beau, de bien, de bon, ne se trouve dans les musées!

Cela, c'est l'onde qui me lie à mon créateur. Et, en Lui, à toutes les créatures!

02/02/2013

Antioche en Syrie

 

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Actes : chap. 13, 1-3

 

Il y avait à Antioche, dans l’Église du lieu, des prophètes et des hommes chargés de l'enseignement : Barnabé, Siméon appelé Niger et Lucius de Cyrène, Manaen compagnon d'enfance d'Hérode le tétrarque, et Saul. 2Un jour qu'ils célébraient le culte du Seigneur et jeûnaient, l'Esprit Saint dit : « Réservez-moi donc Barnabé et Saul pour l'œuvre à laquelle je les destine. »Alors, après avoir jeûné et prié, et leur avoir imposé les mains, ils leur donnèrent congé.

 

 La ville d’Antioche, en Syrie était la plus grande ville de l’Empire Romain après Rome et Alexandrie.

 

  La population d’Antioche était variée, en provenance de tous les pays et de toutes les cultures, elle était financièrement florissante, bien qu’il ne faille pas oublier les pauvres.

 

La communauté chrétienne qui vit le jour et se rassembla dans les environs de la synagogue était tout aussi variée comme nous pouvons le lire plus haut : Barnabé était un Lévite de Chypre, le juif  Siméon était vraisemblable d’origine africaine d’Afrique du nord et Lucius était originaire de Cyrène, Manaen avait été compagnon d’enfance du tétrarque Hérode et Saul venait de Tarse et avait rejoint le mouvement des Pharisiens à Jérusalem. Donc, nous nous trouvons en face d’une communauté pétrie d’une multitude de cultures.

 

Et c’est marquée de cette diversité qu’elle apparaît dans le Actes des Apôtres.

Paul-et-Barnab-.jpgL’Évangile du Messie, Jésus, n’était pas annoncé exclusivement aux Juifs, au contraire, la Bonne Nouvelle s’adressait à tous les hommes, à toutes les femmes qui formaient la communauté, sans distinction aucune ! Et la communauté confia à Barnabé et à Saul le mandat d’accomplir cette mission. Selon la conviction profonde de l’Église, celle-ci ne saurait être une niche douillette où l’on est gentil les uns envers les autres. La raison d’être de l’Église est avant tout et partout, de rendre visible l’amour de Dieu. Elle existe pour tous, pour les proches aussi bien que pour les lointains. Elle est sans frontières, sans barrières et embrasse chaque être humain.

 

Il doit en être ainsi de l’Église aujourd’hui. Aussi de l’Église qui est en Suisse.

 

Hermann-Josef Venetz

Traduction : Claire-Marie Jeannotat

 

Avec l'aimable permission de l'auteur

 

 

 

 

 

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